Le Liban sous pression / n°157 (6 septembre 2020)


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Sep 06 2020 67 mins   656

LE LIBAN SOUS PRESSION


​Une explosion de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium a soufflé, le 4 août, les installations du port de Beyrouth et fortement endommagé le centre-ville,faisant 190 morts et au moins 6 500 blessés Elle s’est produite dans un Liban en proie à une grave crise politico-financière et à une corruption endémique. 50 % des Libanais vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

Le 6 août, le Président Macron s’est rendu à Beyrouth. Il s’est engagé à revenir le 1er septembre pour un « point d’étape » sur la mise en œuvre de l’aide internationale, mais aussi des réformes qui conditionnent ces aides et que réclament les Libanais dans la rue depuis plusieurs mois. 

Lors de son deuxième voyage à Beyrouth, le 1er septembre, centenaire de la proclamation du « Grand Liban » sous mandat français en 1920, le chef de l'État a obtenu des représentants des partis libanais plusieurs engagements : un gouvernement sera formé dans un délai de quinze jours, sous la direction du nouveau Premier ministre, Mustapha Adib. Il devrait s’agir d'un gouvernement « de mission », avec « des personnalités compétentes, formé comme un collectif indépendant, qui aura le soutien de toutes les formations politiques », a préciséEmmanuel Macron. Une déclaration devra formaliser cette démarche commune, avec une feuille de route détaillée comprenant notamment l'audit effectif de la Banque du Liban, la mise en place de la régulation de l'électricité, et la composition de l'autorité de lutte contre la corruption. Au cours de la deuxième quinzaine d'octobre, une conférence internationale devrait être organisée à Paris, en soutien au Liban pour la phase de reconstruction. Au même moment, une réunion des principaux chefs politiques libanais se tiendra dans la capitale française. Après ces rendez-vous, un déplacement à Beyrouth de Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, est envisagé pour novembre. Emmanuel Macron a promis d'effectuer en décembre une troisième visite dans la capitale libanaise.

     Paris a insisté pour que soit établi un échéancier de réformes avant tout versement des 9,2 milliards d'euros promis lors de la conférence Cèdre, la conférence de soutien au Liban parrainée par la France en avril 2018. Disposant d’une majorité dont au Parlement, les principaux chefs de parti libanais ont encore la capacité d'entraver le chemin des réformes.