#20 – Nabil Wakim : « Je suis incapable de parler arabe correctement, et incapable d’accepter cette réalité »


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Dec 16 2020 24 mins   9

Nabil Wakim a écrit L’arabe pour tous – pourquoi ma langue est taboue en France. Né à Beyrouth et arrivé en France à quatre ans, il s’est peu à peu éloigné de sa langue première et, finalement, a perdu l’arabe. Il raconte l’angoisse et la honte à chaque voyage au Liban (1’36), comment l’arabe est devenu une langue exclusivement domestique et le français, son outil de compréhension du monde (4’24), sa redécouverte de l’arabe à travers l’apprentissage de l’espagnol (9’07), la communication impossible avec le reste de la famille (10’35).

Nous avons aussi parlé de cette autre facette de soi qu’on (s’)offre quand on change de langue (12’40), du long chemin vers l’acceptation de ses lacunes (14’15), de l’enseignement des langues vivantes en France (15'21), de l’impérieuse nécessité d’enseigner l’arabe de manière laïque (18’02), et du paradoxe de cette langue, méprisée quand elle est parlée par un.e immigré.e mais valorisée dans les milieux élitistes (21’40).

Cet épisode, très riche, en fait résonner plusieurs autres, tant le sujet de la langue maternelle et de sa transmission ou non revient fréquemment chez les invité.e.s de Joyeux Bazar… !


Références : nous avons mentionné les auteurs.rices Emmanuel Carrère (Un roman russe), Cyril Pedrosa (Portugal) et Fatma Bouvet de la Maisonneuve (Une Arabe en France), les sociologues Kaoutar Harchi et Stéphane Beaud (La France des Belhoumi), la réalisatrice Houda Benyamina, mais aussi les Rougon-Macquart, la chanteuse Fairouz ou encore l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales).