Robert de Boron (2/2): De Myrddin au Merlin en Prose (Rex Quondam Rexque Futurus #10)


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Dec 06 2017 194 mins   188
Avant d'attaquer le Merlin en prose et son fragment en vers, rattachés à Robert de Boron, Antoine et Lays font deux pas en arrière pour montrer le développement du personnage de Merlin. A commencer par les poèmes gallois du Livre Noir de Carmarthen (copié en 1250) tels que Yr Oianau (les salutations) et Yr Affalenau (les pommiers) et quelques autres poèmes de manuscrits plus tardifs comme Cyfoesi Myrddin a Gwenddydd ei Chwaer (Dialogue de Myrddin et Gwenddydd, sa soeur), Gwasgwargedd Myrddin yn y Bedd (Chant de séparation de Myrddin à la tombe) et Peiran Faban/Vaban (Le garçon commandant). Lays et Antoine tentent de mettre en contexte l'histoire de ce Myrddin (prononcer Meurthinn, avec un th anglais comme dans father) dans cette tradition littéraire dont on évoquait les problèmes dans l'épisode 2. Il s'agirait là d'un barde qui s'est enfui après une bataille, devenant fou, et qui énonce son passé glorieux avant ses décennies d'exil dans la forêt, où il prophétise sur l'avenir de la Bretagne. Le personnage du garçon sans père nommé Ambrosius chez Nennius (voir RQRF 1) et qui révélait à Vortigern les deux dragons sous la tour qu'il essayait de construire, sera combiné à ce Myrddin gallois par Geoffrey de Monmouth autour de 1136 dans son Historia Regum Britanniae (voir RQRF 3) pour créer le personnage de Merlin, et il semble s'y être tant attaché qu'il lui consacra même une Vita Merlini (c. 1151), une vie de Merlin, qui est malheureusement moins lue, mais où l'on voit ce Merlinus sauvage vivre dans les bois et prophétiser. Cet homme sauvage trouve des parallèles dans un manuscrit de la vie de Saint Kentigern qui mentionne un Lailoken très "merlinique" et un texte irlandais, Buile Suibhne (c. 1200) ou Folie de Suibhne (= Sweeney) Enfin, au terme de ce (long) parcours, on attaque enfin le Merlin en Prose, la seconde partie de la "trilogie" de Robert de Boron, précédé par le Joseph, et suivi par le Perceval en Prose, examinés la dernière fois. Merlin est, comme dans l'Historia de Geoffrey, le fils d'un démon, mais sa mère, au lieu de participer enthousiaste à leur relation sans réaliser sa nature démoniaque, elle est violée suite à un moment d'inattention. L'enfant, heureusement précoce, acquiert des démons la faculté de voir le passé et de Dieu, la faculté de voir l'avenir. Il les mettra au service des rois Vortigern, Pandragon et Uther, avant d'aider à la conception d'Arthur, puis, alors que la Bretagne est sans roi après la mort d'Uther, Merlin fait apparaître à Noël devant le perron de la cathédrale de Londres, une épée, plantée dans une enclume, sur un bloc de pierre. Et qui la sortira, sera par la grâce de Dieu roi de Bretagne… Pour finir, on termine cet examen du cycle "boronesque" avec la fin du Perceval en Prose, parfois nommée Mort Artu, car elle intègre la tradition de Geoffrey et Wace (voir RQRF 4) quand à la chute du royaume arthurien.