Il était une fois... le bijou

Jul 26 2020 9 mins 20

Un bijou est tellement plus qu’un bijou. Et d’ailleurs : qu’est-ce qu’un bijou ? C’est un marqueur de luxe, mais pas que. C’est un indicateur social, sentimental, religieux, communautaire, identitaire et de séduction. C’est un concentré d’art et de savoir-faire : un dessin, une sculpture, une maitrise métallurgique, une excellence joaillière. C’est un concentré de sciences : gemmologie ou ethnologie, … Des tombes préhistoriques à notre époque contemporaine, le bijou est le témoin d’une Histoire, la nôtre. Voilà ce que souhaite partager avec vous et comme j’aime aussi les histoires, je vous les raconterais en commençant comme toutes les belles histoires par « Il était une fois… le bijou ! Par saison « Il était une fois le bijou » explore une thématique du bijou et dévoile les coulisses de la joaillerie suivant un triptyque : l’Histoire du bijou, le savoir-faire d’excellence joaillier et les créateurs ou les Maisons, tout en privilégiant le made in France. La première saison portera sur les bijoux d’amour et l’amour des bijoux et commencera le 14 février. Ensuite Toutes les 2 semaines, une personnalité du monde de la joaillerie vous fera entrer dans cet univers secret pour vous faire entendre les plus belles histoires du bijou. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter les plus belles histoires de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Musique : Zéro le Sign Graphisme : Frédéric Mané site : iletaitunefoislebijou.fr Instagram Twitter LinkedIn Facebook





le bijou comme un bisou du soir #57 les légendes chinoises de Qeelin
Jul 26 2020 17 mins  
Il était une fois les légendes joaillières chinoises de Qeelin Le Qilin (麒麟) est un animal fabuleux de la mythologie chinoise également connu sous le nom de "cheval dragon" et il représente l’équivalent de la licorne dans les légendes occidentales. La première référence historique mentionnant le Qilin remonterait aux Annales de Bambou rédigées en 2697 avant J.C. Dans la tradition taoïste chinoise le Qilin est le roi des animaux à poils, et gère l’énergie de l'élément Terre. Il serait né de la conjonction de deux étoiles ou d'un croisement entre une vache et un dragon. Il possède un corps de grand cerf, une queue de bœuf, le front d'un loup et les sabots d'un cheval. Il a hérité du dragon une peau écailleuse de cinq couleurs : jaune, rouge, bleue, blanche et noire. Sur le front, le Qilin porte soit une corne charnue, soit deux bois de cerf recouverts de fourrure qui symbolise la sagesse. Une autre légende présente le Qilin comme une forme stylisée de la girafe durant la dynastie Ming. Le Qilin est l'incarnation de l'harmonie : il est doux et tranquille, sa voix est mélodieuse et a le timbre d’une cloche, sa démarche régulière. Il est tellement pacifique qu’il ne fait pas un pas sans avoir regardé auparavant où il va mettre le pied pour ne rien détruire sous ses sabots, pas même les brins d'herbe, d’autant qu’il est végétarien. Il marche sur l’eau pour ne pas se mouiller et ne dort que dans les endroits propres. On prétend qu'il peut vivre deux mille ans. La demeure du Qilin se trouve bien évidemment dans le paradis céleste où il représente un animal sacré gardé par les dieux. Sa venue sur terre est donc très rare et marque la survenue d’une ère prospère ou bien la naissance d’un illustre empereur ou d’un grand sage. Par exemple on raconte qu’un Qilin est apparu à la mère de Confucius. Le cri du Qilin mâle présage l'apparition d'un sage, celui de la femelle annonce le retour à la paix; le cri d'été est favorable à la croissance des enfants et celui d'automne restitue les forces. Le Qilin est aussi un symbole de justice. Sa corne lui permet de séparer les justes de ceux qui ont de mauvaises intentions et pour lutter contre le mal il crache des flammes et rugit aussi fort que le tonnerre pour protéger les innocents et punir les malveillants. Alors il est souvent représenté près des tribunaux et des palais de justice. Le Qilin représente la fertilité au sens large : c’est-à-dire ce qui apporte le succès et la prospérité, la longévité et la fortune. Aussi on le représente avec des pièces de monnaie. Les empereurs Chinois possédaient des Qilin. Et encore aujourd’hui, les grandes entreprises ont de grands Qilin pour les protéger et attirer la chance. La Maison de joaillerie Qeelin a alors choisi ce nom pour attirer tous ces pouvoirs bénéfiques et visiblement elle a eu raison car sa prospérité ne se dément pas depuis sa création en 2004. Aujourd’hui, installée au 26 de la place Vendôme juste à côté de Boucheron, elle présente ses collections qui nous font voyager dans l’univers fantasmagorique chinois. Dans ses pièces maitresses, la maison Qeelin met en valeur le Wulu qui est la calebasse. En effet, dans les légendes chinoises, les calebasses accompagnent les personnages mythiques. Tieguai Li, le médecin céleste, l’un des huit immortels du taoïsme, vieux mendiant boiteux, laid, hirsute et débraillé, porte un serre-tête doré, s’appuie sur une canne et a toujours en bandoulière une calebasse en or, symbole d’immortalité, remplie d’alcool médicinal et d’élixir de longue vie. Ji Gong le célèbre moine fou bouddhiste qui s’occupe des plus démunis ne quitte jamais sa calebasse de vin. Et Chang’e, la femme de l’archer mythique Houyi après avoir but une potion magique d’une calebasse s’envole vers la lune dont elle devient la déesse. Cette calebasse mythique a une forme de sablier » (hulu), qui évoque par ailleurs le chiffre huit et donc l’union entre le Ciel et la Terre. C’est donc un précieux symbolise de fertilité. La Maison Qeelin le décline en de nombreux bijoux et matériaux : diamant, agate rouge, jade, nacre et onyx noir. L’actrice Maggie Cheung a choisi de le porter de façon moderne par une magnifique, imposante et unique boucle d'oreille en or et diamants pour arpenter le tapis rouge du Festival de Cannes. Et pour fêter l’ouverture de la boutique place Vendôme un collier Wulu de jade exceptionnel a été réalisé en seulement 28 exemplaires au monde. Le poisson est une autre figure importante de la mythologie chinoise. Dans les poissons de légende il y a L'Hai Ho Shang (ou Ho Hai Shang), appelé Poisson-moine bouddhiste ou bonze marin qui est un monstre aquatique légendaire qui attaque les jonques et les fait chavirer. A bord de chaque bateau il y a donc un matelot chargé d’exécuter la danse rituelle, seule capable d’éloigner le monstre. La carpe est un autre poisson mythique. En effet les carpes sont courageuses et les plus braves réussissent à nager en amont puis à sauter les chutes de la Rivière Jaune à travers la montagne Longmen et atteignent enfin la légendaire « Porte du dragon ». Alors le ciel se couvre de nuages et devient sombre. Un éclair frappe la queue de la carpe dont les yeux se mettent à rayonner. Une fumée divine s’échappe de la bouche du poisson qui entame sa transformation et se mue en un beau dragon. Cette légende évoque en réalité la figure de l’étudiant qui, à force de travail et d’application, devient fonctionnaire au service de l’empereur (le dragon) et la porte du dragon représente la porte de la Cour. Le poisson apparaît dès l’époque Zhou c’est-à-dire au XIe siècle avant J-C sur des objets funéraires, sa mission est de fermer les yeux des morts et à ce titre il est symbole de survie et de réincarnation. A partir de la parution du « Livre des Odes » (Anthologie du XIème au Vème siècle avant J-C) la symbolique change car son nom yú 鱼 est homonyme de mot余 yú qui signifie jade lequel se traduit par abondance. C’est pourquoi on offre des têtes de poissons au Dieux de la richesse et qu’au Nouvel an, le plat de poisson est un plat traditionnel. Le poisson rouge, Jin Yu, est homophone d'or. Il est donc synonyme d'abondance et de richesse. On dit aussi qu'il a le pouvoir de donner une grande descendance et de protéger la famille. Chez Qeelin le poisson rouge s’appelle Qin Qin, il est tout en diamants et sa queue est articulée, une jolie façon de s’attirer ses bienfaits. La Maison de joaillerie interprète également les poissons en duo. Notamment j’ai vu une bague charmante où un couple de poissons aux queues mouvantes pivote l’un autour de l’autre. Il s’agit cette fois du symbole que nous connaissons sous le nom « yin-yang » qui est appelé souvent « les deux poissons » et incarne ainsi par leur complétude l’harmonie conjugale et la félicité dans le mariage. L’un des poissons est en diamant, l’autre en rubis car la couleur rouge, en Chine, est celle du bonheur et de la chance. Le lion est un autre animal fabuleux. Il apparait tardivement dans l’imagerie chinoise car il vient du bouddhisme et donc de l’Inde où le lion était le gardien des temples. La légende chinoise raconte qu’à la fin la dynastie Ming, Li Zicheng, le chef de la rébellion paysanne, affronte deux lions qui gardent la ville de Pékin. Et quand il les abat de ses flèches, les lions se changent en pierre et deviennent les gardiens de la ville. Les Lions ShiShi (石獅), encore appellés Fu dogs, sont donc des protecteurs, emblèmes de bravoure et d’énergie. Dans la Chine moderne, ils sont encore postés près des grandes entreprises ou des lieux importants et sacrés. Selon le feng shui, ils sont toujours placés par deux, accroupis avec une patte dressée et menaçante. Le mâle a une patte sur une boule qui représente le bijou de la loi, une perle, ou un oeuf enfermant un petit. La femelle a un petit à ses pieds, qui mord quelquefois la langue de sa mère. J’ai admiré le pendentif Xi Xi Lion en rubis et diamants de la maison Queelin où les pattes, la queue et même la gueule de ce fauve protecteur sont articulées, les bienfaits de ce symbole d’amour et de protection sont diffusés par les pampilles en rubis tout autour de l’animal. Le chien est une figure allégorique centrale dans la culture chinoise. Il y a le signe zodiacal du chien qui incarne la fidélité, l'amitié et la longévité. Dans ce cycle de 12 ans, le rat débute le cycle et le chien se situe à la onzième année car son caractère joueur et folâtre lui a fait perdre la place que ses capacités de course et de nage aurait du lui gagner dans la grande Course des animaux mythiques. Le chien est aussi associé au mois d’octobre et à la période quotidienne situé entre 19 et 21h. Il symbolise à la fois la loyauté et l’exubérance. Les légendes sur les chiens sont très nombreuses. Il y a le chien Panhu qui tue l’ennemi de l’empereur Di Ku et en récompense épouse sa fille. Il propose de se métamorphoser en humain et doit rester sous une cloche pendant 280 jours. Mais l’empereur trop curieux soulève la cloche le 279e jour et Panhu garde sa tête de chien. Il y a aussi Xiaotian Quan, le « chien céleste aboyant », qui lutte contre les mauvais esprits et est capable de capturer le dragon. Il y a encore Tiangou, le « Chien céleste » qui a avalé la lune et empêche les étoiles de se réincarner en humains. Il y a encore bien d’autres chiens légendaires qui apportent le blé et sauvent les humains. La maison Qeelin a choisit de ne garder que l’esprit joueur du chien et a créé des bulldog et des golden Retriever en or et diamants que l’on accroche comme des charm’s. Ces charmantes figures canines sont appelées « Wang Wang » ce qui signifie « Ouaf-ouaf » en mandarin. Le cadenas est un symbole de chance, de longévité et d’amour. Les premiers modèles de cadenas proviennent d’Égypte, vers 1000 av. JC, les chinois les ont améliorés et sous la dynastie Han de 25 à 250 après JC, la noblesse chinoise aime se les procurer. Au XVIIIe sous la dynastie Qing, la symbolique du cadenas de Ruyi évolue du talisman qui apporte chance et longévité et puissance spirituelle vers un présage d’amour et de félicité matrimoniale. A cette époque Cao Xueqin曹雪芹écrit « Le Rêve dans le pavillon rouge » l’un des quatre grands romans de la littérature classique chinoise, considéré par Mao Zedong comme l'une des fiertés de la Chine et actuellement répertorié à l’UNESCO. Il est à noter que le « pavillon rouge » désigne le gynécée, les appartements intimes des femmes de grande maison que l’on peignait de rouge en symbole de luxe et de bonheur. Dans cet ouvrage le héros Jia Baoyu, est né avec un abraxas de jade précieux dans la bouche et quand il épouse Xue Baochai, celle-ci porte autour du cou un cadenas de sauvegarde en or gravé d'inscriptions prononcées par un moine bouddhiste pour la guérir d’une grave maladie de son enfance. Or sur ce cadenas d’or de la fiancée comme sur l’amulette de jade du héros les inscriptions sont parfaitement complémentaires, signe que leur mariage était prédestiné. Aussi la joaillerie Qeelin a créé un cadenas Yu Yi dont le message de prospérité, d’amour et d’amitié se renforce par les matériaux comme la cornaline ou le jade ou par les graphismes en nuages gravés sur l’or ou la nacre. Emblème et trésor national de la Chine, le panda熊猫est un messager de paix et symbole de confiance. Pour preuve la « diplomatie du panda » est un cadeau diplomatique par lequel la Chine prête un panda pendant plusieurs années aux pays avec lesquels elle entretient des liens d’amitié. Suivant la légende, il y a bien longtemps dans les hautes montagnes vivaient les pandas qui étaient blancs comme la première neige et doux comme des chatons. Ils vivaient paisiblement. Un jour, un bébé panda s’aventure au delà de l’épaisse forêt de bambou. Perdu, il se met à pleurer. Mais ses sanglots attirent la redoutable panthère des neiges. Au moment où le fauve s’apprête à bondir sur le bébé panda, une jeune bergère s’interpose et meurt sous les crocs du félin. Le petit panda raconte à sa famille ses mésaventures alors toute la communauté Panda va rendre un dernier hommage à la courageuse héroïne. Quand ils arrivent, le bucher funéraire dressé par les villageois est éteint, alors les pandas trempent leurs pattes dans les cendres en signe de deuil. Pendant de longues journées, ils essuient leur yeux ruisselants de larmes, se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs qui s’élèvent de toute la montagne, se réconfortent les uns les autres en se prenant dans leurs bras. Et c’est depuis ce jour que les pandas géants portent pour toujours ces mystérieuses tâches noires autour de leurs yeux, de leurs oreilles, de leur taille et sur leurs pattes. Qeelin a donc créé ses bijoux panda appellé BO BO comme un signe de paix et comme symbole d’innocence. Aussi ses pandas ont-ils les pattes articulées comme un jouet précieux et sont mutinement déclinés avec un gros cœur de rubis, ou en superhéros, ou avec un mignon nunchaku et même tricolore en hommage à la France. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn


le bijou comme un bisou #56 les lois somptuaires contre le luxe
Jul 12 2020 16 mins  
Il était une fois les lois somptuaires Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger. Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe. Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ? Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ? C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia. A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat. Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous". Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas. En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs. Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque. La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses. Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or. Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social. Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer). François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé. Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’« Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. » Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. » Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises. Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. » Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques. La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être. Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe. Encore faut-il que cette voix soit éclairée. Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur. Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ? Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ? Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception. On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie. On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan. Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre. Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur. Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir. C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si vous voulez m’encouragez, partager ce podcast et les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. 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le bijou comme un bisou #55 les légendes du rubis
Jun 28 2020 17 mins  
Il était une fois les légendes du rubis La couleur rouge du rubis a toujours fascinée. Depuis l’antiquité on l’amalgame à la symbolique du feu et du sang. On pense que le rubis est arrivé en Europe par les grecs et les étrusques vers 500 avant J.C. Et déjà les grecs croyaient qu’un sceau de rubis gravé pouvait faire fondre la cire juste par contact. Les Romains de l’antiquité appelaient Carbuncolorum toutes les pierres rouges écarlates brillantes : ce qui veut dire « petit charbon ardent ». A l’époque on ne savait pas faire vraiment la différence entre le rubis, le spinelle rouge (qu’on appelle aussi rubis balais), la tourmaline (rubis de Sibérie), le grenat pyrope, le grenat almandin, le grenat hyacinthe ou la fluorite rouge ou encore la topaze rose orangé. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle quand on saura la distinguer qu’on appellera cette gemme « rubis » en référence au latin « Ruber » qui signifie « rouge ». Auparavant seule la brillance de la gemme incitait à déterminer une différence de valeurs et la dureté du rubis décourageait l’utilisation en intaille ou en camée car la gemme se révélait trop dure sans que l’on sache vraiment pourquoi. Au Moyen Age le nom évolue encore on les appelle « carboncle », « charboncle » ou encore « escarboucles ». Les gemmes rouges sont chargées de multiples pouvoirs, on pense que les dragons et les chimères les portent sur le front pour trouver leur chemin, que si les gemmes sont entachées ou changent de couleur c’est signe de l’arrivée d’un malheur. Bref les gemmes rouges protègent. Elles deviennent très précieuses car le feu et le sang sont symboles de courage et d’ardeur et ce sont justement les qualités que l’on demande aux chevaliers. Alors les chevaliers les portent sur leurs heaumes pour se protéger des blessures et des maladies. Aussi rapidement le rubis devient-il un apanage royal. Malheureusement comme on ne sait pas distinguer le rubis du spinelle, certaines gemmes royales considérées comme rubis sont aujourd’hui acertainées comme des spinelles. Par exemple le « rubis du prince noir » qui est au centre de la couronne britannique est un spinelle. Son histoire remonte à 1362 quand Pierre 1er de Castille la prend comme souvenir après avoir tué Abu Saïd un prince maure. Puis Pierre 1er est chassé de son trône et demande l’aide d’Edouard de Woodstock. Celui-ci est en fait Édouard Plantagenêt, Prince d’Aquitaine, Prince de Galles, Duc de Cornouailles et Comte de Chester. C’est le fils d’Edouard III à l’époque où le royaume britannique détient une grande partie de la France (notamment Bordeaux et la Gascogne). Et on le surnomme le prince Noir soit en référence à la couleur de son armure soit, dit-on, à celle de son âme. Comme Pierre 1er ne peut dédommager Edouard, il lui offre la flamboyante gemme de 170 carats qui sera portée par la suite par le roi d’Angleterre Henri V à la bataille d’Azincourt en 1415 où les français sont battus à plate couture. Puis Richard III porte le rubis du prince noir à la Bataille de Bosworth en 1485 avant qu’elle soit montée sur la couronne de Jacques 1er puis de Victoria en 1838 et de George VI en 1937. Cette gemme en octaèdre non taillée est toujours aujourd’hui sur la couronne britannique et portée par Elisabeth II pour l’ouverture du Parlement, mais on sait maintenant que c’est un spinelle. En France également la confusion entre rubis et spinelle est historique. En 1530 Charles VII épouse la duchesse Anne de Bretagne. Elle apporte en dot sa région, sa marine et ses bijoux. Le plus beau est le « Cote de Bretagne », un rubis à 3 pointes de 206 carats hérité de sa mère Marguerite de Foix. Elle le transmet à sa fille Claude de France pour son mariage avec François 1er. Alors quand François 1er décide de créer les Joyaux de la couronne de France comme bien inaliénable de son royaume il y met naturellement cette splendide gemme. Henri III met en gage les joyaux de la couronne pour financer les guerres de religion sauf le Cote de Bretagne. Plus tard Louis XV demande à Jacqmin, Joaillier et « Garde des pierreries du roi » de créer un insigne pour l’Ordre de la Toison d’or et le Cote de Bretagne est retaillé dans sa forme de dragon par Jacques Guay en 1750 et serti au dessus du fameux diamant bleu de France de Louis XIV qui deviendra le diamant maudit le Hope. On perd la trace du Cote de Bretagne au moment du vol du Garde Meuble de la Couronne après la révolution et il ne réapparait qu’après la chute de Napoléon avec le retour des Bourbon au pouvoir. C’est le seul gemme qui nous est parvenu des premiers Joyaux de la couronne et il est aujourd’hui au Louvre à la Galerie Apollon mais on sait maintenant que ce rubis fameux est en fait un spinelle. A contrario dans la couronne de Saint Wenceslas, le rubis central est bien un rubis. Cette couronne est à l’origine créée pour le sacre de Charles IV, roi de Bohème et empereur romano-germanique. Le roi la commande en 1346 pour son couronnement et la destine à orner par la suite le reliquaire du crâne du saint roi Wenceslas, le saint patron des tchèques. Il souhaite qu’elle soit très luxueuse parce qu’il a été élevé en France et a pu apprécier le faste de la cour de France. En effet son père, l’allemand Jean de Luxembourg est en conflit ouvert avec sa mère, Élisabeth de Bohême qui est tchèque et il décide de soustraire son jeune fils à l'influence maternelle et l’envoie à la cour de son oncle par alliance et parrain, le roi de France Charles IV dit Charles le Bel, avant de lui faire épouser la française Blanche de Valois. C’est un roi cultivé qui parle couramment cinq langues : le latin, l'allemand, le tchèque, le français et l'italien. Il transforme son royaume tchèque en pole central du saint empire à la fois administrativement mais aussi artistiquement en faisant venir à Prague les meilleurs artistes et il initie le premier Age d’or de la Bohême. La couronne Saint Wenceslas est donc couverte d’une large partie des joyaux de la couronne de bohême. Elle comporte 19 saphirs, 30 émeraudes, 20 perles, 44 spinelles. Et il y a bien en pierre centrale un extraordinaire rubis oriental, non taillé de 250 carats. Aujourd’hui, la couronne existe encore et est gardée à la Cathédrale Saint-Guy de Prague. Pour accéder au trésor, les sept clés confiées à sept hauts responsables de l’État et de l’Église doivent être réunies. Mais on peut en admirer une copie au Château de Prague. Le rubis fascine et est à l’origine de nombre de légendes. En Birmanie d’où viennent les rubis mythiques, les légendes célèbrent cette gemme et lui prêtent des vertus fabuleuses. On raconte qu’il y a très longtemps, si longtemps que Bouddha n’était pas encore venu visiter la terre, la nature était toute entière livrée aux bêtes sauvages et survolée sans cesse par des oiseaux de proie. Un jour, un aigle, qui est l’empereur des oiseaux et celui-ci était le plus grand parmi les siens, était à la recherche de nourriture. Son vol majestueux l’amène à survoler le versant d'une montage où il aperçoit un énorme quartier de viande tellement fraîche que le sang d'un rouge éclatant parait briller. Bien sûr il fait des cercles au dessus de sa proie avant de fondre en piqué dessus, pour l’agripper dans ses serres et l’emmener dans son nid. Or malgré toute sa force prodigieuse, il n’arrive pas à la soulever. Alors l’aigle comprend que la nourriture est une pierre et que cette pierre est la fille du feu et du sang de la terre. Cette pierre était un rubis et le lieu magique de cette découverte avait pour nom « Mogok ». Plus tard, alors qu’on avait pris l’habitude des cadeaux de la terre et que les rubis étaient extraits régulièrement de la vallée de Mogok, le roi birman décréta que tous les rubis d’une taille importante seraient sa propriété exclusive. Le paysan Nga Mauk, trouve une pierre extraordinaire de plus de 500 carats. Il coupa la pierre en deux, en donne la moitié au roi birman et vend l’autre moitié à un empereur de Chine. Mais quand ce dernier est chassé de son pays, il demande l’asile au roi birman et lui offre le rubis en paiement. Le roi birman voit bien que les 2 gemmes forment une seule pierre alors il ordonne que Nga Mauk soit tué et sa famille brûlée vive. La sœur de Nga Mauk arrive à se sauver et avant de mourir de chagrin lance une malédiction sur la vallée en prédisant que la terre cesserait de produire des pierres précieuses. Aujourd’hui les mines de rubis de Mogok sont réellement taries. Entre ces 2 légendes, les guerriers birmans portaient les rubis pour devenir invincibles au combat et pour cela ils inséraient les rubis sous la peau. Car la couleur rouge du rubis était associée au sang qui alimente le cœur c’est-à-dire le courage et au feu qui implique l’ardeur au combat. En Inde, le rubis est appelé du nom sanskrit « ratnaraj » qui signifie « roi des pierres précieuses » ou « Ratnanayaka » qui veut dire « chef des pierres précieuses » car sa couleur indique un feu interne qui ne peut être éteint. Si on offre un rubis au dieu Krishna, on s’assure une réincarnation en puissant empereur. Et si on veut faire une offrande aux dieux indous on peut apporter des pierres précieuses pour constituer l’arbre sacré dont les rubis sont les fruits. Cette offrande magique s’appelle le Mani Mala. Les guerriers chinois, eux aussi, croyaient aux vertus protectrices du rubis. Dès 200 avant JC, ils en achetaient sur la Route de la Soie pour les placer sur leur épée. On raconte que l’empereur Kublai Khan aurait offert une ville entière en échange d’un seul rubis. En Orient, le rubis est aussi un symbole important de la religion islamique. Dans le Coran, il est écrit « Dieu envoya une maison de rubis à Adam. Elle prit place à l’endroit appelée la Kaaba au sein de la Mosquée Sacrée de la Mecque. Une pierre blanche et brillante y fut déposée de sorte que cette maison éclatante puisse être visible de partout. Adam la visita et constata que tous les lieux où il posait le pied devenaient florissants et se couvraient d’eaux courantes et de verdure ». Le rubis est alors étroitement lié à la création de l’homme. C’est pourquoi les souverains orientaux recherchent les rubis. Marco Polo racontait que Sendemain, le roi de Ceylan possédait le plus beau et le plus gros des rubis, long comme une paume et gros comme le bras d’un homme, vermeil comme le feu et sans aucune taches. Quand au roi du Siam, il possédait une escarboucle si grande qu’elle éclairait toute sa chambre. Et au XIIIe siècle à Bagdad, le calife Mostanser Billah de la dynastie des Abbâssides possédait « un paon d’or au plumage enrichi de pierres précieuses et aux yeux de rubis, un coq à la crête et au regard de rubis, un œuf de rubis de la plus belle eau… ». Malheureusement, il perd le combat contre les turcs et doit leur laisser tous ses trésors. Pour les chrétiens, Le rubis a également une très longue histoire. Il est même mentionné quatre fois dans la Bible: Dieu aurait créé 12 pierres dont la plus précieuse aurait été le rubis. Ces douze pierres créées par dieu étaient placées sur le plastron d’Aaron au niveau du cou. Par ailleurs, le rubis symbolise le sang du christ. Alors le rubis est la pierre des bagues des cardinaux jusqu’au concile œcuménique du Vatican II. Aujourd’hui, il est communément admis que le rubis est la pierre qui symbolise les 35 ans de mariage et c’est aussi la pierre de naissance des natifs du mois de Juillet. Au-delà de cette symbolique, le rubis est bien sûr chargé de vertu prophylactique. Dans l’Europe médiévale, le rubis est utilisé comme talisman et même médicament contre la peste. Au XVIe, Jean de Renou, médecin d’Henri II, Henri III puis Henri IV indique dans l’un de ses ouvrages médicaux que « le rubis est grandement cordial et qui plus est, résiste puissamment à toutes pourritures et venins ». A peine un siècle plus tard, la croyance dure toujours et d’ailleurs le rubis de Madame de Montespan est célèbre. Elle est née Françoise de Rochechouart de Mortemart, le 5 octobre 1640 à Lussac-Les-Châteaux et épouse Louis-Henry de Pardaillan de Gondrin en 1663 qui lui donne le titre de Marquise de Montespan. Elle devient la favorite de Louis XIV, se fait appelée Athénaïs, lui donne 7 enfants et contribue au développement du luxe en créant autour d’elle une cour brillante et en protégeant notamment Molière et la Fontaine. On n’oublie pas qu’on accusait Madame de Montespan d’utiliser la sorcellerie et qu’elle est impliquée dans l’affaire des poisons où elle a été suspectée d’avoir donner des charmes à Louis XIV à son insu. Elle possédait un rubis sculpté de la couleur mythique « sang de pigeon » qui représentait son visage et qu’elle portait en bague. Le bijou est actuellement au British Muséum de Londres. Aujourd’hui en lithothérapie on pense que le rubis régule les problèmes liés au système sanguin et au cœur et qu’il aurait le pouvoir d’apaiser la colère et l’anxiété. Il favoriserait donc la joie de vivre et la confiance en soi, éloignerait les cauchemars et préserverait de la contagion. Au cours du temps les symboles évoluent, par exemple le cœur que l’on estimait être le siège du courage au Moyen Age est aujourd’hui toujours lié à la passion, mais à la passion amoureuse. Aussi le rubis est considéré comme une gemme de déclaration d’amour passionné. L’éternelle amoureuse Liz Taylor a été couverte de joyaux et de rubis par ses amoureux. En 1957, son époux Mike Todd lui fait la surprise de lui offrir à la sortie de sa piscine une magnifique parure Cartier en rubis et diamants. Et en 1968, c’est Richard Burton qui accroche son cœur avec une bague rubis Van Cleef & Arpels dissimulée au fond de sa chaussette de Noël. Le rubis était aussi la pierre préférée de la cantatrice passionnée Maria Callas, pour qui Jacques Arpels crée en 1967 le célèbre clip Fleur, en diamants avec des rubis taille coussin de plus de 15 carats. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plu envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)





le bijou comme un bisou #53 les bijoux de Sarah Bernhardt
Jun 14 2020 13 mins  
Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains ! En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre. Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier. Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec. Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume. Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux. Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris. En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or, émail, rubis, diamant et perle En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs. Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura. Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles. Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. 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le bijou comme un bisou #52 les bijoux soleil
Jun 07 2020 12 mins  
Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose une histoire de bijou comme un bisou du dimanche soir. Il était une fois le bijou soleil. Le soleil est une étoile, son énergie vient de la fusion nucléaire qui transforme l'hydrogène en hélium. Le directeur de recherche au CNRS Pierre Untos estime que le soleil est vieux de 4,5 milliards d'années, qu’il est à la moitié de sa vie et que dans 5,5 milliards d'années, il deviendra une étoile géante rouge 300 fois plus brillante et 50 fois plus grande qu'aujourd'hui et il transformera la Terre en fournaise avant de s’éteindre. Pas étonnant que le soleil nourrisse notre imaginaire depuis des siècles. En Egypte antique le soleil est au cœur des croyances. Il a plusieurs représentations : le jour sous la forme de Khépir le scarabée qui désigne le futur, puis le disque solaire Rê qui resplendit et symbolise le pouvoir et enfin la nuit pendant laquelle il navigue en barque et combat les forces hostiles dont Apopis, le Serpent Géant, pour donner accès à l’aube qui tous les jours permet la renaissance de l’humanité. Dans les guerres qu’il doit mener, Sekhmet, la Lionne puissante, incarne le pouvoir consumant du soleil. Le disque solaire appelé Rê ou encore Ra aurait donc créé les éléments de la vie en les faisant sortir de l'océan primordial. Il est souvent représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posé le disque solaire protégé par le cobra dressé. Ce symbole solaire a donc inspiré en 2018 une collection appelée Ra diamant de légende par la célèbre maison De Beers où des diamants blancs de taille marquises sont encadrés de rayons de diamants d’un jaune éclatant. Dans cette collection il y a bien sûr une bague, des boucles d’oreille et le collier a pour pierre de centre un diamant taille brillant jaune fancy intense de 3 carats qui le rend exceptionnel et qui dessine en son coeur, sur le médaillon, le motif de la croix ankh mythique. Ce qui est étonnant c’est que pour les égyptiens antiques la gemme du soleil était le Péridot qui peut avoir des reflets dorés mais qui est verte. C’était l’une des pierres favorites de la Reine Cléopâtre. Plus tard elle sera très appréciée des Pirates qui la disaient capable d’éloigner le mauvais oeil ainsi que les terreurs de la nuit. Le soleil est synonyme de pouvoir. On a bien compris que le soleil est le principe de vie chez les Egyptiens puisqu’il permet à l’humanité de vivre. Mais par ailleurs ils célèbrent de nombreux Dieux dont Amon qui signifie « le Caché » ou « l’Inconnaissable », car il se révèle sous de nombreux aspects dont celui d’une oie qui pond l'œuf primordial d'où sort la vie. Cependant quand Amenhotep IV au environ de moins 1355 avant Jésus-Christ cherche à unifier son peuple et stabiliser son régime, il se tourne vers Aton qui est la lumière universelle dispensée par le disque soleil. En dehors du fait que décidemment le soleil a beaucoup de représentation déique, c’est la première trace historique du pouvoir politique prêté au soleil. Amenhotep IV, l’époux de Néfertiti, devient Akhenaton, crée un nouveau culte et une nouvelle capitale. Vers moins 300 avant JC, c’est Alexandre le Grand, qui reprend le mythe du pouvoir par le soleil quand il se met en tête de conquérir l’Egypte. Mais lui se réfèrera à Amon, le Dieu soleil qui règne sur le monde. Dans ce cadre le soleil est toujours rayonnant et éclatant. Je ne sais pas si la référence à Amon était présente à l’esprit de la maison Chaumet quand en 2019 elle sort sa collection de Haute Joaillerie nommée Les Ciels de Chaumet mais ce qui est certain c’est que le disque soleil égyptien fait partie de ses influences au même titre que les ciels abstraits contemporains. Ce qui donne notamment en pièces maitresses un collier Soleil Glorieux transformable en or blanc et jaune, sertis d’un diamant Fancy Intense Yellow IF de taille coussin d'environ 5,33 carats entouré de diamants blancs et jaunes en taille brillant et un extraordinaire diadème en or blanc et jaune, où le diamant Fancy Intense Yellow IF taille coussin d'environ 2,51 carats est entouré de 21 nuages de cabochons de cristal de roche et de diamants blancs et jaunes en taille brillant. Les pièces sont travaillées en fil-couteau une spécialité de Chaumet qui donne toute sa légèreté aux bijoux. Quand à Alexandre Le Grand, sous le symbole solaire, il réussit à réunir la Macédoine et les cités grecques avant d'envahir l'Empire perse. Ce faisant il aborde un autre mythe solaire. En effet, dans le Panthéon grec, c’est Apollon, fils de Zeus et de la Titane Léto qui devient l’incarnation du soleil. Au départ Apollon est le dieu des arts, du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie à ce titre il est le conducteur des 9 muses. Il est aussi le dieu de la lumière et au Moyen Age puis à l’époque Moderne il devient un dieu solaire. C’est comme cela que louis XIV choisit le symbole du soleil pour asseoir son pouvoir. Il devient le Roi-soleil, exaltant le mythe d’Apollon. Il change son palais du Louvre pour celui de Versailles, organise de somptueuses fêtes dans ses jardins dans lesquels il apparait en Apollon solaire et la grotte de Thétis une autre effigie du dieu abrite justement une statue d'Apollon assis dans son char, et qui a les traits de Louis XIV. En hommage à ce roi soleil, la jeune marque de joaillerie parisienne Justine Théo d’Or propose un disque solaire rayonnant dont on peut voir toutes les étapes de fabrication sur son fil Instagram ou sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou. Elle a choisit des disques de fluorite ou d’œil du tigre. Mais une autre gemme incarne aussi le soleil, c’est l’héliodore, une variété de Béryl d’une intense couleur jaune. Son nom vient du Dieu Hélios, Hλιος, qui en grec ancien est le dieu du Soleil personnifié et du pouvoir de création qui en découle. Il est le fils des Titans Hypérion et Théia Bizarrement ce n’est pas tout de suite un Dieu majeur. Ou du moins pas dans toute la Grèce antique. Il est représenté comme un jeune homme d'une très grande beauté, couronné d'une auréole solaire, et il conduit le char solaire à travers le ciel chaque jour autour d'Océan et redescend chaque nuit. Cette similitude d’attitude va provoquer une assimilation des identités d'Apollon et d’Hélios. La broche en soleil souriant de la Boutique des musées s’appelle justement Hélios. Par la suite l’empereur romain Aurélien va instaurer le culte de Sol Invictus, littéralement le soleil invaincu qui va amalgamer cette fois les cultes de Sol le dieu solaire romain à Hélios son équivalent grec. Sol devient alors le dieu du soleil, de la lumière et de la chaleur, il est le frère de la lune, Luna, et symbolise le cycle des saisons. On voit combien ce symbole solaire est puissant, aussi quand Boucheron termine la rénovation de son siège historique du 26 place Vendôme, la collection de haute joaillerie de juillet 2019 qui s’appelle « Vu du 26 » comprend de splendides pièces contenant la gemme solaire héliodore. Spécialement pensé pour cette réouverture par Claire Choisne, la directrice artistique, la Maison Boucheron présente notamment un duo de bague dite Signature où des héliodores de 31,03 et 32,50 carats sont en taille émeraude en hommage à la fois au dessin de la place Vendôme et au logo de la Maison. D’un porté moderne entre-doigt, la couleur jaune solaire profonde est renforcée par un pavage de diamants et un liseré d’émail noir, sur or blanc. Le béryl héliodore est aussi choisi et la pièces reine des 4 bijoux appelés « taille émeraude » dont le cristal de roche qui l’entoure reflète la couleur du béryl héliodore à l’infini : plus de 8 carats pour le sautoir, 43,46 carats pour le bracelet et 14 carats pour chacune des 2 bagues. Au-delà de l’héliodore, le dieu Hélios serait aussi à l’origine de l’ambre. La légende raconte que son fils Phaéton qui signifie le lumineux avait voulu conduire le char de feu d’Hélios et en se rapprochant trop près de la terre l’aurait incendiée. Zeus furieux, le foudroie. Les sœurs de Phaéton éclatent en sanglots et ce sont leurs larmes qui donnent naissance à l’ambre qui devient ainsi l’expression matérielle d’une douleur d’origine solaire. La couleur ambrée est appelée électrum en grec et c’est pourquoi le féminin Electra signifie aussi une part de soleil. La joaillière Jenny Dee s’en est donc inspiré pour créer une gamme de bijoux en soleil rayonnant aux couleurs de l’été mêlant rubellite et diamant, pierre de lune et saphirs ou encore la turquoise et le rubis. Dans les croyances Hélios devient Mithra le conducteur du char d'Ahoura Mazda, le dieu zoroastrien créateur de la lumière. Les Aztèques l’appellent Huitzilopochtli, dieu du Soleil et de la guerre, le maitre du monde. Au Japon, le pays du soleil levant, la famille impériale se disait descendre d’Amaterasu la déesse du soleil. Chez les Indiens Jivaros d'Amazonie, Etsa, le soleil s’unit à Nantu la lune dont le fils devient le premier Jivaros. Bref, le soleil est un symbole universel, de création et de vie. En alchimie il est aussi le symbole de l’or et est représenté par un cercle avec un point en son centre : Il représente l’intérieur avec tout ce qui gravite autour. En astronomie et en astrologie, le symbole est le même. Pour les joailliers la représentation est plus variée. Dans la collection Célestial, Anthony Lent raconte sa version personnelle et syncrétique du soleil, de lune et des étoiles. Son soleil est antropomorphique, souriant et bien sûr rayonnant. Son visage soleil est en citrine gravé en pendentif et dans la paire de boucle d’oreille que je préfère le visage souriant et mutin en or est entouré de grenat rouge avec au verso un grenat orange spessartite en cabochon. Pour le joaillier designer français Antoine Camus le soleil est aussi synonyme de couleur chaude. Ce spécialiste du bijou ancien, expert et gemmologue met sa grande culture joaillière au service de pièces uniques qu’il crée sur mesure dans son atelier parisien. En ce moment il s’attache à des recherches ergonomiques afin que celles et ceux qui aiment les pièces imposantes puissent les porter même si leur morphologie est fine. Alors son soleil est ainsi un volumineux grenat facetté, entouré de saphirs à la chaleureuse couleur jaune. Une bague au fini rond qui présente un soleil gourmand caractéristique de son style moelleux et confortable. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine ensoleillée et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. 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le bijou comme un bisou #51 les bijoux de la fête des mères
May 31 2020 13 mins  
Il était une fois les bijoux de la fête des mères La fête des mères est fêtée dans le monde entier, pas toujours à la même date, et dans sa conception elle couvre à la fois une reconnaissance de l’état de femmes et de mères. C’est là que se situe la complexité de cette fête. On trouve Les premières traces de célébration des mères dans la Grèce antique lors des cérémonies printanières en l'honneur de Rhéa. Pour mémoire Rhéa est une Titanide. Elle est la fille d'Ouranos qui incarne le Ciel et de Gaïa qui représente la Terre. Elle est à la fois la sœur et la femme du Titan Cronos et la mère des dieux et déesses : Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus. Mais Cronos, averti par Ouranos et Gaïa qu'un de ses enfants doit le détrôner, se met à dévorer ses enfants. Alors quand Zeus nait, Rhéa donne à Cronos une pierre enveloppée d’un lange et cache l'enfant en Crète. Rhéa incarne le courage et le dévouement maternel et est célébrée comme déesse de la fertilité, de la maternité et de la génération dans toute l’Asie mineure aux ides de mars. Un deuxième mythe à l’origine de la célébration des mères est celui de Cybèle. Cette déesse est abandonnée à la naissance et recueillie par un léopard ou un lion qui l’éveille aux mystères du monde. Elle dispose des clés de la terre donnant accès à toutes les richesses. Elle incarne la fertilité et fait l'objet d'un culte orgiastique, avec mutilations rituelles. Elle symbolise aussi la nature sauvage et peut guérir ou envoyer des maladies. Elle représente donc un principe maternel différent lié à la fertilité mais également à une conception féminine un peu effrayante. Ces 2 histoires divergentes expliquent que la fête des mères est assimilée à la fête de la femme en Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Moldavie, Roumanie et Serbie. En France la fête des mères est liée au problème de la fertilité. Jacques Bertillon, médecin, démographe et statisticien créé en 1896 l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population de la France chargée de créer une propagande nataliste. Il est le premier à imaginer la création d'une journée officielle pour honorer publiquement les pères et mères de familles nombreuses. Cette histoire de la fête des mères expliquent pourquoi si on fête les mères et si il est très agréable d’offrir comme de recevoir un bijou à cette occasion, il n’y a pas à proprement parlé de bijou typique de la fête des mères. Je vous ai sélectionné 2 types de bijoux d’histoires qui pouvaient s’offrir pour la fête des mères. Il y a le collier de servitude ou d’esclavage qui a eu son heure de gloire sous Louis XV qui l’offre à la Comtesse du Barry et en lance ainsi la mode. Autre bijou symbolique de l’amour maternel, le cœur de Flandre ou Vlaamse hart. Ce bijou porté en pendant ou en broche était très en vogue au XIXe et particulièrement ancré dans la région d’Anvers dès le XVIIIe où il était porté en l’honneur de la Vierge Marie, patronne de la ville d’Anvers le 15 août qui est la fête de la Vierge Marie et également fête des mères. Maintenant si vous voulez célébrer votre maman et vous faire par exemple pardonner quelque incartade je vous conseille la bague « tourner en bourrique » que l’artiste Agathe Saint Girons a créé en pensant à sa vie de famille et que vous trouverez à la Galerie Elsa Vanier. Si vous trouvez une épingle à cravate de grand père dans la cassette de votre maman vous pouvez demander à Emylienne joaillière à Marseille de la transformer en bague ou en bracelet ou en collier pour que votre maman puisse porter ce précieux témoignage familial. Dans cette idée de lien, la bague résille de Djula est aussi une jolie idée. C’est une bague armure, donc avec une idée de protection maternelle dont la résille symbolisera les liens familiaux et les diamants, les personnes qui la composent et dont le porté moderne devrait la séduire. Toujours dans cette idée de lien, je vous propose le bracelet Le Bellor de Bellonor joaillier. C’est l’adaptation en or du bracelet plastique Serflex qui sert à tout attacher et menotter. Outre la gageure technique d’être arriver à rendre cette flexibilité au métal, ce détournement précieux d’un objet du quotidien fait de ce bijou un symbole moderne et fort de l’attachement à son conjoint comme à sa maman. Comme une maman voit tout, l’œil de Ilona Orel est un joli clin d’œil à cette capacité maternelle, d’autant que la rétine bouge et qu’Ilona peut la créer aux couleurs de l’iris de votre maman, elle peut aussi y voir un symbole protecteur. Si vous voulez simplement lui dire qu’elle vous a éveillé aux beautés de la vie les bagues de Marie Mas me semble toutes indiquées. La dancing open ring est une bague ouverte où le diamant veille d’un côté du doigt comme votre maman a veillé sur vous et de l’autre une rangée de pierre bougent en liberté au rythme des mouvements de la main comme vous avez pu évoluer sous la bienveillance maternelle dans un camaïeu de bleu saphirs et de mauve améthystes. Ou si vous étiez le roi de votre maman, alors il y a aussi la bague King Wave ring : une plantation de diamants de différentes tailles comme une fratrie qui s’élance quand elle enfile la bague à son doigt. Et si votre maman est parisienne, les bagues de charlotte stone au nom de Passy, Beaubourg, Trocadéro, Opéra devrait lui plaire d’autant que la Vendôme peut être rodiée ou carrément laquée de toutes les couleurs de la vie et de l’amour. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une belle fête des mères et une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou d’espoir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn


le bijou comme un bisou #50 la photo de bijoux secrets de savoir faire
May 24 2020 11 mins  
Il était une fois la photo de bijoux Si vous êtes comme moi il a du vous arriver de tomber en arrêt devant un magnifique bijou en vitrine, de dégainer votre portable, de prendre soigneusement en photo ce merveilleux joyau pour vous apercevoir que l’image recueillie ne respectait pas les couleurs initiales, que l’objet était déformé et que rien ne transparaissait de l’émotion que vous aviez ressentie devant le bijou. Si vous êtes joaillier vous savez combien il est difficile de faire une belle photo de vos réalisations, que ce soit pour les réseaux sociaux, votre site internet ou pour paraitre dans un magazine. Dans cet épisode de podcast, je ne prétends pas vous apprendre à faire de belles photos de vos bijoux mais vous faire découvrir ce savoir faire très particulier et tellement nécessaire pour faire connaitre et faire apprécier le savoir faire joaillier. Le mot photographie vient de l’association de 2 mots grecs φωτoς, photos qui signifie « utilise la lumière » et γραφειν, graphie qui veut dire « qui écrit » et « qui aboutit à une image ». Aussi la photographie veut dire littéralement : « peindre avec la lumière ». Je remercie chaleureusement les photographes des bijoux Mary Erhardy (https://www.maryerhardy.com/) et Yoann L’Hostellier (https://www.yoannlhostellierphotographe.com/) de m’avoir dévoilé quelques uns de leur secrets. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en mettant des étoiles sur Applepodcast, en vous abonnant au podcast sur votre plate-forme d’écoute préférée et partager le podcast pour envoyer plein les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou d’espoir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn


le bijou comme un bisou #49 les bijoux talismans
May 17 2020 14 mins  
Il était une fois les bijoux talismans Un bijou est toujours porteur de sens, on l’aime parce qu’il représente un moment de bonheur, un instant décisif, un souvenir que l’on veut garder définitif. Il en devient une amulette. Un objet que l'on porte sur soi et auquel on accorde finalement une vertu de protection et qui porte chance. Aussi les amulettes varient elles énormément selon chacun, le lieu et l'époque. Et toutes les sociétés ont eu et ont encore des amulettes. Le mot « amulette », provient du latin amuletum, qui désigne un objet mobilier quelconque, généralement de petite taille, auquel est attribuée une vertu protectrice contre les maux de tous ordres. L’amulette est différente du talisman dont le mot vient à la fois de l'arabe طلسم (ṭilasm), du grec ancien la telesma; et du grec byzantin τέλεσμα télesma, de τελέω teléō, dont les significations mélangent le rite religieux, l’accomplissement ou l’achèvement et la consommation et le paiement. Ainsi les talismans sont censés avoir des pouvoirs magiques parce qu’ils sont achetés et fabriqués dans cette optique. Donc si aujourd’hui on achète un bijou dans le but de se protéger il sera à la fois un talisman parce qu’on le charge de cette fonction et une amulette parce qu’on va choisir un signe protecteur ! Ce qui est fascinant, c’est que ces gri-gri, témoignent d’un besoin de protection inhérent à l’humanité qui est universel. On le retrouve dans toutes les civilisations, quel que soit le stade de l’évolution, et l’origine géographique. Alors je vous ai sélectionné un petit florilège de bijoux symboles, gri-gri et autres lucky charm’s, parce que l’on y croit ou pas, comme l’époque actuelle se prête à vouloir se protéger autant le faire en beauté avec un joli bijou... je vous parle des collections talismans des grandes Maisons, le cristal, l'étoile, le 8 infini, la fleur de lotus, le roue du Dharma et l'oeil. Pour les visuels je vous donne rendez-vous sur le site ou les réseaux sociaux d'Il était une fois le Bijou. Bien sûr je ne connais pas tous les créateurs et vous présentent mes coups de cœurs aussi si vous portez des bijoux protecteurs n’hésitez pas à m’envoyer vos photos sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite tous les bonheurs pour l’avenir, une jolie semaine de déconfinement et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou, si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux et si vous souhaitez m’aider partager ce podcast d’Il était une fois le bijou pour vous aussi envoyer plein de bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou d’espoir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/) LinkedIn


le bijou comme un bisou #48 le bleu joaillier
May 10 2020 12 mins  
Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce de chaque commencement est un peu angoissant, je vous propose le bijou comme un bisou d’espoir. Il était une fois le bleu joaillier... Le bleu symbolise la loyauté, la joie, l’amour, la paix et le réconfort. J’ai donc pensé qu’il était d’actualité.... Dans les bijoux aux pierres bleues, j’ai été fasciné par les boucles d’oreille «Orchidées», en or et aluminium bleu, avec des tourmalines de Namibie, des Paraibas et des diamants du talentueux Emmanuel Tarpin (https://www.emmanueltarpin.com/). Un jeune joaillier qui a lancé sa marque en 2017, a déjà créé une ligne pour de Grisogono et s’inscrit dans la lignée de Jar pour ses créations extraordinaires très inspirées du monde végétal ou animal. J’ai admiré dans la collection Lucky animals de la Maison Mathon (https://www.mathon-paris.com/), une magnifique libellule en or blanc, diamant et saphirs dont les ailes en émail plique-à-jour ressuscite ce savoir faire d’excellence que l’on voyait beaucoup à la belle époque et qui permet par ses transparences de mettre en valeur toute la gamme chromatique du bleu. Et chez Thierry Vendôme (http://thierryvendome.com/), j’ai n’ai pas su choisir entre la bague rivage ou le disque en turquoise s’ouvre sur une écume d’or jaune et sa bague cocktail en topaze bleu sur monture de rouille. Pour tous les jours, j’ai aimé porté les boucles d’oreilles en lapis lazuli ou en argent avec des plume de paon bleus d’Amira Sliman (https://www.amirasliman.com/) que vous trouverez à la-Galerie Wenge. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie première semaine de déconfinement et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou d’espoir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn


le bijou comme un bisou #47 le sertissage
May 08 2020 11 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois le sertissage... Vous êtes vous déjà demandez comment tenaient les gemmes sur vos bijoux ? Ou vous êtes vous désolé un jour parce qu’une pierre manquait sur le bijou que votre aïeul vous avait transmis ? Ou questionnez quand on vous a répondu que la mise à taille risquait de fragiliser la tenue de la pierre ? Dans tout cela il est question d’un savoir faire particulier : le sertissage La définition est simple : le sertissage est ce qui permet de faire tenir une pierre dans le métal sans aucun ajout, sans colle par exemple. Et comme d’habitude ce savoir faire est complexe et délicat. Dans le processus de création du bijou, je vous ai parlé du gouaché dans l’épisode 26, puis de la cire dans l’épisode 32, puis de la fonte de précision dans l’épisode 39. Aujourd’hui je vous emmène découvrir le secret de la tenue des gemmes c’est-à-dire le sertissage. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je remercie chaleureusement Jonathan Bauché, sertisseur passionné qui travaille dans un atelier pour la place Vendôme et qui a notamment serti la bague de désamour Boa Constrictor créé par Frédéric Mané d’avoir pris beaucoup de temps pour m’expliquer les secrets du métier de sertisseur et de m’avoir fait partager la passion de son métier. Maintenant je vous invite à ouvrir votre boite à bijoux et à les regarder de près. Ou encore, regardez sur les réseaux sociaux les images que m’a envoyée Jonathan Bauché. Essayer d’identifier les différents sertis et indiquez moi ceux que vous trouverez. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn


le bijou comme un bisou #46 les bijoux de la duchesse de Winstor
May 07 2020 11 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les bijoux de la Duchesse de Windsor. Née Bessie Wallis Warfieldn elle est certainement une des figures féminines la plus controversée. Comme nous ne saurons jamais vraiment la vérité sur elle, je me suis attachée à ce qu’elle a de plus attachant, son amour avec Edouard VIII. C’est peut être mon côté licorne. Et après tout, les temps que nous vivons devraient nous conduire à rechercher le beau qui fait toujours du bien à l’âme. Mais également je crois que, sur cette femme, s’est concentré la schizophrénie d’une époque qui n’est pas sans rappeler la notre et qu’elle a été certainement un bouc émissaire pour tous ceux qui ne voulait voir en elle qu’un objet pratique de concentration de leur désaccord envers une situation socio-économico- politique plus que complexe. Dès 1934 le prince écrivait : Ma bien aimée Wallis à moi, comme cette semaine a été longue et combien adorables seront lundi et mardi, et tous les jours que nous passerons ensemble ! Oh ! Ma chérie, combien je vous aime et plus, et plus. ". La suite est connue le prince est roi en janvier 1936 et abdique le 10 décembre au matin. Ils étaient complices, partageaient ensemble leur amour, leurs journées, leurs loisirs, leurs soirées et les mondanités. Elle aime les bijoux, Edouard lui offre dès 1936 bien avant son divorce un splendide bracelet de diamants et rubis Van Cleef & Arpels où il fait inscrire sur le fermoir « «Hold Tight» c’est-à-dire « tenir bon ». A cette date, il commence à lui offrir des charm’s en forme de croix qui s’accrochent sur un bracelet de diamants Cartier. C’est un des bijoux le plus intime de leur relation car chaque croix comporte un message apparent ou symbolique de leur vie. Chacune est d’une couleur différente en fonction des pierres qui les sertissent : La croix d’aigue-marine exprime leur mariage, l'émeraude une radiographies de Wallis, derrière la platine il lui déclare son amour en écrivant We are et en utilisant leur initiale W et E en jeu de mots et il fait inscrire «God Save the King for Wallis 16.VII.36». (Dieu garde le roi pour Wallis, 16 juillet 1936) après qu’il ait échappé à une tentative d’assassinat.... En mai 1972, le duc de Windsor succombe à un cancer de la gorge. Wallis meurt en 1986. Son exceptionnelle collection de bijoux est mise aux enchères un an plus tard par la maison Sotheby’s à Genève. Parmi eux 87 pièces sont signées Cartier et 23 Van Cleef & Arpels. Les bijoux de Wallis, témoins de la vie et de l’amour du couple Windsor, ont encore une fois déchainés les passions : estimés pour à 30 millions de francs, ils ont été vendus près de 300 millions de francs, c’est à dire 42 millions d’euros. Par cette vente Wallis duchesse de Windsor, légua la mémoire de son amour à l’Institut Pasteur à la seule condition de ne pas servir à l’expérimentation animale. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn


le bijou comme un bisou #45 jumeaux en joaillerie : Karpov et Persta
May 05 2020 21 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les jumeaux en joaillerie, Persta et Karpov les Maisons de demain. Les Maisons de joaillerie d’aujourd’hui, comme dans d’autres secteurs d’ailleurs, ont commencé leur aventure avec une personnalité et surtout une famille qui complète l’œuvre et apporte d’autres développements en termes de visions créatives comme en rayonnement. Alors, je fais aujourd’hui, avec vous, le pari de vous présenter ceux qui vont être 2 des grandes Maisons de joaillerie de demain. Parce qu’ils sont talentueux, parce qu’ils sont à l’aube de leur aventure et parce qu’ils sont doubles. Ils sont jumeaux et jumelles, ils sont doubles et duals, ils viennent de lancer leur marque joaillière et sont à la fois des personnalités et une famille. Maintenant je vous laisse découvrir la trajectoire, les collections et le mode de fonctionment de ces jumeaux en joaillerie et je vous laisse écouter sans les interrompre Hélène et Jeanne Karpov de la jeune Maison Karpov (https://karpov.paris/), et Olivier et Guihlem faivre d’Arcier de la Maison Persta (https://www.persta.fr/)... Ainsi se termine cette interview à 4 voix pour cette joaillerie à 4 mains, si leur histoire dans Il était une fois le bijou vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/) LinkedIn



le bijou comme un bisou #44 - 1932 Bijoux de Diamants de Chanel
May 03 2020 8 mins  
Il était une fois en 1932 bijoux de diamants de Chanel Vous allez me dire que je parle souvent de Chanel, mais c’est que j’admire profondément la trajectoire de Gabrielle Chanel, mais aussi de Jeanne Lanvin, Jeanne Toussaint, Misia Sert, Madeleine Vionnet, Marguerite Durand et tant d’autres. Toutes ces femmes qui ont su se bâtir une vie, seule, alors même que la femme dument mariée était jugée incapable par la loi, imaginez alors le statut d’une célibataire !. Ces femmes qui ont créé des entreprises alors que la loi ne leur permettait pas d’ouvrir seule un compte bancaire (ce qui n’arrivera pour mémoire, qu’en 1965) Ces femmes ont révolutionné leur monde dans la mode, la joaillerie, la presse. Non seulement elles ont apporté un souffle nouveau pour les femmes parce que c’était des femmes mais aussi parce qu’elles étaient créatives, imaginatives, anticipatrices elles ont osé et réussi ce que personne n’avait réalisé avant elles. Si j’aborde la collection de joaillerie que Gabrielle Chanel a présenté en 1932, c’est parce que je pense que cette manifestation atypique à son époque et typique de son audace est aussi représentative du renouveau et des nécessaires adaptations qui nous attendent aujourd’hui. 1932 c’est pèle mêle l’année du bras de fer avec l’Allemagne qui ne veut plus ou ne peut plus payer les réparations de guerre, c’est la fondation du royaume d’Arabie saoudite, la création de l’Union des travailleurs nègres en Afrique, la guerre entre la Chine et le Japon. C’est un monde qui craque. C’est un monde en crise économique depuis le krach boursier de 1929, qui devient un effondrement économique international. Et ces difficultés entrainent des changements sociaux profonds : la montée des extrémismes, la défiance à l'international et la xénophobie qui amènera à la guerre. On peut donc se référer à ces conséquences en analogie avec ce que nous vivons. Dans ces circonstances, se lancer dans la joaillerie peut sembler dingue, risqué et même non approprié. C’est pourtant ce que décide Gabrielle Chanel. Elle qui s’est fait connaitre par ses bijoux faux, ses fausses perles qu’elles mêlaient au vraies. Elle décide de créer une collection en diamants. Ce qui est sûr c’est que c’est la seule intrusion en haute joaillerie de son vivant car le département joaillerie ne sera créé qu’en 1993. Cette action avait donc un sens car Gabrielle Chanel était très souvent visionnaire : après tout son tailleur, sa petite robe noire et son pantalon n’avait pas plu à leur sortie, un petit peu trop en avance. Si elle crée cette collection unique de joaillerie c’est parce qu’elle est persuadée qu’en période de crise on se retourne vers des valeurs fondatrices : l’authenticité, l’innovation et la solidarité. Tout d’abord considérons l’authenticité Ses matériaux sont authentiques, en vrais diamants et platines. Aucun mélange entre le vrai et le faux, au contraire de son style habituel. Elle s’inspire de son ADN propre, les étoiles, la lune et la croix de Malte, qu’elle porte en elle depuis son enfance en compagnie des religieuses à l’abbaye d’Aubazine en Corrèze. Aujourd’hui on dire qu’elle a retrouvé en elle ses valeurs fondamentales. Elle a su se baser sur des éléments de langage qui constituent son vocabulaire stylistique : les comètes, étoiles, soleils, franges, fontaines, rubans et plumes, et les a décliné en bijoux. Toute seule, et envers tous, elle a su créer son ADN de marque et sa joaillerie, en one-shot, constitue son identité de marque : l’adaptation au temps, la ténacité, la thésaurisation sur les savoir-faire d’excellence. Maintenant, explorons l’innovation Tout d’abord, elle ne met pas en boutique mais elle crée une exposition, ce qui à l’époque est complètement inusité. Ensuite ces bijoux ne sont pas disposés dans des écrins mais sur des mannequins de cire, pour l’époque mettre en scène son produit en porté véritable est une révolution. Aujourd’hui on pourrait traduire par : elle a révolutionné l’espace de vente et l’expérience client. Bien sûr il y a un diadème, un bijou de cheveux, un sautoir, les pièces nécessaires de l’époque. Mais son crédo de ne pas enfermer la femme dans une armure et lui rendre sa liberté de mouvement, qu’on connait très bien dans sa couture, elle le décline en joaillerie. Il y a donc un travail sur le sens du bijou et sur le porté des bijoux qui est très novateur pour l’époque. La palette chromatique est unique : le blanc, les formes sont simples et épurées, les fermoirs sont supprimés et les pièces sont transformables. Il y a même une bague entre-doigt ouverte dans sa collection, ce porté que l’on ne revoit que depuis seulement quelques années. Enfin, développons la solidarité L’exposition de « bijoux de diamants » est payante, 20 francs de l’époque. Ce qui voulait dire qu’elle était ouverte à tous et qu’elle devait être considérée comme un art et non un acte marchand. Et ces fonds sont dédiés à 2 œuvres la « Société de la charité maternelle de Paris » et « l’Assistance privée à la classe moyenne », reconnue d’utilité publique. Gabrielle Chanel avait déjà compris que dans les temps difficiles la solidarité doit exister et que les premiers à pouvoir et devoir l’exercer sont ceux qui représentent la puissance et le luxe. Comme on le voit aujourd’hui. En janvier 2012, la maison Chanel présentera une collection « 1932 » inspirée de la joaillerie de Gabrielle Chanel. 80 pièces inédites à l’occasion du 80me anniversaire de « Bijoux de Diamants » qui respectent tous les codes de 1932. Simplement aux figures de Gabrielle Chanel, la Maison ajoutera le lion, animal fétiche et signe astral de Mademoiselle. Des bijoux de 1932 seule la broche comète existe encore et a pu être rachetée par la Maison qui la garde précieusement dans son patrimoine. Si cette collection vous intéresse vous pouvez lire l’ouvrage "Les Bijoux de Chanel" de Patrick Mauriès aux éditions de La Martinière. Que l’esprit de Gabrielle Chanel continue à inspirer sa Maison. Pour finir, je vais vous lire le Texte écrit par Mademoiselle Chanel pour le dossier de presse original de son unique collection de Joaillerie "Bijoux de Diamants" de 1932 : « Les moyens les plus divers sont légitimes, dans la profession que j’exerce, pourvu qu’ils ne soient employés que dans le vrai sens de la mode. La raison qui m’avait amenée, d’abord, à imaginer des bijoux faux, c’est que je les trouvais dépourvus d’arrogance dans une période de faste trop facile. Cette considération s’efface dans une période de crise financière, où pour toute chose renaît un désir instinctif d’authenticité, qui ramène à sa juste valeur une amusante pacotille. Si j’ai choisi le diamant c’est parce qu’il représente, avec sa densité, la valeur la plus grande sous le plus petit volume. Et je me suis servie de mon goût de ce qui brille pour tenter de concilier par la parure, l’élégance et la mode » Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn


le bijou comme un bisou #43 les pierres gemmes opaques
May 02 2020 11 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les pierres gemmes opaques Dans le droit français, on parle de « pierre gemmes » pour être concordance avec la nomenclature de la CIBJO2 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gemme#cite_note-2) (commission internationale bijouterie, joaillerie, orfèvrerie) qui ne fait pas de différences entre les pierres précieuses, les pierres fines et les pierres gemmes opaques qu’on appelle aussi ornementales. Cependant les différences existent en fonction de leur rareté et surtout de l’amour qu’on leur porte. Pour les pierres ornementales, cette considération a d’ailleurs considérablement variée dans le temps... Dans l’antiquité, les pierres précieuses et ornementales peuvent avoir des valeurs semblables. A cette époque le diamant n’est pas prisé. Surement parce que la technique de sa taille ne permet pas de mettre en valeur ses feux... C’est au Moyen Age qu’une primauté de goût envers les pierres fines et précieuses se dessine... C’est l’Art Nouveau français qui réintroduit le goût pour les pierres ornementales... Aujourd’hui, l’habitude de mélanger les pierres ornementales, fines et précieuses ne choquent plus. Récemment la Maison Djula s’est adonné avec bonheur au même exercice dans sa collection Unique By Djula où les symboles de la marque comme le soleil, le serpent et l’œil s’entremêlent de diamants et de pierres ornementales. Mélangeant les valeurs traditionnelles à celle de l’individualité, ces bijoux expriment ainsi une spiritualité qui nous emporte dans les mystiques antiques. La labradorite aux teintes de scarabée réveille l’Egypte pharaonique, la turquoise veinée de l’Arizona évoque le miroitement de la mer Egée, le lapis lazuli est gravé d’un dragon chinois, le corail et le palmier fossilisés ressuscitent les hommes des premières ères. Pour la maison Pomellato la collection Rittrato créée pour les 50 ans de la marque a précédé la collection Armoni Minérali où à chaque fois les pierres ornementales enchantent par la profondeur de leur couleur et hypnotise par l’intensité de leur graphisme naturel : les arbres de l’agate dendritique, les méandres de la malachite, les veines des jaspes ou encore les anneaux dentelés de la rhodochrosite. Ces pierres ornementales sont retenues par 2 griffes ou une ceinture de pierres précieuses, ton sur ton, comme un clin d’œil désinvolte en pierres qui se savent être les tableaux abstraits d’une nature à la fois tellurique et raffinée. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)


le bijou comme un bisou #42 le muguet et le 1er mai
May 01 2020 9 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois le muguet et le 1er mai... Le Muguet de mai ou Muguet commun s’appelle aussi Convallaria majalis ou en anglais Lily of The Valley. C’est une herbacée vivace dont on adore la délicatesse des fleurs printanières, en forme de clochettes parfumées. Mais ce qui est étrange c’est qu’elle soit associée au 1er mai et c’est qu’on l’appelle fleur du bonheur, ou qu’elle soit symbole d’amour ou de la fête du travail alors que c'est une plante très toxique même mortelle. Et en joaillerie ? Dans les bijoux qui font rêver il y a le bracelet muguet de Lalique, dont c’était aussi la fleur préférée, qu’il a créé en 1895 et qui est visible au musée Lalique. La magnifique parure Dior en émail, perle et diamant avec un collier ouvert et des clips. La créatrice Victoire de Castellane avait aussi créé pour Dior une bague cocktail avec des grappes de muguet et on trouve encore aux enchères des petites bagues Dior avec une seule clochette. On connait la superbe broche de Fulco di Verdura avec un bouquet de muguet en perle diamantés. Van Cleef & Arpels avait aussi créé en haute joaillerie un superbe clip ou le muguet est tout en diamant. Pour Boucheron c’était aussi une broche avec 1 clochette de muguet. Plus récemment Michele Della Vallée, le créateur suisse avait présenté un collier aérien tout en muguet et diamant et la fantasque créatrice Suzanne Syz des boucles d’oreille aux grappes de muguets. Dernièrement, dans la collection Charms extraordinaire Van Cleef & Arpels a sorti une montre avec une fée et du muguet peint délicatement sur le cadran. Lalique nouvelle version a réalisé des bijoux avec des clochettes en verre sur or ou vermeil, très portable. La jeune créatrice Céleste Mogador, spécialiste de la broderie présente une bague carrée où le brin de muguet brodé est protégé par un cristal de roche. Enfin la designer en joaillerie Marina Fulchiron propose des cartes gouachées avec un brin de muguet et 2 mignonnes coccinelles. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn




le bijou comme un bisou #40 Coromandel par Chanel
Apr 29 2020 9 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois le coromandel par Chanel... Gabrielle Chanel découvre les coromandel en 1910, Elle est initiée par Boy Capel, son grand amour, mais aussi le peintre et photographe José Maria Sert, l’époux de son amie Misia. ... Elle en aurait possédé 32.... ... Gabrielle Chanel disait : « J’aime les paravents chinois depuis que j’ai dix-huit ans… J’ai cru m’évanouir de bonheur quand, pour la première fois, en entrant chez un marchand chinois j’ai vu un Coromandel… Les paravents, c’est la première chose que j’ai acheté… ». Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou que je dédie à Myriam qui a découvert les Coromandel en tombant en amour avec le parfum Coromandel de Chanel. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)










le bijou comme un bisou #35 l'art de la glyptique
Apr 23 2020 9 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois l’art de la glyptique... La glyptique vient du mot grec glyptós qui signifie objet gravé. En matière d’art, il consiste à graver et à sculpter des pierres dures, précieuses ou fines. Les sceaux cylindriques de la région de Sumer, en basse Mésopotamie, témoignent les premiers de cet art et datent de 5000 ans avant J.C. Le sceau sert à apposer sa signature et à indiquer sa position sociale, la glyptique a donc une fonction utilitaire, un peu comme un logo aujourd’hui. La glyptique débouche sur 2 techniques : l’intaille et le camée. Dans l’intaille, le motif est gravé en dépression, c’est-à-dire en creux dans la matière. Dans le camée, c’est l’inverse, la pierre est sculptée en relief. La glyptique est devenue un métier rare. Depuis 1995, aucun enseignement national n’est dispensé. Le savoir-faire de la glyptique est, en France, inscrit à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel à la direction générale des Patrimoines, du ministère de la Culture. En tout il doit y avoir à peine 10 glypticiens en France dont le plus connu est certainement le Maître d’art Philippe Nicolas qui réalise des pièces uniques pour la haute joaillerie de Cartier. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)













le bijou comme un bisou #29 les grenouilles joaillières
Apr 17 2020 10 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les grenouilles bijoux. La joaillerie aime les grenouilles, de la place Vendôme aux ateliers joailliers il y en a toujours et à toutes les époques. Et moi aussi j’aime les grenouilles joaillières pour 5 raisons : elles sont écolos, elles sont sexe, elles sont magiciennes, elles montrent le chemin du voyage intérieur, elles sont vraiment des reines... Si vous aussi vous aimez les grenouilles joaillières je vous invite à me les envoyer sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou, car je ne connais pas tous les créateurs et comme à chaque fois, je vous montre les bijoux qui m’interpellent et que j’aime sans autre contre partie que celle de vous envoyer un bisou du soir. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou que ce soir je dédicace à Jérôme. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn




le bijou comme un bisou #27 les joailliers engagés pour les soignants qui valent de l'or
Apr 15 2020 6 mins  
Il était une fois les joailliers engagés pour les soignants qui valent de l’or C’est un épisode un peu spécial ce soir car je ne vais pas vous faire rêver à de jolis bijoux ou vous faire entrer dans un petit coin de l’atelier pour vous faire découvrir les techniques secrètes des joailliers. Aujourd’hui je vais vous parler des joailliers qui volontairement se sont mobilisés pour créer l’opération #nossoignantsvalentdelor. Ils sont une cinquantaine à donner un ou plusieurs bijoux pour une vente aux enchères organisé par la maison Millon qui a commencé aujourd’hui au profit de la Fondation des Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France (https://www.fondationhopitaux.fr/). Pour l’opération « nos soignants valent de l’or », les joailliers donateurs sont, pèle mêle et je m’en excuse je ne citerai pas les horlogers : Sandrine TESSIER, Isabelle LANGLOIS, INDICOLITE, Les GEORGETTES, maison ALTESSE, SAUNIER , Bijouterie LAMALLE, Anne BOURAT, Patrice FABRE, Yannick MUR, MATHON Paris, KORLOFF, Bijouterie JACQUOT, GABY LF, Samuel GASSMANN, ANDRIEU, DARAS, ARTO, JOURDAN Bijoux, Laurence OPPERMANN, N°3, Caplin Saint André, ALC Joaillerie, UNA STORIA, Société Frédéric PARISSE, Ambre PIAZZO et Yannick GAUTIER, Marie Paule QUERCY, Sandrine LEGER, Bijouterie DIAMANT D'OR, Bijouterie LE SABLIER, Antoine CHAPOUTOT, Sylvia TOLEDANO, CAMEO, bijouterie le Sablier, Red Line, Jocelyne Mouton, Pacoma, Pantelleria, ATC Joaillerie, Margaux Cormier, Valentin Diffusion, Akillis. Pour cette vente aux enchères au profit de la fondation des hôpitaux de Paris hôpitaux de France, chaque geste est important, relayez l’information avec le hachtag nosoignantsvalent de l’or et/ou acheter un bijou, vous avez jusqu’au lundi 20 sur la plate forme de la maison Millon : artprecium.com (https://www.artprecium.com/catalogue/vente_465_nos-soignants-valent-de-l-or-bijoux-de-crateurs-et-horlogerie/page1) Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Partagez la autour de vous, vous aussi envoyer plein de bijou bisou, et encouragez les en leur mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn


le bijou comme un bisou #26 les gouachés
Apr 15 2020 10 mins  
Il était une fois les gouachés ... Bien sûr il y a des joailliers qui font des gouachés, cela fait partie de la formation mais c’est aussi un métier à part entière. Aussi, pour la clarté du propos dans cet épisode de podcast, je vais séparer le métier du gouacheur de celui du joaillier proprement dit, ce qui souligne aussi combien la création de bijou est une œuvre collective. Le gouaché joaillier est un véritable plan technique du bijou. Il est minutieux, détaillé et exact. Il préfigure le bijou. La technique du gouaché en joaillerie est très complexe et c’est un savoir faire spécifiquement français... Et en attendant qu’une maison expose ses gouachés, un fond de Chaumet est visible à la BNF – la Bibliothèque Nationale de France. Ou bien sur internet vous pouvez regarder la Grafische Sammlung Stern, (www.grafische-sammlung-stern.com) la collection unique d’un collectionneur privé visible sur son site et sur Facebook. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) Linkedin













le bijou comme un bisou #20 les bijoux sardes de Caterina Murino.
Apr 08 2020 8 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les bijoux sardes de Caterina Murino.. La Sardaigne est une terre de culture et de tradition, ses savoir-faire lui sont propres et définissent son identité. Le filigrane, le corail, la mytre : autant d'inspiration pour les artistes et les joailliers Caterina Murino est née en Sardaigne et sa joaillerie défend cet héritage. Enfin, Caterina Murino est une joaillière engagée. Les bénéfices de sa bague Fili Di Vento qui ressemble à l'alliance sarde traditionnelle sont reversés à l’Association pour la médecine et la recherche en Afrique (AMREF) dont elle est l’Ambassadrice depuis 2007. Et pour aider les malades du coronavirus, Caterina a aussi décidé de reverser les bénéfices de sa bague Fili Di Querce aux hôpitaux de la Sardaigne. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/) LinkedIn










le bijou comme un bisou #15 la minaudière
Apr 03 2020 5 mins  
Il était une fois la minaudière Le verbe intransitif minauder veut bien dire « prendre des manières affectées pour attirer l'attention, plaire et séduire ». C’est pour cela que la minaudière peut paraitre aujourd’hui entachée de superficialité ou même incarner ce qui est le plus antiféministe et pourtant…. Ce chef d’œuvre joaillier est né dans les années folles. Les femmes s’émancipent en se maquillant et en fumant en public. Aujourd’hui où triomphe le make’up nude et où fumer devient synonyme de trucideur de planète, il est difficile de mesurer la provocation que symbolisaient ces gestes. Donc essayons de resituer. La première guerre mondiale vient de se terminer, les frontières hiérarchiques des mondes s’effacent. La noblesse incarne des valeurs dont la confiance s’est effondrée. Les puissances de l’argent venues de la finance et de l’industrie symbolisent un renouveau dont la puissance s’affirme indispensable et dont la croissance apporte chaque jour de nouvelle promesse d’un avenir meilleur. L’art, la culture et le sport prennent une dimension totalement nouvelle, dopés par le « plus jamais ça » que revendique les nouvelles générations et un souffle créatif généralisé semblable à une tornade. La situation des femmes évolue aussi. La majorité a travaillé pendant l’absence des hommes et si beaucoup sont rentrées au foyer, elles n’arrivent pas à oublier cette autonomie acquise avec tant de peine et de souffrance. Pour les plus aisées, la quête de plaisir est maintenant possible et elles s’en saoulent. La femme honnête ne se maquille pas, alors elles se maquillent. Fumer, c’est faire comme un homme, alors elles fument. Mais avec classe ! D’abord il y a le vanity-case de petites boites qui contiennent maquillages ou cigarettes. On l’appelle aussi « nécessaire » parce qu’elles contiennent ce qui est nécessaire des femmes : un miroir, un tube de rouge à lèvres et un poudrier souvent miniature. Elles tiennent dans la main et certaines sont retenues par un anneau que l’on passe au doigt. Elles sont des trésors d’orfèvrerie et de joaillerie, en or, avec pierre précieuses et fines, nacre et onyx et bien sûr des perles. Leurs styles varient suivant l’engouement du moment : art déco bien sûr, mais aussi russe, oriental, japonisant… Elles sont décorées de chrysanthèmes ou de dragons, de dessins géométriques, d’émail ou de marqueterie de nacre. Toutes ces imprégnations artistiques qui correspondent au cosmopolitisme de l’époque. Les meilleurs fabricants sont des boitiers ou tabletiers comme l’atelier Langlois ou l’atelier Strauss, Allard et Meyer. Cette nouvelle attitude des femmes nécessite de nouveaux objets. Par exemple, si l’on fume un briquet est nécessaire. Les hommes allument galamment leur cigarette mais quand même. Les joailliers combinent les éléments : un vanity-boite-à-cigarette-briquet par exemple. Mais bon… Donc vers 1930, arrive la minaudière. La légende raconte que Charles Arpels, un des fondateur de la Maison Van Cleef & Arpels, rendait visite à son amie, Florence Jay Gould, la femme du magnat américain des chemins de fer. Au moment de sortir, Florence jette pêle-mêle un rouge à lèvres, un poudrier, des cigarettes et un briquet dans une boite en fer blanc Lucky Strike. Le joaillier décide d’offrir à l’excentrique Américaine et à ses riches amies un contenant digne de leur statut et dans lequel chaque petit compartiment utile est une prouesse technique. La minaudière est donc une boite dont l’agencement permet dans un minuscule espace de mettre tout : poudrier, rouge à lèvres, godet à fard, cigarette, fume-cigarette, briquet mais aussi montre, carnet de bal, ou face à main suivant ce que veut la cliente. Bref il remplace le sac du soir, il n’est pas plus grand qu’un livre et tout y est organisé façon Trétis. C’est en 1934, que Van Cleef & Arpels dépose le brevet et le nom de « Minaudière ». Elles sont le plus souvent en or ou platine serti de pierres précieuses ou fines, orné de laque ou de nacre. Mais il en existe également en velours, soie ou brocart, brodé ou non. Certaines minaudières sont équipées d'une dragonne que la propriétaire passe autour du poignet. D’autres sont dans une pochette de satin ou velours noir ce qui permet d’attirer le regard quand on les en extrait. La Minaudière est un objet de grand luxe. Elle parait plus sobre que le vanity-case. C’est le travail de l’or qui est sophistiqué à l’extérieur comme à l’intérieur. Elle peut être intégralement laquée de noir avec un fermoir en pierres précieuses transformable en clip. Les boîtes précieuses donnent une nouvelle contenance à la femme qui la garde à la main, la pose sur la table de façon beaucoup plus élégante qu’on ne le fait avec notre portable. Aujourd’hui, il faudra courir les salles de ventes si vous en souhaitez une. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn





le bijou comme un bisou #13 le luxe byzantin de Théodora
Apr 01 2020 9 mins  
Théodora est née vers 500 à Constantinople, son prénom a une consonance chrétienne dont les racines grecque « Théou Doron » se traduirait par « don de Dieu ». Son père meurt prématurément laissant la famille sans ressource alors sa mère se remarie et son beau-père lui apprend son propre métier de dompteur d’ours, de chevaux, de chiens ou encore des perroquets importés d'Orient. Avec sa sœur, elle participe aux numéros de jonglerie et d'acrobatie qui font patienter les spectateurs entre deux courses de chars ou de spectacles de fauves. Son beau-père appartient à la faction des verts (une sorte de parti politique, son opposant est le parti bleu). Quand il est destitué de sa charge la famille perd encore une fois ses ressources. Alors sa mère rentre avec ses filles dans l’arène de l’hippodrome le jour de la fête et va supplier le parti vert de les aider. Mais ils restent silencieux. Alors elle se tourne vers le parti bleu qui accepte de les aider. Théodora n’oubliera jamais, et la force de sa mère et le mépris du parti vert. Mais le fait de demander quelque chose publiquement ne se faisait pas, alors la mère de Théodora, puis elle-même aura par extension une réputation de fille publique. D’autant qu’après, elle devient danseuse et actrice lesquels ont mauvaise réputation. Puis Théodora devient la maitresse d’un haut fonctionnaise syrien Hékébolos et le suit à Apollonia au nord de l’actuelle Libye. Quand il la chasse, elle a acquit une première expérience de la vie politique et culturelle. Elle a 16 ans. Elle décide de revenir à Constantinople. En faisant appel au Parti Bleu, elle est accueillie à Alexandrie en Egypte, apprend à lire et à écrire et rencontre le patriarche Timothée IV d'Alexandrie qui la convertit au culte monophysite (une doctrine christologique du Vᵉ siècle). Elle rentre enfin à Constantinople en 522, toujours grâce à ses relations avec le Parti Bleu elle rencontre le nouveau consul, Justinien, magister militum praesentalis. Ils ne parlent pas la même langue lui pratique le latin, la langue de l'administration, elle le grec qui était la principale langue de communication dans l'Empire. Ils n’ont pas la même religion, elle est monophysite, lui est dyophysite une forme d'orthodoxie. Malgré tout, ils tombent amoureux et passionnément. Il obtient d'abord de son oncle, l'empereur Justin Ier, que soit accordé à Théodora le rang de patricienne, puis fait abroger pour elle l'interdiction pour les anciennes actrices de contracter un mariage. Et enfin leur mariage est célébré le 1er août 525. Lorsque Justin Ier meurt en 527, Justinien est couronné empereur. Privilège rare, Théodora revêt la pourpre en même temps que lui dans la basilique Sainte-Sophie, ce qui l'associe pleinement à l'Empire et fait d'elle une impératrice à part entière. Elle prend alors le titre d'Augusta. En femme d’Etat, Théodora conseille souvent Justinien et participe à ses conseils d'État. Réciproquement, ce qui est totalement exceptionnel, Justinien la désigne comme son « partenaire » dans ses délibérations et veille à ce que ses hauts fonctionnaires lui prête le même serment qu’à lui. Elle a sa propre cour, son entourage officiel et son propre sceau impérial. Et lorsque le trône vacille en janvier 532 lors de la Sédition Nika, c’est elle qui sauve la situation. Elle participe directement au Code Justinien, une réforme juridique destinée à unifier et synthétiser l'ensemble des lois romaines existantes. Elle y fait ajouter un nouveau statut pour la femme dans le cadre familial, la possibilité pour les épouses de demander le divorce, le droit aux filles d’accéder à leur héritage, la protection de leur dot en cas de veuvage, des mesures de protection à l'égard des comédiennes et des courtisanes, l’allégement des peines pour les femmes adultère, des lois contre la « traite des blanches » et contre le proxénétisme. En cela c’est une des pionnières du féminisme. En 542, une violente épidémie atteint Constantinople (c’était la peste bien sûr, pas le coronavirus). Justinien est touché. Théodora le remplace carrément dans la gestion de l'Empire. Elle meurt, probablement d’un cancer du sein le 28 juin 548, 17 ans avant Justinien. Elle est enterrée en l'église des Saints-Apôtres à Constantinople. Toujours profondément amoureux, Justinien ne se remettra jamais de la mort de sa femme. En 1204, les sépultures de Théodora et Justinien sont pillées par les croisés lors du sac de Constantinople. Deux siècles plus tard, en 1453, les Ottomans prennent Constantinople, mettant définitivement fin à l'Empire Byzantin et les restes de Théodora et de Justinien disparaissent à jamais. On connait son histoire par son principal biographe, le chroniqueur Procope de Césarée, qui sera aussi un de ses détracteurs et créera l’image de putain qui lui est souvent, à tord, associée. Mais cette femme exceptionnelle inspire jusqu’à aujourd’hui de nombreux artistes : auteur, peintre comme Benjamin Constant, actrice comme Sarah Bernard et même cinéaste. Le plus beau portrait qui reste d’elle est la magnifique fresque de mosaïque de la basilique Saint-Vital située à Ravenne en Italie. Et pourtant Théodora n’y a jamais résidée. En fait, Ravenne était alors la capitale de l’Empire d’Occident car Rome est d’abord assiégée par les rois barbares, puis l’Italie est gouvernée par les empereurs byzantins jusqu’au milieu du VIe siècle. C’est donc en hommage à ce gouvernement byzantin que 2 grands panneaux muraux de mosaïques, disposés face à face, ornent l'abside de la Basilique. Représentant les cortèges présidés par le couple impérial, Justinien et Théodora, ces mosaïques sont probablement les plus célèbres de l’art byzantin. On voit dans un rutilement d’or, Théodora et sa suite de dames de compagnie et de chambellans, offrir un calice au Christ. L'impératrice est magnifiée par une niche décorative toute dorée, et s'apprête à franchir une porte qui la mène vers le Christ. Les détails sont luxueusement ornés, les bordures rehaussées de gemmes et de perles. Elle porte de très riches bijoux. Les bijoux byzantins sont toujours en or et utilisent toutes les techniques : repoussage, moulage, filigrane, émaillage, sertissage de pierres précieuses et fines. L’art byzantin est opulent et le style oriental accentue cette caractéristique. Les volumes sont imposants. Théodora vêtue d’un paludamentum pourpre est parée d’une coiffe en or couverte de pierreries surmontées d’autres pierres précieuses qui forment une tiare. Cette couronne est dotée de perles de visage qui sont si longues que des côtés de la tête les chaines empierrées tombent sur sa poitrine, ce type de couronne s’appelle praipendula. Ses pendants de ses boucles d’oreilles aux grosses pierres centrales sont si longues qu’elles descendent sur son buste. Le pectoral au milieu de sa poitrine est tenu par une collerette constellée de pierres précieuses que l’on appelle un superhumeral. Les couturiers et joailliers ont été fascinés par ce luxe byzantin, magnifié par Théodora. On connait ainsi les splendides bijoux de Robert Goossens pour Chanel, de Dior mais aussi ceux de Dolce Gabanna ou de Christian Lacroix. Et si vous aimez une inspiration byzantine où l’or s’affirme avec un porté plus modernisé allez voir du côté d’Esther Assouline qui associe à merveille l’éclat solaire de l’or aux diamants comme aux tourmalines. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn


le bijou comme un bisou #12 les girandoles
Mar 31 2020 4 mins  
Parce que le soir les pensées remontent, j’avais envie de vous lire une histoire. Parce que les temps sont incertains j’avais envie de vous envoyer un câlin, un bisou. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Il était une fois les girandoles Le mot est un mélange de l’italien "giranda" veut dire faisceau, ou jets dans l’acception de jaillir et du latin « gyrare » « tourner ». L’appellation girandoles s’applique à plein de choses. Pour les fontainiers c’est un faisceau de plusieurs jets d’eau. En pyrotechnie ce sont des gerbes de fusées partant d'une roue tournant autour d'un axe vertical qui donnant lieu au bouquet. C’est aussi une sorte d’éclairage employé dans les fêtes publiques et constitué par des lignes de lampions, de bec de gaz ou d’ampoules électriques Le mot s’utilise aussi en jardinage pour des fleurs qui forment des bouquets ou pour certaines plantes aquatiques dont les feuilles sont disposées en verticilles. Enfin en décoration c’est un chandelier à plusieurs branches disposées en forme de pyramide, souvent orné de pendeloques de cristal. C’est la création de ces splendides chandeliers qui inspirèrent directement la girandole joaillière. En joaillerie c’est une boucle d’oreille constituée d’un assemblage de diamants ou pierre précieuses souvent de 3 gouttes ou 3 pendants (ou quelque fois 5) autour d’une pierre centrale. Cette innovation du XVIIe restera à la mode pendant 2 siècles. L’utilisation de la girandole est intimement liée à la mode. Durant la renaissance les fraises étaient tellement imposantes qu’elles limitaient la possibilité de pendant d’oreille. C’est pourquoi les décolleté du XVIIe permettent un véritable essor de la boucle d’oreille pendante, les girandoles sont alors une sorte de « pendants compte triple ». Au XVIIIe ce sont les cheveux qui sont remontés, laissant la part belle au cou entre le décolleté et la coiffure. Alors on facette les pierres pour donner plus d’éclat et les pendants s’allongent. La forme girandole se décline alors en colliers et sur la robe. Jean-Henri Proper Pouget joaillier et ornemaniste en 1762 nous a laissé par son « Traité des pierres précieuses et de la manière de les employer en parure » de belles planches de ses gouachés représentant des girandoles (Gallica) Il faut dire que le XVIIIe siècle est triomphal en matière de joaillerie. D’abord c’est un siècle prospère donc les bijoux sont portés par tous ceux qui ont une aisance matérielle et non plus seulement les nobles. Par ailleurs, la découverte des mines de Golconde vers 1726 apportent des diamants en quantité. Aux oreilles des élégantes les plus fortunées, les girandoles toutes en diamants scintillent de mille feux, éclairées par les chandeliers du même nom. Puis la mode des girandoles a faibli, les boucles d’oreilles ont été démontées, remontées en pendentifs ou pour d’autres boucles d’oreille. Comme la mode est un éternel recommencement, si vous aimez les girandoles, n’hésitez pas à les portez ! J’aime beaucoup celle de Sylvie Corbelin, une créatrice qui a commencé comme antiquaire et est également gemmologue. Elle crée des pièces uniques à partir de bijoux anciens ou de très petites séries. Son univers est d’une féminité très affirmée pour des pièces poétiques aux dimensions présentes. Comme elle a un long cou de cygne, ses boucles d’oreille et particulièrement ses girandoles le mettent très en valeur. Alors si vous aussi vous aimez aussi le mouvement des girandoles vous trouverez chez Sylvie Corbelin votre bonheur, par exemple dans sa collection « marquise »... tout un programme. Ma pièce préférée c’est la boucle d’oreille qui s’appelle « légère et insouciante », une néo-girandole dont les 3 pendants de papillons sont montés en mobile. Dans le confinement d’aujourd’hui c’est véritable un rêve d’après. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn




le bijou comme un bisou #10 Les bijoux acrostiches
Mar 29 2020 6 mins  
Il était une fois les bijoux acrostiches Qu’est-ce qu’un acrostiche ? C’est une forme littéraire, dont les premières lettres de chaque vers lues verticalement de haut en bas, forme un mot ou une expression en lien avec le poème. Guillaume Apollinaire le poète du XIXe est connu pour cette forme de poésie, par exemple il adressa à son amour Lou ce court poème : La nuit descend On y pressent Un long destin de sang. L’acrostiche dans les initiales de chaque vers donne ainsi le prénom Lou. L’acrostiche permet également de dissimuler des messages. Voici un poème acrostiche adressé à George Sand par Alfred de Musset : Quand je mets à vos pieds un éternel hommage, Voulez-vous qu’un instant je change de visage ? Vous avez capturé les sentiments d’un cœur Que pour vous adorer forma le Créateur. Je vous chéris, amour, et ma plume en délire Couche sur le papier ce que je n’ose dire. Avec soin de mes vers lisez les premiers mots : Vous saurez quel remède apporter à mes maux. En retenant les premiers mots de chaque vers, George Sand a donc lu : quand voulez-vous que je couche avec vous ? Et George Sand répondit ainsi : Cette insigne faveur que votre coeur réclame Nuit à ma renommée et répugne à mon âme. L’acrostiche, direct et décrypté disait donc à contrario du poème : cette nuit ! Si la vogue de l’acrostiche se situe plus particulièrement au XIXe, son utilisation en joaillerie connait son apogée sous Napoléon un siècle auparavant. On connait le caractère passionné de Napoléon et puisque les réseaux sociaux n’existaient pas, l’art épistolaire devenait sous sa plume particulièrement explicite surtout quand il écrivait à Joséphine. Le 10 floréal an IV, c'est-à-dire le 29 avril 1796, il lui écrit : « mon bonheur est que tu sois heureuse, ma joie, que tu sois gaie, mon plaisir, que tu en aies. Jamais femme ne fut aimé avec plus de dévouement, de feu et de tendresse ». Le 8 Messidor an IV, donc le 26 juin 1796, il trace de son écriture passionnée ces mots brulants : « adieu ma bien aimée, un baiser sur la bouche, un autre sur ton cœur, et un autre sur ton petit…. » Cet amour ardant, Napoléon l’exprimait également en offrant à Joséphine puis plus tard à Marie-Louise des bijoux acrostiches. Un bijou acrostiche se lit en prenant l’initiale de chaque pierre composant le bijou pour décrypter le message. Les mots les plus couramment utilisés étaient « regard » ou « adore », en anglais puisque le romantisme s’exprimait aussi de façon cachée chez nos voisins britanniques le mot dearest (le plus chéri) ou love étaient très utilisés. Aussi si vous voulez dire à votre chéri que vous l’adorez vous pouvez lui faire composer un bracelet, un pendentif, une broche ou une bague comprenant dans l’ordre A une Améthyste, D un Diamand, O une Opale, R un Rubis, et E une Emeraude L’intérêt de l’acrostiche joaillier est que c’est un secret que vous seul ou la personne à qui vous l’offrez peut comprendre. Par exemple Joséphine de Beauharnais fit réaliser deux bracelets acrostiches qui épelaient le prénom de ses enfants. Napoléon commandera à Nitot 3 bracelets acrostiche pour Marie Louise. Le premier compose son prénom et sa date de naissance le 15 aout 1769. Le 2e bracelet épelle le prénom de Marie Louise également avec sa date de naissance le 12 décembre 1791. Le 3e bracelet commémore les dates de leur 1e rencontre à Compiègne le 27 mars 1810 et de leur mariage le 10 avril 1810. Pour Napoléon ce cadeau à Marie-Louise représentait ainsi en pierres précieuses les noms et dates de l’accomplissement de son destin. C’est la Maison Chaumet qui a révélé au public ce Napoléon intime dans sa belle exposition “une éducation sentimentale, Bijoux de l'Empire, des Aigles et du Coeur” en 2004 pour célébrer le bicentenaire du sacre de l’empereur. En effet les Nitot, Marie-Étienne puis son fils François-Régnault furent les joailliers officiels de l’empereur et les fondateurs de la Maison Chaumet. On parle encore chez Chaumet de l’alphabet de Nitot pour les bijoux acrostiches que la Maison a recréé de façon actuelle en 2004. Si l’écriture n’est pas votre fort, le site www.acrosticos.org est un générateur automatique de poésies qui, en même temps, crée un acrostiche, de sorte que si vous lisez verticalement la première lettre de chaque ligne de la poésie, vous verrez le mot caché que vous avez écrit dans le formulaire. Le site indique néanmoins que les poèmes qu’il se génère sont une variation des algorithmes et qu’une machine ne peut JAMAIS surpasser l'imagination des humains et la poésie générée numériquement se sera donc pas une grande œuvre d'art, ni digne d'un prix Nobel de littérature. Et vous pourrez, demander à un joaillier de créer votre message amoureux en bijoux à offrir.. Amour peut s’épeler Améthyste, Morganite, Opale de feu, Uvite et Rhodolite. Aujourd’hui particulièrement, prendre le temps de dire nos sentiments à ceux que l’on aime devient essentiel, alors pourquoi pas en acrostiche joaillier ! Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles sur appelpodcast et de like partout ailleurs. A demain pour un prochain bijou, un nouveau bisou du soir Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn


le bijou comme un bisou #9 les bijoux qui soignent
Mar 28 2020 8 mins  
Il était une fois les bijoux qui soignent Depuis toujours, les pierres ont fasciné les hommes qui leur prêtent des vertus. Après tout, les premiers hommes vivaient dans des cavernes de pierres et utilisaient des silex et des quartz taillés pour se nourrir, se chauffer et s'éclairer. Par ailleurs les monuments comme les pyramides d’Egypte, les menhirs de Bretagne ou de Stonehenge ou encore le Taj Mahal soulignent combien, à travers le temps, l’humanité charge l’élément « pierre » de sentiments de vénération. L’utilisation des propriétés magiques des pierres est ainsi né dès le néolithique, probablement pour surmonter la peur devant les phénomènes et fléaux naturels. Chaque pierre différente par sa couleur ou son rayonnement, ou simplement par ses qualités de dureté ou de solidité a été ainsi chargée de pouvoirs surnaturels. Bien souvent les propriétés attribuées aux pierres relevaient de la culture collective. Par exemple, en Egypte ancienne, la cornaline de couleur rouge orangé faisait penser au soleil levant et était donc symbolique de puissance, tous les pharaons en ont sur leur plastron. En Inde le bleu n’étant pas considéré comme une couleur porte bonheur, les diamants bleus étaient délaissés ce qui a permis à Louis XIV d’arborer son fameux diamant bleu, d’autant plus qu’en France le bleu est la couleur de la royauté, le fameux sang-bleu. A travers le temps, toutes les sociétés et les croyances ont utilisé les pierres et les gemmes comme symboles extérieurs de richesse et de force, tant pour leurs beautés que pour leurs vertus. Par exemple, les diamants ont été l’apanage des rois, de façon exclusive, pendant de longues années. Encore aujourd’hui on sait que les énergies dispensées par les minéraux ont une influence importante sur notre organisme. Mais si, voyez comme les eaux minérales vantent l’action de leurs composés minéraux bienfaisants ! Les microparticules de minéraux divers que nous absorbons participent à notre santé (bicarbonate de sodium, silicate d’aluminium et de magnésium, sulfates de sodium et de magnésium, oxyde de zinc et sulfate de cuivre, chlorure de zinc). Comme chaque minéral a une structure cristalline propre, une combinaison atomique spécifique chaque pierre possède une onde vibratoire particulière, et peut pénétrer nos seuils énergétiques, que sont nos chakras ou nos méridiens. Les médecines ancestrales, que nous qualifions d'alternatives comme l’Ayurveda, le yoga, la médecine traditionnelle chinoise et l’acupuncture ou encore le shiatsu utilisent toutes des pierres et des gemmes dans une démarche thérapeutique. Ces énergies passent par les méridiens : ces 360 à 2000 points répartis sur toute la surface du corps et sont considérés comme des portes d'entrées et/ou sorties. Cette énergie serait concentrée dans les chakras lesquels seraient chargés de recevoir et d'émettre une énergie vibratoire rythmée qui agit sur les organes. Est-ce de la croyance ? Et bien demander à un kinésithérapeute les circuits qu’il surveille et manipule et superposez les aux méridiens et chakras, ils se chevauchent presque à l’identique ! Dès le Moyen Âge En Europe, de nombreux lapidaires décrivent l’intérêt médical de certaines pierres : · au XIe siècle, Marbode l’évêque de Rennes, publie dans son “De Lapidis”, Le Poème des pierres précieuses, et Hildegarde de Bingen soigne avec les plantes comme avec les minéraux. · Au XIIe siècle, Philippe de Thaon : décrit les propriétés d’un grand nombre de minéraux. · Au XIIIe siècle Arnaud de Villeneuve, décrit les vertus des plantes et minéraux dans son “Speculum Medicine” · XIVe siècle, le traité du chevalier Jean de Mandeville dont le titre est “le Lapidaire” contient une description des pierres précieuses et de leurs vertus magiques. · Au XVe siècle Paracelse dans les Sept Livres Archidoxe décrit les vertus des pierres · En 1644, Anselme Boèce de Boodt, médecin de l'empereur Rudolph II, imprime à Lyon en français un livre de 750 pages “le Parfait Joaillier ou histoire des pierres contenant les facultés médicinales et propriétés curieuses”. · En 1748, l'Encyclopédie des drogues de Louis Lémery , médecin de Louis XIV, considéré comme précurseur de la pharmacie, cite les vertus de plus d'une cinquantaine de pierres et minéraux, plus tard l’Abbé Haüy décrit dans son “Traité de cristallographie” les spécificités et les pouvoirs des pierres. · En 1869, Monsieur Guibourt, professeur à l'école supérieur de pharmacie de Paris publie en 3 volumes “Histoire des drogues simples”. Le premier volume est consacré aux minéraux et à leur étude en tant que principe premier de la pharmacie · Et en 1937, le formulaire Astier, la librairie du monde médical, 7e édition cite encore une cinquantaine de minéraux employés à des usages thérapeutiques. L’usage officiel des pierres en thérapeutique n’est donc pas si lointain ! Parlons maintenant de lithothérapie. Le mot vient de l'association des termes grecs lithos signifiant pierre et therapeia signifiant cure. Il apparaît pour la 1e fois dans le livre "Revue d'Histoire de la Pharmacie" écrit en 1938 par Philip Shorr. La lithothérapie explore et tente de définir précisément les vertus spéciales de chaque pierre. Les gemmologues, presque unanimement, dédaignent cette partie de l’analyse des gemmes, alors même que le Schumann, le guide des pierres précieuse qui est donc leur livre de chevet, y consacre encore aujourd’hui 5 pages. Et si les joailliers utilisent tous les gemmes, peu se revendiquent franchement de cet argument de lithothérapie. Il y a bien sûr des exceptions : l’américaine Jacquie Aiche qui a même sorti un coffret avec son livre « A gypsy cristal handbook for magic, healing and happiness ». Chanel avait bien créé une collection Talisman ainsi que De Beers, Cartier une collection amulette mais sans référence lithothérapique. Seule Morgan Bello s’est engagée plus avant sur l’énergie des pierres. En joaillerie, j’aime la marque Somâ dont la créatrice organise des ateliers où l’on peut créer son propre mala, ce chapelet bouddhiste et tibétain traditionnellement composé de 108 perles afin de pouvoir compter les répétitions de mantras. Alexandra Somat, la créatrice conçoit ses bijoux comme porteurs de sens, alliant la puissance de la lithothérapie et la mode, et conçus comme de véritables outils d'harmonisation du corps et de l'esprit. En haute joaillerie, la Maison Hoehl’s de Sophie Hoehlinger s’inscrit dans la lignée de la santé par les pierres. Elle sélectionne de magnifiques gemmes qu’elle garde brutes et qui s’enchâssent dans une sorte de capsule en or avec ou sans diamants afin de tenir la pierre sans serti. La capsule est ajustée par scanner, avec un travail différent sur l’envers ou l’avant donnant ainsi un porté unique. Les pièces uniques de cette première collection appelée Genesis ont été conçues par l’artiste designer Frédéric Mané et son Orchestre Joaillier. L’Apaisement est symbolisé par une émeraude brute de Colombie, l’Energie par une topaze impériale du Brésil et la Protection par un rutile de Madagascar. Alors est-ce que je veux vous convaincre qu’une pierre, même précieuse peut vous protéger du coronavirus ? Bien sûr que non. Mais si porter votre bijou préféré vous fait du bien au moral, même avec votre pyjama, n’hésitez pas ! Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Si cette histoire vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en partageant et en me mettant plein d’étoiles et de like. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn




le bijou comme un bisou #7 le sulfureux choker
Mar 26 2020 7 mins  
Le choker est ce collier que l’on porte tout contre la gorge. En français on l’appelle le ras-du-cou. Son histoire commence il y a très très longtemps, en Mésopotamie et en Egypte ancienne. Il avait alors vocation de protection, si on regarde bien la pierre ou pièce centrale de ces colliers sur le cou se positionne sur le chakra de la gorge, celle de la communication à l’autre. Tout le monde s’accorde sur le fait que le premier collier ras-du-cou connu est celui d’Anne Boleyn. Pour vous resituez, Anne Boleyn est la mère d’Elisabeth 1e et sera reine consort de 1533 à 1536 au côté de son époux le roi d’Angleterre Henri VIII. On voit sur son portrait exposé à la National Gallery qu’Anne Boleyn porte un ras-du-cou en perles où est suspendu l’initiale « B ». Comme elle fut décapitée, le ras du cou laisse l’étrange impression d’être une trace prédestinée. Ce sentiment bizarre autour de ce bijou s’accentue à la Révolution française où lors de « bal des victimes » les aristocrates élégantes portaient des rubans rouges autour du cou en hommage à ceux et celles qui avaient été décapité. Par ailleurs, quand on regarde les tableaux du XVIIIe, on voit les femmes arborer en ras-du-cou des dentelles et des nœuds, souvent assortis à leur robe. Ainsi est peinte la Marquise de Pompadour par François Boucher. Dans ce cas, le ras-du-cou est plus la transformation de la fraise du XVIe siècle, c’est un accessoire issu du costume plutôt qu’un bijou conçu comme tel. Au XIXe siècle, le ras-du-cou réapparait j’allais dire… comme cache-misère. C’est Alexandra de Danemark, princesse de Galles qui le met à la mode. Il paraitrait qu’elle avait une horrible cicatrice qu’elle cherchait à cacher. D’autres sources affirment qu’elle était nymphomane et que le ras-du-cou servait à cacher les nombreux suçons de ses non moins nombreux amants. En Autriche, le ras-du-cou s’appelait Kropfkette et servait à cacher le goitre et autres marques de cette maladie de la thyroïde. Tous ces colliers, cacheurs de défauts, étaient somptueux et ornés de pierreries. Le ras-du-cou avait aussi une tout autre signification. La femme qui le portait proposait ses « services ». Pour que cette indication soit claire, et comme les femmes qui s’en ornaient n’étaient pas riches, le ras du cou était un simple nœud de tissu noir. Ainsi dans le célèbre tableau Olympia d’Edouard Manet de 1863, on voit une jeune prostituée, alanguie et uniquement vêtue d’un ras du cou noir. Les ballerines d’Edgar Degas ont souvent cet accessoire et l’on sait que l’exercice de la danse ne suffisait à les faire vivre et qu’elles cherchaient à tout prix à être entretenue. Le ras-du-cou est dans ce cas symbole de luxure. Toujours à la même époque, le ras-du-cou avait une autre dénomination, explicite. On l’appelait « je ne baise plus ». Saint Simon disait qu’il était réservé aux dames canoniques et aux jeunes duchesses indisponibles. C’était un ruban de satin noir porté autour du cou et qui pouvait soutenir selon les moyens, un pendentif en or ou un camée, ou des diamants. Au XXe siècle, le ras du cou revient dans la sphère royale, la reine Mary d’Angleterre enserrent son cou d'incroyables colliers diamantés. Dans les années 20, le ras-du-cou devient très à la mode. René Lalique comme Henri Vever en réalisent de somptueux avec une plaque centrale où s’épanouissent les motifs floraux ou féminins aux formes languissantes ou inquiétantes, retenues par des rangées de perles ou de pierres précieuses. C’est à ce moment qu’on commence à les appeler des « Dog Collars », littéralement « collier de chien ». Puis cette mode s’estompe malgré une réapparition dans l’américain « Life magazine » vers 1944. Bizarrement, il revient en force vers les années 1970 et est porté par Mick Jagger, Jimi Hendrix et même Elvis ! Le terme anglais qui désigne ce style de collier est plus tranché, ils le nomment « choker » ce qui veut dire étrangler. Dans les années 1990, on verra le choker incarner la sexy-attitude de Britney Spears, Christina Aguilera ou encore Gwen Stefani. Le choker souligne aussi le caractère tourmenté de l’actrice Uma Thurman dans Pulp Fiction ou de la jeune Nathalie Portman dans Léon. Il est punk voir sadomaso avec Vivienne Westwood. Et après avoir été gothique, en 2014, il sera plastique au cou des "Tumblr Kids". Aujourd’hui ? L’exposition Neck de l’artiste Daniel Bush à l’Ecole des Arts joailliers en 2017 témoigne de la charge symbolique toujours renouvelée de ce collier. Il est un espace d’expression que les joailliers continuent d’explorer. Cette année là, le choker Baïkal de la collection Hiver impérial de Boucheron en 2017 est une prouesse toute en perles qui enserre une incroyable aigue-marine de Santa Maria de 78,33 carats. 3 ans auparavant c’est Cartier qui exposait son choker appelé Reine Makéda, un ruissellement de diamants et rubis dont le rubis central comptait 15,29 carats. En 2019, celui de Louis Vuitton, inspiré des héroïnes médiévales ressemble à une cotte de maille de 1600 diamants, 135 saphirs carrés avec au centre avec un saphir de Madagascar de 19,31 carats. Pour finir, je citerais les chokers diamantés de Messika comme le Shirin ou le Eternal Soul, transformable, et enfin le Equalizer réalisé pour Beyonce. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn







Le bijou comme un bisou # 4 Le pari de Cléopâtre
Mar 23 2020 5 mins  
Il était une fois le pari de Cléopâtre. Nous savons tous plein de choses sur Cléopâtre. La plus célèbre reine de l’Égypte antique, vient de la dynastie Lagide. Elle naît vers -69 et meurt le 12 août 30 av. J.-C. Sur ses 39 ans de vie, elle règne 21 ans (entre -51 et -30) d’abord avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis aux côtés du général romain Marc Antoine, le fils de César. Dans la guerre civile qui oppose Marc Antoine à Octave, elle prend partie et perd à la bataille d'Actium en -31. C’est cette défaite qui marquera la fin de l’époque helléniste en permettant aux Romains de conquérir l’Égypte. Les textes qui nous parle d’elle viennent souvent d’auteurs romains qui la détestent car elle remet en cause les valeurs de la République romaine : d’abord c’est une femme (et les romains ne sont pas très féministes). C’est une femme libre, de caractère et ambitieuse ce que ne peuvent tolérer les romains. Elle est très cultivée (elle parle 7 langues) et des traités de métrologie, d'alchimie, de gynécologie ou de cosmétique (le célèbre Kosmètikon) lui sont attribués. Mais cela n’est rien, ils préfèrent la taxer de séductrice aux mœurs orientales troubles, ce qui veut dire pour eux débauche et luxure et représente un danger pour la virilité romaine. En fait, la honnir est plus facile que de reconnaitre qu’en séduisant César, puis Marc-Antoine elle les a ralliée à sa cause et a failli continuer à régner, ce qui témoigne surtout d’une grande intelligence politique. Parce qu’avant tout, César, comme Marc Antoine souhaitait annexer l’Egypte. En séduisant le premier, elle peut reprendre le pouvoir et Césarion, le fils qu’elle a eu avec lui devient un futur roi d’Egypte. En mourant, César désigne à Octave comme héritier. Du coup tout est à refaire. D’autant que les généraux phares de Rome : Octave, Marc Antoine, Cassius et Brutus sont tous installés autour de l’Egypte et ont les même velléités d’annexion. On ne sait pas quand Cléopâtre rencontre la première fois Marc Antoine, mais la légende raconte comment elle l’a séduit. Elle connaissait la vanité et l’amour du faste du général. Elle l’invite dans son navire à la poupe dorée et aux voiles pourpres, siégeant sous un dais d'or entourée d'un équipage déguisé en nymphes, Néréides et Amours, montrant ainsi la puissance de l’Egypte et sa richesse. Bien entendu Marc Antoine fait semblant de ne pas être impressionné et vante les richesses de Rome. Cléopâtre parie avec lui en le mettant au défi de dépenser plus de 10 millions de sesterces en un seul banquet. Il estime le pari impossible et désigne même un arbitre. Le jour dit Cléopâtre invite Marc Antoine et le reçoit fastueusement. Cependant rien n’apparait atteindre la somme pharaonique prédite. Et Marc Antoine croit avoir gagné. A la fin du repas, Cléopâtre se fait apporter une coupe de vinaigre et détache une des superbes perles accrochées à ses oreilles. Elle la laisse tomber dans le vinaigre, la dissous et la boit. Il faut dire qu’à cette époque et pendant longtemps, les perles naturelles sont rares et véritablement très chères. Quand elle décroche la 2e, c’est l’arbitre qui l’arrête. Cette perle restante sera consacrée à Vénus, la déesse de l’amour. Suivant la coutume, elle sera sciée en 2 pour orner la statue de Vénus érigée dans le Panthéon de Jupiter dans la Ville impériale. Marc Antoine sera ainsi subjugué et séduit. Avec Cléopâtre, ils s’aimeront une dizaine d’année avant de perdre la guerre face à Octave. Ils se suicident créant ainsi une légende noire d’amour. Ils auraient souhaité être enterré ensemble mais on n’a jamais retrouvé leur tombeau. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou Si cette histoire d'Il était une fois le bijou vous a plu, partagez la autour de vous, pour vous aussi envoyer plein de bijou bisou et encouragez moi en me mettant plein d’étoiles et de like. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/podcast-joaillerie/) Twitter Facebook Instagram LinkedIn








Amour des bijoux #3 Savoir-faire et faire savoir. Itv de Claire Fillet, Joaillière et Podcasteuse (Rubis sur canapé
Mar 15 2020 24 mins  
Initialement, J’avais prévu de vous faire connaitre l’Ecole des Arts Joailliers. Mais évidemment elle est fermée par les mesures gouvernementales. Alors en attendant, et comme nous sommes confinés, je vous propose d’écouter l’interview de la joaillière-podcasteuse, Claire Fillet (podcast Rubis sur Canapé), c'est-à-dire la rencontre entre le savoir-faire et le faire-savoir. Bienvenue sur le podcast il était une fois le bijou. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou.Êtes-vous prêt à écouter les plus belles histoires de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Et si cette histoire du bijou vous a plu je vous donne rendez-vous, dimanche, dans 2 semaines, pour partager ensemble l’amour des bijoux. Retrouvez moi sur le site ilétaitunefoislebijou ou les réseaux sociaux et n’oubliez pas de mettre plein de cœurs, de pouces et de petites étoiles qui brilleront comme des joyaux ! Le blog : iletaitunefoislebijou.fr (https://iletaitunefoislebijou.fr/podcast-joaillerie/) Musique : Zéro le Sign Graphisme : Frédéric Mané Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/?eid=ARBO62DWvaqjq3zUXUTbsfP6JiFwT_7w-FMxp_THldYBWhSxSMtgSsZzZYnX1qmcJI3dS9ZMRLq8qiOu) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)


Amour des bijoux #2 savoir-faire : les voix de l'atelier de joaillerie. Itv de Marc Lauer, fondateur des Ateliers du Créateur
Mar 01 2020 19 mins  
Connaissez-vous les voix de l’atelier de joaillerie ? Quel bruit fait la scie bocfils ? Quel son indique le marquage de l’emplacement des pierres ? Qu’est ce qu’on entend au moment de la frappe du poinçon de Maître ? Bienvenue sur le podcast « il était une fois le bijou ». Cette 1ère saison est consacrée aux bijoux de l’amour et à l’amour du bijou. Le 1er épisode parlait de l’histoire des bijoux d’amour. Maintenant nous allons découvrir ceux qui aiment faire les bijoux, nous allons entrer dans les coulisses du savoir-faire joaillier c’est-à-dire l’atelier. Pour ce 2e épisode, je vous emmène chez Marc Lauer, le fondateur des Ateliers du créateur, un espace de co-working où les joailliers louent leurs établis et tout ce dont ils ont besoin pour créer leurs bijoux. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter les plus belles histoires de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Ainsi se termine cet épisode d’il était une fois… le bijou. Si cette histoire du bijou vous a plu, je vous donne rendez-vous, dimanche, dans 2 semaines, avec une autre personnalité du monde de la joaillerie. Toujours dans cette partie consacrée au savoir-faire, je vous emmènerais à la rencontre de Marie Vallanet, la Présidente de l’Ecole des Arts Joailliers qui permet à tous les amateurs et amoureux des bijoux, comme vous et moi, de s’essayer aux techniques joaillières. Retrouvez-moi sur le site éponyme « iletaitunefoislebijou » ou les réseaux sociaux et n’oubliez pas de mettre plein de petites étoiles qui brilleront comme des joyaux ! Le blog : iletaitunefoislebijou.fr (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Musique : Zéro le Sign Graphisme : Frédéric Mané Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://business.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/?ref=your_pages) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)


Amour des bijoux #1 histoire : le bijou d'amour. Itv de Christine Masseron, historienne de l'art
Feb 18 2020 20 mins  
Saviez-vous que l’alliance c’est-à-dire l’anneau existe depuis l’antiquité ? Connaissiez-vous les bijoux de foi ou de sentiments dont certains étaient même fait en cheveux ? Qui a offert la première bague de fiançailles en diamant ? Bienvenue sur le podcast il était une fois le bijou. Cette 1ere saison est consacrée aux bijoux de l’amour et à l’amour du bijou. Je vous emmène dans les coulisses de la joaillerie en allant à la rencontre des personnalités de la joaillerie qui aiment et font aimer les bijoux suivant un triptyque : l’histoire, le savoir-faire et les créateurs. Dans ce 1er épisode je vous emmène dans l’Histoire, la vraie, la grande et la plus belle puisqu’il s’agit des bijoux d’amour avec Christine Masseron, historienne du bijou et conférencière. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter les plus belles histoires de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Si cette histoire du bijou vous a plus je vous donne rendez-vous, dimanche, dans 2 semaines, avec une autre personnalité du monde de la joaillerie. Pour aborder la partie savoir-faire, je vous emmènerais à la rencontre de Marc Lauer des ateliers du créateur et nous vous ferons entendre les bruits secrets de l’atelier de joaillerie. Retrouvez moi sur le site ilétaitunefoislebijou ou les réseaux sociaux et N’oubliez pas de mettre plein de petites étoiles qui brilleront comme des joyaux ! Le blog : iletaitunefoislebijou.fr (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Musique : Zéro le Sign Graphisme : Frédéric Mané Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/)


Il était une fois ...le bijou, le podcast des plus belles histoires de bijou (bande annonce)
Feb 13 2020 1 mins  
Un bijou est tellement plus qu’un bijou. Et d’ailleurs : qu’est-ce qu’un bijou ? C’est un marqueur de luxe, mais pas que. C’est un indicateur social, sentimental, religieux, communautaire, identitaire et de séduction. C’est un concentré d’art et de savoir-faire : un dessin, une sculpture, une maitrise métallurgique, une excellence joaillière. C’est un concentré de sciences : gemmologie ou ethnologie, … Des tombes préhistoriques à notre époque contemporaine, le bijou est le témoin d’une Histoire, la nôtre. Voilà ce que souhaite partager avec vous et comme j’aime aussi les histoires, je vous les raconterais en commençant comme toutes les belles histoires par « Il était une fois… le bijou ! Par saison « Il était une fois le bijou » explore une thématique du bijou et dévoile les coulisses de la joaillerie suivant un triptyque : l’Histoire du bijou, le savoir-faire d’excellence joaillier et les créateurs ou les Maisons, tout en privilégiant le made in France. La première saison portera sur les bijoux d’amour et l’amour des bijoux et commencera le 14 février. Ensuite Toutes les 2 semaines, le dimanche, une personnalité du monde de la joaillerie vous fera entrer dans cet univers secret pour vous faire entendre les plus belles histoires du bijou. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter les plus belles histoires de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Musique : 0lesigne Graphisme : Frédéric Mané Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318/) Linkedin


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