Red Universe

Mar 20 2019 311

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/














RedU T1 Ch29 Ep17
Aug 20 2019 21 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 17 : «Délivrance (2)» Monsieur, c’est votre cancer, une maladie. Il n’y a pas de clémence pour ce genre de combat là. Il doit disparaitre. Écartez-vous, ce sera bientôt fini. Je… je vois que tes… nouveaux pouvoirs t’empêchent d’entendre un ordre pourtant simple. Le chancelier se redressa, maintenant sa poigne sur l’avant-bras de Ralato. Une certitude, une affirmation de soi, propre à la personnalité de celui qui fut le maitre des Forces mentales reprenait lentement possession de Poféus. Le surhomme qu’était devenu Ralato ne pouvait ignorer cette transformation soudaine de son chef, qui pleurait encore à chaudes larmes quelques minutes plus tôt. Tu. le. laisses, est-ce clair ? précisa-t-il froidement à son subordonné. Les bras de Ralato s’abaissèrent, se rejoignant dans son dos en position de repos militaire. Sans y réfléchir, le soldat en lui réagissait aux injonctions d’un supérieur, celui-ci en particulier. Méfiant, Poféus l’examina encore une poignée de secondes, pensif, jusqu’à ce que l’autre perde son regard dans un horizon imaginaire, la chaine hiérarchique finalement rétablie. Le chancelier se tourna alors vers la créature qui flottait derrière lui. L’opération de Ralato, même avortée, l’avait profondément marqué. Son maintien en l’air demeurait erratique, instable, un peu plus de la moitié de sa surface souffrait de lactescence, séchant peu ou prou. Les effluves vert foncé se mouvant en elle semblaient ralentir, virant au rouge aux abords des plaques laiteuses. Encore une minute ou deux de ce traitement et elle aurait disparu, flétrie par l’intervention d’une puissance sans égale. Es-tu toujours vivant ? demanda simplement le chancelier. SI TU ES, ALORS JE SUIS AUSSI. Tu prétends donc être moi ? Une représentation du cancer qui me ronge depuis des années ? PHYSIQUEMENT, JE SUIS COMPOSÉ DE TES CELLULES ET MON ESPRIT EST EMPLI DE TES SOUVENIRS. OUI, JE SUIS TOI. La logique un peu arrangée de cette affirmation laissa Poféus songeur avant de reprendre. Pourquoi tout ce théâtre, pourquoi m’avoir rendu fou ? J’ai manqué de me suicider plusieurs fois, j’ai… tu m’as fait… manger… mon assistante, revivre plusieurs pans de mon existence avec des personnes et des émotions enfouies dans mon passé. Pourquoi ? … …manger mon assistante… la phrase tourna quelques secondes dans le crâne d’Angilbe. Il avait du mal à faire cohabiter ses souvenirs et leur signification. La chose ne répondit pas. Angilbe pourrait jurer que certaines plaques blanches avaient encore grossies de quelques millimètres. Le traitement de Ralato se poursuivait-il de lui-même ou son ministre agissait-il en sous-main ? Ralato. Il sèche encore. Ce n’est pas moi, Monsieur. Comme toute brulure, cela ne s’arrête pas immédiatement. Il pouvait très bien mentir et continuer l’opération « dans le monde réel » que Poféus n’y pourrait rien. Répond-moi, chose. Quel est ton but ? MAGNAM TE L’A DÉJÀ DONNÉ, NON ? Tu veux ma mort, voilà ce qu’il m’a révélé. Enfin, toi sous la forme de Calande. … Je ne comprends pas pourquoi tu as perdu ton temps. Tu prétends être moi, mais je ne me commettrais jamais ce genre d’erreur. Une vaguelette parcourut la surface encore liquide de la sphère, comme un frémissement, avant qu’elle ne reprenne : TON HEURE EST VENUE, ANGILBE. JE TE CONNAIS PEUT-ÊTRE MIEUX QUE TOI-MÊME, LE MAL DONT TU AS FAIT PREUVE TOUT AU LONG DE TA VIE N’EST QUE CONSÉQUENCE, SEULE LA LOGIQUE FUT TON MOTEUR. JE SUIS VIVANT, PENSANT, JE SUIS TOI. JE VEUX QUE TU PARTES AVEC MOI VOLONTAIREMENT. J’ESTIME QUE TU AS DROIT À UN DÉPART… Me pendre ou me faire sauter par la fenêtre n’est pas une manière courtoise pour me convaincre à te suivre, le coupa sèchement Poféus. TOUJOURS CETTE REMARQUABLE CAPACITÉ À FAIRE ABSTRACTION DE TES SENTIMENTS, D’AUTRES AURAIENT HURLÉ, MAIS TOI — NOUS — NOUS ANALYSONS, NOUS TRAITONS LES INFORMATIONS FROIDEMEN


RedU T1 Ch29 Ep16
Aug 13 2019 10 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 16 : «Délivrance (1)» Banlieue de MaterOne Hôpital pour Mentaux Dans l’esprit du Chancelier suprême Angilbe Poféus Le cerf de feu qui emplissait le ciel s’estompait progressivement alors que Ralato Ouli se rapprochait du duo à genoux sur le petit chemin de terre sinuant au travers du néant. Poféus, dont les pupilles ne s’accoutumaient pas à l’intensité lumineuse de son subordonné, plissait les yeux et se protégeait le visage d’un bras. Calande se recroquevillait derrière lui, tremblante, meurtrie, recouverte de brulures s’étendant sous forme de plaques fumantes. Si l’éclat de Ralato en personne baissa à son tour, un reste d’auréole dorée perdura lorsqu’il toucha le sol du sentier. Une déformation en onde s’évasa de l’endroit où se produisit le contact, suivit d’une forme de vapeur, puis plus rien. Angilbe demeura sans voix une poignée de secondes, puis il considéra le buste de son officier avant de croiser son regard. Que se passait-il ? Était-ce un nouveau mauvais tour de Calande pour manipuler son esprit et le convaincre de périr avec elle ? Cela n’avait pas de sens, Angilbe avait finalement accepté de se plier à la volonté de celle qui voulait sa mort et… Vous ne devez pas mourir, Monsieur, prononça Ralato sans ouvrir la bouche. Son âme parlait, non son corps. Nous allons devoir affronter sous peu une situation qui nécessitera toute votre attention et vos talents de meneur. Plus que jamais, vous devez être à votre poste pour diriger l’humanité… Monsieur ! Cette simple phrase ramena le chancelier à l’instant présent : Calande, Heir, Méhala, Magnam, Fabio… et maintenant Ralato ? Mais celui-ci différait des autres. Cette apparition ne venait pas de son passé, quelque chose d’incompréhensible disait à Angilbe que c’était bel et bien le « vrai » Ralato qui se tenait devant lui, le rappelant à ses devoirs. Il baissa la tête, renifla et s’essuya d’un revers du bras les restes de quelques larmes encore accrochées à ses cernes, puis se releva, dominant de quelques centimètres la projection. D’une voix qu’il espérait plus habituelle pour sa personne, il s’exprima enfin : Ralato. C’est… c’est une surprise de te rencontrer ici. Mon esprit est censé être inaccessible aux Mentaux. Les Mentaux, en effet, Monsieur. Mais je ne puis dire si j’en suis toujours un. Mes pouvoirs ont considérablement augmenté depuis Talbot. Il faudrait une nouvelle appellation à ce stade... Quand bien même… Fabio n’a jamais su m’atteindre. J’étais fermé à lui comme à tous ! J’ai du mal à expliquer, je ne suis pas certain de tout comprendre moi-même. Il leva doucement ses mains, observant ses paumes quelques secondes, pensif, puis reprit. Il existe d’autres manières de communiquer avec un être, d’autres « portes » liées à je ne sais quoi du vivant. J’en ignorais la réalité jusqu’à maintenant, alors qu’elles m’apparaissent avec une évidence déconcertante, dorénavant. Quoiqu’il en soit, si cela me permet d’empêcher votre cancer de gagner la partie, alors cela doit être bon. Mon cancer ? Tu es au courant ? Comme tout le monde ici je pense, vous lui parlez depuis un petit moment, là, et, Ralato, de désigner négligemment la forme en position fœtale derrière Angilbe. Celui-ci écarquilla les yeux et se retourna doucement, n’osant pas se représenter ce que venait de lui annoncer si innocemment son ancien officier. Calande, recroquevillée, ne bougeait plus, mais ce qui ressemblait auparavant à des marques de brulures se révélait maintenant en une sorte de gélatine grumeleuse et verte foncée, parcourue de volutes internes à la noirceur insondable. Le corps si magnifique de sa compagne se déformait tandis que la superbe bouche s’ouvrait désormais sur l’indicible matière dans laquelle elle semblait se fondre. Ca… Calande ? CALANDE ! C’est une projection, Monsieur, un peu comme moi actuellement. Une partie souillée de vous-même qui ve


RedU T1 Ch29 Ep15
Aug 06 2019 17 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 15 : « Percée (4) » Quelque part dans le Cercle de KhabitBase secrète de construction des Lanhuit’l L’Amiral Huate exultait. Depuis son petit module d’inspection, il ne pouvait s’empêcher de répondre chaleureusement aux saluts des ouvriers. Ceux-ci s’acharnaient au travail le long des lignes de productions de Lan’huitl. Ce soldat, d’ordinaire si austère et impassible, à l’uniforme parfaitement ajusté et aux chaussures huilées, rayonnait de voir chaque étape de son plan se dérouler avec l’exactitude d’un métronome. Qui avait mis en avant l’efficacité de ces nouveaux croiseurs légers ? Qui avait proposé une stratégie de harcèlement, montant crescendo jusqu’à l’attaque finale ? Et en fin de compte, qui avait convaincu le Comité de salut public qu’il fallait profiter de cette retraite pour porter un grand coup et ruiner les efforts de minage des envahisseurs humains ? Ces engins auraient pu considérablement compliquer la tâche de la flotte d’invasion, demandant un nettoyage complet d’une zone éloignée du Cercle de Khabit, berceau de la République nalcoēhuale. Mais c’était désormais un risque oublié, comme la majorité de cette flotte ennemie. Et avec la future vague de plus de trois-cents Lan’huitl qui se construisait sous ses yeux, la reconquête prochaine de Veora s’annonçait glorieuse et il la dirigerait avec efficacité et fierté. Il décrocha un petit transmetteur psychique qu’il fixa à son front. Sous l’impulsion, un message jaillit de son esprit vers toute la population ouvrière qui œuvrait à la victoire. Certes, ces braves gens vivaient sous un régime d’exception, réquisitionnés sous peine de mort par les autorités, mais leur travail lui permettait aujourd’hui de communiquer la grande nouvelle : « Mes amis, la nouvelle flotte noire que vous avez conçue vient de bouter le dernier humain hors de cette partie de l’univers par la Grande Déchirure. Nous allons maintenant LUI REPRENDRE NOTRE PLANÈTE MÈRE ! » Des hurlements de joie parvinrent à son esprit alors que ses officiers derrière lui ne cachaient pas moins leur satisfaction. L’amiral replaça le communicateur sur son petit socle au pied de la verrière. Certes, avant de traverser la Grande Déchirure, il allait falloir mater une fois pour toutes la rébellion de Chilico. Aucune nouvelle en provenance de l’expédition punitive, partie il y avait déjà trois cycles, mais cela ne voulait pas forcement signifier grand chose. La guerre frappait à toutes les portes et certaines conventions pouvaient être outrepassées. D’autant que les ordres étaient clairs : on allait repeupler le système de Chilico, ils devaient « l’aseptiser » de toute trace actuelle de vie. Huate comprenait alors que ses soldats rechignent à donner des rapports trop fréquents… ni trop précis sur leurs activités. Sans se retourner, il impulsa télépathiquement à ses assistants : « Quand nous serons de retour sur Tilt’chiti, rappelez-moi de contacter le corps expéditionnaire envoyé vers Chilico ». Les autres plissèrent leurs goitres impeccablement rasés en un discret hochement de tête. L’amiral ne quittait pas du regard les docks de construction, suivant la perspective parfaite d’un agencement en étoile qui aboutissait au poste de contrôle central, dominant ces immenses lignes de production. Quelle formidable machinerie, quelle parfaite organisation digne de… Un petit signal l’avertit qu’on tentait de le contacter. Une arrivée de plusieurs Lan’huitl en procédure de retour automatique. Bizarre, la bataille était maintenant terminée depuis plusieurs déciles et les appareils endommagés ou détruits qui pouvaient revenir avaient été rapatriés. Il composa le code de la zone de rapatriement, ce n’était qu’à quelques encablures, et il était curieux de voir cela de plus près. * « MES AMIS, NOUS AVIONS RAISON ! DEVANT NOUS, VOICI LE LIEU DE FABRICATION DE CES ENGINS DE MORT !


RedU T1 Ch29 Ep14
Jul 30 2019 9 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 14 : « Percée (3) » Gouverneur ! Rapport des machines, le Compresseur répond enfin ! Sauf qu’ils précisent que plusieurs circuits primaires sont hors services, nous n’aurons qu’un saut puis il faudra au moins une semaine de réparation. Ce n’est pas trop tôt ! Alerte jaune, je veux un retour aussi rapide que possible vers notre point d’origine ! Le professeur enrageait, simplement. Les coordonnées les avaient conduits ici, à quelques millions de kilomètres d’une supernova, grande génératrice de microondes qui perturbaient l’électronique embarquée. Le piège avait été savamment organisé et QuartMac doutait de retrouver la Flotte mentale là où il l’avait laissée, mais sans doute y trouverait-il des indices quant à leur nouvelle destination. Il soutint sa tête d’un de ses bras sur l’accoudoir. À ses pieds, le blouson de cuir noir trainait par terre, piétiné autant de fois que possible par le vieux professeur. Une crise infantile, amplifiée par les efforts sans fin de ces dernières semaines, l’avait submergé. Le spectacle présenté à ses subordonnés ne jouerait pas en sa faveur plus tard, il devrait se charger de les faire taire d’une manière ou d’une autre. Les implications de la traitrise qu’il venait de subir l’exaspéraient autant qu’elles l’inquiétaient : tout le monde devait savoir, tous y avaient sans doute participé. QuartMac laissa son regard se promener sur les têtes des opérateurs occupés face à lui : finalement, il devrait plutôt les choyer, car eux au moins avaient été honnêtes jusqu’au bout. Un grondement se répercutant le long de la coque le fit se redresser : on y était. « Préparez les armements, tout le monde à son poste de combat ! » Devant l’étonnement qui s’installait sur la passerelle, il crut bon d’ajouter : « Nous n’avons aucune idée de ce que nous allons découvrir là-bas. Nos ennemis ? Ceux qui nous ont trahis ? Je préfèrerais toujours être le premier à tirer que le premier à mourir ! Compte à rebours trois, deux, un… » Le décor se transforma, abandonnant la lueur brulante d’une géante rouge pour celle, minérale, de l’obscurité étoilée. Rien, comme prévu. QuartMac scruta de ses yeux ce que les instruments sophistiqués à sa disposition avaient déjà analysé et classé, comme s’il pensait percer un secret dissimulé dans l’insondable néant de l’univers. Mais non, rien de rien, sauf peut-être… Monsieur, les balayages fins ont décelé plusieurs structures de l’ordre du mètre à une centaine de kilomètres à bâbord. Aucune présence vivante ni chaleur, mais c’est tout ce qu’il y a dans les alentours. Qu’on les affiche sur l’écran ! grogna le savant. Devant le spectacle de ses chimères de rechange congelées, irrémédiablement détruites, il se laissa tomber en arrière dans son fauteuil, les yeux obnubilés par l’image. Sa carte de secours, ses multiples vies… elles dérivaient maintenant, les cellules éclatées par le gel, leurs incubateurs débranchés sans le moindre scrupule. S'il était un message, c'est que l'on se passait définitivement de ses services, tout simplement. Que… fait-on ? demanda avec une certaine inquiétude l’officier de pont. Il reposa la question trois fois, devant le mutisme de son commandant, mais l’autre gardait toujours le silence, le regard embrumé. Un avertisseur rugit soudain, traduit immédiatement comme plusieurs sorties de Transition par des engins inconnus. Lorsque les coques des Lan’huitl brisèrent les cylindres congelés et leurs composants dans leur élan, QuartMac s’éveilla de sa transe, ramené au présent par une réalité pressante. Ce sont nos ennemis ! Préparez le Compresseur pour un saut d’urgence ! Impossible, lui rappela l’autre, les réparations débutent à peine, nous n’avions qu’un seul saut ! La fin. C’était donc une nouvelle mort, véritable cette fois, qui l’attendait. Ses chimères anéanties, sa flotte enfuie, son vaisseau isolé, sans aucun espoir de su


RedU T1 Ch29 Ep13
Jul 23 2019 9 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 13 : « Percée (2) » L’acharnement des équipes du professeur paya : drogués par un opiacé maison, ils installèrent les nouveaux systèmes expérimentaux sans faillir, dédiés à leur tâche telle des mères au chevet de leurs enfants. Désormais fin prêts, les quatre croiseurs améliorés se détachaient lentement du reste des vaisseaux de guerre. À bord, c’est un QuartMac fringuant, engoncé dans la veste de cuir noir des commandants qui se présenta sur la passerelle. Sur un signe de sa part à l’opérateur radio, la communication fut établie avec Laurelian… ainsi que toute la flotte. Ce moment s’inscrirait à jamais dans l’Histoire comme un retournement de situation. Du genre que l’on étudiera dans les académies militaires qui porteront son nom : Amirale Laurelian, les quatre croiseurs de la controffensive sont prêts à appareiller. Nous recevons actuellement les dernières données concernant plusieurs positionnements possibles. Si les renseignements sont exacts, alors ils ne nous échapperont pas. Il inspira profondément, puis reprit : Je transmets le commandement absolu de notre flotte à l’amirale. La durée de notre mission ne devrait pas dépasser trois semaines standards, elle nous emportera dans les recoins cachés de l’espace où nos ennemis se tapissent lâchement. Nous irons les y frapper jusqu’à anéantir tout espoir en eux et nous vous ouvrirons une voie royale vers la victoire finale ! Avec vous tous, nous dominerons ensemble cette région de l’univers pour la plus grande gloire des Forces mentales ! Garde-à-vous ! lança Laurelian sur les ondes et, dans chaque appareil de la flotte, tous se dressèrent en saluant le départ des héros. QuartMac se savait héraut de ce sentiment de fierté patriotique retrouvé qui avait tant manqué à ses troupes. C’était lui, le scientifique honni par une élite dédaigneuse, qui allait finalement porter le fer là où nul n’était encore jamais allé, lui qui allait permettre à l’humanité de révéler ses lumières à toute la galaxie ! Accompagné par tous les opérateurs de la passerelle, des hommes et femmes totalement dévouées à sa cause, il rendit le salut, filmé par les caméras internes qui diffusaient chaque seconde de cette glorieuse séquence. Les quatre croiseurs se regroupaient maintenant, chauffant leurs Compresseurs et laissant les dernières vérifications automatiques terminer leur œuvre. QuartMac n’en doutait absolument pas : l’esthétisme de la scène se transmettra de génération en génération, portant au pinacle son acte ô combien héroïque ! Compagnie ! Laurelian donnait finalement son aval officiel sur toutes les ondes. Vous êtes autorisés à partir au loin. Revenez-nous aussi vite que possible, nous préparerons la deuxième phase du plan en nous inspirant de votre esprit conquérant ! Messieurs… en avant toute, ordonna simplement le professeur, le doigt tendu vers les étoiles de l’écran principal. Un dernier vrombissement interne et son croiseur disparut en Transition, traversant les dimensions pour atteindre sa destination… seul. Des quatre appareils, uniquement le sien s’était volatilisé. Dans son centre de commandement, Laurelian resta quelques instants muette, comme plusieurs membres de son équipe, puis elle donna ses consignes : « Nous avons quatre heures avant qu’ils ne puissent revenir. Que la première division évacue vers la Passe. Prévenez les mouillages de mines qu’ils peuvent également commencer. Formation Zeta-Bravo, scindez la flotte. » Dans les minutes qui suivirent, de gigantesques mouvements de croiseurs se produisirent, plusieurs vagues de départ en Transition s’effectuèrent alors que les rapports n’annonçaient, fort heureusement, aucune activité particulière de l’ennemi extraterrestre. L’amirale ne relâcha pas la pression, sachant pertinemment que chaque seconde comptait. Ils avaient beau protéger leur retraite par des mines magnétiques, cela demeurait


RedU T1 Ch29 Ep12
Jul 16 2019 15 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr ! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 12 : « Percée (1) » Retenez-les, lancez un contrordre ! Amirale, c’est inacceptable ! Monsieur le gouverneur, avec tout le respect dû à votre personne, la situation ne permet plus de choisir autre chose que la retraite. Mais je refuse ! Que proposez-vous ? Nos pertes d’aujourd’hui sont moindre : seulement quatre appareils détruits et un endommagé. Il faut dire que la saignée des derniers jours nous aura couté plus d’une centaine de croiseurs, bientôt nos ennemis devront chercher leur proie. Le Professeur QuartMac, nommé gouverneur des colonies humaines au-delà de la Passe de Magellone, réagit violemment en écrasant son stylo sur la surface déjà abimée de son bureau. Il ne dormait plus correctement depuis des semaines, découvrant ainsi d’étranges nouvelles facultés de son cerveau de chimère. Tels certains oiseaux ou mammifères marins, il avait trouvé le moyen de reposer un hémisphère sur deux par intervalles réguliers, l’endurance de son corps encore frais procurant l’énergie manquante. Tant pis s’il brulait trop vite l’existence de cette enveloppe, là n’était pas l’importance ! Laurelian, je vous veux dans mon bureau dans quinze minutes avec des propositions crédibles ! Et sursoyez immédiatement à vos directives pour la flotte. Nous restons de ce côté-ci de Magellone. C’est un ordre ! QuartMac rompit la communication psychique. Cette idiote, cette lâche ne connaissait rien à l’Art de la guerre. Les Mentaux ne comprenaient que les rouages de l’esprit — et encore en savait-il plus qu’eux sur le sujet. Quinze minutes… comment tuer ce temps ? Lire les sempiternels pleurs sur les morts et destructions qui remplissaient les pages des rapports accumulés sur son bureau ? Réétudier, à s’en abimer les rétines, les options stratégiques d’après les maigres cartes spatiales à sa disposition ? Boire un thé ? Non, il allait suivre son unique passetemps depuis des semaines consistant à rejoindre sa petite équipe restreinte du laboratoire. Car c’était là-bas que l’on préparait la contrattaque, là-bas où les vrais cerveaux des Forces mentales étaient regroupés pour réfléchir à de nouvelles techniques pour mener la bataille. Et les résultats prouvaient le bien fondé de cette démarche. Quinze minutes… il n’avait pas le temps de se rendre en personne dans le croiseur où l’on avait installé le laboratoire, fort heureusement ce n’était pas nécessaire. D’un geste, il déverrouilla une petite trappe située sous son accoudoir pour activer un interrupteur dissimulé. Plusieurs cercles argentés vinrent enserrer sa tête : une version du « rayonneur », spécialement conçue par ses soins, permettait de prendre le contrôle d’un bras mécanique autonome dans son officine. Même Laurelian ignorait son existence ou, en tout cas, ne pouvait en percer les codes de cryptage. Quant à son équipe, elle ne répondait qu’à lui-même, avec interdiction absolue de partager quelque information que ce soit avec le reste de la flotte, sans son accord au préalable. La vibration du rayonneur se répandit en lui alors que son esprit traversait les kilomètres le séparant de ses collaborateurs. Le laboratoire s’illumina soudain sous le regard de sa « nouvelle » vue, assemblage de caméras, de lentilles microscopiques, de capteurs à différentes longueurs d’ondes ou de réalité augmentée. Certains des assistants les moins éloignés levèrent un sourcil puis le saluèrent d’un hochement de tête, avant de replonger dans leurs occupations. Plusieurs expériences touchaient au but tandis que d’autres ne faisaient que démarrer, mais le plan général était désormais bien établi. Tout en survolant les multiples ateliers, QuartMac se rapprochait d’une balustrade surplombant un large espace où le projet prenait finalement forme. Des points noirs glissèrent sur son champ de vision. Son excitation provoquait malheureusement ces parasites dans la communication, sans


RedU T1 Ch29 Ep11
Jul 09 2019 10 mins  
### La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr ! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 11 : « Visions (2) » « Bonjour Fabio < ouf > ! Tu vois, chérie, je t’avais dit qu’il serait… serait… làààà ! » Ayant malencontreusement posé un sac un peu trop en déséquilibre sur le trépied de l’entrée, le contenu glissa, entrainant vers le sol le petit meuble et un second cabas. Sans réfléchir, Fabio en appela à ses pouvoirs pour ralentir la chute et éviter la casse du vase avec la fleur en plastique, mais rien ne se produisit. Au mieux, put-il entendre les mots d’oiseaux qui traversèrent l’esprit de Phil avant que le fracas n’égaille l’immobilisme de la pièce. La réaction, et surtout le manque de résultat, du jeune homme n’échappa pas à Adénor. Alors, ce que l’on nous a dit était vrai ? Vous avez perdu vos pouvoirs ? Hem… je, en fait c’est… Et merde ! La bouteille de parfum dans le sac s’est fendue, ça coule dans le linge ! Quelqu’un a un mouchoir, vite ? s’enquit Phil, interrompant le début de conversation dans son affolement. Attends, j’en ai un là. Fabio chercha une poignée de secondes dans la poche arrière de son pantalon et en sortit une pièce de tissu qu’il apporta. Au milieu de l’entêtante odeur qui montait, il pouvait deviner le regard que l’ancienne tueuse portait sur lui, telle une chaleur incommodante sur sa nuque. Phil extirpait les affaires du sac aussi vite que possible, enfermant le flacon fêlé pour tenter d’en retenir le contenu. Il le tendit à Fabio qui s’empressa de rejoindre la salle de bain. Avisant un verre vide, il y versa ce qui restait et le déposa dans l’évier pour éviter tout nouveau drame. Se retournant vers l’entrée, il fit face à Adénor : Comment allez-vous, Fabio ? Je… je devrais vous poser la même question, rétorqua-t-il en désignant son ventre du menton. Le regard de la jeune femme se troubla tandis qu’une esquisse de sourire mourut immédiatement sur son visage. Nous n’en sommes qu’au premier mois, le chemin est encore long, mais les médecins disent que pour l’instant tout va très bien. Par contre, il n’y a pas de spécialiste pour les Mentaux esseulés dans l’Exode, Fabio Ouli. Alors ? Comment vous sentez-vous ? Son début de grossesse n’avait rien enlevé au caractère, ni à la pertinence, de l’ancienne tueuse de l’Armée royale. J’essaye de faire le point. Encore ? souffla malicieusement le Faiseur. Et combien de temps cela vous prendra-t-il ? Des mois ? Des années ? Je l’ignore… je ne vous attendais pas. Vu la quantité de bagages, j’en conclus que vous revenez vous installer ici ? Oui, mais changer de sujet ne vous sera d'aucune aide. Godheim nous a prévenus qu’il vous serait désormais difficile sinon impossible de simuler vos « miracles » habituels. Par contre, il a été avare d’explications quant à ce qui vous était arrivé. Depuis quand êtes-vous au courant ? Un peu moins d’une dizaine de jour. Écoutez, ce n’est pas que je souhaite éviter cette discussion, mais je vais récupérer mes propres affaires et vous laisser la place, alors si vous… Elle se saisit du bras qui voulait l’écarter, sans brusquerie, mais avec fermeté : J’ai aussi perdu ma raison d’être, par deux fois. On s’en remet toujours, Fabio. Il vous faudra chercher ce que vous êtes vraiment, au-delà de ce que les autres attendaient de vous. Je n’aurais pas dit mieux, elle me plait cette petite, elle me plait de plus en plus ! Je… heu, merci, Adénor. Pardon, je dois passer. La jeune femme s’écarta et il s’enfuit littéralement devant elle, poursuivit par la brulure de son regard. Le respect de sa souffrance pouvait-il être sincère ? Et, quand bien même, que pouvait-elle y comprendre ? Il avait perdu la clarté, il était devenu l’aveugle que l’on doit soutenir, l’obscurité était désormais son horizon, l’impuissance, son rayon d’action. IL N’Y A QUE TOI QUI REFUSES D’Y VOIR, PASSEUR ! TON POUVOIR EST PLUS ÉTENDU QUE N’IMPORTE QUEL MENTAL, FÛT-IL OMNIPOTENT ! Quoi ? Fabio manqua de tomber,


RedU T1 Ch29 Ep10
Jul 02 2019 10 mins  
La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST POUR **SAMEDI PROCHAIN** (http://forcesmentales.fr) PREPAREZ-VOUS ! Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 10 : « Visions (1) » La pièce était plongée dans l’obscurité, comme presque toujours ces derniers temps. En l’absence d’Adénor Kerichi et Phil Goud, leur vaste logement de fonction, offert au titre nébuleux de « personnalités invitées », brillait par sa froideur. Quand on connaissait les conditions d’hébergement désastreuses dans la Cité intérieure de Transporteur 3, il y avait matière à mécontentement, mais bon. Ils passaient de temps en temps ici récupérer quelques affaires et caresser le chat, si celui-ci daignait les accueillir. Les plaisirs de la « vie de divinité », dans un Exode arrivé à destination, pouvaient se résumer à ce logement. C’était donc Fabio Ouli qui occupait et s’occupait des lieux, utilisant, nettoyant et nourrissant accessoirement Vivagel, le félin de Phil. Mais la plupart de son temps, lorsqu’il n’était pas en formation de son élève, Maeve Onawane, ou en discussions interminables avec l’Empereur-Dieu, il le vivait assit dans le canapé. Regarder la multivision, parfois, ou contempler Antares IV et les étoiles environnantes, souvent, furent ses principales activités… jusqu’à la disparition de ses pouvoirs. La situation se dégrada encore quand le groupe de Mentaux, guidés par l’ancien agent Stuff MacDone, arriva pour leur prêter mainforte. Les maigres talents de Fabio ne résistèrent pas une heure à l’inspection des nouveaux venus et la nouvelle de son infortune se répandit chez les dirigeants de l’Exode. Fabio éprouvait désormais une profonde honte de son état. Cela faisait maintenant plus de sept journées qu’il restait cloitré dans cet appartement, ne recevant personne, n’assurant plus ni formation ni visite, rien. Que les membres du Conseil des Commandants s’abstiennent de leurs sempiternelles complaintes sur l’identité du Faiseur, que Godheim/Gandhi se débrouille pour réaliser ses « miracles » habituels ! Fabio voulait s’enfoncer plus petit que jamais dans ce trou de souris et ne plus jamais en être délogé. Miaaaaoooww ! On parle de souris ? monta une voix dans sa tête. Vivagel venait de sauter délicatement sur le dossier du canapé et il abondait les oreilles de Fabio de ronronnements plus voluptueux les uns des autres. C’était lui le mystérieux Faiseur, l’être mythique et réellement divin qui croisait la course de l’humanité lorsqu’elle coïncidait avec celle des Titans, de dangereux habitants d’une dimension parallèle. Pas seulement, j’ai aussi beaucoup d’affaires à gérer, figure-toi ! Laisse-moi, fit Fabio sans même se retourner. Si c’est pour me faire la morale ou me montrer combien tu es supérieur, je n’ai aucune envie de le supporter. Oh ? Monsieur boude ? Non. Monsieur veut juste être tranquille pour faire le point. C’est sans doute un concept abstrait pour toi, mais pour moi cela compte. Et combien de temps cela te prendra-t-il ? Parce que j’ai une facture à présenter en fin de service et j’aimerais savoir à qui la donner, tu vois ? Brrrrr miaw, miaw, Miaaaaoooww ! Fabio ne répondit pas, laissant l’autre se gargariser de son propre humour décalé. La perte de ses pouvoirs avait profondément touché le jeune Mental blond, bien plus qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Il avait pratiquement passé toute sa vie avec cette aura de puissance psychique sans commune mesure avec ce que l’on connaissait sur MaterOne. S’en retrouver dépouillé si violemment revenait à arracher ses vêtements en pleine rue sous les rires des badauds. Il avait déjà vécu plusieurs disparitions de ses facultés, souvent dues à des difficultés physiques, épuisement, maladie, ou à des traitements médicamenteux comme lors des mois où il était emprisonné sous les montagnes par Angilbe. Avant leur entrée dans la Passe de Magellone, les Titans avaient semblé incapables de le suivre pour lui procurer leur puissance. Cela s’était évanoui une fois éloigné de ce lieu si particulier. Mai


RedU T1 Ch29 Ep09
Jun 25 2019 18 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 09 : « Remords(5) » Cette scène s’était déroulée plus de quatorze années en arrière. Cela faisait déjà plus d’un an qu’il ne l’avait plus vu. Calande Rorré ou la Capitaine Fakir avaient pris la relève de son cœur et de son corps… Méhala et lui venaient tout juste de faire l’amour… Ce garçon ne représentait qu’une projection du passé destinée à lui nuire… Mille-et-une raisons auraient pu le retenir de tomber, elles se multipliaient dans sa tête en une cacophonie assourdissante face à cet Apollon qui fut sien durant près d’une décennie. Lorsque ses genoux ployèrent et qu’il toucha le sol, une ultime voix lui cria qu’il pouvait encore se reprendre, qu’il était maitre de son âme. Ses yeux s’embuèrent pourtant et ses derniers scrupules s’effacèrent devant l’image même de la pureté. Le jeune corps se révélait à la lumière lunaire dans une semi-obscurité que le lait de son épiderme glorifiait. Ses proportions parfaites traçaient les membres de longs muscles qui dessinaient une anatomie en pleine croissance s’approchant du divin. Une chevelure d’or semblait luire de son propre chef, détachant de cette quasi-apparition un pelage qui recouvrait le crâne, les sourcils et le pubis, attirant — absorbant — le regard. Et encore, si ce n’était que physique, mais Fabio Ouli représentait tout ce que Poféus n’avait su être. Sa perfection intellectuelle, un savant mélange de naïveté et de maturité et ses pouvoirs fantastiques le plaçaient au-dessus de cette humanité barbare. La soumission absolue du jeune homme à son égard en avait fait l’archétype du partenaire idéal pour celui qui n’était alors que contramiral. Fabio pouvait lire dans tous les esprits, sauf celui d’Angilbe ; personne ne pouvait résister à Poféus et ses Forces mentales, sauf Fabio. Le duo qu’ils formèrent mêla amour et masochisme, introversion et ambition, et rien ne leur survécut, pas même le secret le mieux gardé de la lignée royale : les Titans. Tu n’as pas souvent été repentant et jamais dans cette position, remarqua simplement le garçon, un sourire aux coins des lèvres. C’est vrai… Alors, dis-le, s’il te plait. Je… je l’attends depuis si longtemps. Poféus courba l’échine, les paupières serrées à s’en faire mal. Oui, il s’agissait bien de larmes qui se formaient et qu’il tentait de retenir. Il inspira profondément, comme pour se préparer à plonger dans une étendue liquide sans fin, puis prononça simplement : « Je regrette de t’avoir quitté, Fabio. ». Ça y était, c’était dit. Pourtant autre chose remontait, une épaisse digue venait finalement de céder en son for intérieur, quelque chose de puissant qui avait demandé des siècles d’effritements et de coups de boutoir pour ressurgir maintenant et ici. Comme effrayé devant une horde de chevaux en furie, il s’affola, cherchant autour de lui une quelconque échappatoire. Il ne découvrit que le mobilier ciré dont l’odeur titillait encore les narines, une literie raffinée aux ourlets compliqués pendants de chaque côté d’un large sommier central, faisant lui-même face à un vieux miroir aux moulures de bois précieux. Au-delà des hautes portes-fenêtres donnant sur le balcon, une nuée de cirrus tramaient le ciel d’où perçait la lune en pleine gloire. Elle s’auréolait parfois, mal dissimulée derrière un nuage, puis s’ébrouait à nouveau d’une clarté aveuglante dans l’obscurité étoilée. Et tout cela mettait en valeur l’hypnotique pâleur de Fabio… « Je… dois… me faire pardonner pour beaucoup plus que cela. … pour… … pour les humiliations, le mépris, la… l’injustice avec laquelle je t’ai traité ! Je ne vois pas… je ne me souviens pas de moment où je t’ai considéré comme tu le méritais ! » Il leva les yeux vers le visage adolescent, impuissant à stopper le flot de paroles qui s’échappait de ses lèvres : « Je t’ai même trompé, plusieurs fois, avec des mignons, dans ton dos. R… Ralato m’y aidait et je savais qu’il te détestait assez pour te le dissimuler. Tout ce que tu m’as offert, je l’ai reçu ave



RedU T1 Ch29 Ep08
Jun 18 2019 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 08 : « Remords (3) » À nouveau, le décor se dissout dans l’encre de l’obscurité pour réapparaitre sous une forme inattendue : Un orthoptère ? Oui, nous sommes en lévitation au-dessus de l’océan, à l’exacte verticale de la cathédrale sous-marine, cette relique sacrée de nos ancêtres que ta folie a conduit à la destruction, répondit calmement le roi, comme s’il expliquait à un écolier un quelconque problème mathématique. Nous revoici à ce moment crucial de notre existence, Angilbe, celle qui scella nos destins à tous deux. Un poids tirait le bras droit du chancelier, un pistolet automatique fumait, une cartouche engagée dans le canon encore chaud. Cela confirmait la plaie au front de Magnam IV. Il portait sa tenue d’officier en campagne, identique à celle qui l’habillait alors, quand ces évènement s’étaient produits. Derrière le souverain, la porte de l’appareil ouvrait sur un horizon marin où s’étiraient les vagues et leur écume chatoyante. Bizarrement, le ronronnement des turbines n’assourdissait pas les sons provenant de l’intérieur, mais, après tout, on n’en attendait pas moins d’un rêve. Et que suis-je censé faire ? demanda Poféus, sèchement. À ce que je vois, vous avez déjà reçu la première balle. Reproduire notre dernière conversation ne m’intéresse pas. Je pensais plutôt la poursuivre, mais sans que tu y mettes fin brutalement cette fois, répondit l’autre en bombant le torse, les mains jointes derrière son dos. Sur cette posture habituelle pour le roi de l’humanité, il abandonna le chancelier du regard, considérant le poste de pilotage, vide de tout occupant. Après quelques secondes à observer l’immensité de l’océan au travers du parebrise avant, il reprit : Pourquoi donc m’as-tu tué ? Le sais-tu ? Vous m’avez traité de bâtard. C’était une humiliation ! Laisse-moi rire, Angilbe. D’abord, c’est malheureusement ce que tu es, un bâtard ; ensuite tu étais et es encore en haut de la hiérarchie. Ce n’est pas à toi que j’apprendrais ce que « se maitriser » signifie. Ce n’est donc pas la vraie raison. JE N’AI PAS À VOUS FOURNIR D’EXPLICATION, VIEIL HOMME ! Allons, garde ton calme. On ne gagne rien à faire des colères avec moi! Une preuve supplémentaire que quelque chose te tracasse. Il soupira, puis reprit : Pourquoi me prives-tu de notre lien familial et de mon titre ? « Vieil homme », dis-tu ? Mais te rends-tu compte que tu sembles plus âgé que moi ? Nous n’avions pas vingt ans de différence et maintenant encore moins. Les affres de la vieillesse ne t’ont pas épargné… Un autre que vous m’a dit cela, il y a très peu de temps ! s’énerva Poféus en braquant son pistolet sur le roi. Oui, je sais. Encore un de mes fils, ton demi-frère Héhuā que j’ai perdu avec tout le reste… J’ignorais alors ce qu’il allait advenir de lui. Je ne l’ai appris que lorsque tu as lu les rapports de tes officiers. J’ai perdu beaucoup des miens, NOTRE famille : fils, femmes, père, mère et enfin mon frère. Il ne me reste que toi et Azala. Celle que tu as décidé d’abattre à tout prix ! … Tu n’as pas enfanté, Angilbe, tu n’as pas idée de ce que l’on ressent quand on assiste au combat fratricide de sa progéniture. L’un a été… perverti par les Souriants, l’autre fut une reine en devenir désormais exilée et il y a… toi. Angilbe relâcha imperceptiblement son bras, abaissant son arme. Il cherchait le piège. Heir l’avait noyé sous les reproches et les insinuations, Méhala et lui avaient partagé leur passion et maintenant son père naturel qui l’avait abandonné semblait faire acte de contrition… où donc Calande voulait-elle en venir ? Je ne t’ai PAS abandonné ! T’aurais-je aidé tout ce temps ? T’aurais-je offert mon cœur, mon amour paternel, tout  ! Cette phrase est de moi ! Mais Calande, quel est donc ton but ? Cette fois-ci, il ne visait plus personne, le révolver pointait vers le sol et Angilbe cherchait au plafond une quelconque apparition de celle qu’il interpellait. Angilbe… le roi s’approcha lentement


RedU T1 Ch29 Ep07
Jun 11 2019 16 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 07 : « Remords (2) » Il ne sut que répondre, ignorant même quelle réaction serait à la hauteur d’une telle apparition. Méhala, LA Méhala, celle — celui — qui fut son premier véritable amour, le symbole de son enfance, puis de son adolescence presque insouciante, jusqu’à ce terrible jour. Sa voix rappelait étrangement celle de Fabio, ou était-ce l’inverse ? Elle coupa court à ses pérégrinations : Au lieu de te perdre dans tes pensées, comme toujours, n’es-tu pas curieux de découvrir ce qu’il se passe dans cette grange ? Heu... oui, si tu veux ? Donne-moi la main, j’en ai besoin. Elle tremblait un peu, exactement comme l’émotive Méhala qui se dissimulait alors derrière une façade rebelle. Et ce fut aussi innocemment que n’importe quel couple que le duo remonta la prairie, foulant l’herbe haute que les troupeaux n’avaient pas encore broutée. La jeune fille chuchotait à son oreille, le complimentait sur sa prestance ou sa taille, tenant un discours à l’opposé de celui, humiliant, que son demi-frère lui avait asséné un peu plus tôt. La voix flutée de Méhala laissait parfois apparaitre des accents Nordistes, ajoutés à sa gaité naturelle, Angilbe retrouva bien vite les raisons l’ayant fait fondre, à l’époque. Elle sautillait presque pour tenter de rester à sa hauteur, le vieil homme ralentit la cadence qu’une vie passée dans l’armée avait forgée en lui. Oui, une vie... une autre vie, sans Méhala. Pourrait-il tout recommencer ? Ce serait bien étrange que Calande ou Heir organisent pour lui une nouvelle existence heureuse. Et pourquoi pas, interrogea nonchalamment la jeune femme ? Nous sommes dans ton esprit, là où rien ne peut t’atteindre. Et si ton calvaire était de vivre une réalité inédite où tout serait différent ? Méhala... il chercha la tournure idéale pour exprimer sa pensée, mais ne la trouva pas. Tu n’es qu’une illusion projetée par Calande ou peut-être même es-tu Calande ? Le chancelier s’était arrêté, fixant sa voisine à la recherche de la moindre faille, du moindre détail corroborant sa théorie. La brise reprit, faisant glisser une mèche ondulée sur le petit nez en trompette. Par réflexe, Angilbe lui passa son doigt sur le front pour dégager les magnifiques yeux dans lesquels il se retenait de plonger. Comment se retrouva-t-il à l’embrasser ? Il n’en savait rien sinon que la passion le débordait tel un fleuve lors d’une crue d’été. Elle emportait tout, déracinait ses certitudes, arrachait ses doutes et submergeait ses derniers principes, jaillissant du plus profond de sa mémoire, là où l’espoir et la vie existaient loin de son cancer... Il s’écarta d’elle imperceptiblement, l’ombre de la mort lente s’immisçant dans leurs fraiches retrouvailles. Cela ne sembla pas bouleverser Méhala outre mesure : Si je ne suis qu’un souvenir, alors m’éteindre avec toi serait le plus beau cadeau, mon amour. C’est une manière de voir... Bien. On s’approche de nos tourtereaux dans la grange ? Tu désirais les espionner discrètement, je crois ? Oui ! Dépêchons-nous, les hommes n’ont pas une endurance infinie, je m’en voudrais de rater cela ! Et, sans lui laisser l’opportunité de répondre, elle l’entraina par la main vers la vieille bâtisse. Plus ils s’approchaient, plus les sons se faisaient précis, s’agrémentant d’autres bruits de choses tombantes ou vibrantes sous les saccades des corps au contact. Méhala ralentit l’allure au fur et à mesure, allant jusqu’à se courber légèrement et intimer à Pofeus de faire de même, comme si cela pouvait cacher leur présence. Depuis les interstices séparants les planches de la paroi, on pouvait déjà les apercevoir. Lui, en chemise, ahanait sur elle, plaqué contre la botte de foin, la croupe levée, partageant inlassablement leur plaisir sous les à-coups. À leurs pieds, plusieurs pots de peinture et quelques vêtements dont une blouse qui rappela quelque chose à Pofeus. Il s’appuya sur une poutre à peu près solide pour mieux détailler celui en action. Les musc


RedU T1 Ch29 Ep06
Jun 04 2019 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 06 : « Remords (1) » Tu ne peux pas hanter mon esprit ! Je t’ai assassiné de mes mains, on a fait disparaitre ton corps à tout jamais! Oui... c’est frustrant, je le conçois. Puis, de la voix de Calande, Heir poursuivit : mais je serais bien plus à même de régler mes comptes ainsi, n’est-ce pas ? Dans les brumes dues à l’injection soporifique, Angilbe ne pouvait qu’assister, impuissant, aux allées et venues de ces fantômes surgissant du passé. Calande, décédée, était revenue le hanter, l’humilier et le blâmer, et maintenant voici Heir, sa Némésis, réapparu d’entre les morts pour assouvir une autre soif de vengeance. Monsieur Heir reprit, visiblement ennuyé par tous ses organes pendouillant : « C’est très gênant de se sentir vidé de l’intérieur. En plus, cela dégouline comme tout. Attends... » Posément, il entreprit de tirer un à un chaque boyau qui serpentait dans l’éther, s’en suivit sa rate, une partie de ses reins... quand ce fût le tour du foie, il s’arrêta. Relevant la tête vers Angilbe, il demanda : « Veux-tu un morceau ? Je dois pouvoir en détacher un bout sans trop de problèmes. Non ? Tant pis, je proposais en toute fraternité. » Angilbe n’en pouvait plus de cette situation dégradante qu’il ne faisait que subir... « Dégradante ? réagit soudain Heir, l’air particulièrement amusé. Tu veux une situation dégradante, frérot ? C’est pourtant simple, car tout est toujours possible, surtout le pire ! » D’un coup, la tunique clinique de Pofeus s’envola, comme arrachée par quelque prestidigitateur, offrant le corps du vieil homme entièrement nu à la vue de feu son meilleur ennemi. Celui-ci laissa s’échapper un rire sarcastique, tendant le doigt vers l’entre-jambe : Les affres de la vieillesse ne t’ont pas épargné, vieille branche. Je vois pourtant pendre... ici, un organe des mieux dimensionnés. N’aurais-tu pas du sang tropicalien dans ta famille maternelle ? Vu que du côté paternel, nous sommes à égalité... il inspira, puis reprit, comme dépité. Je n’ai pas la chance d’avoir de telles mensurations, ce sont les gamins que tu te violais qui devaient moyennement apprécier. » C’EST UN CAUCHEMAR ! cria Poféus, la voix tremblante de rage comme de frustration. VA T-EN TOI AUSSI ! CALANDE, HEIR, ALLEZ-VOUS-EN TOUS ! Mmhmm... pas encore. Il est prévu de te tuer, tu te souviens ? Mais avant, laisse-moi t’offrir un cadeau, ensuite faire un peu de justice, puis... DISPARAAIIIIIIIIS ! Sans répondre, Heir se déplaça lentement vers le haut pour pivoter à l’horizontale. Il tenait ses bras serrés contre lui, maintenant fermé autant que possible sa plaie béante. Arrivé à la verticale du chancelier, il descendit, très progressivement, s’approchant centimètre après centimètre du corps nu de son demi-frère. Celui-ci le regardait, les yeux exorbités, aussi fragiles que sans défense... «... comme toutes les victimes que tu as envoyées à la question, oui. Se retrouver soumis aux caprices d’autres ne te voulant que du mal. Ressentir, avant la torture, ce moment de frayeur où l’on sent confusément qu’il n’existe plus de barrière entre soi et son geôlier. Son psychisme est alors tout ce qu’il reste à protéger et révèle, de fait, la véritable cible du bourreau. » Seules quelques hauteurs de doigts séparaient dorénavant leurs visages l’un de l’autre, Angilbe pouvait sentir le souffle de l’haleine lécher ses sourcils, sans pour autant réussir à détourner les yeux, comme hypnotisé. Heir poursuivait implacablement sa litanie : « Plus tard, après les multiples souffrances, quand le tortionnaire remonte progressivement dans ta chair, il devient autant ton intime que ne le fut ta propre mère lors de son accouchement. C’est là que ta volonté se brise. Là que tu perds ce qui faisait de toi un être à part entière, ne laissant à la place qu’un être anéanti à l’humanité effacée !  » Respirant quasiment l’air de son frère, Angilbe sentait glisser sur lui le sang qui s’échappait de l’abominable blessure. Des filets car


RedU T1 Ch29 Ep05
May 28 2019 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 05 : « Pendaison » Pour les opérateurs de la tour de contrôle de MaterOne, ce n’était qu’un point de plus dans la carte spatiale proche, un appareil entrant dans l’atmosphère et se dirigeant vers l’astroport de MaterOne Centrum. Les yeux avertis notaient tout de même le symbole accolé au nom, une petite étoile Castiks qui informait du caractère officiel du nouveau venu. À cent kilomètres d’altitude, le plus grand vaisseau de guerre de la flotte humaine s’entourait d’une immense couronne de flamme due au frottement avec l’air de la planète. La partie supérieure de la coque, chauffée fortement, résistait pourtant aisément à l’élévation de température et la taille de l’engin rendait le phénomène très impressionnant, visible par les télescopes amateurs d’un tiers de l’hémisphère. Bien que ceux-ci pouvaient se révéler blasés d’un spectacle devenu commun, le dernier — et désormais unique — croiseur géant de la flotte du Chancelier Pofeus arrivait encore à capter l’attention de certains curieux. C’est à une vingtaine de kilomètres d’altitude que la vitesse passait en dessous des quatre-cents kilomètres-heure, limite à partir de laquelle la friction atmosphérique s’estompait. Alors que les échanges radio avec le centre de contrôle s’intensifiaient pour obtenir les valeurs d’approche vers le spatiogare, une navette quitta précipitamment le hangar inférieur de l’appareil, filant vers l’Est. On calma rapidement les ardeurs des contrôleurs qui s’affligeaient de ce mouvement non prévu : le ministre Ouli se rendait en urgence à un entretien avec le Chancelier Pofeus, toutes les autorisations viendraient plus tard. Un peu à l’écart du complexe hospitalier militaire de Fort Magnam, à quelques kilomètres de la capitale, un discret bâtiment identique aux autres se dédiait aux soins des Mentaux et leurs — possibles — déviances psychiques. C’est dans ce lieu des plus secrets que l’on avait interné Angilbe Pofeus depuis sa crise de démence qui avait couté la vie au Capitaine Fakir. Le corps de l’officière horriblement mutilé, au cœur même des appartements de la chancellerie, avait plongé les premiers arrivés dans l’effroi. Il avait fallu du temps aux spécialistes de l’esprit pour atténuer ou effacer ces souvenirs, quand on ne falsifiait pas les rapports. Malgré la grogne du haut commandement de l’armée et du président du parlement, c’était donc bien les Forces mentales qui avaient pris l’affaire en main, jusqu’à accueillir en leur sein... leur ancien maitre. La navette du ministre s’apprêtait à se poser quand le sas du côté exposé à l’hôpital s’ouvrait, sous les yeux ahuris des responsables sortis précipitamment pour recevoir l’illustre invité. Ils ne virent qu’une ombre s’éloigner de l’appareil, passer au-dessus d’eux et atteindre directement l’entrée à double battant de l’immeuble. Ralato Ouli n’utilisa pas l’ascenseur, il bondissait de palier en palier, porté par ses fabuleux nouveaux pouvoirs, pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du bâtiment. Il connaissait par avance sa destination et la raison de l’urgence qui le tenaillait : Pofeus venait de se pendre dans sa cellule ! Il n’accorda même pas un regard aux deux gardes Mentaux devant l’entrée du bloc opératoire et pénétra dans la salle stérile, alors que l’équipe de chirurgiens tentait désespérément de libérer la trachée du chancelier. « Écartez-vous ! » fut sa seule phrase : tous les participants sentirent comme une main invisible les tirer en arrière, paralysant leurs membres et les retenant à bonne distance du lit de leur patient. Mais que faites-vous ? Laissez-nous, il va y rester si nous nous arrêtons maintenant ! s’exclama un des médecins. C’est une pièce stérile, éloignez-vous tout... Les bacilles sont confinés au tour de moi, ne vous inquiétez pas, le coupa Ralato. Je suis en train de... voilà, les vaisseaux et conduits sont tous à nouveau ouverts. Le ministre, toujours concentré, contourna lentement le patient a


RedU T1 Ch29 Ep04
May 21 2019 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 04 : « Déroute » « Rapport de l’Amirale Laurelian, Trente-sixième jour après le départ de la Flotte mentale de MaterOne. À mon grand regret, j’ai dû ordonner ce matin la retraite de notre armée hors de la zone ennemie. Nous nous regroupons en ce moment en un point situé à mi-distance entre notre ancienne position et la Passe de Magellone. Plus d’un tiers de nos croiseurs sont détruits ou hors d’état de combattre, au point que nous ne nous donnons même plus la peine de récupérer ce qui pourrait être utile dans les carcasses, une torpille achevant ce qui tiendrait encore debout. Le moral des troupes s’élève au diapason de cette déroute et sans le maillage sans faille de nos commissaires politiques, je ne pourrais garantir la survenue d’une possible mutinerie. Et pourtant, si les soldats mentaux maitrisent l’art de la discipline entre tous, ‹ l’incident Stuff MacDone › a laissé des traces. Ce n’est pas un hasard si le prometteur Capitaine Viggi l’a suivi en emportant d’autres officiers dans son sillage, il... » Le petit communicateur de son bureau clignota, signe d’une transmission. Elle avait monté ses barrières psychiques bien haut pour se concentrer sur l’écriture du rapport et plusieurs demandes se pressaient contre elles. La Flotte était finalement regroupée, trois appareils manquaient à l’appel comparé au moment de l’ordre de retraite. Trois de moins, encore... On procédait en ce moment à une répartition des armements, les stocks de certains se trouvant désormais au plus bas. On possédait enfin une documentation crédible sur les nouveaux engins ennemis et le Gouverneur QuartMac voulait en discuter personnellement avec l’amirale. Laurelian soupira. Le scientifique à la tête de l’armada soutenait que la réponse à apporter serait technique et il y engouffrait toute son énergie et les ressources disponibles en ingénierie. Sauf que Laurelian savait compter, le gouffre technologique entre les deux civilisations s’avérait un peu plus abyssal à chaque perte. La Flotte mentale emportait avec elle le summum de la technicité humaine, aucun appareil de l’univers connu n’égalait les immenses et surpuissants croiseurs du Chancelier Poféus. Les processus de synchronisation psychiques étaient poussés au sommet de leur art et certains armements comme le « canon mental » n’existaient simplement nulle part ailleurs. Malgré tout cela, les premières confrontations avec leurs adversaires avaient révélé un quasi-statuquo. « Quasi », car Laurelian doutait déjà de leur supériorité, tout au plus espérait-elle opposer une farouche résistance et abuser des pouvoirs mentaux pour rééquilibrer la balance. Mais maintenant... Elle se rendrait dans le bureau du gouverneur une fois achevé son rapport. D’un doigt, elle enclencha la reconnaissance mentale du terminal d’écriture et celui-ci poursuivit l’enregistrement de ses pensées. « Ce n’était pas un hasard si le prometteur Capitaine Viggi avait déserté en convainquant d’autres officiers de le suivre. On analysait cela par la notoriété de MacDone et celle-ci prenait une portion non négligeable dans l’origine des faits. On oublie pourtant un peu vite que tous les soldats mentaux ont d’abord juré fidélité au chancelier, celui qui est à leur tête depuis maintenant près de vingt ans et qui ne les guide actuellement plus. Nous naviguons très loin de celui qui a structuré toute cette organisation depuis des décennies, lui insufflant une part de lui-même dans chaque rouage. Or, même si QuartMac pouvait prétendre à une certaine sympathie de la part des Mentaux, il n’est pas Poféus. Quand tout allait à peu près bien, ce genre de remarques restaient étouffées, mais maintenant que le doute de notre supériorité est profondément ancré dans l’esprit de chacun, elles refont surface. On remet en cause les décisions originelles, on trouve que sa charge de travail n’est plus assez mesurée ou spécialisée, on se demande pourquoi son voisin semble moins impliqué... bref, on commence


RedU T1 Ch29 Ep03
May 14 2019 15 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 03 : « Debriefing » « Poféus devenu chancelier et une grande flotte de colonisation avec pour but principal de nous rayer de la carte », résuma Sterling-Price dans la salle de réunion. Sa voix résonna bien plus longtemps que lors des Conseils des Commandants de Transporteur 1, preuve des dimensions hors normes de ce croiseur. Ils étaient tous installés dans de confortables fauteuils de cuir synthétique, répartis autour d’une large surface de travail arrondie dont ils n’occupaient qu’un petit quart-de-cercle. Le lieu regorgeait de ce qui se faisait de mieux en matière de gadgets utiles pour les démonstrations ou explications. Stuffy en usait actuellement pour afficher les enregistrements vidéos et des fiches techniques sous le verre de la table. Oui, colonel. Voici les images de notre départ, d’ailleurs... là, sur l’estrade, on voit Ralato qui représente le chancelier, le Président du conseil Wolf et... un autre moi-même. Et tout ce voyage qui nous a pris plus de huit mois ne vous aura couté que... quoi ? Quelques semaines ? Nos transporteurs ne sont pas de toute première jeunesse, c’est vrai, mais tout de même ! Quatre pour être exact. C’est que la Flotte mentale n’a pas été conçue de la même manière que des vaisseaux commerciaux ordinaires, ni même que des vaisseaux de guerre. Viggi, s’il te plait, les plans... voilà, regardez. Poféus a détourné pendant des années des quantités hallucinantes de matériels et de personnel. Les schémas sont osés, voire visionnaires et totalement axés vers les pouvoirs psychiques ! Déjà bien avant la révolution, des unités de constructions produisaient les parties de ces navires, dissimulées à l’intérieur d’un anneau d’astéroïde interdit à la navigation... ne me zieutez pas comme ça, je sais ce que je dis ! réagit-il devant les regards dubitatifs autour de lui. Ralato et moi y sommes passés, par hasard, à notre retour de Talbot. J’ignore ce qu’il en est advenu, mais les docks de montage semblaient s’étendre à l’infini, vus du porte-conteneur. Hé bien, soupira Sterling-Price en se laissant aller dans son fauteuil. Ce contramiral... enfin, Poféus je veux dire, aura mené en bateau beaucoup de monde durant pas mal de temps. Reste à en connaitre la raison. S’il avait commandité cette flotte depuis tant d’années, ce n’était évidement pas contre nous et je l’imagine mal avoir des prétentions colonialistes. Si nous admettons qu’il ambitionnait de renverser la royauté avec, pourquoi alors l’envoyer ici et maintenant ? Je dirais qu’il a eu ce qu’il voulait, intervint le Capitaine Viggi. Il lui fallait une nouvelle utilisation à toute cette armée. Nan, infirma Stuffy, pensif. Les Forces mentales lui sont dévouées corps et âme ; or il vient de se séparer de son meilleur atout. En une fois, hop, plus de Mentaux et plus de flotte ! conclut-il d’un claquement de doigts. Personne n’y trouva à redire pendant quelques instants, jusqu’à ce que le Gandhi assit dans un des fauteuils, le deuxième androïde debout derrière lui, n’ajouta son eau au moulin : Il est connu au travers de l’histoire qu’une armée puissante sous-exploitée risque de se retourner contre le pouvoir en place. Ceci étant dit, j’ai une seconde théorie. Il est possible que le Chancelier Poféus poursuive un autre but : il aurait une priorité toute particulière à réduire en cendres l’Exode. Une raison suffisamment impérieuse — à ses yeux — pour envoyer toute sa force militaire, sous couvert d’élimination d’opposants et d’élargissement de l’espace humain. Azala est sa demi-sœur, lança Fabio, soudain intéressé par la conversation. Et cela, quand on le connait, c’est déjà un motif valable. La stupeur traversa le petit groupe devant l’affirmation, seuls les Gandhi demeurèrent impassibles. Celui qui était assis poursuivit : C’était en effet ma théorie, bien que je n’eusse aucune preuve tangible. Je le soupçonne d’avoir fait taire définitivement le roi Magnam IV et de n’avoir eu de cesse de se débarrasser de la


RedU T1 Ch29 Ep02
May 07 2019 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 02 : « Regroupement » La petite navette emportant la fine fleur du commandement de l’Exode coupa ses réacteurs après un long quart d’heure de vol. Poursuivant sur sa lancée, l’espace n’autorisant aucun frottement qui la ralentirait, on eut pu croire qu’elle dérivait si ses feux de position ne clignotaient pas avec régularité. Le Colonel Sterling-Price soupira en se penchant vers son hublot. Sans même un regard pour son voisin immédiat, il l’interrogea : Maitre Gandhi, étions-nous obligés de venir en comité dans ce petit appareil pour accueillir nos invités ? Ils ont traversé de bien rudes épreuves et perdus de très nombreux compagnons, répondit posément l’androïde. Il sera judicieux de les rassurer en ne montrant ni puissance ni dédain à leur égard, colonel. Certes, certes, mon bon ami. Ce sont pourtant des soldats de Forces mentales, ils sont entrainés à vivre ce genre d’aventures... quoique l’on pourrait dire pareil de nous et pourtant... Gandhi se tourna vers leurs voisins de la rangée d’en face. Et vous, Fabio Ouli, vous ne semblez pas de la meilleure humeur alors que vous allez retrouver certains de vos anciens collègues ? Il est comme ça depuis quelques jours, répondit la Lieutenante-colonelle Onawane à la place de l’intéressé, morose et perdu à souhait dans ses pensées. Disons que j’ai mes propres réflexions à mener, se contenta de murmurer Fabio à l’attention du groupe, les yeux égarés dans les étoiles. Un silence plana quelques minutes sur la scène, alors que l’infini de l’espace semblait en attirer certains et que Gandhi observait avec une attention toute particulière le fameux « Passeur », Fabio Ouli. Onawane pensait vraiment que celui-ci avait sensiblement changé depuis leur dernière séance d’entrainement, peut-être n’était-ce que passager, mais peut-être pas ? Elle avait eu la sensation de presque percer ses défenses durant l’ultime exercice. La puissance de ce Mental était renommée dans les milieux militaires et Onawane n’ignorait pas que son niveau d’apprenti ne lui permettrait jamais de ne serait-ce qu’intimider un tel être. Pourquoi donc cette sensation ? Le silence se poursuivait, devenant presque assourdissant pour la Mentale. La jeune voix d’Edmund Tristo monta alors, comme une délivrance, de derrière le fauteuil de Sterling-Price. Le spécialiste des technologies numériques de Transporteur 5 faisait également partie du voyage. Hé bien moi, ça me fait tout bizarre de rencontrer un groupe entier de vrais Mentaux. De toute ma vie, je n’en avais jamais croisé avant Madame Onawane et rien que l’idée de me faire farfouiller les méninges par eux me gêne beaucoup, M’sieur Price. Monsieur Tristo, figurez-vous qu’en ce qui me concerne je suis tout impatiente de les connaitre, s’enhardit Onawane, tout sourire. J’en avais rencontré lors de réunions de travail à l’état-major de MaterOne, mais les circonstances actuelles rendent cette visite passionnante. Vous dites ça parce que vous savez vous protégez, moi c’est pas pareil. Je suis normal et j’ai aucune défense contre eux. Edmund, intervint Sterling-Price, toujours attendri tel un vieil oncle envers son jeune assistant. Souvenez-vous des conseils que je vous ai donnés lors de notre première confrontation avec les Nalcoēhuals : récitez un morceau de chanson dans votre tête, cela perturbe les lectures psychiques. Oui M’sieur, mais je pourrais pas rester dans la navette et juste étudier les capteurs plutôt que de vous accompagner là-dedans ? Vous savez, moi, les grands vaisseaux j’y connais rien. Ce n’est pas « un » grand vaisseau, informaticien Tristo, dit alors Gandhi en se retournant pour croiser le regard du jeune homme. Ils sont deux et de taille comparable à votre transporteur. Les humains de MaterOne ont regroupé à l’intérieur le meilleur de leur technologie, quel que soit le domaine de compétence. Et j’ajoute que c’est le summum de l’interface psychoélectronique qui sillonne toutes les communications, internes comm


RedU T1 Ch29 Ep01
Apr 30 2019 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 01 : « Tremens » REVEILLE_TOI, ANGILBE ! Que... où... où suis-je ? Tu es bêtement attaché dans une chambre capitonnée. C’est pathétique. Je suis... mais... TAIS-TOI, espèce de MINABLE ! Calande Rorré, d’une nudité absolue, remonta le lit et enjamba la tête du Chancelier Angilbe Poféus pour s’accroupir sur son visage. Entravé et totalement soumis, il exécuta les désirs de sa partenaire, tandis qu’elle ondulait des hanches en ponctuant chaque coup de langue d’un feulement réprobateur ou consentant. Angilbe ouvrit les yeux et regarda devant lui, soulevant le drap léger étendu sur ses chevilles. Le tissu glissa et il put admirer le magnifique corps de sa maîtresse vu de dos, ses épaules fines et musclées, ses poignées d’amour sensuelles entrainant une croupe hypnotique. Mais comment pouvait-il être au bout de chaque extrémité du lit en même temps ? Le buste de Calande se raidit soudain, vibrant de l’intérieur telle la corde d’un arc trop bandée, puis elle se laissa retomber dans sa position précédente, le souffle court. Quelques secondes secondes plus tard, l’amante se retourna négligemment vers lui, une chose sanguinolente dans la main droite qu’elle lui tendit. D’une voix masculine qui n’était pas la sienne, elle demanda simplement dans un sourire : « Encore un morceau de foie ? » « Encore un morceau de foie ? » Poféus ouvrit les paupières en criant. Il se trouvait dans une petite pièce, attaché sur un lit incliné, plusieurs appareils reliés à lui par des capteurs multiples. Sa tête était entravée, une sorte de cale l’empêchait de fermer totalement sa bouche et sa langue semblait bloquée par un étau. Quatre gardes du corps patientaient à chaque angle des murs et, à leur attitude, ils ne redoutaient visiblement pas un problème venant de l’extérieur. D’ailleurs, l’un d’entre eux voyant Poféus réveillé, abaissa momentanément ses paupières puis les rouvrit, concentrant à nouveau son regard sur le chancelier. « Des Mentaux, pensa-t-il. Ralato. Che... che veux... AMENEZ-MOI CHRALATO ! Enlevez-moi ches encraves ! » ordonna-t-il d’une voix bien plus pitoyable qu’il ne l’eut imaginé. Aucune réaction de ses anges gardiens. Étaient-ils sourds ? Il ne pouvait bouger réellement que ses yeux, la rotation autorisée de sa tête se limitant à quelques degrés. « Che — veux — qu’on — m’amène — le — minichtre — Ouli — IMMÉDIATEMENT ! » Pas un bruit, pas un mouvement, rien que ces yeux aux larges iris qui l’observaient en silence. Le chancelier comprit que quelque chose n’allait pas, ces hommes-là prenaient leurs ordres ailleurs que de lui, pire, ils avaient visiblement comme instruction de le surveiller. Comment était-ce possible ? « Traitement spécifique destiné aux patients représentant un danger pour eux ou les autres... » murmura une voix féminine bien connue aux tréfonds de sa tête, la psychologue parlait. On ouvrit alors la porte, dégageant le passage à une femme médecin et à deux infirmiers aux carrures impressionnantes. Pourquoi n’était-ce pas Ralato ? Les assistants prirent place de chaque côté du lit, tandis que la docteur prenait le pouls et la pression sanguine du chancelier. Celui-ci tenta de se libérer de son carcan, mais il ne réussit qu’à gigoter et les deux hommes en blanc se ruèrent pour le maintenir. Visiblement satisfaite des résultats, la médecin se tourna vers lui. Chancelier, je suis le Docteur Ahalya. Nous sommes navrés d’avoir dû vous entraver de la sorte, mais c’était pour votre bien et... celui de votre entourage. De quoi vous souvenez-vous ? CHE N’AI PAS A VOUS REPONGRE ! CHE-VEUX-RALA... Le ministre est en route, mais il vient de loin m’a-t-on dit, le coupa-t-elle sèchement. Son arrivée est prévue au plus tôt demain dans l’après-midi. On va vous faire une injection pour vous aider à vous reposer en attendant. Elle adressa un hochement de tête à un des infirmiers qui se tourna et sorti une seringue hors de la vision du chancelier. Il l’enfonça dans l’un des cathét


RedU T1 Ch28 Ep12
Apr 09 2019 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 12 : « révélations » La parlementaire nalcoēhuale reprit la parole : Il sera de nouveau opérationnel d’ici quelques cycles, notre république sait engager les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses plans. C’est aussi cela « la Frayeur » ? interrogea Azala, ayant déjà une idée de la réponse. Loxa considéra la princesse quelques secondes, comme si elle complétait petit à petit un profil psychologique en vue de monter un dossier. C’est un concept politique qui consiste à mettre en accusation ceux que l’on appelle « les ennemis de la république et les suspects ». Notre patrie est en danger à la suite du passage de vos amis, à la trahison de l’Empereur-Dieu de Ragnvald et à l’invasion de ces humains mentaux. Plus personne ne peut être neutre, chaque citoyen se doit de tout donner pour la survie commune ! Je vois, commenta pensivement Azala. Donc, être absent à son travail... ... est considéré comme un acte de rébellion contre la cause ! s’enhardit soudain Loxa en frappant du poing sur la table. L’Amiral Huate est auprès des armées afin de purger le haut commandement et de lutter contre les accapareurs ! Il y a trop de rumeurs et de défaitisme dans notre grande nation, nous DEVONS réagir et nous ressaisir. Mais pour cela, les espions, les menteurs et les traitres à la solde de Ragnvald doivent être DÉBUSQUÉS ET ÉCRASÉS sans aucune pitié. IL EN VA DE NOTRE SURVIE ! Melba et la princesse échangèrent un regard. À un moment de l’Histoire où il aurait fallu le sang froid d’une personne comme feu la Parlementaire Ci’chi, c’était l’exact opposé et la pire configuration possible qui se présentait. Une folle, totalement délirante, se trouvait à la tête de la République nalcoēhuale, elle avait à sa botte une formidable armée et des kilomètres de paranoïa à calmer dans le sang et la fureur. En face, les soldats humains les plus fanatisés, à la tête d’une gigantesque armada, avançaient inexorablement au contact, dirigés par un ambitieux mégalomane, régicide et... parricide. Azala nota que Loxa semblait trop dépassée par sa propre hargne pour tenter de suivre leurs pensées. C’était plutôt une bonne nouvelle, vu que leur existence à Melba et elle dépendaient entièrement de la politicienne. Et donc, comment pourrions-nous vous aider ? demanda-t-elle aussi négligemment que possible. Vous serez nos intermédiaires avec les humains. Lorsque nous voudrons les informer d’une décision, ce sera votre voix qui sera entendue. Je suis heureuse que vous acceptiez de négocier avec... Qui parle de négocier ? la coupa sèchement Loxa. Sous la menace récurrente des humains, j’ai jugé qu’il était temps de reprendre ce qui nous était dû. Un froid glacial remonta l’épine dorsale des deux femmes assises face à la Nalcoēhuale. Celle-ci se leva de son fauteuil et se tourna vers le miroir. L’image d’une petite portion de la coque du Calcatli grossissait, révélant au centre un espace interne d’atterrissage aux multiples éclairages. Vu d’Azala, la silhouette en tenue militaire noire se découpait sur les lumières des projecteurs. Cela lui rappela une série de cauchemars qu’enfant, elle avait eu le malheur de connaitre. C’était à la suite de la lecture d’un ancien recueil religieux conservé au cœur de la bibliothèque Royale, d'un texte parlant de sceaux, de chevaux et d’une bête. Cela disait... disait quoi, déjà ? Un petit avertisseur clignota et Loxa se retourna presque par dépit pour le presser. Une voix monta alors des hautparleurs aux angles du bureau, immédiatement traduite par les dispositifs que portaient en permanence Melba et Azala. Ici Huate. Amiral, c’est une bonne surprise, s’exclama Loxa. J’ai justement face à moi nos deux invitées à qui je venais d’expliquer, à grands traits, nos projets concernant... Veora. Pouvez-vous nous confirmer que les lignes de production fonctionnent ? Oui, madame, j’appelais à ce sujet. Les crédits ont été multipliés par deux et je suis fier de vous annoncer que les ouvriers


RedU T1 Ch28 Ep11
Apr 03 2019 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode11 : « dévoilement » Azala et Melba s’arrêtèrent passée l’entrée de la double porte. Elles se retrouvaient de nouveau dans le bureau de la Parlementaire Loxa, pour un second tête à tête. Cette fois-ci, pas de petit déjeuner prévu, la maitresse officieuse de la République nalcoēhuale les attendait assise dans son fauteuil, le dos droit, sanglée dans une tenue sombre seyante totalement différente de celle de leur précédente rencontre. Les deux femmes notèrent immédiatement les petits symboles géométriques sur les épaules et le torse, même son foulard bien ajusté arborait une marque colorée sur le côté gauche. Cette tenue faisait furieusement penser à un uniforme militaire : de responsable d’un parti extrémiste, Loxa se transformait en chef de guerre. « Ne sous-estime jamais l’orgueil et la cupidité des hommes, ma chérie. Ils font partie des plus puissantes variables de nos sociétés, d’où qu’elles viennent », lui avait un jour soutenu en aparté son père, le roi Magnam IV, alors qu’un groupe de Représentants barbanes venait quémander des subsides. Visiblement, ce trait n’était pas particulier aux humains... Mon amie, l’ambassadrice de l’Exode, et son assistante. Soyez les bienvenues ! déclara la politicienne, faussement enjouée. Parlementaire, c’est un plaisir toujours partagé. Nous ne nous attendions pas à vous revoir si tôt étant donné que notre dernière rencontre date d’hier seulement. Les journées de Ti’ltchiti ont beau être plus courtes que sur Veora, la symbolique reste la même. Tss, tss, tss, fit l’autre en levant un index en signe de négation. Ne me parlez pas de notre bien le plus précieux que vos ancêtres nous ont dérobé il y a bien trop longtemps. C’est d’ailleurs une partie du sujet pour lequel je voulais vous recevoir, mais installez-vous donc... Elle présenta d’un signe les deux fauteuils face à son bureau et patienta qu’Azala et Melba soient assises pour poursuivre. Nous avons beaucoup réfléchi à vos remarques et conseils et nous avons d’ores et déjà tenté d’en appliquer quelques-uns. Ah ? Veuillez m’excuser une petite minute... La parlementaire ferma les yeux, communiquant visiblement avec l’esprit d’une personne extérieure à la pièce. Azala en profita pour noter les changements depuis leur dernière visite. La table à déjeuner n’était plus là, ni les chaises, et l’on avait réparé le miroir derrière Loxa. Le plus remarquable fut les tableaux holographiques qui n’affichaient désormais que des cartes spatiales, des positions d’armada et des tracés délimitant zones et trajectoires. Les scènes nostalgiques avaient cédé la place aux batailles bien concrètes. Du coin de l’œil, la princesse surprit Melba à détailler également une des représentations, plus particulièrement un des coins inférieurs droits où brillait un petit point rouge. Azala tenta de le situer par rapport au centre — représentant Ti’ltchiti — selon l’inscription à côté ; la distance était grande avec la position qui intéressait Melba, de quoi pouvait-il s’agir ? Soudain, elle comprit : c’était une planète qui tournait autour d’une étoile à faible intensité, d’après les quelques informations qu’elle pouvait traduire. Antares IV, nommée Calpalco par les Nalcoēhuals, se trouvait donc en bordure de la zone que la république considérait comme dépendant plus ou moins d’elle. Cela représentait un mauvais point pour l’avenir même si, présentement, aucune escadre ou aucun bâtiment quelconque ne semblait se diriger ou surveiller cet endroit. En fait, toutes les Forces nalcoēhuales se regroupaient plus haut, à faible distance d’une masse lumineuse de multiples positions qui s’enfonçaient telle une flèche dans la moitié gauche de la carte. L’armada de Poféus... Donc... reprit Loxa en ramenant brusquement Azala autour de la table. Depuis combien de temps avait-elle cessé son message et les observait-elle ? Elle tentait certainement de décrypter encore et toujours les pensées de la princesse. Semblant ne pas remarquer la r



RedU T1 Ch28 Ep10
Mar 27 2019 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode10 : « Pyrrhus » Un nouveau flash illumina Stuffy et toutes les vitres du poste de commandement. Victoire, ils venaient d’en détruire un... mais leur joie ne fut que de courte durée. Le troisième survivant de leur petite flotte mutine envoya un message de détresse alors que la majeure partie de son fuselage arrière volait en éclat sous le souffle d’une explosion interne. Les membres de son équipage avaient accepté de servir de leurre pour le plan de Stuffy, simulant la fuite, supportant de nombreuses attaques. Arrivés à une certaine distance, les deux autres croiseurs Mentaux avaient pu réaliser la plus succincte Transition possible pour les Compresseurs dimensionnels humains. La surprise des Nalcoēhuals avait été totale, et si un des ennemis avait été détruit, un second ne s’était pas remis de ses blessures et flambait... comme le troisième appareil de la flotte mentale, malheureusement. ° On va tourner autour de lui en axes horizontal et vertical pour permettre l’évacuation de l’équipage ! Trois, deux, un... on vire par bâbord ! ° transmis Stuffy à tous ses hommes. Ils s’agrippèrent durant le virage en épingle qui devait les amener au-dessus du vaisseau endommagé. Le soleil binaire projeta pendant un court instant ses feux sur toute la largeur de la verrière, heureusement teintée pour éviter de bruler les yeux des opérateurs. Les ombres portées tranchaient sur n’importe quelle partie suréclairée d’appareil, au point qu’on se serait cru dans un spectacle de lumières. Totalement branché à ses capteurs et connecté mentalement aux deux autres commandants, par l’intermédiaire de son rayonneur, Stuffy n’ignorait rien de la majesté du moment. Il n’en tenait simplement pas compte, espérant juste avoir l’occasion de visionner quelques magnifiques clichés holographiques... s’ils s’en sortaient. Par réflexe, il procéda au lancement d’une torpille qui explosa dans le vide à l’endroit qu’ils atteignirent quelques secondes plus tard. C’était une des méthodes trouvées durant la bataille pour gêner, à défaut de défaire, leurs assaillants. S’ils se matérialisaient à l’avant d’un des croiseurs mentaux, ils risquaient de voir arriver sur eux une roquette envoyée préventivement avec détonation en compte à rebours. ° Ils viennent tous de se volatiliser, attention à tous les canons, préparez-vous ! Force de projection psychique, regroupez-vous autour de l’appareil endommagé : si j’étais eux, je le ferais sauter pour tenter de nous atteindre par la même occasion ! ° L’autre commandant recevait-il la pensée dissimulée de Stuffy ? Probablement. Ils attaqueront aussi le vaisseau au centre pour achever les survivants. Nous étions dans une guerre entre deux espèces différentes, avec des technologies comparables... sinon égales. Car les pertes, en ce qui concernait les humains, se révélaient plus que lourdes, elles étaient dramatiques. Des huit croiseurs mutins, seuls deux demeuraient intacts, le troisième brulait en attendant que l’incendie atteigne son Lithium ou son armurerie pour se transformer en une explosion magistrale. En face, sur les quatre appareils agresseurs, un unique venait d’être rendu hors service et les trois autres se rassemblaient probablement pour une nouvelle attaque-surprise. Inutile d’espérer une quelconque clémence, la lutte en cours ne souffrait aucune pitié et se concluerait par l’anéantissement d’un des deux groupes. Toujours rien, pourtant... quatre minutes sans attaques, c’était inédit à ce stade de la bataille. La navette emportant les ultimes membres de l’équipage quitta précipitamment le hangar du croiseur en flamme, alors qu’une explosion le ravageait à son tour. Les capteurs prévoyaient la destruction totale du vaisseau dans les prochaines trente secondes, cela devrait suffire pour récupérer les derniers survivants encore à bord. Les deux commandants synchronisés chauffaient déjà les Compresseurs dimensionnels et le point de destination était choisi, à plusieurs années-lumi


RedU T1 Ch28 Ep09
Mar 20 2019 14 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode09 : « Frayeur (2)» Nous sommes navrées de ne pouvoir vous donner plus d’information à leur sujet, mais ayant quitté MaterOne depuis quelque temps, nous ne sommes plus au fait de toutes les dernières nouveautés, reprit Azala. Lors de votre intervention au Parlement nalcoēhual, rétorqua Loxa en se saisissant d’une seconde pâtisserie, vous aviez précisé que le gouvernement actuellement en place se révèlerait hostile à nos intérêts. Je l’ai effectivement dit. Situation délicate. La princesse échangea un regard avec Melba en une muette demande de conseil. Celle-ci lui répondit par un discret hochement de tête négatif. Vers où allait encore leur allégeance ? S’il était facile de choisir entre MaterOne et l’Exode, la venue de ces croiseurs changeait beaucoup de choses. Se présentaient-ils pour soutenir les exodés ou au contraire arrivaient-ils pour « terminer le travail » ? Si Poféus était toujours à la tête des Forces mentales, la seconde option s’avérait envisageable. Ou encore, peut-être était-ce simplement une nouvelle vague de vaisseaux d’exploration ? Tout était possible d’autant plus que, pour l’instant, elle n’avait qu’une image holographique pour se forger un jugement. C’était assez faible. Le conseil de Melba pouvait se résumer ainsi : « ne lâchez rien... », que compléta Azala avec « ... avant d’en savoir plus. » Loxa tenait toujours sa pâtisserie en main, mais elle observait la princesse de ses grands yeux jaunes, comme figée. Celle-ci comprit de suite que l’autre épiait ses pensées et rétorqua : Allons, Parlementaire, ne soyez pas ce genre de politicien là. Vous valez mieux que cela. Mhmm... disons que certaines situations demandent parfois quelque infraction à la courtoisie commune, répondit Loxa en engloutissant la viennoiserie. Je... < crunch >... ne peux aller contre ma nature... < crunch >... de Nalcoēhual, non plus. Le langage Mental est... < crunch >... spontané chez nous. Mais reprenons... Elle s’essuya la bouche et se servit une nouvelle tasse de lait de Zlabot avant de poursuivre. ... donc pensez-vous que nous devrions considérer ces nouveaux venus comme des ennemis par défaut ? De ce que je sais de vos convictions politiques, ce ne doit guère être une question, Loxa. Mais les responsabilités élargissent sans doute les points de vue. Je vous conseillerais d’entrer en contact avec eux pour connaître leurs intentions. Après tout, le Cercle de Khabit est indéniablement vôtre, il est légitime que vous en réguliez le passage. Je crois me souvenir que l’Exode avait demandé l’autorisation, malgré votre réponse brutale. Oui, mais la doctrine usuelle était assez ferme sur le sujet. Notre nouveau Comité de salut public a aussi pour rôle d’éviter la guerre et maintenant que l’Exode n’est plus un problème, nous pouvons évoluer sur ce genre de concept. Azala subit le coup sans férir, mais elle savait que même sans comprendre les mots pensés, Loxa ressentait les émotions éprouvées par la jeune femme. Absorbant silencieusement son second lait, la politicienne ne faisait pas mine de suivre l’esprit de sa vis à vis, mais la feinte était évidente. Elle l’avait prévenu dès le début sur sa capacité à lire dans les pensées, sans doute pour affaiblir son interlocutrice et embrouiller ses facultés de raisonnement. Combien de spécialistes psychiques scrutaient leurs cerveaux en plus de Loxa ? Sous les airs d’un petit déjeuner, c’était bel et bien un interrogatoire qui se déroulait en ce moment. Elle regarda encore une fois Melba qui réitéra son conseil de ne pas s’épandre plus sur le sujet. D’un autre côté, leurs destins à toutes deux dépendaient du bon vouloir de la femme face à elles et ses derniers propos sur l’Exode n’auguraient rien de bien. Les transporteurs avaient-ils été tous ou en partie détruit ? Jusqu’à quel point Ragnvald s’était-il opposé à la Flotte nalcoēhuale ? Et si c’était cela qu’entendait justement négocier Loxa ? La formation de la princesse en matiè


RedU T1 Ch28 Ep08
Mar 13 2019 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode08 : « Frayeur (1)» La Princesse Azala suivait d’un pas assuré le Nalcoēhual assigné à son service. Une poignée de centimètres derrière elle, légèrement à gauche comme lors des cérémonies protocolaires, Melba, sa garde du corps lakedaímōn et amie d’enfance surveillait ses arrières. Les traits tirés et les cheveux tenus par un simple élastique, la Brune trentenaire se remettait lentement du traitement que leurs geôliers lui avaient fait subir plusieurs jours auparavant. Pressentant l’efficacité de la combattante, ils n’avaient rien trouvé de mieux que de la paralyser sous des décharges électriques jusqu’à ce qu’un évanouissement s’en suive. Elle était donc tombée inconsciente dans la souffrance et Azala n’osait imaginer ce que cela devait représenter comme épreuve. Leurs regards se croisèrent et, malgré tout, celui vert foncé de Melba demeurait vif et alerte, plus profond que jamais. Nul doute que si la princesse le lui ordonnait, pas un nalcoēhual ne sortirait vivant de la galerie qu’ils traversaient en ce moment. Il fallait d’ailleurs reconnaitre à la Parlementaire Loxa un respect certain pour la promesse donnée à ses prisonniers. Azala avait assuré qu’elles ne tenteraient pas de s’enfuir s’ils libéraient Melba de la cryogénisation, les deux camps avaient tenu parole. Bien qu’il y ait toujours quelques chatouillements dans les tréfonds de son esprit, preuve d’une activité Mentale à son encontre, on leur épargnait dorénavant les gardes armés, les entraves et les évacuations de couloirs avant leur venue. Leur logement obéissait aux mêmes normes que n’importe quel haut fonctionnaire de Ti’ltchiti et la personne « à leur service » se révélait d’une courtoisie irréprochable. Elle réajusta le petit appareil que l’Empereur-Dieu Godheim, enfin son avatar, leur avait fourni quelques jours plus tôt avant d’être détruit dans le Parlement nalcoēhual. C’était un traducteur instantané qui permettait une réelle et permanente interaction avec cette nouvelle race et civilisation extérieure aux humains. On ne le lui avait jamais retiré, refoulant quelques tics nerveux à la présence d’un instrument de Ragnvald dans la capitale administrative et économique. Passé par d’innombrables censeurs et détecteurs en tous genres, il avait finalement été jugé plus utile que dangereux. Melba se rapprocha discrètement d’elle pour souffler à son oreille : Madame, vous sentez cette tension chez ceux que l’on croise ? Il y a une différence d’ambiance depuis que nous sommes arrivées. Oui, je l’ai remarqué également. Plus de soldats, plus de gens pressés avec des papiers urgents... Exactement. Et des mines assombries, aussi... enfin de ce que je peux décrypter de ces visages bleus. Plus absents ou troublés. Elle laissa s’éloigner un passant puis ajouta : une chose est sure, ce n’est pas nous qui les mettons dans cet état. Azala approuva silencieusement de la tête tandis que Melba reprenait sa place. Quelque chose de sanglant trainait dans les esprits de chacun, une menace suffisante pour qu’au cœur de cette puissante république, même les placides fonctionnaires en devinssent soucieux. Qu’était-ce donc ? L’Exode ? Non, la jeune princesse ne voyait pas comment la fuite ou l’anéantissement des transporteurs aurait pu inquiéter jusqu’ici. Alors, quoi ? La réponse à cette question se trouvait peut-être derrière la porte du bureau de la Parlementaire Loxa, à l’origine de leur « invitation. » Tout du moins, était-ce ce qu’Azala avait cru déchiffrer sur le petit hologramme qu’on leur avait adressé au matin. La jeune princesse aux vingt-cinq printemps, ancienne prétendante à la couronne de toute l’humanité, avait fini par percer les premiers arcanes du langage nalcoēhual. Elle y avait découvert, surprise, quelques liens avec plusieurs idiomes tropicaliens et même certains mots courants en langue commune. Godheim avait reconnu que cette race était originaire de « Veora », le nom qu’ils donnaient à MaterOne, et en avait été cha


RedU T1 Ch28 Ep07
Mar 06 2019 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode07: « Déclaration » Xopilat’l se tenait aussi droit que possible, supportant les douleurs qui marquaient son corps de nombreux hématomes. Entouré de dix gardes armés comme en première ligne d’un champ de bataille, il attendait l’ouverture du sas. Juste au moment où celui-ci s’écarta, un choc dans ses côtes lui rappela combien la haine de tous les militaires de Ti’ltchiti demeurait toujours vivace, malgré sa capture. On lui souffla à l’oreille: « Espèce de merde, j’espère qu’ils t’en feront baver. On sait mâter les Zlabots comme toi, ici... » L’officier en tête du peloton jeta un œil sévère au soldat derrière Xopilat’l et celui-ci recula pour reprendre sa place. Mais aux ricanements qui fusaient plus ou moins en catimini autour de lui, alors que la petite troupe progressait dans le large corridor, il ne s’agissait pas de se faire d’illusions. Le responsable reprochait surtout à son subordonné de n’être pas plus discret, quand aux regards de ceux qui croisaient le convoi, ils ne sauraient être plus explicites. Le navire-prison Hualtollohuit s’était spécialement rapproché de la planète Cuitliē pour prendre livraison, en urgence, de son plus dangereux et important colis de ces dernières années : le Président de la République cachée de Chilico. La nouvelle avait parcouru tout le système, occultant les dures conditions de travail, s’imposant dans les réunions familiales et, bien sûr, faisant les gros titres des journaux multivisuels. Le gouverneur No’ork Kelm’tek avait même reçu un message de félicitations de la Parlementaire Loxa, membre du Comité de salut public actuellement au pouvoir dans la capitale : Ti’ltchiti. Après quelques minutes de marche et quelques crachats de provenance inconnue, le groupe s’arrêta devant une porte à double battant gardé par trois miliciens visiblement tendus. Le col de leurs uniformes serrait les goitres, caractéristiques des Nalcoēhuals, à la limite de l’étouffement que l’on pouvait déterminer au teint aigue-marine de leurs visages. On présentait que les habitants de Chilico possédaient une couleur de peau d’un bleu plus foncé et des arcades sourcilières plus proéminentes que les Nalcoēhuals dits « normaux », ce qui en faisait bien évidemment une sous-race pour certains. Xopilat’l n’avait jamais vraiment remarqué de différence notable, pourtant, mais cela importait peu dans l’esprit des racistes de tout ordre. Deux coups dans chaque genou et le Président s’effondra alors que les battants s’ouvraient sur une salle assez large pour contenir la cinquantaine de journalistes invités pour l’occasion. Cette fois, l’officier responsable montra son mécontentement manifeste et, d’un signal psychique, il congédia les neuf soldats. Celui qui l’avait frappé au premier sas n’eut que le temps d’ajouter avant de s’éloigner, goguenard : « On se retrouvera en enfer, président d’opérette. » Deux des sentinelles de l’entrée s’approchèrent et l’aidèrent à se relever, sous les flashs des appareils holographiques. Cela fit naitre une remarque dans l’esprit de Xopilat’l : « Est-ce que je suis dans un cirque de Zlabot, ou une arène, ou les deux ? » Toujours soutenu par les gardes, Xopilat’l progressa dans l’allée maintenue ouverte devant lui par des cordons de sécurité. On lui criait des questions à distance, quand ce n’étaient pas des insultes qui cognaient contre ses barrières Mentales. Les flashs et les projecteurs baignaient ces quelques mètres jusqu’au jury de préséance en un chemin de lumière. Il aurait pu s’accouder à l’estrade devant lui, mais son honneur comme sa fonction ne le lui permettait pas. C’est donc droit et fier, serrant les dents, que le Président de la République cachée de Chilico fît face à ses accusateurs. Du haut de leur promontoire, plusieurs personnalités de l’armée, de la justice et de l’administration le dominaient de leurs regards suffisants. Au centre, le gouverneur, Kelm’tek, bien entendu, à sa gauche le procureur Chcat’l, bien connu des sympathisant


RedU T1 Ch28 Ep06
Feb 27 2019 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode06: «Lan’huitl» Sous les yeux de Stuff MacDone et du Capitaine Viggi, les calculateurs embarqués livraient une bataille contre les lois de la physique à la limite de leurs capacités. Certains techniciens chuchotaient entre eux qu’ils allaient même au-delà. Le groupe de huit croiseurs Mentaux renégats s’était donné pour but de prévenir l’Exode : la Flotte mentale du Chancelier suprême Poféus, dirigée par le Professeur QuartMac, venait pour les anéantir tous. Un massacre à grande échelle, loin des regards indiscrets, une sorte de revanche contre les farouches révolutionnaires Castiks. Mais il fallait pour cela distancer l’armada et, à Compresseurs dimensionnels identiques, les performances demeuraient comparables. C’était donc par les intervalles entre les bonds, et le chemin emprunté de ce côté-ci de l’espace que l’on ferait la différence. Les interférences de cette zone aux anciennes novas déchirant la gravité et aux pulsars tourbillonnants ne permettaient pas des sauts en Transition trop longs. De plus, la Flotte mentale suivant scrupuleusement le plan de vol de l’Exode, elle effectuait une étrange courbe là où la ligne droite paraissait pourtant le tracé le plus évident. Sans doute, QuartMac voulait-il éviter de manquer le moindre transporteur en retard, cet homme enrobait de sadisme un impitoyable sens de la persécution. Dans tous les cas, le groupe de croiseurs défiait la nature et reculait les frontières de ses capacités pour précéder les autres navires de guerre spatiale. « Vous tenez le coup, Viggi?» lança-t-il simplement à son voisin, mais seul le silence lui répondit. Celui-ci, profondément installé dans son fauteuil de commandement, le crâne encerclé par le Rayonneur, se synchronisait en pensée avec les sept responsables de vaisseaux. Vu de l’extérieur, le convoi se composait de huit croiseurs parfaitement alignés, aux configurations identiques et aux vitesses dynamiques évoluant chaque seconde en fonction des avancées mathématiques. Voyager en Transition nécessitait des montagnes de calculs asymétriques, avec une précision frisant l’infini, et aucun humain ne pouvait les réaliser. D’où l’embarquement d’une horde de machines capables de résoudre les équations en une fraction de seconde. Mais cela ne suffisait pas dans deux conditions : les perturbations de cette zone en étaient une, la pérégrination à plusieurs la seconde. D’où une obligation de faire travailler conjointement, synchronisés, hommes et dispositifs en télématique comme en télépathie. Et cette dernière se montrait d’une efficacité redoutable en Transition, là où les ondes radioélectriques, que ce soit dans le spectre visible ou pas, pouvaient se révéler défaillantes. « Oui », répondit le jeune Capitaine mental en pleine concentration. Stuffy se mordit les doigts de lui avoir posé la question : la moindre négligence dans la synchronisation pouvant s’avérer désastreuse. Pourtant, celui-ci poursuivit, apparemment plus rodé à ce genre d’exercice que Stuffy l’eut imaginé : « Nous allons quitter le multiespace dans douze secondes, trois dixièmes et quelques centièmes, les Compresseurs affichent un taux d’erreur en hausse. Préparez-vous. » Comme tous les autres membres du croiseur, peu nombreux malgré les dimensions de l’engin, Stuffy se laissa guider par les instructions Mentales pour se positionner en vue de la sortie de Transition. Ces croiseurs avaient été conçus par et pour l’usage exclusif des Mentaux et le maximum de matériels, consignes et procédures relevaient de la télépathie et des amplifications psychiques par des boitiers disséminés tout le long des appareils. Le choc fut plus rude que prévu, sans aucun doute dû aux contraintes appliquées aux hommes et aux machines, mais tous réapparurent dans le cosmos d’origine, à quelques encablures d’un soleil binaire. Les filtres des verrières s’activèrent immédiatement, bloquant l’intense luminosité produite par le mélange de vert émeraude et d’oranges flamboyant


RedU T1 Ch28 Ep05
Feb 20 2019 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 05 : « Doutes divins » Une planète, une de plus. Quoique celle-ci différât des autres par cette petite pelure, cette pellicule gazeuse aux proportions adéquates à une adaptation humaine. Pour l’occasion, Gandhi, l’avatar de Godheim, s’était approché de son hublot. L’orientation du transporteur était mauvaise, il ne pouvait englober l’astre entier de ses capteurs optiques, seule une portion débordait derrière la vitre, l’obligeant à coller sa peau synthétique contre le verre glacé. Gandhi observait sereinement cette planète où une ancienne version de lui-même s’y trouvait au préalable, cela datait de la première vague d’expansion, alors que le tout-puissant empire de Ragnvald n’était que « Monte-Circeo ». La notoriété toute relative de ce nom s’étendait grâce à son économie et aux rouages parfaitement huilés de sa société. Déjà Empereur-Dieu, Godheim propulsait la première génération d’avatars embarqués dans des sondes multidimensionnelles vers de multiples directions. L’une d’entre elles était spécifiquement destinée à Antares IV. Mais la traversée en bonds disparates de la zone de Khabit avait endommagé certaines parties du compresseur dimensionnel de l’appareil. Cela la plaça à la merci d’un nouvel afflux de migrants qui s’installaient également durant cette période. Les Nalcoēhuals. Alors que sa sonde explosait en périphérie de l’astre, la capsule contenant l’avatar s’écrasait sur la planète-destination et l’androïde s’en sortit miraculeusement, mais sans ses jambes. C’est donc en rampant qu’il explora la planète, en quête de ses habitants qu’il ne rencontra jamais. Deux-cents années standards, il parcourut cette terre parfois bloqué, les deux mains par le givre, attendant l’été pour briser enfin ses entraves et reprendre son chemin. Lorsque sa pile au Lithium vint à lâcher, ce ne fut évidemment pas l’anémique naine rouge qui lui rechargeât convenablement ses batteries, le représentant de Godheim s’allongea simplement là où il se trouvait et s’éteignit. Gandhi communiquerait la position exacte aux Exodés, à l’occasion, pour qu’ils envoient une navette chercher cette relique d’une glorieuse époque passée. Entre les interférences de Khabit, l’agressivité des Nalcoēhuals et le peu d’intérêt stratégique d’Antares IV, l’Empereur-Dieu n’avait pas renouvelé de mission d’étude dans cette direction. Il se focalisait vers d’autres parties de l’univers plus facilement joignables et exploitables. Et le temps passa, jusqu’à ce jour où un croiseur d’exploration de MaterOne, mené par — facétie du destin — le Commandant Angilbe Poféus, se plaça en orbite ; là où, maintenant, les transporteurs de l’Exode patientaient à leur tour. Planète Monte-Circeo, caverne impériale. Depuis l’arrivée de cet appareil militaire, Godheim savait que l’heure du changement était advenue. Jusqu’à quel point Passeur ou Titans étaient-ils mêlés à cet évènement ? Ces êtres supérieurs ne manquaient pas de ressources ni d’imagination et intervenaient partout et en même temps. Il l’ignorait leur degré d’implication, mais il comprenait que cela modifierait en profondeur le statuquo de ce côté de la Passe de Magellone et probablement était-ce un nouveau pas dans l’aventure humaine. Relié physiquement à son territoire, et plus loin, Godheim se voyait comme le seul contrepouvoir susceptible de contrer les dieux, un enfant qui se rebellerait contre ses parents en quelque sorte. Il était le précédent « Passeur », celui ayant organisé le second Exode, l’abandon de l’astre mère, l’inventeur du Compresseur dimensionnel, ce moteur capable de pousser un vaisseau au travers des couches du multivers... Maintenant, tous connaissaient l’Empereur-Dieu Godheim, un cyborg. Un mélange de chair et de circuits soutenus par une série complexe de rouages, le faisant ressembler à un sexe masculin géant en érection depuis les profondeurs de la planète Monte-Circeo. Mais finalement, décentralisé autant qu’il pouvait l’être, Godheim se trouvait-


RedU T1 Ch28 Ep04
Feb 13 2019 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 04 : « Cours » Dites, je vais longtemps conserver cette position ? protesta Maeve Onawane. Ce n’est ni décent ni agréable, je n’ai plus vingt ans, moi ! Rassurez-vous, si on ne procédait pas ainsi je trouverais une autre méthode pour vous déconcentrer. Pour l’instant, j’attends toujours votre réponse... alors ? Les bras croisés sur la nuque, coudes vers l’avant, Maeve exécutait la posture nommée « Baob-fraisier », jambes tendues à l’extrême vers le plafond. S’adosser à un mur était le seul compromis obtenu durant cet exercice avec Fabio Ouli, son enseignant en techniques Mentales. Elle devait découvrir un renseignement que celui-ci avait écrit à l’intérieur du cerveau de sa voisine du pont inférieur, qui jouait actuellement avec ses deux filles. Non seulement il était peu aisé d'effilocher les pensées d’une personne occupée à autre chose, mais la position physique à maintenir compliquait encore l’épreuve. Il y a quelque chose... qui ne colle pas, murmura Maeve en pleine réflexion. Toute son attention semble tourner autour de ses enfants, sauf qu’une représentation de fleur trône au beau milieu... je parie que c’est cela ! Bien vu, élève Onawane, et qu’y a-t-il dedans ? demanda négligemment Fabio, l’œil coquin. « Dedans » ? On peut mettre des choses dans des pensées ? Bien sûr, c’en est même un des grands avantages. Une pensée à l’intérieur d’une autre, cela permet, par exemple, d’activer des besoins... des pulsions, si on les lie à un évènement et... ... et s’en servir de déclencheur, j’imagine, le coupa la colonelle, réprobatrice. Faire de quelqu’un une bombe vivante, un truc des Forces mentales ? C’est une des possibilités, en effet. Alors, qu’ai-je donc déposé dans cette fleur ? Le Mental blond abandonna la jeune colonelle à sa concentration, malgré la difficulté de sa position. Il se laissa aller observer celle qui se tenait droite dans ses habits de sport règlementaires. Ses cheveux courts ne risquaient pas de la gêner et, paupières fermées, elle appliquait à la lettre les recommandations de son maitre. Son nez rectiligne expulsait seul l’air que sa mâchoire carrée bloquait au niveau de sa bouche, sa cage thoracique montait et descendait sereinement. Sauf à suivre le mouvement de ses sourcils châtains foncés, on ne pouvait déduire autre chose qu’une simple séance de relaxation inspirée des techniques Souriantes. La commandante de Transporteur 2 n’avait rien à envier aux meilleurs étudiants de l’Université mentale de MaterOne. D’une rapide vérification, il confirma l’avancée de son élève, pour l’instant elle était sur la bonne voie, il fallait la laisser comprendre la méthode. Fabio se dirigea donc vers l’unique hublot de la petite pièce. Cette dépendance de la salle de sport commune avait été aménagée à la demande de Fabio et demeurait fermée à clé le reste du temps. Non pas qu’il s’y trouve quelque secret instrument Mental, mais il savait pertinemment que la tentation d’y jeter un œil ou de les y espionner parcourait les non-initiés. Onawane et lui étant, à sa connaissance, les seuls Mentaux « officiels » de cette partie de l’univers, ils attiraient logiquement tous les regards. Antarès IV tournait lentement, rayonnant de feu et de glace sous la lumière de sa naine rouge. Malgré tous ses pouvoirs, et au-delà des choses incroyables qu’il avait pu voir de ses propres yeux, les astres simples tels que les planètes ne manquaient pas d’un réel charme pour Fabio. Leur fureur ou leur douceur ne reflétaient que les remous d’un univers à l’humeur changeante et ces îlots représentaient les seuls points de chute possible pour des humains (ou des Nalcoēhuals). ° Je partage ton point de vue, Passeur.° monta alors dans sa tête une voix bien connue. Fabio dressa l’oreille. Le Faiseur, cet être mystique qui le suivait lui et l’Exode au travers de leurs pérégrinations, reprenait contact. ° Que puis-je pour toi ? ° répondit simplement Fabio. Incarné dans le chat domestiqu


RedU T1 Ch28 Ep03
Feb 06 2019 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 03 : « Solitude » Transporteur 7, bureau du commandant. Les feux fauves et blancs d’Antares IV découpaient la silhouette de la Colonelle Aurora Benkana sur le large hublot. Elle laissait ses yeux bruns lui prodiguer autant de lumière que possible de cet éclat planétaire qui lui avait tant manqué durant leur long voyage. Son communicateur sonna. C’était son second, le vieux nordiste Antonio Pernov. : Madame ? On me dit que vous m’avez fait demander. Puis-je venir à votre bureau, maintenant ? Oui. Je vous attends. La grande blonde à la mâchoire ferme et carrée, chef guerrière de la Révolution Castiks dont la queue de cheval était autant connue que redoutée, se replongea dans la contemplation de l’astre. Aucune nouvelle d’Azala. La princesse était loin et inaccessible pour l’Exode. D’accord, elles avaient rompu, mais pour autant le sort de celle qui partagea sa vie si longtemps ne la laissait pas indifférente. Aurora avait déjà étudié la possibilité d’une opération de sauvetage, mais elle se heurtait à un nombre d’inconnues bien trop élevé. Pour creuser la chose, il faudrait s’en remettre à Godheim, cet avatar de l’Empereur-Dieu pourrait surement leur fournir des renseignements. Elle avait prévu de s’en ouvrir au Conseil des commandants qui allait bientôt advenir, au moins pour faire avancer son idée dans l’Exode, car ses moyens individuels étaient bien limités. Encore, devra-t-elle les convaincre de ne pas abandonner la princesse à son sort, ce qui était loin d’être gagné. Elle ne pouvait même pas apporter la preuve de la survie d’Azala. On frappa à la porte. Aurora autorisa l’entrée et en profita pour revenir se glisser dans son fauteuil. Pour la discussion qui s’annonçait avec son second, une posture plus officielle s’avérait de mise. Asseyez-vous, Antonio. Alors, quelles sont les nouvelles ? Merci. Ma commandante, il y a surtout du bonheur chez tous et toutes. Même les adorateurs de l’Incomparable Trinité ont orienté leur ferveur sur la joie d’être arrivé à destination. Aucun débordement ? Vous leur avez bien signifié que jusqu’à ce qu’on ait les premières infrastructures, toute installation sur la planète est prohibée ? Bien sûr, Madame. Ce fut l’une des premières recommandations que je fis diffuser. Il semble que mes hommes ont su convaincre. Bien, bien... répondit Benkana presque distraitement. L’introduction polie touchait à sa fin, il lui fallait maintenant entrer dans le corps du sujet et le sens de la conversation lui apportait un angle d’attaque. Alors, dites-moi : quand vous parlez de « vos hommes », s’agit-il de miliciens ou de civils acquis à votre cause... comme les Familles nordistes ? Pernov s’autorisa une seconde de réflexion, fixant la commandante à la manière habituelle des chefs de clans. Regard neutre, léger sourire en coin et attitude détendue sans être affalée, l’important était d’abord de ne pas afficher la moindre émotion. Le petit doyen aux cheveux blancs présentait des traits émaciés sur une peau crémeuse, ainsi que de petits yeux noirs enfoncés, caractéristiques des ressortissants nordistes. L’intelligence de ce leadeur, tout comme ses tenues impeccables, en faisait une figure incontournable de sa communauté. Il reprit : Disons que les missions attribuées à la milice de ce transporteur sont autrement plus importantes que simplement transmettre un message. Le bouche-à-oreille est un bien meilleur allié dans ce genre de cas. Et sous quelle forme passent-ils ce... message ? Je vous demande cela, car quelques bruits de couloir parlent de menaces et de mesures de rétorsion ? Je réfute ces ragots, madame ! réagit vivement l’autre, outré. Nous avons déjà eu cette discussion à la suite de la bataille contre les pirates, lorsque vous m’avez honoré de ce poste à vos côtés. Les Nordistes savent se montrer disciplinés et les consignes que j’ai données sont claires. Je vois... Elle se pencha vers un des tiroirs de son bureau spartiate, où le p


RedU T1 Ch28 Ep02
Jan 30 2019 7 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 02 : « Attaches » Elle est magnifique cette petite planète, commenta simplement le politicien Vernek Junta, commandant de Transporteur 4. Ceci étant dit, je ne suis pas un spécialiste en exoplanète, mes compétences se situent ailleurs. J’en ai vu beaucoup des astres et des astéroïdes, lui rétorqua Choupa, la jeune chef pirate, pensive. Avec ou sans atmosphère, peuplées de colons ou simplement oubliées des hommes, elles sont toutes semblables et différentes... celle-ci est connue comme difficilement supportable. Si l’on peut respirer son air, c’est bien tout ce qu’elle a pour elle. Le long d’un court corridor agrémenté d’un large hublot, juste derrière le centre de commandement du transporteur, Vernek et Choupa admiraient la lente rotation d’Antares IV à la lumière de sa naine rouge. Le politicien se devait d’être présent à la barre, mais il n’avait pu résister à l’envie de partager ce moment avec sa jeune prisonnière. Pas de grande taille, présentant un visage fin et un abdomen déjà trop assoupli, il était le seul des chefs de l’Exode à ne pas être militaire. C’était une victoire civile qui, pour les connaisseurs, ne devait rien au hasard. Personne n’ignorait, en effet, les connexions et les intrigues de cet homme, au point qu’il ait réussi l’exploit de mettre en avant sa propre sœur Maeve Onawane sur le pont de Transporteur 2. L’absence d’uniforme lui permettait au moins d’amadouer ses interlocuteurs, Junta se destinait donc aux rencontres diplomatiques et autres négociations de l’Exode que ce soit avec des empires ou des corporations — dont son transporteur regorgeait. Mais son objectif était ailleurs : comme tout ambitieux, il n’envisageait absolument pas de rester un simple observateur sur Antares IV. La création, en amont du voyage, de la chaine ExOne-Média, ainsi que son alliance, aux liens relâchés, avec le Général Décembre représentait quelques briques qu’il comptait bien mettre à contribution pour la suite. Il plongea son regard de quarantenaire dans celui de la jeune femme. En son fond intérieur, il affrontait un inexplicable sentiment de grossièreté ou de bestialité de son être face à la grâce féline de la pirate. Pourtant, lui avait toujours jonglé avec les règles, en habile architecte de sa destinée, tandis que Choupa évoquait de l'autre côté de la légalité ce même talent. À la tête d’une famille de combattants bien connus dans cet univers, elle était physiquement dangereuse et la fraicheur de sa belle jeunesse ne devait pas cacher son caractère impitoyable. Un nez encadré d’une fine mâchoire carrée et de grands yeux marron complétait un aspect juvénile que ses taches de rousseur ne démentaient pas. Ses cheveux bruns et courts pivotèrent, positionnant les deux visages face à face. Contre toute attente, elle s’intégrait petit à petit à l’équipage. On l’attendait maintenant avec impatience aux séances d’entrainement des hommes de troupe, par exemple, ayant réussi à s’y imposer comme un quasi-maitre d’armes (et elle leur enseignait parfois des techniques nouvelles !). Ses conditions d’emprisonnement avaient évolué en parallèle, désormais en cabine plutôt qu’en geôles et suivie en permanence par deux gardes plus destinés à la protéger elle qu’à l’empêcher de se déplacer. Même si Transporteur 4 n’avait pas eu à subir les grandes et meurtrières batailles contre les pirates, le brassage des populations avait propagé la rumeur — malheureusement exacte — de leur barbarie. Une donnée que Junta ne pouvait ignorer. Il n’aimait d’ailleurs guère que ses propres réactions soient altérées par de quelconques sentiments amicaux, spécialement envers un détenu. Pourtant, du haut de sa vingtaine d’années, Choupa l’impressionnait sur tous les points. Si son histoire, qu’ils avaient eu le temps de partager, ne semblait faite que de féroces combats de haute volée et de rapports de forces brutaux, elle savait lui offrir de trop rares conversations aussi fines qu’intelligentes. Il lui ad


RedU T1 Ch28 Ep01
Jan 23 2019 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 01 : « Destination » C’est au-dessus de la couche atmosphérique, à l’orée de la mince pellicule bleue donnant toute sa valeur à la planète, que plusieurs petits flashs de lumière vinrent briser l’imperturbable calme spatial. Depuis la passerelle de commandement, le Colonel Momumba Arlington, à la tête des trois croiseurs légers de l’Exode, retint difficilement son émotion. Les systèmes balayaient automatiquement la zone, à la recherche du moindre signe avant-coureur d’un piège nalcoēhual, pirate ou autre. Les ennemis rencontrés durant ce long voyage étaient innombrables et seuls les dieux savaient s’ils ne les attendaient pas également ici... sur leur lieu de destination. Momumba accentua son appui sur la rambarde, comme s’il pensait traverser la baie vitrée. Son inquiétude justifiée ne devait pas gâcher le spectacle unique dont lui et les membres des trois croiseurs étaient les premiers à profiter. Antares IV, petite planète blanche à la si précieuse atmosphère, orbitait paresseusement autour de son étoile, une naine rouge, aux confins de la galaxie. Le lointain astre pourpre imprimait son fin liseré écarlate sur le pourtour exposé à sa lumière. Il y prodiguait peu de bienfaits, mais suffisamment pour éveiller à la vie les micro-organismes indispensables à la production d’oxygène. Le colonel aurait aimé se perdre bien plus longtemps dans la vision qui s’offrait à lui, destination fantasmée de millions de femmes et d’hommes, mais sa responsabilité se trouvait ailleurs. Il se redressa et lança ses ordres : « Séparez la formation, que les croiseurs couvrent ta totalité des hémisphères en éclaireur. Je veux une seconde série de balayages longue distance et surveillez attentivement toute activité multidimensionnelle ! Allez, les enfants, on a vingt minutes avant de faire venir les autres et ils doivent sérieusement s’impatienter. On doit leur garantir que ce n’est pas une nouvelle chaussetrappe. » Durant le quart d’heure qui suivit, les appareils de l’Exode sautèrent en Transition plusieurs fois, allant jusqu’à inspecter quelques météorites qui passaient à proximité. Les radars dirigés vers la surface découvrirent rapidement plusieurs comptoirs commerçants autour de l’équateur, guère plus grands que des hameaux, qui vivaient chichement d’une économie de survie dans ce décor peu luxuriant. Momumba consulta les rapports des machines insensibles, couplées aux senseurs en tous genres, dont le vaisseau était bardé. Sa vie passée d’officier supérieur dans l’armée royale, puis de chef militaire de la révolution Castiks et enfin d’homme politique dans l’après-royauté l’avait préparé à ce genre d’évènement. Après tout, conduire des civils à bon port faisait partie de la mission des soldats. Mais du haut de ses quarante années, cet officier à la peau noire, à l’intelligence aigüe et au sourire ravageur n’avait jamais cédé ni au cynisme ni à la facilité du profit. Il s’était toujours battu pour la liberté et le bien-être de tous, quitte à prendre les armes en dernier recours. Des centres de transmission secrets aux jungles tropicaliennes, puis aux déserts brulants du Texos, il avait refusé de mépriser ses adversaires, voyant dans l’existence de tous une chance de vivre ensemble. Et la finalité de cet idéal se trouvait peut-être enfin devant lui. Il se replongea dans les résultats des analyses. La vie à la surface correspondait aux critères relevés par les missions militaires vieilles de plusieurs dizaines d’années. « Oxygène à vingt-deux pour cent, Azote, quelques gaz rares... la composition de l’atmosphère nécessitera un suivi scientifique pour notre adaptation. Germes communs, luminosité faible, mais puissamment réfractée par la glace et la neige... lunettes obligatoires, donc. Végétation type toundra dans les parties les plus exposées, peu de couverture nuageuse et température de... » Il leva les yeux sur l’hémisphère nord d’Antares, laissant ses bras se reposer sur la rambarde. Da





RedU T1 Ch27 Ep15
Dec 24 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 15 : « Hibernation » « Mais que lui est-il arrivé ? Brutes ! » Deux groupes de soldats étaient venus chercher la Princesse Azala et Melba pour les emmener vers leur destinée. Mais cette dernière n’eut pas le droit au même traitement courtois que la princesse, on ferma d’ailleurs la porte après que celle-ci fût sortie, laissant la femme Brune seule avec les geôliers. Azala pestait, ne pouvant pas grand-chose pour aider son amie. Elle offrit à ses gardes une expression profondément antipathique, mais les Nalcoēhuals restèrent stoïques, comprenaient-ils au moins le sens des moues d’un visage humain ? À bien y réfléchir, Azala en doutait. Lorsqu’on rouvrit quelques minutes plus tard, une civière emportait Melba dont la nuque, les chevilles et les avant-bras étaient entravés par des carcans métalliques noirs où clignotaient de petites diodes. À chaque impulsion lumineuse, son amie d’enfance, sa Lakedaímōn, se mettait à trembler, à gémir, comme si on l’électrisait. Azala voulut se précipiter, mais ses propres gardes l’en empêchèrent, lui tirant fermement les menottes pour la garder auprès d’eux. « Pourquoi lui faites-vous cela ! cria-t-elle de colère. Je ne bougerais pas d’ici si vous ne.. » une onde psychique lui vrilla le cerveau, suffisamment pour qu’elle renonce à parler plusieurs secondes. Ses geôliers en profitèrent pour la forcer à avancer. Elle les suivit donc, incapable d’autre chose que de mettre un pas devant l’autre et d'apercevoir du coin de l’œil les petites diodes s’allumer et s’éteindre. Ils prirent deux transports internes de la cité, spécialement réquisitionnés pour l’occasion, et descendirent de nombreuses marches aux proportions peu agréables pour les longues jambes humaines, car conçues pour une race différente. La gigantesque mégapole de l’espace qu’était Ti’ltchiti, réservait à ses condamnés un interminable chemin de croix jusqu’au lieu de leur exécution et on subodorait que ce n’était pas un hasard. La dernière porte automatique s’ouvrit sur une petite pièce où trônait un bureau, quelques armoires de rangement et d’une série d’appareils de surveillance : nous nous trouvions probablement dans l’antichambre de la prison d’hibernation. Deux officiers, si Azala en jugeait par les symboles affichés, ainsi que deux autres soldats en uniformes se trouvaient là, les regardant entrer sans grand étonnement, leur arrivée était bien sûr prévue et attendue par le personnel de l’établissement. Partaient de cet endroit, sept sas scellés qu’Azala supposa être les accès aux salles froides. Même en étant optimiste, si les Nalcoēhuals congelaient ne serait-ce qu’une dizaine de condamnés chaque année, cela devait représenter un nombre important après plusieurs décennies, les sept espaces seraient-ils déjà plein ? Azala jeta un œil inquiet à Melba. Durant le chemin, leurs geôliers avaient fini par arrêter les impulsions, après avoir survolé quelques résultats affichés sur la civière. L’activité physique ou psychique de la Lakedaímōn devait leur sembler suffisamment faible pour ne plus risquer de causer des ennuis. Les avait-elle attaqués ou, à la suite de sa démonstration de force au Parlement nalcoēhual, avaient-ils préféré prendre les devants ? Azala compara sommairement les gardes de Melba aux siens : ils n’étaient pas le même nombre et mêmes les carrures différaient. Son amie Brune leur faisait peur, c'était une évidence. Un préposé, visiblement plus jeune que les autres, s’approcha de la quatrième porte et posa son front contre une sorte de mousse fixée au mur, à hauteur idéale. Simultanément, un soldat à l’opposé de la pièce tourna sa clé, sous la vigilance de deux gradés restés au bureau et de quelques-uns des nouveaux arrivants. La porte numéro quatre s’ouvrit sur une brume de froid mordant, marquée par d’épais cristaux en formation vers l’intérieur de l’encadrement. Des rangées de diodes s’allumèrent sur le sol, délimitant un chemin visiblement préconçu, tandis que d


RedU T1 Ch27 Ep14
Dec 19 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 14 : « Traces » La voix de Laurelian monta alors dans sa tête. Gouverneur, vous m’entendez ? Parfaitement, Amiral. La réception est d’ailleurs plus fluide que dans ma précédente chimère, intéressant... Vous avez les images ? Oui, cela rappelle d’ailleurs ce que l’on peut voir de nos hublots. QuartMac ferma à nouveau les yeux et fut immédiatement immergé dans une vision à trois-cent-soixante degrés de la scène. Les drones avait été réparti sur plusieurs endroits, un dernier restant loin en arrière pour centraliser les données et les transmettre au croiseur amiral. Quel carnage... ne put-il s’empêcher de penser. À première vue, les dégâts se comparaient facilement à ceux que venait de subir la flotte ennemie dans leur attaque des Mentaux. Sauf que cette fois, les chasseurs représentaient une large part des pertes. Mais de combien de vaisseaux disposait donc cette force militaire que les Mentaux affrontaient ? Nouveau point de vue depuis l’une des carcasses éventrées. Un coup violent avait coupé en deux l’appareil. Quelque chose a littéralement tranché cet engin, quelque chose de fin et de puissant, précisa Laurelian qui apparut à ses côtés. Ici, c’est une sorte de soute à munitions, elle a explosé dès qu’elle a été touchée, ça a aggravé l’attaque pour ceux à proximité. Expliquez ? Une vue plus en hauteur de cette carcasse prit la place de la précédente, agrémentée de flèches et détails techniques se surimprimant sur les zones vides, comme dans un projecteur holographique. Laurelian développa : Regardez les dommages de ces vaisseaux là et là. Ils ont été poussés les uns contre les autres. On imagine facilement un peloton de croiseurs ennemis violemment attaqué par leur centre et s’entrechoquant dans le souffle des explosions. Comment savoir ce qui les a frappés ? Par l’analyse des données que l’on pourrait obtenir par-ci par-là. Ou alors... par un interrogatoire psychique. Vous pensez capturer un extraterrestre ? Ceux à plusieurs doigts ? Laurelian, vous m’impressionnez ! Et comment réussiriez-vous ce miracle ? Ce n’est pas un miracle, monsieur, répondit simplement l’autre. Les drones ont facilement happé plusieurs corps ennemis congelés. Il y en a partout qui flottent, c’est probablement une des missions des troupes présentes ici que de les récupérer, ainsi que tout ce qui pourrait être utile. Finalement, nous n’agissons pas différemment. Quelques heures plus tard, l’amirale et le professeur assistaient personnellement à l’autopsie de cinq cadavres de pilotes nalcoēhuals. Plusieurs Mentaux se trouvaient assis dans la pièce, alignés le long du mur avec leurs têtes coiffées de casques psychiques amplificateurs. Dans un premier temps, l’étude de ces corps à la peau noire appartenant à une autre race aux proportions dissemblables, aux six doigts, au goitre hypertrophié et à l’allure falote ne représenteraient pas le premier objectif. On allait décongeler les cerveaux par rayonnement de microonde, cela devrait permettre d’offrir une seconde de fonctionnement normal avant l’extinction finale. Les agents sélectionnés avaient tous déjà été en contact avec des pilotes ennemis durant la bataille et connaissaient donc un peu cette psyché non humaine. De la même manière qu’il avait pu suivre les images des drones, QuartMac fut emporté dans l’esprit des Mentaux, partageant leurs visions... Première expérience. Le cerveau était trop endommagé pour autoriser la moindre lecture. Seconde expérience. La décongélation par microonde se révéla trop brutale. C’était une mauvaise appréhension de la température interne qui déclencha la fureur de QuartMac devant une erreur aussi grossière. Troisième expérience. Plusieurs sensations percèrent ainsi que trois visuels dont deux se révélèrent flous et incomplets. Malheureusement, l’unique lisible ne représentait qu’un cockpit en flamme. Quatrième expérience. Un transporteur ! Sans aucune hésitation, tous reconnurent l’ét




RedU T1 Ch27 Ep13
Dec 12 2018 7 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 13 : « Plaies » Le communicateur sur le bureau du Professeur QuartMac n’eut pas le temps de finir sa première sonnerie qu’il fut activé. Allez-y, Laurelian. Je viens d’envoyer des éclaireurs dans toutes les directions afin de confirmer que la bataille était bien terminée. D’un point de vue stratégique, je pense pouvoir affirmer que oui. ... les dégâts ? La liste est longue. Nous avons perdu une vingtaine de vaisseaux et leurs équipages, a peu prêt le double de chasseurs et une trentaine de croiseurs sont endommagés. Parmi ceux-là, nous allons en saborder quatre, vu leur état, la récupération du matériel sensible est déjà en cours. Quant à nos ennemis, leurs pertes sont plus lourdes, mais ils étaient les attaquants. On décompte trente-deux carcasses et plusieurs rapports indiquent que de nombreux appareils sévèrement abimés ont quand même réussi à sauter en Transition. En ce qui concerne nos blessés, les infirmeries sont... Je me moque des blessés, Amiral. Qu’on les soigne au mieux, mais la priorité est ailleurs ! Le canon Mental, alors ? Nous l’avons utilisé trois fois lors de la dernière attaque. À chaque tir, le succès était complet, nos ennemis ne comprenaient pas ou n’arrivaient pas à l’éviter. Mais il n’est pas dénué d’inconvénients et si j’étais à leur place, je surveillerais les arrières de nos défenses. Le temps de chauffe est énorme comparé à leur vitesse de mouvements, sans même parler des microTransitions dont ils sont capables. Lorsqu’un de nos canons est en préparation, il devient une proie facile pour ceux maitrisant aussi finement les sauts dimentionnels. QuartMac se mura dans le silence quelques instants, ressassant rapidement toutes les informations de Laurelian. Ce canon Mental, déployé dans la flotte sur plusieurs appareils, nécessitait effectivement beaucoup de temps et d’énergie pour être opérationnel, ce qui représentait un lourd handicap en pleine bataille. Comme prévu, il avait aidé à creuser la différence en leur faveur, sauf que cet avantage disparaitrait s’ils devaient l’utiliser dans une attaque-surprise par exemple. Laurelian venait d’ailleurs de rappeler que leurs ennemis sauraient probablement s’y adapter en devenant plus attentifs et plus mobiles. Il lui demanda de produire un rapport précis avec le bilan final et des propositions d’amélioration, puis coupa la communication. Se laissant aller en arrière contre le dossier de son fauteuil, le professeur s’autorisa à fermer les yeux quelques minutes. Cinquante appareils détruits ou endommagés, contre un nombre équivalent en face, ce n’était pas ce que l’on pouvait nommer « une victoire », au mieux s’agissait-il d’un statuquo. Peut-être qu’un thé l’aiderait à y voir plus clair ? Il se leva et s’approcha de sa bouilloire qu’il s’empressa de remplir. Un simple robinet d’eau chaude lui fournirait un service semblable, mais il n’en goutait absolument pas le résultat. La température n’était pas assez élevée pour enclencher les réactions moléculaires adéquates dans les plantes immergées, de plus il fallait impérativement rebouillir quelques secondes le tout, une fois le breuvage mélangé avec le sucre et le thé. Cela, bien sûr, seule sa bouilloire le permettait. Un reflet incongru traversa fugitivement la pièce. Derrière le hublot, un croiseur en remorquait un autre vers le centre arrière, là où l’on regroupait les appareils nécessitant des réparations. Il songea qu’il serait d’ailleurs intéressant de rejoindre les équipes se dirigeant en ce moment vers les carcasses ennemies : leur étude allait certainement s’avérer très utile, surtout la composition de cet étrange matériau dans lequel ils étaient construits. Il versait le mélange thé plus eau chaude dans la bouilloire pour terminer la préparation, lorsque la sonnerie de son communicateur retentit. Il décrocha et la voix de Laurelian résonna à nouveau dans la pièce : Gouverneur, deux des vaisseaux éclaireurs ont confirmé avoir découvert u


RedU T1 Ch27 Ep12
Dec 05 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 12 : « Chilico en guerre » Planète Cuitliē, centre administratif du système de Chilico. La raffinerie principale OLMEK1 était une des quatre usines transformant le minerai brut en matériau de fabrication des vaisseaux spatiaux nalcoēhuals. Pour des raisons de bombardement météorique quotidien, l’unique cité de Cuitliē se retrouvait profondément enfouie dans le manteau de la planète et OLMEK1 suivait la même règle. Située plus au sud, autour de l’équateur, elle ne laissait surgir à la surface que le minimum nécessaire, dont une piste se terminant par un monte-charge géant. Ce fut celui-ci qui vola en éclat lorsque les Libérateurs de Chilico pénétrèrent dans le complexe. Les charges ouvrirent une brèche par laquelle une vingtaine de rebelles se jetèrent bardés de suspenseurs antigravité et de grenades psychoéblouissantes. Le second sas en profondeur subit le même outrage, dépressurisant le hangar primaire, ce qui asphyxia immédiatement les gardes ou ouvriers pas assez réactifs. Xopilat’l se laissa glisser lentement au travers du monte-charge extérieur, paralyseurs en mode létal dans chaque main et scaphandre bien ajusté. Derrière lui, Telma’k son fidèle second, lui aussi armé, mais emportant le pad qui les liait aux commandos en tête de l’attaque. Il termina les derniers mètres accroché aux barreaux incurvés de l’échelle de secours. Ce n’est qu’une fois les pieds foulant le sol de l’usine qu’il balaya du regard les premières victimes de sa guerre de libération, murmurant à leur encontre une prière muette. Demande à quelques partisans de les aligner et de les recouvrir de quelque chose. Quand les miliciens vont arriver, je ne veux pas qu’ils pensent à nous comme à des barbares. Je donne les ordres, répondit simplement Telma’k qui se retourna vers deux rebelles en arrière. D’un mouvement du bras, il engloba la scène et les deux Nalcoēhuals se mirent à l’ouvrage en récupérant plusieurs bâches entassées dans un réduit d’entretien. La raffinerie OLMEK1 s’étendait sur de nombreux kilomètres de galeries, couloirs et autres salles de travail, mais finalement seules deux parties importaient : les fours de craquage et le central de coordination des systèmes. C’est vers ce dernier que se dirigea le président en activité de la République cachée de Chilico. Les casques des deux hommes avaient été retirés une fois entrés en zone pressurisée, mais leur progression n’en était pas plus rapide. Si le chemin avait déjà été sécurisé et balisé par la première section des commandos, Xopilat’l restait extrêmement prudent dans cette raffinerie connue pour être sous haute surveillance. Il considérait chaque croisement comme un redoutable piège, roulant en boule pour pointer ses paralyseurs dans le vide, écoutant le silence à la recherche du moindre bruit. Dans la plupart des cas, ce fut en vain : entre les corridors condamnés par explosifs ou ceux aux sas soudés, chaque zone potentiellement à risque avait préalablement été assurée. Sauf une : une grille de support de câbles où s’était glissé un garde plus malin que les autres. Il tomba sur le président dès que celui-ci fut à sa portée et le frappa à répétition aussi violemment que possible avec sa matraque dans l’espoir de lui faire lâcher ses paralyseurs. Mais l’ancien mineur avait la cuirasse robuste : une fois la surprise passée, il para le dernier coup du milicien et lui expédia en plein torse un de ses coups de poings qui l’avait rendu célèbre dans sa jeunesse. L’autre fut projeté deux mètres en arrière, le souffle coupé. Il n’eut jamais l’occasion de le retrouver : un couteau lui transperça le cœur par derrière, œuvre de Telma’k qui attendait le bon moment pour intervenir, tapi dans l’ombre. Xopilat’l remercia son ami d’un hochement de tête silencieux, mais il ne put retenir un grognement de douleur : ses os n’étaient plus aussi solides qu’auparavant et son avant-bras avait visiblement souffert. Son second le balaya d’un petit scannographe


RedU T1 Ch27 Ep11
Nov 28 2018 18 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 11 : « Piège (5) » Plusieurs tremblements secouèrent le grand immeuble au fond duquel se terrait le cœur des Triades souriantes, la tête bien mal nommée « Le triangle » en référence à la période passée où trois anciens dirigeaient la tentaculaire organisation. Stuffy patientait, assis en tailleur sur un épais tapis au centre de la pièce où son prédécesseur avait rencontré Ralato. Tout autour de lui, des hommes aux visages fermés campaient, les doigts bien serrés sur leurs mitrailleuses. Quelques étages au-dessus, Ralato et des troupes de choc des Forces mentales avançaient inexorablement jusqu’à lui, malgré les pièges, les défenses ou les gardes armés lourdement. Eussent-ils reçu des renforts d’hypothétiques soldats supplémentaires que la vitesse de cette progression laissait Stuffy dubitatif. C’était bien trop rapide.
Le chef des Triades n’était pas stupide au point de croire en ses chances de résister longtemps. Dès que le croiseur était réapparu dans le ciel de TB01, il avait compris que son grand rêve de Conquête souriante du pouvoir était sérieusement compromis. Nouveaux tremblements, plus proches... quelques bruits de tirs percèrent au travers des parois et de l’imposante porte. Que s’était-il donc passé là-bas, dans la chaussetrappe destinée à supprimer son dangereux ancien ami ? Le trou noir ne s’était peut-être pas déclenché ? Stuffy-Quartmac avait-il failli en quelque point du programme ? Un imprévu ? Une chose demeurait certaine : la navette souriante posée à l’intérieur du croiseur avait bien fait exploser sa charge d’antimatière, un signal codé leur était parvenu en multitransmission. Alors par quel miracle ce même croiseur pouvait-il orbiter tranquillement ? Sans nouvelles de son prédécesseur, la nouvelle chimère de Stuffy avait choisi l’attaque dès qu’un détachement s’était élancé vers la planète. Il soupira silencieusement, supportant l’attente dans une attitude toute Souriante. Ce modèle de clone était cette fois identique à l’agent original, avant que son corps ne soit détruit par l’arrivée de Fabio dans la base Mutualiste des Appalaches. Sans en avoir poussé les capacités dans ses retranchements, les différences avec la version fatiguée de QuartMac ne se comptaient plus. Plusieurs crépitements, on approchait du dernier couloir menant à cette salle. Stuffy se releva, dégainant ses deux révolvers et, surtout, il sortit son sabre traditionnel du fourreau sculpté et le pointa vers les épais battants de l’entrée. Les nombreux fidèles autour de lui reçurent parfaitement le signal, armèrent le chien de leurs mitrailleuses et se précipitèrent à l’extérieur ; telle la garde royale des Lakedaímōns (et sans doute d’autres corps d’élite avant eux) ils allaient offrir leur vie pour défendre celle de leur chef. « Bonne chance, messieurs, tâchez de tenir quelques minutes au moins... » murmura simplement Stuffy alors que le dernier combattant claquait la porte derrière lui. Du bout du pied, il écarta un pan du tapis et appuya sur le contacteur dissimulé dans le sol. Un escalier s’enfonçant vers les profondeurs de Kyuang apparut et il s’empressa de l’emprunter. Ce ne seraient pas les multiples blindages qui se fermèrent derrière lui qui ralentiraient longtemps Ralato et ses hommes, mais chaque petit instant de gagné lui permettrait de s’échapper. Malgré le moment plutôt dramatique, il ne put s’empêcher d’apprécier son nouveau corps. Svelte, musclé, chaque foulée lui faisait dévaler les marches par groupe de quatre, sans essoufflement particulier, tandis que ses yeux portaient si loin qu’il aperçut la sortie plusieurs minutes avant de l’atteindre. L’empreinte palmaire de cette chimère avait heureusement été rapidement encodée dans les systèmes centralisés des Triades, autorisant à Stuffy l’ouverture de tout ce qui appartenait plus ou moins à l’organisation et à ses obligés. Il pénétra dans un sas qui se pressurisa à la suite de son passage. Un second sas apparut alors d


RedU T1 Ch27 Ep10
Nov 21 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 10 : "Piège (4)" La navette glissa silencieusement hors du hangar d’appontage et s’éloigna du croiseur mental en direction de TB01. À son bord, le ministre Ralato patientait, sanglé dans un treillis aux couleurs de la planète gazeuse, ainsi qu’un groupe d’assaut d’une vingtaine de soldats mentaux, tous lourdement équipés. Pour sa seconde visite au chef des Triades, fort probablement une chimère toute neuve de Stuffy, Ralato jugeait que le stade de la politesse diplomatique était passé, place à la force. Lui-même ne portait qu’un simple revolver accroché à sa ceinture et un gilet pare-balle. Il ne se sentait plus l’obligation d’être bien armé pour partir au combat, un peu comme Fabio en son temps. Quelque chose lui disait que désormais plus rien ne serait jamais pareil, qu’il entrait dans une nouvelle ère. Toutes les impressionnantes facultés révélées dans le piège souriant n’étaient qu’un début, il pourrait aller bien plus loin que cela, bien plus loin que... Fabio. Car il était intimement persuadé que l’étrange Monsieur Loyal, et les petits objets translucides, qu’il voyait présentement flotter autour de lui, voudraient à tout prix éviter de reproduire la disparition de son frère et donc offrir à Ralato un pouvoir réellement infini. Ce n’était qu’une intuition, mais... Sur son reflet chromé à la surface du fauteuil devant lui, il laissa quelques secondes un doigt glisser le long de la cicatrice qui marquait son cou de part en part. Il ne restait déjà plus qu’un mince filet rosâtre et le ministre devinait que d’ici peu elle serait totalement effacée. Existait-il dans l’Histoire des êtres revenus d’entre les morts ? « Toi... tu l’avais vécu lors de notre capture par les Forces mentales… » pensa-t-il, l’image de Fabio enfant surgissant de ses souvenirs. Sans préavis, le décor changea, le projetant à sa grande surprise dans les montagnes des Appalaches, le jour où... Deux jeunes garçons jouaient dans la campagne. Devant eux, une chaine de belles montagnes où il faisait bon paitre pour les troupeaux avant l’hiver. À l’arrière, une vallée paisible où l’on devinait des petites fermes blanches, réparties tels des boutons de fleurs sur un pré en cette fin d’été. Ralato et Fabio, les deux rejetons de la famille Ouli, s’amusaient à cache-cache entre les gros rochers à flanc de parois et c’était au tour de Ralato de chercher. Leur jeu était un peu différent de celui des enfants ordinaires où on devait trouver son ou ses adversaires. Ici, la pente était assez dénudée et il y avait peu d’endroits susceptibles de dissimuler des garçons de sept ans. Assis en tailleur, Ralato devait se concentrer pour ressentir la présence de son frère, tandis que lui devait justement se masquer derrière un silence d’esprit parfait. Au seuil de l’adolescence, les Mentaux développaient leurs facultés progressivement, des comportements particuliers qui, si elles étaient bien canalisées, feraient d’eux une élite de la société. Le pouvoir royal avait rapidement mis en place des services spécialisés, rattachés au ministère de la Défense, chargés de les découvrir et de les former à l’exercice de ce pouvoir peu commun. D’où certaines visites d’hommes en tenue médicale, parcourant les lieux scolaires et passant quelques heures avec les enfants qu’ils scrutaient de leurs yeux étranges. Comme la semaine dernière, à l’école… Fabio sentait des gouttes de sueur glisser le long de sa joue. Il serrait fort ses petits poings et ses paupières : toute sa concentration se focalisait en un point blanc sur un fond noir. Grâce aux jeux avec son frère, il avait développé cette technique qui réussissait souvent à condition de conserver le point blanc bien en face de lui. Aucun bruit ne lui parvenait : tout allait bien, il restait invisible à l’esprit de son adversaire. Un vrombissement l’alerta, lointain, mais qui semblait se rapprocher ? Fabio inspira puis expira : un maudit avion passait trop bas et cela risquait de perturber


RedU T1 Ch27 Ep09
Nov 14 2018 14 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 09 : "Piège (3)" Comme lorsque l’on relâchait un objet qui pesait, Ralato libéra les membres de son équipage. Sur une pensée, il demanda de l’aide à deux de ses hommes qui l’assistèrent pour se rendre dans ses quartiers. Ce ne fut qu’assis sur son lit qu’il leur transmit ses derniers ordres, puis les congédia avec recommandation stricte de ne pas le déranger. Les quelques croiseurs règlementaires militaires dans la nébuleuse étaient déjà en route pour les rejoindre en protection ; quant au nouveau Stuffy souriant, il devait sans doute s’interroger sur ce retour inopiné. L’équipage avait également pas mal de travail pour peaufiner et vérifier l’état général du vaisseau, ce qui laissait à Ralato quelques heures pour se reposer et essayer de comprendre ce qui venait de se passer. Il enlevait ses bottes, quand un tournis l’obligea à s’allonger plus vite que prévu. Au plafond, grouillaient ces petits objets translucides multicolores qui flottaient, comme attentifs. Ralato en avait tant entendu parler... « Quand je pense que je n’avais jamais cru Fabio lorsqu’il vous décrivait. Même ces derniers temps, je n’y voyais que des effets résiduels de la fatigue... c’est fou. » Ralato resta une poignée de minute à les observer, comparant tailles et couleurs, réactivité ou luminosité à la recherche d’une quelconque classification. Malheureusement, rien ne les distinguait réellement les uns des autres, tout au plus pouvait-il concéder à certains une forme un peu plus originale, mais cela frisait l’anecdotique. « Nooous ne sommes que des refleeeets dans cette dimeeension ! » Debout à l’horizontale, les pieds posés sur le mur à la tête du ministre, Monsieur Loyal lui adressait son plus beau sourire. Ses formes arrondies claires et sombres, et une absence d’ombre portée, en faisait une caricature de spectre un rien effrayant à quelques centimètres de soi. Avant que Ralato n’ait eu le temps de réagir, celui-ci claqua des doigts et toute la pièce devint blanche. Non pas que tout ait disparu, non, juste comme si toutes les couleurs s’étaient envolées, comme si une unique matière laiteuse et matte recouvrait soudain chaque objet présent dans la chambre. Les formes translucides demeuraient impassibles, bien que cette fois certaines se décollèrent du plafond pour remplir l’espace vide. Loyal se plissa l’abdomen et le laissa retomber dans un grand bourdonnement caoutchouteux tout en claquant dessus, visiblement satisfait. Il enjamba alors une lampe murale et se lança dans une petite marche sur la surface, n’hésitant pas à poursuivre son chemin sur le mur de droite, enjambant l’angle comme s’il n’existait pas. Il chantonnait un air de musique, sans que cela n’évoque le moindre souvenir dans la mémoire de Ralato, et semblait parfaitement content de lui-même. Le ministre n’était pas du genre à manquer une occasion, même face aux extravagances de Loyal, et malgré cette lourdeur qui perturbait sa concentration, il posa la question qui paraissait le plus évidente : « Qui êtes-vous ? » L’étrange bonhomme s’arrêta au milieu de sa lancée et tendit comme un arc le doigt vers le centre de la pièce. Suivant ce geste, les petits objets translucides s’y amalgamèrent alors en une forme de boite surplombée d’un nœud que Ralato reconnut immédiatement, non sans surprise : Un paquet cadeau ? Nooous nous soumettons à tes dééééésirs, répondit l’autre simplement et il ajouta la phrase qui résonnait encore dans l'esprit de Ralato : nous serons désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours... ...et pourquoi ? Certes, Ralato venait d’entrouvrir cette dernière heure les portes d’une magie inégalée, sinon par Fabio lui-même… mais il doutait qu’il n’y ait pas de plans, d’objectifs, voire d’intérêts à défendre derrière tout cela ; c'était une loi immuable dans cet l'univers... ou ailleurs. Ces êtres qui aidaient Fabio depuis le début portaient maintenant leur dévolu sur lui et cela de


RedU T1 Ch27 Ep08
Nov 07 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 08 : "Piège (2)" Ralato sursauta une dernière fois. Un ultime spasme, alors que son cœur abandonnait le combat. Le corps non irrigué glissa finalement sur le sol, rebondissant comme au ralenti du point de vue de son détenteur. Ses yeux figés virent distinctement la chimère Stuffy-Quartmac se faufiler à ses côtés pour méticuleusement lui ouvrir la gorge, chose que les sensations de sa peau lui confirmaient. La tâche à moitié effectuée, elle dut s’arrêter momentanément pour se retenir au fauteuil riveté, sans doute à cause de l’impact de quelque objet céleste contre le vaisseau. Ralato, dont la vue devenait floue, découvrit que les sensations de son corps n’avaient pas encore toutes disparu, car les cervicales étaient toujours en place, mais plus rien ne réagissait. La chimère reprit son ouvrage et terminait de couper la carotide droite lorsqu’enfin plusieurs officiers du centre de commandement la maitrisèrent.La lumière ambiante diminua progressivement alors que son cerveau commençait déjà à se refermer sur lui-même, faute d’apport en oxygène. Des petits flashs blancs parcellèrent quelques instants les dernières visions transmises par sa rétine, puis soudain... plus rien, à l’image de toutes les impulsions nerveuses qui se taisaient définitivement. La mort. Ainsi, c’était de cette manière que tout allait finir. L’humanité, l’Exode, son frère Fabio, les Forces mentales... tout cela devrait se poursuivre sans lui. Comme dans les légendes urbaines, alors que le néant représentait son unique et ultime horizon, un étrange tunnel de lumière lui apparut. Ralato s’en approchait-il lentement ou cela venait-il vers lui ? Aucune idée, mais le passage s’agrandissait, il pouvait sentir de cette... chose une douce émanation, une paix qui l'appelait à l'ultime repos. Les Forces mentales avaient souvent suivi ce genre d’expérience dans les esprits des mourants, mais peu, hormis Fabio, avaient réussi à rester assez longtemps pour voir « l’après ». Le voici donc, ce moment où l’âme s’en allait vers l’au-delà, se noyant dans cette attrayante lumière au centre de laquelle cette silhouette rondouillarde lui ouvrait ses bras... ... une silhouette rondouillarde ? Le corps de Ralato se stabilisa devant ce qui se révéla être un bonhomme assez petit, mais gros, grimé en Monsieur Loyal, comme dans les spectacles de cirque. À la différence que le maquillage de celui-ci épousait trop bien une forme de visage à la limite du caricatural, faite de lignes étirées et d’inquiétantes pupilles noires. Même sa tunique en queue-de-pie présentait quelque chose de faux, de... presque ressemblant. L’autre l’enlaça et lui fit la bise, enfin quelque chose simulant une embrassade, mimant tel un enfant ce qu’il aurait entrevu chez ses parents. Il claqua ensuite une main sur le front de Ralato et le fixa les yeux dans les yeux, un sourire au coin des lèvres. Une voix grinçante monta alors dans la tête du ministre : Veux-tu viiiivre ? Oui, pensa Ralato sans réfléchir. Qu’es-tu prêêêêt à donner en échaaaange ? Je ne sais pas, je veux vivre. Je veux poursuivre ma tâche. Bieeeeen, répondit l’autre, énigmatique. Ta répoooÔnse t’engage, nous saaaaurons te le rap’peler. Puis, aussi simplement que cela, il retourna Ralato sur lui-même, face au néant d’où il venait. Sur un geste de Monsieur Loyal, s’allumèrent alors des milliers, non... des millions de petits objets translucides colorés de toutes sortes et de toutes formes. C’était un océan de lumière dédié aux seuls yeux du ministre de la Sécurité, quelque chose d’une intensité, et d’une beauté, qui dépassait même celle du tunnel devant — théoriquement — l’entrainer dans un monde meilleur. Il ne pouvait toujours pas bouger, juste penser, mais il entendit très distinctement la bouche de Loyal qui lui chuchota à quelques centimètres de son oreille gauche : « Nous sommmmes désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours... » L’ensemble de



RedU T1 Ch27 Ep07
Oct 31 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 07 : "Piège (1)" Je te demande pardon ? C’est de l’humour souriant ? Hé non, mon grand. Te souviens-tu que nous en avions parlé avec un ancien dans son échoppe du centre urbain ? Cela s’était révélé un piège, mais en creusant dans les archives de la communauté, pour rechercher des informations sur l’au-delà de la Passe de Magellone, je suis tombé sur des choses... Il manipula la même commande dans son vêtement et le premier hologramme se réduisit, laissant large place à... Une frise temporelle ? s’en amusa Ralato. Tu comptes me donner un cours d’antiquité ? Pas exactement. Mettons plusieurs faits côtes à côtes : notre histoire remonte à cinq-cents années environ, une interdiction de l’archéologie sévèrement tenue par le pouvoir royal, et maintenant par la république, bloque toute velléité de connaitre le passé plus lointain. Nous avons, tous les deux, découvert sur Talbot d’anciennes galeries creusées artificiellement aux traces antérieures à la période autorisée et dont les proportions ne nous sont pas communes. Plus proche de nous : la structure même des Forces mentales, et du parcours individuel de chaque Mental, implique que dès les tous débuts, ils furent acceptés et intégrés par les populations. Or ce n’est pas logique, ils auraient dû être ostracisés un moment, comme toute branche humaine différente. Aucune trace de cela, même dans les archives des Forces mentales qui remontent à... cinq-cents ans. Tout juste évoque-t-on des sortes de mercenaires-Mentaux qui parcouraient la planète que le roi d’alors regroupera sous l’égide des Forces mentales. Tout en s’expliquant, Stuffy se redressa et effectua quelques pas au travers de la représentation. Je ne te parle pas ici de ces légendes de surhommes à faire pâlir même ton frère Fabio, des nombreuses preuves scellées, dissimulées, voire détruites par la royauté aux quatre coins de MaterOne — ici aussi, figure-toi. Et enfin, réponds donc à cette question : si l’être humain est une créature ayant plus de cinq-cents années, et malgré l’interdiction de l’archéologie, pourquoi aucune trace de sa civilisation passée ne subsiste-t-elle ? Je ne sais quels murailles, lieux de culte ou viaducs plus anciens, vestiges d’un passé où nous nous serions développés ? Il se redressa face au ministre en montrant du doigt le début de la frise. Ralato : nous ne sommes pas apparus sur MaterOne telle une génération spontanée il y a cinq-cents ans, avec des vaisseaux spatiaux et une civilisation aboutie ! Nous avons conquis cet endroit à l’aide de Mentaux ! Le ministre observait le clone de son ami expliquer avec une certaine fébrilité sa vision de l’histoire cachée de l’humanité. Certes, le sujet était intéressant et aurait mérité d’ouvrir lieux et archives à des spécialistes, cependant, la situation actuelle demandait de concentrer ses efforts sur d’autres questions. Ralato se redressa à son tour, le rejoignant : Tu as peut-être en effet mis la main sur un tigre-loup... mais j’ai besoin que notre économie redécolle maintenant, avant que chacun ne se décide à créer un petit pays indépendant tout seul dans son coin. Et les Souriants en ont la clé avec les fonds bloqués. La chimère de QuartMac sourit, un peu par résignation, un peu parce qu’elle devait connaitre par avance la réponse du ministre. Oui... toujours s’inscrire dans le temps présent, hein, mon Ralato ? Un jour, en raison de tes nouvelles fonctions, tu sauras voir au-delà du court terme. Il glissa ses avant-bras dans ses manches puis poursuivit : Je m’occupe de débloquer les fonds, mais en échange, peux-tu venir visiter avec moi un lieu à quelques encablures d’ici ? C’est une ultime preuve très impressionnante et tu repartiras après avec une copie de toute la documentation que j’ai récoltée patiemment. Tu pourras l’étudier plus tard à ta convenance. Le ministre regarda une dernière fois la frise qui flottait dans les airs au-dessus du duo. Oui, que se trouvait-il derrière les


RedU T1 Ch27 Ep06
Oct 23 2018 14 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 06 : "Talbot" Plusieurs ouvertures se dégagèrent à la base de l’immense croiseur qui s’approchait de la brume en surface de TB-01 et de puissants compensateurs de gravité s’activèrent alors, repoussant sans ménagement les nuages de Lithium. À une poignée de kilomètres, faisait face la cité administrative et minière de Kyuang, large métropole flottante au milieu d’une nuée infinie. Le dernier appareil de l’armada mentale encore en activité dans cette partie de l’univers venait troubler la quiétude toute relative dans ce centre urbain de la Nébuleuse de Talbot, haut lieu de la production si cruciale du Lithium. De nombreux badauds s’amassaient le long des baies vitrées géantes de la ville pour assister à ce spectacle. Les gros cargos transportant le gaz liquéfié restaient invariablement hors de l’atmosphère, pour des raisons pratiques comme de sureté, et même les convois de voyageurs opéraient par rotations de navettes depuis l’orbite spatiale. Mais là, le ministre de la Sécurité de l’humanité, Ralato Ouli, ne voulait pas prendre de pincettes. Un État montrait toujours plus facilement ses muscles quand il était affaibli et c’était le cas en ce moment ; entre la terrible crise économique qui frappait la civilisation et l’instabilité psychologique (qui finissait par se savoir malgré ses efforts) de son Chancelier suprême, seul Ralato tenait les rênes de ce qui fonctionnait encore. Il ordonna au commandant de réaliser un accostage directement contre la ville et d’ouvrir le large sas extérieur. Ce fut donc accompagné d’une petite poignée d’agents de sécurité mentaux, en uniformes tirés à quatre épingles, qu’il effectuât ses premiers pas sur la cité souriante. De nombreux officiels attendaient sur le promontoire, tous porteurs d’un indispensable casque respiratoire. Si la planète était habitable d’un point de vue atmosphérique ou gravité, l’organisme humain ne pouvait survivre plus de quelques secondes à son air saturé de gaz. Peu importait, il suffisait alors d’un équipement simple et d’une paire de gants souples pour se déplacer hors de l’enceinte protectrice de la ville, comme pour les travailleurs des raffineries auxiliaires qui recouvraient TB-01, par exemple. Ralato contempla quelques secondes la mer de nuages au-dessus de laquelle flottait la station. Celle-ci touchait l’horizon de son duvet cotonneux, tandis que les couleurs fauves du ciel se mélangeaient au gré de la nébuleuse vers laquelle la rotation de la planète l’emportait. Le lieu offrait un opéra féérique aux yeux de l’observateur naïf, pourtant c’était ici que lui et l’agent Stuffy avaient violemment affronté le redoutable maitre mental Monsieur Heir et ses élèves Hou Niáo et May Rui Yan. Une cascade d’évènement s’enchainèrent à la suite de cette bataille, aboutissant à la chute du même Monsieur Heir et à la disparition du Stuffy d'origine. C’était durant ces évènements que les hallucinations de Ralato concernant des petits objets translucides avaient commencé et cela ne s’était jamais vraiment arrêté. Ce n’était pas permanent, plutôt... récurrent. Stuffy s’était préalablement dupliqué quatre fois, dans des corps du professeur QuartMac, en prévision de leur combat final avec le maitre mental. Il offrit ainsi à Ralato l’aide précieuse de collaborateurs loyaux qui s’empressèrent de remplacer Heir chez les Souriants et les Mutualistes ainsi que Ralato — devenu ministre — chez les Forces mentales. Aux dernières nouvelles, le terrible attentat de « la rue du Mur » était officiellement attribué aux Mutualistes (le doute n’était de toute façon pas vraiment permis) ; lors de sa dernière communication, l’ultime Stuffy officiant au ministère avait garanti qu’il allait s’en occuper personnellement. Pas de nouvelles depuis, mais Ralato avait confiance et se préparait d’abord à sa rencontre prochaine avec le Stuffy à la tête des Souriants. Des rapports inquiétants exprimaient des soupçons quant à sa loyauté envers ses anciens am


RedU T1 Ch27 Ep05
Oct 16 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 05 : "Pugilat divin" Fabio se retint de sermonner le chat installé à ses côtés : le Faiseur savait parfaitement ce qui allait arriver. Il avait aiguillé Fabio sur la grossesse d’Adénor pour qu’il envoie Phil lui parler, libérant ainsi la place pour la venue de l’avatar de Godheim. Parmi les secrets que tout le monde semblait avoir envers tout le monde, le Faiseur voulait que l’Empereur-Dieu (le précédent Passeur) ignore sa nouvelle forme physique dans cette réalité. En fait, il ne désirait que des contacts indirects ou anonymes avec lui. Gandhi poursuivit tout en s’approchant du canapé et de Vivagel-Faiseur : « Je viens échanger avec toi… mais permets-moi d’aller m’installer entre ces coussins, mhmm... Aaah ! La vie d’un dieu n’est pas de tout repos et les quelques moments de douceur disponibles sont toujours bons à prendre. Salut le chat, comment vas-tu ? Tu me montres ton ventre, hé, hé, hé, d’accord pour quelques grattouillements... » Tout en assistant à la scène surréaliste de l’ancien Passeur caressant l’abdomen du Faiseur, Fabio ne put que se demander jusqu’à quel point l’androïde de Godheim pouvait jouer la comédie du « petit vieux fragile ». Piloté à plusieurs millions d’années-lumière depuis la planète Monte-Circeo, le vrai Godheim mélangeait chair synthétique et rouages électroniques sous une forme de phallus géant, dressé au cœur d’une grotte. De là, il rayonnait par canaux multidimensionnels sur tout son immense empire dit « de Ragnvald » où il régnait en despote éclairé, imposant son adoration comme seul credo possible à des milliards d’êtres vivants (humains pour la plupart, mais quelques Nalcoēhuals également). La fusion de sa religion avec celle de Phil et Adénor, dans ce qu’il était convenu désormais d’appeler « L’Incomparable Trinité » (comprenez Godheim, Phil et Adénor), avait finalement réussi à étendre encore plus son pouvoir. Elle intégrait, de fait, l’Exode et la future colonie d’Antarès IV dans le giron plus ou moins direct de Ragnvald. Il devait, dans le même laps de temps, gérer plusieurs millions d’autres évènements parallèles au travers de l’univers. Pourtant, il était aussi présent là, à simuler des rhumatismes et à caresser un chat, affichant une émotion attendrie que le réel cyborg ne ressentait probablement pas.
Un comédien né, certes, mais qui ne faisait jamais rien sans but. Quel était donc celui de sa visite ici ? Fabio s’en ouvrit à lui : « Tu voulais me parler de « Passeur à Passeur », disais-tu ? J’ai peur de ne pouvoir t’être très utile de ce côté-là, n’ayant que peu de... ... quoique, peut-être sais-tu ce qui m’est arrivé lors de la dernière bataille ? » L’autre n’arrêta pas de caresser le chat, se contentant d’un regard en coin qui ne dissimulait pas une certaine malice. Fabio connaissait suffisamment l’individu pour y reconnaitre une invitation à poursuivre... Bien sûr... tu es ici à cause de ça. C’était le pouvoir du Passeur qui s’était déclenché là-bas, n’est-ce pas ? Mais comment est-ce arrivé et pourquoi ? C’est quelque chose qui t’est naturel, répondit tranquillement l’androïde. Penses-tu à respirer, réfléchis-tu à chaque pas lorsque tu marches ? Ce pouvoir, tu y as déjà fait appel auparavant, c’est évident, mais je ne l’avais pas détecté, alors que là j’ai eu la chance d’être aux premières loges. Enfin... uniquement en tant que spectateur, dois-je préciser. Fabio n’était guère avancé. C’était intéressant, mais il aurait aimé des explications plus pratiques sur la méthode d’accession à cette puissance. Déjà, fais appel, dis-tu... je dois me concentrer comment ? Me focaliser sur quelle capacité particulière ? Bref, comment cela se déclenche-t-il ? L’oiseau n’apprend à voler qu’en s’élançant dans le vide. C’est la même chose pour les premières manifestations de ce pouvoir : lorsque tu n’as plus de choix, que tes facultés héritées des Titans sont à leur limite, voire inexistantes, tu exploites les ressources du Passeu


RedU T1 Ch27 Ep04
Oct 09 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 04 : "ExOne Media (2)" Alors, étant donné que le sujet des stocks vient d’être déjà évoqué et censu... on dira... heu... Ragnvald s’occupera de tout, Ted. Ce n’était pas assez clair ? Okay, Commandante Onawane... donc, bref, nous passons à la suite. Quelque chose de plus consensuel, je veux parler de Phil et Adénor, deux têtes de la Sainte Trinité. Lors d’un précédent voyage sur Transporteur 3, j’ai eu l’occasion d’interviewer le nouveau « grand Pope » de cette vaste plaisan... religion, Titus Matrane. La régie ? Allez-y... Nous voici donc dans le quartier que l’on nomme « TrinityLand », c’est ici que sont regroupés les organes idéologiques de référence et ce qui correspond le plus à une hiérarchie de la religion du Rablerane. Autant dire que tous les gens que nous croisons ici ont le petit livre à la main, moi aussi, je l’avoue... mais je suis ici pour... d’autres raisons. Nous avons rendez-vous avec le grand Pope et... ha ? Sa porte s’ouvre devant nous... Gandhi ? vous êtes de passage, ici ? Une déclaration pour ExOne-Média ? Journaliste Maos’n, c’est un immense plaisir pour moi de vous voir exécuter votre pèlerinage en ces lieux. Cela dit, la liturgie du Rablerane, que vous portez dans votre main (celle qui ne tient pas de micro), semble vous être étrangère. Comment s’adresse-t-on à un Dieu ? Oh ! hem... au temps pour moi. Alors... genoux à terre, … bras levés... Je reconnais la Sainte-Trinité comme seule et unique, merci pour toute notre... notre vie-machin et que ça dure tout le temps pour les siècles des cycles et merci encore. ... j’ai, peut-être, sauté une partie. Ted ! Ce n’est pas du tout la bonne manière de se présenter ! Votre Grandeur, pardonnez-moi. Je n’ai pas été à la hauteur de la tâche qui m’incombe dans sa formation. Mais je compte me racheter à vos yeux sans attendre. Ted... dans le bureau ! Pardon encore votre Grandeur, que votre lumière rayonne éternellement sur toute chose. Que cela soit, Pope Matrane. Et que le Rablerane guide toutes et tous. Tachez de vous améliorer, journaliste pénitent Maos’n et je vous souhaite le bonsoir à tous deux. Merci pour lui, je m’en occupe personnellement... vous verrez... au revoir... au revoir ! Revenez toujours ! Il y a une march... Ha oui, merci ! ... TED MAOS’N ! Hum... donc pour ExOne-Média c’est un plaisir de vous rencontrer, grand Pope et... Bon, mon Ted. Je veux bien m’imposer la patience et la compassion conseillées par la Sainte-Trinité dans toutes les situations, mais il va falloir que tu y mettes du tien, là ! On ne peut pas taper la claque à l’Empereur-Dieu : on lui doit le respect ab-so-lu ! ... je vous remercie pour vos réponses. Alors, pouvez-vous nous résumer en quoi consistent vos fonctions de grand... Et toi, tu vas commencer par me réciter l’engagement en boucle durant dix-sept minutes pendant que j’exécuterai mes repentances. Allez hop ! Pfff... tu répondras à mes questions au moins ? Hey, tu fais quoi, là ? Des exercices de musculation ? ... Ce... sont... des repentances... Aller, je t’écoute... Je suis un mendiant dans l’noir, ils sont friqués et lumineux et l’Incomparable Trin... ... Si tu le fais... mal, tu devras... ... continuer vingt... minutes de plus. Purée de pois, mais qu’est ce que je fous là ? C’est vraiment parce que tout le monde nous le demande, crotte ! Je ne suis qu’un mendiant dans le noir, ils représentent ma... ma richesse et ma lumière. Que l’Incomparable Trinité éclaire à jamais mon chemin et me guide vers le destin-truc qui m’est promis. Et le monteur, je te souhaite beaucoup de courage pour couper tout ça ! Sinon, Titus-le-Pope, ma question tu l’attaques quand tu veux, okay ? Je ne suis qu’un mendiant dans le noir, ils représentent ma richesse et ma lumière. Que l’Incomparable Trinité éclaire à jamais mon chemin et me guide vers le destin qui m’est promis. OUF ! C’était la dernière... Donc, mon Ted... pendant que tu continues à... à


RedU T1 Ch27 Ep03
Oct 03 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 03 : "ExOne Media (1)" Bonjour à tous, vous êtes bien sur ExOne-Média, et c’est Ted Maos’n en direct de Transporteur 1 pour l’édition du soir ! Voici les titres : L’Exode est à nouveau regroupé et cette fois hors de portée des attaques nalcoēhuales. Pour en saisir les tenants et les aboutissants, notre spécialiste militaire nous rejoindra, j’ai nommé Jack Blast ! Nous approchons de notre destination et, bien évidemment, se pose déjà la question de notre vie sur place. Après toutes nos aventures bonnes ou mauvaises, quel est l’état de nos stocks, quelles sont les réparations en cours ? Enfin, vous avez été très nombreux à demander des nouvelles de Phil Goud et Adénor Kerichi, plus connus sous le titre de l’Incomparable Trinité (avec l’Empereur-Dieu de Ragnvald), nous avons donc rencontré un ancien collaborateur d’ExOne-Média qui s’est élevé dans la hiérarchie du Rabliro... Rablar... une seconde, je consulte mes fiches... RABLERANE, voilà, Ra-ble-ra-ne ! Bref, interview de Titus Matrane en fin d’émission. D’ici là, pour nous accompagner, et c’est une première dans cette émission, nous accueillerions deux commandants de l’Exode afin de nous aider à décrypter toute cette actualité foisonnante. Mesdames les Commandantes Onawane et... Benkana ! Bienvenues parmi nous, commandantes, je vous laisse vous installer, pendant la petite page de publicité. Ne zappez pas ! Retour dans votre édition du soir. Sont présentes, sur ce plateau, deux membres éminentes du Conseil des Commandants de l’Exode. Qui veut commencer ? Aurora, tu m’autorises ? Donc, très cher Ted, c’est un plaisir de venir à mon tour, à notre tour devrais-je dire, partager avec nos concitoyens sur la première chaine multivisuelle de la flotte. Je vous remercie pour votre invitation, ainsi que d’avoir accepté Madame Benkana par la même occasion. Aurora, je te laisse la parole... Oui. Je suis très heureuse aussi de réapparaitre devant les médias. C’est... inattendu. Effectivement, Commandante Benkana. Il faut préciser à nos multispectateurs que votre invitation à cette émission l’a été à l’instigation de Madame Onawane qui était seule prévue à l’origine. Mais comme elle a insisté, nous avons BIEN SÛR, été ravis d’accéder à sa demande ! D’ailleurs, Madame Benkana, votre précédente intervention devant les caméras s’était déroulée lors de la seconde médiatisation du couple de Phil et Adénor, pas encore sanctifiés à l’époque. Nous parlons d’une prise d’otage sur votre transporteur que vous aviez envisagé de régler définitivement, semble-t-il. Mais non, Ted ! Madame Benkana assistait aux évènements et ne pouvait cacher sa joie devant la conclusion sans effusion de sang de cette histoire ! Alors, justement, Mesdames Onawane et Benkana, voici un extrait. Allez-y la régie... ... donc… … on suit d’abord la Princesse Azala qui guide le groupe de journalistes vers votre position, sur un toit à quelques centaines de mètres de la prise d’otage. Votre équipement ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à un armement de haute technologie, non ? Pas du tout. Il s’agissait d’instruments d’observation et j’aimerais que vous évitiez de lancer des accusations de ce genre, ça me rend irritable. Vous êtes pourtant connue pour vos nerfs d’acier, Commandante. Ha ! Vous vous exprimez maintenant, d’une voix tout de même étrangement chancelante ? Écoutons : « Messieurs, nous assistons à un moment magnifique et je vous offre volontiers cette place de choix pour tout filmer autant que vous le voudrez. Pardonnez-moi je dois retourner dans mon centre de commandement pour terminer quelques... préparatifs... » Ted ? Je me permets de vous interrompre, mais ne devions-nous pas parler de l’actualité ? Je pensais que la Commandante Benkana et moi-même étions d’abord venues pour commenter et partager nos avis avec les multispectateurs, pas pour être accueillies par des archives remontant à des lustres, bien avant la découverte des Nalcoēhuals,


RedU T1 Ch27 Ep02
Sep 25 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 02 : "La Grande Guerre de la revanche (1)" Tout commença le quatrième jour après la découverte des totems, alors que la flotte se remettait en mouvement, multipliant les éclaireurs et affutant ses armes. Une formation de cinq appareils composait la sécurité de l’arrière-garde. Ils pouvaient voir sur leurs radars les derniers vaisseaux du gros des troupes, leur mission consistant à faire tampon (et un peu voitures-balais dans certains cas) avec l’espace rendu à sa virginité. En quelques secondes, tous les voyants, alarmes et avertisseurs lumineux ou sonores rugirent : à cent-vingt milles kilomètres au-dessus d’eux, une paille dans l’univers intersidéral, trente croiseurs inconnus venaient de sortir brutalement de Transition. Ils libérèrent immédiatement une nuée de ce que l’on reconnut rapidement comme des chasseurs. * Dans son bureau, QuartMac activa le communicateur qui sonnait : Oui ? Gouverneur, répondit la voix froide de Laurelian. Ça a commencé. Ils sont sur l’arrière-garde. Le professeur se raidit : leurs ennemis inconnus n’avaient pas trainé. On applique le plan. Et n’oubliez pas : priorité absolue aux informations. Vous avez lu les conclusions des analyses, ce sont des Mentaux, eux aussi. Ne vous inquiétez pas pour cela, nos troupes y sont formées depuis leur enfance. Nous allons vite savoir ce qu’il en est de nos adversaires. Tenez-moi au courant toutes les cinq minutes, conclut-il. Terminé. Il coupa la communication. Regroupant les feuilles éparses sur son bureau, le gouverneur les aligna autant que possible et les parcourut pour la centième fois en quelques heures. Ces analyses de ce que l’on pouvait comparer à un avertissement, comme les tribus primitives tropicaliennes, révélaient de nombreuses choses. Quartmac avait passé plusieurs heures, quotidiennement, dans le laboratoire pour superviser, sinon effectuer lui-même, les explorations. Il avait découvert les salves d’énergie de l’armement ennemi et cet étrange matériau noir aux propriétés psychiques et à la dureté impressionnante dont les traces apparaissaient sur des artéfacts. Mais, au-delà des fragments métalliques, c’est l’étude des restes de cerveaux trouvés sur place qui focalisa toute son attention. La conservation dans l’espace est connue pour être excellente, sous réserve d’être éloigné d’un soleil. On avait pu mesurer des restes d’activité mentale sur une résonance différente à celle que l’on appréciait habituellement chez les Mentaux de MaterOne. Les victimes avaient visiblement été interrogées par des « spécialistes de l’esprit » avant d’être tuées sans doute par ce même biais. Quartmac et ses collaborateurs y avaient vu une sorte de colère, de haine, dans la manière particulièrement douloureuse d’achever ces victimes. Cela, dans l’histoire des hommes, ne trouvait d’équivalent que dans les conflits d’ordre religieux ou racial. Or, aucune trace de symbole mystique ou d’un quelconque cérémonial... un nouvel indice sur la culture de leurs ennemis : ils n’avaient laissé aucune marque distinctive. Un message unique et fort, clair, froid et violent, compréhensible par tous, indiquant l’entrée de leur territoire. La dernière surprise, QuartMac l’avait fait sceller dans un bloc sous vide qu’il exposait sur un meuble à côté de son bureau : c’était un morceau de protection trouvée encore fixée sur le corps d’un des cadavres. On en avait ressorti des empreintes palmaires dont la morphologie n’appartenait, de toute évidence, pas à un humain. Six doigts, longs et noueux, et une structure de la main que l’on pouvait considérer comme pratique, mais ne descendant pas de la branche des hominidés. Il avait cru d’abord à une quelconque mutation isolée dans cette partie de l’univers, mais on en avait détecté d’autres sur des dépouilles et des carcasses... Une autre race, une technologie inconnue et puissante, des pouvoirs mentaux et une férocité à toute épreuve. Voilà ce qui ressortait de l’analyse des tot


RedU T1 Ch27 Ep01
Sep 11 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 01 : " Totems " Une main l’aida à se redresser, lentement. Puis, d’autres vinrent lui apporter une serviette pour essuyer son visage ou pour prendre son pouls. Enfin, on le soutint pour sortir de la cuve encore frémissante des ultimes bulles de maturation. Son épiderme assoupli ressentait les gouttes visqueuses qui glissaient pour retourner à la baignoire, tandis que son corps la quittait sans regret. Le Professeur QuartMac, dans sa nouvelle chimère, inspira un grand coup et toussa profondément, crachant dans une serviette propre les dernières squames qui obstruaient ses poumons. Ce ne fut qu’une bonne douche plus tard, alors que ses assistants le laissaient déjeuner pour la seconde fois, qu’il put demander à sa chef d’état-major un résumé des dernières vingt-quatre heures. Gouverneur, la défection de ces neuf croiseurs et de tous leurs équipages a déjà fait le tour de la flotte. La voix de l’officier supérieur ne dissimulait en rien son anxiété. L’inquiétude gagne chaque Mental surtout que l’on doute de... je dirais de l’honnêteté de son voisin. L’agent Stuff MacDone était très apprécié et reconnu comme une légende pour certains. Rien ne prouve que nous n’allons pas vers une nouvelle vague de défect... Il suffit, Générale Laurelian, la coupa QuartMac d’un ton sec. Je n’attends pas de vos rapports des pleurnicheries de caserne sur la dureté de la vie ! L’officier prit une expression outrée, son visage en amande à l’épiderme laiteux soudain rougi et engoncé dans le strict uniforme noir de la nouvelle flotte. Un nez petit et fin, des cheveux noirs de jais mi-longs, une bouche charnue, mais surtout des pupilles dorées surmontées de fins sourcils interrogateurs, la grande femme mince représentait le fantasme masculin de l’inaccessible. Elle avait gagné ses galons au sein des Forces mentales à force de persévérance, les évaluations de ses instructeurs et de ses supérieurs révélaient depuis longtemps que les portes de l’état-major lui étaient grandes ouvertes. Quartmac soupira, puis se reprit : « Comprenez-moi : nous sommes à la veille d’anéantir plusieurs millions de personnes et nous avons une dizaine de vaisseaux dans la nature, tous dangereux. Il n’est pas acceptable, en aucune manière, que l’on risque de nouveaux actes de mutinerie ou la perte d’autres croiseurs. » Il avala rapidement son café serré et se leva. Laurelian ne put retenir un hoquet de surprise : si le visage n’avait pas trop changé, quoique nettement moins ridé, le corps avait pris dix bons centimètres et la pilosité du torse, que le peignoir entrebâillé laissait apparaitre, était étonnamment fournie. Le professeur perçut sa réaction et se retourna pour resserrer son vêtement. Générale, commença-t-il de dos, affairé à mieux sangler sa ceinture. Vous m’aviez proposé un système de surveillance plus poussé dans la flotte, c’était dès les premiers jours de notre voyage, je crois ? En effet, Gouverneur. Mais il a été refusé. JE l’ai refusé, un peu pour ne pas brusquer MacDone, un peu par faiblesse, je dois l’avouer... à la vue de la situation, je pense que vous pouvez me préparer une version « rafraichie » que nous appliquerons immédiatement. L’autre le regarda en silence. Cherchait-elle déjà de nouvelles idées ou n’avait-elle pas compris ? Quartmac saisit quelque chose sur la table du fond et se tourna enfin vers elle, deux nouveaux cafés en main. Par « rafraichie », j’entends que nous ayons un maillage de surveillance comme en temps de guerre. Et que se passe-t-il avec les déserteurs ou les saboteurs en temps de guerre ? Tenez, prenez ce petit café, Amirale... Merci, Gouverneur, et je ne suis que générale. Vous êtes désormais l’Amirale Laurelian de la Flotte mentale de MaterOne. C’est vous qui superviserez toutes les troupes, quel que soit leur statut, dans cette nouvelle région de l’univers que nous allons coloniser. Trinquons à cela, voulez-vous ? Un sourire traversa le visage de la nouvelle promue alors qu


RedU T1 Ch26 Ep14
Aug 14 2018 15 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 14 : " Sauvetage (2) " « Bon sang, c’est ma chance ! Voyons si l’un de nos bonshommes de la salle des opérations peut m’ouvrir ces satanées portes. » Stuffy éprouvait plus de mal à se déplacer dans les souvenirs des Nalcoēhuals, et même parmi les informations récentes stockées dans leurs cerveaux. C’était une chose de se connecter sur les centres optiques, c’en était une autre de comprendre des pensées structurellement différentes. Au moins, restaient-ils les émotions, plus universelles. Il fouilla donc l’esprit de chacun des soldats, cherchant ce qui pouvait représenter de l’agacement ou du danger (ce que lui-même devait leur inspirer), voire une sensation de passage vers l’intérieur ou l’extérieur (présentement le sas), quelque chose d’essentiel au navire. Alors qu’une nouvelle série de salves quittaient le bâtiment nalcoēhual en direction des vaisseaux de la Flotte mentale, un flash illumina brièvement l’obscure clarté stellaire. Pas de doute, entre les images qui apparaissaient et les rayonnements de joie des opérateurs, Stuffy comprit qu’un des appareils mentaux était en flammes, gravement touché. Il décrochait de sa position lorsqu’une seconde déflagration fit voler en éclat sa proue, déclenchant une réaction en chaine. En quelques secondes, le fier croiseur de l’armada personnelle du chancelier Poféus se transforma en un amas de débris brulés et déchiquetés... ponctués de quelques morceaux de cadavres calcinés. Stuffy serra les dents : même si ces gars l’avaient jeté dehors, il ne pouvait ignorer sa filiation le liant aux humains... à fortiori aux Mentaux. Mais d’où contrôlait-on la porte du hangar ? Il poussa l’intensité de son balayage mental à la limite des capacités de l’amplificateur. Tel opérateur semblait faire partie des systèmes balistiques, tel autre suivait des jauges ressemblant beaucoup à des quantités de munitions et d’énergie. L’officier commandant, serein, déroulait des schémas dans sa tête pour sélectionner tel ou tel mode d’attaque, le doigt appuyant toutes les cinq minutes environ sur un petit bouton de son fauteuil. « Une sécurité, mais dans quel but ? Il doit l’actionner avec régularité... je ressens que c’est très important. » Malheureusement, ce faisant, il déclencha les systèmes de protection du vaisseau, suivis par le capitaine et également deux de ses soldats. La réaction fut d’autant plus violente que les cibles avaient l’impression d’avoir été agressées dans leur dos. Une fois encore, les boucliers de Stuffy soutinrent l’attaque, mais cela lui en couta : son amplificateur crépita lorsque ses fusibles se mirent hors circuit, preuve de l’intensité du combat. Au même instant, il sentit les deux marins de l’entrée du sas se ruer à l’assaut, pas forcément rassuré, mais avec des ordres visiblement très clairs. L’équipage coordonnait à nouveau une offensive psychique et physique contre lui. « Et merde, ils remettent ça ! » grogna-t-il. Il ne partageait plus l’esprit de Ralato, désormais il lui était impossible de se battre sur deux fronts en même temps ! D’un puissant balayage, il stoppa net l’avancée des deux soldats, mais ne put le maintenir : le capitaine venait d’ordonner à plusieurs sections de se joindre à l’influx agressif qui pilonnait Stuffy. Des mécaniciens et même le personnel de l’infirmerie se joignirent à l’attaque, leur flux catalysé par les amplificateurs qui parsemaient les coursives du vaisseau. Sous l’assaut, Stuffy n’eut d’autre choix que de libérer les deux marins. Ils reprirent leur progression quelques secondes plus tard : dans toute chasse arrivait le moment où l’on sentait la résistance de la proie faiblir et cela attisait la hargne de la meute. Ils luttèrent contre l’impulsion que l’agent mental leur envoya, tandis que deux nouveaux soldats, appartenant à l’artillerie, se précipitèrent pour l’hallali. Bloquant autant que possible les attaques, Stuffy compulsa l’ordinateur de bord : que pouvait-il trouver là-dedans pour r


RedU T1 Ch26 Ep13
Aug 07 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 13 : " Sauvetage (1) " L’attaque psychique éprouva ses boucliers, mais ils tinrent bon. Stuffy n’en revenait pas, car ses assaillants nalcoēhuals s’y étaient pourtant mis à trois pour tenter de percer ses défenses : QuartMac avait, sans le vouloir, trouvé un moyen de démultiplier la puissance des Mentaux. Il riposta, remontant jusqu’à la source ennemie et endommagea gravement la psyché d’au moins l’un des extraterrestres, tandis que les deux autres resteraient au tapis pendant plusieurs heures. L’Agent mental se protégeait, agenouillé derrière sa capsule, dans le large hangar où il avait été capturé. Usant sans retenue de l’arme volée dans le laboratoire où il s’était réveillé, il repoussait les assauts physiques et psychiques de l’équipage. À défaut d’avoir pu trouver des vêtements à sa mesure, il portait une ample chemise dissimulant quelque peu sa nudité. Un calme précaire s’abattit sur la scène tandis que les Nalcoēhuals tentaient visiblement de se réorganiser. Stuffy regarda autour de lui : la chance avait voulu qu’il n’existât qu’un accès à cet endroit, un sas central que le feu de son rayonnant permettait de parfaitement protéger, comme ses ennemis l’avaient découvert pour leur malheur. Néanmoins, c’était une voie sans issue, car l’unique chemin pour s’échapper se trouvait sous ses pieds : les portes extérieures. Inutile de préciser que seuls ses assaillants pouvaient les ouvrir, que ce n’était pas dans leurs intentions et qu’une capsule de sauvetage n’était pas armée, sans moyen d’en forcer le passage. « Ils veulent me prendre vivant, apparemment. C’est ta chance mon Stuffy... », se dit-il en tirant un coup de semonce aux pieds d’un matelot extraterrestre un peu trop téméraire. Un clignotement à la base de la crosse de son arme attira son attention. Aucune explication, sinon que plusieurs petits emplacements situés avec régularité au-dessus demeuraient éteints. « Ça, c’est une jauge, constata-t-il simplement. Je suis à court de munitions et merde ! » Il se savait encore capable de repousser plusieurs vagues d’assaut rien qu’avec ses pouvoirs mentaux, mais combien de temps cela durerait-il ? Et s’ils décidaient d’abaisser la pression atmosphérique dans cette salle, il n’aurait plus d’autres choix que de s’enfermer dans la capsule... qui elle-même connaitrait la fin de ses batteries à plus ou moins longue échéance. Il laissa la paume de sa main glisser sur les écorchures extérieures de son appareil de secours. Les engins nalcoēhuals avaient tenté de forcer l’accès avant qu’un petit génie ne pense à appuyer sur le gros bouton rouge immanquable à la base de la structure, pour activer l’ouverture. Quelles seraient ses chances de survie au-dehors si l’intégrité de la capsule était endommagée ? De toute façon, la présence de ce vaisseau extraterrestre avait été miraculeuse et, sous réserve qu’ils décident de l’abandonner sans l’atomiser en partant, la solitude spatiale aurait eu raison de lui, in fine. « Aucune issue sauf la mort ou la reddition. Tu parles d’un choix génial », se murmura-t-il à lui-même. Sans conviction, il profita de l’accalmie qui se prolongeait pour faire un balayage passif aussi large que possible des forces déployées du côté des Nalcoēhuals. Il savait déjà que cinq soldats bloquaient l’entrée et... ah non, deux seulement ? En fait, perdu dans ses pensées, il n’avait pas remarqué que l’équipage s’était dispersé, chacun étant visiblement revenu à son poste. En se concentrant plus, il pouvait même ressentir une appréhension grandissante chez ses ennemis, quelque chose les inquiétait franchement ! Il éprouva alors une courte sensation de dédoublement, signe que l’on venait de passer en Transition. Mais Stuffy tiqua : « C’était très court, on ne doit pas être allé bien loin et... » Un tremblement parcouru la coque du vaisseau nalcoēhual, suivit d’un second, livrait-on bataille ? Il balaya autant que possible les alentours, mais rien n’y fit : les par


RedU T1 Ch26 Ep12
Jul 31 2018 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 12 : " Révolution " Du hublot de la navette de transport, Xopilat’l regardait s’éloigner lentement la planète naine d’où il venait de décoller avec une section de mineurs. De son illustre nom « Cuitliē », celle-ci abritait la majeure partie des habitants de cette région nommée « Chilico » ; c’était une zone stratégique car productrice de la fameuse « pierre qui chante », ce minerai sensible aux émissions psychiques qui représentait le cœur de la technologie nalcoēhuale. Cela faisait pas mal de cycles qu’il n’avait plus été autorisé (il ne l’avait pas demandé non plus, avouons-le) à quitter ce bout de roche perdu au milieu du système d’anneaux formant Chilico. Ses obligations officielles d’agent des mines comportaient d’abord une lourde part administrative, loin des contraintes physiques de son ancienne vie de mineur, mais cela lui offrait peu de temps libre. Autrefois très impliqué dans l’action syndicale, le pouvoir en place sur Ti’ltchiti avait profité de son grave accident pour le rapatrier sur Cuitliē, sous les yeux et les oreilles de la police politique, où il se tenait désormais tranquille. Il maugréa un peu trop fort, ce qui intrigua quelques secondes ses voisins avant qu’ils ne s’en désintéressent. La vie des mineurs de Chilico n’était pas de tout repos. À creuser les astéroïdes proches du trou noir central on risquait, au mieux, de perdre un bras et l’extrémité de ses antennes comme Xopilat’l, au pire, de ne jamais revenir. La République nalcoēhuale avait colonisé cette région sous le prétexte fallacieux que tous les Nalcoēhuals étaient frères, mais c’était bien évidemment pour sécuriser l’approvisionnement en « pierre qui chante », vital pour l’industrie militaire. Les habitants ancestraux, issus de la vague originale des pionniers, n’avaient pas accepté cet état de fait et s’étaient révoltés par deux fois... insurrections noyées dans le sang par de terribles répressions. « Et dire que cela se prétendait une « république », pensa Xopilat’l, la main sur le petit amplificateur-crypteur psychique à sa ceinture. Qu’ils commencent par lever la suspension des droits des citoyens et la loi martiale en place depuis près d’un cycle ! » Car, loin de n’être qu’un activiste rangé, l’ancien mineur était en fait le président élu de la République cachée de Chilico, celui que tous les services de Ti’ltchiti recherchaient assidument sans y parvenir. Utilisant les derniers moyens de cryptage physiques et psychiques, multipliant les zones de réunions et filtrant les arrivées, la république cachée de Chilico avait réussi l’exploit de s’étendre dans un environnement dominé par la police de la pensée. Ses partisans apprenaient à échapper aux contrôles psychiques, à concentrer toutes les informations, quelle qu’en soit l’importance, et à les transmettre à la présidence. La navette ralentit puis pivota pour apponter au sas prévu. C’était la dernière arrivée avant que le cargo de transport ne quitte son orbite pour le centre du système de Chilico. Apparemment, on les destinait à la quatrième ceinture, où un gisement prometteur avait été découvert à la suite de deux grosses collisions d’astéroïdes. Ce cauchemar ultime du mineur représentait également le salut de la production... « ... tout du moins pour ceux de Ti’ltchiti », chuchota-t-il pour lui-même au milieu de ses congénères qui s’ébrouaient dans le sas. Le voyage durerait cinq déciles avec un seul saut de Transition et c’était justement la principale raison de la présence de Xopilat’l ici. Car les services de sécurité ne prenaient pas garde aux transports de moins d’une douzaine de déciles et le saut entre les dimensions permettait d’échapper à un quelconque traçage. Sur un signe de tête, quelques compagnons formèrent une haie de solides gaillards autour d’un coin de mur où il put placer sur son front la barrette liée à l’appareil psychique de sa ceinture. Dès l’activation du protocole de protection, son esprit se matérialisa da



RedU T1 Ch26 Ep11
Jul 24 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 11 : " La guerre des Stuffies (3)" Tous ne purent entrer, mais rapidement l’atmosphère devint lourde de respirations, de transpiration ou de la simple élévation mécanique de la température. De son imposant fauteuil, le Stuffy mutualiste se leva et une haie s’ouvrit jusqu’à son alter ego. Lentement, il descendit quelques marches et s’approcha en boitant, abandonnant la distorsion de sa voix en détachant la prothèse collée à sa gorge : Comme tu vois, j’ai aussi du mal. Mes pilules protègent un peu, mais ne font pas de miracles : une chimère usée est une chimère usée. Je te rappelle que tu m’as donné ta parole que je contacterais mes hommes pour repartir, lâcha Stuffy ministère qui n’appréciait pas du tout cette meute d’agents mutualistes bloquant tous les accès. Oui, oui... répondit énigmatiquement l’autre en s’approchant. Donc QuartMac par exemple, celui qui nous prête ses traits. As-tu cru sérieusement qu’il ignorait ce que deviendraient ses chimères non matures ? Ce... ce type les fabrique depuis des années et des années, il était censé être mort alors que Fabio et Ralato n’étaient que des adolescents ! Il maitrise la technologie du clonage et tous ses obstacles, il ne pouvait méconnaitre le risque que l’on prenait. Mais je lui en sais gré. Car cela nous a ouvert les yeux, à moi et à l’autre. Quel autre ? demanda doucement Stuffy ministère, comme s’il essayait de repousser ce qui apparaissait déjà comme une évidence. Le Stuffy Souriant, bien entendu. Il m’a contacté alors que les premières certitudes s’imposaient à moi (comme à lui). Nous avons convenu qu’il était indispensable de poursuivre ce qui avait été entamé, mais cette fois en nous unissant, Souriants et Mutualistes. Les conglomérats de Talbot ont participé à la mise à mort de la bête en rapatriant d’urgence leurs fonds de partout, à la seconde même où se produisaient les explosions. Tu entrevois maintenant le chronométrage de toute l’opération ? Il le saisissait en effet : aux Souriants l’élimination de Ralato, aux Mutualistes celle de Stuffy ministère, tandis que l’attentat géant mettait à genoux la société humaine toute entière. Les Forces mentales désorganisées, il ne restait que l’armée qui ne saurait où donner de la tête. Résistant à l’envie de prévenir Ralato coute que coute, il contre-argumenta à l’autre Stuffy : Même si Ralato et moi disparaissons, Poféus tient toujours très bien les rênes. Et il n’est pas du genre compréhensif. Le président de l’assemblée, le parlementaire Wolf occupera l’intérim selon la constitution, tandis que Poféus tombera pour incapacité. Ce ne sera pas difficile... il est complètement fou depuis la mort de son amie la psychologue, les témoignages ne manquent pas. Wolf est un opportuniste, il se rangera avec nous le temps qu’on affirme notre emprise, on l’éliminera ensuite. Les transmetteurs ne fonctionnent pas dans cette base, tout signal est coupé et nous nous sommes assurés que plus personne ne se trouvait à portée de ton pouvoir mental... ... donc tu vas mourir. Tu le sais, je pense, non ? Stuffy ministère ne répondit pas. Toute cette mise en scène n’avait aucun sens, sauf à cacher autre chose : J’ai toujours été faible de cœur, pour les nanas comme pour les mecs. Si tu avais voulu ma disparition, tu aurais pu être bien plus efficace. Qu’est ce que tu cherches, vraiment ? Et pourquoi tous ces Mutualistes doivent-ils y assister ? Ha, ça... murmura Stuffy mutualiste. Il franchit le peu de distance restant jusqu’au Stuffy ministère. Dans un curieux sourire, il écarta les bras devant lui, le visage levé au plafond en une soudaine expression de quasi-béatitude. Un grand gaillard en tenue sombre s’approcha de lui par-derrière et d’un mouvement sec, lui trancha la gorge ! Le rictus ne quittait pas la figure radieuse de ce QuartMac-Stuffy, alors que son corps s’affaissait sur le sol tel un vieux chiffon. Le Stuffy ministère, dernier « Stuffy » de cette base et de cette planète,


RedU T1 Ch26 Ep10
Jul 18 2018 8 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 10 : " La guerre des Stuffies (2)" *(EDIT: 20/07/2018, mauvais fichier, on est désolé!)* Rapidement, le décor changea. Des abords typiques d’une vieille mine désaffectée avec ses poutres vermoulues et ses toiles d’araignées, le Stuffy du ministère pénétra un corridor impeccable à la lumière bleue diffuse, truffé de capteurs et autres caméras. « Arrête-toi quelques secondes », lui intima son hôte dans un message psychique. Plusieurs carreaux autour de lui se mirent alors à rougeoyer du sol au plafond, tout y passa jusqu’à ce que le couloir redevienne normal. Un panneau sur le côté s’enfonça et glissa en révélant une seconde galerie. « Rejoins-moi, maintenant » précisa simplement la voix. Le mur reprit sa place, Stuffy apprécia l’idée d’un œil connaisseur : si des agresseurs attaquaient, personne ne se douterait que le corridor principal n’était qu’un cul-de-sac, voire un labyrinthe ou un piège fatal ! Le vrai passage était l’accès secondaire dissimulé dès l’entrée de la base secrète... très « Mutualiste » tout cela. Il déboucha dans une grande antichambre de près de cent mètres de long : des dizaines et des dizaines de membres de l’organisation y étaient alignés, sertis dans leur tenue noire moulante et serrant le poing contre leur torse. Femmes, hommes, leurs durs regards se perdaient dans les hauteurs des parois, mais Stuffy jurerait qu’il s’agissait des personnes originales de ce fameux « cœur » mutualiste. Quelque chose dans leurs influx psychiques, un je ne sais quoi dans leur apparence plus tendue ou fatiguée... impossible de sonder plus loin les esprits, ce serait certainement repéré et mal interprété. Sans compter qu’ils étaient sans doute gavés de Boramol. Ils levèrent le poing en criant : « GLOIRE À LA MUTUALITÉ » , alors que Stuffy franchissait la porte du fond dont les larges ventaux se refermèrent derrière lui. « Bienvenue » résonna la voix déformée. La nouvelle salle baignait dans une obscurité presque totale, on devinait la silhouette d’un imposant fauteuil nimbé d’une lueur violette. Stuffy s’étonnait qu’on ne lui ait pas retiré son révolver. Certes, la séquence des carreaux rougeoyants de l’entrée dissimulait sans doute un portique d’imagerie, pour vérifier qu’il ne portait rien d’autre que son émetteur et son arme, mais c’était bien insuffisant quand on connaissait la paranoïa maladive de l’organisation. La voix poursuivit, alourdie par la déformation : Les cachets font-ils déjà leur effet ? Cela devrait être rapide. Je me sens un peu mieux, merci, répondit prudemment Stuffy ministère. Pourquoi tout ce théâtre ? On sait tous deux qui tu es et on vient de se croiser dehors. Parce que c’est ainsi que cela fonctionne chez les Mutualistes... mon vieux ! Détends-toi, je ne te sens pas dans ton assiette : tu ne peux lire nos esprits, nous ne pouvons percer tes défenses... match nul, parlons ! Alors, comment va notre cher Chancelier ? Toujours en plein délire éroticoparanoïaque ? Aux dernières nouvelles, il n’a pas condamné des centaines de milliers de gens à la mort, lui. Tu sais pertinemment qu’on t’arrêtera, maintenant ou plus tard. L’organisation des Mutualistes doit être dissoute immédiatement et ses membres doivent comparaitre devant les tribunaux. Les tribunaux ? Et comment les paierez-vous ? Il n’y a plus d’argent, seuls les militaires ou les Forces mentales peuvent encore intervenir. Nous venons de créer les conditions pour que la vraie révolution commence et elle sera mutualiste ! Tu sais — toi aussi — que j’ai raison, car nous partageons le même gout de la justice ! Je voulais que tu puisses me retrouver ici. Je suppose que tu t’en doutes depuis le début, c’est pour cela que tu as préféré laisser tes troupes dehors. Stuffy ministère ne répondit pas, il essayait de comprendre à qui il avait à faire. Ce Stuffy mutualiste usait d’un vocabulaire un peu plus châtié que le sien et d’une intonation hautaine. Malgré cela, c’était bel et bien un S


RedU T1 Ch26 Ep09
Jul 10 2018 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 09 : " La guerre des Stuffies (1)" L’équipe mentale progressait avec précautions vers la mine abandonnée. Plusieurs de ses collègues préconisaient le bombardement de l’endroit avec tout ce que comptaient les arsenaux spatiaux, quitte à raser les villages alentour et la banlieue de MaterOne, mais Stuffy avait repoussé l’idée. D’abord pour les victimes, mais également pour une raison personnelle : un Stuffy, un double de lui-même, était responsable du carnage à MaterOne-Centrum et il voulait comprendre pourquoi, malgré le risque. C’était une semaine plus tôt, cinq Mutualistes, du nom de cette organisation prônant un changement majeur dans la société, sacrifiaient leur corps de chimères dans l’attentat le plus meurtrier de l’histoire. En une fraction de seconde, des charges d’antimatière avaient rayé de la carte tout le quartier des affaires de la capitale MaterOne-Centrum. Les dégâts structurels consécutifs au drame avaient presque doublé le nombre des victimes et la crise économique universelle qui en avait découlé perdurait. On pouvait tout juste produire un décompte définitif des administrations fermées et des faillites en tous genres. Mais quatre-vingt-sept-mille-six-cent-quarante-trois morts et plus de cent-mille blessés ne suffiraient pas à la folie qui avait atteint les Mutualistes, ils voudraient frapper plus fort et plus loin. Dans la logique de changement de système, rien de mieux que de mettre à genoux le précédent et c’est exactement ce qui s’était passé. Si chez les Souriants ou les Nordistes la situation demeurait calme, du côté des Tropicaliens ou des Bruns cela virait à la violence et à l’anarchie. L’État ayant fait faillite, les budgets de la police, des milices ou de tous les services de secours étaient gelés et seule l’armée pouvait intervenir. Le carburant des forces de sécurité provenait uniquement de stocks réquisitionnés et cela ne durerait pas longtemps. On assistait à un redit des scènes de la Révolution Castiks quand des assauts étaient ordonnés dans plusieurs villes où des seigneurs de guerre tentaient d’accaparer le pouvoir... Lorsque le Stuffy original s’était cloné quatre fois pour contrer le plan de Monsieur Heir, deux avaient pris la place du politicien dans ses rôles officieux : grand maitre des Triades souriantes et chef des Mutualistes. Le ministre de la Sécurité Ralato Ouli se rendait actuellement auprès du premier, à la suite de quelques doutes des espions des Forces mentales, mais l’attentat de la rue du Mur changeait la donne. Son équipe avait déjà neutralisé plusieurs dispositifs de surveillance qui truffaient les abords de l’entrée de la mine. La progression était difficile et... ... un des éclaireurs lui envoya l’image d’une vieille personne qui se dressait debout, seule, devant le passage obscur dans la paroi. C’était le Stuffy. Après la prise de pouvoir du chancelier Poféus, les dossiers et archives de l’organisation avaient été rapidement transférés aux bureaux du ministère, tenus à jour aussi souvent que possible. Il avait suffi de quelques semaines pour que le flot d’informations se tarisse et, stupidement, personne n’avait réagi à l’absence de données. Qui pouvait alors soupçonner un Stuffy, « un des quatre », d’une quelconque mauvaise intention ? Mais, depuis le drame, tout avait été relu et comparé et on n’avait pas mis longtemps pour capturer les premiers Mutualistes ayant participé à la préparation de l’attentat. Leurs interrogatoires par des Mentaux avaient permis de remonter la piste jusqu’ici. L’organisation terroriste exploitait la technique du clonage à grande échelle de ses membres principaux, un millier d’après les documents reçus. Ils se transféraient régulièrement dans de nouveaux corps et poursuivaient leur quête en se sacrifiant aussi aisément qu’une version d’eux-mêmes prenait vie ailleurs. Ensuite gravitaient, autour de ce cœur, des sympathisants « normaux » répartis sur tout l’univers connu, parfois uti






RedU T1 Ch26 Ep08
Jul 03 2018 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 08 : " condamnation (2)" « la première défense peut livrer son ultime plaidoyer », lança la voix synthétique de la première intelligence artificielle. Depuis presque une heure, à peine, la Princesse Azala, sa garde du corps Melba, ainsi que la parlementaire Ci’chi supportaient le feu roulant d’accusations plus loufoques les unes que les autres. On chargeait leurs dossiers de tout et n’importe quoi : ici, la divulgation d’une quelconque annonce top secrète que la Nalcoēhuale aurait glissé à Azala, là, Melba truffant les corridors d’émetteurs dissimulés. Pour la superbe, on reprocha même à la jeune femme les mauvaises expressions de son traducteur. Si l’issue n’était pas gravissime, la peine « maximale » ayant été largement et clairement demandée — exigée — par l’accusateur public, le comique de la situation prêterait à rire à gorge déployée. Mais quel était donc le système judiciaire qui ne permettait pas aux avocats de présenter des témoins ou des preuves ? Seuls les éléments à charge étaient montrés à la cour. Enfin, la présidence du tribunal se résumait à trois armoires noires brillantes dont une console clignotait en haut de la face avant. Non seulement ces machines ne faisaient que donner la parole à l’un ou l’autre, mais Azala aurait bien aimé savoir comment elles pouvaient se faire une idée de ce qui leur était livré. Si tant était que ce terme ait un quelconque sens pour elles. Elle croisa le regard de Melba, à quelques mètres d’elle. Les accusées avaient été séparées pour les empêcher de communiquer entre elles et un brouilleur psychique avait été placé autour de chacune. Elles étaient isolées dans une sorte de cabine de verre renforcé, un unique garde, qui se curait consciencieusement les ongles derrière elles, les surveillait, débonnaire. L’expression dure de l’ancienne Lakedaímōn (l’ancienne garde royale sur MaterOne) prouvait qu’elle ne se laisserait pas exécuter sans combattre. Azala tenta un sourire réconfortant qui ne combla en rien son amie. De l’autre côté, sur sa droite, Ci’chi souffrait visiblement. On la sentait sur le point de s’évanouir apparemment sous l’influence de quelque drogue (peut-être était-ce le cas, mais la princesse soupçonnait que le brouilleur assigné à la parlementaire était responsable de son état. Sans doute l’avait-on réglé — volontairement ? — trop fort). Pendant ce temps, l’avocat de Ci’chi terminait sa défense : ... cliente a refusé de reconnaitre les faits qui lui ont été reprochés. Était-elle dans son droit de ne pas cautionner cela ? Oui, fort heureusement, car les libertés des accusés ne sont pas lettre morte. Les preuves que l’on nous a montrés l’accablent et parlent d’elles-mêmes. Par son statut et sa responsabilité de représentante du peuple, mis en suspens le temps du procès, je demande... la clémence. Merci à vous ! la seconde défense peut présenter son ultime plaidoyer, lança alors la seconde intelligence artificielle. Mes chers confrères ! Mais que vois-je ? Est-ce ainsi que nous traitons les diplomates étrangers qui viennent dialoguer en notre sein ? Azala leva un sourcil. Le juriste chargé de la défendre n’avait pas fait preuve de véhémence et elle n’attendait guère plus de lui que de celui de Ci’chi. Pourtant, cette entrée en matière surprenait, il poursuivit : Lorsque nous voyons ce tribunal militaire aux normes uniquement conçues pour la condamnation facile, on s’interroge bien de savoir si l’État n’avait pas à y gagner quelque chose dans l’élimination, oui je prononce ce mot, l’élimination de ma cliente. Je demande donc également la clémence. Merci à vous ! la troisième défense peut présenter son ultime plaidoyer, déclara le timbre sans âme de la première machine. Quoi, c’était tout ? La princesse toqua plusieurs fois à la vitre avant que l’avocat ne réalise que sa cliente voulait lui parler. Un peu gêné, il se décida, après quelques secondes de réflexion, à ouvrir une petite trappe destinée aux discussions


RedU T1 Ch26 Ep07
Jun 26 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 07 : " condamnation (1)" La parlementaire Ci’chi avançait au rythme de ses gardes qui la maintenait solidement menottée et serrée entre eux. Pas de brutalité, non, mais un pas martial que l’ancienne Nalcoēhuale n’avait pas le souvenir d’avoir connu... ou était-ce parce qu’elle n’avait jamais été inculpée ? Chaque claquement de talon sur le sol la faisait frémir. Loxa et Huate n’allaient tout de même pas oser aller jusqu’au bout de cette pièce de théâtre, c’était simplement inimaginable ? Si la république commençait à se saigner elle-même, de quoi pourrait-elle se prévaloir face à des empires dictatoriaux comme ceux de Ragnvald ou de MaterOne ? Même dans ses premières expériences de la politique, alors qu’elle n’était encore qu’une jeune Huitlalcoh, elle n’avait jamais envisagé les débats d’idées, parfois houleux, susceptible de se terminer par une condamnation à mort. Car elle n’était pas stupide, le simulacre d’un procès devant une cour martiale était connu d’avance, mais habituellement destiné aux militaires et surtout dans les cas de désertion et d’erreurs ou actes graves. Pas pour des civils et certainement pas pour des représentants du peuple tels que des parlementaires ! Étrangement, ses gardes tournèrent à un embranchement dans une mauvaise direction, quelle surprise lui réservait-on encore ? Tous les corridors de cet espace pénitentiaire se ressemblaient, mais il lui semblait que les influx télépathiques aux alentours changeaient sensiblement. Elle pouvait ressentir de la peur, voire même de la souffrance... Du coin de l’œil, elle scruta au-delà de l’entrebâillement d’une porte et remarqua fugitivement un Nalcoēhual solidement attaché à une table. Plusieurs infirmiers jonglaient avec des fioles multicolores et des aiguilles pour lui injecter des drogues. Que se passait-il ici ? Elle n’osait pas penser le mot qui lui vint naturellement à l’esprit : « On torturerait donc dans le Cercle-de-Khabit ? Où cela n’avait-il jamais vraiment cessé ? » murmura-t-elle à voix haute, avant qu’un coup sec dans les côtes ne la rappelle au silence. Le regard de celui qui l’avait frappé semblait aussi dur que l’acier, depuis combien de temps formait-on des bourreaux dans les écoles militaires de la république ? Ascot-8 était le numéro de la pièce devant laquelle on l’arrêta. Le soldat de gauche lança un signal psychique à l’intention de l’intérieur, puis le trio attendit qu’on daigne bien leur ouvrir. Aucun influx particulier ne ressortait de l’écoute des pensées de l’autre côté de la paroi. Aurait-elle droit, elle aussi, à ces infirmiers avec leurs potions diaboliques ou lui réservait-on un traitement « à l’ancienne » à base de coups et d’humiliations de toutes sortes ? Jusqu’où le système militaire est-il tombé ? La porte s’ouvrit sur une apparition franchement inattendue : la députée Loxa, debout et couverte de bien moins de pansements que lors de la dernière session parlementaire, l’accueillait avec deux tasses à la main. De sa voix nouvellement retrouvée, elle déclara avec une joie parfaitement simulée : « Ci’chi, vous voici enfin, c’est un réel plaisir de vous revoir ! Mais que vois-je ? Allons, soldats, ce ne sont pas des manières pour traiter une personnalité telle que notre élue. Veuillez lui enlever ses menottes et nous attendre. Entrez donc, Ci’chi. » Une fois libérée, la vieille Nalcoēhuale s’exécuta tout en frottant ses poignets endoloris : mais que mijotait la chef du mouvement « extrême haut » ? Celle-ci ferma la porte et se dirigea vers une petite tablette de côté où trônait une théière fumante. Elle s’installa dans l’une des deux chaises, invitant son hôte à prendre la seconde. La modeste pièce était vide de tout autre mobilier excepté... excepté une longue table inclinée avec des sangles ouvertes trainant négligemment dessus. Alors qu’elle servait le breuvage, Loxa intercepta le regard de sa collègue : Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas pour vous. Nous sommes


RedU T1 Ch26 Ep06
Jun 19 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 06 : " Rencontre du 5e type (3)" L’Agent mental n’était plus qu’à quelques secondes d’atteindre la conscience. C’était aussi désagréable que de se réveiller tout barbouillé d’une opération chirurgicale, un moment où les esprits éveillés et somnolents se mêlent dans un patchwork aux airs impénétrables. « Idn’t tok bla. Wiir’hanld, sih’te ! » Quels étaient ces sons qui lui parvenaient ? Non pas des sons... des pensées à peine voilées, mais au sens incompréhensible. De la panique y transpirait, c’était quelque chose de facilement reconnaissable, car universel, lié à l’existence de la vie elle-même. Qui que soient ses geôliers, ils s’inquiétaient terriblement. « Thl’a ! » Un rayonnement lui traversa brusquement la tête, comme des pieux surgissant de nulle part qui transperceraient ses chairs pour le maintenir crucifié. Sous la force de la chose inconnue, il fut repoussé loin dans les profondeurs du sommeil, incapable de remonter à la surface. Pourtant, le moi était toujours actif, cela faisait partie intégrante de l’entrainement d’un agent mental que de pouvoir « exister » à plusieurs étages d’éveil, jusque dans l’inconscient. Stuffy tenta de déduire ce qui pouvait l’être de ce premier échec : « Ils doivent utiliser une sorte de machine émettant un flux psychique. C’est dans l’idée des amplificateurs que j’avais dans la capsule, mais en bien mieux... Ce n’est pas ceux de MaterOne : je l’aurais su et ils sont maintenant loin. Par contre, si j’ai été trouvé, c’est peut-être simplement, car ceux-là suivaient l’armada et je me suis bêtement retrouvé sur leur chemin à hurler partout ! Ce sont des Mentaux qui parlent une autre langue, une branche dissidente, peut-être ? » Depuis longtemps, les Forces mentales accumulaient des preuves de l’existence d’êtres aux pouvoirs psychiques chez les pirates. Il était tout à fait envisageable qu’au-delà de la Passe de Magellone, cette mouvance ait pu se regrouper en de puissantes fratries capables de développer ce potentiel et la technologie adéquats. Non, cela ne collait pas. Les pirates conservaient de leur culture nordiste traditionnelle un appétit pour le contact physique. Suffisamment pour considérer les pouvoirs psychiques comme un atout, mais pas forcement comme une arme à généraliser, sans parler des moyens à mettre en œuvre pour concevoir et usiner tout cela. C’était difficile à imaginer. Stuffy observa le rayonnement qui s’atténuait jusqu’à lui. Le repoussoir agissait en profondeur, pourtant... pas autant que ce que l’on pouvait obtenir avec deux Mentaux bien formés. Face à un agent entrainé, cela risquait de fournir des marges de manœuvre au prisonnier, ce dont Stuffy s’empressa de profiter. Par exemple, ce rayonnement semblait parfaitement homogène en matière de pulsations rythmiques, par contre sa diffusion laissait à désirer. Le Mental se concentra, modifiant sa forme astrale, s’étirant à en devenir proportionné comme un serpent-annulaire et s’élança. Il fallait faire vite avant qu’une quelconque surveillance ne détecte sa progression. Barre à droite, circonvolutions à gauche, double crochet et pirouette, tel un beau diable Stuffy longeait chaque faille, profitait de toute ouverture dans l’influx extérieur pour se rapprocher toujours plus de la sortie et de son éveil ! « Ognozok Ath. Etakanotak, It’ske! » Il dépassait déjà la limite précédente d’où il avait été repoussé. Le Mental en voulait pour preuve d’entendre à nouveau les bourdonnements de pensées. Dans une large et complexe spirale, Stuffy atteignit finalement l’ultime frontière, celle au-delà de laquelle il pourrait se réveiller. Sans attendre une seconde de plus, il s’élança au travers, ne percevant au loin que des tonalités anodines comme si ses geôliers se sentaient en sécurité. Ils n’avaient mis personne en surveillance, s’en remettant à l’efficacité théorique de leurs appareils. « Grave erreur... » murmura l’Agent mental en ouvrant les yeux. Il était entièr


RedU T1 Ch26 Ep05
Jun 12 2018 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 05 " Rencontre du 5e type (2) " Stuffy évoluait dans une large étendue de mélasse noire que perçaient occasionnellement d’étranges petites bulles arc-en-ciel. Certaines le reflétaient, d’autres pas, mais elles éclataient toutes à quelques mètres de hauteur, libérant de cotonneux nuages qui se dissolvaient dans le vent. Car, dans ce ciel à peine moins sombre que sa mer de matière gluante, l’air se mouvait, parfois violemment. Un quart d’heure plus tôt, des éclairs zébraient encore le firmament soudain tourmenté par des tourbillons plus ou moins clairs, mais cela s’était terminé brutalement. « Y’A QUELQU’UN ? » hurla Stuffy face à l’immensité. Peu de chance que l’on réponde, bien que sa chance ait démontré l’inverse il n’y avait pas si longtemps... comment au fait ? « QUARTMAC ! » cria-t-il alors que des bribes de souvenir remontaient de sa mémoire. Au même instant, plusieurs énormes bulles crevèrent la surface au loin pour s’élever à une centaine de mètres de hauteur. Lorsqu’elles éclatèrent, les nuages qui s’en dégagèrent couvrirent une large étendue qui, miracle, colora la mélasse noire. Celle-ci devint belle et bleutée, transparente et scintillante durant quelques secondes avant que l’obscurité n’étouffe ce moment de féérie fugitive. Stuffy resta sans voix, avant de se reprendre. Difficilement, il nagea vers l’endroit où le phénomène s’était produit, mais dut se rendre à l’évidence une fois sur place : tout avait disparu. « EST-CE QU’IL Y A QUELQU’UN ? » tenta-t-il une dernière fois. Ce furent les éclairs explosant dans le ciel qui lui répondirent. La tempête ne se déchaina pas seulement au firmament, mais troubla également la platitude monotonie de la mélasse qui gronda et s’agita comme elle ne l’avait encore jamais faite. L’Agent mental lutta tant bien que mal pour demeurer en surface, ce qui ne s’avéra pas si difficile vu l’inertie du liquide composant sa « mer ». Pourtant, dans un creux plus profond que les autres, il se retrouva brusquement débordé, la tête sous l’eau ! D’abord perdu dans l’obscurité, il lui sembla discerner quelque chose plus bas, comme une lumière tamisée qui infusait doucement au travers de la matière gluante. Malheureusement, la pression augmentait au point que chaque centimètre de descente le comprimait plus et lui imposait des efforts surdimensionnés. Il abandonna et remonta prendre son souffle. Une fois à la surface, Stuffy ne put que constater le retour à la normale : la tempête s’était dissipée et la mer noire redevenue d’huile comme si rien ne s’était passé. « Bon, faisons le point, se lança-t-il à lui-même en entamant une brasse tranquille vers nulle part. L’étendue de pétrole, le ciel bas et des éclairs... des bulles arc-en-ciel plus ou moins grosses et quelque chose de brillant là-dessous. Ça me parle, mais de quoi ? » Il respira profondément et se retourna, laissant à ses jambes le soin d’assurer la propulsion de son corps. En face, c’était le ciel, gris foncé, imperturbable... quoique certaines taches plus claires semblaient ne pas vouloir être englouties par l’obscurité ambiante. Comment s’était-il retrouvé là ? « QuartMac, le savant, murmura-t-il pour lui-même... la capsule, le nouveau corps… » Immédiatement, une nouvelle ébullition s’enclencha, libérant des bulles de bonne dimension dont l’une surgit juste en dessous de lui. Stuffy en profita pour s’accrocher et se laisser emporter à plusieurs mètres de hauteur... jusqu’à ce qu’elle éclate ! L’Agent mental saisit l’occasion et plongea, s’enfonçant bien plus profondément sous la surface que la première fois, laissant derrière lui l’auréole d’un impact qui s’atténuait doucement. La pression était forte là-dessous, mais pas autant qu’il l’aurait cru : une fois les premiers mètres traversés, l’effet s’inversait et elle diminuait avec la distance. Stuffy poussa de toute l’énergie de son nouveau corps, se frayant un chemin au travers du liquide environnant. « Nouveau corps ? s


RedU T1 Ch26 Ep04
Jun 05 2018 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 04 " bilan " L’amiral Huate montait le large escalier qui conduisait au bureau de la parlementaire Loxa, attenant à la salle du Comité de salut public nouvellement créé. Cette instance, prévue dans l’état d’exception voté par l’assemblée, regroupait théoriquement un nombre réduit d’élus et de membres des forces de sécurité. Elle concentrait, sur la période d’un quart de cycle renouvelable, les pouvoirs exécutifs, législatifs et même certaines prérogatives judiciaires. Dans la réalité, Loxa et Huate en tenaient les rênes, transformant les séances du comité en simple chambre d’enregistrement. Le secrétaire lui ouvrit immédiatement les portes, preuve que son arrivée était attendue... fébrilement. Ce que les premières pensées de Loxa confirmèrent : C’est un désastre militaire que nous allons avoir à annoncer ! Je vous croyais d’une autre trempe, Amiral ! Paix et prospérité aussi sur vous, Loxa, répondit l’officier supérieur sans se troubler. Oui, nous avons essuyé une cuisante défaite : le décompte précis des pertes nalcoēhuales et matérielles est toujours en cours. Presque sept-mille morts, rugit-elle, sans compter les disparus et les blessés et une douzaine de croiseurs anéantis ou hors de combat, dont le Calcatli en cale sèche pour plusieurs périodes de rotation ! Quant au résultat de ce carnage, c’est la destruction de... six petites corvettes de Ragnvald. Huate, d’autres que moi auraient demandé votre tête pour moins que cela ! Huate inspira silencieusement, refusant de se laisser guider par la colère. Loxa n’était pas une militaire comme son père, elle ne comprenait pas qu’un chef ressentait profondément la perte de chacun de ses soldats. D’une manière ou d’une autre, notre technologie a failli et nous en ignorons la cause. Une petite corvette ennemie semblait avoir la capacité de pulvériser d’un coup n’importe lequel de nos croiseurs, nous récoltons toutes les données pour analyse... et la disparition finale de ce portail dimensionnel ne cadre pas avec nos renseignements. Il n’aurait pas dû pouvoir rester ouvert alors que nos salves le pilonnaient. Là aussi, une enquête est en cours. Après... si vous me demandez ma démission, je vous la signe dans le décile. Mais cela ne changera pas mon point de vue sur la situation. Qui est ? interrogea Loxa, un soupçon d’intérêt dans le regard. Que la direction engagée dans la modernisation de la flotte est la bonne : des appareils moins massifs, mieux armés et surtout bien plus mobiles en combat rapproché. L’époque des cathédrales volantes est révolue, si tant est qu’elle ait existé. La parlementaire sembla se détendre, s’enfonçant dans son fauteuil. La surface de peau couverte par les pansements se réduisait jour après jour, au point que Huate se demandait si son état lors de la prise de pouvoir au parlement, encore très proche, n’était pas surjoué. Elle n’avait plus besoin de nacelle flottante, par exemple, une rémission miracle ? Toujours était-il que sa voix n’était pas revenue à la normale, l’obligeant à communiquer par télépathie. Les nouvelles lunettes de protection pour ses pupilles blessées permettaient de discerner son regard, ce qui simplifiait les discussions. Tout en ajustant le foulard dissimulant ses deux antennes encore bandées, elle se perdit dans la contemplation d’un grand tableau holographique emplissant le mur de droite. Il représentait une célèbre bataille à laquelle avait participé son père, dans le système de Chilico, haut lieu de rébellion du Cercle-de-Khabit. Sans détacher ses yeux de la scène virtuelle, elle reprit la conversation : Vous faites allusion à ces prototypes « Lan’huitl » qui ont supprimé le traitre protégé par l’Empereur-Dieu ? Je crois savoir que, malgré les belles annonces que vous avez faites au parlement, le premier modèle a été détruit et ce fut un second, arrivé en renfort, qui termina le travail. Elle se retourna vers l’amiral et lui lâcha sèchement : « Au prix de ces engins



RedU T1 Ch26 Ep03
May 29 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 03 " Rencontre du 5e type (1)" Au milieu de nulle part, c’est ainsi que l’agent Stuff MacDone, dit « Stuffy », pouvait décrire les résultats des sondages que les maigres ressources de sa capsule de sauvetage lui transmettaient. Rien, le vide. « J’espère que tu vas me trouver un programme multivisuel plus intéressant pour les prochains jours, toi. », murmura-t-il à l’intention de son ordinateur central. Déjà vingt-quatre heures que l’agent des Forces mentales s’était réveillé à l’intérieur d’un quasi-sarcophage, perdu dans l’immensité intersidérale. Allongé à l’intérieur d’un volume à peine plus large que lui, il scrutait l’écran de contrôle, pilotant ce qui pouvait l’être par deux parties de claviers glissées sous ses doigts. Le responsable de la grande flotte du Chancelier suprême, le professeur QuartMac, l’avait déclaré comme traitre et mutin avant de l’expulser dans l’espace, le destinant à une mort certaine. L’esprit de Stuffy venait alors tout juste d’intégrer un nouveau corps, mettant fin à de longs mois de douleurs ininterrompues à la suite d’une détérioration accélérée du précédent, non mature. Retrouver sa trentaine d’années et sa chevelure brune lui avait pourtant semblé une bonne idée. La lecture des étoiles par l’ordinateur de bord ne donnait rien, cette partie de l’univers étant en cours de cartographie par ladite flotte. Enfin... c’était une de ses missions, mais pas la principale : les mille croiseurs mentaux devaient anéantir l’Exode et ses trois millions de voyageurs, ce que Stuffy refusait. « T’inquiète pas, QuartMac... », il paramétra de nouveau quelques senseurs puis poursuivit, « ... je suis certain que quelqu’un te fera regretter d’être venu au monde et j’espère bien être celui-là ! » Une interface simpliste mentale/machine était installée à bord de chacune des capsules, elle permettait d’amplifier, relativement, les communications psychiques entre les occupants de ces engins de sauvetage. Depuis des heures, Stuffy y hurlait ses appels au secours dans l’espoir qu’au moins un membre de la flotte, un ami si possible, l’entende. La preuve était faite que tous les agents des Forces mentales, qui représentaient quatre-vingt-quinze pour cent des équipages, ne partageaient pas forcement ses idées. Quartmac n’avait pas pu transborder son corps dans la capsule et procéder à son largage, pour ensuite faire entrer en Transition, sans que des yeux ou des radars indiscrets assistent à l’opération. D’une manière ou d’une autre, des Mentaux — des collègues — l’avaient condamné à une mort horrible sans réagir. Édifiant. Le capitaine Viggi, peut-être ? Le plus jeune commandant de vaisseau de la flotte, son principal interlocuteur dans la conspiration, s’était montré particulièrement entreprenant sur les renseignements à fournir. Stuffy avait mis cela sur le compte de l’engouement... pourtant, vu sa situation actuelle, il pouvait tout aussi bien avoir été mystifié. Le précédent de May Rui-Yan, la taupe que Monsieur Heir avait introduite dès l’université Mentale, démontrait combien les traitres se recrutaient tôt désormais... Un petit avertisseur signala soudain du mouvement dans l’espace proche, déchainant une vague d’espoir chez le naufragé. Il compulsa frénétiquement les claviers pour ne découvrir en fin de compte qu’un météore traversant le firmament, très loin de sa position. L’agent mental décida de profiter de l’occasion pour lancer son avant-dernière balise de détresse, peut-être que le passage de l’objet céleste attirerait l’attention de quelqu’un ? L’écran lui demanda une ultime confirmation qu’il valida : derrière lui, le bruit sourd de quelque chose se décrochant suivi d’une propulsion apporta une petite animation qui s’estompa rapidement. Le transmetteur s’éloignerait autant que sa réserve de carburant durerait puis il déclencherait une impulsion radioélectrique de basse fréquence repérable par n’importe quel appareil de communication à portée. Mais


RedU T1 Ch26 Ep02
May 23 2018 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 02 " Fuite en avant (3) Salle de commandement de Transporteur 1. « Gunjral, changement d’objectif pour les missiles, tir de barrage ! grogna Décembre à la vue des écrans de contrôle. Mais... ... gardez-en encore un ou deux... » La mitraillade de fusées quitta Transporteur 1, se dirigeant dans toutes les directions pour intercepter, elle aussi, les salves. Toute la zone du champ de bataille s’illumina alors d’innombrables boules de feu, tandis que plusieurs tirs se croisèrent et atteignirent les belligérants des deux côtés. Cela n’empêcha donc pas des bordées de traverser le filet de protection, menaçant directement les sept corvettes qui maintenaient le portail ouvert. Dans un éclair de Transition, l’appareil de Fabio et Gandhi se matérialisa soudain et toutes les projections restantes détonèrent avant de toucher leur cible. Cette fois, les choses prenaient un tour dramatique, car de nouvelles salves quittaient déjà la flotte nalcoēhuale, ceux-ci ayant enfin compris l’importance de ce passage pour leurs ennemis. Les tirs ne cessaient plus, on déchargeait tous les arsenaux, vidait tous les réservoirs d’énergie dans une ultime tentative pour retourner la situation. Décembre contacta Gandhi : Nos chasseurs sont rentrés et le transporteur va bientôt être de l’autre côté, évacuez ! Non, Général, grésilla la voix de l’avatar. Si le portail se ferme maintenant, vous serez littéralement coupés en deux. Accélérez, c’est le mieux à faire : nous résisterons le temps nécessaire. J’esp... j’espère bien ! Qu’ils se dépêchent ! hurla la voix de Fabio en arrière. Tout autour d'eux, des tirs explosaient aléatoirement, parfois aux parades des corvettes ou de Transporteur 1, souvent par le pouvoir de Fabio. Mais celui-ci avait ses limites et il n’allait pas tenir longtemps sous l’arrivée incessante de nouvelles salves. Le général se tourna vers son second : « Poussez les machines à fond et notre dernier lancement... ajouta-t-il en pointant une cible du doigt, ce sera pour lui ! » Les deux dernières roquettes longue distance fusèrent du transporteur, pilotées à distance par le Lieutenant Gunjral en personne. * Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald. Ce qui devait arriver finit malheureusement par se produire. Deux tirs d’une des salves du Calcatli passèrent à travers les défenses conjuguées de Ragnvald et de l’Exode et percutèrent une des corvettes qui maintenait l’ouverture. Elle fut projetée en arrière, rompant la formation et lorsque ses réservoirs de carburant s’enflammèrent, elle explosa, lumière parmi les lumières innombrables de la bataille. L’ellipse transdimensionnelle clignota subitement, elle vibra, se déforma et se désagrégea sous les yeux impuissants de Gandhi et Fabio, alors que Transporteur 1 achevait presque de le traverser. Trop tard, lâcha laconiquement l’avatar. Non... cria le Mental qui se redressa soudain, poings serrés, le visage crispé sous une intense concentration. D’étranges petites étoiles pourpres surgirent alors du néant, effleurant le contour du passage, englobant toutes les corvettes et le transporteur. Elles brillaient de mille feux, irradiant de lueurs multiples l’ensemble de la scène. La couleur du portail changea, adoptant le grenat environnant, allant même jusqu’à s’agrandir pour phagocyter tous les appareils de Ragnvald, celui de Fabio inclus. Gandhi écarquilla les yeux et se tourna vers le Mental. Les bras de celui-ci n’étaient que lumière, ses poings chauffaient, brulaient l’email du métal autour de lui, allant jusqu’à faire fondre lentement la peau synthétique de l’avatar. * Planète Monte-Circeo, au cœur de l’empire de Ragnvald. Depuis son antre, Godheim laissa la joie le submerger. Il connaissait parfaitement l’origine de ces étranges manifestations de pouvoir : cette fois, ce n’était plus les Titans qui œuvraient. On vivait là-bas le baptême du nouveau Passeur. La roue tournait une fois de plus, comme le Faiseur


RedU T1 Ch26 Ep01
May 15 2018 14 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 01 " Fuite en avant (2) " L’amiral Huate, juché en haut de son promontoire, suivait en temps réel les évènements se déroulant autour de cet Exode honni. À ses pieds, les opérateurs couraient, pianotaient ou transmettaient les ordres à toute la flotte qui se concentrait sur le dernier vaisseau ennemi. Les messages psychiques fusaient tandis qu’une représentation globale du champ de bataille illuminait le centre de la salle de commandement. Peu y prêtaient attention, mais les antennes gonflées de Huate viraient au bleu foncé presque noir, signe de grande colère. Les améliorations que l’Empereur-Dieu avait apportées aux « transporteurs » les rendaient bien plus résistants et leurs armes, quoique primitives, parvenaient à frapper leurs cibles plus souvent qu’escompté. De plus, les corvettes de Ragnvald harcelaient tous ses croiseurs « Hual’patli », les endommageant parfois gravement par des tirs bien ajustés sur les points faibles de leurs blindages. « Et la seconde vague d’assaut, pourquoi n’est-elle pas sur zone ? » hurla-t-il, sans un regard pour ses subordonnés qui n’en fourmillèrent que plus laborieusement. Le message aurait dû être transmis psychiquement, par voie cryptée, spécialement en temps de crise comme maintenant, mais il n’en avait cure. Pourquoi personne n’est encore allé en reconnaissance sur cette formation de corvette ? Dès que la seconde vague arrive, qu’elle détache plusieurs appareils de... » Au même instant, l’un des croiseurs nalcoēhuals en retrait cessa ses émissions pour totalement disparaitre des projections radar. Immédiatement, les demandes de rapports fusèrent, suivies quelques secondes plus tard, par les premières images de l’engin en question. Huate en resta bouche bée. Tranché par son milieu, le Hual’patli était littéralement coupé en deux ! Des déflagrations se poursuivaient autour de la césure alors que les principales antennes de communication flottaient désormais dans le néant. Il lâcha, plus pour lui-même que pour les opérateurs : « Par les anciens, mais que s’est-il passé ? » Une seconde alerte rugit : à l’autre bout de la formation, un nouveau Hual’patli perdait sa proue ! Le compartiment des munitions touché, une explosion géante perça le firmament, repoussant trois croiseurs avoisinants dont un percuta son entourage immédiat entrainant encore des dommages. Cette fois, de nouvelles vidéos s’animèrent aux quatre coins de la projection et Huate, comme tous les soldats du centre de commandement, obtint un début d’explication. Une corvette de Ragnvald, apparemment identique aux autres, transperçait littéralement les vaisseaux qu’elle approchait, les traversant comme une motte de matière grasse. Quelle était donc cette arme inattendue ? * Salle de commandement de Transporteur 1. Le général Décembre et une partie de son état-major restaient simplement sans voix devant le spectacle : « ... une diversion de nature à les occuper... » avait déclaré Gandhi. Avec des diversions de ce genre, lança le haut gradé, pensif, nous n’aurons plus besoin de livrer bataille. Lieutenant Gunjral, ne laissons pas à ces messieurs le loisir de respirer. Feu de toutes les batteries sur l’ennemi le plus proche... ... harcelons-les sans répit. Combien de temps encore, au fait ? Une minute et vingt-deux secondes, Général, répondit son second, affairé à jongler entre plusieurs tablettes de contrôle. Mais nos capteurs s’affolent, quelque chose arrive ! Merde, c’était trop beau. Mille kilomètres au-dessus des combats, une douzaine de nouveaux flashs de Transition laissèrent apparaitre la seconde vague d’assaut. Cette fois, l’immense croiseur amiral de la flotte, classe « Calcatli », entrait en lice et il ouvrit immédiatement ses tubes de décollage, autorisant le lancement d’une centaine de chasseurs qui fondirent sur Transporteur 1 et sur la formation de corvettes en protection du portail. * Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald. Je vo




RedU T1 Ch25 Ep14
Apr 17 2018 16 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 14 " Fuite en avant (1) " Le colonel Momumba Arlington laissait s’empiler sur son bureau les montagnes de dossiers en cours : bien trop de paperasse à consulter, commenter ou signer. Il déplaça à l’aide d’une pince l’un des cordages du pont avant puis y coula un point de colle. Il s’écarta de son travail pour l’admirer en soufflant un peu. La maquette en cour représentait une barque de pêcheur du type qu’il avait connu durant sa jeunesse tropicalienne. Ce passetemps l’aidait à oublier la pression de ses fonctions... bien que la situation actuelle poussait plutôt à l’optimisme. Sous la protection de l’Empereur-Dieu et avec un ambassadeur chez les habitants du Cercle de Khabit, la menace extérieure de l’Exode paraissait faible. Titus Matrane se faisait fort de canaliser la nouvelle puissante religion avec l’assistance de Gandhi, là où Phil et Adénor étaient, il fallait le reconnaitre, dépassés par les évènements. Bien que ce côté des choses ne soit guère rassurant, au moins on avait maintenant un interlocuteur. Momumba se saisissait d’une seconde série de barrettes en plastique lorsque son communicateur sonna : l’avatar de l’Empereur-Dieu demandait audience. Il ordonna qu’on le fasse entrer tout en jaugeant la partie suivante de sa maquette : la poupe. Ce serait délicat. Godheim, c’est un plaisir de vous voir aujourd’hui, prononça-t-il alors que son invité pénétrait dans la pièce. Venez donc admirer mon bijou, je suis certain que vous allez apprécier ce... Navré de vous interrompre, Colonel. Mais je suis porteur de la pire nouvelle possible. L’Exode doit quitter sa position immédiatement, vous êtes en très grand danger. Le colonel se retourna vers le petit androïde aux lunettes écaillées. Bien que malicieux, et parfois sournois, l’Empereur-Dieu ne faisait jamais dans l’humour. Le commandant de Transporteur 3 reprit le dessus : Que se passe-t-il ? La guerre avec la République nalcoēhuale est imminente. Mes projections nous donnent une quinzaine de minutes, au plus, avant la première vague de leurs croiseurs. La pince rebondissait encore sur la moquette que Momumba assénait déjà ses ordres dans le communicateur. * Til’tchiti, capitale nalcoēhuale. La porte un peu arrondie glissa sur ses rails alors qu’un système de champs de protection s’alluma tout autour. La Princesse Azala et Melba étaient bel et bien prisonnières, même si le lieu de leur détention paraissait plus qu’enviable. Aux proportions nalcoēhuales, la suite spacieuse où elles se retrouvaient enfermées offrait tout le confort nécessaire, incluant une douche et plusieurs hublots donnant sur Ti’ltchiti. Les gardes les ayant escortées jusqu’ici avaient montré plus de méfiance, frisant parfois la paranoïa, que de courtoisie. Quant à ce petit grattouillement dans leur tête, il indiquait clairement qu’elles étaient surveillées psychiquement. Alors que la princesse laissait son regard se perdre dans l’immensité de la capitale du Cercle de Khabit, Melba s’approcha doucement d’elle et, fait inédit, lui posa une main sur l’épaule. D’abord surprise, Azala se détendit un peu et glissa en retour sa propre main dessus. Nos chances de survie sont minces, Melba. Pardonne-moi de t’avoir imposé cela, murmura-t-elle. Je ne crois pas que nous ayons eu le choix, madame. Le devenir de l’Exode était en jeu. Sans doute, mon amie, reprit Azala dans un soupir. Mais là, je t’avoue avoir du mal à discerner une issue... Appuyez-vous sur moi dans vos moments de doute. Ma vie vous appartient depuis le jour de ma naissance et je vous assure que mes vœux n’ont pas changé : je resterai toujours à vos côtés et vous protègerai, quoiqu’il en coute... et il leur en coutera, énormément. Azala serra un peu plus la main de son amie qu’elle ne l’aurait voulu, des larmes embrumant ses yeux. * Un homme, la quarantaine... il pense que... il pense à la fille qu’il regarde. Très bien. Au-dessus maintenant ? demanda Fabio à son étudiante. À b


RedU T1 Ch25 Ep13
Apr 11 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 13 " Largage " Stuffy manqua d’en lâcher son thé. Déjà ? Je pensais devoir attendre une à deux bonnes semaines encore ? Plus maintenant. On travaille à améliorer en permanence les durées d’incubation. Mon équipe a obtenu une réduction de l’ordre de dix pour cent en modifiant la composition du liquide de maturation, vous allez être le premier à en profiter. L’agent mental vida sa tasse d’un trait, malgré la température du breuvage. Le corps en déliquescence qu’il habitait ne réagissait de toute façon plus à de nombreux stimulus. QuartMac leva la main pour ralentir les ardeurs de son vis à vis : Attention, je ne peux vous garantir le résultat à long terme. On sait, à la suite de tests en culture, que les cellules devraient tenir environ la bonne durée, mais rien ne vaut l’expérience in vivo et là, tout est toujours possible. Franchement, je m’en moque, balaya Stuffy d’un revers du bras. Retrouver mon corps normal — ou presque — et oublier ces satanées douleurs, ça mérite quelques risques. À votre guise... Le professeur but quelques gorgées de thé et reposa la soucoupe posément. Il ne semblait pas pressé, voire ne donnait pas l’impression d’avoir épuisé les sujets de cette réunion impromptue. « Dites-moi, commença-t-il sur un ton presque détaché, que pensez-vous de nos ordres ? J’entends par là, la destruction de l’Exode et la colonisation de cette partie de l’univers ? » Stuffy écarta immédiatement ses rêves de nouveau corps sans douleur pour revenir à la dure réalité. QuartMac avait-il eu vent de quelque chose ? Rien d’impossible avec lui, même si l’agent ne voyait pas comment. Quand les voix mentales n’étaient pas utilisées, on passait par des canaux cryptés à clé unique, peu ouverts à l’interception ou au déchiffrage. Son attitude aurait-elle pu le trahir ? Stuffy était suffisamment expérimenté pour dissimuler ses sentiments quotidiennement, alors quel était ce piège grossier que le vieux savant lui tendait ? Il botta en touche : Je ne mentirai pas : je doute de l’intérêt... tactique de neutraliser l’Exode. À long terme, on risque de créer une légende plus dangereuse encore qu’une colonie sur Antarès IV. Ceci étant dit, je suis un agent mental : en tant que tel, je sais où est mon devoir et je suivrai la mission, comme Ralato et Poféus me l’ont ordonné. Mhmm... marmonna l’autre, jaugeant chaque mot prononcé. Je connais Ralato comme un fils, il fut une époque où il aurait effectivement donné cet ordre de destruction sans sourciller. Mais il a changé, votre « cohabitation » a duré suffisamment longtemps pour que certaines de vos idées infusent en lui. ... et inversement, compléta Stuffy. Certes, l’agent mental Stuff MacDone n’avait jamais fait de sentiment quand il jugeait la violence nécessaire, mais il reconnaissait que, depuis sa fusion avec Ralato Ouli, il se comportait différent. Dans certaines circonstances, ses réactions étaient plus sèches, privilégiant la froide logique à la compassion. Il en avait conscience, mais l’acceptait : cela ne remettait aucunement en cause ses idéaux, juste appliquait-il plus sévèrement ses propres principes. Aurait-il, par le passé, tenté de raisonner QuartMac au risque de se découvrir que, désormais, il optait d’instinct pour la mutinerie ? Hors de question, donc, de dévoiler son jeu. Je vois les choses différemment d’il y a... on dira une grosse année. Ma présence ici le cautionne, non ? Vous êtes le dépositaire ultime de la mission et je ne suis qu’un observateur... en train de me décomposer doucement. Hé oui, nous allons vite corriger cela. Il n’empêche, en tant qu’observateur, que penseriez-vous si je vous annonçais que l’anéantissement de l’Exode était ajourné ? J’en demanderais la raison, lâcha simplement Stuffy. Il n’osait croire à une si soudaine bonne nouvelle. Soit le bonhomme était en train de le tester, soit il l’avait démasqué. QuartMac lui répondit tranquillement : « Les ordres d’origine sont contradictoires.


RedU T1 Ch25 Ep12
Apr 04 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 12 " Chimère " Le rapport tomba sur le téléscripteur de Stuffy, confirmant la traversée de la Passe de Magellone par le dernier appareil. La flotte était enfin complète et aucun dommage ou avarie n’était à signaler. Mille croiseurs lourds, équipés de déflecteurs magnétiques et de coques renforcées par des alliages derniers cris... Mille machines de guerre emportant pour certaines des prototypes du fameux « canon psychique » mis au point par QuartMac et pilotées par quelque trente-mille Mentaux et autant de supplétifs... Mille spores de l’humanité « officielle », celle de MaterOne, venu essaimer une nouvelle portion de l’univers et — surtout — anéantir, dans un gigantesque holocauste, une population somme toute réduite de possibles opposants. D’autant plus réduite qu’un rapport, sur canal crypté, du jeune capitaine Viggi laissait suggérer un voyage de l’Exode particulièrement mouvementé. En tête du groupe restreint de croiseurs partis en éclaireurs, leurs senseurs les avaient alertés sur certaines traces caractéristiques de positrons. Au moins un Compresseur de Transition, ces moteurs capables de propulser les vaisseaux au travers des dimensions pour condenser le temps des traversées galactiques, s’était effondré sur lui-même. Sur place, le nombre de carcasses d’engins de toutes sortes, de débris et de cadavres flottants sur une étendue relativement importante laissait à penser une bataille spatiale d’ampleur. Les premières analyses précisaient deux points : l’Exode avait souffert et les attaquants étaient des pirates installés dans une base camouflée en astéroïde. Il ne subsistait d’ailleurs de celui-ci qu’un nuage épars de pierres, de poussières et de tôles brulées : quoiqu’il se soit passé là-bas, cela avait été très violent. Jusqu’à preuve du contraire, on pouvait raisonnablement penser que les exodés avaient continué leur chemin après cette épreuve. Plus intrigant, s’il en était possible, l’ordre direct du professeur QuartMac, commandant en chef de la flotte, de tenir ces informations sous le seau du secret le plus absolu. Stuffy pariait qu’il voulait éviter toute poussée de compassion à l’intérieur des équipages mentaux. Preuve qu’il comptait bien poursuivre sa mission jusqu’au bout. Officiellement, Stuffy n’était que « consultant » dans ce grand voyage. En réalité, il représentait le ministre de la Sécurité, Ralato, et servait de caution vis-à-vis des hommes en tant que Mental expérimenté et respecté. La longue carrière de Stuff MacDone, de son vrai nom, lui avait permis d’établir une réputation d’acier au bureau des Forces mentales, suffisamment pour que sa légende infuse même l’Université mentale, berçant les nouvelles promotions d’idéalisme et d’aventures. Le capitaine Viggi n’était pas le seul à lui vouer une réelle admiration, mais c’était le plus haut gradé de ses sympathisants et l’un des officiers les plus prometteurs des Forces mentales. Cela comptait dans le plan de Stuffy. Message psychique relayé par les amplificateurs : « L’agent MacDone est demandé dans le bureau du commandant. » Quartmac voulait le voir ? Ce n’était pas particulièrement exceptionnel, mais d’ordinaire leurs réunions étaient planifiées. Il grimaça en appuyant sur le contacteur qui ouvrait le sas de ses quartiers. Ses articulations semblaient se réduire en miettes à grande vitesse, raidissant douloureusement chaque jour un peu plus. Des élancements inconnus lui parcouraient le corps, indices d’un vieillissement accéléré de la chimère biologique lui servant de réceptacle. Serrant les dents, il se lança dans la marche d’une centaine de mètres qui le conduirait à sa destination, souffrant plus ou moins à chaque pas. Pour déjouer une tentative de coup d’État d’un intriguant au Conseil de la Révolution, dénommé Monsieur Heir, Ralato et Stuffy avaient imaginé un plan assez retord. Pour résumer, ce dernier devait se multiplier en copiant son esprit dans plusieurs réceptacles proches de la maturi


RedU T1 Ch25 Ep11
Mar 27 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 11 " AllocutionS (3)" L’hologramme d’une petite pièce de métal à demi fondue brilla au-dessus de la salle. Elle était finement usinée, à peine de la taille d’un ongle et certaines vagues de couleur prouvaient qu’elle avait été soumise à un environnement extrêmement chaud. Gandhi se tourna vers Melba et Azala. Mesdames, je regrette de vous annoncer que nous sommes tombés dans un traquenard. Préparez-vous à protéger la princesse, Madame Melba, je me charge de vous ouvrir la voie et de les occuper. Une corvette est en route pour vous récupérer dans dix-sept minutes exactement sur le toit du parlement. À mon signal... Cette petite chose a été retrouvée au plafond de ma résidence, expliqua Loxa d’une voix soudain teintée de vice. C’est pratiquement à la verticale de là où se tenait mon assaillant, un être capable de prendre plusieurs apparences, comme celle d’un Huitlalcoh... ou... moi-même. D’après nos spécialistes, il s’agit d’un morceau pouvant prendre place dans un cerveau électronique, c’est une technologie très avancée. La masse atomique du métal utilisé pour concevoir ceci est bien trop élevée pour se trouver à l’état naturel. En fait, il ne serait possible de la produire (en faibles quantités) que dans des accélérateurs de particules consommant l’énergie de plusieurs soleils ou de la récupérer au fond d’un trou noir... En résumé, et je tiens à votre disposition le rapport complet d’expertise, cet objet ne peut pas avoir été fabriqué par nous, ni probablement par la technologie humaine. Par contre, dans l’empire de Ragnvald... Les visages de centaines de parlementaires se tournaient vers Gandhi quand celui-ci lâcha : « Maintenant ! » Simultanément, toutes les lumières et l’hologramme central s’éteignirent, ainsi que l’image de nombreux députés qui suivaient la séance à distance. Ne subsistaient plus que les panneaux rouges d’urgence. Melba bondit. D’un croc-en-jambe, elle fit tomber le soldat le plus proche et s’empara de son arme. Telle une danseuse de ballet, vive comme l’éclair, elle virevolta, assénant une pluie de coups précis qui envoyèrent gardes et greffiers au tapis. Elle se relevait à peine essoufflée et tentait d’entrainer Azala dans le petit couloir adjacent, quand un puissant rayon bleu la terrassa. Melba s’effondra au sol, inerte. « Ha, ha, ha ! Cette humaine a l’efficacité de dix de mes Nalcoēhuals ! Elle mériterait des félicitations ! » Dans l’obscurité de l’espace réduit apparurent plusieurs points rouges au sommet de deux silhouettes humanoïdes massives dont les épaules touchaient les parois. Chaque mouvement produisait des murmures de profonds rouages internes tournants et vibrants et des reflets métalliques ondulaient au rythme des lumières de secours. Derrière eux, un Nalcoēhual claquait le talon de ses bottes luisantes à chaque pas. Dès que le trio pénétra dans la salle, Azala, qui maintenait le torse et la tête de Melba contre elle, entendit Ci’chi rugir dans son dos : Amiral Huate ! Mais que se passe-t-il ? Je vous rappelle que vous n’êtes pas autorisé à amener des « CyberNals » dans cet hémicycle ! Greffiers, que l’on rallume la pièce ! Madame la parlementaire, répondit posément le gradé. Moi et mes soldats venons de contrer une tentative de déstabilisation du pouvoir nalcoēhual par l’Empereur-Dieu et ses alliés humains. Quant aux lumières... Il claqua dans ses mains et les premières sphères d’éclairage se remirent à briller, rapidement suivies par les néons principaux. En moins d’une minute, l’obscurité s’évanouit de l’assemblée et les images des députés distants réapparurent à leur place comme si de rien n’était. Nouveauté : une cinquantaine de militaires armés quadrillaient la salle, assistés de plusieurs de ces exosquelettes de combats qu’ils nommaient « CyberNal ». Loxa reprit la parole : « Je réclame votre attention à tous ! Un attentat de l’Empereur-Dieu sur notre sol contre un représentant élu, une invasion humaine déguisée


RedU T1 Ch25 Ep10
Mar 21 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 10 " AllocutionS (3)" Azala reprit donc la parole depuis l’estrade. « Nous voici donc tous réunis. Réfugiés d’hier et d’aujourd’hui, à converser pour savoir si nous devons nous soutenir ou nous haïr. Visiblement, que ce soit pour vous ou pour nous, il semble que les planètes vivables ne soient pas légions, au point que c’est par la technologie que Nalcoēhuals ou humains se sont construit la plupart de leurs foyers, hors... Veora. Alors, messieurs-dames, élus de la nation nalcoēhuale, cœur de cette civilisation et fondement de votre démocratie, nous, Exodés, vous demandons votre aide. Montrez-nous comment concevoir un tel système politique, partagez votre expérience de la multitude de courants de pensée, guidez-nous dans cette voie. Nous n’avons connu que les pouvoirs forts et régaliens, l’heure est venue pour ceux dont nos ancêtres avaient fait leurs ennemis, de prouver combien ce choix fut injuste... que dis-je : abject ! La princesse laissa filer le silence quelques secondes. Ses mots marquaient, elle le sentait autant au visage des députés proches qu’aux tremblements de plus en plus énervés de Loxa. Je vous prie en conséquence de m’accepter comme premier lien entre nos deux civilisations. Ce sera dans un but non pas d’expansion, mais de partage, d’égalité, de liberté et de... fraternité. Nous nous plierons bien sûr à votre décision souveraine, quelle qu’elle soit. Je vous remercie de m’avoir écouté. » Lançant un coup d’œil à Loxa qui fulminait, Azala se détourna de l’estrade et descendit les marches de l’escalier pour venir se placer aux côtés de Melba et Gandhi. Celui-ci lui glissa discrètement : Il fut un peuple dans l’histoire de l’humanité qui avait fait sienne la devise de « liberté, égalité, fraternité ». Vos archives royales remontaient-elles donc jusque-là ? La formule me plaisait et je n’attendais qu’un bon moment pour la réutiliser. La culture de ce peuple du passé pourra peut-être nous apprendre à vivre ensemble. Qui sait, princesse ? Mais dans ce cas précis, croyez-moi, mieux valait ne pas être leur roi ou leur... princesse. Je vous félicite, cela dit, pour votre discours, poursuivit-il en revenant à l’actualité. Vous avez su toucher l’orgueil de ce parlement, et réclamer son aide va grandement amoindrir l’effet des paroles de Loxa. Madame, reculez un peu, s’il vous plait, intervint Melba. D’autres soldats sont apparus et, mis à part les huissiers, il y a trop de personnes en armes par ici pour que ce soit normal. Elle a raison, murmura Gandhi, quelque chose d’inquiet (ou de curieux ?) dans la voix. Melba se déplaça d’elle-même sur la droite d’Azala, à mi-chemin d’un des gardes nouvellement arrivés. * Penché sur le tableau de bord, Artoc défilait le compte-rendu automatique, tandis que le pilote testait différentes combinaisons de contacteurs. Le chef de la garde impériale se retourna vers son maitre, soucieux : Votre Majesté, le rapport des avaries n’est pas bon. Je le sais, Artoc. Je crois cependant que nous réussirons à faire un ultime saut. De toute façon, nous ne sommes désormais plus seuls. Au même instant, plusieurs flashs de lumière éclairèrent l’espace autour d’eux : quatre corvettes de Ragnvald arrivaient en protection. Gandhi poursuivit : « Cela devrait faire réfléchir notre assaillant. De plus, les appareils envoyés en reconnaissance aux stations relais remontent la piste jusqu’à nous. J’estime à plus de soixante-sept pour cent de chance de ne plus être dérangés par... » Une sorte de « flop » retentit à quelques distances d’eux et immédiatement, les alertes rugirent dans tous les systèmes des vaisseaux présents. Du fond de sa caverne, Godheim décrivit une courbe inhabituelle de tout son long corps de chair bionique. Mais qu’était-ce donc que ce nouvel ennemi ? Les émissions de particules et autres subtiles radiations différaient sensiblement de celles des croiseurs nalcoēhuals standards, mais il en faisait indubitablement partie.


RedU T1 Ch25 Ep09
Mar 14 2018 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 9 " AllocutionS (2)" À bord de la corvette de Ragnvald, qui ramenait Artoc sur Monte-Circeo. Votre Majesté, je sais que vous êtes tout et partout... mais depuis que j’ai le plaisir de vous servir, j’ai pu développer une sorte de... conviction, lorsque des soucis trop importants vous accaparent. Si je peux vous apporter mon aide, n’hésitez jamais ! Mon brave Artoc, répondit simplement le Gandhi à ses côtés. Le nalcoēhual reconnut cette sensibilité dans la voix artificielle, une émotion diffusant au travers de l’électronique, quelque chose… d’humain. « Je suis votre obligé, Sire. » se contenta-t-il d’ajouter, tandis que la corvette effectuait un nouveau saut de Transition, légèrement plus rapide que d’accoutumée. Quelle raison aurait-on d’accélérer ? * Parlement nalcoēhual. « QUI SOMMES-NOUS ? Qui sont-ils ? Et, encore plus que cela, mes amis élus de la république, que désirons-nous devenir au plus profond des fibres de nos êtres ? » Loxa, la civière flottante installée devant le pupitre précédemment occupé par l’avatar de Godheim, tenait un discours d’autant plus passionné que son état le rendait poignant. « Suis-je la seule à penser que dans l’attente du jour où notre armée projettera enfin son ombre sur les plaines de Veora, nous devons nous sacrifier dans l’accomplissement de cet objectif ? Qu’il en allât de notre existence, de notre raison d’être ou, au moins, du respect de nos ancêtres ? Ragnvald nous a aidés par le passé, parait-il. D’accord... même si aucune preuve ne soutient cette assertion, la géographie spatiale autorise à en tenir compte. Mais alors... plutôt que de nous imposer la proximité de cette race humaine abjecte, plutôt que de restreindre notre propre expansion, pourquoi l’Empereur-Dieu ne nous assisterait-il pas dans la reconquête ? » Au pied de l’estrade, à quelques mètres du siège de Ci’chi qui suivait le discours, tétanisée, Azala, Melba et Gandhi attendaient. Les traducteurs automatiques effectuaient leur office, à partir de la synthèse vocale des pensées de Loxa, et la princesse sentait bien que quelque chose dans l’air respirait le coup politique. Pas besoin d’être une habituée des Nalcoēhuals pour analyser l’ambiance d’un hémicycle parlementaire. Ce fut Melba qui se pencha vers elle la première, chuchotant à son oreille : Madame. Des soldats épaulent les greffiers aux entrées. Je n’aime pas ça : nous serions facilement encerclées et nous avons laissé toutes nos armes dans le croiseur. Je vois... murmura Azala. Merci, mon amie, de toute façon nous ne sommes pas venus combattre, pas comme tu l’entends. Maitre Gandhi ? ajouta-t-elle sans hausser le ton. Princesse ? Les Nalcoēhuals communiquent par ondes mentales. Je suppose que l’on ne parle à voix haute que de manière secondaire... Comment pourrais-je prendre la parole ? Vous ne le pouvez pas, répondit-il en souriant. Enfin, pas légalement. Ils ont des systèmes permettant aux signaux psychiques de se propager et ce sont les greffiers qui s’occupent de sélectionner l’orateur. Allons, Maitre Gandhi, ne me dites pas que ce serait quelque chose d’insurmontable pour vous ? ajouta-t-elle, espiègle. Laissez-moi quarante-trois secondes et quelques dixièmes... Parasiter le fonctionnement des amplificateurs fut simple, les panneaux de contrôle traversaient dans la paroi derrière eux. La demande d’aide rapide à Fabio le Passeur pour se synchroniser avec les pensées de la princesse fut accueillie favorablement par celui-ci et, donc : Dès que vous serez prête, le signal court-circuitera Loxa. Je vous conseille la prudence, ce genre d’action n’autorise pas de second essai, prévint l’Empereur-Dieu. J’en suis consciente. Une dernière question : « Veora » serait-elle la planète MaterOne ? ... Empereur-Dieu ? En effet, Princesse. Veora était bel et bien « à eux », avant l’arrivée des humains. Nous n’avons pas encore trouvé... l’occasion d’en parler. Nous l’aurions eu si vous l’aviez désiré.



RedU T1 Ch25 Ep08
Mar 07 2018 16 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 8 " AllocutionS " Le Parlement nalcoēhual grouillait aujourd’hui d’une excitation toute nouvelle. Les élus échangeaient à voix haute tandis que l’espace psychique était empli de conversations que les amplificateurs soutenaient difficilement. Les quatre-cents parlementaires (présents physiquement ou mentalement) s’impatientaient dans l’attente de ce moment historique : la première rencontre de l’illustre assemblée avec un représentant humain depuis tant de cycles que l’on en disait le compte exact perdu. La présence de l’Empereur-Dieu de Ragnvald passait presque inaperçue à côté de la première annonce et pourtant ce serait lui qui introduirait la séance par son discours. Pas question pour Godheim d’utiliser cette fois la puissance du Passeur pour impressionner les élus, ce serait du plus mauvais effet. L’hologramme géant du drapeau nalcoēhual emplit l’hémisphère signalant l’ouverture des débats. Un des huissiers lui fit signe et Gandhi, l’avatar petit-vieux de l’Empereur-Dieu, monta douloureusement jusqu’au pupitre les marches proportionnées à ce peuple. Il ne ressentait pas vraiment de douleur, mais la programmation de cet androïde incluait certains automatismes simulant la souffrance d’après les conditions de pression aux articulations. Cette apparence maligne, voire chétive, réduisait toujours les sentiments agressifs de ses interlocuteurs, enfin... chez les humains. Les Nalcoēhuals ne seraient pas aussi réceptifs à ce genre d’astuce, d’autant que les rumeurs captées par-ci par-là sur l’immense toile de l’Empereur-Dieu confirmaient les dires de la parlementaire Ci’chi. Loxa avait survécu et son bilan prêtait à l’optimisme. Elle avait reconnu la main de Godheim dans l’attentat de Pepapaltec et cette politicienne enragée risquait de rapidement poser des problèmes. Obligation était donc faite à la princesse Azala et à lui-même de faire bonne impression. « Hum... Représentants de la glorieuse nation nalcoēhuale, c’est pour moi un honneur infini que d’être autorisé à m’exprimer officiellement devant cette assemblée. Le simple fait que vous m’ayez ouvert ce droit me pousse à croire que quelque chose est en train de changer, quelque chose que je vois comme bien et encourageant. » Petite pause. Le silence de l’hémicycle en devenait presque assourdissant, au niveau des meilleurs cérémonials en son nom dans l’empire, se dit Godheim. L’Empereur-Dieu se plaisait à présenter sa personne comme divine, il s’appuyait pour cela (entre autres) sur le réseau d’informations le plus dense de l’univers connu. C’était une profusion de stations-relais, de censeurs, d’intelligence artificielle dissimulée même dans les boutons de porte qui se croisaient le long d’immenses tunnels de transmission quantiques. Multiplexées, regroupées puis triées, elles aboutissaient au cœur de la planète Monte-Circeo, centre de l’empire, dans la spectaculaire caverne où se dressait la statue phallique vivante du cyborg nommé Godheim. Alors qu’il pilotait son avatar devant le parlement nalcoēhual, il échangeait avec son fidèle Artoc dans la corvette bientôt de retour ; mais il surveillait également la distribution de nourriture dans les cantines communales de plusieurs colonies et modifiait la composition des patrouilles à la périphérie de Ragnvald. Tout cela simultanément, bien entendu. Sur Ti’ltchiti, il reprit la parole. « Certains murmurent que je serais une sorte de dictateur qui tendrait des pièges dissimulés dans d’autres pièges à mes voisins, dont vous êtes. Ces mêmes personnes semblent me prêter de mesquines volontés expansionnistes contre la République nalcoēhuale et le Cercle de Khabit... Que cela est mal connaitre la morale inhérente à Ragnvald ! Que cela est oublier qu’il y a trois-cent-vingt-quatre cycles et douze décades, JE vous ai aidé à franchir ce qui était DÉJÀ l’Empire de Ragnvald, allant jusqu’à prêter assistance à vos blessés et vous fournir nourriture et protection après vos traversées épiques d


RedU T1 Ch25 Ep07
Feb 28 2018 8 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 7 " Fantôme " Poféus cligna des yeux, incapable de réagir. Les yeux mi-clos, la capitaine Fakir l’observait en retour, une expression de gêne remplaçant progressivement l’extase. L’entrée de son intimité se resserrait et de petits mouvements involontaires des hanches montraient que le corps commençait à le rejeter. « ... hem... Fakir, je... » Ce n’est pas elle... Il retira sa main, sans doute un peu trop vite, déclenchant un fugitif spasme de douleur sur le visage de la jeune femme. « ... Excusez-moi, Capitaine, je dois y aller. R... restez là, » marmonna-t-il en s’enfuyant littéralement. Ce n’est qu’en claquant la porte du salon privé qu’il se rendit compte de sa nudité. Fort heureusement, seul le majordome se trouvait dans l’étroit passage attenant à ces quartiers de la chancellerie, il fit signe à Poféus qu’il revenait immédiatement avec une tenue adéquate pour le maitre des lieux. Que s’est-il passé ? Calande ? La fraicheur de ce couloir ne faisait qu’amplifier la désagréable sensation de se sentir ainsi dans la plus pauvre des conditions humaines. Il chercha la chaleur de ses bras sur son torse, son sexe baveux pendouillant lamentablement sous un vieil abdomen ridé et enrobé de graisse. Faire quelques pas ne s’avéra pas une meilleure idée. Dans la lumière crue du jour, un des larges miroirs lui renvoya c… Mais qu’attend cet idiot de majordome ? Des doigts apparurent soudain sur son épaule, suivis d’une fine main féminine. Il la voyait dans le reflet de la glace, la sentait explorer lentement sa peau. Une seconde main se glissa à l’opposé, sur sa hanche droite ; des seins et un ventre plat et chaud se lovèrent enfin contre lui alors que l’image du visage bien connu de Calande Rorré se montra à sa gauche. Tu te sens mieux comme cela ? demanda-t-elle simplement. Calande... non, j’hallucine ! Oui, peut-être... La paume sur sa droite descendit le long de son bassin et, d’un tour de main précis, emprisonna les testicules. Le regard gourmand de la jeune femme fit place à... autre chose. « Et si je serrais, cela donnerait quoi, mon amour ? Rien, puisque je ne suis qu’une illusion, n’est-ce pas ? » Un violent pincement remonta de son entrejambe, quelque chose de douloureusement tangible ! C’est impossible, elle est morte, j’ai vu les restes de son corps ! Le sourire carnassier s’étira sur les lèvres de Calande et la douleur s’accentua, obligeant Angilbe à se contracter et à porter sa propre main en protection sur... sur du vide. Rien, rien ne touchait son sexe. « Viens, » déclara simplement la jeune femme, dont l’expression devenait singulièrement inquiétante. Dans le miroir, il la suivit, elle l’entrainait par les testicules vers la grande baie vitrée derrière eux. La souffrance qu’il ressentait l’empêchait de résister, ou était-il choqué de sa présence ici et maintenant ? Pourquoi lui faisait-elle du mal ? Il observa cet entrejambe que rien sauf la douleur et le miroir ne semblait distinguer. « Regarde-moi ! » ordonna-t-elle sèchement, serrant si fort qu’il ne put retenir un cri. De la sueur lui pointait sur le front malgré le froid ambiant, ses mains ne rencontraient rien, ses yeux ne percevaient rien et pourtant elle était bien là ! Une pression soudaine sur son torse le plaça de profil à la fenêtre et il put confirmer d’un coup d’œil au miroir qu’elle se tenait bien face à lui, nue également. Elle y croisa son regard, la pointe de ses seins le frôlant comme pour que son toucher atteste la vision du reflet. Mais elle ne le lâchait pas. Je n’ai jamais compris ce que je te trouvais, Angilbe. Tu es repoussant, vieux et faible... Je te déteste, le sais-tu ? Moi ? Tu me... La pression augmenta, lui arrachant un autre cri. « NE ME RÉPONDS PAS. OUVRE LA FENÊTRE » lui cracha-t-elle au visage. La situation dérapait à un point inexplicable. D’où venait cette Calande ? Existait-elle seulement ailleurs que dans son imagination ? La douleur montait, difficilement


RedU T1 Ch25 Ep06
Feb 21 2018 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 6 " Elle " MaterOne Centrum, Complexe financier. On appelait cette petite voie large d’à peine deux véhicules terrestres « La rue du Mur ». Elle sillonnait sur moins d’un kilomètre les bâtiments parmi les plus anciens de la vieille ville, protégés pour certains par une loi qui contredisait le principe d’interdiction de l’archéologie. Quelques pans de béton armé appartenant au mur original (ayant donné son nom à la voie) trônaient par-ci par-là sur des socles aux inscriptions glorifiantes et invérifiables. Historiquement, les premiers commerces des nouvelles colonies minières s’étaient ouverts ici et, les siècles passants, les grands instituts financiers et leurs puissantes filiales spécialisées dans les mouvements de capitaux avaient remplacé les grossistes et leurs balances plus ou moins trafiquées. Les majestueux gratte-ciels s’élançaient de partout et le prix du mètre carré dépassait dorénavant l’imaginable. Ne traversait plus cette rue que la haute société, arborant les derniers gadgets luxueux et les tenues protocolaires, tandis que la rue du Mur représentait maintenant le lieu de la réussite sociale. Conçus par les meilleurs architectes, deux immenses immeubles de verre et d’acier s’y imposaient : la place boursière et la Tour M de la toute puissante banque souriante Maha’dong. À la sortie est de la station de métro située sous le bâtiment, deux vigiles surveillaient ce matin-là un jeune cadre dynamique apprêté pour une journée de travail habituelle dans ce quartier. Seule incongruité, une valise plus épaisse que la norme et... un arrêt brusque, au milieu de la voie. Plusieurs taxis se trouvèrent d’ailleurs bloqués par cet hurluberlu n’acceptant visiblement pas de céder le passage. Les deux hommes décidèrent de régler le problème à l’amiable et s’approchèrent du malandrin. Au même moment, un message de la police crépita dans leur transmetteur : des scènes identiques se déroulaient en plusieurs endroits de la rue du Mur et l’on demandait aux agents de sécurité de rapporter tout incident et de surtout ne pas intervenir. La terrible vague d’attentats mutualistes était encore suffisamment fraiche dans les mémoires pour qu’ils réagissent immédiatement. Le « golden boy » sourit mystérieusement devant la mine soudain paniquée des deux vigiles et, tranquillement, se pencha vers sa valise. Composant un code qui l’ouvrit, il en ressortit une boule métallique dont plusieurs parties pulsaient d’une inquiétante lueur qu’il scruta avec attention. Les agents de sécurité criaient tout autour à l’évacuation de la rue. Le jeune inspira puis leva l’objet au-dessus de sa tête en hurlant : « GLOIRE À LA MUTUALITÉ ! » À partir de cinq différents emplacements dans le quartier, des hommes et des femmes activèrent simultanément les micros charges d’antimatière : en moins d’une seconde, plus de cinquante-mille personnes et une quarantaine de bâtiments primordiaux pour le système financier de l’humanité furent réduits à l’état d’atomes épars. Les cercles concentriques de l’implosion, issus du contact entre la matière et son opposé physique, tranchèrent sans discernement tout ce qui se trouvait à leur limite d’influence. On assista à d’atroces scènes : des badauds et des enfants mutilés, des tours habitées s’écroulant dans le vide à cause de leurs fondations disparues où plusieurs métros jaillissaient de leurs conduits pour s’écraser plus bas, sur d’autres convois. Dans les cinq minutes qui suivirent, alors qu’au cœur de MaterOne Centrum les ravages se poursuivaient, une crise sans précédent bouleversa le système financier humain. Des capitaux absolument dantesques s’évanouirent dans la nature, des organismes prêteurs firent faillite entre le café et le croissant de leur directeur. Pire encore, l’état de MaterOne se retrouva en cessation de paiement, déclenchant automatiquement des procédures de blocage dans tous les services publics de l’univers connu. Jamais, oh grand jamais, un attenta


RedU T1 Ch25 Ep05
Feb 14 2018 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 5 " Chilico " Système de Chilico, à l’extrémité de la zone de Khabit. Comme la majeure partie de l’espace nalcoēhual, les territoires de Chilico se composaient exclusivement de petits corps célestes, météoroïdes et nuages de gaz. Tous tournaient à des vitesses relatives autour d’un minuscule trou noir dont l’origine, comme pas mal d’incongruités astronomiques de Khabit, demeurait inconnues pour la science nalcoēhuale. En raison de leur emplacement, ils ne furent colonisés que tardivement par quelques familles égarées ou rejetées des sociétés principales. La découverte du « minerai rayonnant », cette pierre dont les filons sillonnaient Chilico et qui permettait une interaction psychique de haut niveau, changea la donne. Raffinée et utilisée dans l’électronique des amplificateurs, mélangée au métal des croiseurs et autres chasseurs, elle dominait la technologie nalcoēhuale, lui apportant cette maitrise mentale incomparable, de l’interface aux communications en passant par les procédures d’attaques. La planète naine Cuitliē, astre majeur de ces territoires, abritait le centre préfectoral et économique. À la surface de l’hémisphère nord, on pouvait apercevoir la partie émergée de la cité, celle présentant le minimum nécessaire aux contacts avec l’extérieur telles les pistes de l’astroport, les grandes antennes et les tourelles de défenses. Le reste de l’agglomération était immergé dans le sous-sol, car le danger de chute de météorite (au mieux) était omniprésent et rendait une hypothétique bulle d’atmosphère trop précaire. L’agent des mines Xopilat’l manœuvrait son petit véhicule tout-terrain, slalomant entre les dunes et les cratères, évitant crevasses et trous à poudreuse. Officiellement, sa mission du jour consistait en une visite technique de plusieurs sondes implantées à une dizaine de kilomètres vers le sud. Compte tenu du météoritique quotidien, les volontaires ne se bousculaient pas et, bien entendu, la redoutable police de Ti’ltchiti ne risquait pas de le suivre. Elle soumettait les territoires de Chilico à un contrôle strict, résultat d’au moins deux conflits ayant éclaté avec les descendants-mineurs des premières familles. La république n’avait jamais reconnu de statut particulier à cette extrémité de la zone de Khabit ni de droits aux mineurs, vivant difficilement d’un dangereux travail loin des leurs. Car, si l’on trouvait du minerai rayonnant un peu partout, c’était surtout le long d’une des ceintures proches du trou noir central que l’on trouvait les plus riches filons, souvenirs probables d’une origine planétaire maintenant disparue. L’influence de la gravitation et la multitude des météorites rendaient les accidents bien trop fréquents, alourdissant un cout humain déjà bien trop important. Xopilat’l lança le signal à la latitude voulue et une lumière verte clignota en retour sur sa droite. Le lieu de la nouvelle réunion était donc sûr. Il gara son véhicule au pied d’une des sondes (pour sa couverture) et rejoignit à pied l’excroissance du terrain d’ou provenait la réponse. Une petite heure de marche en lourd scaphandre ne représentait rien pour ce mineur à la corpulence flatteuse, s’il ne lui eut manqué le bras gauche et l’extrémité de ses deux antennes. Plus musclé que la normale, plus grand que ses congénères et avantagé d’un goitre plus large que la moyenne surmonté d’un regard perçant, Xopilat’l imposait les interlocuteurs de sa présence. Sa survie miraculeuse, lors d’un effroyable accident sur la ceinture d’extraction, lui avait valu d’être retiré du travail des mines pour assurer des fonctions administratives sur Cuitliē. On avait sans doute aussi voulu le garder à l’œil, Xopilat’l faisant partie des nationalistes-clés fichés par la police. Deux amis à lui l’attendaient à l’entrée d’une petite cavité creusée dans la roche, il les salua selon la méthode de Chilico (bras croisés sur le torse) et les accompagna à l’intérieur. Au cas où une patrouille survolerait


RedU T1 Ch25 Ep04
Feb 07 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 4 " Infini (2) " Aucun sens à leur vie ? Le jeune Mental perdait ses derniers repères, les dernières raisons lui permettant de pousser plus loin dans l’existence. Si les fardeaux qu’il portait depuis son enfance ne présentaient pas de but, pourquoi les souffrait-il ? Quelle logique l’obligeait encore à se scarifier jour après jour, géant parmi les nains, seul parmi... tous les autres ? Ah non ! grogna le chat. Ne me refais pas le coup du gars suicidaire, hein ? Je ne vais pas te sauver de tes lubies tous les quatre matins ! Si tu veux une raison de vivre, fait comme Anton : cherche comment contrer les Titans. Me sauver tous les quatre matins… le volcan Juho, c’était toi ? comprit soudain Fabio. C’était donc ainsi qu’il avait pu survivre à l’engloutissement de la base militaire secrète, lors de la révolution Castiks. Attends une seconde ? Je me souviens avoir plongé dans l’esprit de Phil à l’époque pour le tuer et m’être retrouvé face à un chat roux géant ! ... à moi, oui. Le Passeur a besoin de son hôte... bon okay, j’ai besoin de mon hôte parce qu’être matérialisé me donne des... besoins matériels. Avec les peines amoureuses de monsieur le Passeur, je ne me suis pas ennuyé ce jour-là. C’est tout, le sujet est clôt. Sujet clôt, sujet clôt... Phil aussi a vécu des choses qui ne lui seraient pas arrivées si tu n’avais pas jeté ton dévolu sur lui. Les Titans l’avaient tout de suite repéré, ils me l’avaient même montré lors d’une vision. Le chat se redressa, prit son élan et sauta du secrétaire pour venir se blottir dans le canapé plus moelleux. D’un regard, il invita Fabio à le rejoindre et, d’un autre, il augmenta la température de la pièce de quelques degrés ; le Mental blond entendit le son du thermomètre se modifiant à quelques mètres de là. La boule de poil roux poursuivit alors qu’il s’installait à son tour à ses côtés : « L’hôte est mon paratonnerre. C’est par lui que je transmets les fils de mon pouvoir. Je l’utilise comme relai, si tu veux. Ça ne lui procure rien de mauvais, il en retire généralement une existence... plus mouvementée ! Dans son cas en particulier, il a surtout l’avantage d’être encore vivant. Je l’ai sauvé tant de fois... il n’aurait pas survécu à la révolution sans bibi ni à Benkana et ses amis nordistes, ni aux pirates sur Maman-Lolo ou à la fureur imbécile d’Anton et de son orgueil démesuré. Il me doit la vie et il l’ignorera toujours : je t’interdis de lui parler de moi, hein ? Phil Goud est un chevalier blanc, le genre de personnage avec une haute opinion de la justice, sans compromis, sans débat. Comment veux-tu que cet esprit puisse accepter l’idée que ses idéaux ne sont viables que parce qu’il est — lui-même — privilégié entre tous ? Ça le briserait menu, le pauvre... » Soit, Fabio ne dévoilerait pas le pot aux roses même si cela lui en coutait, car le Conseil des commandants risquait de ne pas trop aimer rester dans l’ignorance. Ce matin-là, un officier, commissionné par Sterling-Price, s’était présenté à sa porte pour venir aux nouvelles. On maintenait la pression et il faudrait inventer une excuse. Une idée traversa l’esprit du jeune homme blond : pourquoi ne pas utiliser sa nouvelle élève mentale Maeve Onawane, pour influer en retour sur le conseil ? Elle avait les moyens de toucher ses pairs grâce aux liens qu’elle entretenait avec son frère Junta, sa maitresse Benkana, son mentor Sterling-Price et pouvait faire vibrer les ficelles de son pouvoir psychique sur Décembre et Arlington. Il fallait seulement la convaincre en premier et pas question d’appliquer sur elle les manipulations habituelles, comme pour Phil ou Adénor. Le résultat à long terme serait désastreux. Fabio s’enfonça dans l’épais fauteuil. La lieutenante-colonelle Onawane, toute rétive à leur première rencontre, se révélait d’un appétit de connaissance sans limites et elle apprenait vite. Très vite. Comme première expérience de professorat, Fabio aurait pu tomber sur bien pi


RedU T1 Ch25 Ep03
Jan 31 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 3 " Infini (1) " Sur un coup d’œil de Fabio, la serrure se déverrouilla et la porte s’ouvrit. Le salon de Phil et Adénor était plongé dans l’obscurité, laissant les hublots diffuser leur faible lueur sur le mobilier. Les deux têtes de « l’Incomparable Trinité » étaient en ce moment occupées dans un des hangars géants de Transporteur 3. Avec le nouvel avatar de Godheim fraichement arrivé, en remplacement de celui accompagnant Azala, ils intronisaient un « Pope », une sorte de responsable de la liturgie pour leur religion, sous les hourras d’une foule tout acquise. C’était l’ancien présentateur d’Ex-One Média pour ce transporteur, Titus Matrane, qui avait reçu ce titre. Il avait profité de la bénédiction de l’Empereur-Dieu en personne (pas revanchard) et même de son ex-chef Ted Maos’n, présent en pèlerinage à bord depuis quelques jours déjà. Arlington et la sécurité y avaient évidemment concentré leur attention pour parer à tout débordement, autant dire que le reste du vaisseau était particulièrement calme en cette fin d’après-midi. Cela faisait une semaine que Fabio repoussait ce moment, une semaine qu’il s’obstinait à trouver n’importe quelle excuse pour ne pas « accourir » à la demande du Faiseur, ce dieu vivant parmi les hommes. L’autre ne l’avait pas recontacté, mais en avait-il besoin ? Celui qui « faisait tourner la grande roue du tout » savait à l’avance l’instant exact où Fabio viendrait à lui. Immortel, éternel, que représentaient une poignée de journées standards pour lui ? Pas un bruit particulier, pas une voix ne l’accueillit, rien que la douce ventilation ronronnante dans un coin de la pièce. Un seul détail : face à lui, la silhouette de Vivagel, le chat roux de Phil Goud, se découpait sur les lumières de Transporteur 2 qui passait lentement dans le champ du hublot. L’animal était assis sur un secrétaire judicieusement placé, une plante verte posée à ses côtés qu’il grignotait consciencieusement. Comme un vrai chat, donc... Fabio s’approcha de lui, tira un des sièges hauts et se hissa dessus, contemplant le spectacle de l’infini étoilé. Comment entamer une conversation ? « Je... en fait, c’est bête, mais je me suis toujours demandé si quelqu’un avait créé tout cela, je veux dire l’univers, les étoiles, les planètes. » Silence, aucune voix ne pénétra son esprit bien que ses barrières psychiques soient levées. Vivagel força sur une petite feuille jusqu’à ce qu’elle cède et piaffa plusieurs secondes pour bien mâcher le morceau végétal avant de l’avaler. Fabio poursuivit, un dieu pouvait-il faire la tête ? Je n’aime pas qu’on me donne des ordres, depuis longtemps, depuis... ... depuis le contramiral Poféus, je sais, l’interrompit le chat, daignant enfin poser son regard sur lui. Je ne répondais pas, car je ne parle pas la bouche pleine, c’est tout. Être un chat impose une certaine hygiène et une certaine exigence, c’est ainsi. Les chats sont-ils tous des dieux ? Me retrouver à discuter avec l’un d’entre eux me met mal à l’aise... vous ne devriez même pas pouvoir articuler autre chose que des « miaous » ! Vivagel se lécha la patte gauche, semblant l’ignorer à nouveau. Fabio poursuivit : D’un autre côté, je communique avec des êtres venus d’ailleurs sous des formes très banales, j’ai été l’amant d’un des hommes les plus puissants de l’humanité, assisté à un spectacle de cirque dans une autre dimension, conversé avec un humain-cyborg multicentenaire, aidé à l’apparition d’une nouvelle religion et je ne parle même pas de mes pouvoirs. Quand on y réfléchit, parler à un chat tient presque de... de l’anecdote. Miaaa, wha, wha ! Vivagel éclata de rire. On sentait un réel amusement cette fois dans sa voix, pas la suffisance de leur discussion précédente. Pauvre petit homme dans la peau d’un dieu, car tu en es un, ne t’y trompe pas. Pourquoi crois-tu qu’à chaque période où nous nous rencontrons, je dois me réincarner ? C’est le seul moyen pour moi de communiquer, sinon je


RedU T1 Ch25 Ep02
Jan 24 2018 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 2 " Huate " L’amiral Huate se tenait devant la fenêtre scellée donnant sur l’extérieur. Ti’ltchiti s’étendait sous ses yeux, du moins en partie. Depuis cette aile sécurisée de l’hôpital militaire, réservée aux cas requérant une protection spéciale, il dominait la partie inférieure de l’immense cité. D’un coup d’œil, le gradé put confirmer la présence d’au moins deux croiseurs moyens en orbite, preuve que ses ordres avaient été exécutés sans faille. Suite à l’attentat sur Pepapaltec, tout le Cercle de Khabit avait été mis en état d’alerte. Les forces de sureté étaient déployées et, bien entendu, l’armée avait sorti son arsenal. Personne n’avait trouvé à redire au fait que plusieurs centaines de combattants bien équipés se retrouvaient, encerclant la capitale dans des vaisseaux de guerre. Si l’on ajoutait ceux présents en temps normal, un demi-millier de soldats stationnaient sur place, prêts à agir. Pourtant, ce n’était qu’une initiative personnelle de l’amiral, preuve que peu de gens qualifiés tenaient les rênes de la république. Le haut gradé nalcoēhual laissa une main glisser sur son goitre à la peau foncée, rasé de frais. Ses yeux dorés transparaissaient très peu, enfoncés dans leurs larges orbites sombres, seules aspérités de son visage si glabre. Chauve, enserré dans un long uniforme strict peu ouvert aux décorations, l’amiral Huate était connu pour son activité sportive et la discipline qu’il imposait aux autres comme à lui-même. Depuis près de quatre cycles, il dirigeait ainsi la troupe, certains disaient d’une main de fer, lui parlait de rigueur ; de même déplorait-il un laisser-aller plus profond qui plongeait ses origines dans la société civile. Ce matin-là, n’avait-il pas apposé sa signature sur une circulaire punissant plus sévèrement la non-tenue des barrières psychiques ? Le chef suprême des armées nalcoēhuales ne dépendait que du seul parlement, ce qui, finalement, lui autorisait une large autonomie. La politique n’étant jamais éloignée lorsque l’on se retrouvait aux responsabilités, il suivait avec divers sentiments l’évolution des relations internes à l’assemblée, désapprouvant la lâcheté plus présente que jamais des élus. Ce recul, face au groupe de vaisseaux au cœur de la république, avait représenté la goutte de trop dans l’esprit du militaire. Jamais, depuis la venue de son peuple dans cette partie de l’univers, un tel afflux d’étrangers n’avait été autorisé et pire encore, si c’était possible, nous avions affaire à des... humains. Les prédateurs arrivaient finalement en masse et ces palabres au parlement l’avaient empêché d’intervenir dès les premières heures, alors que sa flotte les tenait à portée. Il les suivait déjà sans faillir, ces poussives coques de métal rouillé, bien avant leur entrée dans l’espace nalcoēhual proprement dit, et n’attendait qu’un ordre pour les atomiser. Il ne vint que trop tard, Ragnvald s’étant interposé à la dernière minute. La politique étrangère vis-à-vis de l’empire était, elle aussi, largement critiquable. Certes, Huate tenait compte de l’avancée technologique de l’Empereur-Dieu, mais il estimait qu’une attaque préventive au-delà des frontières de la zone de Khabit était nécessaire. Il fallait à la fois réduire la menace immédiate et montrer que le rapport de force n’était pas déséquilibré entre les deux puissances militaires de la région. Les Nalcoēhuals savaient se battre, depuis des milliers de cycles... déjà sur Veora, n’avaient-ils pas tenu la dragée haute à cette plèbe humaine ? Un médecin s’approcha de lui et lui délivra un message psychique qu’il accepta : elle pouvait le recevoir. Huate tira le bas de sa veste pour en effacer les possibles plis et se dirigea, de son pas ferme coutumier, vers la porte indiquée. La pièce était petite, d’un blanc immaculé et seuls raisonnaient les « bips » réguliers des appareils de contrôles vitaux. Derrière un rideau translucide se trouvait le lit connecté de la parlementaire Loxa.


RedU T1 Ch25 Ep01
Jan 17 2018 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 1 " Ti’ltchiti " Pour leur arrivée face à l’impressionnante métropole de Ti’ltchiti, Azala et Gandhi, l’avatar de l’Empereur-Dieu Godheim, avaient été invités par la parlementaire Ci’chi au poste de commandement de l’appareil. Ils venaient de passer quatre longues journées de voyage à se tourner les pouces dans l’attente d’un quelconque signe de vie de leur hôte, sans succès. La cabine spacieuse était verrouillée et leurs seuls contacts avec l’extérieur furent les agents de bord : un Huitlalcoh et une femelle adulte nalcoēhuale. Au moins avait-on autorisé Azala à parcourir des encyclopédies holographiques destinées à l’éducation des jeunes pouces, comme le lui avait expliqué Gandhi (en aide à la traduction). À défaut de se familiariser convenablement avec la société nalcoēhuale, Azala avait appris à connaitre un peu mieux l’Empereur-Dieu. Carnet d’ambassadeur, Princesse Azala, jour 5. La physionomie nalcoēhuale, puis huitlalcoh, ne manque pas de m’intriguer et je n’hésite pas à monopoliser l’Empereur-Dieu durant de longues heures pour en assimiler les aspects. D’après ce que je crois avoir compris, la silhouette falote, pour ne pas dire obèse, de leur corpulence est quelque chose de récent, lié à leur installation dans cette zone que l’on nomme « Khabit ». Auparavant, ils étaient plus élancés et même un peu plus grands... la privation de gravité rencontrée par les premières générations aurait eu raison de la rigidité de leur squelette que nous avons, nous humains, su conserver (principalement grâce à notre planète mère « MaterOne »). L’absence de cou ou de nez, la couleur de la peau ou du sang, ne sont qu’anecdotiques comparés à ces deux longues tresses qui dépassent de l’occiput crânien. Leurs propriétés, rapportées par la documentation qui m’a été remise et confirmées par l’Empereur-Dieu, en font un organe à part entière, quelque chose de totalement différent de ce que notre évolution nous avait laissé à connaitre. Quoique mon honnêteté m’oblige à signaler ici qu’il existe plusieurs espèces de MaterOne présentant des appendices semblables. Sur cette remarque faite à Gandhi, l’avatar m’a répondu laconiquement que chaque pierre menait à sa montagne... Melba faisait part à la princesse des soupçons quant à leur réel statut sur le vaisseau du parlement (étaient-ils prisonniers ?), lorsque Gandhi se redressa, juste avant que l’on ne ressente une sortie de Transition : « Nous sommes arrivés. Princesse et vous, madame Melba, je vous propose de revêtir vos plus beaux atours. Les choses sérieuses vont bientôt commencer. » Ti’ltchiti : nœud économique et administratif du Cercle de Khabit ; trois astéroïdes géants avaient été assemblés par une puissante force artificielle et une cité s’était développée, englobant l’ensemble et consolidant encore plus l’attache. Azala et Melba ne pouvaient retenir leur surprise devant ce gigantesque patchwork de pierre et de métal, à la satisfaction de Ci’chi qui les accompagnait. Gandhi en profita pour lancer la conversation avec leur hôte : Il est toujours impressionnant d’admirer la créativité sans fin des races de l’univers. Le peuple nalcoēhual ne trouvait pas de planète viable : il s’en était donc construit une de toute pièce. Parlementaire Ci’chi, c’est un plaisir de vous revoir enfin, nous boudiez-vous ? Je suis navrée de l’avoir ainsi laissé croire aux éminents ambassadeurs présents. Les ordres étaient de vous maintenir en résidence surveillée durant le transfert à Ti’ltchiti, pour votre sécurité, car nous ignorions si l’équipement nalcoēhual pouvait vous être... dommageable. Une question m’est d’ailleurs souvent revenue lors des échanges avec le conseil restreint de la république : quel sera votre statut en ce lieu, avatar de l’Empereur-Dieu ? Êtes-vous ici... également comme ambassadeur ? Hé, hé... ma présence n’est que temporaire, s’en amusa Gandhi. Une poignée de jours suffiront pour parfaire l’installation de la princesse


8 ans !
Jan 13 2018 13 mins  
Et oui, c'était le 13 Janvier 2010. Dans l'utilisation souffreteuse d'un wordpress, pourtant largement préparé et mâché par Phil Goud (le vrai) et Pof Magicfinger, nous mettions en ligne le premier épisode de "La plus grande saga galactique jamais racontée en podcast." 8 années passèrent... Plusieurs dizaines de milliers de téléchargements mensuels, quelques 330 épisodes, de nombreux spéciaux, des hors séries, des spin-offs (nous y reviendrons), des livres numériques publiés partout, des musiques originales par dizaines et des goodies qui s'écoulent... Peut-être un doctorant voudra un jour faire sa thèse sur l'histoire de Red Universe, de la genèse à la production en passant par les plus de cinquante-deux heures d'histoires narrées et illustrées avec autant d'amour qu'il est possible. J'aimerais profiter de l'occasion pour revenir un petit peu sur l'historique, version non barbante, du point de vue de ceux qui ont travaillé derrière nos haut-parleurs pour produire ce que vous suivez avec tant de passion. D'ailleurs n'hésitez pas à passer sur le Discord de Redu qui vous est ouvert pour passer les saluer :) Une fois n'est pas coutume, je vous propose donc de remercier vivement nos collaborateurs, ceux qui ont fait et font encore vivre cette fresque immense. Une quarantaine au moment où je vous parle, c'est quelque chose d'assez impressionnant quand on y réfléchit. Des tous premiers arrivés, il ne reste que Pof MagicFingers et Icaryon, c'est donc vers eux que nous pouvons diriger nos premiers remerciements. Le Raoolito que je suis se sent bien seul parfois devant son clavier, et c'est toujours un réconfort de savoir que malgré les aléas de la vie (et nos désaccords nombreux), on peut compter sur certaines personnes. Le Netophonix ensuite, site spécialisé dans ce que l'on nomme la "saga mp3", peut être considéré comme "un collaborateur" pour sa foison de talents sans fin, de Destrokhorne à Anowan, de Zylann à Blast, de Docteur Wolf à Coupie ou à Ackim et Istria et j'en oublie tant et tant d'autres... (qu'ils me pardonnent). Ce fut un tournant, autour de 2011, lors du premier spécial "Le temps des cerises" où (enfin) des acteurs venu de ce forum prêtèrent leur voix à des personnages et leur insufflèrent la vie, je pense. Plusieurs années passèrent et les chapitres s'accumulèrent, jusqu'à devenir des objets en eux-memes. Qu'en faire ? Cette mémoire de Red Universe était-elle destinée à n'être que du son que l'on écoutera.. ou pas ? Il fut décidé que non, et en 2014 les premiers tomes de la série sortirent en Livres numériques. Au-delà du travail de titan qu'il fallu pour reprendre, formater, illustrer, commenter et publier ces quelques 17 livres (au moment où j'écris ces lignes), un nouveau personnage central apparu : JMJ. Sous ce sobriquet se cache non seulement une personnalité assez exceptionnelle, faite de gentillesse et de générosité, mais également un retraité qui nous offre son professionnalisme forgé par des dizaines d'années de travail dans la presse. Vous ne le savez sans doute pas, mais il a relu tout, j'insiste, tous les scripts de Redu et est à l'origine de pratiquement tout le système de formatage de textes que nous imposons dorénavant à la série et à ses spin-offs. Lui et les équipes de relecture sont les vrais maîtres des textes estampillés RedU, rien ne leur échappe. La nouvelle génération des collaborateurs se détache ces derniers temps, par quelque chose d'assez inimaginable il y a quelques années (et pourtant prévisible). Soit ils ne connaissent pas du tout Red Universe (et découvrent un peu parce qu'ils voient de la lumière et se proposent spontanément) soit ce sont des fans qui ont rejoint l'aventure parce qu'ils l'adorent. Je ne vous cache pas les discussions tendues, lorsque l'on n'hésite plus à me reprendre en réunion sur telle ou telle erreur dans ma dernière affirmation : eux ont parfois grandi en apprenant par cœur les détails d'une histoire qui m'échappe parfois. En nommer certain plu


RedU T1 Ch24 Ep13
Dec 20 2017 15 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 13 "Face à face" Ceinture de Pepapaltec, suite de la parlementaire Loxa sur l’astéroïde principal. La scène irréelle ne laissait entendre que quelques ronronnements de la climatisation centrale. Sortant en peignoir de la salle de bain, nous avions le couple formé par Loxa et son garde du corps, amant du moment, et... se tenant dos contre le palmier sous verre, encore Loxa, arborant un mince sourire aux lèvres. Les antennes du protecteur se hérissèrent, son regard cherchant l’équivalent d’une arme. Il n’était pas stupide et la présence d’une seconde Loxa n’augurait rien de bon, d’autant qu’il avait pu confirmer, de la manière la plus intime qui soit, que celle derrière lui était la vraie politicienne. Devait-il attaquer immédiatement ou patienter ? La « Loxa » près du palmier prit la parole : « La visite de votre logement s’est révélée des plus instructives, parlementaire. Tout particulièrement, votre goût pour les anciennes choses ou... » Elle se tourna subtilement vers l’arbre et le désigna d’un coup de tête. ... les formes de vie planétaires en bocal. On y élevait de petits poissons par le passé, figurez-vous. Au fait, ne vous avisez pas de lancer une alerte psychique : vos amplificateurs sont tous hors d’usage, je m’en suis assuré et cela me mettrait de fort mauvaise humeur. QUI ÊTES-VOUS ? lâcha sèchement la vraie Loxa. Le garde glissa imperceptiblement pour la protéger autant que possible. Mais je suis vous, enfin... pour l’instant. D’après votre dossier, vos parents naviguaient déjà dans la politique, mais ce fut votre grand-père qui décida d’utiliser sa notoriété militaire pour faire passer ses idées. À quel moment de votre vie vous a-t-on privé de votre propre conception des choses ? Le garde avisa une épaisse table basse moulée en fonte, rehaussée d’or, qui trônait dans l’espace d’accueil des invités. Elle se trouvait loin, à presque quatre mètres, mais devait représenter une bonne protection en cas de tirs d’armes rayonnantes ou de balles. Peut-être pourrait-il inciter Loxa à s’en rapprocher tout en poursuivant l’échange ? Il la prévint par contact psychique, prenant bien soin de ne pas lever inutilement les barrières de son esprit, et la parlementaire répondit positivement. Tout en se déplaçant, celle-ci entra donc dans la conversation de l’inconnue. Un tête-à-tête avec soi-même, quelle idée terrifiante pour quelqu’un prônant l’expansionnisme le plus débridé ! Je n’ai pas besoin que l’on m’impose ce que le passé lui-même raconte. Trop de membres de ma famille sont morts pour que j’ignore leur sacrifice. Que voulez-vous et, une nouvelle fois, qui êtes-vous ? Je viens vous offrir un marché : nous discutons quelques minutes et, si je n’arrive pas à vous convaincre, vous me laissez partir et nous en restons là. Qu’en pensez-vous ? Le couple s’arrêta net tant la proposition semblait farfelue. Rien que pour se grimer en Loxa et parvenir ici, il avait fallu déployer tant énergie, d’intelligence et d’heures de préparation qu’échanger quelques mots paraissait un but bien trivial. Où était le piège ? La vraie Loxa brisa les quelques secondes de silence. « Soit, je vous écoute. Mais me convaincre de quoi ? » Dans le secret de ses pensées, elle encouragea son garde du corps à poursuivre leur mouvement. Son intuition ne lui disait rien de bon pour la suite. Je sais que vous êtes dans une phase ascendante de votre carrière politique, expliqua la fausse Loxa, semblant ne pas remarquer le manège du couple face à elle. Vos idées gagnent de plus en plus en voix comme en répercussions et vos soutiens ne se comptent plus, quelles que soient les strates de la société nalcoēhuale. D’ailleurs, je vous en félicite : apporter du neuf avec du vieux n’est pas à la portée de tous. Merci. Si vous vouliez un autographe, il suffisait de le demander. Il est intéressant que vous « sachiez » des choses disponibles dans n’importe quel média. D’où venez-vous donc ? L’une des antennes du gar



RedU T1 Ch24 Ep12
Dec 13 2017 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 12 "Éroticokaléidoscopique" Le hublot filtrait les variations de couleurs propres aux voyages interdimensionels de la Transition. Cela atténuait l’ambiance sombre de la pièce, les teintant d’un kaléidoscope sans fin et seule la lumière blanche de plusieurs lampes posées sur la table compensait cet effet féérique. Dans son bureau aménagé à l’intérieur du croiseur high-tech, en route vers la nébuleuse de Talbot, Ralato Ouli, ministre de la Sécurité, tuait le temps en feuilletant quelques rapports. Là où il n’attendait que routine et descriptions soporifiques, il découvrait d’inquiétantes informations sous la forme de quelques annotations personnelles d’agents infiltrés, traitant de l’activité des Triades souriantes sur TB-03 et deux lunes un peu excentrées de Talbot. Il s’agissait de détails, mais ces Mentaux rapportaient certains mouvements suspects d’armes ou de capitaux. À la tête des Triades se trouvait un Stuffy « délégué » agissant au nom du chancelier Poféus. Cette organisation pilotait de manière plus ou moins directe tout le fonctionnement de la richissime société souriante de Talbot, dont la nébuleuse représentait un océan de lithium. Normalement, il ne devrait plus rien se passer de louche de ce côté-là, sauf si Stuffy se faisait doubler par une sorte de troisième colonne ? C’était une possibilité... L’autre inquiétait bien plus et elle impliquait la perte du contrôle « d’un des quatre », comme ils étaient appelés dans les couloirs des Forces Mentales. C’était un avertissement du professeur QuartMac qui avait conduit à la dispersion de quelques agents mentaux chez les Mutualistes ou les Souriants. Le vieux savant avait pris Ralato à part, lors d’une énième réunion de travail sur la nouvelle flotte, pour rapporter un résultat troublant de ses recherches : le cerveau des corps non matures utilisés par les Stuffy présentait une malléabilité anormale. Cette plasticité des neurones était naturelle, elle permettait une meilleure adaptation à l’environnement ainsi qu’une perception accrue « de l’autre », c’était obligatoire pour vivre en société. Cela entrainait sur le long terme des changements de point de vue et d’appréciation ou une spécialisation poussée dans un domaine. Mais, fondamentalement, la psyché de la personne demeurait et si Ralato était devenu un grand Mental, il n’en était pas moins resté lui-même : Ralato Ouli. Cette limite n’existait pas chez les Stuffy, d’après QuartMac. Profondément intégré à un milieu x, le clone modifierait son esprit pour évoluer, peut-être, vers ce que son rôle lui imposerait d’être. Ce n’étaient que des théories basées sur quelques expériences en parallèle, mais il avait été jugé plus sain de créer de réels clones de Stuffy et de les laisser arriver à maturité pour y transférer l’esprit des actuels clones. Le petit ajout du ministre de la Sécurité fut donc de les tenir sous plus étroite surveillance, en attendant. Ralato relâcha la tension accumulée dans les muscles de son dos et s’enfonça dans l’épais fauteuil de son bureau. Sur sa droite, du côté du hublot, les couleurs défilaient, témoin de la traversée de milliers de dimensions à chaque seconde qui s’écoulait. Les calculateurs survitaminés de ce croiseur dernier cri permettaient d’aller jusqu’à trois fois plus vite en Transition, sous certaines conditions. Les Compresseurs dimensionnels, plus optimisés, délivraient des puissances inimaginables il y a seulement dix ans. D’où sa demande officielle de modernisation de la flotte spatiale « régulière », transmise aux états-majors. Il fallait qu’ils se pressent, ce vaisseau était désormais unique dans cette partie de l’univers. La dernière fois qu’il s’était rendu sur Talbot, le voyage avait duré trois semaines et Ralato — assisté de Stuffy à l’intérieur de son esprit — s’était immédiatement retrouvé en territoire ennemi, risquant sa vie à chaque instant. Cette fois, le trajet prendrait moins d’une semaine et, d’ici quelques jours,


RedU T1 Ch24 Ep11
Dec 06 2017 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 11 "Bonjour, Dieu" Fabio Ouli était installé sur la terrasse du grand café-bar de la Cité intérieure de Transporteur 7. Seule la voute traversée de quelques transports tubulaires s’étalait au-dessus de lui. Comme dans toutes les Cités de l’Exode, les commerces fleurissaient au gré des arrivages des approvisionnements aléatoires durant le périple. Ces derniers temps, les produits de Ragnvald s’affichaient au menu de tous les établissements, les enrichissant d’une manière inattendue, mais, après tout, « dix-mille mondes » représentaient une diversité hors du commun. Il ne lui avait fallu guère plus d’une quinzaine de minutes pour être à portée de l’esprit qu’il cherchait. Et quel esprit ! Plus il tournait autour de lui, moins il arrivait à en saisir le concept. Comment fonctionnait-il, comment pouvait-il fonctionner ? Godheim parlait de lui comme d’un dieu, en fait c’était une appellation par défaut, Fabio lui-même ne trouvait pas de parallèle possible. Arrête-toi, saucisse ! lui avait simplement intimé une voix dans sa tête à quelques pas de la porte les séparant. Price va partir sur Transporteur 1 avec ta protégée mentale pour le Conseil des commandants. Installe-toi tranquillement dans un lieu calme et suis-les là-bas par l’esprit. Qui êtes-vous vraiment et comment se fait-il que je ne vous aie jamais remarqué ? Et d’abord, comment passez-vous au travers de mes barrières mentales ? Plus tard... Nous nous verrons bientôt, je te le promets, Passeur. D’ici là, fais ce que je te dis et tu ne le regretteras pas. Fabio sirotait donc une eau minérale, dont la pureté prenait son origine dans les glaces d’une ceinture perdue à des millions d’années-lumière d’ici. Intéressant, cela lui avait tout de même couté quatre crédits, une petite fortune, même pour un exodé recevant régulièrement ses tickets de rationnement. Il posa le verre et ferma les paupières. Les Titans voletèrent autour de lui, lui prodiguant leur pouvoir, comme toujours. Il s’était d’abord demandé s’il devait suivre quelque chose en particulier, un évènement, n’importe quoi. Puis, à la réflexion, le Faiseur étant « celui qui tourne la roue du Tout », peu importait. Fabio allait forcément découvrir la raison de sa présence ici, comme si cela avait été écrit à l’avance. À plusieurs centaines de kilomètres de là, sur Transporteur 1, le Conseil s’était donc déroulé sans heurt excepté cette histoire d’ambassadeur. Qu’est ce que Godheim avait derrière la tête ? Ce vieux filou d’Arlington avait soulevé le lièvre, mais en l’absence de certitude contraire, l’idée semblait avoir ses avantages. Nous verrons bien... Et, justement, Azala se déplaçait maintenant vers le spatioport du vaisseau avec Godheim, la Lakedaímōn et un ou deux gardes venus prêter mainforte pour les bagages. Fabio souriait en suivant les injonctions de la jeune femme : Il est hors de question que je voyage dans un transport de Ragnvald, Empereur-Dieu. Vous n’êtes pas né de la dernière pluie et vous comprenez très bien la raison de mon choix. Certes, Princesse. Pourtant, le trajet jusqu’au vaisseau nalcoēhual qui doit vous récupérer s’annoncerait plus long et nous devrions en alerter la parlementaire. Et bien que cela soit fait au plus vite ! rétorqua-t-elle du tac au tac. Je ne vois pas en quoi ce petit retard vous incommoderait à ce point, n’êtes-vous pas parmi nous depuis des centaines et des centaines d’années ? Quelques jours ne sont qu’une respiration pour vous. Melba ? Oui, madame ? Mon amie, je ne t’ai pas laissé le temps de te préparer. As-tu besoin d’une heure pour terminer tes valises ? Évite les armes lourdes, s’il te plait, c’est une mission diplomatique ! Mais non, Madame, je ne... Oh ! Et bien, maintenant que vous me le dites, il me faudrait... une petite heure, en effet. Mes... tenues protocolaires nécessitent un nettoyage rapide et... je dois également empaqueter quelques accessoires. Azala se tourna vers Gandhi, celui-ci ne lui arriva


RedU T1 Ch24 Ep10
Nov 29 2017 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 10 "Douche divine" Ceinture de Pepapaltec. Votre Majesté, que votre tâche soit accomplie selon le plan. Ne t’inquiète pas pour cela, fidèle Artoc. Grâce à toi, le plus délicat est derrière nous. Je suis déj à à t’attendre au point de rencontre dans une de nos corvettes. Il te reste sept minutes pour activer la diversion : fais attention à toi, je te bénis pour tes efforts. L’autre se rengorgea imperceptiblement sous le compliment puis, sur un hochement de tête, il disparut dans l’obscurité d’un corridor. Godheim ne s’inquiétait pas réellement sur les chances d’Artoc de passer au travers des mailles nalcoēhuales. La région de Pepapaltec était bien protégée au centre de Khabit et les services de sécurité n’y appliquaient pas les mesures paranoïaques réservées à la périphérie de la république ou aux zones troublées. Six minutes et vingt secondes pour atteindre le lieu de destination. L’avatar saura s’y rendre sans difficulté, mais pas sous cette forme diffusée à tous les points de contrôle. S’abritant dans l’angle mort d’un recoin peu fréquenté, il activa le processus de métamorphose. Immédiatement, les rouages intimes de l’androïde se mirent à l’ouvrage, détachant ses pinces, assurant les modifications chimiques de sa peau, reproduisant une colonne vertébrale propre à la norme adulte. En une petite minute, le Huitlalcoh s’était transformé en une grande femelle mure aux traits connus de la plupart des Nalcoēhuals : la parlementaire Loxa. Il s’agissait du résultat des dernières recherches en matière d’avatar, la capacité d’intégrer deux physionomies (jusqu’à quatre en fait, mais le processus demandait encore quelques améliorations et demeurait au stade expérimental) dans un corps semi-organique. Même les vêtements étaient reproduits à la perfection, le tissu glissait sur une peau qu’aucun instrument n’aurait pu reconnaitre comme synthétique. L’avatar Loxa passa sans peine, et sans même être arrêté, les barrages montés en hâte à la suite de la découverte du cadavre du policier. Il ne lui restait que trente-sept secondes, si Artoc avait bien accompli sa mission, lorsqu’il se présenta à la porte de service des quartiers réservés. Si l’escadron protégeant l’endroit avait accès à la liste des personnalités présentes à l’intérieur, Godheim serait obligé d’agir en conséquence, mais il avait bon espoir que ce ne serait pas le cas. L’officier le salua au garde-à-vous puis tendit la main pour recevoir le laissez-passer délivré par le parlement… que l’avatar Loxa ne possédait évidemment pas. Un grondement lointain se répercuta alors le long de toutes les coursives de l’astéroïde, suivi d’une légère vibration du sol. Tandis que les alarmes hurlaient, les messages psychiques d’alerte fusèrent : une violente explosion venait d’endommager le spatioport, provoquant de multiples fuites d’air et la panique chez les voyageurs. L’officier s’acquitta immédiatement, par réflexe, de la protection des personnalités dont il avait la charge et précipita « Loxa » vers ses quartiers sans s’arrêter aux formalités d’usage. Il lui intima même l’ordre de se dépêcher et de préparer une trousse de toilette en cas d’évacuation. L’avatar-Loxa courut donc pour donner le change, croisant tel haut fonctionnaire affolé en sens inverse, tel binôme de soldats en pleine communication mentale ou... tels gardes du corps personnels de Loxa en faction devant l’entrée de son logement. Ce risque avait été préalablement établi, bien évidemment. Il prit sa voix la plus sèche, simulant un essoufflement. « Il y a une alerte de niveau un... ... Appelez des renforts, je veux deux autres gardiens ici et vous... ... vous vous mettez à chaque intersection de ce couloir ! » Les deux sentinelles ne réagirent pas immédiatement. Il fallait préciser que la synthèse vocale n’était pas parfaite, le dédoublement de physionomie ne permettant pas — encore — toutes les libertés, et surtout les deux Nalcoēhuals se demandaient bien comment Lo


RedU T1 Ch24 Ep09
Nov 21 2017 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 09 "Permission sur le pont" Le général Décembre reprit la parole en premier. C’est assez énervant de se sentir ainsi forcé et de… … de ne pas avoir la main sur ses décisions. N’est-ce pas ? s’en amusa Arlington en se redressant. Je vous rassure cependant : il a ses limites. Surtout ici, où il ne dispose pas d’un réseau psychique permettant son intégration dans tous les systèmes. Dans l’Exode, Godheim n’est plus, finalement, qu’un ambassadeur fin joueur. À la tête de la flotte, néanmoins, la plus mobile du secteur. Le colonel Sterling-Price apporta cette précision le regard fermé, partageant visiblement une de ses inquiétudes principales. Il poursuivit : Je ne sais pas pour vous, mais je serai plus rassuré lorsque nous quitterons cet endroit. Si demain, il décide, pour n’importe quelle raison, de nous abandonner à notre sort, les Nalcoēhuals ne nous laisseront pas la moindre chance. D’ailleurs, intervint Benkana, trop heureuse de changer de sujet suite au passage d’Azala, je vous annonce que Transporteur 7 pourra reprendre la route d’ici quarante-huit heures. Les réparations sont pratiquement terminées et le Compresseur dimensionnel, estampillé Ragnvald, est opérationnel. Encore faudrait-il le tester, mais je ne crois pas qu’on en ait le temps. Idem pour moi, compléta Junta. En ce moment, nous montons les dernières tourelles de défense et nous installons un nouveau système de communication utilisant un cryptage avancé. L’aide des techniciens de l’Empereur-Dieu a été déterminante. Sterling-Price sauta sur l’occasion pour interpeler le commandant de Transporteur 4, le ton bien moins avenant que d’habitude. À ce propos, Junta. Pouvez-vous nous expliquer cette idée géniale de vous immiscer dans les questions religieuses de la flotte ? Nous avons tous pu admirer votre démonstration de force, dans la dernière émission d’Ex-One Média. Je ne fais que proposer assistance à une partie de la nouvelle population de l’Exode. Rien que de très anecdotiques. Je vais préciser ma pensée, alors ! Nous vivons une situation critique d’un point de vue stratégique, en équilibre entre deux civilisations surarmées. Un flot inédit de croyance a pénétré en profondeur l’Exode, bouleversant les rapports sociaux internes déjà complexes et vous, vous tentez de provoquer un début de scission dans cette même religion pour un pauvre avantage politique mesquin. Je vous assure, Junta, que cette voie ne nous mènera pas à quelques problèmes, non, ce serait trop simple : les conflits religieux sont connus pour être les plus dévastateurs, quelle que soit la société ! C’est d’un risque d’autodestruction totale de l’Exode dont nous prenons la direction ! Et je ne peux que confirmer, compléta Momumba Arlington. Transporteur 3 se trouvant à l’origine de ce regain spirituel, il possédait une sérieuse expérience à ce sujet. Un silence lourd de reproches s’abattit sur les épaules de Vernek Junta. Sterling-Price, qui représentait une sorte de sagesse non partisane depuis les tous débuts du voyage, venait de tancer vertement le politicien. Il plaçait des mots là où l’on n’avait, finalement, que des soupçons. Ce rôle revenait d’habitude à Benkana, mais celle-ci n’était pas — pas encore — en mesure de reprendre ses joutes verbales avec le frère de sa nouvelle concubine. D’autant que la nomination du Nordiste Anton Pernov, au poste de second de Transporteur 7, ne fut pas considérée comme une volonté d’apaiser la situation, bien au contraire. La rupture, entre Azala et elle, venait de là. Junta comprit qu’il lui fallait contrer subtilement l’attaque, il présenta donc son joker. « Je vous accorde que le pari peut sembler… risqué. Mais, il fait suite à une discussion avec madame Choupa, la cheffe de nos assaillants pirates. Lors d’un de nos entretiens, nous avons abordé la question de Godheim… » * La promenade le long des baies vitrées était une spécialité des amoureux sur Transporteur 4. Le pont en question étai


RedU T1 Ch24 Ep08
Nov 15 2017 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 08 "La mission d'Azala" … oui ? Qui est-ce alors ? demanda le colonel Momumba Arlington, captivé. Sterling-Price répondit sereinement, conscient de casser l’attente du conseil. Aucune idée, je vous avoue être frustré également. Il n’a plus répondu à mes questions, sinon en manifestant sa volonté de rencontrer ce « Faiseur » seul à seul au moment « le plus adéquat » selon ses propres termes. Price, ne… … ne me dites pas que vous l’avez laissé filer ? … Comme cela, sans réagir ? grommela le Général Décembre. Il était outré que l’on puisse ignorer les ordres d’une commission d’enquête, de surcroit de la part d’un affabulateur. Je ne pense pas qu’il soit possible de retenir Fabio Ouli avec les moyens courants, général, intervint la lieutenante-colonelle Maeve Onawane. C’est un Mental, ne l’oubliez pas. Et j’ajoute que pour l’avoir vu à l’œuvre, l’idée ne me serait pas venue non plus, Décembre, poursuivit Arlington, pensif. Il se tourna vers Décembre. Je dois avoir quelques vidéos de ses facultés, filmées à la sauvette lors de la reprise de Transporteur 3. Les troupes de Ragnvald avaient été balayées sans aucune chance de résister. Ses fabuleux pouvoirs sont à la fois psychiques et physiques. C’est très impressionnant, vous devriez y jeter un œil… Le général mâcha sa langue quelques secondes puis finit par revenir à Sterling-Price, dans un fugace espoir de soutien qui ne lui fut pas accordé. « Je vais dans le sens de mes estimés collègues, Général. Déjà, bien avant la révolution Castiks et l’Exode, Ouli était un Mental de tout premier ordre. L’amirauté le considérait alors, en secret, comme l’équivalent d’un laser orbital. C’est dire ! » Le fantôme de la guerre civile traversa la pièce du conseil. Aucun des six commandants ne put s’empêcher de revivre durant quelques secondes un souvenir de cette période, rarement agréable. Les frappes orbitales avaient quasiment été l’enjeu majeur de tout le conflit, chacun sachant que le jour où l’ordre serait donné, le carnage dépasserait de loin le pire des scénarios. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas, le roi Magnam IV ne l’ayant jamais donné. Une petite lumière signala l’évènement que tous attendaient à l’occasion de cette réunion. Décembre autorisa l’ouverture de la porte du sas. Benkana sursauta : « Azala ? » Dans l’encadrement de l’entrée se présentait l’avatar de l’Empereur-Dieu « Gandhi » suivi de la princesse Azala et de Melba, sa garde du corps. Les deux premiers pénétrèrent dans la pièce et Melba scella le lourd battant derrière eux, restant à l’extérieur. « Bonjour, Aurora », répondit simplement la princesse. La voix était neutre, le ton à la limite du sentencieux. Benkana le reconnut sans difficulté : son ancienne partenaire était en représentation officielle, porteuse d’une nouvelle relative à la politique, son dada. Empereur-Dieu, c’est toujours un plaisir de vous revoir, lança brusquement Vernek Junta. J’espère que vous n’avez pas changé d’avis concernant votre promesse de venir nous visiter sur Transporteur 4, n’est-ce pas ? Nous en reparlerons… … plus tard le coupa Décembre. Monsieur Gandhi a demandé audience pour une autre raison, semble-t-il ? Princesse Azala, vous… … vous n’étiez pas attendue. L’avatar leva ses mains, paumes face au public en un geste universel d’apaisement. Mesdames et messieurs, honorables gouvernants de cet Exode, le membre de la Sainte Trinité, que je suis, vous exprime sa satisfaction à l’accession de sa requête. Vous voilà bien solennel, Empereur-Dieu, s’en amusa à haute voix Arlington. Pour la simplicité de notre entretien, je propose que nous évitions les allusions religieuses, qu’en pensez-vous ? Demander à un dieu de ne pas évoquer la religion relève de la gageüre, Colonel Arlington. Mais vous me connaissez, je suis ouvert au dialogue. Politicien Junta, un dieu n’oublie jamais et ne revient pas sur sa parole, rassurez-vous. Je suis… nous sommes au-dessus de ce genre de comportem


RedU T1 Ch24 Ep07
Nov 08 2017 8 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 07 "Faiseur démasqué" La lieutenante-colonelle Onawane suivit le geste du Colonel Sterling-Price. Il signalait au garde de faire entrer le sujet de cette commission d’enquête du Conseil des commandants : un dénommé « Fabio Ouli ». D’après les dossiers, ce jeune homme avait usurpé un grade de militaire, mais surtout serait bien informé de cette histoire surréaliste de puissances divines dominant l’univers. Si le Colonel Arlington n’avait pas été aussi pressant et si l’existence même de Ragnvald et de son Empereur-Dieu ne posait pas plus de questions qu’il n’apportait de réponses, elle aurait personnellement fait enfermer tout ce beau monde pour démence. Compte tenu du ressenti de la commandante Benkana envers Adénor Kerichi et Phil Goud, il n’avait pas été jugé opportun de l’inviter à cette réunion. D’ailleurs, elle ne l’avait pas spécialement mal pris lorsque Onawane lui avait suggéré de se tenir à l’écart. Aurora se trouvait alors allongée sur le lit, les jambes pendantes de chaque côté de la tête de Maeve, cuvant plusieurs orgasmes simultanés l’ayant poussée à hurler sa jouissance. Elle reprenait lentement son souffle et en profita pour clore le sujet à peine entamé de manière directe, comme à son habitude. « Rien à faire de cet Ouli. Tout ce qui touche à Akowa de près ou de loin ne me concerne plus. Tu t’en sortiras mieux toute seule, d’ici là… » Elle se retourna lascivement et se cambra dans une pose hautement suggestive. « Recommence comme ça et plus longtemps… s’il te plait. » Réponse on ne peut plus claire, donc. Aurora Benkana était une femme qui n’avait jamais supporté l’idée qu’un homme puisse l’honorer. Non pas que les occasions eussent manqué, mais elle refusait de subir de nouveau le viol dont elle avait été la victime alors enfant. Ce traumatisme ne s’effacerait jamais et elle considérait, encore maintenant, les hommes comme de méprisables frustrés. L’amour de son père n’avait pu endiguer ce sentiment inscrit à jamais au fer rouge. « Vous lisez facilement les pensées, lieutenante-colonelle Maeve Onawane, c’est un talent rare. » Maeve bondit sur sa chaise. Face à la table, un jeune homme blond un peu dégingandé l’observait. Ne vous inquiétez pas. Vous êtes ce que l’on nomme « un Mental sauvage », quelqu’un ayant reçu le pouvoir mais n’ayant pas été repéré par le maillage des Forces mentales. Vous… J’ai déjà croisé des Mentaux, jamais aucun ne s’est amusé à me faire la morale, Fabio Ouli ! Votre pouvoir est latent, utilisé surtout de manière inconsciente. Disons que vous avez pu leur échapper. Sterling-Price prit la parole, d’un ton étonnamment sévère : Monsieur Ouli ! J’ignorais que vous vous trouviez sur l’Exode ! Pourquoi, à chaque fois qu’un Mental de Poféus apparait, faut-il que les choses dérapent ou deviennent bizarres ? Que voulez-vous, Colonel, c’est notre nature. Les choses ont bien changé dans l’Ouest tropicalien depuis votre passage, que ce soit chez les rebelles ou dans mes services. Par exemple, maintenant, je ne suis aux ordres de personne. Sterling-Price feuilleta un épais dossier posé sur sa table. Onawane ne put s’empêcher de demander discrètement à son voisin : Vous vous connaissez ? Oui, Colonelle. Nous avons déjà eu maille à partir durant les débuts de l’insurrection. Notre ami ici présent était alors un Mental de très haut niveau totalement dévoué au Contramiral Poféus. Inutile de préciser que son rôle d’alors demeure bien trouble. Autre chose, parlez à voix haute, ce n’est pas pour Monsieur Ouli qui connait nos questions avant que nous les posions, mais pour les enregistreurs. Puis, il ajouta : Même vous, vous ne pouvez pas communiquer avec MaterOne. Si vous aviez reçu un ordre d’une mission suicide, ce n’était pas les occasions qui vous auraient manqué. J’en conclus donc que vous êtes désormais un renégat, jeune homme. En quelque sorte, Monsieur Price, en quelque sorte. Ce sera Colonel Sterling-Price pour vous. Que vous ay


RedU T1 Ch24 Ep06
Nov 01 2017 6 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 06 "Enjeu Mental" La navette de Stuffy se préparait à l’accostage de l’un des deux nouveaux venus ayant rejoint la flotte. En complément de celui de la station « Piñata el grande », les appareils immatriculés huit-cent-quatre-vingt-onze et neuf-cent-soixante-dix provenaient de la Nébuleuse de Talbot. L’agent mental, officieux second du professeur QuartMac, ne put réprimer une expression amusée : depuis qu’un de ses clones se trouvait à la tête des toutes-puissantes Triades, la région était vite revenue au calme. Cette organisation représentait le fer de lance de la culture souriante assise sur le Lithium inépuisable de leur nébuleuse. Les caisses de l’État allaient à nouveau se remplir et la communauté ne conspirerait plus en douce contre le pouvoir en place, permettant ainsi une nouvelle répartition des forces. Le sas se déverrouilla sur un court corridor. Les articulations de ses jambes protestèrent au changement de température, ramenant Stuffy-Quartmac à la dure réalité. La durée de vie de ces corps artificiels ne satisfaisait guère et quelques mois avaient suffi pour que celui-ci entame sa phase de dégénérescence. L’urgence avait obligé l’esprit de Stuffy à se dupliquer dans des enveloppes immatures : bien que cela lui eût permis de défaire Monsieur Heir, la longévité s'en trouvait considérablement réduite. Un clone de Stuffy, l’original, attendait dans le laboratoire de QuartMac. D’ici quelques semaines, il serait enfin apte à recevoir son esprit et, cette fois, plusieurs dizaines d’années seraient disponibles sans discontinuité. D’ici là, il devrait souffrir. Le responsable du vaisseau l’attendait à l’extrémité du corridor et se raidit dans un garde-à-vous dès l’apparition de Stuffy. Sa tenue, aux armoiries des Forces mentales, luisait de propreté. Ce modèle en cuir noir avait été conçu spécialement pour cette nouvelle « branche spatiale ». Un peu trop menaçante au gout de Stuffy, mais ce n’était pas lui qui décidait. L’officier, un jeune Barbane roux à la mâchoire carrée, se présenta : Je suis le capitaine Viggi, bienvenue sur le « Poisson doré », professeur QuartMac ! Repos, capitaine, enchaina Stuffy en lui serrant la main. Je ne suis pas QuartMac, je suis l’agent Stuff MacDone et je représente le professeur pour l’inspection de votre appareil. L’autre sursauta comme s’il venait d’apprendre la venue du contramiral Poféus en personne. Le… l’agent Stuffy ? Vous… Monsieur, c’est un honneur de vous rencontrer. Et il lui serra à nouveau la main, plus longuement. Merci, Viggi. Vous n’avez donc pas croisé un Stuffy du côté de Talbot ? questionna Stuffy-Quartmac, intrigué. Non, Monsieur. Nos relations furent très ténues et nous n’avons jamais reçu sa visite, juste quelques instructions par messages cryptés. De toute façon, nous avons surtout assuré le soutien des autorités militaires en place. Sans doute préférait-il la discrétion ? Après tout, les yeux et les oreilles des Souriants sont toujours ouverts. Alors, si on faisait le tour de ce bel engin ? Donc vous dirigez deux appareils ? C’est anticipé vu votre âge, comment est-ce que… Stuffy connaissait bien évidemment la réponse, le dossier de Viggi lui ayant été communiqué la veille. Un surdoué, tout simplement, avec des résultats exceptionnels… Mental et surdoué, ce garçon aux boucliers psychiques sans faille collectionnait les raretés ! Devant le responsable des Compresseurs dimensionnels, le numéro deux de la flotte mentale fit semblant de comprendre les explications techniques ; la réalité était que certains postes avaient été délégués à des civils compte tenu de leur complexité. Pourtant, l’électronique embarquée était contrôlée par une IA de dernière génération, libérant les tâches de dizaines et de dizaines de marins. Quatorze Mentaux bien formés suffisaient à faire fonctionner un monstre celui-ci, c’était très impressionnant quand on le comparait au précédent. Lorsqu’un de ces nouveaux croiseurs s’était approch


RedU T1 Ch24 Ep05
Oct 24 2017 9 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 05 "Pepapaltec" Ceinture de Pepapaltec au centre du Cercle de Khabit. Astéroïde principal. Le petit transport se posa en douceur sur l’aire d’atterrissage extérieure. La météoritique était claire, avec de rares et minuscules aérolites solitaires que les boucliers standards parvenaient aisément à repousser. Les pistes découvertes, bon marché, brillaient donc d’une couleur verte. Par un sas de côté, deux scaphandres descendirent sur le tarmac poussiéreux et suivirent, à grands bonds, le chemin lumineux jusqu’à l’entrée centrale de la zone des voyageurs. Un système de portes coulissantes pivota sur lui-même, concomitant à la mise sous pression, et ils pénétrèrent dans l’astroport. Au vestiaire, Artoc déverrouilla le casque de sa tenue, aidant le Huitlalcoh qui l’accompagnait à faire de même. Il compressa les combinaisons dans un petit conteneur qu’il suspendit sur son dos et les deux nouveaux venus se dirigèrent vers le contrôle des arrivées. Peu d’affluence en ce début de cycle quotidien : les énormes cargos transportant passagers et fret n’accosteraient que dans quelque temps. Les trente-deux heures standards étaient parfaitement respectées sur Pepapaltec, l’une des quatre plus importantes sociétés nalcoēhuales, et sa puissante économie imposait ses règles à toute cette région de Khabit. Hauts fonctionnaires, hommes d’affaires, personnages politiques... Beaucoup de membres éminents de cette civilisation venaient d’ici. Pas étonnant qu’une sécurité stricte soit appliquée aux entrées des astroports, d’autant qu’un fond d’entre-soi régnait parmi les habitants de la région. En résumé, on n’aimait pas les étrangers, Artoc et son compagnon huitlalcoh répondaient parfaitement à cette définition. On emmena le Nalcoēhual adulte dans une salle séparée pour un contrôle des documents officiels et une fouille au corps, tandis que son jeune compagnon était dirigé dans une autre pièce. Les boucliers psychiques étaient bien entendu levés, cela tenait à la fois de la politesse et de la vie privée dans cette civilisation, et seule une requête d’un juge pouvait contraindre un citoyen à les abaisser. D’après ses documents, Artoc représentait une petite société de sécurité située loin de Pepapaltec qui tentait de se faire une place sur le marché. Sa musculature et ses cicatrices ne pouvaient que corroborer son passé d’ancien militaire, parfaitement exact celui-là. Vous avez servi dans quelle armée ? interrogea l’officier. Commando dans les forces spéciales sur Chilico, répondit froidement Artoc. Chilico ? Lors de la sédition de… Oui. La République nalcoēhuale n’a pas toujours connu que des périodes calmes et unies et Chilico a été, et reste encore maintenant dans une certaine mesure, un lieu de trouble. Impressionné, l’officier salua Artoc et un de ses assistants le conduisit respectueusement dans une salle d’attente, proche du contrôle huitlalcoh. Ces êtres chrysalides et hermaphrodites représentaient des Nalcoēhuals matures en devenir. Leur forme de grosse chenille un peu ratatinée, aux yeux brillants, ne leur permettait pas une mobilité élevée, mais leur intelligence, elle, était déjà bien formée. Cela faisait partie du cycle de vie d’un Nalcoēhual : la chrysalide Huitlalcoh (techniquement, le troisième stade de la vie) possédait un cortex et une structure osseuse interne, et externe, suffisamment développée pour avoir une activité utile. Leur petite taille et leurs multiples appendices ventraux sous forme de pinces, en place de mains, représentaient une partie de leurs limitations physiologique. Les adultes, eux, étaient les seuls à pouvoir se reproduire et profiter des pouvoirs mentaux. On intégrait donc les Huitlalcohs à la société au travers de leurs compétences et études diverses. Ils s’étaient, par ailleurs, progressivement regroupés en une caste, pour faire valoir leurs droits, celle-ci représentait maintenant une puissante force politique assez conservatrice. La porte de la sec


RedU T1 Ch24 Ep04
Oct 17 2017 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 04 "centime" « … installez-le dans mon bureau. Je finis et je m’occupe de lui… Bonsoir à nouveau, pour cette ultime partie de votre édition spéciale ! Notre invité est toujours Monsieur Gandhi, avatar de l’Empereur-Dieu de Ragnvald. En ce moment, vous pouvez voir s’installer Monsieur Junta, le commandant de Transporteur 4, à qui on ajuste le micro… j’ignore si je dois faire les présentations. Gandhi, voici Monsieur Junta. Monsieur Junta, voici Godheim, l’Empereur-Dieu. Une virgule publicitaire et on se retrouve pour la suite de cet échange qui s’avèrera passionnant compte tenu de nos invités d’aujourd’hui. Ne zappez pas ! » Monsieur Junta, nos multispectateurs sont de retour, voulez-vous commencer par cette… mystérieuse annonce ? Merci, Ted. Tout d’abord, j’aimerais saluer ici l’avatar de l’Empereur-Dieu Godheim. Nous ne discourons pas souvent avec un être divin (ou évoqué comme tel) et, quelles que soient nos convictions, il convient de le traiter avec respect et dignité. Empereur-dieu Godheim, je vous souhaite la bienvenue à bord de l’Exode et vous remercie, à nouveau, pour l’aide irremplaçable que vous nous avez apportée, lors de notre première rencontre avec l’armée nalcoēhuale. Vous tous avez su prouver votre valeur à mes yeux. C’est là le plus important, le reste est dérisoire, commandant Junta. Vos propos honorent votre statut, Empereur-Dieu. Quelle chance que nos chemins se soient croisés dans cette partie de l’univers  ! Certes, Monsieur Junta. Pourtant, il semble que cela ne se soit pas passé sans quelques… heurts ? Un peu… surestimés, peut-être ? Oui, Ted. Surestimés, largement. D’ailleurs je crois savoir qu’il n’existe pas ou très peu de documents attestant cela. Vos équipes se seraient-elles emballées, cette fois ? Cela arrive, nous vous pardonnerons cet écart… du moment que cela ne se reproduise pas. B… bien sûr, Monsieur Junta ! Tout à fait, Mons… EMPEREUR-DIEU ! Titus ? Mais vous deviez m’attendre dans… hey ! Mais ne montez pas sur le plateau, nous sommes en direct ! Titus, mais… pas à plat ventre, dites-moi que je rêve ! Vénéré Godheim, je me présente à votre regard divin dans une attitude soumise et humble. Pouvez-vous m’accorder votre bénédiction ? Soit Titus, mon enfant. Je te l’accorde. Tu connais l’engagement à offrir en retour, je pense ? Je t’écoute. Bien entendu, Empereur-Dieu, sage parmi les sages ! Je ne suis qu’un mendiant dans le noir, ils représentent ma richesse et ma lumière. Que l’Incomparable Trinité éclaire à jamais mon chemin et me guide vers le destin qui m’est promis. Titus, relevez-vous nous sommes en direct ! Allez les gars, enlevez-le d’ici, vraiment ça ne le fait pas, quoi ! Ted ! Cet homme fait preuve d’une foi réelle, appliquant à la lettre les préceptes du recueil sacré nommé « le Rablerane ». Je pense que, plutôt que de le rejeter, vous devriez partager le pain de son rite, au moins pour l’exemple. Monsieur Junta… ? À genou et récitez la promesse, Maos’n… maintenant. Nan, mais m’sieur, je… Ted ? Pfff… un genou, pas plus… je suis un… un mendiant dans l’noir, ils sont friqués et lumineux… Et l’Incomparable Trinité éclaire la route vers le super destin qui m’attend. Ça va ? Journaliste Maos’n, cet acte de dévotion, aussi imparfait soit-il, vous honore. Titus, mon enfant, accordez-lui un centime en mon nom. Empereur-dieu, c’est un honneur que d’être votre main. Je m’empresse d’agir selon vos désirs ! Tiens, Ted… Aïe ! Mais Titus, ça ne va pas ? Tu m’as tiré l’oreille, espèce de crétin ! Mais mon Ted, c’est la beauté de la chose. Tu viens d’avoir un centime du grand Godheim, c’est une promesse pour le paradis ! Moi-même, je n’en ai reçu que trois. Ouais, ben tu aurais pu me prévenir. Bon, si tout le monde en a fini, on passe une pub et on reprend le fil de l’émission, okay ? Enfin… si Messieurs Junta et Gandhi le veulent bien, évidemment. Qu’il en soit ainsi, journaliste Maos’n. Pareil pour moi, Ted. La régie


RedU T1 Ch24 Ep03
Oct 10 2017 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 03 "micro-trottoir" « … comment ça on ne les trouve pas, mais cherchez, merde ! Quoi, l’antenne… eeeeeeet retour dans votre édition spéciale ! Notre invité, sa grandeur Gandhi, avatar de l’Empereur-Dieu de Ragnvald. Donc… nous sommes en train de réunir les documents demandés et de contacter les… témoins, ce qui prend un peu de temps. En attendant, je vous propose de diffuser tout de suite le reportage de Jack Blast sur l’intégration dans l’Exode de toutes ces… cette religion. Nous nous retrouvons juste après. » « Sur Transporteur 7, celui d’où sont originaires — maintenant des divinités — Phil et Adénor, la nouvelle croyance divise, c’est le moins que l’on puisse dire. Nous avons enregistré ce micro-trottoir en matinée, je vous laisse découvrir. » Bonjour, Monsieur. Nous réalisons un sondage sur l’arrivée de « l’Incomparable Trinité ». Avez-vous une opinion sur ce sujet ? Peut-être pratiquez-vous, vous-même ? Je me tiens éloigné de tous ces genres de choses. C’est mauvais pour le bizness, toujours. Après… ça peut aussi ouvrir de nouveaux marchés peut-être. À suivre, donc. Je dois y aller, excusez-moi… Bonjour, Monsieur. Que pensez-vous des Octotes et des adeptes de la religion de Phil et Adénor ? On n’a pas b’soin d’ça chez nous. Moi j’vous dis qu’la commandante, elle y mettra bon ordre. Elle a éjecté les deux loulous « manu militari », c’est pas trois ch’tarbés qui les f’ront revenir en douce ! Heu… il s’agit, pour notre transporteur, de plus de quarante-mille personnes, d’après la répartition officielle diffusée par le Conseil des Commandants. QUOI ? C’est du foutage d’gueule tout ça ! On va pas s’laisser faire ! Vous envisagez quelque chose ? Poussez-vous l’journaleux. Ha non ! quarante-mille, et puis quoi encore, ça va mal s’passer ! Madame, excusez-moi. La nouvelle religion autour de l’Empereur-Dieu, Phil et Adénor, avez-vous une opinion sur ce sujet ? Bien sûr, monsieur. Je suis moi-même adhérente à la salle de culte qui a ouvert près du gros conteneur jaune. L’arrivée de Transporteur 3 fut un miracle qui prouva, une fois de plus, combien nous étions dans le vrai. Donc, pour vous, le mélange théologique avec l’Empereur-Dieu n’est pas un problème ? Non… un peu bizarre au début, mais le Rablerane a répondu à tous nos questionnements. Je considère ma foi comme plus vivace maintenant et nous nous sentons réellement moins seuls. « À la suite à cette rencontre, la jeune femme nous a obtenu un rendez-vous, le lendemain, avec la « maitresse », c’est le nom qu’on lui donne, qui célèbre l’office pour cette communauté. L’interview s’est révélée très instructive, je vous laisse vous faire votre opinion. » Bonjour, Maitresse, je suis… heu… navré de ne savoir exactement comment vous nommer. Ha, ha, ha ! Ne vous inquiétez pas. C’est bel et bien ma dénomination. Pouvez-vous m’accompagner ? C’est l’heure de ma tournée du quartier. Absolument. Peut-être puis-je décrire votre vêtement ? Il s’agit d’une unique robe ample, elle vous couvre de haut en bas, c’est du nylon ? Pas exactement… Attention, je ferme la porte. Un fil de tungstène et d’acier recouvert de nylon et utilisé par les tisserands. Il s’agit de la tenue règlementaire qui est produite en grosses quantités sur Transporteur 3. C’est l’Empereur-Dieu lui-même, loué soit-il, qui a fourni les machines et la technologie. Léger, isolant et confortable, je dois vous avouer la préférer à mes vêtements « civils », même quand je suis en repos. Bonjour, Madame Violette, comment va le bébé ? Une première dent ? Montrez voir ! Je crois savoir que vous étiez Octote. Peut-on parler de « reconversion » ? Certainement pas ! Lorsque nous avons compris que Phil et Adénor représentaient la réincarnation de Mah’di, certains avaient ressorti un ancien recueil de légendes annonçant qu’un ultime miracle accomplirait la transformation finale, pour que le prophète devienne Dieu. Ce fut l’ascension, avec l’Empereur-Dieu et leu



RedU T1 Ch24 Ep02
Oct 04 2017 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 02 "Rablerane" « Bonsoir et bienvenue sur Ex-One Média, votre chaine d’information. Je suis Ted Maos’n et nous sommes en direct de Transporteur 1 pour votre édition du soir. Au sommaire, aujourd’hui : Des nouvelles d’Adénor Kerichi, vénérée par ses fidèles comme la réincarnation d’une ancienne prophétesse disparue. Un reportage de notre journaliste Titus Matrane. Du point de vue de la flotte de l’Exode, les conséquences de l’intégration de nos compatriotes provenant de Transporteur 3. Une majorité d’entre eux sont extrêmement épris de cette nouvelle religion autour de Phil et Adénor, mais également de celle de l’Empereur-Dieu de Ragnvald. Jack Blast nous en dressera un tableau objectif. Enfin, une annonce exceptionnelle par monsieur le commandant Junta en personne qui est en chemin pour nous rejoindre. Comme vous pouvez le constater, notre actualité tourne principalement autour du spirituel. Nous sommes donc fiers d’avoir avec nous sur ce plateau l’une des icônes de ces croyances, j’ai nommé l’avatar de l’Empereur-Dieu Godheim lui-même. On se retrouve tout de suite, juste après une virgule publicitaire. » Retour dans votre édition du soir. Empereur-Dieu, merci à vous d’avoir répondu à notre invitation, votre éclairage sur les évènements passés et présents sera sans aucun doute passionnant. Le remerciement est un concept très humain dont nous usons à loisir, journaliste Maos’n. Il n’est pas rare, voyez-vous que je communique directement avec chaque Ragnvaldien de mon empire. Vous n’êtes pourtant pas sans savoir que j’ai volontairement choisi de ne pas m’immiscer à l’intérieur des systèmes de l’Exode. Votre plateforme télévisuelle devient donc le meilleur vecteur pour promouvoir et répandre la foi. Certes, Votre Éminence. Même si, d’après nos renseignements, vous voyagez souvent entre les transporteurs pour répandre une certaine… « bonne parole », si j’ose dire. Hé, hé, hé. Monsieur Maos’n, la parole d’un dieu est toujours bonne. Cela dit, pour simplifier notre présente conversation, je vous propose de me nommer « Gandhi », cela vous évitera de chercher, dans votre mémoire imparfaite, toutes les dénominations possibles et fluidifiera nos échanges. Ne croyez-vous pas ? Je… heu… hé bien, merci pour cette courtoisie… Gandhi. Ce nom a-t-il une signification particulière pour vous ou vos fidèles ? Il devrait en avoir pour vous, c’était un très glorieux humain qu’admirait sincèrement votre arrière arrière-grand-père sur quatre générations. J’ai pu m’entretenir avec lui, par ailleurs. Votre aïeul était un homme cultivé et assez indépendant, il pourrait vous en apprendre. … Nouuus enchainons de suite sur le reportage de Titus Matrane au sujet d’une visite d’Adénor Kerichi à un mariage barbane qui s’est tenu sur Transporteur 3 durant la soirée d’hier. « Adénor, Adénor, Adénoooooooor… Allez, tous ensemble ! GLOIRE À ADÉNOR ! Nous sommes donc, ici, au milieu de ce qui fut un simple mariage quand Sainte Adénor le magnifia de sa présence. La cérémonie elle-même en fut transformée, le célébrant la supplia à genoux d’officier à sa place. Malgré la posture approximative du demandeur, peu conforme aux usages inscrits dans le Rablerane, elle accepta et leva gracieusement la main pour… pour bénir le couple ! C’était… ce fut un tel moment d’émotion. Je me suis allongé sur le chemin du retour pour qu’elle nous honore de quelques mots divins à notre caméra. Le… les voici, ils sont splendides, simplement splendides. « Monsieur Matrane ? Mais que faites-vous donc ici ? Vous devriez vous lever, ce n’est pas décent pour un journaliste tel que vous. S’il vous plait, je voudrais vraiment rejoindre la sortie… » Magnifique ! Elle traversa alors la salle, accompagnée de toutes sortes de cris de joie et de « you-you » païens. Je dus moi-même rétablir le silence et la révérence qui seyait à ce moment. Mon propre Rablerane de poche circula pour convaincre les derniers récalcitrants. J’envis


RedU T1 Ch24 Ep01
Sep 26 2017 8 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 24 Episode 01 "Ambassadeur" PARLEMENTAIRE CI’CHI. VOTRE PONCTUALITÉ VOUS HONORE. Les compliments de votre Majesté représentent toujours une faveur particulière, répondit l’envoyée spéciale de l’assemblée. Depuis notre précédente réunion psychique, avez-vous été satisfait des nouvelles positions de nos croiseurs ? La République nalcoēhuale met un point d’honneur à respecter ses accords, Empereur-Dieu. CERTES, LES GRANDES LIGNES ONT ÉTÉ SUIVIES… Ci’chi tiqua. Assise dans un fauteuil conçu pour le confort des conversations mentales d’importance, elle s’autorisa un écart de protocole et ouvrit les paupières. La discrète pièce de communication ne représentait que quelques mètres carrés dans le gigantesque cuirassé amiral de la flotte, mais elle était bardée des systèmes dernier cri de contremesure d'écoute ou de surveillance. À portée de ses doigts, un petit tableau de commande lui permettait de contacter n’importe qui sur le territoire de la république ou de moduler l’intensité de l’amplificateur psychique dont les diodes serraient ses antennes. C’était toujours un peu gênant pour Ci’chi d’enlever le foulard qui les dissimulait, même si les nouvelles mœurs toléraient désormais cet écart. Le lieu présent imposait de toute façon ses propres priorités. « Dans les grandes lignes »… elle aurait parié que Godheim, le maitre du puissant Empire de Ragnvald, en savait plus qu’elle sur les turpitudes de Loxa et d’une partie de l’armée. La force mentale de l’Empereur-Dieu dépassait tout ce que les siens connaissaient, malgré une pratique et un entrainement aux techniques de l’esprit immémoriaux. Aucune communication interne, même hautement sécurisée, ne lui échappait. La VOIX reprit, ferme, mais moins agressive que lors de leur première « rencontre ». Une corvette de Ragnvald venait d’être détruite par un regrettable tir nalcoēhual, alors qu’elle se plaçait en protection des transporteurs de l’Exode. On avait frôlé la guerre. LES TRAVAUX DE RÉPARATION SUR LES APPAREILS DE L’EXODE SE POURSUIVENT AU RYTHME PRÉVU. UN DÉPART DU CERCLE DE KHABIT EN AVANCE DE ZÉRO VIRGULE QUATRE-VINGT-QUINZE POUR CENT EST MÊME ENVISAGEABLE. Vous m’en voyez ravie, Majesté. La présence de ces millions de réfugiés au cœur de notre territoire n’est pas appréciée par tous comme un acte de mansuétude. Cette information calmera certainement quelques esprits. DONT LA PARLEMENTAIRE LOXA, JE SUPPOSE ? Permettez-moi de ne pas confirmer ce qui relève de la politique intérieure nalcoēhuale, Éminence. Cependant, j’estime l’intérêt que vous semblez soudain y porter. Y a-t-il une raison particulière à cela ? questionna-t-elle posément. Aucune réponse ne lui parvint. En fait, ce regain d’intérêt inquiétait Ci’chi. Les deux peuples vivaient, depuis l’origine, dans une sorte de statuquo où l’on n’évoquait ni la guerre ni un quelconque traité de paix. Depuis quelque temps, une série de négociations portant sur des accords commerciaux tentait d’amorcer un cycle vertueux de normalisation, mais les discussions s’éternisaient. La faute revenait malheureusement aux siens, plus enclins à écouter les arguments d’extrême haut de Loxa que les tendances plus modérées. Ci’chi faisait partie de ces dernières et assistait, impuissante, à l’émiettement continu de ses soutiens. Fort heureusement, aucun des fondamentaux n’était encore mis en cause et la république multipartite conservait ses lignes politiques habituelles. Mais quelque chose de mauvais couvait. L’Empereur-Dieu savait certainement tout cela, quelles conclusions en tirait-il ? « DEPUIS DE TRÈS NOMBREUX CYCLES, NOS DEUX PEUPLES VIVENT UNE SORTE DE STATUQUO N’ÉVOQUANT NI LA GUERRE NI UN QUELCONQUE TRAITÉ DE PAIX. QU’EN PENSEZ-VOUS, PARLEMENTAIRE CI’CHI ? » répondit alors son interlocuteur. Ci’chi resta bouche bée. IL venait d’employer ses propres mots, cela ne pouvait être le fruit du hasard. Godheim prouvait ainsi que toutes les sécurités nalcoēhuales ne représentaient rien face à sa


RedU T1 Ch23 Ep16
Sep 06 2017 15 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 16 "Humilité" Une semaine passa, puis un mois. Je réprimai durement des frictions, prônant sans cesse notre nouveau catéchisme commun. C’est un des avantages intrinsèques aux religions, la possibilité d’en modifier à loisir l’interprétation, sinon le contenu, sans que personne y trouve à redire. Je dois cependant vous accorder que la présence des dieux « en personne », si j’ose dire, participa grandement à la pacification des deux civilisations. Je mutai au travers de mon empire des millions de foyers, imposant un brassage ethnoculturel, encourageant les accouplements et enfantements mixtes. Des temps à la gloire des deux croyances se juxtaposaient, allant jusqu’à partager des ressources ou des locaux où leurs représentants préparaient des célébrations communes. Ceux de l’Exode allaient avoir plus de problèmes, ils ne possédaient pas mes connaissances intimes de chacune et chacun. Je tâchai de leur apporter le soutien nécessaire, en particulier grâce à un avatar, relayant ainsi Ma présence parmi mes adeptes. L’heure du grand jour était venue. Nous organisâmes un nouveau Yesmaïl pour l’occasion, dont le succès ne se démentit pas. Le trio Arlington — Phil Goud — Adénor Kerichi y fit pour beaucoup, sacrifiant au rite malgré quelques réticences. Fabio Ouli m’apprit quelques astuces mentales pour accentuer la stimulation sexuelle de mon rayonnement. Je ne me lassai pas de découvrir l’étendue de ses connaissances psychiques : ce garçon est unique dans notre univers. Transporteur 3 vint à moi chargé de trois-cent-vingt-deux-mille-sept-cent-cinquante-quatre âmes, il me quitta avec près de cent-mille de plus. Même si une partie des exodés s’étaient convertis à la religion de Ragnvald, force fut de constater que le mouvement inverse restait bien supérieur. Pire, je pouvais mesurer que sur les deux civilisations, les volontaires au départ vers Antares IV représentaient zéro virgule zéro zéro trois pour cent, d’où ce que j’appelais un « second exode », car ce furent bien deux-cent-mille Ragnvaliens qui rejoignirent Transporteur 3. Alors que les nouveaux compresseurs dimensionnels propulsaient le glorieux engin et ses occupants vers leur destinée, mes calculateurs chauffaient déjà à revisiter les études sociales de mes mondes. Avais-je par trop délaissé ma tâche d’empereur pour celle de dieu ces derniers temps ? * Transporteur 3, en route vers l’Exode « Colonel Arlington, Fabio Ouli. D’ici trois bonds, nous atteindrons la position du reste de l’Exode. Je tiens à vous préciser que leur situation actuelle est désespérée et que nous devrons agir vite », lança l’avatar à la cantonade. Du haut de son siège de commandement enfin retrouvé, Momumba Arlington se prit le visage et échappa un long soupir, tandis que Fabio observait, incrédule, la représentation de l’Empereur-Dieu. Sur un signe de tête de son chef, le capitaine Carrillo s’en alla quérir le « couple divin » pour une nouvelle aventure qui n’allait finalement pas leur laisser beaucoup de répits. L’avatar de Godheim poursuivit : L’Exode a subi de lourdes pertes lors d’une vaste attaque pirate à leur sortie de la Passe de Magellone. Vous en saurez plus d’ici peu. Retenez surtout qu’ils pénètrent sur le territoire de la République nalcoēhuale, un très puissant adversaire. Va-t-on devoir se battre ? Mes hommes ne sont pas encore à l’aise avec vos nouveaux matériels, s’enquit prudemment Arlington. Et je parie que ça va nécessiter mon aide, compléta Fabio, dont les épaules se voutèrent imperceptiblement. Nous devons nous tenir prêts, en effet, mais il ne sera peut-être pas utile d’en arriver là. La flotte de Ragnvald a déjà préparé le terrain et plusieurs escouades de corvettes demeurent à proximité pour parer à tout besoin. Passeur, toi et moi allons nous réserver la plus importante partie du travail. L’avatar expliqua sommairement le système de communication nalcoēhual, basé sur des liaisons psychiques associées à des capteur


RedU T1 Ch23 Ep15
Aug 29 2017 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 15 "Confrontation (2)" Face à Phil Goud, je me revigorais. Quel personnage fascinant, une fois que l'on s’était penché sur son mode de pensée ! « Je refuse que vous quittiez Ragnvald. Le Faiseur est parmi vous, nous le savons tous et risquer de le laisser partir est inacceptable. » Un idéaliste, un juste. Voilà celui que tu avais choisi. J’ai été comme lui, loin des spécialistes de la guerre et de la politique, loin des calculs des grands, un homme guidé par son idéal. Simple, brut, une âme pure en quelque sorte… Tel était Phil Goud. Je reconnais bien là tes choix habituels, Faiseur. Il tenta une vaine approche conciliante… Tu pourrais nous laisser partir, on chercherait le Faiseur ensemble ! On le trouverait et on verrait ce qu’il veut. Parce que vous, Phil Goud, vous espérez comprendre le Faiseur ? J’ai bien peur que sa pensée soit loin de vos capacités. Fabio Ouli a essayé de me convaincre de la même chose, il en paye maintenant le prix. Vous avez un animal domestique ? Je ne le savais pas, voyez-vous… Fabio ? Où est-il ? Que lui avez-vous fait ? J’ignorai ces questions secondaires en observant, quelque peu attendri, leur chat décrire toutes sortes de circonvolutions autour de mes jambes. Durant mon existence humaine, j’avais possédé plusieurs félins. Ces mammifères sont particulièrement passionnants à étudier. La première grande civilisation d’Égypte les élevait au rang de créatures célestes. Certes, la protection des silos à grains y était pour beaucoup, mais l’attitude hautaine de ces petits êtres ne manquait pas d’impressionner. Phil Goud réagit lorsque la nouvelle s’afficha sur le téléviseur… « … m’annonce que toutes les navettes de Pirus II se préparent à un combat désespéré contre les vaisseaux ennemis, car certains prétendent que nous assisterions à l’ultime étape avant l’ouverture d’un portail dimensionnel ! Si tel était le cas, cela signifierait que… UN FLASH EST APPARU AU MILIEU DU CERCLE, ON DISTINGUE AU TRAVERS DE LA BRUME DES FORMES MOUVANTES ET OBSCURES… JE NE SAIS… » Je me fendis d’une explication pour nos dieux impies. Il s’agit d’un trou noir de catégorie quatre, situé près d’ici au cœur d’une galaxie en triple spirale. On peut l’apercevoir vers l’ouest en cette période de l’année. Une fois transféré là-bas, cet astéroïde n’aura jamais existé autre part que dans mes bases de données. Que décidez-vous, Phil Goud ? Allez-vous faire foutre ! répondit-il le visage blême. Nul doute que mon avatar ne reviendrait pas de cet entretien si je mettais le plan à exécution. Je pourrais tout arrêter si telle était ma volonté. De votre côté, vous le pourriez également, d’une manière assez simple en fin de compte. Cessons cette destruction aussi stérile qu’inutile, pour… JE T’AI DIT D’ALLER TE FAIRE FOUTRE, CONNARD ! Et le lieutenant Goud, d’un grand coup de pied, projette l’avatar au travers de la pièce. Tss, tss… Allons, justicier ! Il faut savoir reconnaitre la fin d’une partie. Accepte ma pr oposition, il en va de notre avenir mutuel. * « Mais si tu veux sauver l’humanité, pourquoi régner en dieu omnipotent sur tout cet empire ? Priver de la liberté de conscience ou surveiller tout et tous, ce ne sont certainement pas les meilleures méthodes pour les aider ! » Va-t-il enfin me laisser parler au Faiseur ? Fabio Ouli profite de la situation ! Que cette discussion aurait pu être passionnante en un autre moment, mais pas maintenant ! CAR LES HOMMES SONT TELLES DES NUÉES D’OISEAUX MIGRATEURS AU PRINTEMPS. IL LEUR FAUT UN GUIDE, UN BERGER. CELA A TOUJOURS ÉTÉ ET LE DEMEURERA POUR LONGTEMPS. FAISEUR, PARLE-MOI ! J’AI BESOIN DE TON POUVOIR POUR REFERMER LA PORTE À TOUT JAMAIS ! … Il ne veut pas, semble-t-il. C’est assez étrange, mais je dirais qu’il a son propre plan et que tu n’en fais pas partie. Si on y réfléchit, ce n’est pas totalement illogique. JE LE CONNAIS. IL REFUSERA DE LES SCELLER DANS LEUR DIMENSION, IL EST TROP RETORS


RedU T1 Ch23 Ep14
Aug 22 2017 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 14 "Confrontation (1)" « Adénor, viens voir çà ! » Phil Goud, le pseudodieu, appelait sa « déesse ». Sur le seuil de leur appartement, j'entendais à travers l'un de mes avatars le poste de télévision diffusant à nouveau, depuis la reprise de Transporteur 3, les informations continues d’Ex-One Média. Mes accompagnateurs patientaient, me laissant le soin de décider du bon moment pour me découvrir. Adénor Kerichi avait rejoint Phil Goud en pleine reconquête et je dus reconnaitre que ses conseils tactiques leur avaient donné un avantage stratégique décisif. Cependant, au-delà du courage et de la détermination des exodés, au-delà même de la surprise de mes troupes devant le soulèvement d'une population tout juste matée, il y avait l'exceptionnel Fabio. Partout dans l’empire, grâce aux émissions pirates d’Ex-One Média, on avait vu l'imposteur « Saint Phil » lever les bras et balayer mes soldats par dizaines. Semblant se concentrer, il retournait les balles contre les tireurs embusqués, contenait les déflagrations des grenades, quand il ne les laminait pas avant qu’elles explosent. Ces miracles truqués par le Mental renversèrent la donne, d'autant plus que les circuits vecteurs de mon omniprésence étaient méticuleusement débranchés au fur et à mesure de l’avancée des exodés. La malchance voulut qu'aucun de mes avatars n'ait été présent à ce moment-là… Ou peut-être les avais-je simplement sous-estimés ? « On y est… » ajouta Phil Goud alors que sa compagne le rejoignait. Il augmenta le volume. J'entendis alors la voix du journaliste Titus Matrane traverser la porte. « … en direct ces images des observatoires de Pirus II, l’astéroïde principal de la ceinture de Beta-Centauris. Une flotte d’une centaine de corvettes de Ragnvald vient d’apparaitre en orbite ! Je vous rappelle que Pirus II a décrété la sortie unilatérale de l’empire depuis vingt-quatre heures. L’influence de l’Empereur-Dieu a déjà été limitée par la destruction de certains systèmes centraux de transmission et on parle d’une purge totale en cours (j’ignorais même que cela était possible). Que va-t-il se passer, est-ce un simple bluff de la part du pouvoir ? L’inquiétude gagne la population qui prie Sainte Adénor et renforce ses armes avec des grigris, plus ou moins officiels, de Saint Phil. Nous voyons ici des colonnes de femmes et d’enfants que l’on met à l’abri dans les profondes mines de l’astéroïde, mais cela suffira-t-il en cas d’attaque ? Mesdames et messieurs, d’après nos derniers chiffres, la population de cet astéroïde serait de douze-mille-quatre-cent-soixante-quinze habitants, un nombre très moyen au regard des autres colonies de… » Le colonel Arlington, décidant que toute farce avait une fin, me dépassa brusquement de côté pour frapper la porte. Adénor ouvrit, une serviette sur les cheveux. Mon ouïe, plus fine que celle de tous ceux autour de moi, m'avait prévenu qu'une arme avait été sortie de son holster l'instant précédent. * Fabio Ouli écarquilla les yeux, la bouche entrouverte. « Quoi ? » Les diodes rouges de ma forme principale s’allumèrent dans l’obscurité. Il tourna la tête à droite puis à gauche, comme s’il me cherchait et s’écria : Le Faiseur est toujours vivant ! Godheim, un dieu ne ment pas, tu t’es joué de moi ! ET POURQUOI CROIS-TU CELA ? Il vient… de me le dire. Je m'interdis de réagir, immobile, alors que mes circuits tournaient à plein régime. Ainsi, il s’était enfin montré. Qu’il utilise le Passeur pour communiquer sa présence représentait une écrasante probabilité de soixante-et-onze virgule quatre-vingt-douze pour cent. Je ne mettais absolument pas en doute les assertions de Fabio Ouli, même si aucune vibration n’avait altéré mon champ psychique. De la part du Faiseur, cela ne m’étonnait guère, il n’utilisait pas le pouvoir mental des Titans pour communiquer. PEUX-TU ENCORE L’ENTENDRE, PASSEUR ? Là ? Non, enfin je veux dire qu’il ne parle p… ha… D’accord ! Apparemment, i


RedU T1 Ch23 Ep13
Aug 15 2017 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 13 "L'indignation d'un Dieu" Cercle de Khabit, Transporteur 3, quartier de l’équipage. Installé dans un des fauteuils du salon, je regardais Phil Goud agenouillé auprès de son chat Vivagel, brosse en main. Le félin laissait amoureusement l’ustensile glisser le long de son pelage. Il s’étirait autant que possible pour profiter le plus longtemps de chaque passage et encourageait son maitre par des ronronnements puissants. Phil était conscient de ma présence, mais refusait toujours de m'adresser la parole. Trop de mensonges, trop de suspicions et même peut-être trop de morts nous séparaient, pour qu’une quelconque amitié renaisse entre moi et le couple qu'il formait avec Adénor. Vivagel se tourna sur le côté, invitant clairement Phil à insister au niveau du cou et au bas du dos, ce qu’il fit, soumis une fois de plus aux désirs de l'animal. « Ce chat et moi sommes ensemble depuis bientôt deux ans. Neka, ma première femme l’avait trouvé miaulant devant sa porte… C’était alors la révolution Castiks. » Je m'étonnai le premier qu'il engageât la conversation. Le chat l’observait de ses yeux d’amande, semblant le retenir à son unique tache de brossage. Je ne manquai toutefois pas l’occasion de répondre : J’ai toujours aimé les chats, en ce qui me concerne. En fait, je déteste les rongeurs, rats et souris, donc forcement, les félins sont mes amis… Toi, peur des rats ? Non, pas « peur », je n'aime juste pas… En tout cas, c’est clairement une répulsion dont l’origine m’échappe. Il s’esclaffa — vraisemblablement par moquerie. Le « grand Passeur », celui qui emporte le destin de l’univers vers on ne sait où, se retrouve démuni devant un petit mammifère sautillant à quatre pattes, haut comme même pas une pomme ? Oui, d’accord, c’est bon ! répondis-je, agacé. J'avais beau tenter de me rapprocher du couple, il me renvoyait sans cesse son agressivité. Je devais reconnaitre qu’ils avaient raison, bien au-delà même de ce qu’ils imaginaient : j'avais après tout été contraint d'user de manipulation, voire même d'organiser un attentat à leur encontre... Il n’avait suffi que de quelques mots échangés face aux Titans, dans le cirque fou du Positron, pour qu’une partie du pot aux roses soit dévoilé, entrainant une colère froide, particulièrement chez Phil Goud. Pas de chance, c’était autour de ce dernier que toute cette histoire tournait, dont le fameux « Faiseur », l’être capable d’autoriser « la perturbation de l’ordre et de l’harmonie des choses » (selon l’Empereur-Dieu Godheim). Il était donc vital de demeurer à leurs côtés, d’autant qu’une puissante religion était née et que, même au sein de l’Exode, leur rôle n’était plus du tout anecdotique. Mais, dis-moi, enchaina Phil, pensif, tu n’es pas obligé de rester avec nous, tu sais ? Promis, dès qu’on voit le faiseur, on t’appelle. Je suis sûr que, quelque part, une jolie brune, ou un gentil Barbane moustachu, ou n’importe qui, t’accueillerait à bras ouverts ! Je suis officiellement responsable de votre sécurité et, entre nous, vous pourriez passer devant le Faiseur que vous ne le reconnaitriez pas. Et, enfin, Godheim (son avatar) ne me lâche pas, il veut connaitre l’avancée de nos recherches. Donc, navré, mais non. Phil échappa un profond soupir et poursuivit le brossage du chat. J'observais le félin qui lui rendit un regard moelleux. Où était donc ce Faiseur ? Si nous avions pu le trouver à l’époque, cela aurait sans doute simplifié bien des choses… Inutile de préciser que l’argument comme quoi le Faiseur était un exodé, avait été ressassé de nombreuses fois à Godheim. Les fondements de son empire étaient malheureusement en jeu, il allait donc mettre tous ses moyens dans les batailles théologiques à venir. Dans son immense grotte, il m’avait convoqué dès la reprise de Transporteur 3 par les fidèles de Phil et Adénor. Les morts continuaient de s’entasser dans les coursives et les escaliers, mais il s’agissait de soldats de Ragnva


RedU T1 Ch23 Ep12
Aug 08 2017 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 11 "Titra IX" Bonjour à tous, vous êtes bien sur Ex-One Média, et c’est Titus Matrane en direct de Transporteur 3 pour cette émission très très spéciale. Aujourd’hui, nous recevons une personnalité illustre dont l’éclat nous guide au travers des épreuves que nous traversons, je veux bien sûr parler de sa grandeur, son excellence… Phil Goud. Permettez-moi d’embrasser Votre main, Monseigneur. C’est un honneur, je vous l’annonce sincèrement et devant tous nos multispectateurs. Moi et les miens suivons tous vos préceptes et je conserve une trace de chacun de vos miracles chez moi. Je… Pouvez-vous bénir ma petite fille ? Elle est ici dans cette salle. Pas tout de suite, ne vous pressez pas, mais après l’émission, par exemple, et… Monsieur Matrane, retournez présenter ce journal s’il te… s’il vous plait. Si vous voulez m’aid… suivre la voie, je pense que c’est surement ce qu’il faut faire. Je bénirai tout ce que vous me demanderez après, promis. Oui, oui, bien sûr ! Alors, je… je me rassoie. Heu… nous avons tant de questions à vous poser, les fidèles ont saturé le standard dès la nouvelle de Votre Auguste venue. Accepterez-vous d’y répondre ? Au moins à quelques-unes ? Nous verrons, monsieur Matrane, mais je veux d’abord vous lire mon communiqué. Il est important et… il est temps pour moi de lever le rideau de tout ce théâtre. Je l’ai préparé rapidement sur un bout de papier dans le transport tubulaire, vous m’excuserez de certaines tournures. Bon, ce n’est pas l’essentiel, alors je commence. … Exodés de Transporteur 3, la nouvelle que j’ai à vous annoncer n’est en rien plaisante ou agréable. Il est probable que moi, Phil Goud, ma compagne Adénor et d’autres deviennent les personnes les plus haïes de l’Exode après cette déclaration. J’en assumerai donc l’entière responsabilité. À la suite de… C’est quoi ces lumières rouges qui clignotent, Matrane ? C’est assez dérangeant, j’aimerais rester concentré si possible. En fait, c’est pour annoncer un flash spécial. On me dit à l’oreille que quelque chose se passe sur un des mondes de Ragnvald. Nous recevons des images enregistrées, il y a maintenant un peu plus de deux heures. Cela parlerait de… d’un massacre de fidèles ! NON, encore ? Nous allons la visionner immédiatement. Jean-Marie, tu peux envoyer ! Donc… Ici, nous découvrons une barricade assez importante élevée autour d’un quartier où logent principalement des Octotes, me dit-on. La planète est Titra-9, une des plus grosses de Ragnvald après Monte-Circeo. Ha ! On longe la bordure intérieure avec les révoltés, semble-t-il. Les mines sont fermées et on peut distinguer des minirécepteurs illégaux qui permettent de suivre les nouvelles. Vu l’horaire inscrit sur cette vidéo, l’assaut sur Transporteur 3 venait de débuter depuis une bonne trentaine de minutes… On voit des gens distribuer des armes… D’après les langues parlées, il y a aussi des citoyens de Ragnvald, on dirait. Des convertis… Ici, cette jeune fille offre à boire et… Catherine ! Pardon ? Vous connaissez… Mais qu’est ce que c’est ? Je découvre ces images en même temps que vous, mesdames et messieurs. Une population en colère vient de s’amasser face à eux, à moins d'une centaine de mètres dirait-on. Ils sont… très nombreux et visiblement armés. Regardez là, des gardes de Ragnvald en tenues blindées ! On voit l’inquiétude gagner les visages de ce côté des barricades, certains reculent, d’autres se préparent à combattre. On a le son ? La fille, là, on peut l’entendre ? « Saint Phil et Sainte Adénor nous regardent par-delà les mondes ! Nous leur devons tout et c’est… » ILS ATTAQUENT ! Cette vidéo est un témoignage en direct, mesdames et messieurs. Les soldats de Ragnvald utilisent des explosifs. Ils ouvrent facilement une brèche dans la barricade OÙ TOUS LES AUTRES S’ENGOUFFRENT ! … C’est… Ho ! Mon Dieu, Phil, PHIL ! Ça va trop loin... La jeune femme, regardez comme elle se défend ! Elle met à terre plusieurs assail


RedU T1 Ch23 Ep11
Aug 01 2017 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 11 "Échec total" Le personnel de l’hôpital m’avait littéralement séquestrée dans une pièce à part. Derrière la porte s’accumulaient déjà fleurs, offrandes et suppliques pour que je réalise tel ou tel miracle. Le responsable des internes ne m’avait-il pas demandé d’intercéder en faveur d’un patient en état critique ? Je ne pouvais évidemment rien tenter pour ce pauvre hère, au mieux pouvais-je passer le message à Fabio au cas où ses pouvoirs seraient efficaces. « Sainte Adénor » était venue aux nouvelles du capitaine Carrillo et des centaines de blessés balayés par la contrattaque de Ragnvald. Nous le savions, mais nous pensions que cela n’arriverait pas « forcément », quitte à nous mentir à nous-mêmes. Les assaillants ne furent pas cent, ni cinq-cents, mais deux-mille, lourdement armés, se jetant dans une opération de « sauvetage » qui n’en avait que le nom. Comment espéraient-ils protéger la vie des otages dans une attaque de cette ampleur ? Mais le fait est qu’ils atteignirent leur objectif, car les exodés, eux, n’étaient pas des bêtes au point d’achever des blessés dans un hôpital. Je regardais la cité intérieure par une petite fenêtre, lorsqu’Arlington entra dans la pièce en se contorsionnant pour contourner les montagnes de présents qui abondaient devant l’entrée. Il arborait évidemment la mine grave des mauvais jours. Carrillo s’en sortira. L’opération a été un succès et on a retiré les deux balles logées près du cœur. Le pire, c’est qu’on reçoit en ce moment l’aide de nombreux médecins et d’avatars pour soigner les blessés et étayer les décombres d’immeubles. Apparemment, le message serait qu’ils sont « désolés d’avoir été obligés d’en arriver là ». Quelle hypocrisie ! Y a-t-il eu de nouvelles victimes ? demandai-je, dégoutée par ce gâchis sous notre responsabilité. Oui, deux. Vu le nombre de blessés, c’est un miracle et… il vous est attribué à l’unanimité. Le colonel s’approcha pour, comme moi, scruter la cité intérieure. Les dernières fumées finissaient d’être étouffées et on condamnait des quartiers entiers pour éviter un écroulement en chaine. Deux-mille soldats, sans aucune pitié : aucune résistance n’avait été tolérée, la mort pour tous ceux qui faisaient mine de combattre. Si Carrillo n’avait pas ordonné d’éloigner le maximum de personnes des zones où les potentielles batailles se dérouleraient, le bilan aurait été bien pire. Il avait, en tant que responsable, préparé tout ce qu’il était humainement possible : barricades, protections, chaussetrappe… Même l’hôpital avait été évacué, ne conservant que le minimum de patients qui ne pouvaient être déplacés. Mais que pouvait-il espérer face à l’Empereur-Dieu ? Ce cyborg possédait tous les plans de notre transporteur, fichait chaque exodé, mémorisait toutes les stratégies depuis l’aube des temps et mobilisait une force de frappe endoctrinée et parfaitement organisée. La voix cassée, Arlington tira le bilan peu reluisant de ce drame. On dénombre au total cent-soixante-quatre morts, dont sept enfants, quatre-cent-douze blessés, dont une vingtaine de cas très graves, ce qui est peu, car… ceux qui résistaient étaient implacablement achevés. Une partie des victimes « civiles » l’ont été suite à l’assaut par les forces de Ragnvald d’un immeuble occupé. Une erreur ? Non. Il s’agissait de… de certains de vos fidèles. Ils pensaient sérieusement qu’eux et leurs familles étaient placés sous votre sainte protection et qu’ils seraient vainqueurs. Ce fut un massacre. Je suis navré, Adénor. Je ne sais que dire. … De leur côté, ils déplorent tout de même des pertes : neuf morts et environ quatre-vingts blessés. Artoc et les otages ont été libérés et sont maintenant quelque part sur Monte Circeo. D’après quelques rumeurs divulguées par les médecins de Ragnvald, il s’agirait également des plus lourdes pertes de mémoire d’homme dans leur rang. Maigre consolation. L’Empereur-Dieu est bien au-delà de la mémoire des hommes et ce




RedU T1 Ch23 Ep10
Jul 25 2017 10 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 10 "Artoc" Je descendais vers la salle des machines, passant en revue le contenu des derniers envois à nos « exodés expatriés » avec deux sous-officiers, quand toute l’affaire débuta. Arlington, Phil, Adénor et Fabio Ouli visitaient une colonie octotes à une journée de Transition d’ici et les premiers retours étaient positifs. « … si les gars de Ragnvald fouillent les bagages, alors on va utiliser le vieux principe des 'mules' : on place le nécessaire dans de grosses capsules antirayonnement qu'ils doivent absorber. Ça passera les contrôles sans problème. Et le quota de reliques sacrées, il est enfin prêt ? Cela fait deux jours que je le demande. Transmettez à Adénor, on a besoin d’autres cheveux d’elle pour le groupe nordiste. C’est bien qu’ils viennent aussi ceux-là : des durs à cuire, mais une fois lancés ils ne lâchent rien… » Les gars étaient bien en peine de suivre le rythme, mais on ne pouvait ni se permettre d’assigner trop de monde à ces opérations secrètes ni retarder le programme. Brouilleurs électromagnétiques, communicateurs, livrets de formation à la clandestinité et, bien sûr, tout le nécessaire aux multiples rites de notre nouvelle liturgie (que l’on inventait au fur et à mesure). La liste n’était d’ailleurs pas exhaustive… La diffusion de la religion de Phil et Adénor avançait à un rythme de sénateur, on sentait la main de l’Empereur-Dieu un peu partout pour nous mettre des bâtons dans les roues. Là-bas, il s’agissait de contrôles inopinés aux espaces d’embarquement et, ici, il osait même convertir des exodés sincères à sa croyance puis les utiliser comme taupes. Saloperie de cyborg… Je devais admettre qu’il était un adversaire redoutable, n’ayant rien à envier à l’ancien régime royal : moins violent et plus efficace. C’est à ce moment que mon communicateur sonna, on me demandait d’urgence à l’entrée. On accourut aussi vite que nos jambes nous le permirent, mais c’était déjà trop tard. Le hangar principal était envahi par une vingtaine de soldats et techniciens de Ragnvald, dirigés par le fameux Artoc en personne. Il arborait fièrement sa tenue officielle, les armoiries bien en évidence sur le heaume. En dessous brillaient ses pupilles dorées de Mental, particulièrement inquiétantes. Par ordre de Son Ultime Grandeur, nous venons procéder à la première phase du démantèlement de cet appareil et à l’affirmation de Sa présence à bord, durant les travaux. Toi, lance un appel général, je veux tout le monde ici dans les deux prochaines minutes, VITE ! Je me retournai vers Artoc, il suffisait de gagner quelques minutes. Quant à vous, je vous demande de sortir. Vous n’êtes pas sous votre juridiction et l’Empereur-Dieu n’a pas d’ordres à donner en ce lieu. Il est partout, hérétique, et nous passerons. Comme quoi, si Godheim était futé, ses sous-fifres n’étaient pas du même calibre. Artoc leva un de ses doigts et tous ses hommes en armes (il y avait deux extraterrestres à ses côtés) firent claquer le chien de leurs fusils-mitrailleurs ou prirent en main une sorte de poignée dont j’ignorais l’utilité. D’un coup d’œil, je mesurai que nous étions moins nombreux et moins bien préparés qu’eux. Je tentai une ultime mise en garde, la méthode d’Arlington pour les cas désespérés. Artoc, ne faites pas de bêtises. Il y a encore beaucoup de monde dans ce transporteur, vous ne feriez pas le poids. On pourrait en rester là et… THL’A ! Aucune idée de l’origine de cette langue, mais ses soldats bondirent. Plusieurs pointèrent ces espèces de poignées sur nos gardes et, dans un éclair bleu, ils les firent s’effondrer au sol, comme foudroyés. Les autres furent mis en joue ou maitrisés rapidement, moi le premier. Je fixai mes hommes à terre alors qu’on me ligotait fermement. Artoc suivit mon regard et ajouta : « Ils seront bons pour quelques jours de grosses migraines… On vous emmène avec nous, direction votre cité intérieure. Ensuite, vous nous montrerez les lieux de fabrication



RedU T1 Ch23 Ep09
Jul 19 2017 16 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 9 "ExOne Média" « Bonjour à tous, vous êtes bien sur Ex-One Média, et c’est Titus Matrane en direct de Transporteur 3 pour l’édition du soir ! Voici les titres : Retour sur cette impressionnante série de miracles dont nous recevons les images presque quotidiennement par nos multispectateurs. Il semble que Saint P… Phil Goud et Adénor Kerichi… aient décidé de montrer l’étendue de leurs capacités. Le nombre de leurs adeptes ne cesse de croitre et pas seulement dans l’Exode ! La dispersion imposée par l’empire de Ragnvald se poursuit, mais elle est loin de se dérouler dans la paix. Des témoignages en provenance des dix-mille mondes en seconde partie. Enfin, nous ferons un tour d'horizon des connaissances accumulées sur la société de Ragnvald, sa structure et ses contradictions. Pour répondre à toutes nos questions et éclairer ce débat, nous recevons sur ce plateau le commandant Momumba Arlington en personne, qui s’installe en ce moment à mes côtés. Retrouvons-nous juste après une page de publicité ! » Retour dans votre édition du soir d’Ex-One Média. Colonel Arlington, c’est un plaisir de vous recevoir ici, vos interventions publiques se font plutôt rares. Le plaisir est partagé, cher Monsieur Matrane. J’adorerais venir commenter l’actualité plus souvent, mais il s’avère que je suis, en raison de mes fonctions, au cœur de cette actualité. Rappelons à vos multispectateurs, s’il en était besoin, qu’il y a environ un mois, nous étions happés dans une dimension autre que la nôtre, alors que l’on traversait la Passe de Magellone… … Et nous en sommes revenus directement pour être récupérés par l’Empire de Ragnvald. Tout cela n’est plus guère « nouveau » dans le flux médiatique, alors que ces images-ci… Là, nous voyons Sainte Adénor Kerichi qui s’élève dans les airs et prie face au mur protégeant le service des soins intensifs de l’hôpital. Un exodé avait été gravement blessé en barrant le passage des machines-outils, venues démanteler notre transporteur. La nouvelle de sa rémission miraculeuse nous est parvenue quelques minutes plus tard et on a même pu voir l’homme saluer la foule et s’agenouiller devant Adénor. Ici, c’est Sai… Phil Goud qui confirme être apparu à ce pilote de corvette dont nous avions reçu le témoignage quelques heures plus tôt. Il avait été ainsi prévenu du passage d’une météorite, sur sa trajectoire de descente vers Monte Circeo. Ou cet extraordinaire redémarrage du circuit secondaire de Transporteur 3, quand Phil et Adénor ont uni leurs mains et effleuré le générateur. Celui-ci s’est remis à fonctionner, fournissant l’électricité indispensable à la cité intérieure, coupée depuis plusieurs heures. Ces miracles ont été vérifiés et confirmés sur place. Aucun trucage n’a pu être mis à jour. Colonel, votre commentaire ? Vous savez… dans ma culture tropicalienne, nous sommes habitués aux mystères de l’esprit et de l’autre monde. Les divinités ne sont, en fin de compte, qu’une part de notre univers et nous cohabitons avec eux en permanence, de la naissance à la mort. Et bien sûr après, lorsque notre âme pénètre elle-même ces mystères. Je ne peux que me réjouir de voir les très estimés Phil et Adénor devenir ainsi une forme de pont avec cet autre univers. D’une manière ou d’une autre, ils ont réussi à atteindre cette forme que l’on qualifie de « divine », mais qui, à mes yeux, n’est qu’une représentation supplémentaire des forces mystiques naturelles. Je ne peux que vous donner mon opinion, bien entendu. Que peut le ver de terre face à la baleine-verte, n’est-ce pas ? En effet, Colonel. Mais du point de vue officiel, l’administration de Transporteur 3 ne fait pas de commentaire. Pourquoi ? Techniquement, ce sont des troubles à l’ordre public auxquels nous assistons. Tout de suite les grands mots ! Mon cher Titus, une autre dimension, le capitaine Magellone, Ragnvald et l’Empereur-Dieu, le Yesmaïl… Nous ne pouvons que nous réjouir de voir apparaitre un tel re


RedU T1 Ch23 Ep08
Jul 11 2017 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 8 "Godheim (suite)" Je m’arrêtai devant la grande porte de la caverne de Godheim. Mes barrières mentales bien levées, je perçus les suggestions diffuses qui m’assaillaient de toutes parts, mais, cette fois, je ne commis pas l’erreur de baisser ma garde : mon esprit était en configuration militaire de combat, celle enseignée aux Forces mentales, avec barrières multiples et espace de transfert entre l’extérieur et moi. Sur le fond, la mesure du pouvoir psychique de Godheim était à la portée d’un agent courant, et quelqu’un comme Ralato n’aurait eu aucun mal à le contrer. C’était certainement sur la durée et l’épuisement de ses adversaires que tout le système reposait. D’ailleurs, compte tenu de la taille de l’empire, j’étais surpris de ne découvrir aucun Mental, au moins « sauvage », au travers de mes projections. Les retenait-il quelque part ou les supprimait-il ? Dans la même veine, je soupçonnais un cerveau organique dans cette coque cyborg. QuartMac m’avait maintes fois démontré que seule une matière vivante pouvait créer le pouvoir de l’esprit, les meilleurs brouilleurs ou amplificateurs ne faisaient que modifier les vibrations psychiques sans les générer. Les Titans se chargeaient de ce dernier point (seul Godheim et moi-même le savions) et j'étais persuadé qu'il en était autant de l'origine du pouvoir de l’Empereur-Dieu. Une réunion importante octotes sur un monde lointain avait été retardée à cause de cette demande pressante de l’Empereur-Dieu. Je ne pouvais prendre le risque d’être à la fois confronté à lui et fomenter une sédition religieuse. La porte s’ouvrit et quelques pas me placèrent sous la colonne de lumière. IL se tenait là, à deux mètres sur ma droite, dissimulé dans l’obscurité. Le grand phallus était capable de contorsions qui auraient ravi les cinéastes érotiques. SA voix résonna depuis le néant. TU TE FERMES À MES INCURSIONS MENTALES. DOIS-JE USER DE NOUVEAU DE TON TALON D’ACHILLE ? Allons, Sire Godheim. Toutes les serrures ne sont pas faites pour être ouvertes, n’est-ce pas ? J’entendis une forme de ricanement, du moins c’est à cela que ça me faisait penser, et la tête du cyborg apparut… juste devant moi, à ma grande surprise. Bon, d’accord, il s’était encore joué de mes perceptions. Au moins, ne traversait-il pas mes barrières… enfin, je l’espérais. « SOIT, JE L’ACCEPTE. MÊME SI JE DOUTE QUE TU SACHES QUI ÉTAIT ACHILLE. » Blabla… venons-en aux faits. Le sujet de cette convocation était une évidence, mais puisqu’il désirait me voir en personne au cœur de son antre, et pas par l’intermédiaire d’un avatar, autant en profiter pour soutirer autant d’informations que possible. « Sire Godheim, je me faisais une remarque sur certaines correspondances entre votre… auguste demi-millénaire et les débuts de l’Histoire de MaterOne, telle qu’elle fut écrite. Vous savez certainement qu’Ang… que le contramiral Poféus et moi-même avons effectué des recherches sur le passé caché de l’humanité. Parmi les multiples découvertes, il semble que des êtres différents, « non humains » devrais-je dire, guerroyèrent un long moment avec elle. Une race comme celle d’Artoc, peut-être ? Et, coïncidence supplémentaire, les archives les plus lointaines sur ce sujet remontent à un… demi-millénaire. » Et pan dans les dents. Alors mon gros phallus divin, qu’as-tu donc à répondre à cela ? Chaque indice donne un coup de pinceau supplémentaire qui permet d’appréhender la toile un peu plus correctement. Quoi que tu dises, cela m’aidera. Plusieurs rouages roulèrent sous les tendons des joues alors que la tête s’approchait de moi. Les odeurs mélangées de semi-décomposition et de produits chimiques étaient pires que la première fois et m’agressèrent les narines, mais je dissimulai ma gêne. Il savait pertinemment ce qu’il faisait, bien sûr. TRÈS PROCHAINEMENT, IL NE SERA PLUS CONTRAMIRAL. Angilbe a des problèmes ? Ce serait surprenant de sa part… CE QUI SE PASSE LÀ-BAS OU ICI… TOU


RedU T1 Ch23 Ep07
Jul 04 2017 12 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 7 "Godheim" Cercle de Khabit. Région fermée sous contrôle militaire Nalcoēhual. Regroupement des transporteurs de l’Exode, Communication psychique directe entre l’Empereur-Dieu de Ragnvald et la parlementaire Ci’chi. PARLEMENTAIRE CI’CHI. VOS CROISEURS DE COMBATS SE FONT TROP TÉMÉRAIRES. VEILLEZ À LEUR RAPPELER LES TERMES DE NOTRE ACCORD, SOUS PEINE DE ME VOIR AGIR EN CONSÉQUENCE. Éminence, je vous conjure de croire en notre bonne foi. Les ordres nécessaires seront donnés rapidement pour respecter notre parole. QU’IL EN SOIT AINSI. POURQUOI N’ÉPROUVEZ-VOUS PAS DE CONFIANCE QUANT À L’AVENIR DE CETTE SITUATION ? Je… Votre capacité à lire en vos interlocuteurs complexifie la fonction de négociatrice, Éminence. Je pense que vous connaissez déjà ma réponse. Les rapports de pouvoirs chez les Nalcoēhuals sont très fluctuants en ce moment et l’arrivée de l’Exode, suivie de votre intervention, entraine des… remous. RAGNVALD N’A QUE FAIRE DES DÉSIDÉRATAS CONTRADICTOIRES DE VOTRE SYSTÈME POLITIQUE. CE QUI SE JOUE ICI EST D’UN NIVEAU BIEN PLUS ÉLEVÉ QUE VOUS NE L’IMAGINEZ, CI’CHI. La parlementaire nota intérieurement ce nouvel indice offert par l’Empereur-Dieu. « Un niveau plus élevé »… cela expliquait cette intervention musclée au risque de conflit réel. Mais les questions qui en découlaient relevaient alors d’un mystère encore plus profond. Qu’est-ce qui pouvait être plus important qu’une guerre interstellaire entre les deux plus grandes puissances de ce côté de l’univers ? Rien que de s’en interroger ouvrait un abime de perplexité pour la parlementaire. Elle songea qu’une fois de plus, Loxa ne serait jamais apte à la gouvernance, surtout avec sa vision castrée de la complexité du monde. LES NUISIBLES ONT CELA DE COMMUN AVEC LES AÉROLITES QUE LEUR EXISTENCE EST NÉGLIGEABLE EN PETIT NOMBRE. Heu… oui, votre Excellence. Le problème c’est que certains de ces « nuisibles » peuvent être investis d’un pouvoir qui… les dépasse, décuplant ainsi leur capacité de nuisance… VOTRE LOXA SERA-T-ELLE INVESTIE D’UN TEL POUVOIR ? Conféré par les lois de la République nalcoēhuale, oui, c’est possible. NOUS EN PRENONS BONNE NOTE, PARLEMENTAIRE. VEUILLEZ MAINTENANT TRANSMETTRE LE MESSAGE À VOTRE FLOTTE. Et la puissance se retira. Seul dans son immense grotte, l’Empereur-Dieu des dix-mille soleils releva l’appendice qui lui tenait lieu de visage, ses yeux métalliques rougeoyant dans l’obscurité. Fabio Ouli relayait ses capacités mentales pour les amplifier à un niveau extraordinaire dans le but d’impressionner les Nalcoēhuals. Cela fonctionnait, même si l’utilisation du pouvoir des Titans, au travers d’un allié aussi imparfait que ce Passeur, n’était pas de son gout. Il sentit monter en lui ce qui se rapprochait le plus d’une sorte d’affliction, ses rouages les plus profonds se serraient, ses chairs les plus intimes se contractaient… L’antique jeu d’échecs n’est pas à la hauteur des complexités présentes… le Go, peut-être ? Je suis Godheim, l’être le plus proche de la divinité qui existe, à ma connaissance, dans cet univers… et ma connaissance est très vaste. Celui-ci, nommé Ragnvald en l’honneur d’une antique culture humaine, est basé sur une liberté de chacun, établie au sein d’une société obéissant à Mes lois et Ma religion. Ceux qui voient en cela une contradiction ne connaissent pas l’Histoire comme moi je la sais, comme je l’ai vécue depuis plus d’une demi-douzaine de siècles. Plus important, les forces en jeu leur échappent. La Passe du nom de ce traitre de Magellone est traversée, la structure du Cercle de Khabit où l'on vénère Cibus (Vegas IV pour les humains) est analysée, le tout sans aucune vision d’ensemble. Telle la fourmi escaladant la pente avec son bourdon desséché, on ne pense qu’à ramener sa nourriture, ignorant que le bourdon est empoisonné par des insecticides ou que la pente mène à un prédateur affamé. Lorsque je laisse l’œil de mon esprit voyager à travers mon emp


RedU T1 Ch23 Ep06
Jun 27 2017 11 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 6 "Réunion" « Bonjour, nous vous attendions, le colonel est déjà à l’intérieur. » Adénor et moi arrivions à peine que Carrillo nous tombait dessus pour nous entrainer dans un conteneur d’habitation, à la base d’une tour où s'en empilaient plusieurs. C’était cela la cité intérieure d’un transporteur : des conteneurs les uns sur les autres, et des familles qui y logeaient, aménageant leur « doux foyer » comme ils le pouvaient. Cela ne ressemblait pas aux bidonvilles de MaterOne, non, tout le monde ici avait l’eau courante (même rationnée) et l’électricité, mais on était loin du confort « en dur » de l’équipage et on différenciait facilement l’habitat d'une famille modeste de celui d'une plus aisée. L’argent avait beau avoir disparu durant le voyage, il avait de toute évidence été présent au départ. J’aidai Adénor à enlever sa cape, la mienne suivit (on nous avait demandé de venir incognito et ça n’avait pas été simple). Au milieu de la grande « pièce principale » se trouvait une table éclairée par une petite ampoule orange. Pas de mobilier, juste un terminal et un téléphone accrochés sur le mur du fond. Ce n’était pas un logement, nous étions dans une sorte de cachette d’Arlington… Est-ce qu’il maintenait beaucoup d’endroits de ce genre en activité ? Il nous regardait, assis de l’autre côté de la table, discutant à voix basse avec Fabio qui semblait plus pâle que d’habitude ; je sais qu’il a été placé sous surveillance médicale après le Yesmaïl. Nous n’avons pas eu de ses nouvelles depuis, ce qui est étonnant. Le colonel se tourna vers nous, l’air plus sérieux qu’à son habitude. Connaissant le bonhomme, ce n’était pas de bon augure. « La demi-heure de retard, c’est une coutume chez vous ? Asseyez-vous pendant que je résume le début de la réunion. Nous sommes dans un lieu sécurisé et discret. Personne ne peut nous suivre jusqu’ici ni nous écouter, je connais personnellement le chef de ce quartier et c’est quelqu’un de confiance. Monsieur Ouli nous garantit de son côté qu’aucun Mental ne nous perçoit. » Fabio hocha silencieusement la tête. Adénor me l’avait suggéré dans le transport tubulaire : il ne s’agissait pas d’un simple travail de planification, mais bien d’une réunion secrète. Pas besoin d’être devin pour en déduire le thème, je coupai donc au plus court : OK, Arlington, nous avons compris l’idée. Vous avez un plan pour combattre Ragnvald ? Oui. Vous avez pu voir les nombreux exodés qui se sont laissé tenter par la dispersion. C’est une grande perte pour nous… mais on peut retourner cette arme contre l’Empereur-Dieu. Tout son empire est basé sur, un, sa présence omnipotente et, deux, la religion sur sa personne. On peut, au moins temporairement, se jouer du premier avec des systèmes d’impulsions électromagnétiques et quant au second… Fabio ? Le blondinet se racla la gorge et nous regarda très sérieusement. Avez-vous pu sentir cette espèce de champs psychiques assez diffus qui s’étend là où Godheim le désire ? Je pense que c’est un effet induit et que sa religion est basée dessus. On a pu expérimenter cela durant la révolution Castiks dans… hem… dans les Forces mentales. Vous placez plusieurs Mentaux autour d’un endroit et vous disposez des amplificateurs de manière équidistante. Cette technologie est dérivée des capteurs psychiques, en fait. Bref, il a été possible de jouer, non pas sur une action particulière, mais sur une suggestion, une « pression suggestive » devrais-je dire. On a pu l’appliquer sur un village entier. CANVIEILLES ! hurlais-je spontanément. C’était le village de mon enfance, là où ma première femme et Ange, mon meilleur ami avions grandi avant que les forces royales décident un jour d’y envoyer leurs groupes de nettoyage. En moins d’une journée, l’endroit était devenu un village fantôme ! Fabio leva immédiatement les mains pour éviter un incident : Absolument pas, rassure-toi. Au contraire, cette méthode visait justement à remplacer ce genre de… c


RedU T1 Ch23 Ep05
Jun 21 2017 13 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 5 "2eme phase" Avec l'apparition de Transporteur 4 tracté à travers l’ouverture dimensionnelle par les corvettes de Ragnvald, l’Exode était finalement regroupé. La dernière fois, cela remontait au départ pour la Passe de Magellone. Parmi les derniers arrivés, un homme s'impatientait de pouvoir étudier la technologie de leur mystérieux allié. Le professeur Schwarzkof attendait l’ouverture du sas de secours avec le second et les chefs de section ; une navette de transport venait d’accoster de l’autre côté et le mécanisme de pressurisation était en cours. Vernek Junta pénétra en premier, comme il seyait au commandant du vaisseau, et salua l’équipe. Il signifia « sa joie de revenir chez lui » en serrant les mains qu'on lui tendait : son absence pour raisons diplomatiques sur Transporteur 1 prenait fin… après un fiasco mémorable. On lui résuma autant que possible les avaries en l’entrainant vers le centre de commandement. Le reste du groupe en provenance de la navette entra et Schwarzkof se focalisa sur eux : des techniciens et ingénieurs du transporteur d’Arlington, des membres de cet empire de Ragnvald et le capitaine Carrillo. Bonjour officier et bienvenue. Je suis le professeur Schwarzkof, responsable scientifique de ce transporteur. Quand pensez-vous que nous pourrons commencer ? Bonjour professeur. Oui, je suis au courant que vous voulez tout savoir. L’installation des équipements estampillés Ragnvald prendra un peu plus d’une semaine, mais les ressources de… de cet empire sont vastes et les réparations de tous les transporteurs débuteront conjointement. Schwarzkof débordait de joie, tel un enfant devant de nouveaux jouets. Formidable ! Alors par quoi commençons-nous ? Avez-vous des plans, des concepts ou quelques formules ? Je suis vraiment impatient, impatient, im-pa-tient ! Hé, hé… Je vous renvoie dans ce cas vers les ingénieurs de Ragnvald ici présents, professeur. Ils sauront vous renseigner, je ne suis qu’un facilitateur, mon travail est de faire profiter votre équipage de mon expérience avec ces matériels. Carrillo serra la main des autres responsables et la petite troupe se dirigea vers le plus gros des défis : l’installation des nouveaux Compresseurs dimensionnels de Ragnvald. * Quand je pense que me voici promu spécialiste des technologies de Godheim. Moi… Andro Carrillo. C’est risible. Le partage du Yesmaïl et la dispersion, l’intégration par la dissolution de l’Exode dans un ensemble plus vaste, tel était le plan original de Godheim. Spéculez comme vous voulez, mais je ne l’aime pas du tout cet « Empereur-Dieu » d’opérette. Qu’il soit notre allié de circonstance n’enlève pas à mes yeux qu’il nous ait kidnappés avec Transporteur 3 pour nous imposer Sa Loi. Dès le lendemain de l’orgie, je me réveillais dans les bras d’une… enfin de plusieurs… enfin bref, je me réajustais et revigorais les derniers indolents à coups de pied. Je ne décolérais pas : nous étions tombés dans un piège. Subtil, certes, vicieux même, mais réel : quelque chose nous avait tourné la tête, mais quoi ? Tout ce que je savais, c’était que Fabio, le Mental qui nous accompagnait, avait été emmené à l’infirmerie, souffrant d’une violente migraine. Ce genre d’évènement risquait d’émousser les certitudes chez certains des nôtres, favorisant l'acceptation de la dispersion et du « recyclage » de notre transporteur. On s’était tous laissé aller et on risquait maintenant d’en payer le prix. Avec Arlington, je supervisais le retour de tous à bord et l’interdiction de ressortir du vaisseau durant les prochaines vingt-quatre heures. Je veillais personnellement à ce qu’aucun membre de Ragnvald ne pénètre dans ce qui était, hélas, notre ultime sanctuaire. Pas question de « Mais je l’aime ! » ou de « Laissez-nous, c’est notre droit ! », je demeurais inflexible, allant jusqu’à user de la force. Pour le coup, j’avais choisi des gardes adeptes de Phil et Adénor : ces deux-là avaient montré une voie da


RedU T1 Ch23 Ep04
Jun 14 2017 18 mins  
Red Universe Tome 1 Chapitre 23 Episode 5 "2eme phase" « Yesmaïl » ? C’est quoi ? me demanda Phil dans son registre d’incrédule permanent. Il s’agit de quelque chose comme une fête en l’honneur des nouveaux arrivants, si j’ai bien saisi. Pas besoin de fête, lança-t-il sèchement, on repart dès que possible et on les emmerde. Cela risque d’être difficile, mon chéri. D’après Carrillo, nos compresseurs dimensionnels refusent simplement de s’activer et le Lithium de nos réservoirs semble… comment dit-il déjà ? Figé ? Phil ne répondit pas, il se contenta de hocher la tête, comme toujours lorsqu’il n’aimait pas reconnaitre que quelque chose le dépassait. Je m’appelle Adénor Kerichi, je suis une exodée, une déracinée. J’ai grandi dans l’armée royale et j’étais devenue une de leurs meilleures tireuses d’élite. Un jour, ils ont pris mon père en otage pour que je neutralise une personne que je respectais, c’était le père de la commandante Benkana. J’ai… beaucoup d’assassinats sur la conscience et je devrai vivre avec ça pour le reste de mes jours. Quand Phil m’a trouvée (en fait, il m’avait sauvée auparavant, sans le savoir, à la Forteresse Castiks), nous nous sommes plu immédiatement. Et bien que j’étais « de l’autre côté », il m’a acceptée comme telle, avec mes défauts. Je l’aime et je mettrai toutes mes forces pour l’accompagner, le soutenir et le protéger. Il représente ma rédemption et l’Exode notre avenir. Nous suivions, avec tout un groupe de nos supporteurs, un avatar de l’Empereur-Dieu venu nous chercher. En fait, nous arrivions les derniers pour la fameuse invitation du « Yesmaïl », une célébration impossible à définir. Pour une raison de notoriété et probablement de politique, les exodés devaient se regrouper dans plusieurs stades souterrains, dispersés un peu partout sur la planète. Carrillo et Arlington avaient exigé que des gardes armés accompagnent systématiquement chaque groupe et qu’un système de communication radio fonctionne jusqu’à leur retour. Cela avait fait sourire l’avatar face à eux, mais l’accord avait été donné. Nous avons pénétré dans une pièce visiblement conçue pour l’attente, dont la seule sortie était une large et lourde porte décorée d’épaisses moulures et dorures. Arlington et toutes les personnalités importantes de Transporteur 7, ainsi que quelques gardes et deux avatars de l’Empereur-Dieu, nous attendaient. Le colonel n’aimait pas les retardataires : Ha, il ne manquait que vous. Nous sommes au complet, maintenant. Empereur-Dieu, est-il prévu de commencer un jour ? Oui, Commandant. Un peu de patience, certains préparatifs terminent de se mettre en place. Ce n’est plus que l’affaire de quelques minutes. Je jetai un œil sur les gardes de Ragnvald postés aux quatre coins de la pièce. Ils ne semblaient pas spécialement anxieux ni même lourdement armés, en tout cas clairement moins que nos propres soldats. Étrange ambiance. Mon Phil trépignait, mais simulait correctement un calme attentif. Ce matin, nous avions croisé Catherine, sa groupie personnelle, elle venait d’intégrer la religion des Octotes et psalmodiait avec les adeptes sur notre passage. Phil, comme à son habitude, lui offrit son plus beau sourire et cela la ravit. Les mecs sont tous des imbéciles, ils ne savent pas mettre fin clairement à une relation, même ténue, avec une femme. Ils passent leur temps à la relancer en croyant y mettre un terme. Je ne pensais absolument pas que mon homme puisse se laisser aller à profiter de la situation. Ce n’est pas dans son genre et nous sommes suivis et épiés en permanence entre Fabio, les miliciens d’Arlington, les journalistes et nos adeptes Octotes (ou d'autres encore : la liste s’allonge tous les jours). Peu de place pour l’intimité, même entre nous deux. Le vieil avatar prit la parole, sa voix résonnait en imposant le silence parmi les convives. Nous allons bientôt sortir. Il ne s’agira que de quelques mètres à faire puis nous trouverons nos emplacements. Attention, le Yesmaïl requ


RedU T1 Ch23 Ep03
Jun 06 2017 12 mins  
## "Terre ou Liberté", le second chapitre dédié à Kaourantin GLoalen, est disponible au complet et en livre numérique gratuit ! Kaourantin Gloalen, jeune officier à bord de l’Exode fût un membre très actif de la révolution Castiks. Aidé de son ami Nikolaï Makhinov, il participa à la grande déroute royale dans la baie de Guiraël. Une terrible vengeance pour la mort de ses parents. C'est sur RED UNIVERSE ! ------ Le sens de la rencontre avec l’Empereur-Dieu ne peut être compris dans toute sa profondeur que narrée par celui qui fut et est encore le personnage central de cette histoire : Fabio Ouli. Artoc « le fidèle » n’était pas humain, mais plus incroyable, c’était un Mental. En tout cas, pour moi, c’était une découverte propre à révolutionner la pensée fondamentale sur les facultés psychiques et leur origine. Je voyais parfaitement voler autour de lui quelques Titans (leur ancien nom) lui prodiguant leurs pouvoirs, comme s’ils voulaient me montrer l'insignifiance de ma « rébellion » envers eux. Sans doute avaient-ils raison : je les appelais malgré moi dès lors que je me concentrais. Quelle pouvait alors être ma réelle marge de manœuvre ? Artoc m’intriguait, m’impressionnait plus encore que l’Empereur-Dieu lui-même. Cela peut paraitre étrange, mais en furetant dans les recoins cachés de l’esprit humain, j’avais découvert plus d’une fois des êtres, des pensées et des désirs plus abjects que cette chose se prétendant « dieu ». Dieu se veut être partout et nulle part, mais lui est bel et bien ici. Par ailleurs, je ne sais comment l’expliquer clairement, mais j’éprouvais soudain une forme de pitié pour cet être mi-technologique, mi-organique. Cette sensation ne me quittera par ailleurs jamais. La tête géante s’approcha de Phil et… le flaira. Oui, exactement comme les Titans dans le cirque délirant, le même petit hochement, la même expression dubitative. Artoc maugréait méchamment derrière nous, il nous voulait agenouillés devant son Seigneur et ne comprenait pas pourquoi « Dieu » tolérait un tel manque de révérence. De mon côté, je me demandais quelle était cette étrange ambiance psychique dans laquelle nous pataugions. Un bruit de fond d’origine inconnue baignait cette planète et se renforçait en ce lieu, face à… Godheim ? GODHEIM EST LE NOM QUE JE VOUS OFFRE. IL EST LA PREUVE DE MA VOLONTÉ DE VOUS AIDER DANS L’INTÉGRATION. Heu… De quelle intégration parle Votre Majesté Godheim ? Je souris en coin : Momumba Arlington possède l’esprit vif des joueurs d’échecs, toujours à calculer le troisième voire le quatrième coup d’avance. Cette question portait bien sa marque. Godheim le regarda puis pivota son long cou jusqu’à placer son visage face à moi. Je pouvais sentir l’odeur étrange de mélange d’antiseptiques, de métal graisseux et même d’un soupçon de pourriture qui émanait de cette bouche depuis ses entrailles. La fusion machine/vivant n’était, d’évidence, pas une simple formalité. Cela ne m’empêcha pas de soutenir son regard métallique. Il répondit à Arlington avec une douceur qui pouvait surprendre : « NOUS ALLONS DÉMONTER ET RECYCLER LE TRANSPORTEUR. TOUS LES OCCUPANTS SERONT INTÉGRÉS ET RÉPARTIS DANS L’EMPIRE. TELLE EST LA RÈGLE DE RAGNVALD, MA LOI IMMUABLE. VOTRE AVENIR EST DÉSORMAIS ASSURÉ, HEUREUX EXODÉS QUI VENEZ DE TROUVER VOTRE TERRE PROMISE EN MON SEIN… ET NE SOYEZ PAS FOU POUR VOUS Y OPPOSER. MAINTENANT, LAISSEZ-NOUS. JE SOUHAITE M’ENTRETENIR EN TÊTE À TÊTE AVEC L’HUMAIN OULI ». Je bloquai une fois de plus Phil Goud pour éviter que la situation ne dégénère, charge à Arlington et Adénor d’arrondir les angles. Là-dessus, Artoc s’approcha, barrières mentales levées, main posée sur l’arme inconnue à sa ceinture. J’échangeai un regard compréhensif avec le colonel qui saisit l’idée et s’éloigna avec les autres. Même Artoc les suivit, nous laissant seuls. Si ce dieu chimérique pensait m’impressionner, il allait être déçu. Je pouvais sentir chaque rouage de son pseudo corps, chaque muscle et, bien


RedU T1 Ch23 Ep02
May 31 2017 11 mins  
## Ce Weekend, "Terre ou Liberté", le second chapitre dédié à Kaourantin GLoalen, sera disponible au complet et en livre numérique gratuit ! Kaourantin Gloalen, jeune officier à bord de l’Exode fût un membre très actif de la révolution Castiks. Aidé de son ami Nikolaï Makhinov, il participa à la grande déroute royale dans la baie de Guiraël. Une terrible vengeance pour la mort de ses parents. SAMEDI 3 JUIN 2017 SUR RED UNIVERSE ! ------ Le point de vue incrédule du lieutenant Goud est des plus intéressants au sujet des évènements ayant succédé à l'arrivée de Transporteur 7 sur Monte-Circeo. Observons-les désormais depuis celui-ci. Je revenais d’un pont inférieur pour une dernière tournée d’inspection des sas avant la rentrée dans l'atmosphère. Ce transporteur est aussi vieux que les autres et devait subir les frottements. Je voulais être certain d’éviter les surprises, j’ignorais si les pilotes des corvettes qui nous tractaient connaissaient notre seuil de résistance. Devant ma cabine, comme toujours depuis quelques semaines, un périmètre de sécurité se dressait, au-delà duquel de nombreux admirateurs me faisaient des signes. Enfin, « admirateurs », plutôt des « adorateurs »… à commencer par l’incontournable Catherine. Notre jeune voisine avait le béguin pour moi et je ne savais comment la repousser sans la désespérer. Adénor la voyait évidemment d’un mauvais œil et j’avais peur qu’un jour, elle ne se lance dans une explication musclée. « Phil ! Phil, on t’aime ! Phil, je t’aime ! » Je salue tout le monde et j’insiste sur mon signe à Catherine, que pouvais-je faire de plus ? Ces derniers temps, je la voyais souvent avec le groupe des Octotes dont les représentants se relayent nuit et jour devant notre porte. J’espérais qu’elle n'entrerait pas dans leur délire. Les tremblements de la coque ne semblent pas inquiéter outre mesure ce beau monde. La foi déplace des montagnes, parait-il, mais protège-t-elle des avalanches ? Peu après, avec Adénor et Fabio (il ne nous lâche plus, lui, jouant à la perfection son rôle autoproclamé de gardien, faussement fraternel), nous gagnons le hangar central. Un groupe d’officiels de cet « empire » attend à l’extérieur du transporteur, ceux qui nous ont nommément demandés. Pas de quoi calmer nos adorateurs ou de rassurer Arlington. J’avoue qu’à sa place, j’ignore comment je réagirais à cette hystérie montante dans son transporteur. Peut-être pas avec autant de flegme ; je ne gère que de petites équipes, pas des centaines de milliers d'individus. Une passerelle pressurisée, la plus large que je n’aie jamais vue, nous permet de rejoindre ce qui doit être la base principale… même si « base » fait penser à une cabane de pêcheur. À bord du convoi, d'apparences modestes, on découvre une immense ville dans les profondeurs de la planète. Monte-Circeo est privée d’atmosphère, alors ils l’ont creusée de toutes parts, puis pressurisée. Par exemple, Transporteur 7 est « emboité » dans un cratère géant et l’on en sort par le fond. Comme Arlington, je n’en revenais pas de la coïncidence entre ses dimensions et celles de notre appareil. C’est comme si cette aire d’atterrissage avait été conçue pour lui, d’après les mêmes plans que sur MaterOne. Le petit vieux qui nous conduit ressemble, trait pour trait, à celui qui nous a rendu visite, mais, de ses propres mots, ce n’est pas lui, plutôt « un autre, tout en étant nous-mêmes ». Incompréhensible, sinon que la révérence, l’amour même des personnes que nous croisons est bien réel ! Pour eux, le petit bonhomme, les petits bonshommes sont un, ou des êtres très importants. « Un seul et unique Dieu » me précise Fabio sans que je lui demande quoi que ce soit. Il m’énerve dans ces moments-là… On s’arrête devant un très haut et très long couloir, deux ou trois plantons de garde à l’entrée surveillent les passants, l’œil soupçonneux. Fabio interpelle notre petit dieu : Pourquoi tout le monde pense-t-il que vous êtes Dieu « partout », mais égaleme


RedU T1 Ch23 Ep01
May 24 2017 14 mins  
## Toute l'équipe de Red Universe est solidaire des victimes de l'attentat de Manchester et de leurs proches. http://reduniverse.fr/2017/05/23/2017-faucheuse/ ------ Momumba Arlington patientait derrière la grande verrière du centre de commandement de Transporteur 3. Au-delà s’étendait l’infinité de l’espace sidéral, lieu de tous les espoirs et de toutes les peurs. IL lui avait dit que Benkana et Transporteur 7 allaient arriver à quelques encablures de leur position. En conséquence, le colonel venait d’affréter une navette avec du personnel médical et technique ; elle se tenait sur l’air d’envol du spatioport, prête à décoller. Apparemment, les Nalcoēhuals avaient pratiqué la même « chirurgie » sur l’autre partie de l’Exode, détruisant pistes de décollages, chasseurs, moyens de défense, de communication et, surtout, les compresseurs dimensionnels. Qu’à cela ne tienne, Ragnvald possédait des méthodes de transport bien supérieures à toutes les technologies actuelles, nalcoēhuales incluses. Ses corvettes faisaient fi de la folle perturbation régionale créée par la multitude de pulsars, géantes rouges et autres quasars qui hantaient le Cercle de Khabit, et recelaient de surprenantes capacités telle que celle qui se produisait maintenant sous ses yeux. Un cercle parfait de lumière se dessinait lentement au loin, dans l’éther. Lorsqu’il se ferma, l’espace à l’intérieur disparut simplement, laissant apparaitre Transporteur 7 remorqué par deux corvettes qui se découpaient sur une autre configuration d’étoiles. Pendant que le géant d’acier traversait l’étonnant portail, Arlington devina l'extrémité de plusieurs corvettes aux abords du passage, source probable de la magie qui se déroulait sous les yeux de tous. La formation rompit les rangs une fois le vaisseau passé et le trou dans l’espace disparut aussitôt. Pourquoi la technologie de Ragnvald ne pouvait-elle le maintenir pour les trois autres transporteurs ? Mystère, sans doute une limitation d’énergie… IL était assez avare d’explications techniques. Trois quarts d’heure plus tard, le sas de la navette s’ouvrit, dévoilant une Aurora Benkana fatiguée, mais heureuse de retrouver un ami qu’elle pensait ne plus jamais revoir : Momumba, fit-elle en l’enlaçant à la grande joie de ce dernier, tu es vraiment la meilleure chose qui nous soit arrivée récemment. Hé, hé, hé… Dans ma famille, on disait que l’homme juste tombe sept fois et se relève. Il me reste encore six jokers, donc ! Mais toi, comment vas-tu ? Vos épreuves n’ont pas été faciles d’après ce que j’ai appris. Non, mon vieux, pas du tout. Et… tu sais sans doute, pour John. Le colonel grimaça, laissant le silence flotter quelques secondes. Il… il me manquera, comme tous les autres. … Viens. J’ai cuisiné un superbe Roubiano qui nous attend autour d’un café dans ma cabine. On pourra discuter plus tranquillement avant de rencontrer Décembre… Parfois, la mesure des pertes ne peut se faire qu’à l’aune du gain. Momumba reconnut cette citation de J.F.Hill qui lui était déjà revenue en mémoire il y a peu, alors que son transporteur réapparaissait dans cette dimension. Cela le replongea dans ces évènements qui vont vous être narrés. Momumba Arlington lui-même se plaisait à les introduire comme suit… * Une petite corvette de Ragnvald venait donc de nous intercepter. Nous n’avons pas ri longtemps alors, car des dizaines, des centaines de nouvelles corvettes se sont matérialisées tout autour, armes braquées… et le capitaine Carrillo, mon second, poursuivait la litanie des apparitions : « Mon Colonel ! Flashs de transitions multiples en sept, quatre, vingt-deux et soixante-et-un. Et il en arrive d’autres ! » Fabio, ce jeune « soldat » qui n’en était certainement pas un, a ajouté : Ai-je… oublié de vous préciser qu’ils… hem… détestent MaterOne ? Nouveaux flashs en huit, dix-huit, quatorze, cinq, trente-et-un, vingt-deux, trente-trois… Même avec toutes nos défenses activées, nous n’avions qu’une chance ridicule d


RedU T1 Ch22 Ep012
May 02 2017 12 mins  
DERNIER ÉPISODE DU CHAPITRE 22 ! Nous espérons que vous avez apprécié. Rendez-vous la semaine prochaine pour la playlist et la suivante pour le Chapitre 22 intégral. Le 24 Mai 2017 commencera le futur monstrueux Chapitre 23, intitulé sobrement : " DIEU " (simplement, oui..) À très bientôt ! ******* Le spatioport de Transporteur 4 s’ouvrit en grand pour laisser décoller de son hangar tous les appareils disponibles, Momumba Arlington en tête. On avait dépêché, en toute urgence, techniciens et personnel médical, pièces de rechange essentielles, et matériel de communication. Depuis la verrière de la salle de commandement, Junta accompagnait la pirate Choupa, menottée et sous surveillance, pour une mise au point. Celle-ci s’était révélée plus conciliante qu’à l’accoutumée, visiblement rassurée de respirer encore. Il fallut pourtant lui laisser plusieurs minutes à contempler la scène et les quelques rapports que l’on pouvait lui fournir pour qu’elle se reprenne et accepte de collaborer. Vous m’avez menti. Je ne voulais pas être ici, et vous avez mis ma vie en jeu. C’est inadmiss… Personne ne vous a demandé d’attaquer l’Exode. Je vous écoute, qui sont-ils ? la coupa sèchement le politicien. L’heure n’était plus aux plaintes. Des appareils de l’empire de Ragnvald. Encore des gens à éviter, même si eux vous laissent une chance de fuir avant de vous rayer des cartes spatiales. « Empire… » ? Il y a des empires de ce côté-ci de la Passe de Magellone ? La jeune pirate l’observa quelques secondes, l’air sincèrement ahuri. Compte tenu de leur différence d’âge, on aurait cru un enseignant pris en flagrant délit d’erreur grossière par une de ses étudiantes. Elle soupira puis se tourna à nouveau vers l’extérieur, suivant le parcours des secours en provenance de l’autre transporteur. « Oui, Monsieur Vernek Junta. Il y a bien des empires de ce côté-ci de la Passe. Et on dit que celui de Ragnvald compte plus de dix-mille soleils… » Derrière eux, à l’opposé de la salle, le général Décembre grommela dans sa barbe. Il se leva de son siège et quitta la pièce pour se diriger vers le quai de secours, situé à l’arrière de la tête du transporteur. Il suivait la conversation par les enregistreurs et n’aimait visiblement pas l’idée d’autres civilisations capables de balayer la flotte en quelques tirs. Junta n’appréciait pas cela non plus d’ailleurs. Il s’adressa à la jeune pirate : Au fait, je ne vous ai pas autorisé à m’appeler par mon prénom. Et pourquoi pas ? Nous venons tous de frôler la mort, répondit-elle, revêche. Cela fait de nous des compagnons d’armes… et puis, vous le faites bien vous-même. Le politicien ne dissimula pas son sourire : elle avait raison cette petite, ils s’en sortaient presque tous vivants. Vernek décida de montrer sa bonne volonté pour, au moins, reconnaitre à la pirate son statut de « conseillère spéciale » de l’Exode. Après tout, elle les avait parfaitement prévenus des dangers qu’ils encouraient. « Enlevez-lui ses menottes. Madame Choupa… mérite notre attention. » La prisonnière frotta ses poignets libérés, meurtris par la folie des dernières heures et adressa à Vernek un hochement de tête approbateur. Mais le politicien ne se leurrait pas sur son attitude : elle n’était pas leur amie et pas vraiment rassurée par le statuquo. * La portion de coque délimitée s’ouvrit et se sépara en plusieurs parties, formant un quai d’appontage donnant sur l’espace. Il était sommaire, certes, mais solide et pressurisé ; les deux premières navettes de secours vinrent doucement s’y amarrer. Le colonel Arlington pénétra le premier dans le corridor, tout juste assez large pour trois personnes : ce serait juste, mais il faudrait faire avec, le temps que le petit spatioport de Transporteur 1 soit de nouveau opérationnel. Le second sas du fond s’ouvrit devant lui et il découvrit un général Décembre aux traits fatigués qui attendait de l’autre côté, ainsi que son second et quelques responsables de section. Général



RedU T1 Ch22 Ep011
Apr 25 2017 11 mins  
### 300eme épisode ! Retrouvez un épisode spécial dans les Coulisses, un épisode inédit des *"Grosses Têtes de Red Universe"* et une nouvelle mini-série intitulée *"Terre ou Liberté"* Tout cela sur le site http://reduniverse.fr et sur les flux "mini-séries" et "spéciaux" ---------- Quasi simultanément, les capteurs relevèrent un afflux d’énergie en plusieurs endroits du cuirassé, signes indubitables que les canons étaient déjà sous tension et prêts à tirer. Soudain, une décompression de Transition se produisit à quelques centaines de mètres du croiseur parlementaire. Les alarmes rugirent à l’intérieur de la salle de commandement tandis que la coque répercuta d’horribles bruits de métal subissant une pression inhabituelle. Ce genre d’évènement, survenant lors de l’apparition d’un appareil soumis à l’action de son Compresseur dimensionnel, représentait des risques importants pour tout engin se trouvant dans son environnement proche et pas uniquement à cause d’une possible collision. Des vagues de déformations subspatiales s’étiraient sur une courte distance autour du point d’arrivée et, si la coque d’un quelconque vaisseau se retrouvait sous leur influence… que les anciens viennent en aide aux marins de l’espace présents à bord. Le croiseur se cabra et l’image holographique disparut du centre de la pièce. L’équipage reprit rapidement le contrôle des commandes, appliquant les procédures prévues pour s’échapper au plus vite de la zone de danger. Juste avant leur microtransition d’urgence, Ci’chi reconnut un second transporteur de l’Exode, machine immense devant laquelle ils ne représentaient guère plus qu’un caillou face à une comète. Les déformations subspatiales les avaient forcément atteintes, mais l’important était d’éviter un impact (imminent) entre les deux vaisseaux. Changement de configuration d’étoile, le croiseur parlementaire avait bondi de l’autre côté du cuirassé. Mais il était trop tard et la structure de l’appareil était bien trop affaiblie pour résister : une partie de l’arrière se détacha dans un hurlement de métal, submergeant les sirènes d’alarme. Ils tanguèrent, puis les fermetures étanches réagirent automatiquement comme prévu, condamnant les issues. Pourtant, le mal était fait : Ci’chi ne put quitter des yeux les corps des marins nalcoēhuals, instantanément congelés par le vide spatial et glissant dans le néant de l’autre côté des verrières. Avec horreur, elle reconnut le jeune soldat qui dissimulait maladroitement le flux de ses pensées : une fois arrivé à la salle de commandement, le pauvre était retourné à son poste et il y avait rencontré le destin. La parlementaire s’accrocha à la rambarde, serrant les dents, elle ignora ses assistants qui criaient ou se roulaient en boule de peur, dans un coin de la pièce. Elle savait que leur appareil s’en sortirait, difficilement, mais il s’en sortirait. Par contre, elle ne lâchait pas des yeux le nouvel invité surprise de l’Exode qui stationnait calmement toujours au même endroit. La réaction du cuirassé ne se fit pas attendre et les afflux d’énergies se réorientèrent, déchainant un feu nourri sur ce second transporteur. Désormais à deux, ces engins égalaient en taille le fer-de-lance de la flotte de guerre Nalcoēhual. Ci’chi ne put s’empêcher d’imaginer le prétentieux vice-amiral éprouver un début d’inquiétude, devant ce nouveau rapport de force. Surprise. Sur les cinq puissants tirs simultanés, quatre se brisèrent sans atteindre le vaisseau ennemi, le dernier explosa dans une gerbe de feu totalement inexpliquée, lui aussi loin de sa destination. Qui ou quoi avait fait obstacle aux terribles rayons ? Les alarmes se taisaient l’une après l’autre à bord du croiseur parlementaire et même si les opérateurs poursuivaient la litanie nerveuse des ordres, on sentait bien que le plus gros de l’accident (mais en était-ce un ?) se trouvait derrière eux. La projection holographique, bien qu’incomplète et parasitée, reprit sa place au centre de la pièce. Devant


RedU T1 Ch22 Ep010
Apr 19 2017 12 mins  
### 300eme épisode ! Retrouvez un épisode spécial dans les Coulisses, un épisode inédit des *"Grosses Têtes de Red Universe"* et une nouvelle mini-série intitulée *"Terre ou Liberté"* Tout cela sur le site http://reduniverse.fr et sur les flux "mini-séries" et "spéciaux" ---------- Quasi simultanément, les capteurs relevèrent un afflux d’énergie en plusieurs endroits du cuirassé, signes indubitables que les canons étaient déjà sous tension et prêts à tirer. Soudain, une décompression de Transition se produisit à quelques centaines de mètres du croiseur parlementaire. Les alarmes rugirent à l’intérieur de la salle de commandement tandis que la coque répercuta d’horribles bruits de métal subissant une pression inhabituelle. Ce genre d’évènement, survenant lors de l’apparition d’un appareil soumis à l’action de son Compresseur dimensionnel, représentait des risques importants pour tout engin se trouvant dans son environnement proche et pas uniquement à cause d’une possible collision. Des vagues de déformations subspatiales s’étiraient sur une courte distance autour du point d’arrivée et, si la coque d’un quelconque vaisseau se retrouvait sous leur influence… que les anciens viennent en aide aux marins de l’espace présents à bord. Le croiseur se cabra et l’image holographique disparut du centre de la pièce. L’équipage reprit rapidement le contrôle des commandes, appliquant les procédures prévues pour s’échapper au plus vite de la zone de danger. Juste avant leur microtransition d’urgence, Ci’chi reconnut un second transporteur de l’Exode, machine immense devant laquelle ils ne représentaient guère plus qu’un caillou face à une comète. Les déformations subspatiales les avaient forcément atteintes, mais l’important était d’éviter un impact (imminent) entre les deux vaisseaux. Changement de configuration d’étoile, le croiseur parlementaire avait bondi de l’autre côté du cuirassé. Mais il était trop tard et la structure de l’appareil était bien trop affaiblie pour résister : une partie de l’arrière se détacha dans un hurlement de métal, submergeant les sirènes d’alarme. Ils tanguèrent, puis les fermetures étanches réagirent automatiquement comme prévu, condamnant les issues. Pourtant, le mal était fait : Ci’chi ne put quitter des yeux les corps des marins nalcoēhuals, instantanément congelés par le vide spatial et glissant dans le néant de l’autre côté des verrières. Avec horreur, elle reconnut le jeune soldat qui dissimulait maladroitement le flux de ses pensées : une fois arrivé à la salle de commandement, le pauvre était retourné à son poste et il y avait rencontré le destin. La parlementaire s’accrocha à la rambarde, serrant les dents, elle ignora ses assistants qui criaient ou se roulaient en boule de peur, dans un coin de la pièce. Elle savait que leur appareil s’en sortirait, difficilement, mais il s’en sortirait. Par contre, elle ne lâchait pas des yeux le nouvel invité surprise de l’Exode qui stationnait calmement toujours au même endroit. La réaction du cuirassé ne se fit pas attendre et les afflux d’énergies se réorientèrent, déchainant un feu nourri sur ce second transporteur. Désormais à deux, ces engins égalaient en taille le fer-de-lance de la flotte de guerre Nalcoēhual. Ci’chi ne put s’empêcher d’imaginer le prétentieux vice-amiral éprouver un début d’inquiétude, devant ce nouveau rapport de force. Surprise. Sur les cinq puissants tirs simultanés, quatre se brisèrent sans atteindre le vaisseau ennemi, le dernier explosa dans une gerbe de feu totalement inexpliquée, lui aussi loin de sa destination. Qui ou quoi avait fait obstacle aux terribles rayons ? Les alarmes se taisaient l’une après l’autre à bord du croiseur parlementaire et même si les opérateurs poursuivaient la litanie nerveuse des ordres, on sentait bien que le plus gros de l’accident (mais en était-ce un ?) se trouvait derrière eux. La projection holographique, bien qu’incomplète et parasitée, reprit sa place au centre de la pièce. Devant


RedU T1 Ch22 Ep09
Apr 11 2017 11 mins  
# Avis à tous, bientôt l'épisode 300 de RedUniverse ! Restez connectés, un bel évènement pourrait arriver :) ! ---------- Conseil restreint en stratégie du Parlement psychique Nalcoēhual Réunion extraordinaire. Parlementaire Loxa (…) et l’intérêt même de cette réunion n’est que de faire diversion pour gagner du temps ! La caste « Divers-bas » est prête à toutes les bassesses pour nous imposer ses idées folles, jusqu’à mettre notre peuple en danger en usant des rouages de notre propre constitution ! Parlementaire Ci’Chi Le fondement même de notre société est basé sur le droit à chacun de mettre en avant ses idées. Ce n’est pas vous, Loxa, qui changerez cet état d’esprit. La caste « Extreme-haut » n’a jamais accepté qu’une possibilité d’ouverture puisse amener une plus grande sécurité aux Nalcoēhuals. Pourtant, les humains sont nombreux, bien plus nombreux que votre propagande ne le divulgue, il me semble. Si un jour prochain, ils venaient en masse dans cette partie de l’univers, c’est d’une guerre totale, sans aucune certitude de victoire que… Loxa Objection de parjure constitutionnel ! La parlementaire Ci’chi vient de mettre en doute l’efficacité de nos forces armées. Je demande à ce que le président de la séance fasse retirer, céans, son intervention ! Et j’ajoute que, chaque seconde qui passe, la pénétration dans notre espace de ces vaisseaux de guerre ennemis est plus importante, nous… Ci’chi Ils sont déjà hors de combat ! Leurs moyens de propulsion et de communication ont été neutralisés. Que venez-vous pérorer ici votre haine des autres, en voulant achever ainsi ces pauvres êtres ? Qu’êtes-vous donc, Loxa, pour laisser envahir votre discours d’une violence aussi palpable ? Loxa Un de mes aïeux fut le seul rescapé d’un raid de ces « pauvres êtres » comme vous dites. Ils tuèrent sans pitié trente-huit Nalcoēhuals, dont douze hermaphrodites, à peine éclos. Leurs appareils d’invasion sont affaiblis, anéantissons-les maintenant ! Je demande de passer au vote, monsieur le Président. Je vote pour « Foudre et Cendres », une fois pour toutes. Mais, également, que l’on applique à la lettre le règlement des Conseils en stratégie, j’entends que la parlementaire Ci’chi supervise personnellement le bon déroulement de l’opération, en tant qu’opposante au projet. Ci’chi Je vote contre. Parlementaire E-yoti La caste de l’équilibre vote contre. Parlementaire Linio Les Huitlalcohs votent pour « Foudre et Cendres ». En tant que maitre de cette séance, par présidence tournante, j’ai — personnellement — une seconde voix et je vote également pour, en mon âme et conscience. En conséquence, le Conseil en stratégie extraordinaire valide la décision d’origine du Parlement Nalcoēhual de mener, à son terme, la frappe en cours contre les envahisseurs humains. Parlementaire Ci’chi, vous êtes assignée comme responsable de la bonne tenue de ce décret. Vous vous rendrez immédiatement sur place au nom du Parlement. Ci’chi … soit, j’appliquerai le règlement. Mais j’insiste pour que soit inscrite, dans le procès-verbal de la séance, mon entière opposition ainsi que celle de ma caste à cette décision. Cela ne nous apportera rien de bon, ni à nous ni à nos enfants hermaphrodites. Loxa Ne perdez pas de temps, Ci’chi, nos soldats ont hâte de retrouver leur foyer. Et assurez-vous que la place soit bien nette avant de revenir… * Ci’chi s’installa dans le fauteuil du compartiment des passagers, plusieurs assistants à ses côtés. L’un d’entre eux représentait le parlement et devait rapporter ce qu’il verrait, les autres l’aidaient dans ses diverses fonctions. Ils scellèrent tous leurs ceintures alors que le croiseur se détachait de l’astéroïde principal de cette région. Ci’chi leva bien hautes ses barrières psychiques, ne laissant une petite ouverture que pour les annonces officielles ou celles du pilote. Il n’était pas question pour elle de converser durant le voyage. La caste des « Divers-bas »


RedU T1 Ch22 Ep08
Apr 05 2017 14 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » est disponible MAINTENANT en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- « Bien, les gens. Tonton Ralato et moi avons à parler de trucs sans importance, laissez-nous. Ma petite poule, ajouta-t-il dans un clin d’œil à la capitaine, je compte sur toi pour la gâterie de quatre heures, hein ? Allez, hop ! Tout le monde au boulot ! » Sur un signe de tête, Ralato salua ses deux subordonnés, intrigué comme eux par ce soudain entretien imprévu en tête à tête. Que préparait donc le chancelier ? Ce n’est qu’une fois la porte bien refermée que celui-ci ouvrit un tiroir et en sortit une nouvelle télécommande qu’il activa. Un ronronnement monta du plancher puis se fondit dans le murmure ambiant : un système de protection ? C’était un mélange de plusieurs pare-feux psychiques et physiques, parasitant des écoutes à distance, des émetteurs cachés et bien évidemment des Mentaux. Ralato ignorait que Poféus avait fait installer un de ces couteux gadgets dernier cri, mais il s’inquiétait encore plus de ce qui allait suivre. Il ne fut pas déçu. L’expression du chancelier sembla fondre sur son visage, faisant place à une peinture digne d’un artiste torturé par la folie. Les muscles zygomatiques étiraient un sourire bien trop large pour ce long visage noueux, des rides inconnues apparaissaient sur le front, les pommettes et le cou, mais c’était évidemment à la hauteur du regard que la frayeur prenait sa source. Les yeux étaient exorbités au point de bleuir tous les lourds cernes qui se creusaient encore, dessinant beaucoup trop la structure osseuse. Les sourcils s’ébouriffaient, remontant le front en une pointe satanique. L’ancienne cicatrice, plus rouge que jamais, marquait plus qu’à l’accoutumée l’une des tempes du chancelier. La transformation faciale de Poféus se déroula devant un Ralato abasourdi, assistant, en direct, à l’une des interprétations les plus pessimistes transmises par son service médical : schizophrénie avancée et double personnalité. La situation empirait et le ministre mental redoutait la suite. Une voix éraillée, à la limite de l’intelligible, sortit des profondeurs de la gorge de Poféus. Elle résonnait de folie dans chacun des sons émis. « Tu… Tu vois cette flotte, cette belle et grande flotte ? Hé bien figures-toi que ce n’est pas pour le putsch qu’elle est prévue… nan, pas pour çà… hé, hé, hé, HA, HA, HA ! » Ralato vécu les secondes suivantes comme un supplice, des sueurs froides remontant de long de son épine dorsale. Instinctivement, il releva ses barrières mentales, comme un enfant se cacherait derrière ses bras devant un danger. Poféus toussa, manqua de suffoquer, puis se reprit, poursuivant son explication d’une voix brisée… … l’EXODE ! … l’EXODE, IL FAUT LES DÉTRUIRE ! AZALA ET TOUTE LA CLIQUE DES ÉXODÉS NE DOIVENT PAS SURVIVRE. Pardon, Monsieur ? ne put s’empêcher de demander Ralato, la surprise prenant le pas sur l’inquiétude. On va envoyer la totalité de la nouvelle flotte à la… la chasse à l’Exode, tu vois ? Ils doivent les rattraper et les anéantir… hé, hé, hé… Cherchez… …cherchez le transporteur n° 7, celui-là doit être pulvérisé EN PRIORITÉ… Mais pas que… tous les autres aussi, car je ne veux plus de témoins, plus de seconde humanité pour nous faire de l’ombre. C’est TON idée… la tienne, et elle est putain de bonne, cette idée ! Tu te souviens ? On peut ENFIN la mettre en pratique, mon Ralato, on peut… Ils sont trop loin, Monsieur, ils ne les rattraperont pas avant leur installation sur Antares IV et les débusquer sera bien trop compliqué. Ralato l’avait simplement interrompu. Aussi incroyable que cela puisse paraitre et en contradiction totale avec ce Ralato, mentionné par Poféus, il venait de lancer le


RedU T1 Ch22 Ep07
Mar 29 2017 9 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » est disponible MAINTENANT en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- La lourde porte du bureau s’ouvrit enfin, et le président Wolf, impeccablement habillé, sortit, le sourire aux lèvres. Reconnaissant le ministre de la Sécurité, ses habitudes de communicant reprirent immédiatement le dessus et d’un air soudain gaillard, il s’esclaffa : Colonel Ouli ! Mais quel plaisir de vous croiser ici ! Vous devriez vraiment venir à nos petites réunions avec le chancelier, vous savez ! Merci, Monsieur, mais mes responsabilités ne m’y autorisent malheureusement pas. Je vous présente l’officier Stuffy, un de mes subordonnés. Wolf serra chaleureusement la main des deux hommes. Il n’ignorait certainement pas qui était Stuffy/QuartMac, mais n’en laissa rien paraitre et s’enquit simplement de l’installation de Ralato dans ses nouveaux locaux. Quelques montagnes de dossiers à gérer, une organisation terroriste à combattre et deux flottes de guerre à faire tourner… Je trouve parfois du temps pour dormir. Alors dans ce cas, ajouta l’autre malicieusement, vous allez sans doute pouvoir trouver du temps libre très bientôt. Une très belle Tropicalienne, un peu trop maquillée et couverte de bijoux, apparut dans l’encadrement de la porte. C’était une courtisane rodant ces derniers temps chez quelques hauts personnages, mais elle fréquentait beaucoup le président Wolf et avait donc dorénavant accès à la Chancellerie. Elle serait placée sous surveillance discrète dès la fin de la réunion, mais sa présence empêchait le colonel d’en savoir plus sur l’étrange phrase du président. Du temps libre très bientôt ? Ses yeux brillants se fixèrent alors sur Ralato et l'image d’un guépard surprenant une gazelle traversa l’esprit de la jeune femme. Le Mental fit mine de l’ignorer et Wolf glissa son bras sous celui de sa cavalière pour l’entrainer vers la sortie. Elle minauda, jouant de ses lèvres pulpeuses en une expression prometteuse. Le parlementaire salua distraitement les deux Mentaux en pressant le pas ; leur petite sauterie n’était visiblement pas encore terminée. Un message de Stuffy vient effleurer ses barrières psychiques. « On lui dit pour le sperme autour du cou ou on la laisse comme ça ? » Ralato sourit, mais ne répondit pas. Ce faux oubli était destiné à Wolf que cela excitait ; les secrets de chacun, même les plus intimes, représentaient le fonds de commerce de ses services. Fakir passa à son tour la porte en tirant les lourds battants pour la refermer. Elle n’avait pas terminé son geste que la voix du chancelier Poféus résonna jusqu’à eux : Fakir, laisse ouvert ! Il y a Ralato et un Stuffy qui sont surement là, qu’ils entrent. Prépare-nous des cafés serrés, okay ? Il l’a fait cinq fois et de trois manières différentes. Il n’a consommé la courtisane qu’une seule fois en duo avec Wolf et son temps de rémission est de quatre minutes supplémentaires par rapport à la semaine dernière. Surtout, Wolf a échangé des documents avec lui avant que cela ne commence puis il a bien pris garde de ne plus y penser ouvertement. Sans une sonde mentale, on ne peut en déterminer le contenu. Ralato hocha la tête en approbation du rapport mental. La nouvelle promue capitaine allait commander les cafés au mess et résumer tout cela à l’équipe médicale qui suivait discrètement l’ancien contramiral, pour le compte du ministère de la Sécurité. Les changements de personnalité du chancelier ne cessaient d’intriguer, sinon d’inquiéter, le colonel Ouli. Il se devait de rester vigilant. Il lança à haute voix à Stuffy : « Et sinon, vivre dans un corps d’un petit vieux, c’est comment ? » L’autre comprit tout de suite et renchérit, tout en suivant le ministre dans le bureau.


RedU T1 Ch22 Ep06
Mar 22 2017 13 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » est disponible MAINTENANT en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- MaterOne Centrum Chancellerie (ancien Palais Royal) Le ministre de la Sécurité, Ralato Ouli, avançait le long de l’interminable couloir conduisant au bureau du chancelier suprême, Angilbe Poféus. Le palais du Conseil de la Révolution ayant été gravement endommagé lors de la prise d’otage par les Mutualistes, personne n’avait donc trouvé à redire lorsque le nouveau maitre de l’humanité décida de s’installer… dans les locaux de l’ancien. En tout cas, on ne s’était pas exprimé à haute voix, mais le chef des services secrets, dont les fameuses Forces mentales, recevait tous les jours des rapports indiquant combien personne n’était dupe. La population dans son ensemble préférait simplement un pouvoir fort et stable à une politique chancelante, et les communautés savaient garder profil bas, maintenant qu’un croiseur géant n'était jamais très loin pour les survoler. Un portier lui ouvrit l’entrée de l’antichambre, Ralato en profita pour resserrer son col, lisser un peu sa tenue et… s’assoir sur un des bancs d’attente. Le Colonel Ouli étudia la décoration : d’une lourdeur toute royale, elle multipliait les moulures, dorures et ornements. Le plafond était entièrement recouvert d’une peinture célèbre représentant un homme sur la tête d’un dragon qui écrasait de ses pattes avant de petits êtres ovales indéfinis. Et dire qu’on l’apprenait aux enfants dès l’école alors qu’il posait, en ce moment, les yeux sur l’œuvre originale. Si les caméras dissimulées ne le surveillaient pas, il irait gratter le secrétaire installé en face pour confirmer que ses angles étaient bel et bien dorés à la feuille d’or. La révolution s’était déroulée en douceur en fin de compte et le peu de pillages recensés s’était déroulé dans des lieux éloignés. Le colonel ne doutait pas d’y voir, là, la marque de révolutionnaires comme J.F.Hill ou Arlington. Si peu de bruits traversaient les épaisses cloisons protégeant le bureau du chancelier, les barrières psychiques de Ralato devaient être relevées bien haut pour ne pas subir les vagues de cris et de jouissances transpirant de l’esprit des participants. Ce n’était pas la première fois et ce ne serait pas la dernière qu’une petite sauterie aurait cours ici, alors Ralato prit sur lui de patienter. Au moins, il n’aurait pas besoin de supprimer ceux-là comme c’était le cas auparavant, avec les mignons. Combien de ces gamins avaient fini par le fond, pour de froides raisons de secret ? Cent… cinq cents… plus ? C’était heureusement du passé : selon les membres de la protection rapprochée du chancelier, les gouts de Poféus oscillaient maintenant presque quotidiennement. On trouvait dans ses parties fines des prostitués hommes ou femmes, de très jeunes ou de très vieux, des bourgeois ou des intellectuels… On lui avait même rapporté des orgies avec plusieurs couples d’acteurs célèbres. Une onde de plaisir particulièrement forte vint s’écraser contre ses défenses. Ralato releva un sourcil, reconnaissant la personne en question. Il s’agissait de la capitaine Fakir, ancienne aspirante montée extrêmement vite en grade pour devenir l’assistante du chancelier. Une Mentale qui rapportait scrupuleusement à Ralato les moindres faits et gestes du chef suprême, même les plus intimes, ainsi que les pensées de ses invités. Elle semblait profiter de tous les avantages de sa nouvelle situation… Quant à Poféus, était-il conscient que son remplaçant à la tête du ministère de la Sécurité le maintenait sous surveillance rapprochée ? La porte extérieure s’ouvrit sur un nouveau participant à la prochaine réunion : Quartmac-Stuffy, « un des quatre » comme il était maintenant co


RedU T1 Ch22 Ep05
Mar 15 2017 12 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » est disponible MAINTENANT en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- Vernek Junta entendait les hurlements de Choupa alors qu’il venait seulement de pénétrer sur le pont inférieur au centre de commandement. Les gardiens ne savaient plus que faire, la jeune femme semblait frappée de folie furieuse et rien ne pouvait la calmer. Fort heureusement, on avait installé sa geôle à proximité de la salle principale, de telle sorte que l’on puisse rapidement la faire venir si la nécessité s’en ressentait. Le sort voulut donc que ce soit Junta qui profita de l’idée en premier. La jeune femme était plaquée au sol, ligotée et paralysée sous le poids de ses trois geôliers, mais cela ne l’empêchait pas de crier sa détresse d’une voix forte. Junta s’étonna d’entendre une telle profondeur de gorge dans un si petit être, mais après tout, commander à des centaines de pirates supposait une certaine puissance vocale. Que se passe-t-il ? Bon, relevez-la… Madame Choupa, est-il possible que vous vous offriez en spectacle pour… LAISSEZ-MOI QUITTER CE VAISSEAU, MAINTENANT ! Non, et crier ne servira à… JE NE VEUX PAS MOURIR AVEC VOUS ! FAITES DEMI-TOUR, OU DONNEZ-MOI UNE NAVETTE, MAIS VITE ! Le politicien ne savait comment la calmer. La pauvre fille paniquait vraiment et, malgré toute la confiance qu’il pouvait avoir en Décembre et ce transporteur, cela le mettait mal à l’aise. Nous sommes déjà bien avancés dans la zone du Cercle de Khabit et aucun incident, ni même une rencontre avec qui ou quoi que ce soit, ne se sont produits. Peut-être que… VOUS N’ÊTES PAS PRÊTS ! LORSQU’ILS SERONT LÀ, IL SERA TROP TARD ! Bon, d’accord. Faites venir un membre du personnel médical, on va devoir… Soudain, un signal retentit dans la coursive, il se répercutait de très loin, sans doute dans tout le vaisseau. Trois coups, un coup, trois coups. Une alerte jaune ! « HAAAAAAAAAA ! » hurla Choupa en tombant à genoux, les yeux grands ouverts, terrifiée. Elle secoua la tête dans une vaine tentative de se soustraire au son martelant ses oreilles. Ses poignets rougissaient sous la tension qu’elle leur imposait contre les menottes. Le summum de la panique. Junta devait remonter immédiatement en salle de commandement, mais la chef pirate risquait de devenir vite indispensable, elle aussi. Il s’adressa aux gardes tout en s’élançant dans la coursive : Faites ce que j’ai dit, mais il faut la calmer, pas l’endormir, okay ? Quelques mètres plus loin, le politicien passait un sas quand le signal sonore changea de rythme. Quatre coups, silence, quatre coups, silence. Une alerte rouge, le transporteur était-il attaqué ? Comme pour répondre à sa question, un grondement monta des profondeurs du vaisseau, suivi d’un tremblement qui fit vibrer les cloisons. Un tir ? Junta manqua tomber à quelques pas de sa destination lorsqu’une seconde puis une troisième explosion, quasi simultanées, ébranlèrent le transporteur. L’un des coups n’avait pas frappé loin : on ciblait des installations spécifiques. Le sas secondaire de la salle de commandement s’ouvrit devant lui, déversant sur Vernek l’ambiance de stress et d’agitation, teintée de professionnalisme, que l’on pouvait deviner. Décembre donnait ses ordres, les rapports d’avaries pleuvaient tandis qu’on dépêchait les secours sur les zones atteintes. Le lieutenant Gunjral bouscula le politicien en courant d’un poste à l’autre, il énumérait les informations au général. Pardon, Monsieur ! Général, le spatioport a été partiellement anéanti : la piste de décollage est impraticable et deux chasseurs sont en feu ! Et celle d’urgence ? Je veux nos appareils dehors immédiatement ! hurla Décembre. Tirs de riposte des tourelles qua


RedU T1 Ch22 Ep04
Mar 08 2017 10 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » est disponible MAINTENANT en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- « Bienvenue sur Transporteur 2, Aurora ! » Encore perturbée de sa brouille avec Azala, Aurora découvrit avec surprise la sœur du politicien Junta habillée en tenue civile, l’accueillant d’un sourire charmeur dès l’atterrissage de la navette. « Il ne manque plus que de jeunes enfants avec des colliers de fleurs », pensa-t-elle. En réponse de quoi, elle eut droit à… une bise sur la joue par la gradée face à elle. Onawane semblait très différente de la stricte officière habituée aux états-majors. Ici, on avait presque la sensation qu’une amie vous invitait à un lèche-vitrine et un chocolat chaud en centre-ville. Aurora se demanda s’il ne fallait pas immédiatement rompre avec cette fantaisie, puis se ravisa : c’était un jeu, un moment où la commandante Benkana pourrait se mettre au repos et elle en avait bien besoin. Qu’Azala disparaisse un peu de ses pensées, si cela devait passer par un théâtre de fausse amitié avec Onawane, qu’il en soit ainsi ! Accompagnées de deux gardes discrets, les deux femmes parcoururent donc le transporteur en visite privée. Certes, elles ne firent que le tour des infrastructures accueillant les exodés des autres vaisseaux, cela ne représenta qu’une petite partie de la promenade. Aurora nota au passage quelques bonnes idées pour partager des surfaces plus efficacement dans la cité intérieure et un système de tickets de couleurs permettant un accès prioritaire suivant les conditions familiales. Le regard de ces exodés démontrait un réel respect pour sa personne, voire de la gratitude pour certains dont le corps portait les stigmates de la première bataille contre les pirates du sénéchal Petrovach. Elles évitaient soigneusement certains passages peu fréquentés, non pas pour quelques risques, mais à cause des traces encore visibles des violents combats. Onawane avait su appliquer ses idées libérales d’une manière originale qui n’était pas sans rappeler certaines pratiques de Sterling-Price dans sa baronnie. Que l’on apprécie ou pas ces concepts, le résultat demeurait tangible et vivre sur Transporteur 2 ne semblait pas si mal, en fin de compte. Mais Onawane lui réservait d’autres surprises et elle eut le droit à… un magasin de chaussure où elle put tester plusieurs paires, attendant son tour à l’essayage comme tout le monde. L’ancienne rebelle porta son choix sur des sandales brodées bleues lui rappelant son enfance, Onawane prit la note sur ses fournitures personnelles. D’habitude, ce genre de moments plutôt prisés du sexe faible représentait une épreuve de patience où Aurora puisait dans ses ressources pour ne pas hurler. C’était également le cas aujourd’hui, mais à la différence qu’Onawane se révélait une hôte des plus courtoises, voire intéressantes et même… des plus séduisantes. Ses remarques étaient souvent précises, posées et surtout elle lançait des traits d’humour sans discontinuer, améliorant sensiblement l’humeur de la commandante de Transporteur 7. À un moment de la grande ballade, à l’intérieur d’un transport tubulaire, Aurora eut la surprise de sentir le bras de son hôte se glisser sous le sien. Onawane lui offrit son beau sourire comme réponse à la question non formulée. Onawane… Quel était son prénom en fait ? Maeve. Onawane c’est le nom de mon ex-mari, mais je l’ai gardé par… on dira pour retenir la leçon. Pardon ? se surprit à réagir Aurora. Elle venait presque d’en lâcher ce délicieux praliné, offert par un pâtissier prisé de la cité intérieure. Que tu aies été mariée, c’est une chose, mais garder le nom de famille après, je ne comprends pas. Je l’ai abattu alors qu’il tentait de s’enfuir avec des documents confid


RedU T1 Ch22 Ep03
Mar 01 2017 10 mins  
### Le Chapitre 10 « Pin’up (suite) » sera disponible SAMEDI 4 MARS en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red Universe ! *Le marchant Broto est vraiment plein de ressources. Il peut proposer ce que vous voulez, et même ce que vous n'imaginez pas. Mais tout a un prix.* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- « C’est inadmissible ! Pernov représente la quintessence de ce qu’il y a de plus mauvais et d’impitoyable dans la culture nordiste ! Et pire encore, tu mets délibérément tout notre transporteur sous la coupe d’une seule et unique communauté, là où j’essaye depuis des mois de maintenir un équilibre entre chacune ! Mais comment… comment as-tu pu prendre une telle décision, sans même me consulter ? » Azala ne décolérait pas, comme prévu. Le sang lui montait à la tête sous l’effet de son emportement et rougissait ses adorables joues. Aurora souffrait d’avoir été dans l’obligation de lui annoncer maintenant cette nouvelle : la princesse était visiblement dans des dispositions plus conciliantes que d’habitude et la robe de fine mousseline qu’elle portait ne dissimulait pas grand-chose de son anatomie. Malheureusement, repousser l’annonce de la nomination d’Antonio Pernov n’aurait fait qu’exacerber sa réaction, voir plus si Azala l’avait apprise ailleurs. Je n’avais pas à le faire, c’est tout… répondit-elle, un peu trop sèchement. Mais, surtout, je savais que tu allais tout tenter pour m’en empêcher, donc j’ai préféré te mettre devant le fait accompli, voilà. Aurora… cette communauté a été jusqu’à te manipuler pour que tu abattes Phil Goud et sa compagne et dissimuler ainsi le secret de leurs caches d’armes. Ces mêmes Nordistes qui n’ont eu de cesse que de ralentir et mettre des entraves aux tentatives de mixage de populations que nous avions appliquées, tu te souviens, n’est-ce pas ? Tu avais trouvé la décision intéressante et nous avions accepté de… C’était avant l’attaque pirate. Ces armes nous ont sauvés et l’aide des Nordistes y fut déterminante. Ce que tu sous-entends comme sauvagerie n’était qu’une réponse à celle de nos ennemis et la population du transporteur ne s’en est pas plainte… bien au contraire, je devrais même dire. Ils sont considérés comme des héros. Je sais, dit Azala, un soupçon de peine traversant son regard. On me reproche bien assez de n’être pas descendue au cœur de la bataille alors que je m’évertuais à coordonner la défense du vaisseau. Arrête. Ces accusations sont bien sûr injustes et je ne les ai jamais cautionnées. Aurora ne savait comment renouer avec Azala, relancer la fougue de leur amour. Si la princesse et elle différaient de vision sur la tenue du transporteur et des exodés, elles réussissaient toujours à voir au-delà et placer leur relation comme le socle inamovible qui les unissait. Mais l’épreuve du feu était passée par là et elles avaient souffert dans leur âme comme Transporteur 7 dans son corps. Azala ne connaissait que la commandante Benkana « guerrière », elle n’avait jamais côtoyé que la femme forte et patinée par la vie de rebelle, l’ancienne combattante organisatrice du quotidien en temps de paix. L’alliance avec les Nordistes représentait avant tout un acte de politique intérieure dont les indices d’efficacité ne manquaient pas. La gestion des innombrables prisonniers s’était déroulée dans un calme remarquable jusqu’à ce que les membres du Conseil de l’Exode viennent y mettre leur grain de sel. Aurora savait de source sure que la situation avait bien dans les derniers temps précédents la libération des prisonniers. Les pirates étaient devenus exigeants et mutins au point qu’on avait dû, dans certaines parties des transporteurs, refaire appel aux Nordistes. Pernov lui avait confirmé l’information et elle avait confiance en cet homme, aussi dur et impitoyable fût-il. Sa nomination, en tant que second, en était d’ailleurs une preuve supplémentaire et c’était cela qu’Azala ne pouvait supporter : sa partenaire mo


RedU T1 Ch22 Ep02
Feb 22 2017 9 mins  
### « Hô, sublime Antigone ! » ( Chapitre spécial Révolution Castiks n°2 ) est disponible en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red universe ! *La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandante Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices…* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- Quatre explosions de lumière, quatre transporteurs apparurent sous le firmament. Nous nous trouvons à la lisière du Cercle de Khabit, une zone tampon pas encore vraiment dangereuse, mais plus tout à fait sure. Les transporteurs 2, 3, 5 et 7 et la quasi-totalité de l’Exode survivante effectuaient leurs sauts de puce en contournant autant que possible le Cercle. Tel était le choix de la sécurité qui avait prévalu. Alors que Junta et Décembre recherchaient un accord, le reste des bâtiments se lançait dans un plus long voyage qui risquait de durer de très nombreux mois supplémentaires. Les communications étaient restreintes au minimum, utilisant autant que possible les liaisons par faisceaux laser, préférant les déplacements physiques à la radio. S’ils n’étaient théoriquement pas menacés, la proximité d’un lieu réputé pour sa dangerosité amenait à faire profil bas. Quatre transporteurs, mais seulement trois commandants : autour de la table, Aurora Benkana constatait amèrement combien les rangs de l’Exode étaient clairsemés. Assis face à elle, le colonel Sterling-Price mesurait toujours ses propos, affichant un calme apparent à toute épreuve ; son ventre proéminent et ses cheveux grisonnants dégarnis ne cachaient en rien son âge, mais conféraient au militaire cette indicible aura de sagesse, dont il savait jouer au besoin. Il avait déjà mille fois prouvé ses capacités de stratège, au long de sa carrière : durant la terrible attaque pirate ou, bien avant, lors des émeutes communautaires et encore plus auparavant, sous l’ancien régime royal. Le conte, car il était noble, était à l’origine de ce plan de scission. S’agissait-il de répartir les chances ou d’équilibrer temporairement les rapports de force au sein du Conseil des Commandants ? Avec lui, on ne pouvait pas le savoir… Sur sa droite, Aurora se sentait scrutée, détaillée, par la lieutenante-colonelle Onawane. La petite femme aux cheveux courts et au regard perçant était la sœur du politicien Vernek Junta et une fervente admiratrice de Sterling-Price. Elle avait accompli sa carrière depuis les grandes écoles d’officiers jusque dans les états-majors, montrant des qualités de chef comme de stratège ou de combattante. Benkana persiffla entre ses dents : les mains douces et blanches de cette énarque prouvaient que le feu de la bataille ne les avaient pas souvent ternies. Mains douces et blanches… le tendre corps d’Azala manquait à Aurora. Elles faisaient lits à part depuis presque deux semaines maintenant. Seul l’encombrement absolu du vaisseau, dû à l’afflux des Exodés des transporteurs 6 et 1, avait empêché la princesse de déménager définitivement. Cette situation de conflit prenait racine dans les conséquences de la victoire face aux pirates où Benkana avait fait alliance avec la communauté nordiste et son représentant : Antonio Pernov. Leurs méthodes brutales avaient démontré leur efficacité pour défaire les envahisseurs, pourtant bien plus nombreux et sur plusieurs vagues, ainsi que la mise au pas des prisonniers. Ces derniers avaient depuis été relâchés sur les barges qu’ils avaient utilisées pour attaquer, un ou deux vaisseaux pirates étaient en route pour les récupérer. Benkana haïssait personnellement leur jeune chef, Choupa : « Qu’elle puisse griller en enfer cette petite merdeuse ». Pernov n’avait fait que confirmer ses pensées, en insinuant que la centaine de pirates exécutés discrètemen



RedU T1 Ch22 Ep01
Feb 15 2017 13 mins  
### « Hô, sublime Antigone ! » ( Chapitre spécial Révolution Castiks n°2 ) est disponible en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red universe ! *La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandant Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices…* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques --------- Dans un éclair, Transporteur 1 apparut là où seul le néant de l’espace dictait auparavant sa loi. Une fois n’était pas coutume, l’appareil chauffa ses puissants propulseurs et s’ébroua en vitesse infraluminique, brulant chaque minute le Lithium nécessaire à une cité. Cette zone, dans laquelle il pénétrait, perturbait les calculateurs sophistiqués qui déterminaient les trajectoires entre les dimensions lors des Transitions. Les opérateurs des systèmes embarqués affirmaient que le taux d’erreur s’accroissait dangereusement et ne permettait que des petits sauts. Entre les temps de charge et de décharge des Compresseurs dimensionnels, le vaisseau géant progressait donc plusieurs heures en propulsion standard, avant d’effectuer un nouveau saut… de puce. La proximité d’une étrange multitude de dangereux restes d’étoiles effondrées et de planètes vaporisées était responsable de cet état de fait. On trouvait, pêlemêle, des pulsars émettant des rayonnements à des fréquences et des intensités dont seule la nature avait le délirant secret ; des étoiles à neutrons et des nuages géants de matières ensemençant lentement l’éther de l’espace ; quelques redoutables trous noirs, tombeaux stellaires de la lumière elle-même. Des restes de systèmes solaires jonchaient cette zone large de quelques années-lumière, émiettant sur des surfaces considérables des cimetières infinis d’astéroïdes. Certaines de ces roches pouvaient rivaliser avec de petites planètes, quand elles n’en étaient pas simplement une ancienne partie, visiblement arrachée il y a fort longtemps. Étrange lieu, où le passé avait été suffisamment mouvementé pour conduire à l’anéantissement de tant de soleils. Étrange lieu, loin de MaterOne et de l’espace connu de l’homme, au-delà de la Passe de Magellone. Étrange lieu, désagréablement désigné « Cercle de Khabit. » Dans la salle de commandement du vaisseau, tout le monde vaquait consciencieusement à sa tâche dans un silence concentré. On avait installé un second fauteuil aux côtés du siège central du général Décembre, le responsable de ce transporteur, et c’était le politicien Vernek Junta qui y trônait, son éternel fume-cigarette à la bouche. « Et c’est reparti pour trois heures au minimum, enfin si vos équipes ne se perdent pas encore dans leur procédure, Général. » L’autre parcourait distraitement une série de rapports sur de quelconques maintenances et les valida avant de répondre. Je vous croyais plus patient, Monsieur Junta nous sommes dans une zone présumée hostile et la majeure partie des membres de ce transporteur se trouve avec le reste de l’Exode. Ce sont de précieuses mains qui nous manquent, même pour un fonctionnement à minima. Donc vos hommes ont le droit à l’erreur ? Donc mes hommes rencontrent des situations inédites et y font face. Le prochain saut ne sera pas retardé, faites-moi confiance. Vernek Junta tira une bouffée du cigarillo, qu’il exhala en quelques cercles concentriques vers le plafond de la grande salle. La patience était son point fort, pourtant. Mais ici, il s’agissait de ce qu’il aimait le moins : attendre quelque chose d’inconnu pour négocier un accord improbable. Lors de la précédente période infraluminique, il était descendu au niveau pénitentiaire où l’on maintenait sous bonne garde la seule captive de ce transporteur : mademoiselle Choupa, chef pirate. Il désirait plus d’informations, si cela était possible


RedU T1 Ch21 Ep13
Jan 25 2017 15 mins  
### « Hô, sublime Antigone ! » ( Chapitre spécial Révolution Castiks n°2 ) est disponible en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red universe ! *La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandant Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices…* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques ---------- « Calande. Rorré. Je t’écoute… » Les yeux de l’autre se plissèrent, visiblement il connaissait ce nom.
 Il parla malgré l’arme qui gênait sa parole. Poféus essaya de comprendre, mais n’y parvenant pas il retira le canon, agacé de cette perte de temps.
 Pas dégourdi… Bon, vas-y abruti. Alors, qu’est ce que tu sais ? Tu veux savoir si ta psy… …bossait pour nous, c’est cela ? J’y gagnerai quoi ? Sans hésiter, Poféus le frappa d’un coup de crosse sur la pommette gauche. Maintenant son ennemi par le col, il le retint de tomber et lui asséna deux coups supplémentaires au visage. La mâchoire de Heir s’enflamma instantanément, virant au bleu foncé. « Tu peux passer les prochaines minutes en enfer, si tu veux… » Il leva à nouveau la main pour frapper et Heir eut un geste de recul, capitulant : C’est bon, arrête ! Elle… elle avait été aperçue suffisamment autour de ton bureau pour que cela devienne louche. J’ai pu avoir des infos par sa… mère et j’ai supposé la suite. Un traceur… …caché dans une petite poupée qu’on lui avait offerte en pays tropicalien, a fait le reste. L’attentat contre… …contre toi aurait pu se produire n’importe où ailleurs, du moment qu’elle était présente. Aaah ! Les belles-mères, c’est une plaie pour tout le monde, ricana le contramiral. Heir sourit en retour, du moins autant que le lui autorisait sa blessure. Celle-ci n’embêtera plus personne. À moi de poser une question… et ne me frappe pas, hein ? Comment avez-vous su pour cette opération ? Poféus le regarda, l’air sincèrement surpris : « Elle n’est pas digne du grand Monsieur Heir, celle-là. Les Mutualistes allaient forcément faire une nouvelle tentative. Tu avais enlevé Ralato et lui seul connaissait cette entrée secrète… Les derniers détails, QuartMac et les Stuffy sont venus me les donner. Il ne nous restait plus qu’à patienter. Une autre question ? » Ralato intervint. Monsieur, il a prétendu devant moi être un fils illégitime du roi Magnam IV. Je ne sais pas si nous pouvons cautionner cela sur ses simples dires, mais il semblait sincère… BÂTARD ? hurla Poféus. Ses yeux brillaient soudain d’une colère indicible vers Ralato qui sursauta devant la violence affichée. Puis, réaffirmant aussi vite une humeur joueuse, Poféus se tourna vers Heir. « Mais dites donc, ce vieil Archibald fourrait sa queue un peu partout ! Hé, hé, ha, ha, HA, HA, HA, HA ! » Le contramiral éclata d’un rire dément dépassant tout ce qu’on lui connaissait depuis son sauvetage dans sa résidence. Il se plia même en deux sur le sol, sa main libre plaquée contre son visage dans une naïve tentative de dissimuler son hilarité. Ralato, le professeur QuartMac et les Stuffy en restaient bouche bée. Était-ce l’émotion malsaine contenue dans ce rire forcé, son incongruité dans l’instant ou simplement le décalage avec le Poféus qu’ils connaissaient depuis des années ? Heir s’adressa à eux, une lueur d’affolement flottant dans son regard. Il est complètement dingue, votre Poféus ! Vous le voyez bien non ? Aidez-moi et… …nous pourrons refaire MaterOne ensemble ! Il faut reconnaitre qu’il va peut-être nous claquer dans les doigts à force de rire, remarqua un des Stuffy. De toute façon, entre un Poféus pas net et un Heir mal en point, je me demande quel serait le meilleur choix ? Ralato, une idée ? poursuivit un second Stuffy. Le vrai QuartMac répondit à la place du lieutenant, presque amusé : Et dire qu


RedU T1 Ch21 Ep12
Jan 18 2017 10 mins  
### « Hô, sublime Antigone ! » ( Chapitre spécial Révolution Castiks n°2 ) est disponible en livre numérique sur toutes les plate-formes et sur le site de Red universe ! *La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandant Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices…* Rendez-vous sur http://reduniverse.fr/livres-numeriques ---------- Un rapide balayage mental confirma l’absence d’ennemis dans la pièce. On ne pouvait être certain que le contramiral se trouvait bien présent, compte tenu de son esprit réfractaire aux pouvoirs psychiques. Mais quelqu’un avait actionné le mécanisme d’ouverture, donc… Heir attendit avec le lieutenant pendant que les commandos mutualistes se ruaient à l’intérieur du bureau du ministre de la Sécurité. Bien qu’un peu anxieux, le maitre mental ne cachait pas sa satisfaction quant à la manœuvre employée pour en finir avec son rival. Il s’en ouvrit à la seule personne avec qui il pouvait discuter : Ralato. Tu vois lieutenant, la prochaine fois que tu décides de prendre d’assaut un endroit, commence par t’assurer que tu n’es pas attendu. Bon… je t’accorde que la situation différait, mais… Allez vous faire foutre ! Tss, tss… Quel langage ! Un jour, tu me parleras autrement. Alors, qui avons-nous là ? Poféus et un petit bonhomme… QuartMac ? Tiens donc. Ils pénétrèrent dans la pièce à la suite des commandos et Heir effectua un nouveau balayage de sécurité. Tout semblait en règle, sauf peut-être dans le salon secondaire. Quelque chose d’indicible y grouillait, caché derrière une brume. Sans préavis, il passa en mode actif et découvrit le leurre. « C’EST UN PIÈGE ! » Immédiatement, une puissante vague mentale s’abattit sur eux. Ses propres boucliers ployèrent sous l’attaque, sa force étant divisée pour maintenir Ralato emprisonné dans son corps. La porte du petit salon secondaire et celle du bureau s’ouvrirent violemment et plus d’une vingtaine d’agents mentaux armés pénétrèrent dans la pièce. Il y avait parmi eux un détail incongru : plusieurs professeurs QuartMac les accompagnaient, comment cela était-il possible ? Les balles fusèrent, rapides et précises, abattant sans sommation les six soldats mutualistes tandis que Poféus pressait le bouton de la télécommande qui verrouilla l’entrée secrète. La vague mentale s’arrêta. Heir leva les bras face à lui, prévenant tout le monde et jouant son vatout : « Je contrôle Ralato ! Laissez-moi sortir d’ici ou il mourra avec moi ! » Poféus fit un pas en avant, sortant de sa poche un révolver qu’il pointa sur l’ancien membre du Conseil de la Révolution. L’autre menaça à nouveau : J’ai dit de me laisser sortir ! QuartMac, à vous de jouer, murmura le contramiral en lançant un regard sur sa droite, vers le groupe des professeurs. L’un d’entre eux se détacha et avança vers Ralato. Heir n’aimait pas du tout cette situation. D’où venaient tous ces QuartMac et celui-là, qu’allait-il tenter ? Soudain, une nouvelle vague psychique le frappa, cette fois elle était concentrée en totalité sur lui. Il serra les dents, en appelant à toutes ses ressources pour résister. Qui attaquait en ce moment ? Il put déterminer que cela venait de tous les commandos, bien entendu, mais également des QuartMac ! Comment cela était-il possible ? Depuis quand le vieux professeur possédait-il des pouvoirs psychiques ? La vague s’amplifia, provenant pour moitié des trois savants groupés près de Poféus. Les autres soldats formaient un large demi-cercle autour de la scène, entourant d'un rempart le contramiral. Cette posture était celle d’agents entrainés, pas de rats de laboratoire. Et cette signature psychique, cela lui rappela soudain quelqu’un. Son nom jaillit alors, telle une évidence impossible : « AGENT STUFFY », hurla-t-il ! Au même instant, le


RedU T1 Ch21 Ep11
Jan 11 2017 10 mins  
## Tous nos vœux pour 2017 de la part de l'équipe de Red Universe ! ---------- Ralato s’approcha du cerf. Tête levée, l’animal maintenait le garçon prisonnier de ses cornes, vigilant. De la vapeur s’échappait des naseaux au rythme profond de sa respiration. Il regarda son maitre et le laissa lui flatter le flanc, tapotant le cuir épais. Le ruminant exprima sa satisfaction en raclant le sol d’un coup de sabot puis se concentra à nouveau sur son ennemi. Ralato en fit de même : Dans l’hypothèse où votre théorie ne soit pas fantasmée, en quoi cela nous concerne-t-il ? Vous êtes à la tête des Mutualistes et l’allié des Souriants. Mon devoir est de vous enfermer à double tour pour que vous ne nuisiez plus à la société… Je suis le chef des Souriants : désormais, deux puissantes organisations me soutiennent sans retenue. Associons-nous ! Déjà demandé sur Talbot et déjà refusé, me semble-t-il… Sauf que Poféus est mort et que le Conseil de la Révolution est décapité. De qui crois-tu que nous sommes en train de parler ? Nous représentons les forces les plus importantes de l’humanité, Ralato ! Tu as le bras militaire et Mental, j’ai le bras économique et les Mutualistes. Soit nous nous exterminons tous deux, soit nous construisons la paix, une paix qui mènera MaterOne vers un nouvel âge d’or ! Un âge d’or ? Basé sur le contrôle total par deux personnes ? Stuffy vous rétorquerait que ce n’est guère rassurant comme perspective. Je serai Roi ! Le parlement reprendra ses prérogatives et ne sera plus cette simple salle d’enregistrement qu’il est en ce moment. Ralato, je te connais : tu n’es pas un idéaliste. La dizaine de milliards d’êtres humains qui peuple cet univers ne peut être régie que d’une main de fer dans un gant de velours. On ne peut tolérer les séparatismes, mais on doit leur laisser le droit de s’exprimer. L’avenir de l’homme, c’est l’espace infini, c’est le seul destin qui nous est donné et nous pouvons… nous devons tous les unir dans ce but. Lorsque l’on découvrira d’autres Antarès IV, lorsque l’Humanité aura tant essaimé qu’aucun danger ne pourra plus jamais la mettre en péril, alors notre mission sera accomplie. Des dangers menaçant l’humanité ? Ralato observait les yeux de son interlocuteur. Pendu aux bois enfoncés dans son corps, l’intensité du regard corroborait la vibration sous-jacente de la voix, malgré le timbre d’enfant. Heir croyait à ce qu’il disait… ou méritait un prix d’excellence pour son jeu d’acteur. Le garçon compléta : « Je sais que parler de dangers peut paraitre étrange, mais au-delà de Magellone, il se passe des choses. Cette technologie de chimères et d’autres indices concordants ne m’inspirent aucune confiance sur ce qu’il se passera une fois que l’Exode aura pénétré dans cette région de l’espace. » Ralato cherchait la faille dans ce raisonnement où tout semblait si logique. Vous avez tué des troupes mentales dans votre guerre contre Poféus. Toutes les actions mutualistes visaient délibérément à saper la crédibilité du contramiral. Pourquoi cet acharnement ? J’ai eu… accès, nous dirons, à des témoins de ce qui s’est passé au-dessus de l’Abime-sans-Nom. Mon père, Magnam, s’est retrouvé seul et désarmé dans un orthoptère face à Poféus et deux pilotes. Il est tombé de l’appareil et l’engin a piqué vers la surface de l’océan pour disparaitre à jamais. Poféus fut l’unique survivant. Je ne crois pas une seconde à une tentative stupide pour prendre le contrôle de l’orthoptère. Magnam n’avait rien à y gagner. Par contre, il avait toujours été clément avec Poféus malgré ses agissements et ce pédophile ne méritait pas le dixième de ce qui lui a été accordé. Il aurait tué Magnam IV ? Pourquoi ? Heir soupira, les yeux dans le vague… Cette question, il avait dû se la poser durant des années, pensa Ralato. « J’ai cherché et je n’ai pas trouvé de réponse claire. Une seule possibilité : leur présence en ces lieux. Quelque chose, là-bas, était assez important pour qu’un corps expéditionnaire des


RedU T1 Ch21 Ep10
Jan 03 2017 12 mins  
## Tous nos vœux pour 2017 de la part de l'équipe de Red Universe ! ---------- La scène se figea. Plusieurs cornes transperçaient Heir, le maintenant en hauteur, mais l’animal-symbole des Ouli restait immobile. Dans le champ de l’esprit, les équivalences au monde « réel » n’étaient que subjectives : mourir d’un des côtés se répercutait dans l’autre, mais c’était à peu près tout. Ralato s’approcha du corps qui se balançait, suspendu aux bois. « … Maintenant, je veux bien parlementer. » dit-il simplement. La tête de l’enfant se redressa, observant le lieutenant. Puis, ricanant, il répondit à son interlocuteur. J’ai connu de meilleures conditions. Mais, si cela te convient, alors… Qui êtes-vous, Heir ? La question de Ralato était sans nuance, directe. Le regard de l’autre s’assombrit et sembla se perdre dans l’infini blanc de ce monde sans repère. « Je suis comme mes élèves, ceux que toi et l’agent Stuffy avez tués, Ralato. Nous sommes des créatures des Triades qui pressentaient les changements à venir… Il leur fallait une force capable de rivaliser avec le bureau des Affaires mentales, et si la culture souriante maintenait depuis des siècles une connaissance et une pratique des pouvoirs psychiques, elle n’était pas à la hauteur de… de quelqu’un comme toi, par exemple. J’ai été le premier. Plus tard, je maitrisais le processus et redonnais vie à un jeune garçon condamné, Hoú Niao, avant de poursuivre avec Myan et d’en faire le puissant Mental que tu connaissais. Voilà, certaines choses complexes et longues peuvent se résumer simplement, n’est-ce pas ? » Ralato recollait les éléments du puzzle. Tout tournait autour du nuage de miel, cette drogue des Souriants, produite en quantité dans la Nébuleuse de Talbot. Là-bas poussait la Lamprasine, une plante inconnue sur MaterOne, mais dont les propriétés semblaient infinies. L’apparence « psychique » de Heir donnait un autre indice. Ralato poursuivit l’interrogatoire. Et vous étiez jeune quand ils vous ont fait subir ce qui vous a transformé, n’est-ce pas ? Absolument, comme tu peux le constater. Je n’avais que six ans, mais la nouvelle de la chute de la royauté les a obligés à accélérer leurs plans. J’ai failli y rester, tu sais ? La suite, tu peux la deviner. Mes pouvoirs latents ont été décuplés, j’ai pu pénétrer le milieu des affaires et de la politique avec l’adoubement des banques souriantes, faisant de moi une personnalité de premier plan en très peu de temps. Un mois après ma naissance venait Hoú… deux mois encore et apparaissait Myan. Il ne fallut pas une demi-année pour qu’il intègre l’université mentale. Etonnant quand on y pense, n’est-ce pas ? Les préparatifs de l’Exode n’étaient pas encore achevés que nous avions déjà commencé notre travail de contrôle de la société postrévolutionnaire ! Veux-tu bien me relâcher, maintenant ? C’est assez désagréable comme position… Non, répondit Ralato, sans hésitation. La dangerosité de Heir n’autorisait aucun relâchement. Bien au contraire, le Mental renforça les défenses et la structure du cerf. Cela n’échappa pas à son prisonnier qui grimaça puis soupira doucement. Ses traits affichaient une réelle tristesse depuis le début de leur affrontement, mais n’était-ce pas simulé ? Cet homme, cet enfant, maitrisait l’art de la dissimulation comme personne. Il poursuivit, conversant avec Ralato plus comme une connaissance qu’un interrogateur : « Quelques mois peuvent représenter des siècles… c’est une vieille maxime qui n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd'hui. Myan, Hoú et moi-même subissions une sorte de croissance physique et psychique permanente. Nous ne dormions jamais, absorbant rapidement toute connaissance souriante des mystères mentaux ; nous repoussions nos limites là où peu d’êtres sont jamais allés, créant une nouvelle ère, celle des Mentaux supérieurs. Les quelques semaines d’avance que j’avais sur mes fils représentaient des années et je peux m’enorgueillir d’avoir réellement été leur maitre. Ils m


RedU T1 Ch21 Ep09
Dec 20 2016 9 mins  
### Red Universe fête avec vous la fin d'année et c'est une pluie de cadeaux qui s'abat sur votre série ! Venez récupérer les vôtres sur [http://reduniverse.fr/2016/12/17/red-universe-fete-la-fin-dannee-avec-vous/](http://reduniverse.fr/2016/12/17/red-universe-fete-la-fin-dannee-avec-vous/) **VITE ! LE 25 DÉCEMBRE, CE SERA TERMINÉ, DÉPÊCHEZ-VOUS !** ------ L’espace infini blanc qui l’engloba dès son entrée ne surprit pas Stuffy outre mesure. Le jeune Myan était rodé aux techniques de combat. Un des enseignements de base consistait à créer, dans des moments dangereux, un espace entre son moi intérieur et le bouclier pour éviter qu’un intrus parvenant à franchir les défenses ne soit en mesure de provoquer immédiatement des dégâts. Dans un éclair, le Souriant se matérialisa devant lui, deux mâchoires en lieu et place des mains : l’une se planta dans la gorge de Stuffy, l’autre dans son abdomen. « Vous n’auriez jamais dû venir me provoquer, agent Stuffy ! » Ses doigts, devenus dents acérées, mordirent de ses dernières forces. Il était hors de question de se laisser surprendre par ce genre d’attaque, fût-elle le fait du fameux Stuffy. Et malgré son état de faiblesse grandissant, Myan voyait bien là une tentative désespérée de la part de ses ennemis. Le jeune homme ne faillirait pas devant son maitre. Soudain, les mâchoires traversèrent l’intrus, mordant le vide, sa proie disparue. Myan n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait : Stuffy, remplaçant son avatar, jaillit devant lui, les avant-bras prolongés par des lames d'obsidienne noires comme la nuit mais mieux effilées qu'un rasoir . La première lame frappa l'aine, tranchant l'abdomen jusqu'au thorax, la seconde glissa le long des vertèbres cervicales, brisant la mâchoire : la pointe jaillit de la nuque en transperçant le cervelet. Stuffy ne pouvait s’empêcher de regretter d’en arriver là. « Désolé, mon gars. Un peu trop jeune et pas assez d’expérience. » La bouche du Souriant explosa soudain, une langue obscène, hérissée de lamelles, en jaillit et lacéra Stuffy. Myan offrit ses derniers mots à son adversaire : « Désolé… trop v… vieux sans… doute. » La lame de Stuffy avait touché le cerveau de Myan, détruisant irrémédiablement la cohérence logique et psychique. 
La langue de Myan déchiquetait les ultimes traces de la psyché de Stuffy, esprit dépourvu de corps depuis trop longtemps. 
Tout devint noir. Les mains de Myan se relâchèrent, sa tête roula doucement sur le côté; les yeux du jeune homme restèrent ouverts, encore humides d’une dernière larme à destination de son maitre. Et ce fut terminé. « MYAN ! NON ! » hurla Monsieur Heir qui sentait la vie quitter son disciple. Il n’en fallut pas plus à Ralato qui profita du manque de concentration de son adversaire pour contourner ses défenses, d’une pirouette enseignée par Fabio, il y avait bien longtemps. Il lui avait expliqué combien les sentiments pouvaient modifier la forme des boucliers psychiques. Si vous haïssiez, votre moi de compassion était faible, si vous aimiez, alors c’est la partie analytique qui faiblissait. Le lieutenant mental n’allait pas commettre la même erreur que son ami Stuffy et ne se projetterait pas entièrement : il créerait un pont, un puissant lien où il pourrait se déverser. Telle une armée en campagne, l’état-major commandait toujours de loin, en terre fidèle et fiable. Ralato n’avait pas le temps de penser à ce qui venait de se produire. Il risquait de se fragiliser comme Heir. Il se concentrait donc totalement sur son attaque : l’heure était à la bataille, pas aux obsèques, ni aux remords. Le monde blanc, zone de transit de tout Mental en combat psychique. Face à lui se tenait un enfant à genoux, pleurant. Heir ? Deux loups apparurent de chaque côté de Ralato et se jetèrent sur le garçon. Ils s’écrasèrent contre la protection rapprochée de la frêle silhouette. Un second bouclier ? C’était inédit, mais Ralato n’allait pas abandonner si facilement. Deux


Red Universe fête la fin d'année avec vous !
Dec 16 2016 3 mins  
![cadeaux](http://reduniverse.fr/files/2016/12/present-1417611_960_720-285x300.png) En cette fin d’année 2016 qui a connu moult mouvements et activités, que ce soit dans votre série préférée ou sur cette pauvre petite planète qui est la nôtre, nous avons décidé que vous méritiez bien quelques cadeaux de notre part ! Votre fidélité à toute épreuve, vos commentaires et votre soutien, tout cela mérite salaire, non ? :) Alors voici ce qu’on vous offre, précipitez-vous (ou écoutez notre père Noël de RedU qui vous l’explique en fichier joint :) ) Un épisode inédit des Grosses têtes (épisode n° 2) avec Momumba Arlington, Ralato, Stuffy, Phil et Adénor ! Section des Spéciaux du site. Le chapitre Spécial n° 2 Hô sublime Antigone, ENFIN EN LIVRE NUMÉRIQUE ! Plus de 90 pages d'aventure, de mystères, d'illustrations et de commentaires personnels de l'auteur. La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandant Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices. Sur la section des livres numériques. N'oubliez pas que les téléchargements directs ( sur le site ) donnent droit à tous les formats et des bonus en plus pour le même prix (parfois moins cher ) que les librairies en ligne ! Le chapitre Spécial n° 1 Le temps des cerises est GRATUIT JUSQU’AU 25 DÉCEMBRE INCLUS ! C’est un autre cadeau, si vous avez manqué ce premier pavé des aventures de nos héros ! La Révolution Castiks, cet évènement fondamental à la source de l’Exode qui enchainera sur la scission de l’Humanité. Que s’est-il donc passé pour qu’une royauté, plusieurs fois centenaire, s’effondre devant une poignée de rebelles idéalistes ? Bienvenue dans cette première partie de la trilogie consacrée à la Révolution Castiks. Et enfin, un nouveau flux Red Universe uniquement dédié aux mini-séries et aux hors-séries ! (typiquement : les chapitres présentés lors des soirées de Podradio 27/24 et les épisodes des Grosses têtes, mais également des bandes-annonces, etc... ). Vous pourrez donc revivre ces aventures, en épisode et avec tout le plaisir des premières fois :) Le bouton est disponible en tête des mini-séries dans la section des Spéciaux. One more thing, figurez-vous que Red Universe est désormais disponible sur la plateforme Deezer ! Il suffit de chercher « Red Universe » et le podcast sera proposé (pour des raisons techniques, on a juste le titre, mais ils feront peut-être un gros effort un jour ?) Donc nous vous souhaitons au nom de toute l'équipe de Red Universe de très bonnes fêtes ! Mais vous n'êtes pas totalement seuls, car, en plus des cadeaux susnommés, vous aurez l'épisode 9 ce Mercredi 21 Décembre 2016 :) Le suivant, il faudra l'attendre au 4 Janvier, mais vous serez certainement bien assez occupés comme cela ! À très bientôt !


RedU T1 Ch21 Ep08
Dec 14 2016 8 mins  
### Pour les fêtes de fin d’année, Red Universe vous a préparé de superbes cadeaux ! Rendez-vous le 17 Décembre sur http://reduniverse.fr/ ------ « Réveillez-vous, agents Ralato et Stuffy » La voix déformée parvint aux oreilles de Ralato, le tirant des brumes de la conscience. Stuffy revenait avec lui. Mince… le truc que Heir nous a collé… je ne sais pas ce que c’était, on a tous les deux été paralysés… Tu es prêt ? Non, mais on ne va pas avoir le choix. Balayage passif, deux personnes dans une pièce. Ce sont des Mentaux. Ouais. On est assis sur une chaise, pas d’entraves. Ça va se passer entre esprits. Vous êtes réveillés, je le sens. Nous vous attendions, retentit à nouveau la voix. Elle résonnait oralement, mais frappait également les défenses psychiques de Ralato. Il est fort, dit le lieutenant, soudain soupçonneux. En fait, je ne connais pas beaucoup de personnes capables de ce niveau. Il ouvrit les yeux. Il se trouvait dans une haute pièce vide, éclairée par un néon encastré dans le plafond. Face à lui, une faible lueur pourpre dessinait la silhouette d’un large siège et d’un homme qui l’observait, la tête penchée contre sa main droite. Sa voix était déformée par un quelconque système, et ses traits invisibles, perdus dans l’obscurité. Je me nomme Alpha. Je suis le chef des Mutualistes. Le fameux… Vous êtes en état… d’arrestation, monsieur Alpha, grogna Ralato en se relevant difficilement. Votre humour manque de mordant, lieutenant. Mais enchainons, vous connaissez déjà notre ami commun, ici présent. Un bras se tendit vers la gauche de la pièce, là où se trouvait la seconde présence. Un petit ronronnement de moteur se fit entendre et un brancard motorisé pénétra le cône de lumière, à quelques mètres du lieutenant. Celui-ci ne put retenir sa surprise en reconnaissant la jeune personne allongée sur le lit, penchée en avant. « Myan ! Toi ? Ici ? Mais alors, Alpha… » Alpha se redressa et s'avança vers Ralato. Portant une main à sa gorge, il décrocha une sorte de barrette en demi-cercle fixée à sa peau et la laissa tomber sur le sol : le visage de Monsieur Heir apparut à son tour dans la lumière. Un petit moment de silence flotta sur la scène… … Puis les yeux de Heir se plissèrent et Myan serra les barres de soutien de son engin. Stuffy rugit dans l’esprit de Ralato, confirmant l’intuition du lieutenant. « Attention, ils attaquent ! » La vague psychique qui s’abattit sur le duo mêlait les flux de deux des plus puissants esprits que les agents des Forces mentales aient jamais affronté. Le choc fut ressenti autant par la pensée que dans le corps du duo. Ralato avait l’impression que sa boite crânienne se déformait sous l’intensité de l’attaque. ILS… NOS BOUCLIERS ! ILS VEULENT LES PERCER ! NAN… NAAAN, ON NE VOUS LAISSERA PAS… FAIRE ! hurla Stuffy. Au tressaillement d’une paupière de Heir, on devinait que le message s’était affranchi des limites physiques de Ralato. Les yeux mi-clos de Myan et la transpiration dont les premières gouttes perlaient sur son front montraient que le jeune garçon approchait déjà des limites de ses capacités et que son flux diminuait en intensité. Monsieur Heir comprit tout de suite le danger et il serra les poings, contractant les muscles de sa mâchoire, fermant son regard. Sa puissance d’attaque en fut décuplée, révélant un Mental aux pouvoirs largement supérieurs à ce qui était connu. Fabio mis à part, bien sûr. Ralato tomba et mit un genou au sol, écrasé physiquement par l’immensité de la vague déferlant contre lui. Mais il tenait bon. En fait, c’était l’aide de Stuffy qui leurs permettait de résister, Myan perdant de ses facultés seconde après seconde. Ralato, j’ai un plan ! Donne-moi une trentaine de secondes, peut-être moins. Je vais renouveler ce que j’avais fait avec toi dans les Amalaches ! Tu veux dire que tu vas plonger dans Heir ? Tu es fou, oublie ça tout de suite, répliqua l’autre. La puissance de Monsieur Heir/Alpha ne pouvait être contr


RedU T1 Ch21 Ep07
Dec 07 2016 8 mins  
### Pour les fêtes de fin d’année, Red Universe vous a préparé de superbes cadeaux ! Rendez-vous le 17 Décembre sur http://reduniverse.fr/ ------ Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’information, pour la dernière partie. Avec notre invitée, l’ancienne princesse Azala de MaterOne, nous allons aborder deux sujets, l’un concernant l’Exode et l’autre vous concernant directement, madame. Tiens, ce n’était pas dans le script de l’émission ! Mais ce sera comme vous voulez, Ted. Dans ce premier sujet, nous parlerons du « Cercle de Khabit », n’est-ce pas ? En effet. Notre journaliste Drisso El Nofello, sur Transporteur 4, a réalisé une interview, quelques minutes seulement, du professeur Schwarzkof, éminent savant recruté par monsieur Junta. Il revenait d’une réunion avec le Conseil des commandants, où ils avaient justement abordé un sujet concernant notre avenir immédiat. Vous avez oublié d’ajouter « merveilleux » : le merveilleux monsieur Junta, sinon cela n’apparaitrait pas assez évident. … Non ? Ted, vous êtes bien pale, soudain… … Tout de suite, l’interview du professeur Schwarzkof. * Bonjour à nos multispectateurs, nous sommes avec monsieur Schwarzkof, diplômé de l’université de MaterOne en astrodynamique des fluides. Professeur, vous revenez d’une réunion avec le conseil dirigeant l’Exode, pouvez-vous nous en donner le thème ? Bonjour. Oui, je ne pense pas que cela soit un secret. Nous avons évoqué les résultats des recherches effectuées par mon équipe au sujet de deux artéfacts découverts de l’autre côté de la Passe de Magellone. Et en quoi ces recherches peuvent-elles intéresser l’Exode ? En fait, elles sont à associer aux évènements rencontrés lors de la traversée de la Passe. Les fameux fantômes de nous-mêmes que nous y croisions. Les artéfacts ont réagi de même, projetant des… des sortes de « souvenirs » les imprégnant. On y voyait une civilisation non humaine et de puissants appareils de combat. Nos tests suivants ont exclu une autre origine pour ces mirages. Ce n’est pas rassurant. Le conseil et vous-même pensez que nous pourrions les rencontrer ? La datation des artéfacts n’exclut pas cette possibilité. Ils nous sont contemporains, à quelques dizaines d’années près. Et serait-ce lié à cet endroit dont le nom se murmure à voix basse, particulièrement chez les prisonniers pirates : le « Cercle de Khabit » ? Je ne peux, hélas pas répondre à cette question. Nous n’en savons rien, nous ne pouvons que proposer des hypothèses. Et l’une d’entre elles dit qu’effectivement, si l’on se base sur la technologie apparue dans les « souvenirs » des artéfacts et si l’on retient la quasi-inviolabilité de cette zone, c’est envisageable. J’ajoute que le nom de ce lieu est connu bien au-delà des pirates, on évite en général de le prononcer, même sur la station Piñata el grande. C’est pour cela que les commandants Décembre et Junta vont s’y diriger avec leurs transporteurs, sans les autres vaisseaux de l’Exode ? Je n’ai jamais dit cela. Vous en savez, sans doute, plus que moi. Ce sont des rumeurs persistantes qui circulent parmi les hauts gradés. Les informations obtenues par nos journalistes sur l’Exode sont assez concordantes. Je ne peux que vous croire. Nous verrons bien. Hé bien, merci pour le temps que vous venez de nous accorder, professeur Schwarzkof. Nous vous souhaitons bonne continuation pour ce voyage et dans vos recherches. Merci à vous également, et bien le bonsoir. Madame Azala, l’Exode va donc se scinder à nouveau ? Je ne confirme ni n’infirme rien, Ted. Je laisse le Conseil des commandants décider seul de son agenda de communication. Donc, vous connaissez la réponse. Et cette histoire d’artéfacts, avez-vous un avis dessus ou est-ce également hors d’un quelconque agenda ? Je connais un de ces artéfacts. Je me trouvais avec le marchand Broto lorsqu’il nous l’a proposé, en échange d’une place à bord de l’Exode. Si l’objet en lui-même s’est révélé plus passionnant que prévu, les conséque


RedU T1 Ch21 Ep06
Nov 30 2016 10 mins  
### Pour les fêtes de fin d’année, Red Universe vous a préparé de superbes cadeaux ! Rendez-vous le 17 Décembre sur http://reduniverse.fr/ ------ « …l’intérêt que le présentateur à de toujours aller à l’encontre de … » Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’in… D’INFORMATIONS ! Derrière ma voix, vous entendez celle de l’ex-princesse Azala, notre invitée aujourd’hui. Princesse, vous vouliez dire quelque chose d’utile ? Rien qui vous passionne, d’autant plus que le sujet suivant va être très stressant. Allez-y, nous écoutons… … Heu, oui. Donc notre envoyé spécial à bord de ce transporteur, Rabsky Benkous, nous a rejoints pour aborder les conséquences du drame qui nous a frappé. Bonjour Rabsky, pouvez-nous nous donner un bilan de cette traversée de Magellone ? Bonjour Ted. Les chiffres que je vais vous indiquer vont être annoncés officiellement ce soir et… …excusez-moi  ! Vous avez accès à des documents non diffusés  ? J’ignorais que votre patron commençait à "jouer" avec le Conseil des commandants. … ce bilan provient effectivement d’une source haut placée, que ma déontologie journalistique m’interdit de révéler, madame Azala. Ted, si vous le permettez, je poursuis ? Mais allez-y, Rabsky. Nous sommes tout ouïe. Deux transporteurs sont perdus, soit presque un tiers de nos vaisseaux. Le nombre de victimes de la grande attaque pirate, ainsi que de l’épidémie chez les Octotes du T2 et des disparitions dues aux conditions de la Passe elle-même est impressionnant. Sept-mille-trois-cent-quatre-vingt-quinze morts et vingt-deux-mille-six-cent-douze blessés (dont une large majorité par l’attaque pirate) sont à déplorer. Mais ce n’est qu’une broutille comparée à l’autre drame, devrais-je dire le drame principal… Je vois ce que vous voulez dire… Transporteur 3. Oui, Ted. Trois-cent-cinquante-mille disparus, tous rayés de la vie de cet univers, en un claquement de doigts. C’est unique dans les annales spatiales, on n’avait jamais atteint de telles pertes. J’interviens pour signaler, si vous ne le savez déjà, qu’une grande soirée de recueillement va être organisée dans trois jours pour, sinon enterrer nos morts, au moins aider les familles dans leur deuil. Il se tiendra… … Sur Transporteur 7 de la Commandante Benkana. Oui Princesse, merci. À cette occasion, Ex-One Média diffusera en direct l’intégralité de ce moment émouvant. Nos multispectateurs voudront certainement y participer, autant que faire se peut. Certes, ce sera un moment émouvant à partager, mais également un moment d’unité. Ne pas oublier cette unité, monsieur Maos’n. Rabsky, nous poursuivons ? Bien sûr, Ted. Donc, des pertes humaines, mais aussi de lourdes pertes en matériels, et surtout en ressources (provisions, Lithium, pièces détachées… la liste est longue). Cyniquement, si la destruction de Transporteur 6 a porté un coup très dur, la majorité de ces exodés sont revenus, mais leurs réserves ont disparu. À ce titre, ce qui est arrivé à Transporteur 3 est plus… gérable du point de vue de la « survie globale », j’entends. Certains de vos journalistes ne manquent pas de cynisme à Ex-One Média, dites-moi Ted.
 Mmoui… Rabsky… enchainons. Vous vouliez nous parler des prisonniers pirates, n’est-ce pas ? Oui en effet. Je m’excuse d’avoir préalablement paru détaché dans la comptabilité des victimes et de leurs conséquences, mais j’estime que notre Exode se doit de… garder une tête froide, malgré tout, et de penser aux survivants. Vous avez raison : un peu moins d’un demi-million de victimes, restons calmes… Vous vous enfoncez, jeune homme ! Et sinon, qu’allez-vous donc nous conseiller pour les pirates  prisonniers ? Je pense avoir une idée de ce qui va suivre : vous trouvez qu’avoir négocié leur libération est un acte touchant à la trahison envers toute la communauté des Exodés et qu’on aurait dû les juger, un par un ? … oui. Ce sont des monstres sans foi ni loi, ils ne méritent pas notre mansuétude ! Ce sont des hommes et des femmes que nous ne pouvons



RedU T1 Ch21 Ep05
Nov 23 2016 8 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livre numérique ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ « Bonjour à tous, vous êtes bien sur Ex-One Média, et c’est Ted Maos’n en direct du Transporteur 1 pour l’édition du soir ! Voici les titres de l’actualité : Retour sur cet épouvantable carnage de l’attaque du premier convoi. Seront présents nos journalistes, en première ligne, qui ont fort heureusement survécu au drame : Foudia Hacham et Angélus Air. Puis, avec Rabsky Benkous, nous parlerons de l’avenir de l’Exode, car il faut malgré tout aller de l’avant. On évoque des… des négociations avec les pirates  prisonniers. Enfin, ce sera avec notre invitée que nous aborderons les préparatifs du départ et ce qui se murmure dans les couloirs, une nouvelle scission de l’Exode à l’approche de notre prochaine étape : le Cercle de Khabit… » Alors le moment est venu de vous présenter notre invitée. Princesse, nous vous remercions d’avoir enfin accepté de débattre, avec nous et nos envoyés spéciaux, de l’actualité. Bienvenue à vous ! « Enfin », n’est-ce pas ? Je pense que les sujets qui vont être évoqués aujourd’hui requièrent tant l’attention de nos commandants, que l’Exode ne pourra malheureusement profiter que de mes modestes analyses. Mais nous les avons toujours attendues ! La perspicacité de l’ancienne héritière de toute l’humanité est bien connue, ainsi que votre proximité avec la commandante Aurora Benkana de Transporteur 7. Comment avez-vous survécu à l’invasion pirate, ces heures n’étaient-elles pas trop longues, enfermée comme vous l’étiez dans le centre de commandement ? Malgré tous les sarcasmes que l’on peut entendre concernant la stratégie de défense : corridor par corridor, pont après pont puis le tragique décompte des victimes, tout cela ne m'a pas permis de passer du temps avec ma manucure… si c’est de cela dont vous parliez, Ted. Vous jouiez à la maitresse de guerre ? Certains jouent bien aux journalistes. Donc, tout est possible. … heu… Bien. Une page de publicité et nous revenons avec Foudia et Angélus qui s’installent en ce moment sur le plateau. Ne zappez pas ! Ok, écoutez : je ne fais que mon boulot ! Pas la peine de me prendre de haut avec vos grands airs de… … si vous voulez que je vous considère comme un journaliste, alors agissez comme tel et… … et retour dans votre édition du soir d’Ex-One Média en… direct. Sur ce plateau, l’ex-Princesse de MaterOne, Azala, qui nous honore de sa présence. Mais également, pour approfondir les sujets, Foudia Hacham qui était envoyée spéciale sur Transporteur 6 de feu le colonel J.F.Hill. et Angélus Air, envoyé spécial d’Ex-One Média sur Transporteur 5 du colonel Sterling-Price. Bonsoir à vous deux. Avant d’aller plus loin, quelques images de la cérémonie funèraire de John Fidgerald Hill qui a marqué ce que l’on pourrait appeler la conclusion de l’attaque pirate. Au milieu du grand hangar aux appontages de ce vaisseau, vraiment plein à craquer, on voit le cercueil du colonel J.F.Hill porté par les autres commandants de l’Exode. Vous étiez aux premières loges, Princesse, peut-être pouvez-vous nous en dire quelques mots ? C’était un moment d’une force incomparable, Ted. Le colonel Hill représentait l’idéal de la révolution Castiks et avait activement participé à préparer l’Exode. Je pense que par leurs gestes, par les oraisons qui ont été prononcées, on sentait un réel moment de cohésion de tous et de toutes, quelles que soient leur personnalité ou leurs opinions. Nous avons tous pleuré, Ted, souvent en secret. Votre discours sur la grandeur de l’homme a marqué les esprits. Votre culture littéraire exultait dans ce texte. Merci, Ted. J’ose espérer que le message fut aussi remarqué que la forme ! Hill et ses soldats sont morts pou


RedU T1 Ch21 Ep04
Nov 16 2016 10 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livre numérique ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Le sac hermétique numéro douze avait été scellé comme beaucoup d'autres, durant la première heure. On tenait la civière du contramiral pour qu’il puisse être assis, face à celle qu'il aimait. L’aspirante rongeait son frein : deux orthoptères étaient déjà en route pour récupérer le ministre. Compte tenu de la situation, le fait qu’il ait survécu prenait une tournure capitale pour toute l’humanité : chaque minute comptait. Ouvrez… le sac. Mais Amiral.. OUVREZ-LE Elle fit signe à un des préposés qui glissa la lame d’un cutteur sur le pourtour supérieur du sac, puis il saisit l’un des bords et le souleva suffisamment pour que Poféus en voie bien le contenu. Fakir détourna la tête vers les arbres arrachés, au loin. Aucun des corps retrouvés dans la résidence n’était entier. En fait, souvent, on n’avait découvert que quelques morceaux, des tissus brulés et mêlés aux restes des vêtements, des os calcinés. Et cela valait peut-être mieux pour eux, plus le corps était détruit, plus la mort avait été rapide. Et le cadavre de la femme dans le sac numéro douze ne faisait pas exception. Elle entendit alors, derrière elle, quelque chose d’inattendu. Une réaction déplacée… malsaine.
 « hé… hé… ha, ha, HA HA HA HA, HA, HA ! »
 Le contramiral riait à gorge déployée, luttant contre une quinte de toux qui lui enrayait la voix. Tous l’observaient, ne sachant quelle attitude adopter. Fakir perçu une pointe de démence, derrière ce rire qui montait vers les aigus entre chaque crachat expulsé par ses poumons. Elle fit signe de refermer le sac et d’éloigner la civière sans demander l'avis de Poféus. Il se trouvait en état de choc, c’était une évidence, elle n’aurait jamais dû céder à sa requête ; la vue du corps meurtri de la femme qu’il aimait l’avait profondément touché. Il s’était tu lorsque, sous la tente, on lui avait administré un calmant, les examens complémentaires ne faisaient que confirmer les premières observations : quelques contusions et un état de choc posttraumatique. Le contramiral Poféus sortait indemne du terrible attentat terroriste le visant personnellement. On pouvait crier au miracle, sans retenue. Un des deux orthoptères s'était posé à une dizaine de mètres, les turbines allumées tandis que l’autre, tel un aigle à la recherche d’une proie, effectuait des cercles autour de la propriété. Plusieurs groupes de chasseurs des forces spatiales passèrent à haute altitude, la nouvelle que le ministre responsable des services de sécurité planétaire avait survécu circulait déjà et les Mutualistes devaient forcément se tenir informés. L’aspirante Fakir expliquait aux médecins que la section médicale des Forces Mentales allait prendre le relais et qu’on devait évacuer immédiatement leur chef, lorsque celui-ci lui fit signe. Elle s’approcha, toujours inquiète de ce petit sourire qui ne le quittait pas, dominée par ce regard où une étincelle noire laissait présager en permanence les pires intentions. Monsieur ? Nous allons vous transférer d’ici quelques minutes. Oui ma petite, bien sûr… Cont… contacte le central des com  et dis-leur d’activer le plan Poisson à pattes. Et bouge tes jolies fesses, c’est très urgent. « Poisson à pattes ». Heu, je… oui, Amiral ! Fakir couru vers l’orthoptère, troublée. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de se retrouver en présence du ministre, mais elle était certaine que ce style de langage ne lui était pas coutumier. Dès son arrivée, on lui donna un casque et elle transmit l’ordre, ignorant comme probablement les opérateurs des communications de MaterOne Centrum de quoi il retournait. Déjà, on amenait la civière du contramiral où celui-ci reposait, les yeux fermés,


RedU T1 Ch21 Ep03
Nov 09 2016 6 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livre numérique ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Une dizaine de corps gisaient alignés, empaquetés dans des sacs mortuaires. L’aspirante mentale Fakir vérifia une nouvelle fois l’identité de chaque cadavre avec sa liste, énumérant consciencieusement les numéros d’identification et les comparant, un à un. Les blessés les plus graves étaient déjà partis en orthoptère et, d’après les dernières informations, ils s’en sortiraient presque tous. Il s’agissait surtout des tireurs et des gardes répartis dans la forêt, ils avaient été soufflés avec elle. Le petite femme resta quelques secondes pensive devant l’alignement morbide, ses cheveux bruns mi-long ondulaient doucement dans la brise venue du sud. Mais assez rêvé : on l’avait entrainée à ce genre de situation et c’était l’heure du rapport des fouilles. Sur le chemin de la grande tente blanche où l’on donnait les premiers soins, elle activa son communicateur. À une centaine de mètres de là, les excavatrices poursuivaient avec précautions leur travail dans le cratère, creusant et dégageant les gravas à la recherche des dernières personnes manquantes. On entendait les chiens des secouristes aboyer de temps en temps, noyés dans la poussière de béton omniprésente. Parmi les absents, le plus important était évidemment dans tous les esprits : le contramiral Poféus. Ici Fakir, des nouvelles ? Rien de neuf, mais nos senseurs sont bloqués par la dalle sous la résidence. Seul détail certain, un nouveau corps apparait à moitié en radiométrie, çà lui est tombé dessus, on sera sur lui dans… oui ? Et c’est… ? Bon, je viens… Excusez-moi, on me signale une sorte de faille dans le béton, je vais voir. Parfait, tenez-moi au courant. L’aspirante entrait sous la tente improvisée, se préparant à mettre à jour une seconde liste lorsque son communicateur vibra à nouveau. Fakir. Madame, venez vite ! C’est incroyable, on a un survivant ! Il répond aux coups sur les barres de soutien, on met tout le monde dessus ! J’arrive ! Elle n’osait y croire. Dans la résidence, personne n’avait survécu, c’était le centre de l’impact : le Lithium s’y était enflammé à des températures de plusieurs centaines de milliers de degrés, fondant la pierre. Un survivant, là-dedans ? Elle enjamba plusieurs blocs moulés expulsés de leurs sculptures et descendit dans le cratère en direction des excavatrices. Presque tous les ouvriers s’étaient regroupés derrière une des machines et celle-ci levait lentement son puissant bras mécanique pour soulever une portion de dalle. Fakir manqua de glisser par deux fois, puis arriva enfin à la hauteur du chef de chantier. On la laissa passer et elle put contempler la scène. Au milieu des chiens qui aboyaient, on extirpait de sous les décombres un des gardes, la tête broyée, mais le corps intact. Elle soupira : Une fausse alerte… Nan, Madame. Les coups viennent de derrière lui. Regardez la dalle, elle est à moitié fondue, un mètre cinquante de béton armé ! Sous l’impact, deux pans entiers se sont superposés et ce garde était une cinquantaine de centimètres trop en avant, il a reçu la partie avant qui… Écoutez ! Dong, dong… Des coups résonnèrent le long d’un morceau de canalisation. À quelques mètres, un ouvrier répondit avec une grosse pierre sur le métal. Le chef de chantier motiva ses troupes, l’heure n’était pas à la contemplation. Allez-y ! Douuuucement, tout doucement… Là, un bras qui bouge ! Il est couvert de poussière, mais il remue ! C’est une main âgée. Il n’y avait pas beaucoup de gens âgés parmi ceux qui étaient présents lors de l’attentat. nota l’aspirante, emplie d’un nouvel espoir. On tira lentement la personne, rien ne semblait la retenir. Se pourrait-il qu’aucun membre n’ait été m


RedU T1 Ch21 Ep02
Nov 02 2016 9 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livre numérique ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Le lieu présentait l’apparence d’une salle de cinéma ordinaire à laquelle on aurait retiré la moitié des places. Les paliers étaient plus larges, les fauteuils plus confortables et équipés de plateaux individuels et de communicateurs. Ralato pénétra en courant parmi les derniers, il suivait ainsi les consignes de Stuffy. D’un balayage mental rapide, il confirma que les deux Mutualistes du balcon supérieur venaient d’être abattus, tandis qu'il enjambait les corps de trois preneurs d’otage en se dirigeant vers les ministres attachés à leurs sièges. Le silence était retombé dans la salle. Les cris et les sommations, les sifflements étouffés des tirs… il ne restait plus qu’un léger fumet de poudre flottant en certains endroits. Une intervention rapide et efficace. « Contactez les troupes, ambulanciers et milice, et passez-moi cet endroit au crible. Je veux un maximum d’indices sur la méthode qu’ont employé ces gars pour arriver jusqu’ici ! » ordonna Ralato d’une pensée. Il s’approcha du président du Conseil. Pas besoin d’échanger plus d'un regard avec les commandos qui l’avait précédé : le vieil homme était mort, cérébralement parlant. La tête penchée en avant, les yeux ouverts, de la bave coulait de sa bouche béante… mais le cœur battait encore. Les Mentaux apprenaient, dès leur première année d’université, qu’un corps pouvait vivre plusieurs heures, voir plusieurs jours pour les plus résistants alors que l’esprit était mort. On « brulait », il n’y avait pas d’autres mots, les parties supérieures, conscientes et inconscientes, du cerveau d’une très forte attaque psychique. Les ultimes fonctions reptiliennes commandant les réflexes nerveux, telles la respiration ou l’adaptation des pupilles à la lumière, pouvaient être épargnées et le système digestif conservait encore un temps sa propre entropie. Vu aux infrarouges et aux balayages mentaux, il était impossible de deviner le stratagème sans un encéphalogramme (ou une certaine expérience, comme ici). Stuffy constata d’une voix amère : Et il n’est pas le seul, regarde les autres… Tous grillés. Saloperie, on est arrivé trop tard. Heir a toujours ses boucliers levés et il n’y a qu’un groupe de Mentaux de haut vol qui peut réussir une telle série de décérébration. Il est là-bas, déjà sous surveillance. Deux hommes se tenaient à distance du politicien, doigt sur la gâchette. La consigne était de ne pas le quitter du regard, barrières psychiques levées comme il se doit pour une intervention des Forces Mentales. C’était les ordres directs de Ralato, qui ne faisait pas confiance à ce membre du conseil. Le lieutenant s’approcha. L’homme semblait dormir, mais ses boucliers levés, il n’était pas possible d’en avoir la certitude. Stuffy vérifia ce qui pouvait l’être puis, à une série de mouvements subtils de l’otage, résuma son analyse : « Il se réveille, on dirait qu’il est épuisé. Peut-être le résultat de sa résistance à une attaque extérieure ? » De fait, Heir entrouvrit les paupières et grommela quelque chose, les yeux révulsés. D’instinct, Ralato s’approcha pour recueillir les propos, inintelligibles de loin. R… Rala… o… aah… Oui, Monsieur ? Je… suis… haa… arght… Vous êtes quoi ? Dites-le-moi, allez-y. Vous êtes en sécurité maintenant. Je suis plus en sécurité que toi, lieutenant Ralato ! Une onde psychique d’une violence inouïe frappa tous les membres du commando mental. Instantanément, des pans de contreplaqué s’abattirent sous le grand écran de projection et quatre Mutualistes sortirent de derrière le faux mur en ouvrant le feu. Les premiers soldats, dont ceux entourant Heir, furent fauchés avant même d’avoir compris ce qu’il leur arriva


RedU T1 Ch21 Ep01
Oct 26 2016 9 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Palais de la Révolution, Soixante-quatorzième étage, Quatrième heure après le début de la prise d’otage. La vis de la grille d’aération se déforma soudain et disparu, sans avoir eu le temps de tomber sur le tapis du petit couloir. Ses quatre congénères subirent le même sort et une main invisible fit disparaitre la grille à l’intérieur du conduit. Deux sphères de quelques centimètres de diamètre sortirent de l’ouverture en flottant et chacune vint se placer à quelques mètres de là, contre deux caméras de surveillance. Elles prirent le contrôle des appareils, en capturèrent les images durant quelques minutes, puis les réémirent en boucle. Les preneurs d’otage branchés sur le circuit vidéo ne verraient rien de ce qui allait suivre. Une tête en combinaison noire, lunettes de vision nocturne sur les yeux, se laissa descendre lentement, arme automatique en main. Il regarda à droite puis à gauche. Ayant confirmation de son précédent balayage mental, et de l’absence de témoin, le commando tira deux balles sur la petite console enfoncée dans le mur; elle rendit l’âme dans un crépitement d’étincelles plus silencieusement que le souffle des deux tirs. À l’autre extrémité du couloir, près des verrières, une forme noire équipée de ventouses se matérialisa sur le panorama de MaterOne Centrum. Avec un diamant, elle découpa une ouverture circulaire, retira le morceau de verre et passa la main pour déverrouiller le mécanisme de la fenêtre qui se débloqua en douceur. Dans les trois minutes qui suivirent, quatorze commandos des forces mentales envahirent le couloir, sécurisant cette partie du niveau. L’un des soldats présentait une ligne blanche cousue sur l’épaulette. C’était vers lui que les regards se tournaient, mais aucun son n’était échangé : chez les Mentaux, la communication orale ou même gestuelle était inutile. Le lieutenant Ralato fit le point avec ses hommes, confirmant la première phase de l’opération : « Caméras hors service, sécurité des fenêtres et lasers au sol désengagés. Formez les deux groupes, rendez-vous aux deux extrémités de la salle. Bonne chance à tous ! » Les relevés radars et infrarouges donnaient une image précise de la situation. On avait regroupé les otages dans la grande salle de projection de ce niveau. C’est donc là que les commandos allaient frapper, de plusieurs endroits, mentalement et physiquement. Même des Mutualistes, peut-être immortels (dans le sens qu'ils profitaient d'une technologie du savant Quartmac permettant de répliquer leurs corps et leurs esprits à l’infini), ne pouvaient résister à ce genre d’attaque. Plus ce serait rapide, moins on risquerait de perdre des otages. Alors que les sept hommes progressaient le long des couloirs, déployant les sphères de blocage vidéo, neutralisant les appareils de la sécurité, Stuffy, l’ancien ami prisonnier dans l’esprit de Ralato, intervint : Je sais que je vais rabâcher des évidences. Mais, non seulement, s’ils sont réellement des professionnels immortels, ils ont surement placé des pièges sur le chemin qui mène aux otages, on doit, en plus, considérer qu’ils ont peut-être des Mentaux avec eux. Et si Heir est derrière tout cela, notre présence ne peut pas lui avoir échappé, répondit Ralato, un genou à terre, couvrant l’avancée de ses hommes. Stuffy ne dit rien, se concentrant sur son balayage mental. Il lança l’alerte en premier, les autres hommes réagirent de leur côté quelques secondes plus tard. « Deux Mutualistes en approche. Ils sont sur leur garde, mais ne se doutent de rien. » Ralato transmit ses ordres, préparant la réception. À peine le coude du couloir passé, les deux hommes chancelèrent sous plusie


RedU T1 Ch20 Ep13
Oct 05 2016 9 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Les brumes de sa conscience commençaient à peine de se disperser lorsque le message mental lui parvint. La force de l’impact était proportionnelle à l’inquiétude de l’envoyeur qui n'était pas capable de doser ses liaisons psychiques. C’était un rapport urgent, en priorité absolue. Ralato ordonna à son contact de revenir une minute plus tard, il n’était pas encore en état de réagir. Lentement, le lieutenant leva la main, la ferma et la rouvrit, ses doigts lui envoyaient des sensations étranges. La voix rassurante de Stuffy monta alors à son tour, un peu embrumée elle aussi, pourtant le Mental dans son esprit ne dormait jamais, en théorie : Salut. L’heure est déjà passée ? Oui, QuartMac nous avait prévenus que le processus… durerait une petite heure… Il n’avait pas prévenu qu’on serait patraque à ce point En quelque sorte, si… mais avec ses mots. répondit Ralato en soulevant doucement le casque dont les électrodes étaient fichées sur son cuir chevelu. Il ne put retenir un gémissement sous la migraine qu’il ressentit alors, mais elle s’évanouit rapidement, comme le professeur l’avait également prédit. La liaison mentale urgente revint, une minute exactement après la première. Ralato inspira et baissa ses barrières. Si l’agent de transmission était un peu affolé, il n’en réussit pas moins à rendre un rapport aussi précis et concis que possible. Une demande d’ordres concluait la liaison mentale. Ce fut Stuffy qui releva leurs barrières psychiques, dès que l’autre fut mis en attente. C’est une énorme attaque mutualiste ! Les salauds ont agi sur deux fronts en même temps. Très fort ! Poféus serait mort ? Je… je n’arrive pas à le croire. Va savoir avec lui, c’est un type qui est revenu de tout depuis toujours. Les équipes sur place nous tiendront au courant. Mais c’est vrai que là ils ont mis le paquet, il y a peu d’espoir. Le lieutenant tenta de se relever. Ses jambes ne lui procurèrent qu'un équilibre incertain, l’obligeant à patienter. Déjà, les agents qui le gardaient durant la séance venaient le soutenir, il leur fit signe d’attendre encore quelques secondes. Cette sensation de ne pas être maitre de son corps rappelait d’autres souvenirs, plutôt mauvais, à Ralato. C’est comme la cuve de désensibilisation mutualiste dans leur base des Amalaches. Oui, il y avait un peu de cela, les drogues en plus. Le tournis est en train de passer et on va devoir se décider, Ralato. Qu’est ce qu’on fait de QuartMac ? Hé bien, en théorie, il devrait avoir commencé son transfert corporel. Allons voir. Prenant son inspiration et s’accrochant à un de ses gardes, il parcourut les quelques mètres qui le séparaient d’un autre groupe de Mentaux, installés à proximité d’une cuve un peu spéciale. On l’avait posée à part, reliée à un appareillage comparable à celui que Ralato venait de laisser. Le professeur QuartMac semblait dormir, fixé par des sangles et le casque aux électrodes bien engoncé sur la tête. Dans la cuve verticale à côté de lui flottait un autre professeur QuartMac, une des chimères, qualifiées de « plus à maturité ». « Il est parti pour barboter encore un moment. Je dirais qu’on n’a pas besoin de rester à côté, les gardes surveilleront si tout se déroule bien. » analysa Stuffy, totalement réveillé. Ce n’était toujours pas le cas du lieutenant, même s’il pouvait maintenant marcher seul. « D’après le rapport, Heir se trouvait parmi les membres du Conseil, je me demande… » Un nouveau rapport arriva dans la foulée. Une revendication était tombée sur plusieurs rédactions de chaines télévisées et de journaux : les Mutualistes annonçaient une prise d’otage au Conseil de la révolution. Ils donna


RedU T1 Ch20 Ep12
Sep 28 2016 8 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ « Alors, comment était-ce là-bas ? Apportez-nous un peu plus de thé au jasmin, merci. » Poféus poursuivait sa redécouverte de plaisirs de l’amour avec Calande. La jeune femme était rentrée durant la nuit et tous deux s’étaient immédiatement jetés sous les draps, pour des retrouvailles plus intimes. L’odeur de sa compagne, quelle qu’elle fût, lui semblait un nectar. Ses mots, quels qu’ils fussent, s’entendaient tels des poèmes. Sa présence lui injectait une vitalité nouvelle que son absence lui arrachait. À un moment, tôt dans la matinée naissante, il s’était tourné vers elle et, un peu somnolant, l’avait appelée Méhala. Heureusement, la jeune femme dormait profondément, elle n’avait rien entendu. Cela en disait long sur les sentiments que le contramiral éprouvait. Mon chéri. Je ne voudrais pas gâcher notre petit déjeuner océanique. Tu te doutes combien c’était horrible… Et toi ? Il m’a semblé qu’on tournait la clenche de la porte, peu avant mon réveil, et tu n’es revenu à mes côtés que de longues minutes plus tard. Qu’y avait-il ? On dira que je passais en revue les préparatifs du petit déjeuner, la fraicheur des crustacés, la cuisson des poissons… Je te conseille la fricassée d’algues-fourmis, une spécialité reconnue du chef. J’y vais donc de suite… Et en réalité, ta sortie de ce matin était secrète, n’est-ce pas ? Totalement. Elle avait ajouté cette question, plutôt une remarque en fait, en se servant une belle cuillérée d’algues roulées en boules avec un peu de mayonnaise au centre. Quelle femme, quelle intelligence… Poféus n’en revenait toujours pas. Et, comme toujours, elle avait raison : le rapport qu’il avait reçu, du responsable de l’opération en cours, l'inquiétait suffisamment pour qu'il réponde en personne. Rien ne prouvait que les Mutualistes attaqueraient directement le palais du Conseil de la révolution, mais il fallait prendre toutes les précautions. Les renforts étaient en route, l’alerte avait été donnée et des fouilles ordonnées. Il ne restait qu’à attendre. « As-tu prévu quelque chose de précis pour aujourd’hui ? » La question le ramena à la réalité. Il n’avait pas encore touché à sa crème de crevette-tubes et la psychologue le lui signalait astucieusement. Oui et non. Je dois toujours être joignable dans le cadre de mes fonctions, tu t’en doutes et aucun rendez-vous prévu ne peut être déplacé, mais… ta présence m’est très chère. Alors nous pourrions aller nous balader dans la forêt du Domaine royal au sud de la capitale, non ? Un panier avec quelques provisions, une bouteille d’eau et nous pourrions passer une journée mémorable. L’idée me plait. Mais il faudra se sacrifier à un impératif… ajouta Angilbe, d’un air mystérieux. N’était-il pas en train de faire un trait d’humour ? Il s’opérait en lui une nouvelle magie autrement plus efficace que la chasse aux mignons. La jeune femme grimaça et leva un sourcil, interrogative : … oui ? Nous devrons vider la forêt de tous ses visiteurs et l’avoir pour nous tout seuls. J’espère que cela ne te dérange pas ? Oh ? Laisse-moi y réfléchir… Hmmmm… Bon, allez exceptionnellement, j’accepte de profiter d’un des plus beaux parcs forestiers de la région uniquement en ta compagnie ! Ils rirent tous deux de bon cœur et, les choses étant, Poféus se tartina une généreuse épaisseur de crème. Il allait croquer dedans lorsque : Quelle est cette fumée au loin ? Un accident sur la déviation ? Où donc ? Mais dans cette direction, la rocade est déjà terminée, en fait c’est proche du Pal… Le contramiral se releva brusquement, lâchant sa tartine à l'instant précis où un agent mental se précipitait à ses côtés, lui tendant un message


RedU T1 Ch20 Ep11
Sep 21 2016 9 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Les gardes du corps couraient dans les couloirs, se postant aux carrefours et dans les zones sensibles du bâtiment. L’information à peine diffusée, c’était le branlebas de combat. En ajoutant, aux soldats, les membres de la sécurité et les gardes rapprochés de chaque ministre et celle du président du conseil, les Mutualistes allaient se heurter à près d'une centaine d’hommes en arme, sans compter les renforts, forces mentales en tête. La fourgonnette avait été retrouvée à deux rues du palais, vide bien sûr. Bizarrement, aucune caméra de cette zone n’était activée et on ne pouvait pas savoir ce qu’ils étaient devenus, alors on passait au peigne fin tous les égouts, les cages d’ascenseurs, les ruelles et les appartements du quartier. Les soldats en permanence à l’entrée principale se tenaient prêts, une balle engagée dans leurs fusils-mitrailleurs. Un bruit de bottes s'approchant au pas de course les fit se raidir, doigt sur la gâchette. C’était un groupe, avec treillis noir et écusson des Forces mentales. Bien qu’un peu rassuré, il n’était pas question de faire confiance à qui que ce soit et le planton les fit s’arrêter à plusieurs mètres. Un officier, seul, s’approcha pour prouver l’identité de la petite troupe. Le central confirma les accès : on avait affaire aux forces d’intervention qui avaient donné l’alerte quelques minutes plus tôt. Comme elles ne se trouvaient pas loin, elles avaient couru le dernier kilomètre, d’ailleurs tous transpiraient. Le planton salua et reçut en retour la ferme poignée de main du chef, mais tous gardaient la mine sombre des moments graves. Contre les Mutualistes, on n’était jamais assez nombreux ni assez préparé. Ces Mentaux représentaient un atout de taille. * « … Puisque le contramiral ne nous fait pas l’honneur d’être présent, Monsieur le Président et Messieurs les Ministres, ce sera sans son accord que je me permets de mettre à votre disposition ce rapport élaboré par mes services… les copies sont distribuées ? Très bien. Il prouve l’implication du Bureau des affaires mentales dans l’importation et la distribution de la drogue ‹ nuage de miel › sur MaterOne ! Oui, vous avez bien entendu, cette armée secrète, cet état dans l’état s’avère être un cancer qui ronge les bases de notre société. Je ne nie ni l’importance ni l’histoire de cette organisation, dont les racines remontent aux origines de l’ancienne royauté, mais je crois, et je vous invite à croire avec moi, qu’il est temps d’en changer la tête et d’en réformer le cœur. » La porte de la salle du conseil s’ouvrit discrètement sur une poignée de gardes du corps dont un se dirigea vers le président. « Dans ce but, je dépose une demande officielle pour un vote à la majorité qualifiée des membres de ce conseil en vue de… Président ? » Le vieil homme se rembrunit, hocha la tête à son interlocuteur puis se leva : Messieurs-dames, je vous demande de garder votre calme. On vient de m’informer que nous sommes sous la menace d’un attentat mutualiste. On nous demande de quitter la salle par la sortie secondaire. Elle est sécurisée et nous conduira sur le toit où des orthoptères ainsi qu’une escorte nous attendent. Une alerte ? Mais Président, le vote que je propose est… … verra plus tard, monsieur Heir. Gardes, ouvrez la voie, nous vous suivons. Allons tous, du calme, merci. * Le planton vérifia que la sécurité de son arme était bien relevée. Doigt sur la gâchette, lui et ses camarades se tenaient en peu en retrait de l’entrée principale, protégés par des sacs de sable et des guérites blindées. Tout le secteur était sous couvre-feu d’urgence et on avait retiré les véhicules stationnés. C’était une


RedU T1 Ch20 Ep10
Sep 14 2016 12 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ J-0 Le lendemain matin, banlieue de MaterOne Centrum. « Ici agent de surveillance. La cible se déplace, à vous de jouer » Sur l’écran de contrôle en salle d’opération, un indicateur vira au rouge. C’était une petite flèche, entourée d’un cercle pivotant, le tout surmonté d’informations précises telles que vitesse, longitude et latitude, hauteur absolue. Elle se dirigea vers la voie rapide traversant l’est de la capitale et s’engagea dans un des chemins d’accès. « Passez sur Ortho cinq et six. Je veux un Mental derrière chaque sortie. » ordonna le responsable aux divers opérateurs qui transmirent l’information. Dans une des ailes du ministère de la Sécurité, l’opération de filature monopolisait à elle seule une trentaine d’agents et une flotte de véhicules. Il s’agissait de connaitre la destination d’un petit camion de livraison, occupée par un groupe d’assaut Mutualiste qu’une longue et fastidieuse enquête avait permis de découvrir. Les ordres étaient clairs : le contramiral ne voulait plus entendre parler d’attentats dans la capitale et sa région. Cette priorité ne connaissait aucune exception et ses Mentaux n’avaient reculé devant aucune méthode pour obtenir des renseignements. Quelques heures auparavant, la chance leur avait souri : on venait de retrouver le cadavre récent d’un livreur de pain ; or son camion de livraison quittait le dépôt comme d'habitude. « Agent de surveillance. La cible vient de passer en dessous de moi, je confirme la poursuite sur le tronçon central. » La voie résonna dans la tête des intéressés. Telle était la force du Bureau des affaires Mentales, un réseau d’esprits qui communiquaient directement à d’autres esprits, des agents entrainés au combat comme aux filatures et bien sûr, un matériel de pointe à profusion. Une moto de surveillance doubla la camionnette mutualiste, le pilote transmit son rapport à l’un des Mentaux dans l’orthoptère cinq, qui passa le message au préposé des transmissions. Ce dernier donna l’information directement dans l’esprit du responsable. Alerte déplacement ! Une fourgonnette bleue s’est mise exactement à la hauteur de la cible. Des hommes sautent en route dans le nouveau véhicule. Je veux un traceur sur cette nouvelle cible  ! Ortho Six, vous avez le feu vert. L’ordre parvint à un des tireurs Mentaux qui, d’un geste précis guidé par satellite, planta un émetteur de la taille d’une épingle en haut du parechoc arrière de la fourgonnette bleue. Immédiatement, un indicateur apparut à côté du premier et reçut le matricule logique de « numéro deux ». À quelque distance tournaient deux carrés jaunes, c’étaient les deux orthoptères des Forces mentales et un peu plus loin, le rond du drone de liaison. Le responsable resta concentré, les Mutualistes étaient malins. Sauter d’un véhicule à un autre, en roulant au beau milieu d’une voie rapide, n’était pas à la portée de n’importe qui. Ces gars n’avaient peur de rien et ne commettaient que peu d’erreurs. Il patienta, attendant de nouveaux rapports. Certes, pour certains spécialistes militaires, ce mélange de liaisons psychiques et radio semblait représenter une perte de temps. C’était bien sûr une illusion de non-initiés. La révolution Castiks avait démontré, s’il en était besoin, comment les piratages informatiques et les impulsions électromagnétiques pouvaient désorganiser totalement des régiments entiers. Pas de cela aux affaires mentales. Une liaison radio cryptée pour la longue distance, par drone volant, et le reste était discrètement et efficacement transmit par un lien psychique regroupant les agents concernés. La salle des opérations elle-même semblait flotter dans le silence


RedU T1 Ch20 Ep09
Sep 08 2016 9 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Monsieur Heir prit une inspiration puis fit signe au préposé à la porte. Le mécanisme s’activa, écartant les doubles battants qui fermaient la salle des dépositions du Triangle. Le rituel de l'audience ne tolérait aucune incartade et le politicien dut attendre sous le cône lumineux au milieu de la pièce, face aux statues divines qui semblaient le scruter, ou le désavouer ? Le rideau de perle tinta et les trois silhouettes vinrent se mettre en place, respectant quelques secondes de silence. Enfin, celui de gauche prit la parole : Comme vous le constatez, Wángzǐ, nous sommes toujours ouverts à ceux qui viennent en paix faire œuvre de contrition. Le conseil du Triangle vous écoute, parlez sans crainte. Le politicien prit une inspiration, et se lança : Merci à vous, pères des Triades. Je me suis permis de vous soumettre une… requête, car j’ai senti que nous rencontrions certaines difficultés. Il m’a semblé judicieux de venir vous faire part de mes dernières réflexions sur ces désaccords. Nous entendons bien cela, Prince. Allez au but, votre temps s’écoule vite. Tel est mon désir, grand sage. Cela fait autant d’années que ma courte vie en compte, que le Triangle m'assiste et pourvoit à mes besoins. Certes, le calcul politique faisait partie des raisons, mais qui serais-je si je ne pouvais pas reconnaitre l’importance de mettre en valeur toutes les cartes de mon jeu, n’est-ce pas ? Heir laissa passer quelques secondes de silence, pour l’instant aucune réaction indignée. Il en fallait plus pour les sortir de leur flegme ou étaient-ils disposés à lui accorder une part de ses revendications ? Il était leur atout maitre, ce ne serait pas étonnant. Le politicien reprit : Sachez que je vous suis profondément reconnaissant pour cette vie, aux possibilités infinies, que vous m’avez offerte. L’étendue de ce pouvoir psychique, les ressources intellectuelles et matérielles de l’Empire… oui c’est bien de cela qu’il s’agit, les moyens de l’Empire Souriant m’ont été, et me seront encore longtemps, une source intarissable pour mes projets. Pardon ? Que voulez-vous dire ? Le père de droite venait de réagir vivement, c’était le plus virulent des trois, pas étonnant qu’il bondisse avant les autres, mais ces derniers n’en pensaient sans doute pas moins. (heir) C’est simple : il est évident que le Triangle a choisi de laisser les mains libres à Poféus, préférant un retour aux bénéfices habituels, quitte à mettre à la trappe le plan muri de longue date sur lequel nous nous étions pourtant mis d’accord ! Vous vous préparez donc, vous, une des seules forces capables de lui tenir tête… à nous vendre, comme des prostituées, à ce régicide ! VOS PROPOS DÉPASSENT LES BORNES, HEIR ! Ce conseil n’acceptera pas une seconde de plus que vous veniez cracher votre venin à ses pieds. GARDES ! hurla le vieux sage du milieu, outré. Les décorations de son chapeau en pointe tintaient à un rythme effréné, trahissant sa colère outrée. Immédiatement, les battants de la grande porte du fond s’ouvrirent, laissant une vive lumière chasser les ombres de la pièce. Les visages des membres du Triangle se dévoilèrent enfin devant le politicien qui ne put s’empêcher de profiter de cette première victoire. « Gardes ? GARDES ! » cria le sage, mais personne n’entrait pour se saisir de l’homme, debout face à eux. Un léger bruit de moteur s'approchant se fit entendre. Quelque chose n’allait pas, les trois membres du Triangle échangèrent des regards inquiets. Leurs visages étaient marqués par les années, bien au-delà de ce que la nature pouvait offrir. Depuis combien de temps utilisaient-ils de la liqueur distillée de Lamprasine pour prolonger leur



RedU T1 Ch20 Ep08
Aug 31 2016 11 mins  
### Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques ! L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. » Rendez-vous sur [http://reduniverse.fr/livres-numeriques](http://reduniverse.fr/livres-numeriques) ------ Sterling-Price et Vernek Junta patientaient dans une pièce assez haute au centre de laquelle s’élevait une geôle aux épais barreaux d’acier. Un petit passage en tôle permettait d’accéder directement à l’intérieur de celle-ci, depuis le couloir. « On croirait qu’elle va nous présenter un fauve. Benkana en fait un peu trop. » glissa le politicien. Difficile de nier la démesure de la démonstration, la commandante voulait sans doute en imposer à sa prisonnière pour des raisons plus personnelles qu’autre chose. Le colonel avait pu en toucher quelques mots avec la princesse Azala qui les avait accueillis à leur arrivée sur le Transporteur 7, alors que Junta recevait un rapport quelconque sur son communicateur. Comment allez-vous, princesse ? Je crois savoir que vous avez fait montre de réelles capacités de commandement durant l’attaque. Considérez cela comme une reconnaissance entre… vieux combattants. Je n’ai fait que gérer au mieux les urgences, colonel, avec l’aide de Melba, ma garde du corps, qui a une certaine expérience en la matière. Vous êtes le vrai héros de l’histoire, ne soyez pas modeste. Avait-elle répondu sur un ton amusé ; elle semblait bel et bien une sorte de miroir de Benkana. Le vieil officier de l’armée royale jeta un coup d'œil à la femme d’origine Brune se tenant quelques pas derrière eux. La redoutable Melba était l'une des dernières Lakedaímōns encore en vie, l’élite de l’ancienne Garde du Roi, pas étonnant qu’elle ait donné de bons conseils. Certes, chacun a offert ce qu’il savait faire de mieux lors de ce drame, n’est-ce pas ? Et comment va la commandante ? Aurora se porte comme un charme ! Mais évidemment, la gestion des prisonniers et les réparations du vaisseau lui dévore tout son temps, ce qui explique ma présence en ces lieux. Je ne doute pas qu’une guerrière, expérimentée comme elle, soit resté insensible aux horreurs de la bataille. Mais il m’a semblé qu’elle prenait certaines… choses de manière trop personnelle, non ? Vous avez sans doute mal interprété ses réactions, dans le feu de l’action. Je vous assure qu’elle est très posée. Junta raccrocha son communicateur et se dirigea vers eux. Price rapprocha rapidement son visage de l’oreille de la princesse. « Trêve de diplomatie. Je suis votre allié le plus sûr au Conseil des commandants. Hill et Arlington ne sont plus, si la commandante Benkana ne peut maitriser ses pulsions alors l’Exode en entier court un risque certain. Je ne joue pour aucune écurie en particulier, si vous avez besoin d’aide, contactez-moi en ligne directe, n’importe quand. » Azala le regarda, troublée. Puis elle hocha discrètement la tête, les lèvres pincées, alors que le politicien les rejoignait. Rien que ce petit geste en disait long sur ce que la compagne de la chef de ce transporteur masquait, derrière son apparente nonchalance. « Ah, enfin, les voilà ! » La phrase de Vernek le ramena à l’instant présent. On entendit un sas se déverrouiller derrière le passage en tôles tandis que Benkana entrait dans la pièce. Un garde en tenue noire, solidement bâti, sorti le premier, tenant un filin d’acier relié aux menottes de Choupa qui le suivait les yeux fermés, une prothèse lui paralysant la mâchoire pour ne pas qu’elle se morde la langue. Son cou également était enserré d’un harnais métallique fixé à un autre filin que le deuxième garde, derrière elle, tenait en main. Les trois se redressèrent au centre de la cage, face au groupe des commandants de l’Exode. Sur un signe de Benkana, un des hommes lui déverrouilla la mâchoire, libérant le système qu’il retira sans douceur de la bouche de la pirate. Un peu de bave tomba sur le sol, tandis qu’on


RedU T1 Ch20 Ep07
Aug 24 2016 11 mins  
### Les Samedi et dimanche 27 Août, c’est le 27/24 de podradio ! http://2724.podshows.fr Parmi les réjouissances, une interview de Pierrick Messien « http://lesoufflenumerique.com » qui nous parle d’auto-édition et de livres numériques ! À très bientôt lors du 27/24 ! ------ « QUOI ? » hurla Benkana, se levant brusquement de sa chaise. Sterling-Price intervint rapidement, lui posant une main sur l'avant-bras, pour qu’elle lui laisse la parole. Il parla posément, sans grandiloquence, avec peut-être un mélange de lassitude ou de fatigue perçant au travers de sa voix. « Monsieur Junta, je viens de passer quelques jours assez éprouvants et je vous saurais gré de mesurer vos propos. Nous avons fait de notre mieux, avec le minimum de pertes possibles. Vous me voyez navré si les pirates ont payé un prix lourd tribu, mais jusqu’à preuve du contraire, ils étaient les agresseurs. » Si personne, au Conseil des commandants de l’Exode, n’ignorait que le vieil homme avait été l’architecte de la victoire, Benkana et feu-J.F.Hill recevaient, eux, l'ire du politicien Junta, visiblement troublé par le bilan de la bataille. D’après les premiers interrogatoires des pirates prisonniers, ils étaient plusieurs milliers et, au plus, deux-cents survivants. Ceux qui ont pénétré dans la Cité intérieure du Transporteur 7 étaient six fois plus nombreux que dans la vôtre, colonel, et pourtant on ne retrouve qu’une poignée d’entre eux dans les geôles, les corps des autres ayant déjà été largués dans l’espace. Junta ! Où voulez-vous en venir ? Intervint le général Décembre. Pour la première fois depuis bien longtemps, celui-ci ne prenait pas la défense du politicien. Le militaire ressentait parfaitement, au fond de ses tripes, les signes de la terrible bataille. Les réfugiés dans les bras des familles dont il manquait plusieurs membres, les hôpitaux débordants dans les coursives adjacentes, le regard hébété des soldats survivants… Oui, le général rageait de n’avoir pas combattu aux côtés de ses compagnons. Lui n’était arrivé qu’après, quand tout était fini, ayant perdu un transporteur entier sans avoir rien pu faire. Sur le fond, le politicien avait raison, il était évident que Benkana avait commis des exactions. Mais soyons réalistes, les pirates auraient sans aucun doute fait pire et les Exodés auraient eu bien du mal à gérer plusieurs milliers de prisonniers, si tant était que cela fut possible. Donc Junta allait devoir faire profil bas cette fois et, au moins, respecter le deuil. Disons juste que certaines zones d’ombre persistent. Pourquoi s’être débarrassé des pirates morts si rapidement, comment ce… ce Karl a-t-il pu causer autant de dégâts sans être inquiété, pourquoi J.F.Hill a-t-il laissé son transporteur livré à lui-même sans prendre la tête de la controffensive, et… C’est suffisant Vernek. Arrêtons là, veux-tu ? Sa propre sœur, la lieutenante-colonelle Onawane, venait d’interrompre son énumération. Elle avait vécu le drame des exodés se battant avec la rage du désespoir, et son vaisseau portait encore les marques du passage des troupes du terrible sénéchal Petrovach. Le colonel Hill était une icône sur le Transporteur 2, l’homme qui avait tout risqué pour les sauver, en pleine Transition. Petrovach s’en était personnellement pris à lui par vengeance, c’était évident ; le glorieux J.F.Hill venait de payer de sa vie, son courage et son abnégation. Même de la part de son frère, Onawane ne pouvait tolérer qu’il salisse sa mémoire. Junta la dévisagea quelques secondes, mesurant les propos qu’elle venait de lui tenir. Il poussa un gros soupir puis croisa les bras, s’enfonçant dans son fauteuil, boudeur. Mais Sterling-Price n’allait pas lui laisser l’occasion de s’enferrer dans son mutisme. « Monsieur Junta, parmi les premiers rapports qui nous sont parvenus, celui évoquant des artéfacts de technologie inconnue et de fantômes m’a particulièrement intrigué. Puis-je parler de… non-humains ? » Vernek jeta un œil au général, impassi


RedU T1 Ch20 Ep06
Aug 17 2016 9 mins  
### Les Samedi et dimanche 27 Août, c’est le 27/24 de podradio ! http://2724.podshows.fr Parmi les réjouissances, une interview de Pierrick Messien « http://lesoufflenumerique.com » qui nous parle d’auto-édition et de livres numériques ! À très bientôt lors du 27/24 ! ------ La table du petit déjeuner était dressée sur la grande terrasse du salon. Angilbe se tenait debout, habillé d’une simple robe de chambre blanche qui reflétait le soleil de cette belle matinée. La personne qu’il attendait descendait les marches menant ici et il ne voulait commettre aucun impair, comme celui de commencer le repas sans elle. Le contramiral patientait donc, laissant son regard parcourir l’étendue boisée entourant sa propriété ; on y retrouvait de très nombreuses essences d’arbres, des bosquets d’églantiers aux rangées de sapins ou des saules pointant leurs feuilles si reconnaissables, aux robustes chênes centenaires qui dominaient l’ensemble de leur majesté. Il fut un temps, Poféus ne se serait pas perdu à détailler ce qui composait cette forêt, mais plutôt à réfléchir si un ennemi pouvait s’y dissimuler. Depuis l’attentat manqué contre sa personne, à l’étage au-dessus, les mesures de sécurité avaient été largement durcies et s’étendaient maintenant au-delà des limites de la propriété. De nombreuses cimes de ces arbres dissimulaient des tireurs d’élite aux ordres du contramiral. Lui et la belle Calande ne risquaient donc rien en cette matinée radieuse. Le froissement du tissu d’une robe en mousseline le fit se retourner. Les cheveux mi-longs de la jeune Brune qui se tenait devant lui, brossés de peu, flottaient sur la brise. Le blanc cassé de sa tenue légère laissait transparaitre les formes de son corps dans un jeu de tons foncés ou clairs, sur lequel resplendissait le magnifique visage sans fards de sa bienaimée. Elle lui souriait d’une expression simple, presque naïvement douce, la jeune femme rayonnait et Angilbe ne put retenir l’afflux d’une bouffée de désir. Mais comment était-ce possible ? Lui, l’homosexuel convaincu, le pédophile assumé, comment avait-il pu ressentir ces summums de plaisir qu’il venait de découvrir ces dernières nuits ? Les sensations nouvelles, les mouvements des corps plus subtils, les organes plus tendres, tout différait de ce qu’il connaissait. Rien que de laisser ses mains parcourir la peau féminine lui avait procuré de douces ondes qui aidèrent sa virilité à surgir, fière et impatiente. Haletant à une heure nocturne, il s’en était ouvert à elle alors que les draps froissés aux relents de musc et de transpiration reposaient à même le sol, laissant les deux amants reprendre leur souffle avant une nouvelle joute. Comment puis-je… c’était bon au-delà de mes souvenirs, Calande ! Pourquoi ? Comment ? Vous êtes une femme et pourtant je suis attiré comme jamais… Tu avais oublié l’Amour, Angilbe. Simplement. Le désir seul ne peut suffire. Inutile d’ajouter plus, les instincts primaires reprirent la parole dès les derniers mots de la jeune femme. Oui, l’amour. Il avait pourtant aimé Fabio et même quelques mignons, durant un temps trop bref. C’était certainement plus qu’une simple question de sexe du partenaire. En tant que sa psychologue, Calande Rorré avait réussi à l’aider à dénouer les mailles de ses frustrations de jeunesse : la perte de Méhala, sa double sexualité, la douleur de la séparation d’avec son père et encore ignorait-elle ses liens avec Magnam IV. La femme Brune avait accepté ses déviances pédophiles, les qualifiant de « règles de la société qui ne devaient pas interférer dans le travail de compréhension » et cela aussi avait joué. Bref, il se retrouvait dans ces cas typiques de patient tombant amoureux de son praticien, à la différence près qu’elle l’aimait également en retour, et rien que cela tenait du miracle. « Peut-être devrions-nous nous assoir avant de tomber de fatigue, Angilbe, ne crois-tu pas ? » L’autre sursauta. Quoi, une fuite de réalité ? Non, c’était plutôt un moment d


RedU T1 Ch20 Ep05
Aug 10 2016 7 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ Seules les statues des quatre pouvoirs ancestraux gardaient la salle secrète des dépositions, figées dans leur posture impressionnante. Les pères Souriants ne voulaient visiblement pas risquer d’attendre leur auditionné ou peut-être passaient-ils ici un message. Ce serait bien dans leur genre… Qiānbǐ patientait sagement derrière la lourde porte qu’on avait refermée sur Heir lorsqu’il était entré. Étrange bonhomme, quels intérêts suivait-il  : ceux des Souriants, ceux du politicien ou quelque chose de plus personnel ? Toutes les possibilités étaient offertes. Il faudrait trancher cette question au plus vite. Un gong discret retentit et les trois sages pénétrèrent dans la pièce, par leur entrée privée et s’installèrent, probablement aux mêmes emplacements que les fois précédentes. Heir salua conformément aux traditions et attendit la suite. Cela ne dura pas longtemps et ce fut celui de droite qui prit la parole, sèchement. « Wángzǐ, nous vous avons fait venir, car de nouvelles informations nous sont parvenues et nous désirons vous faire part de notre mécontentement. L’enquête de nos assistants commençait à peine que, déjà, de surprenants résultats apparaissaient. » Le politicien sentit qu’il n’allait pas apprécier cette réunion au sommet. Celui de gauche poursuivit : « Des sommes très importantes, que vous déclariez comme destinées à votre campagne de désinformation et de déstabilisation du pouvoir en place, ont disparu. De tels montants ne peuvent pas être le fruit d’erreur de comptabilité ou du hasard. Nous vous demandons des éclaircissements sur ce sujet, allez-y. » Quelle bande d’hypocrites ! Cela faisait des années que cet argent était réassigné. Ils le savaient parfaitement et révoquaient simplement leur accord tacite, car ils voulaient le mettre au pas. Oui, lui ! Ce n’était donc rien d’autre qu’une repentance que l’on attendait maintenant de lui, mais c'était hors de question. Sages pères du Triangle, je ne saisis pas de quoi nous parlons. Je pensais que l’enquête diligentée devait porter sur le contramiral Poféus. La tenue de mes comptes n’en faisait pas partie, à ce que je sache. Arrêtez immédiatement ce manège. Ce conseil ne supportera pas plus longtemps vos manigances, Prince. Vous accusez Poféus de détourner des milliards, mais vous oubliez que c’est en nous faisant profiter de cette manne qu’il les a accumulés. Par contre, vous nous avez entrainés dans une guerre stérile avec ses puissants services de sécurité, et le statuquo qui en résulte nous désavantage. Jamais les ventes de nuage de miel ou de Lithium de contrebande n’ont été aussi faibles. Des barrières administratives s’élèvent un peu partout à l’encontre de nos banques et de nos institutions que les pots-de-vin habituels ne suffisent plus à abaisser. La main de Poféus et des forces Mentales est derrière tout cela, c’est évident. Et vous voici devant nous, prétentieux, ayant détourné d’autres milliards et nous demandant de changer un plan, établi de longue date, pour une action violente aux conséquences imprévisibles sur la foi de soupçons. Votre haine personnelle envers Poféus vous aveugle, nous ne vous suivrons pas sur cette voie. Il était très rare d’entendre un Père parler avec tant de grandiloquence, Heir releva également que les ornements de la silhouette du vieux Souriant remuaient plus que d’habitude. Depuis leur dernière rencontre, l’avis majoritaire du conseil avait évolué et pas dans son sens. Ou cela avait-il toujours été le cas ? Avec ces personnages, on ne pouvait jamais être certain. Il s’adressa donc directement à la silhouette au centre, le plus âgé des sages. Je vois, il n’y aura pas d’enquête… et qu’est-ce que vos grandeurs ont également décidé ? Quels sont vos liens exacts avec l’organisation Mutualiste ? interrogea le père installé au milieu du trio. Je ne comprends pas.


RedU T1 Ch20 Ep04
Aug 03 2016 8 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ C’était une petite villa, dans la banlieue de MaterOne Centrum, qui ne payait pas de mine. Ni trop cossue, ni trop délabrée, avec son vieux Souriant à la retraite qui taillait ses rosiers le matin, et sa femme qui allait encore aux courses avec un panier en osier. Quelques amis passaient les voir de temps en temps, mais rien de spectaculaire ; de l’avis général, tout respirait la sérénité. Et pourtant, les sous-sols de ce lieu étaient aménagés en clinique secrète pour les Triades Souriantes : c’était ici que l’on amenait les hommes blessés dans les échauffourées, ici que les hauts dignitaires de l’organisation venaient recevoir les meilleurs soins possibles auprès des spécialistes Souriants. Et ces derniers temps, une des chambres était occupée par l’élève de monsieur Heir, Mai Rui Ian dit « Myan », enfin sorti du coma dans lequel l’avait laissé son ultime rencontre avec le lieutenant Ralato Ouli. Nǐ hǎo, maitre. Je suis navré de ne pouvoir me lever pour vous accueillir, ils m’ont annoncé que j’étais paralysé. Nǐ hǎo, Myan. Je… le drame qui te touche meurtrit mon cœur, mon enfant. Et pourtant, tu me vois rayonner de joie de t’entendre à nouveau. Heir serra la main posée sur le lit, conscient du côté symbolique du geste, Myan pouvait ne même pas en sentir le toucher. Le grand homme froid, au passé trouble, n’éprouvait que peu de sentiments en général, sauf pour ses deux fils spirituels : Myan et Hòu niǎo. Si le premier était revenu en piteux état de leur voyage sur Tb01 (planète centrale de la Nébuleuse de Talbot), le corps du second avait basculé dans les brumes des mers de Lithium qui composaient la surface de ce monde. Sans doute avait-il été plus durement touché, enfin peut-être… Heir espérait quelques réponses du jeune homme allongé sur le lit. Que s’était-il passé exactement là-bas, sur la plateforme ? Comment la puissance physique et mentale de Hòu niǎo, et les incroyables capacités de Myan, avaient-elles pu être mises en échec par le lieutenant de Poféus, même assisté du fantôme de l’agent Stuffy ? « Mon garçon, je ne veux pas te fatiguer, mais ton aide va m’être indispensable, car la situation sur MaterOne devient critique. J’ai de bonnes raisons de penser que… » Il se tut, se souvenant combien le Triangle avait des oreilles et des yeux partout. C’est par l’esprit qu’ils poursuivraient cette conversation. … j’ai de bonnes raisons de penser que nos ennemis préparent quelque chose, mais le Triangle ne prend pas mes soupçons au sérieux. Pire, je pense qu’eux aussi ont leurs propres plans, pas forcements compatibles avec ce que nous avions décidé à l’origine. Bref, mon garçon, nous sommes seuls. Peux-tu revenir combattre aux côtés de ton vieux maitre, même si je n’ai pas le droit de te le demander ? Bien sûr, Lǐngbān, ma vie vous appartient, que puis-je faire ? Monsieur Heir ne put retenir un petit sourire se dessiner sur son visage. Son autre fils, Hòu niǎo, avait été condamné dès sa naissance par une erreur due à l’imprécision de la génétique naturelle. Il avait alors été le premier à être traité avec une substance dérivée de la Lamprasine, un des éléments de base de la drogue des Souriants « le nuage de miel », mais à des doses supérieures, suivant le raffinement d’une chimie que Heir conservait précieusement. Cela permettait de développer des capacités hors du commun et, devant les résultats très prometteurs, on avait fait venir Myan : cette fois, la technique serait utilisée sur un enfant normal, juste un peu avancé pour son âge. Le jeune Myan avait passé sa prime enfance avec Heir, traité en permanence durant des années, sa croissance accélérée. Le succès avait été tel qu’on l’avait envoyé en mission d’espionnage à l’université Mentale, puis au ministère de Poféus. L’adolescent avait menti à tous les Mentaux et psychologues qui l’avaient croisé, mystifian


RedU T1 Ch20 Ep03
Jul 27 2016 11 mins  
Aurons-nous encore des larmes d'ici la fin de l'année 2016 ? http://reduniverse.fr/2016/07/26/2388169/ ------- Ralato reçut la tasse tendue, et l’avala rapidement. Ce café était délicieux, l’homme de confiance du professeur savait y faire, et de toute façon, on avait testé le breuvage à la recherche d’un quelconque poison. La prime jeunesse du lieutenant, alors que lui et son frère venaient d’être « recrutés » par les affaires Mentales, l’avait été auprès de ce petit homme. Certes, Fabio était l’étoile du duo, lui ne faisait que suivre, mais QuartMac avait toujours pris soin de ne pas dissocier les deux enfants, aussi dur avec l’un qu’avec l’autre, malgré des objectifs opérationnels différents. Ralato était la promesse d’un excellent agent Mental, efficace et puissant. Son entrainement se prolongea ensuite à l’université Mentale, où il mettait un point d’honneur à être le meilleur dans tous les domaines. Fabio, lui, était destiné à toute autre chose : son pouvoir surpassait tout, au point qu’il pouvait effectuer une frappe orbitale ciblant un neurone. Sa relation (commencée très — trop — jeune) avec Poféus n’avait fait qu’intensifier sa distance avec Ralato au point que, bien plus tard, celui-ci avait lui-même proposé de sortir Fabio de sa prison pour une mission suicide dans l’Exode. « Te rappelles-tu notre dernière rencontre ? La dernière avant celle sous les montagnes, j’entends… » La question de QuartMac ramena le lieutenant à la réalité. Oui. Vous étiez mourant, dans un hôpital militaire. Mhmm… Je n’ai pas ce souvenir, dommage. Les ultimes jours de ma vie n’ont pas été enregistrés ce qui fait que, lorsque ma première chimère reçût l’implantation psychique, je me réveillais dans un corps tout en m’éteignant dans un autre. Troublant, n’est-ce pas ? Poféus était-il au courant ? Le professeur étudia l’expression de son ancien élève. Quelle étrange remarque  ! Il venait de lui parler d’évènements dont seule la science-fiction émettait l'hypothèse et sa première question portait sur la connaissance du secret par le contramiral : les nombreuses cachoteries de Poféus avaient érodé la confiance de Ralato. Intéressant. Une petite partie, oui, mais certainement pas tout. D’ailleurs, c’est pour cela que je me suis tourné vers les Mutualistes. En fait, ce sont eux qui sont venus à moi. Alpha, leur chef, me contacta un jour avec une proposition de budget et une assistance telle qu’un homme aux portes de la mort, comme je l’étais, ne pouvait refuser. Ne me dites pas que l’armée limitait vos moyens ? interrogea le lieutenant, amusé. Eh bien si, figure-toi ! Et j’en ai été très irrité. Il faut se remettre dans le contexte. L’expérience ratée, qui m’a valu cet œdème inopérable au premier lobe frontal, avait également couté la vie à de nombreuses "huiles", des militaires très portés sur l’influence et le pouvoir Mental. Les nouveaux chefs orientèrent alors leurs recherches sur la "cybernétisation" des troupes, les prothèses, l’assistance poussée, que sais-je encore. Moi… moi j’étais abandonné, mes crédits fondaient comme neige au soleil et seul Poféus maintenait le nécessaire pour toi et Fabio. Une fois votre entrée à l’université actée, on attendait simplement que je meure pour dissoudre la structure. Sauf que les Mutualistes ont eu vent de votre existence et vous ont récupéré ! Cela en dit long sur l’étendue des renseignements auxquels ils ont eu accès, n’est-ce pas ? Stuffy intervint, apportant sa pierre à l’édifice. « D’ailleurs, on pourrait aussi parler des moyens colossaux dont ils disposent. Tu te souviens de la base sous la Colline aux vacances ? De celle sous la chaine des Amalaches ? Elles m’avaient beaucoup impressionné. Mais pour leur soutirer le moindre renseignement, c’était peine perdue. » Le vieux savant gémit soudain, portant instinctivement la main à son estomac. Des gouttes de transpiration perlèrent de son front dégarni pour glisser sur ses épais sourcils. Un tremblement parcourut ensuite tout


RedU T1 Ch20 Ep02
Jul 20 2016 9 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ----- Le professeur QuartMac s’adossa contre un tronc pour reprendre son souffle. La voiture prévue était bien là, Manúel y avait veillé, comme toujours. La côte qu’il venait de gravir à pied, dans ce bout de jungle tropicalienne, l’avait vidé de ses forces, mais c’était nécessaire pour interrompre toutes les filatures, humaines ou électroniques. On l’avait peut-être vu pénétrer dans cette vallée avec un autre véhicule, il repartirait donc dans cette vieille camionnette, en sens inverse, par le sommet d’un versant. Les jambes de QuartMac refusèrent de le porter jusqu’à la voiture, il se retrouva soudain paralysé. C’était malheureusement prévisible. Il prit appui sur l’arbre derrière lui, une espèce de palmier large plutôt bas de branches, frappant plusieurs fois le membre récalcitrant contre l’écorce rugueuse. La douleur entraina la production d’adrénaline et réveilla certains muscles moteurs. Le savant se remit debout et réussit à se mouvoir suffisamment pour marcher jusqu’à la voiture. Il tourna la clé de contact et elle démarra correctement, seule la boite de vitesse grinçait bizarrement lorsqu’on passait les rapports. En descendant le sentier de caillasses, QuartMac pria intérieurement pour que son corps tienne, le temps d’arriver à destination. Trois heures plus tard, la camionnette passa devant une vieille pancarte qui indiquait la bourgade de Palaos Verde. C’était un gros village, typique de cette région, suffisamment évolué pour qu'on ne soit plus surpris par la présence de voitures, mais encore très traditionnel, avec ses péons au large chapeau de paille, profitant d’une sieste en ce milieu d’après-midi. QuartMac s’engageaentre deux maisons de tôles et de bois et se gara à l’abri d’une grange, loin des regards. Il traversa la cour où s’égaillaient quelques poules, poursuivies par une ribambelle de poussins, et pénétra dans l’arrière d’une épicerie. Manúel l’attendait au comptoir, toujours impassible, arrangeant quelque produit sous la caisse. Il lui offrit un petit signe amical, le vieux serviteur de son défunt frère était d’une fidélité à toute épreuve et il avait pu s’appuyer sur lui pour concevoir son laboratoire secret. Quelque chose semblait pourtant troubler le gros homme : son regard fuyait, de la sueur perlait sur son front. QuartMac jeta un œil dans la boutique : une vieille hésitait devant un pot de marmelade et un jeune lisait des bandes dessinées, dans un coin. Rien d’autre, tout était commun et habituel. Le professeur mit sur le compte de la chaleur et d’une quelconque affaire privée, l’attitude de son homme de confiance : cinq enfants et une femme tropicalienne. Cela pouvait porter sur les nerfs parfois. Sans insister, il retourna dans l’arrière-boutique, déplaça une caisse et… son bassin se figa à son tour. Pestant contre sa malchance, il héla Manúel. Le gros homme mit un peu plus de temps que d’habitude à le rejoindre. QuartMac lui expliqua le problème, après quelques formules de politesse, et le bonhomme lui débloqua les reins d’une clé précise, tel un professionnel rodé à l’anatomie. Il frappa ensuite l’angle du mur derrière la caisse et une trappe, dissimulée dans le sol, s'ouvrit soudainement. D’un coup de tête, il salua le professeur et, sans un mot, repartit au comptoir s’occuper de ses clients. Le savant regarda la trappe ouverte sur les barreaux d’une échelle qui disparaissait dans l’obscurité. Ce n’était plus de l’appréhension dorénavant, ses sens lui hurlaient qu’un danger le menaçait. Manúel n’avait pas pu s’empêcher de trembler en le manipulant. Lui, le dernier fidèle, était en train de le trahir. À bien y réfléchir, le jeune dans la boutique ne semblait pas tant absorbé que cela par son album et la vieille mettait trop de temps avec un seul pot en main. Devant lui, l’obscurité l’appelait, tel le peloton d’exécution pour le condamné. Qui se


RedU T1 Ch20 Ep01
Jul 06 2016 10 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ J-4 Salle secrète des dépositions du Triangle. MaterOne Centrum. « … et nous n’avons aucune idée de ce que le contramiral Poféus fait de ces millions de tonnes de matières premières : lithium, titane, osmium, aciers et céramiques en tout genre. Je tiens la liste à votre disposition et elle est longue. Mon instinct… mon intuition me dit que tous ces fonds secrets du ministère de la Sécurité qui disparaissent, tous ces agents mutés on ne sait où, tout cela indique qu’il prépare une action en force, et de grande envergure. Nous devons lancer immédiatement le plan que je vous ai présenté, avant de ne plus avoir la possibilité de le contrer. » Le grand rectangle délimitant la pièce était bas de plafonds, sans aucune fioriture. La culture des Souriants glorifiait la simplicité poussée à l'extrême, ne conservant que l’utile ou le symbolique. Pour preuve, ces éclairages focalisés sur « l’auditionné » lui-même, monsieur Heir, et cette barre de lumière indirecte à la base du mur du fond, ne dessinant que les silhouettes des trois pères des Triades « le Triangle ». Ils se tenaient une dizaine de mètres devant lui, assis sur leurs talons, les nattes posées à même le sol. Unique décoration, mais oh combien importante dans l’esprit de cette culture, les quatre statues piliers derrière le Triangle dont les volumes étaient mis en valeur par la même lumière indirecte : une tortue-serpent, un tigre-loup, un chauve-phénix et un dragon. Les quatre pouvoirs ancestraux, représentant les éléments combinés, les points cardinaux et les couleurs principales de l’art. Heir attendait la réponse. Face aux trois chefs de l’organisation mafieuse la plus riche et la plus puissance de l’Humanité, il n’était pas d’usage de prendre la parole sans y être invité. Aussi loin qu’il se souvienne, il s’était toujours soumis à leur décision, sa mère étant Souriante mais pas son père. Il leur devait beaucoup, mais ils lui avaient beaucoup pris également, et le membre du Conseil de la Révolution qu’il était ne croyait plus, depuis longtemps, à l’équilibre de cette relation. Les silhouettes se penchaient alternativement, échangeant à voix basse des propos inaudibles pour l’auditionné, seuls les grands chapeaux pointus aux décorations tombantes indiquaient les mouvements de ses interlocuteurs. Bien que ce terme fût mal choisi, car impliquant une discussion, ce qui était rarement le cas avec les pères des Triades. La silhouette de droite prit enfin la parole : Wángzǐ, cette accélération du processus que nous avions défini nous semble particulièrement audacieuse. Les évènements pourraient échapper à notre contrôle, alors que tout se déroule conformément au plan initial. N’y a-t-il pas une autre raison derrière ce soudain désir de bousculer les choses ? Il y a aussi cet agent, ce Ralato, répondit Heir. Il a terrassé mes deux élèves. Il a un frère dont nous connaissons la puissance et qui a été expulsé avec l’Exode. Et il n’est pas le seul, un ancien agent, un Mental, retourné par la princesse Azala, Stuffy, fait partie intégrante de son esprit. Il peut amplifier les actions de Ralato ou agir de son propre chef. Cet homme, ce duo, est un des rouages essentiel du système Poféus, le retourner nous permettrait d’affaiblir efficacement notre principal ennemi. Nous savons déjà tout cela, intervint la silhouette de gauche, et nous avons décidé d’attendre. En quoi donc les évènements seraient-ils soudain si dramatiques pour nécessiter de recourir à votre cabale. Heir serra les dents. Évoquer son plan comme une « cabale » revenait à clairement le ranger dans la folie solitaire d’un homme. Comment convaincre ceux qui, visiblement, étaient déjà convaincus du contraire ? Il devait bien choisir ses mots et tenter une dernière carte. « J’ai… vous m’avez permis de devenir ce que je suis maintenant. Et, grâce à ces fa


RedU T1 Ch19 Ep16
Jun 15 2016 15 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ Le choc de la paroi contre son dos lui parut presque une délivrance. Misha venait de le poser à moitié sur une poutre, à moitié contre le mur. Ses souffrances ne cessaient de le harceler, mais elle diminuait d’intensité. Il entendit plus qu’il ne vit, son frère s’affaler à ses côtés, lui aussi en proie à un douloureux épuisement. Ils étaient donc maintenant tous les deux, le dos contre l’entrée de la salle de commandement, face au long corridor bordé de hublots, que traversaient parfois, de plus en plus en fait, d’intenses éclairs bleus au son strident. La fin approchant, le vieux transporteur ressentait ses premiers spasmes. Les intentions du sénéchal étaient maintenant claires, même si J.F.Hill ne les comprenait pas au premier abord. Un mouvement sur sa main droite le surprit et il découvrit son voisin, s’efforçant, malgré ses deux membres abimés, de lui glisser dans la paume une petite fiole. John s’en saisit, étudiant l’objet incongru. « Quand tu as mis la raclée à mes pirates, l’un d’entre eux a perdu ça dans un coin. C’est surement un alcool quelconque, mais je n’arriverais pas à l’ouvrir. À toi l’honneur, tu me le passeras ensuite. » Le colonel resta dubitatif, puis ouvrit la fiole et porta le goulot à sa bouche. La force du breuvage rendit dignement grâce à l’alcool frelaté des pirates, au point qu’il dût forcer sur la déglutition pour faire passer le liquide. La chaleur irradia de son ventre dans tout son corps, apportant un semblant d’anesthésie à la douleur de ses hanches qui devint moins aigüe. Il tendit la fiole à son frère. Celui-ci tenta de la tenir de la main gauche, mais son pouce refusait de se fermer, quand à son bras droit il ne bougeait plus du tout. Misha regarda la petite bouteille, visiblement gêné par la situation. Ce fut Igor qui fit alors l’effort de se pencher, malgré les élancements de son bassin meurtri, et porta lui-même le goulot aux lèvres de son frère. Celui-ci ferma les yeux, reconnaissant, et en but une longue rasade avant de se laisser aller contre la paroi. Dans un grognement, le colonel se redressa, avalant derechef une nouvelle lampée. Un nouvel éclair illumina le couloir, suivi d’un second à l’extérieur du vaisseau. Dans un soupire, Micha rompit le silence entre les deux frères : « Tu m’imagines seul, au milieu de tout ton Exode ? S’ils ne m’écharpent pas , ils me feront croupir dans une geôle ou simuleront un procès pour me pendre plus proprement. Mes troupes n’en sont plus, mes alliés n’en sont plus, et tu ne m’a pas raté coté blessures… Nan… c’est la fin du chemin, alors je la passerais avec toi, Igor. » John ne su que répondre alors, d’un geste, il proposa une nouvelle gorgée que l’autre accepta avec un hochement de tête. Dehors les éclairs devenaient nombreux, tandis qu’une mauvaise odeur de brulé remontait des canalisations. Quelque chose, comme une montagne de pneu, qui se consumerait … Les deux frères restèrent silencieux encore quelques minutes, puis ce fut au tour de J.F.Hill de prendre la parole. Pourquoi lui as-tu fait cela, Misha ? Parce qu’elle t’aimait. La réponse était venue seule, sans fioritures, sans étalage, direct. Igor sursauta sous la surprise, se tournant vers le géant roux, sans comprendre. « Lorsque je suis venu à elle, ce soir-là, j’étais soul, d’accord, mais pas au point de perdre la tête. Tu avais essayé, le matin, de m’expliquer qu’Esfir n’était pas faite pour moi, qu’on était frères et sœur, tous. Tu te souviens ? Alors je voulais en avoir le cœur net, et il m’avait bien fallu boire plusieurs litres avant de trouver le courage d’aller lui parler, crois-moi. Je lui ai avoué mon… mon amour pour elle. Alors elle m’a caressé la joue, c’était doux, je ne l’oublierais jamais. Elle m’a dit simplement, comme si c’était tout naturel : il n’y a qu’un homme qui saura m’offrir ce que je n’ai pas,


RedU T1 Ch19 Ep15
Jun 08 2016 7 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ Petrovach coupa son transmetteur. Il était désormais inutile de communiquer avec qui que ce soit. L’extérieur les avait abandonnés, et si ses hommes trouvaient une échappatoire, ils sauveraient d’abord leur peau. En plaquant son dos à la paroi, il sentit la douleur se rappeler vivement à son bon souvenir : sa plaie à l’épaule était dangereusement enflée, l’intérieur cicatrisait difficilement et les pulsations ne diminuaient pas. Son ménisque criait à chaque mouvement, même s’il l’ignorait, quant à sa main gauche, le tendon apparaissait au fond de la coupure qui avait sectionné le muscle du pouce. Il mettrait du temps à pouvoir réutiliser cette main convenablement… en fait, tout son corps allait demander une longue période de rémission. Lentement, il s’autorisa quelques secondes d’abandon et se laissa glisser le long de la paroi. Son ménisque hurla encore lorsque son fessier toucha le sol, mais ce fut tout. Misha Petrovach releva sa tête pour la caler contre l’acier du mur derrière lui, le petit bruit du choc résonna quelques instants, vite absorbé par les grincements inquiétants qui montaient dans les coursives. Son frère était allongé à quelques mètres de lui, le dos au sol, l’os de la hanche suffisamment endommagé pour le paralyser durablement. Il ne bougeait pas non plus, le visage fermé, observant quelque ondulation du plafond. C’est… c’est un sacré engin que tu avais là. Cette série de transporteurs était construite en dur… À ton avis, on a combien de temps ? Je dirais une vingtaine de minutes. Peut-être moins. Et pour ton information, nos compresseurs dimensionnels sont d’anciens modèles. Une fois en court-circuit, on ne peut plus les arrêter. Hé, hé… Penses-tu ? Moi, j’ai pu mettre hors circuit un compresseur à deux doigts d’une fusion ! Ha bon ? Et comment donc ? demanda le colonel, d’une voix soudain moins agressive. En fait je ne sais pas trop. J’ai balancé trois techniciens dedans en leur disant qu’ils mourraient avec elle s’ils ne stoppaient pas le processus. J’ai été bon joueur, le survivant a été relâché sur une colonie proche. Tu es un monstre, Misha. Toujours les grands mots. Et toi, combien de types as-tu tués ? Étaient-ils tous de bons méchants, croqueurs de bébé joufflus ? J’en doute, mon frère, j’en doute… Les soldats aussi font des choses sales. J.F.Hill ne répondit pas, le spectacle d’une plaine qui s’effondrait sur elle-même et d’une ville disparaissant sous un cataclysme sans précédent, glissa fugitivement devant ses yeux. Oui, le nombre de morts qu’il avait sur la conscience n’était peut-être pas si éloigné de celui de son frère, en fin de compte. Par ailleurs, Misha n’était pas blessé comme lui : Va-t’en. Il y a largement assez de capsules de secours pour tout le monde, n’hésite pas. Pourquoi ? Ma présence te dérange tant que ça ? Tout va exploser, toi tu peux encore t’enfuir, alors fais-le. Alors qu’il prononçait ces mots, une sorte de décharge de foudre traversa le couloir à bonne distance. Misha resta pensif quelques secondes puis, sous la grimace, se redressa par palier, visiblement souffrant. Il reprit lentement son souffle, laissant ses blessures s’adapter à la station debout, puis boita jusqu’à un autre bout de la pièce. Il se déplaçait hors du champ de vision d’Igor. Celui-ci l’entendit juste fouiller quelque chose, dans les débris jonchant un des coins, près de l’entrée encombrée de la salle de commandement. Il entendait le grondement sourd, profond, du compresseur en court-circuit qui entrait en surchauffe. Un souffle au cœur, pensa-t-il, mon vieux transporteur, tu vas bientôt avoir un infarctus. Pardonne-moi, et merci pour tout ce que tu as fait. Il savait pourtant bien que la réalité serait plus spectaculaire. Un compresseur de cette génération en fusion avait toutes les chances de développer, en son point le plus chau



RedU T1 Ch19 Ep14
Jun 01 2016 12 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ La moitié ! Seule la moitié de ses hommes avait pu traverser le barrage formé par les pilotes de l’Exode. Maudit croiseur, maudit Petrovach ! Une majorité du convoi pirate n’était composée que de vaisseaux civils de transports, armés sommairement sans grande maniabilité. Les six chasseurs avaient provoqué des carnages, mais la force de frappe de ce croiseur s’était révélée bien pire encore… Peut-être devait-on reconnaitre à cet idiot de Sénéchal, qui avait abandonné à leurs ennemis une arme si redoutable, d’avoir mis hors jeux les appareils du troisième transporteur dont il avait fait exploser le spatioport. Ceux, comme Choupa, ayant pu se faufiler au travers des mailles du filet s’étaient posés à l’intérieur de la barge, toujours fermement ancrée au vaisseau de Benkana. Benkana… « Karl, tu seras vengé… » murmura la jeune femme en progressant dans les coursives étrangement vides. Elle avait rameuté ceux qu’elle croisait, s’était échinée à relancer la flamme épuisée dans les yeux hagards des groupes de pirates qui pansaient leurs plaies. À voir leur état ou celui des corridors, et à enjamber les morts de toutes origines, Choupa saisissait mieux les rapports qu’elle avait reçus. Non, les Exodés n’étaient pas des proies ordinaires, et le prix à payer pour les soumettre sera (était déjà) exorbitant. Mais elle et les siens étaient désormais acculés, ils ne pouvaient plus faire machine arrière, ce Transporteur devait tomber entre leurs mains, coute que coute. À part les morts et quelques assaillants de la première vague, aucun signe des exodés. Où étaient-ils donc ? S’abritant contre une conduite, elle laissa son regard parcourir les troupes qui la suivaient. Ils étaient suffisamment, malgré tout : plus nombreux encore que le groupe originel ayant pris d’assaut ce vaisseau de l’Exode, et il grossissait doucement, au gré des rencontres avec les pirates égarés ou restés en arrière. Les éclaireurs lui firent signe et elle s’élança, suivie par le gros des troupes. Sur une consigne qu’elle martelait inlassablement, personne ne parlait, toute la progression devait se faire en silence. Pas question de se lancer tête baissée dans la mêlée, elle refusait de laisser la moindre chance à leurs adversaires. Un éclaireur resté en arrière lui fit signe de la rejoindre. Le visage sombre, il désigna une pièce au sas entrouvert d’où émergeaient des bras et une jambe. Le spectacle la tétanisa. Tous des pirates, tous exécutés d’une balle dans la nuque, tous entassés là, cadavres bien empilés pour maximiser l’espace du petit local. L’odeur du sang prenait à la gorge. Choupa ne put s’empêcher de demander : « Les exodés sont-ils donc des fauves ? Qui a pu faire… ça ? » L’autre lui montra un symbole sur les poignets et les chevilles pendants dans le couloir. Il y avait été gravé au couteau : une sorte de tête d’animal, un ours. « Nordistes… » Leurs ancêtres. Ce n’était pas un acte gratuit, c’était un message de la part d’Exodés aux mêmes racines. Choupa plissa les yeux, refluant une nouvelle vague de colère. « Nous croyez-vous donc loups devenus moutons ? Vous allez regretter votre prétention… Fermez la porte autant que possible, que les troupes derrière ne voient pas cela, vous y veillerez. Nous continuons… » La jeune femme inspira une dernière fois cette odeur de mort concentrée, fixant cet instant dans sa chair autant que dans sa mémoire, et elle s’élança, l’épée et le révolver serrés comme jamais. La Cité intérieure du Transporteur 7. Il y avait deux grandes entrées, les deux étaient occupées par les pirates de Choupa. Ils avaient même rejoint un groupe de la première vague, qui leur avait rapporté des faits inquiétants : depuis une trentaine de minutes, les combats avaient cessé. Il semblerait que les troupes ennemies s’étaient retirées, mais on ne pouvait en être absolument certai


RedU T1 Ch19 Ep13
May 25 2016 11 mins  
### Retrouvez les livres numériques, les musiques originales et les chapitres complets sur http://RedUniverse.fr À très bientôt donc :-) ------ L’épée se faisait toujours plus dangereuse, toujours plus précise. Plus son frère comprenait combien sa cause était perdue, plus son côté pirate reprenait le dessus, la fougue combattante inscrite dans ses gènes explosait en une vigueur que seul Misha Pétrovach était à même d’admirer. « Vas-y Igor, oui c’est cela, ooooh ! Joli coup ! » Il exultait, la force et la hargne de ce sang coulant dans ses propres veines brulaient sous ses yeux. Oui, il l’avait retrouvé, peut-être même venait-il de trouver enfin son frère ! Après toutes ces années passées, Igor était enfin devenu un homme, mieux que cela, il était devenu LE pirate que Misha attendait depuis si longtemps. Un coup de talon le frappa au milieu du ménisque alors que le géant exécutait une feinte, et l’improbable se produisit : l’os se fendit. Un choix judicieux, un moment parfait, une connaissance de techniques de combats inédites pour Misha qui recula, grimaçant sous la douleur. Mais s’il pouvait ignorer les impulsions qui remontaient de sa jambe meurtrie, il ne pouvait obliger son corps à fonctionner correctement avec deux blessures graves. Elles handicapaient ses mouvements et Igor en profitait, lançant ses dernières forces dans la bataille. La lame de l’épée entailla alors la main tenant la hache et, sous le choc, celle-ci tomba et rebondit sur le sol, désormais hors de portée. Petrovach garda son sang-froid et évita de justesse les deux jambes tendues qui tentaient de le renverser. Il n’avait plus qu’un membre encore intact, mais cela suffisait : d’un retournement qui surprit son adversaire, le géant roux se laissa tomber le coude en avant, sur les hanches du corps qui se repliait, bien trop près de lui. Un craquement, suivi d’un rugissement de douleur à J.F.Hill qui arracha un sourire au pirate blessé. « Un combat n’est jamais terminé sans la mort de l’adversaire. Tes manières de gentleman de MaterOne te l’on fait oublier, mon frère… » prononça-t-il doucement. Un moment de silence flotta alors sur la scène que seules quelques fuites de vapeur et des explosions lointaines parvenaient à percer. Le temps suspend parfois son vol sur des instants sans nom. Tel celui de ces deux frères, dont la peau entrait enfin en contact après tant d’années, mais dont l’un prenait définitivement l’ascendant sur l’autre, mettant fin à un combat fratricide débuté il y avait bien longtemps maintenant. En grommelant sous les multiples vagues douloureuses, Misha se releva, mais pas Igor. Celui-ci tentait de remuer ses jambes, mais le moindre mouvement le faisait hurler. « N’essaye pas de bouger, tes hanches sont au mieux foulées, au pire brisées. Remarque, j’ai volontairement évité la colonne, je ne veux pas que tu subisses le destin de ton transporteur, juste que ça te fasse un peu mal. » Voir ainsi son adversaire au sol, obligé de ramper dans la douleur pour avancer, avait quelque chose de pathétique. Même ici, très loin de la planète de ses exploits, le nom de J.F.Hill était murmuré, comme une icône, porteuse d’espoirs de changement. Quelle surprise, lorsqu’il avait découvert qu’il s’agissait en fait de son frère ! Il s’approcha doucement, boitant, les bras ballants. Viens avec moi. Je pense que tu as compris que j’avais gagné. Arrêtons de nous entredéchirer, d’accord ? Non. Misha remonta sa main valide à son communicateur. Préparez-vous à faire sauter un pont supplémentaire. Sénéchal, nous avons des problèmes, on est obligé de reculer ! Pourquoi ? Les exodés, ils sont complètement fous depuis qu’on a fait… Attention, la structure ! MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE ? … Seul le grésillement lui répondit puis, soudain, un tremblement parcourut la coque, encore un. À nouveau, l’assiette du transporteur fut perdue, à nouveau les alarmes rugirent. Les derniers circuits encore intacts se rompirent, projetant leurs étincel


RedU T1 Ch19 Ep12
May 18 2016 6 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ « Passez-moi le centre de commandement, on ne va pas attendre que cette salope arrive ici sans rien faire. Azala, tu m’entends ? » Benkana et sa troupe remontaient les corridors et les escaliers de service ; ils avaient récupéré ce qu’ils pouvaient, abandonnant les morts et les matériels endommagés après les dernières échauffourées. Le Transporteur était toujours envahi par des hordes de pirates et il n’était pas question de laisser des hommes en vie en arrière, tant pis pour les cadavres, on s’en occuperait, plus tard. Aurora… le transporteur de J.F.Hill… Il vient de perdre une partie de ses ponts inférieurs… QUOI ?! Le spatioport et.. Un second pont explose ! Par tous les Dieux, le pont suivant vient à son tour de se détacher ! On a vu une suite d’explosions et toute la structure s'est séparé du reste du vaisseau. A-t-on des plans rapprochés ? Affichez les sur l’écran princip… La voix de la jeune femme s’était soudain brisée. La commandante se faisait déjà une idée, de ce que sa compagne voyait en ce moment. … Azala ? Oui, je suis là. On… on voit des corps flotter dans le vide, plusieurs… quelques dizaines, impossible de dire si ce sont des soldats ou des civils. Bon sang, John, que fais-tu ?! Sauf problème, nous serons de retour d’ici une vingtaine de minutes. À tout de suite. Je… Avant le Transporteur 6, on a… on a détecté des décollages multiples sur l’astéroïde pirate. Beaucoup d’appareils de transport, mais aussi des chasseurs, et ils viennent droit sur nous. La Choupa n’a pas perdu de temps. Passe le message, on va devoir se battre sur plusieurs fronts. Est-ce qu’au moins Price a fait décoller ses appareils et le croiseur ? Et les nôtres, ils sont en route ? Il nous a dit d’attendre un peu et de surveiller l’astéroïde. Et l’on enregistre depuis un petit moment des variations d’énergie bizarres. La signature ressemble à celle de compresseurs dimensionnels. Benkana ralentit son pas, au bord d’une nouvelle colère… Qu’est ce qu’il mijote, encore ? Bon, ordre à nos chasseurs de décoller, et envoie la demande en clair, que tout le monde la reçoive, notre vieux colonel et même l’autre folle qui arrive. Arrête de n’en faire qu’à ta tête, il suit une stratégie visiblement bien préparée. Hé bien, qu’il la partage avec moi. Fais décoll… LES COMPRESSEURS DE L’ASTÉROÏDE ENTRENT EN FUSION ! Les hommes de Benkana se mirent en position de défense, sécurisant les alentours immédiats : leur chef venait de s’arrêter net au milieu de sa lancée. Choupa serrait fermement les manches de direction et de poussée de son chasseur. On avait pu mettre deux fidèles lieutenants à elle dans le petit espace dédié aux bagages et ce scénario s’était répété dans tous les engins qui décollaient encore. Il n’y avait ni assez d’appareils ni assez de temps pour embarquer pour tout le monde, alors on improvisait, comme seuls les pirates savaient faire. L’un après l’autre, les compresseurs dimensionnels virèrent au rouge, puis au blanc et tel un chapelet de l’enfer, embrasèrent toute la surface de son astéroïde. Quelques secondes suffirent pour que de nouvelles explosions, bien plus puissantes, ne remuent les profondeurs du gigantesque rocher. Et enfin, alors qu’une gerbe enflammée emportait le spatioport où des vaisseaux de transports tentaient encore de décoller, sa base, l’abri où elle et les restes de l’équipage de son père avaient trouvé refuge par le passé, sa maison, se disloqua. La jeune femme serra les dents. Karl et maintenant l’astéroïde, ce n’était plus simplement une affaire de dette de sang entre Benkana et elle, c’était une question de survie pour tous. Ils n’avaient plus le choix, la principale porte de repli venait de se refermer. Pas de larmes, elle en avait trop versé par le passé


RedU T1 Ch19 Ep11
May 11 2016 12 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ La hache de Petrovach s’abattait sans retenue sur le colonel J.F.Hill, ne laissant même pas à ce dernier le temps de reprendre son souffle. Le géant roux faisait tourner son arme comme un moulinet, effritant, coup après coup, la résistance de son adversaire qui n’arrivait, tout juste, qu’à dévier la puissance déchainée contre lui. Cette fois, le pirate ne s’était pas embarrassé de précautions et jouait la carte de l’énergie contenue dans ses solides muscles : choc, contrechoc et impact, tel était l’essentiel de la stratégie qu’il avait adoptée. Primaire, mais dangereuse également pour lui, car seule l’endurance de Petrovach empêchait son adversaire de contrattaquer et la combustion de ses calories ne se poursuivrait pas indéfiniment. Le dos du colonel buta contre des éléments du remblai accumulés devant l’entrée de la salle de commandement ; il ne pouvait désormais plus reculer, mais les attaques ne semblaient pas diminuer, bien au contraire. Soudain, son frère fit effectuer une courbe différente à la hache qui passa en dessous de l’épée tendue et vint s’enfoncer profondément dans une poutre de métal à côté de sa tête. Il ne put conserver l’intégralité de son corps que grâce à un réflexe de dernière seconde, mais cela n’empêcha pas le sang de couler le long de son cou, en une petite ligne chaude qui suivait la forme de sa nuque. Venait-il de perdre son oreille ? Il verrait plus tard, car Misha lui offrait une ouverture sans pareil, son arme trop enfoncée pour lui servir de protection. Igor projeta en avant la pointe de son épée, mais ne la pénétra que de quelques millimètres dans le torse de son frère, arrêtant son geste pour ne provoquer qu’une simple égratignure dans cette masse musculaire. Celui-ci ne bougeait plus depuis sa dernière attaque, un petit sourire au coin des lèvres. Mieux : il écartait même les deux bras, en une offrande de son corps à tous les coups que l’on pourrait lui porter ! J.F.Hill retira son épée, roula sur lui-même et reprit son équilibre à quelque distance. De sa main libre, il put constater que ce n’était qu’une coupure qui saignait juste en dessous de son oreille, un filet vermeil comparable à celui qui s’écoulait maintenant du torse de son frère. Petrovach ricana dans sa moustache et sèchement, arracha sa hache pour se remettre en position. Sang pour sang, Igor. Comme au bon vieux temps n’est-ce pas ? Tu n’as aucune chance, tu le sens bien, n’est-ce pas ? Alors, si tu oubliais un peu ton idée de justice des pirates, et tu réfléchissais ? Moi, je te veux à mes côtés, encore plus maintenant qu’avant ! Ton courage s’est affermi autant que ton corps. À nous deux, nous prendrions le dessus sur la frêle Choupa, et nous serions les vrais maitres du monde pirate ! C’est une obsession chez toi de me faire revenir ? Je t’ai déjà donné ma réponse. Comme quoi, je fais preuve de plus de souplesse que par le passé. Je te mets en demeure d’accepter maintenant, ou nous détruisons ce vaisseau, en commençant pas les ponts inférieurs ! John serra les dents, se préparant à reprendre l’attaque. Ce changement de position n’échappa pas à son frère : « N’y pense même pas. Mes hommes n’attendent que mon signal. Rends-toi : vous êtes paralysés et pas prêts à une invasion de guerriers comme nous… » À peine eut-il prononcé ces mots que les néons se mirent à clignoter sur toute la longueur du grand corridor. Derrière le sas bloqué, on put entendre des cris de soulagements, des applaudissements. Petrovach leva les yeux, surpris : le plan de la petite prétentieuse n’avait visiblement pas tenu tant que cela. Les exodés venaient de contourner la paralysie de leurs systèmes d’une manière ou d’une autre, et ce malgré les efforts du vieux Karl. Cette relique était-elle enfin hors de son


RedU T1 Ch19 Ep10
May 04 2016 10 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ La radio principale, au centre de commandement du transporteur 5, retransmettait en direct la scène qui se déroulait sur l’autre vaisseau. L’activité de la salle était particulièrement discrète, la plupart des opérateurs écoutant attentivement. Seul Edmund Tristo pianotait frénétiquement sur son clavier, conscient d’apporter la pierre centrale au plan du colonel Sterling-Price. Le vieil homme suivait, comme les autres, le son grésillant renvoyé par les hautparleurs, impassible. « Je suis le commandant Benkana, responsable d’un des transporteurs que vous agressez en ce moment. À qui n’ai-je pas l’honneur de parler ? » Petit silence. On devinait la surprise, l’appréhension et probablement la prise en considération de cette nouvelle donne. La voix féminine du transistor reprit alors, plus posée : Mon nom est Choupa la sans peur, je dirige en effet cette attaque. Comment avez-vous pris le contrôle de notre fréquence ? Ce n’est pas votre fréquence, et surtout, je pense que nous avons une connaissance en commun. Monsieur Karl, dites un mot à madame… … Dites un mot, ou je vous tire une balle dans le pied pour qu’on vous entende crier. CHOUPA, N’ACCEPTE AUCUN CHANTAGE, JE NE… KARL ! Je n’ai pas demandé un roman. Relevez-le. La jeune femme, la future reine pirate, avait réagi d’instinct à la voix de son ami et au coup qu’il venait certainement de recevoir. Sterling-Price gardait ses bras croisés, debout à quelques pas de Tristo. Chaque seconde qui passait était du temps de gagné pour son informaticien, ce qui allait dans le bon sens ; mais quelque chose dans la voix et dans la personnalité de Benkana l’inquiétait. D’après ses connaissances, l’ancienne chef rebelle n’avait jamais été une tendre, il se demandait si elle saurait se maitriser suffisamment dans ce moment délicat. Benkana, que voulez-vous ? Bien, on peut parler. Rappelez vos chiens en route vers nous, et arrêtez d’éloigner votre astéroïde. D’une voix soudain douçâtre et pleine de sous-entendus, elle ajouta : Vous ne voudriez pas nous quitter alors que l’on commence à peine à s’amuser, n’est-ce pas ? Et puis, notre ami Karl semble se languir de vous. D’accord, je suspend l’envoi des renforts. Tristo attira l’attention du colonel, celui-ci se rapprocha. Sans un mot, Edmund tourna le clavier de sa console vers le vieil homme, indiquant du doigt la touche de validation. Price ne comprenait pas grand-chose au pavé de symboles en tous genres qui s’égayaient sur l’écran, mais il distinguait nettement un curseur clignotant à la fin de la dernière ligne. Il ne fut pas surpris de voir le jeune homme croiser les bras et faire un signe négatif de la tête ; après le carnage auquel il avait assisté dans la cité intérieure et sa responsabilité indirecte, il refusait simplement de déclencher un nouveau drame. Comment ne pas le comprendre ? Le colonel Sterling-Price hocha de la tête et approcha son pouce du clavier, la bataille des transporteurs allait prendre fin très prochainement. Soudain un hurlement rugit depuis les hautparleurs. « CHOUPA ! NE FAIT PAS CELA ! » Il s’en suivit plusieurs bruits de lutte, puis un coup de feu suivi un nouveau cri : « KARL ! QUE SE PASSE-T-IL ? » On n’entendait à nouveau plus rien. Price éloigna son pouce de quelques centimètres, totalement captivé, comme tous dans la salle, par ce silence perturbé uniquement par le bruit de fond du système radio. Que venait-il de se passer ? BENKANA ? Votre Karl est mort… Il a réussi à surprendre un de ses gardes, s’est emparé d’une arme et s’est tiré une balle dans la tête. On n’a rien pu faire. Tristo tourna vers le colonel un regard horrifié. L’autre lui renvoya une expression aussi concentrée que sans émotion ; le pouce toujours tendu au-dessus du


RedU T1 Ch19 Ep09
Apr 27 2016 7 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ Les flashs de lumière aveuglèrent immédiatement Karl tandis que les gaz paralysants le prirent à la gorge. Le pirate n’était plus un grand guerrier et, courbé en deux sous l’asphyxie, des larmes submergeant toujours ses yeux éblouis, il ne put offrir de résistance lorsque des soldats équipés de respirateurs le plaquèrent au sol. Une poignée de minutes suffirent pour évacuer l’air vicié et, même s’il ne distinguait encore que de vagues contours dans le brouillard blanc de sa vision, les quintes de toux du pirate s’étaient tassées. Il prit enfin conscience de ce qu’il se passait dans la pièce autour de lui et la première chose qu’il entendit ce furent des bottes qui foulaient le sol, s’arrêtant devant sa tête. Une personne légère, probablement une femme. Il ne fut pas surpris de reconnaitre la voix de la commandante. « Broto… » Rien, pas un mot de plus, une simple constatation. Existait-il déjà des doutes sur lui et Ismène ? On arma plusieurs fusils mitrailleurs et, lorsque le feu de la destruction s’abattit sur sa créature, le vieux pirate ne sut refouler un pincement au cœur et une ultime larme qui se mêla à celles causées par le gaz. Quelques gouttes de sang synthétique vinrent s’écraser sur sa joue, tel un dernier adieu ; il ne resta plus que quelques bruits de courts-circuits et une abominable odeur de plastique brulé emplissant l’atmosphère. Toujours sans un mot, la commandante s’éloigna de la pièce, laissant Karl au sol alors qu’on le menottait sans ménagement. « Ici Benkana, me recevez-vous ? » On avait installé un relai à bord de la navette dont la radio communiquait avec le transporteur de Price. Un moyen simple et efficace pour se tenir informé. Allo, il y a quelqu’un ? Ici Price. Alors, où en êtes-vous ? Nous avons neutralisé l’intelligence artificielle et nous… Yeaahhh ! C’est vrai, ça y est, les systèmes se débloquent les uns ap… Monsieur Tristo, conservez un peu de discrétion, merci. Vous disiez, commandant ? … Nous avons un prisonnier et les barges sont toujours en train de nous rapprocher de l’astéroïde. Sans préavis, quelque chose vibra à nouveau dans son transporteur. Elle entendait des ronronnements assourdis reprendre leur place dans le fond sonore quotidien, les néons des corridors s’allumaient les uns après les autres, et même les systèmes de communication interne de vaisseau grésillaient à nouveau. Commandant ? Désolé, tout est en train de se rallumer ici. C’est une excellente nouvelle, félicitez notre ami Tristo. Merci, Commandant ! Maintenant on a un problème avec la base pirate. J’aurais besoin que vous nous les occupiez un petit peu ! Intervint Tristo du fond de la pièce derrière Sperling-Price. Je traduis, si monsieur Tristo le permet… Il semble qu’ils reculent en ce moment leur astéroïde, ils préparent probablement quelque chose, mais nous aussi. Regardez, autour de l’intelligence artificielle, s’il n’y a pas un moyen quelconque de communication pour joindre le commandement pirate, et tâchez de négocier n’importe quoi pour gagner du temps. Je pensais plutôt nettoyer mon transporteur et faire décoller nos chasseurs et croiseurs pour leur rendre la monnaie de leur pièce. Nous y travaillons, justement. Et dites-vous qu’une poignée de minutes suffiront, vous pourrez sécuriser votre bâtiment ensuite, commandant. Le fait d’appuyer insidieusement sur le dernier mot rappelait à Aurora une certaine hiérarchie militaire, mais également d’expérience quant à la stratégie, en faveur de Sterling-Price. Sans apprécier spécialement, elle se rangea donc à l’avis de celui qui avait gagné la confiance de son ami J.F.Hill. « Soit. Je vais laisser le communicateur branché que vous puissiez suivre. N’intervenez que si besoin. » Aurora n’était pas satisfaite


RedU T1 Ch19 Ep08
Apr 20 2016 11 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ Tristo suivait le Colonel Sterling-Price, eux-même précédés de plusieurs gardes sur le qui-vive. Le long tubule que les pirates avaient utilisé pour pénétrer dans le transporteur 5 était devenu le passage obligé pour les troupes conquérantes de Price. Malgré leurs pertes, les envahisseurs résistaient avec acharnement si l’on en jugeait par les impacts sur les parois. La surface adhérente qui tapissait l’intérieur du tubule faisait un bruit bizarre sous les pieds du jeune informaticien, mais force était de constater que l’on pouvait y marcher convenablement malgré des angles d’inclinaison très aigus. Le système était visiblement bien rodé. « D’après les renseignements que l’on m’a fournis, il y aurait des accès aux terminaux dès la sortie du bras perforant. J’espère qu’ils utilisent les mêmes prises que vous ? J’ai emporté tous les adaptateurs que je possédais, ne vous inquiétez pas. Les connectiques sont souvent standards dans les vaisseaux civils, c’est chez les militaires qu’ils compliquent tout. Car vous vous y connaissez en connectique militaire ? Oui, une fois, j’avais pu récupérer un vieux serveur mal reconditionné avec quelques potes et on l’avait complètement désossé, pour récupérer des informa… Je me passerais de la suite de cette histoire, Edmund. D’autant que nous arrivons. Ah, oui là-bas, ce jeune sergent qui nous fait signe devant plusieurs emplacements. » Le soldat se planta en garde-à-vous devant le haut gradé, alors qu’on entendait, au loin, des coups de feu et quelques rafales. Tristo avait du mal à rester serein… « Dites, ils sont pas loin ? Non, mais suffisamment pour que vous puissiez faire votre office en toute sécurité. Combien de temps vous faudra-t-il ? Quelques minutes… Prises AM Sept, rien que du standard, comme prévu. Bon… je me connecte. Heu… Colonel, pendant que ça mouline, je peux vous demander quelque chose ? Bien sûr, qu’y a-t-il ? C’est ce qu’on a vu tout à l’heure, la cité intérieure… Je… vous saviez que ça allait se terminer comme ça ? … Tout dépend de ce que vous entendez par ‹ terminer comme çà ›. Ben, tous ces morts, même pas de prise de prisonniers. Les soldats tuaient tout ce qui bougeait, sans chercher à faire preuve… d’humanité. » Tristo baissait la voix devant le regard désapprobateur du sergent qui les gardait. Le colonel fit un signe au soldat qui s’éloigna de quelques pas et s’approcha de l’informaticien, visiblement navré. « Edmund, j’aimerais vous dire que je n’aurais pas pu éviter ce bain de sang, que la peur insufflée par l’attaque pirate et leur fureur au combat avait enragé mes hommes, au point de les rendre incontrôlables… mais non. Il y a eu un ordre direct pour neutraliser définitivement une majorité des troupes assaillantes. C’était voulu. Mais… mais pourquoi ? C’était monstrueux, l’Exode c’est pas çà ! Çà, c’est le régime Castiks, la royauté, je sais pas ! Mais… c’est à cause de vous, ne comprenez-vous donc pas ? QUOI ? » Il en avait lâché son sac par terre, heureusement le terminal portable était déjà posé et ses scripts déroulaient leurs flots de données sur l’écran verdâtre. « Vous m’avez expliqué qu’un accès, à l’intérieur de cet appareil, vous permettrait de lancer une contrattaque dans le réseau mère utilisé par les pirates. Nous ne pouvions envisager une prise, même partielle, de leur vaisseau, avec tout un pan de nos troupes bloquées par la garde et la surveillance de centaines de prisonniers, sans parler de la reprise en main des ponts encore occupés. » Edmund sentait un sanglot lui monter du fond de la gorge, il bredouilla… « M… mais vous… ce terminal, ce qu’on est en… en train de faire… … est la raison du carnage auquel nous avons assisté. Oui mon ami, j’en suis navré. » Le colonel posa une main su


RedU T1 Ch19 Ep07
Apr 13 2016 12 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ « Allez-y ! » L’ordre de Benkana fut immédiatement suivi d’une déflagration et on entendit la carcasse du lourd sas projeté au travers du corridor. Il ne s’était pas encore stabilisé que l’assaut était donné ; les soldats pénétraient l’arme au point, prêt à anéantir toute résistance. Mais la pièce se révéla vide comme les deux précédentes. Cela faisait déjà une vingtaine de minutes que la commandant et ses hommes arpentaient les couloirs du transporteur, évitant autant que possible le contact avec les colonnes pirates. Compte tenu du temps qui s’écoulait bien trop vite, elle avait décidé qu’une ouverture en douceur des sas ne serait pas assez efficace, c’était donc à l’explosif que l’on frappait aux portes des pièces à visiter. Son communicateur grésilla : « Aurora, un rapport de Sterling-Price, ils ont repoussé les pirates ! Price est réellement impressionnant. Et nous, comment cela se passe ? La technique frontale semble fonctionner. Ils ne s’attendaient pas à ce qu’on leur livre une bataille aussi acharnée. Mais les pertes sont terribles. Elles le seront plus encore si les rats atteignent la cité intérieure. Azala, on est en guerre. Et je la mènerais avec toi. Mon père ne m’avait pas préparé à cela, c’est tout… Et le troisième nœud de transmission ? Vide, comme les deux précédents. C’est à se demander si on ne perd pas un temps pré… Un rapport vient d’arriver du pont au-dessus de votre position. Une colonne pirate aurait été aperçue se dirigeant vers les niveaux inférieurs. Aurora, ils risquent d’arriver sur vous ! » Effectivement, on entendait une multitude de bruits de bottes et quelques tirs sporadiques résonnant le long des coursives. « Pirates confirmés et ils s’approchent. On va tenter d’éviter le contact, silence radio d’ici là. Terminé. » Sur quelques gestes bien précis, elle fit passer le message et toute la petite troupe recula, se dissimulant autant que possible dans le décor. En armant son révolver, Aurora s’inquiéta de la porte du sas tordue en travers du corridor, il était difficile de faire moins discret pour signaler leur présence. Comme s’ils l’avaient entendu, les premiers éclaireurs apparurent au premier coude du couloir. Ils avançaient prudemment, faisant signe au gros de la colonne que la voie était libre. Quinze, peut-être vingt, Benkana serra les dents ; ils étaient supérieurs en nombre et, même avec l’effet de surprise, la victoire ne serait pas certaine. Leur chef s’approcha de la carcasse du sas, la déplaça du pied et regarda, dubitatif, l’intérieur de la petite pièce, ignorant que plusieurs soldats en arme y étaient dissimulés. Il fit signe à un de ses hommes qui déplia une carte et tous deux commencèrent à échanger en promenant leurs doigts sur le papier. Aurora comprit plus qu’elle n’entendit ce qu’il se passait. Ces hommes cherchaient eux aussi les nœuds de transmission et, visiblement, ils s’étaient trompés de destination, cette pièce ne semblant pas les intéresser. Ils recherchaient un endroit en particulier et cela signifiait plusieurs choses très importantes : il y avait effectivement un des nœuds de transmission qu’ils voulaient protéger, et elle n’allait pas avoir d’autres choix que d’anéantir cette colonne, sous peine de s’y confronter plus tard dans des circonstances peut-être moins propices. À l’intention des autres, elle donna ses ordres et tous se préparèrent. Une dizaine contre une vingtaine. Certains de ceux qui l’accompagnaient étaient des survivants d’Okagwam, ils avaient connu l’enfer des troupes iX et la jungle, ces pirates ne les impressionneraient pas. Benkana visa le chef et l’abattit d’une balle en pleine tête, lançant l’assaut général. Ceux près de la pièce ouverte furent fauchés par les rafales venant de l’intérieur,


RedU T1 Ch19 Ep06
Apr 06 2016 9 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ « Monsieur Tristo, pensez-vous que les pirates regardent les informations télévisuelles ? Pardon ? Si vous avez une minute, je voudrais que nous descendions dans la cité intérieure, j’aurais quelque chose à vous y montrer. Heu… Oui. En fait, pouvez-vous me laisser un p’tit instant, je termine de lancer un script et je suis à vous… Aucun problème. L’intelligence artificielle vous donne toujours du fil à retordre ? Ouh là là oui ! Mais elle ne peut plus pénétrer dans notre transporteur et j’ai fini de nettoyer plus de la moitié de notre maison. Vous ne voulez toujours pas que je remette en route les générateurs ? On pourrait, vous savez ? Bien sûr, vous me l’avez déjà dit. Et que vous avais-je répondu ? heu… de garder l’interrupteur avec moi, et d’attendre le moment propice. J’ai ici mon terminal relié au réseau. Il ne me suffit que de quelques secondes. Bon, on dirait que c’est parti. Le script tourne, je suis à vous ! » Edmund éteignit l’écran de sa console, vieux réflexe de hacker pour limiter les regards indiscrets, et referma son terminal portable. Puis il rejoignit Sterling-Price en vérifiant la mise en veille du système ; s’il voulait pouvoir l’utiliser en quelques secondes, mieux valait s’assurer qu’il se rallumerait. Ils prirent des issues secondaires, descendirent plusieurs échelles de secours, longèrent quelques plateformes suspendues avant de se retrouver sur une extrusion d’un mur d’enceinte, transformé en un large balcon avec une vue imprenable sur la gigantesque cité intérieure. Plusieurs soldats, visiblement des officiers, l’attendaient, le visage fermé. On avait dressé quelques protections supplémentaires ainsi que ces jumelles à focale surélevée, permettant de voir sans être vu. « M’sieur Price, dites. C’est pas la cité intérieure qu’on devait protéger à tout prix pour les civils ? Bonne mémoire Edmund, en effet. Regardez là-bas, on poursuit l’évacuation vers les niveaux supérieurs. C’est risqué, mais ce ne dev… » Une explosion rugie de l’autre côté de la cité, puis une seconde. Certains officiers déclenchèrent leur talkie-walkie et firent signe au colonel d’un hochement de tête. « Nos pirates sont pile à l’heure. Regardez là-bas, vous voyez ces petits points noirs qui se déplacent ? Mais… mais ils entrent ? On doit partir là, non ? » Comme pour confirmer son inquiétude soudaine, on entendit le sifflement de plusieurs balles qui ricochèrent sur la paroi autour d’eux. « …ILS NOUS VISENT !! Certes, mais seulement avec ce qu’ils ont sous la main, et plus dans l’esprit de tirer sur quelque chose que de nous cibler, nous. Ne vous inquiétez pas, même une roquette n’entamerait pas ce blindage… Regardez là-bas, des cerveaux-moteurs de combat ! Mazette, nos amis ont mis tous leurs moyens dans cette attaque de la cité intérieure ; d’après les rapports ils en avaient quatre, et les voici. Saviez-vous Edmund, que le Colonel J.F.Hill en avait récupéré un, lors de la bataille du transporteur 2, lui et ses hommes étaient arrivés alors que son équipe en terminait le montage et… » On entendait de nouvelles explosions, des rafales d’armes automatiques qui fusaient de plus en plus profondément dans la cité intérieure, les pirates progressaient alors que les derniers civils étaient évacués au loin. Edmund Tristo regarda le vieux colonel affable. Celui-ci ne semblait pas outre mesure inquiet et racontait avec délice comment Hill avait retourné l’arme des pirates contre eux. Même les officiers gardaient leur calme, malgré l’avancée inexorable des envahisseurs du transporteur. Quelque chose lui échappait , mais quoi ? « …et c’est ainsi qu’il put les soumettre. John est sans nul doute le seul adversaire qui m’ait jamais battu sur le terrain et c’est mérité, croyez-moi. Haaa, je m


RedU T1 Ch19 Ep05
Mar 30 2016 11 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ Le Contre-amiral Poféus se leva enfin du fauteuil de son bureau au ministère de la sécurité. C’était l’heure de son rendez-vous avec Calande, et il surveillait avec appréhension le défilement des chiffres sur l’horloge murale, depuis déjà plusieurs heures. Elle devait s’être maintenant installée dans le petit salon et, peut-être, avait commandé son thé au jasmin ? Il avait donné des ordres aux cuisines pour en préparer un toutes les dix minutes à l’approche des horaires de ses rendez-vous. C’était un accroc à la sécurité, la présence de la psychologue était censée rester secrète, mais il voulait tellement qu’elle se sente à l’aise. Le feu dans la cheminée, la propreté du salon, la semi pénombre des rideaux, tout était passé par ses circulaires. Leurs rendez-vous devaient être parfaits, point. Et celui-ci tout particulièrement… Il ouvrit la porte du petit salon avec une appréhension de jeune premier, mais fut déçu de n’y découvrir personne. Calande avait du retard, c’était rare chez elle ; il traversa la pièce puis vint réchauffer ses mains au foyer brulant, n’ayant d’autre idée que d’attendre l’arrivée de sa praticienne. L’hiver approchait et la température générale diminuait ; ces grands bâtiments rénovés étaient parfaitement isolés et leurs climatisations sans faille, mais la chaleur de l’âtre, naturelle, primaire, comblait désormais un besoin bien plus complexe chez Poféus. Une poignée de secondes plus tard, la clanche de la porte tourna enfin sur elle-même, révélant Calande Rorré, emmitouflée dans une épaisse gabardine. À peine avait-elle accroché son vêtement au portemanteau qu’elle éternua, dans un bruissement aigu. Poféus sursauta… Calande était malade ? Mais que pouvait-il faire pour l’aider ? « Angilbe, je suis navré du retard. Je… j’ai attrapé un petit froid hier soir, mon réveil n’a pas sonné, les embouteillages… excusez-moi. » Elle s’approcha à son tour du foyer et donc de lui par la même occasion. Son parfum l’enlaçait à nouveau, pénétrant au-delà de ses narines et capturant son âme aussi surement qu’un filet ; il nota que rares avaient été les moments où leur proximité avait été aussi grande. « Ce n’est rien Calande. Vous auriez pu… décommander ? Je m’en voudrais que vous aggraviez votre froid à cause de moi. Et puis… Oui ? …je vous aurais fait porter quelque chose à votre cabinet, je ne sais pas… un thé au jasmin ? » La jeune femme pouffa, d’un de ces petits rires féminins où l’on sent la personne touchée par une tendresse inattendue. « Écoutez, j’accepterais volontiers un de ces merveilleux thés bien chaud, justement. Mais…, ajouta-t-elle d’un air coquin, si j’avais su pouvoir en profiter tout en restant chez moi, je ne serais pas venu ! » Et une nouvelle magie s’opéra chez le contre-amiral, quelque chose qui relevait plus de l’évènement cosmique que d’une humeur naturelle ; il sentit ses muscles zygomatiques se contracter, une bouffée monter en lui en une forte inspiration et se contracter un temps avant de…
 « Ha, ha, ha, ha … Mmmhm… je… pardon, excusez-moi, mais… Ha, ha.. C’est, c’était très drôle. Oui ? Vous m’en voyez… hé, hé, ravie, ha haaa… »
 Le serveur entra à ce moment et pu assister à, sans aucun doute, une scène qu’il devra garder secrète sous réserve de paraitre affabuler sur son redouté supérieur. Le contre-amiral riait sincèrement avec une de ses invités, au point qu’ils semblaient tous deux ne même pas s’être rendu compte de sa présence. Lorsque le ministre de la sécurité l’aperçu enfin, celui-ci se recomposa immédiatement un visage pour demander qu’on leur laisse tout sur la table. Le domestique aurait pu penser avoir rêvé la scène précédente, s’il n’avait pas ajouté un… « …Merci bien. » Une fois la porte refermée, Angilbe fit un geste à



RedU T1 Ch19 Ep04
Mar 15 2016 11 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ Le sénéchal repartit d’un grand rire devant l’affront : « Alors je peux te pardonner Igor, oui vraiment ! Par contre, pour ce qui est de quitter ton vaisseau, malheureusement non, j’ai bien peur qu’il soit le butin de la fratrie pirate ! Et on n’est pas partageur, tu le sais bien… » Devant le mutisme de son vis-à-vis, le géant roux poursuivit, visiblement très sûr de lui. « Écoute… je te propose un marché. Je m’engage à ce qu’on ne massacre personne ici si vous vous rendez maintenant, gentiment et sans conditions. Et même mieux : je t’offre de reprendre… ta place parmi les tiens. Elle t’attend toujours ! Bon, il te faudra un peu de temps pour t’adapter, tu sais, pas mal de choses ont changé et… Parles-tu sérieusement ? …Pour ? Nous n’avons rien contre les voyageurs en eux-mêmes, tu le sais bien, nous n’en avons qu’après les vaisseaux et les richesses transportées. Quand à ta place chez les pirates, j’y ai bien réfléchi : tu n’es pas parti volontairement au travers de la Passe, et ma foi… trois semaines d’un voyage pas facile, surement remplit de péripéties à ton arrivée de l’autre côté… tu as refait ta vie. Je peux com… JE NE RETOURNERAIS JAMAIS CHEZ LES PIRATES ET NE VOUS LIVRERAIS JAMAIS CE TRANSPORTEUR, MICHA ! » Le sénéchal ne broncha pas. En fait il resta plusieurs longues secondes pensif, attirant les regards interrogatifs de ses hommes. Il était pourtant venu se venger, effacer à jamais l’humiliation que lui avait fait vivre son frère. Mais là, maintenant, alors qu’il prononçait les mots de ce qui aurait dû être un mensonge, il s’était inconsciemment pris à y croire. Et si Igor le rejoignait ? Et si sa seule famille pouvait revenir auprès de lui ? Les Petrovach perdureraient, il avait déjà deux fils et une autre maitresse était engrossée, mais que restait-il de ses racines ? Quelques demi-mères qui allaient bientôt tirer leur révérence et une réputation d’assassin ; Igor était le seul à pouvoir l’accompagner maintenant. Et le voici qui refusait. « Tu n’as pas le choix, mon frère. Une seconde colonne se dirige à grands pas vers le compresseur dimensionnel. Même avec toutes les issues bloquées, ils passeront, juste que cela prendra du temps c’est tout. Mais du temps, nous en avons, bien plus que vous… » Pas de réponse. Le colonel du transporteur était retourné se cacher derrière un mutisme total. Petrovach fit glisser deux doigts sur sa maudite cicatrice qui lui barrait de visage. Comment pouvait-il encore lui donner une chance après ce que son frère lui avait fait ? D’un hochement de tête, il fit signe à un trio de pirate sur le devant. Ses hommes avancèrent prudemment vers l’officier qui leur barrait le passage puis, comme l’autre ne réagissait pas, il se jetèrent sur lui. Rapide comme l’éclair, la crosse de la canne sculpté accueillie le premier au milieu de son visage, lui brisant le nez, brouillant sa vue ; le second se pliait déjà en deux, l’entrejambe écrasé par la pointe métallique d’une des bottes de J.F.Hill. Le troisième entraina le colonel dans un roulé-boulé mais ne s’en releva pas, assommé par deux directs en pleine mâchoire. Misha ne put, à nouveau, réfréner un sentiment de fierté devant ce frère qui se redressait et replantait sa canne exactement là où elle était précédemment, attendant la suite. Un sourire en coin, il fit signe à un duo d’aller affronter leur ennemi à leur tour. Les autres hésitèrent, se regardèrent un instant, puis coururent en hurlant, épées pointées en avant. D’une feinte avec sa canne, J.F.Hill passa au travers des pointes acérées et réduisit ses deux adversaires au silence en leur décochant deux coups de coude nets au menton. Puis, posément, il reprit sa place, droit, face à la meute. Le sénéchal était impressionné : Igor n’av


RedU T1 Ch19 Ep03
Mar 09 2016 10 mins  
### Nouveau Livre de Red universe disponible en ligne : le Chapitre 7 « L’agent douze » accompagné de ses illustrations et commentaires ! http://reduniverse.fr/livres-numeriques/ À très bientôt donc, et bonne lecture :-) ------ Petrovach ne cillait pas et ce que sa mitrailleuse ne pouvait transpercer, sa gigantesque hache le réduisait en lambeau. Les exodés avaient enfin décidé de se défendre ; une barricade levée à la hâte, une petite troupe bien armée, l’un des chemins principaux pour atteindre le centre de commandement… Le feu nourri de leurs adversaires avait décontenancé ses hommes, et il avait fallu, une fois de plus, que le sénéchal monta en personne à l’assaut des débris accumulés, utilisant un petit véhicule de levage pour enfoncer la ligne de défense et se jeter dans la masse de ses ennemis. Allons Igor, serais-tu désespéré ? Ils sont nombreux, certes, mais tu sais parfaitement qu’ils n’ont pas les moyens de nous arrêter, aussi courageux qu’ils soient, bien plus que mes poltrons de pirates. Ce n’est pas à toi que j’apprendrais la stratégie, alors qu’as-tu donc en tête ? Deux discrets corridors étaient ouverts dans un coin et les exodés fuyaient par ces espaces peu visibles. Mais ce n’était pas une fuite éperdue, non, il s’agissait visiblement d’une retraite calculée. Déjà, des déflagrations à l’intérieur indiquaient qu’on condamnait les passages, emportant les stupides assaillants qui les avaient suivis. Misha se redressa, taillant négligemment le cou du dernier défenseur, et observa le couloir qui s’ouvrait devant eux, dubitatif. Un instant d’hésitation, puis il fit signe aux autres d’avancer avec lui. Cela sentait le roussi. Il y avait plusieurs voies pour rejoindre le centre de commandement mais, entre les issues bloquées et la défense particulière (on aurait dit même l’unique défense) de cette voie, l’instinct des loups avait été volontairement guidé vers ce corridor. L’expérience du sénéchal lui hurlait qu’il s’agissait d’un piège, un piège tendu par Igor, son frère, qu’il n’avait plus affronté depuis des années… Pas d’affrontement ne signifiait pourtant pas qu’ils ne s’étaient pas rencontré récemment… Une goutte du sang de Petrovach s’écrasa sur le sol, comme au ralenti. Certains exodés en furent surpris. Petrovach sentait ses paupières s’alourdir, ses phalanges peinaient à serrer la lourde hache. Puisque tu veux que l’on en finisse comme cela mon ami, alors qu’il en soit ainsi. Et J.F.Hill prit sa décision. Il releva son revolver lentement, et le rangea dans son holster, fit demi-tour et s’éloigna, laissant derrière lui Petrovach et toute l’assistance médusée. « Qu’il s’en aille avec ses hommes survivant dans son vaisseau. Nous conservons les autres croiseurs à notre discrétion, et nous ne voulons plus jamais avoir à croiser votre chemin, Sénéchal Petrovach. » Personne ne réagissait, la décision semblait si absurde. Seuls les hommes du colonel, qui avaient reconnu l’intonation dans la voix de leur chef, ouvraient doucement un passage à Petrovach. Ils repoussaient, avec autant de compréhension que possible, les exodés qui ne comprenaient pas. Le commandant pirate gonfla d’air le peu d’espace encore libre dans ses poumons. Un discret filet de sang s’écoulant à la commissure de ses lèvres, il se mit en marche, tentant d’afficher autant de fierté et de grandeur que possible. Mais, claudiquant d’une jambe, alourdi par ses armes et dégoulinant de sang, il paraissait moins grand dans la défaite que Basavech dans sa mort. Passant aux côtés de J.F.Hill, il murmura à son intention : « Nous nous retrouverons, Igor. – N’oubliez pas vos pirates en sortant, Sénéchal . » Lui renvoya le colonel. » La blessure avait eu le temps de guérir, ce n’était désormais qu’une cicatrice de plus devant lesquelles s’extasiaient ses compagnes de couche ; mais l’autre cicatrice, morale, de ces retrouvailles teintées d’une cuisante défaite avec son demi-frère, ne se refermait pas. Au contraire, elle était b


RedU T1 Ch19 Ep02
Mar 01 2016 9 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/ Nous sommes friands de vos commentaires, laissez-les nous ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/#respond ------ « Vous êtes prêt ? » Le colonel Sterling-Price attendait un peu à l’écart de ses techniciens. Ils venaient de travailler d’arrache-pied, mais avaient réussi à re-calibrer manuellement le laser de transmission inter-transporteur. Cet engin leur avait servi pour les communications lors de la traversée en Transition dans la Passe de Magellone ; les ondes radio se perdaient immédiatement et seule la lumière concentrée parvenait à franchir la distance entre les transporteurs. Il avait fallu y apporter quelques modifications, mais l’appareillage pourrait se révéler à nouveau utile. Son communicateur grésilla : « Pour moi ça devrait être bon, M’sieur. Quand vous voulez ! Messieurs, nous n’avons pas suffisamment d’énergie pour la gaspiller, je compte sur vous pour un seul essai réussi. Allez-y ! » Un ronronnement puis quelques clics… Ce fût tout. Il se tourna vers un des petits hublots de la petite salle. À quelques kilomètres devant eux, le transporteur n°7 du Commandant Benkana. Lui aussi était trainé par une barge vers l’astéroïde des pirates. D’après les calculs de ses techniciens, le laser devait frapper exactement l’une des verrières de la salle de commandement, se réverbérant à l’intérieur plusieurs fois. Des séries de séquences de lumière se répétant d’une manière particulière. Le bon vieux langage ancestral binaire, codé basiquement et transmettant, dans le cas présent, trois mots : « navette, fréquence d’urgence ». Ils devaient comprendre, il le fallait ; tourner le laser vers le transporteur de J.F.Hill représenterait une consommation de temps et d’énergie colossale qu’ils ne pouvaient pas se permettre, Benkana devait donc saisir le message. Il saisit son communicateur « Alors ? Rien pour l’instant, Monsieur, on émet mais pas de réponse de l’autre coté. Poursuivez, nous allons relancer un appel au laser. » Nouveau ronronnement, puis de nouveau quelques clics… Les minutes s’égrenaient, appesantissant la tension générale qui n’avait pas besoin de cela. Et si la commandant s’était laissé surprendre par une attaque plus violente que la leur ? Peut-être était-elle en train de défendre ses derniers bastions avec l’énergie du désespoir ? Sur le transporteur n°5, on avait astucieusement laissé quelques sas non verrouillés et de nombreux groupes de pirates s’étaient perdus dans le labyrinthe des inter-ponts, soulageant de fait les fronts principaux. Cela ne durerait pas, mais ils avaient gagné du temps. Pourvu que Benkana réponde, aller… Soudain un grésillement : « Monsieur, elle est là, le commandant Benkana, elle nous parle ! Je vous met en ligne avec nous ! Dieu soit loué… Commandant, êtes-vous là ? Price ! Ça fait plaisir de parler à une tête connue comme la vôtre. Désolé mais il a fallu nettoyer une zone proche des ascenseurs tubulaire pour rejoindre le spatioport. Cette vermine a tenu quelques secondes de plus que ce que l’on pensait. Je comprends donc que vous maîtrisez la situation et que notre message est bien passé ? Difficile de le manquer : toute la salle de commandement s’est illuminée comme pour une fête ! Nous n’avions pas pensé à cela, bien vu ! Et de votre coté ? De notre coté ?… Monsieur Tristo ? Est-ce bon ? O… Oui M’sieur. Madame Benkana, je viens de transmettre un code temporaire, intégrez-le s’il vous plait dans le système de radio de la navette… voilà, laissez-moi une seconde, je lance le script de reconfiguration… Ca va couper et revenir. Ne bougeeeeez pas… maintenant ! Allo ? Vous êtes toujours là ? … Allo ? Tristo ? Nan mais elle devr… Oui je suis là. Votre truc a fonctionné. D’après mes techniciens, nous sommes en communication cryptée maintenant et non sur le réseau ouver


RedU T1 Ch19 Ep01
Feb 24 2016 10 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/ Nous sommes friands de vos commentaires, laissez-les nous ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/#respond ------ Elle marchait calmement au milieu des flammes et des explosions. Pour ses grands yeux d’enfants, tout ceci était fascinant et terrifiant. Telle une proie devant un des hamster-cobra de la ménagerie de son père, elle avançait vers son destin, insensible au danger mortel. Soudain un homme en feu surgit d’une coursive invisible, son corps n’apparaissait qu’au travers des flammèches rougeoyantes, mais elle devinait une bouche ouverte et des orbites vides. Il s’effondra à ses pieds, le bras se tendant vers elle dans un ultime effort, touchant presque l’enfant. Un pied surgit de derrière elle, repoussant le danger sans ménagement. Un bras vif le suivit et enlaça l'enfant, la plaquant contre un corps vigoureux et protecteur qu’elle savait être celui de son oncle Karl. Le pirate répondit aux yeux étonnés par un sourire, vite effacé devant la concentration de sa tâche. Ils traversèrent au ralenti son ancien monde dévasté, celui de ce vaisseau où elle aimait courir et jouer à cache-cache avec ses amis de l’équipage. On lui caressa la joue, elle se retourna toute étonnée. Son père avait du sang coulant de sa chevelure… Des mots incompréhensibles sortirent, pour elle, des lèvres un peu desséchées de celui qu’elle avait toujours accompagné. Puis la trace rouge carmin d’un baiser sur son front et son père qui s’éloignait, ou était-ce elle qui reculait ? Lui, il ne semblait plus bouger. Karl, toujours, refermant un sas, l’attachant dans l’unique fauteuil d’un espace trop exiguë et s’accroupissant en la couvrant de son corps. Le choc du largage, puis plus rien… Le souvenir de la séparation s’estompa, laissant l’hologramme de la carte spatiale envahir son champ visuel. De son astéroïde creusé de galeries et transformé en base secrète, Choupa supervisait la plus grande attaque coordonnée de l’histoire des pirates. Des milliers de guerriers attendaient dans les couloirs des hangars, prêts à se jeter sur leurs proies et trois barges géantes les trainaient vers eux avec plusieurs dizaines de troupes d’assaut déjà en pleine bataille. Toutes les grandes familles pirates étaient présentes dans ce qui deviendra le point de départ de l’union folle imaginée par son père : toutes ensembles derrière une seule bannière, la création d’une troisième vraie force qui compterait dans cette région de l’espace. Leur cible n’était rien moins que le plus grand mouvement de population de l’humanité, la première vague de ce que l’on a appelé l’Exode. Trois des sept immenses transporteurs venaient de sortir nonchalamment de la Passe de Magellone, après un périple de plusieurs semaines, et ils se croyaient en sécurité. Mais c'était un leurre : Choupa avait personnellement placé un transpondeur multi-spatial à l’intérieur d’un des géants d’acier, et elle avait pu les suivre à la trace. Quel que soit leur lieu d'arrivée de ce côté de l’univers, elle le saurait et préparait consciencieusement le comité d’accueil. L’autre phase du plan, c’était son Karl bien aimé, son père par substitution, qui la menait. Lors de la dernière étape de l’Exode, la station Piñata el grande, il s’était officieusement glissé à bord du transporteur contenant le transpondeur, accompagné d’une intelligence artificielle dissimulée sous l’apparence d’un adolescent. Ils avaient trompé la vigilance des exodés et mis à profit les semaines d’attente au travers de la Passe pour trouver le point faible permettant d’infecter et de réduire au silence tous les systèmes de défense et de détection de la flotte ennemie. Son tuteur ne manquait pas de ressources et la mission avait parfaitement été remplie, les trois proies pouvaient maintenant être tranquillement trainées par les barges. Elles se


RedU T1 Ch18 Ep15
Feb 03 2016 10 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Le son déchirant se répercuta le long de toute la structure du transporteur n°6, grondement lointain de la pieuvre ennemie enlaçant sa proie. Devant la caméra allumé enregistrant tout, Foudia Hacham ne put s’empêcher de frémir à l’écoute du terrifiant écho. Derrière elle, le Colonel J.F.Hill donnait ses ordres, conservant un semblant de calme. « Nous sommes désormais piégé et le vaisseau va être abordé. Peut-on avoir les caméra de sécurité ? Leur réseau était autonome, il devrait fonctionner. Colonel, mais que se passe-t-il ?! L’appareil qui s’approchait vient de nous rentrer dedans ? De manière contrôlée, madame Hacham. Tenez, aidez-moi. approchez-vous des baies vitrées et regardez si vous ne voyez pas ses réacteurs fonctionner au ralenti. B… Bien, Colonel Hill. Alors, Mesdames et Messieurs, je me rends, en ce moment, vers la vitre la plus proche, ça va, tu suis ?… Encore quelques mètres. Voyons, je regarde donc et… Non je ne vois rien, Colonel ? Il n’y a rien ici ! Déplacez-vous plutôt vers l’avant, votre angle de vu ne peut pas être bon là où vous vous tenez ! Ha… bon, alors j’avance encore… Mesdames et Messieurs les multispectateurs, inutile de vous dire combien tout ceci est parfaitement inattendu. Je me doute que vous devez vivre des instants aussi intenses que nous en ce moment, c’est tout de même une chance <mmhm> de… nous… trouver là, voilà, j’y suis ! Ha oui, on distingue une sorte de lueur en bas mais, c’est inquiétant, ils ne sont pas très loin de la coque de notre transporteur, il vont la faire fondre ! Non. Normalement, s’ils savent s’y prendre, ils resteront dans la zone de tolérance de la structure. N’oubliez pas que l’on est censé pouvoir pénétrer dans l’atmosphère d’une planète avec cet engin. Merci, Madame Hacham, grâce à vous nous savons que notre marge est d’une cinquantaine de minutes pour résister et les repousser avant l’assaut final. QUOI ? <…> Excusez-moi de courir… ainsi, MessieursDames, notre caméra-man tente de tenir le rythme… allez viens, on y est presque… mais le commandant JFHill vient de… de donner une information très inquiétante, mon Colonel ! Pouvez-vous répéter pour l’enregistrement, je vous pris ? Mmhmm ? Excusez-moi Madame Hacham, je crains que je ne puisse assurer le service minimum pour votre émission, vous devrez vous contenter d’observer… Alors ces caméras de surveillance ? Ca vient ? Juste quelques mots ? Vous parliez d’une cinquantaine de minutes et d’un assaut final ? … Colonel, s’il vous plait ! Le temps nous manque pour jouer aux devinettes, je vous accorderais le temps que je pourrais. Ce vaisseau, qui nous agrippe, va nous entrainer vers l’énorme astéroïde, là-bas. Je ne serais pas étonné si l’on découvrait qu’il s’agit d’une base pirate dissimulée sous toutes les structures que l’on voit à la surface. Ils vont débarquer ici pour nous occuper le temps que l’on soit à portée, et tout ce que contient cette partie de la galaxie comme pirate nous tombera dessus… et ils nous attendent certainement, avec impatience. Débarquer… ici ? Ha, les caméras, enfin ! Branchez les secteurs adjacents aux ponts abordés. Oh… Mon Dieu… Je… tu filmes ? Ne manque rien, s’il te plait. Nous voyons en ce moment ces soldats pirates sortir d’une sorte de tête de pince énorme ayant déchiré la coque. Ils portent des tenues… des scaphandres légers, dirait-on. Ils courent, on voit les couloirs défiler et toujours le même spectacle, des hommes en arme qui… Hé ? Mais ici ça tire, on dirait que des gens résistent ! Les fous, ils ne devraient pas se trouver là… J’avais demandé de tout évacuer ! L’un a été blessé ! L’autre vient à son secours mais ils sont débordés ! Il y a des épées… NON ! Ils sont… ils sont… C’est fini. On ne résiste pas comme cela à une attaque de cette envergure. Qu’espéraient ces jeunes fous… Co


RedU T1 Ch18 Ep14
Jan 27 2016 10 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner La carte spatiale où figurait habituellement une partie de l’univers proche laissait apparaitre, cette fois, un schéma de la zone environnante. Trois gros points rouges, accompagnés de multiples informations, se tenaient immobiles au-dessus d’une masse équivalente, placée au centre de l’écran. « Dans deux minutes, je veux une actualisation des rapports de pression des Compresseurs. L’équipe d’ingénieurs doit être capable de nous donner toute la ressource dont on aura besoin. Passez-leur le mot. » Choupa, la pirate metteuse en scène de tout ceci, tentait de ne pas montrer à ses subordonnés combien elle pouvait être inquiète du déroulement de l’attaque. Elle avait joué l’ensemble ce qu’elle possédait dans cette opération ; il s’agissait de la plus grande attaque pirate jamais coordonnée de mémoire spatiale. Son précieux astéroïde, le cœur de son équipage, là d’où elle pouvait régner sans partage sur une zone jamais égalée, sa maison, était à découvert presque sans protection. Certes tous ses appareils étaient prêts à prendre l’envol si besoin, mais elle comptait garder cette carte en réserve pour le moment venu de l’estocade. Cela faisait des mois qu’on testait, qu’on théorisait, qu’on reprenait les calculs. Les sommités de l’univers soit-disant connu de l’Homme méprisaient les connaissances et le savoir-faire pirate. Quelle erreur, quelle stupide erreur. Cette communauté avait été la première à réellement s’adapter aux conditions de vie de ce coté-ci de la Passe de Magellone, à en maîtriser les aspects, à cohabiter autant que possible avec… tout ce qu’ils y avaient trouvé. Au-delà de la technologie de chimère du robot de Karl, les techniques d’assemblage en série de Compresseurs dimensionnels, héritage des connaissances que l’on avait du cercle de Khabit, avaient permis de déplacer l’astéroïde entier et tout son contenu au travers d’une Transition jamais vue. Et la réussite politique d’associer tous les clans dans un assaut général, en une attaque synchronisée, était également quelque chose de largement sous-estimé par MaterOne. Son glorieux père cherchait à savoir ce que ceux de Khabit cachaient, il y avait trouvé la mort. Choupa s’était fait alors la promesse d’y retourner un jour pour se venger, et elle avait besoin pour cela du soutien de toutes les ressources humaines dans cette partie de l’univers. La chasse à l’Exode en était le point de départ. « Aucune réaction des Transporteurs ? Où sont les derniers rapports? J’ai déjà demandé à les voir immédiatement, non ? » Sur la carte holographique, les petits carrés jaunes s’approchaient de leurs cibles rouge. Pas un signe d’activité de l’Exode, tout se déroulait comme prévu. Choupa se leva, s’approchant suffisamment du schéma pour en lire toutes les informations. Le second point jaune, commandé par le Sénéchal Petrovach l’intriguait. Certes, sa défaite contre le Transporteur n°2 avait sérieusement affaibli le redoutable chef pirate, mais pourquoi s’était-il laissé convaincre si aisément ? Il n’était pas connu pour sa volonté de coopération pourtant… Et pourquoi avait-il choisi expressément ce Transporteur là ? L’arrivée d’un nouveau rapport l’interrompit. Elle en lut le contenu puis leva les yeux vers les représentations holographiques. Le premier point jaune était au contact. On y était… « Passez moi les chefs des groupes d’attaque ! » * Sterling Price s’approcha de son jeune informaticien. Celui-ci pianotait si vite sur le clavier de la console, que les mouvement de ses doigts en devenait invisible ; à croire qu’il écrivait du code aussi vite qu’il parlait. « Monsieur Tristo ? » L’autre ne réagit pas, profondément concentré. Ce jeune homme sera une recrue de premier choix si l’on s’en sort, se dit à lui-même le colonel. Derrière lui, un grognement suivi de quelques bruits de câbles roulant sur


RedU T1 Ch18 Ep13
Jan 21 2016 9 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Le vaisseau pirate se redressait, permettant aux deux frères de reprendre appui. Le visage en sang, un œil fermé, Misha ne s’amusait plus du tout, et le regard haineux qu’il lançait n’augurait rien de bon. C’était très certainement ce regard qu’Esfir avait rencontré pour ses dernières minutes de vie. Le combat n’allait pas s’arrêter là et, visiblement, le géant ne se rendrait pas. Igor prit enfin, sans doute un peu tard, la mesure de son erreur de se mesurer à l’indestructible Misha. Alors qu’il en soit ainsi, il serra la poignée de son épée et reparti à l’assaut dans un nouveau hurlement. L’autre, handicapé par la perte momentanée d’un œil, jaugeait plus difficilement les distances, calculait moins bien les hauteurs et la redoutable hache fendit la paroi juste à coté d’Igor. Celui ci ne manqua pas l’ouverture ainsi faite, car son frère avait cette mauvaise habitude de répéter ses attaques. Le coup de genou qui parti s’empala sur la lame qu’Igor tendait, elle traversa la cuisse du géant de part en part. Sous la douleur, celui-ci reparti en arrière, se saisissant de l’arme fichée dans sa jambe et l’extirpa de lui à pleines mains. Sous les yeux ébahis de son propriétaire, Misha plia la lame à la rompe, se blessant les mains sans aucune émotion. Il jeta les morceaux derrière lui et, les bras levées, du sang s’échappant de sa combinaison par les gants, sa cuisse ou son heaume, l’impitoyable machine à tuer avança vers Igor, son œil plus mauvais que jamais. Claquement derrière eux : le vaisseau bélier se désincarsérait, provoquant un violent appel d’air. Les deux pirates furent entrainés dans le vide ! Igor se saisit par réflexe de la porte ouverte de son vaisseau. Sa tenue le protégeant, il put se glisser à l’intérieur de l’engin ; quand à son frère, l’autre se retenait aux déchirures du métal autour de l’ouverture laissée béante par le vaisseau bélier. Les gouttes de sang s’échappant de son corps se congelaient sur place et le géant n’eut d’autre choix que de protéger son visage d’une main tout en se maintenant par l’autre. Misha pourrait-il s’en sortir ? Hélas, Igor ne put s’intéresser plus longtemps au devenir de son frère car, si le croiseur pirate utilisait ses tuyères au maximum de leur poussée, pour désengager l’engin de l’attraction de la Passe de Magellone, le petit vaisseau bélier ne possédait pas de telles ressources. En quelques secondes, un kilomètre séparait déjà les deux appareils, ce sera le triple la poignée de secondes suivantes, et très vite il disparaitra dans le gargantua stellaire. Reprenant les commandes, le jeune pirate connaissait l’unique solution. Il allait devoir entrer dans la Passe, en transition, et il ne pourrait revenir qu’une fois arrivé de l’autre coté, un voyage de plusieurs semaines, seul, dans les quelques mètres carrés de son appareil. Les Compresseurs dimensionnels tiendraient-ils, les rations de survie suffiraient-elles ? Il redressa la pointe du vaisseau bélier, droit vers la Passe ; les moteurs étaient encore chauds, il allait pouvoir plonger. Igor enclencha les calculateurs et plongea en Transition face à la Passe de Magellone. « Hé ? Que se passe-t-il ? Pardon ? Colonel, tout vient de s’éteindre ? » J.F.Hill se redressa sur son fauteuil. Foudia Hacham avait raison, indéniablement. Les voyants de survie s’étaient activés, inondant de lumière rouge le centre de commandement ; les grands écrans n’affichaient plus rien, même les diodes habituellement folles semblaient être sans vie. Les premiers rapports, provenant des postes de milice de tout le transporteur, décrivaient la même situation un peu partout. Et inutile d’être un devin pour se douter que si le transporteur n°5 de Sterling-Price, à quelques kilomètres devant eux, n’émettait plus de lumière non plus, c’est qu’il était frappé de la même panne. L’anci


RedU T1 Ch18 Ep12
Jan 13 2016 8 mins  
Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe ! ( Aujourd’hui Red Universe a 6 ans, bon anniversaire ) —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Misha poussa sans douceur plusieurs de ses hommes qui bloquaient le passage. Ces idiots s’étaient précipités, comme lui, pour affronter leur mystérieux agresseur mais, visiblement ils refusaient maintenant de se battre. Comment se pouvait-il que son équipage, le sien, lui qui l’avait suivi par-delà toutes les batailles, recule aujourd’hui ? La réponse lui vînt dès qu’il scella sa combinaison, activant l’étanchéité du casque et… la radio. « Écartez-vous de mon chemin, je massacrerais quiconque s’opposera à moi ! OÙ EST MISHA ?! Pas la peine de hurler comme cela, Igor, je suis là. Vous autres, reculez, laissez-nous seul… » Et sans demander leur reste, l’équipage disparu par les diverses coursives secondaires, fermant les écoutilles derrière eux. Le vaisseau bélier n’était pas planté bien loin et une décompression pouvait survenir à n’importe quel moment. « Misha ! Rend-toi, je viens te ramener à la base pour que tu sois jugé pour ton crime. » L’autre posa sa hache sur l’épaule, et soupira. Cette situation aurait presque pu être amusante en d’autres circonstances. Il pencha un peu sa tête, confirmant l’absence d’un quelconque autre intrus que son demi-frère. « Et tu es venu seul… c’est un peu risqué, non ? Déjà que, lors des attaques, tu manquais souvent de te faire étriper ; te voici là, qui enfonce et endommage mon vaisseau, et vient menacer sans vergogne. Esfir ! Elle est morte ! Elle s’est refusé à moi une fois de trop. Je ne dis pas que je suis fier de mon geste, mais c’était la seule issue poss… C’ÉTAIT NOTRE SŒUR ! ES-TU DONC DEVENU FOU ? C’était une grande guerrière, mais ce n’était aussi qu’une femme. Il était temps qu’elle prenne son rôle dans la communauté pirate et dans la famille ! Tu as toujours été protecteur envers les tiens ! Pour toi, on passait au-dessus de tout, comment as-tu pu ? COMMENT ?! EN LUI ÉCRASANT SON JOLI COU, si tu veux tout savoir ! Et sa petite chatte ne méritait pas tout ce temps que j’ai attendu pour l’avoir ! » Instinctivement, Igor s’élança vers son géant de frère, traversant les quelques mètres les séparant, son épée pointée vers lui. Sans inquiétude particulière, Misha para le coup de son énorme hache, bloquant l’arme contre la paroi. « Laisse-moi partir loin, mon frère. Je veux être mon seul bourreau. Tu deviendras le futur chef de la communauté et, un jour, tu oublieras. OUBLIER ?! » Dans une contorsion qui surprit le géant, Igor désengagea son épée et, d’un bond, il repartit à l’attaque. L’autre se replia et frappa le jeune pirate fou de colère, d’un coup sec du son manche. Celui-ci fût projeté contre le mur et en perdit son épée sous le choc. Avant qu’il n’ait pu la récupérer, le pied énorme de Misha lui écrasait la main, la face aiguisée de la hache à quelques centimètres de sa tête. « Je te demande de me laisser partir. N’insiste pas Igor, je… Commandant, l’attraction de la Passe augmente encore. Nous allons devoir allumer les propulseurs latéraux. Mais le vaisseau-bélier risque de se détacher, et la zone où vous êtes va subir une décompression. Attendez encore. On ne pourra pas attendre longtemps. Je n’en ai pas pour longtemps, terminé. Alors, tu as entendu ? Il faut que tu rentres à la maison. Ton vaisseau est juste là-bas et le sas avant est grand ouvert. Tu rentres, tu me laisses partir, et tu ne me reverras plus. L’autre solution serait que je te tue là, tout de suite. Tu n’es pas stupide, fais le bon choix. » Igor projeta ses deux pieds en plein dans le casque de son frère, posant sa main libre sur le plat de la hache et repousser le danger. Misha n’eut d’autre choix que de reculer, libérant son adversaire qui reprit immédiatement une position d’attaque : « Tu vas rentrer avec moi, Misha. Père et tous les membres de notre famille te jugeront


RedU T1 Ch18 Ep11
Jan 06 2016 6 mins  
Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015 —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Les paramètres évoluent, le compresseur est toujours en synchronisation… L’attraction de la Passe agit sur nous, commandant. Rien de très grave pour l’instant, si besoin nous compenserons… Mmm… » Devant lui, la Passe de Magellone, lieu mythique séparant son univers de celui de ses ancêtres. Les yeux expérimentés de Misha voyaient parfaitement la légère distorsion dans la forme des étoiles face à eux et le petit espace vide créé au centre ; c’était la seule preuve de la présence du gargantua stellaire dans le spectre visible. Devant lui, c’était la promesse d’un monde nouveau, d’une nouvelle fortune. Quels que soient les dangers au-delà de cette barrière entre les mondes, ils représentaient peu comparés à ce qu’il avait perdu car, derrière lui, il laissait tant. La femme de sa vie n’était plus, sa demi-sœur était partie… et il avait fuit sa responsabilité. Comment assumer d’avoir brisé de ses mains le cou de celle qu’il aimait, qu’il admirait ? Lui, qui comptait la famille au-dessus de tout, que lui était-il donc passé par la tête ? L’alcool, le désir, une soif qu’il ne pouvait plus épancher, une attente qu’il ne supportait plus ? Cette sotte l’avait agressé, ou elle s’était moquée de lui, enfin il ne savait plus très bien mais il se souvenait d’une très grande colère montant en lui, quelque chose qui le tenait depuis longtemps par les tripes ! Il n’acceptait pas le refus. « La dérive augmente de huit pour-cents, Compresseur synchronisés dans quelques secondes. Un écho en vingt-sept-douze, sans doute une sortie de transition. » Il aurait pu rester, il aurait pu assumer le fait d’avoir tué une femme — fusse-t-elle sa sœur — de ses mains. Son père l’aurait blâmé, peut-être même destitué mais guère plus. Nous sommes une communauté de pirates et ce genre de chose pouvait arriver, on ne devient pas un chef craint et respecté en faisant preuve de tendresse ou de compréhension. Ces choses là étaient pour Igor le penseur, lui serait un bon stratège, un chef politique, peut-être même un soldat, mais pas un commandant pirate, il n’en avait pas l’étoffe. C’était pour cela que, fondamentalement, il savait qu’on l’aurait pardonné pour son acte, un jour ou l’autre. « Commandant, c’est un vaisseau-bélier ! Il est rapide et se dirige droit sur nous ! » C’était lui-même qu’il fuyait. Misha n’avait cuvé l’alcool de sa soirée qu’une petite heure après la mort d’Esfir et, à son réveil, il avait mesuré ce qu’il venait de faire. Esfir… il aurait personnellement écrasé la tête du responsable de cet acte, si cela n’avait été lui-même. Il n’avait pas hésité et avait lancé le rassemblement de ses hommes les plus fidèles puis les procédures pour l’appareillage. Misha s’était banni lui-même de sa communauté, et plus jamais il ne reviendrait ; telle était la sentence qu’il s’infligeait pour sa faute. Et l’heure était venue de faire le grand saut, loin de tout. « Préparez-vous à la plongée ! Mais commandant, il faut virer de bord ! Le vaisseau-bélier est presque sur nous ! LE QUOI ? » L’impact fit vibrer toute la coque et le croiseur pirate en perdit son assiette, commençant à se retourner sur lui-même ! Toutes les alarmes du poste de commandement se mirent à hurler, tandis que la Passe se rapprochait soudain dangereusement. Misha s’agrippa au bastingage, on osait l’attaquer, lui ? « PAR OÙ ? Bâbord arrière, deuxième pont ! l’attraction de la passe augmente considérablement, il faudra stabiliser pour compenser sinon on sera absorbé ! Débrouillez-vous ! Je m’occupe du vaisseau-bélier ! Commandant il faudra le détacher si on veut reprendre le contrôle ! Et il y a une décompression en cours là-bas ! Je connais mon affaire, et ce n’est pas le mo


RedU T1 Ch18 Ep10
Dec 30 2015 10 mins  
Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015 —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner —————————————- Igor courait dans le couloir sans fin, le menant à la salle d’entrainement où il avait tant de fois croisé le fer avec sa sœur, brulant les heures à durcir ses muscles, à affiner son mental et sa technique. Un angle. Il bouscula deux autres frères déambulant nonchalamment dans le nouveau corridor, manqua de tomber mais repris son équilibre et sa course. On y était presque, une petite foule s’était agglutinée devant la coursive, bloquant le passage : « Écartez-vous ! Laissez moi passer ! » On se poussa, lui ouvrant une voie d’accès. À l’intérieur, une autre foule, plus dense. « Mais poussez-vous ! Je suis Igor, le frère d’Esfir, laisser-moi passer ! » Encore une fois, on s’écarta. Un dernier groupe, deux soigneurs et la mère de sa demi-sœur, se tenait agenouillé à coté d’une personne allongée. Les mains du jeune pirate tremblaient : non, pas elle… On le laissa s’approcher. Les vêtements d’Esfir étaient à moitié arrachés, des estafilades, des bleus parsemaient ses chevilles, ses bras, son visage… Son pantalon était déchiré et on avait étendu une serviette sur son bassin. Les petites tâches de sang sur un morceau de son sous-vêtement mal dissimulé ne laissait que peu de doute sur ce qui s’était passé. Des traces de doigts marquaient irrémédiablement son cou si gracieux et, les yeux mi-clos, elle tentait visiblement de respirer, émettant un sifflement rauque à chaque mouvement de son thorax. Igor tomba à genoux devant elle, lui prenant délicatement la main. La grande Esfir, la guerrière à la mèche blonde, l’aventurière pirate modèle, qui pouvait lui avoir fait cela ? Le regard de la jeune femme monta vers le sien, difficilement. Elle ne pouvait bouger sa tête, les soigneurs lui ayant bloqué la nuque avec une mousse spéciale destinée à protéger ses cervicales endommagées. Une esquisse de sourire se dessina lentement sur son visage, vite interrompu par un spasme de douleur, lui obligeant à se remettre droite, face au plafond. « Mais que s’est-il passé ? Appelez Misha, il doit être mis au courant immédiatement ! » La mère d’Esfir se pris le visage entre les mains, étouffant un sanglot. Un des soigneurs la pris dans ses bras. Deux autres soigneurs arrivaient, fendant la foule désormais compacte. Certains amis d’Igor prirent sur eux de dégager le passage, grognant, poussant les badauds ; on devait garder un passage ouvert pour le brancard de l’infirmerie et laisser de l’espace libre autour du petit groupe. Leur père étant en voyage de noce avec sa nouvelle femme, il ne reviendrait que d’ici une bonne semaine au minimum, faisant ainsi de Misha et d’Igor les seuls légataires de son autorité. « Où est Misha ? » Quelque chose n’allait pas. Certes les expressions étaient fermées mais, sur cette question précise, trop de visages se détournaient. On venait de violer leur sœur et son puissant frère, seul capable d’imposer par la force ce qu’il voulait n’était pas… Igor se figeât. Non, non ! Il saisit, par le col, le soigneur à ses cotés, une rage froide montant en lui : « QUI A FAIT CELA ? » L’autre bredouilla le nom tant redouté, Igor le lâcha immédiatement, perdu dans l’horreur. Misha était saoul hier soir, en prévision d’un prochain départ en campagne qui devait avoir lieu le lendemain. Il s’en fût retrouver Esfir et se trouva la force de lui avouer son désir pour elle. La jeune femme refusa et Misha… refusa son refus. L’homme qui était si protecteur avec les siens, le futur chef incontesté et incontestable leva la main sur sa sœur. Dans une rage aveugle, il la brutalisa, la frappant jusqu’à la rendre plus malléable à son envie, et la viola. Il alla jusqu’à vouloir camoufler son abominable forfait en tentant d’étra



RedU T1 Ch18 Ep9
Dec 23 2015 11 mins  
Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015 —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner —————————————- « Bonjour à tous et bienvenue sur Ex-One Média, votre chaîne d’information. Je suis Foudia Hacham et nous sommes sur le transporteur n °6 pour l’émission que nous attendons tous depuis près de trois semaines : le premier convoi de l’Exode est enfin sorti de la Passe de Magellone ! Sur ce plateau, je suis accompagnée de mes confrères Jack Blast pour le transporteur n°7 et Angelus Air pour le transporteur n°5. Messieurs, bienvenue à l’autre bout de l’univers, donc. Jack ? Bonjour Foudia et bonjour à nos multispectateurs. C’est un plaisir de vous retrouver tous… en chair et en os, hé, hé, hé ! Angelus, comment s’est déroulé ta traversé ? Bonjour Jack, Foudia et bien sûr à nos fidèles multispectateurs ! Et bien, moi, j’ai affronté un nombre impressionnant de gens et d’objets fantômes, ce fût ma grande aventure durant trois semaines. Je me souviens d’un matin où j’ai mis plusieurs minutes à trouver mon vrai micro, perdu au milieu d’une multitude de mirages de lui-même. Ha, toi aussi ? Je vois, messieurs, que nos expériences ont été similaires. Ne perdons pas les bonnes habitudes, voici, tout de suite, les titres : – Le convoi n°1 est donc sorti enfin de la Passe et nous sommes en attente dans une zone proche pour nous préparer à accueillir le second convoi qui devrait arriver… Jack ? Dans cinq jours et quelques heures, si tout va bien. Mais je détaillerais tout cela avec vous, dans un instant. Merci à toi ! Second sujet : retour sur trois semaines d’émotions, certes, mais en fin de compte, pas aussi grave que ce que l’on avait craint. Pas d’attaque de pirate, les communautés sont restées calmes, on peut presque dire que, cette fois, tout s’est déroulé comme prévu. Angelus ? Tout à fait. Mis à part les perturbations liées à la Passe elle-même, aucun incident majeur n’a été signalé. Les matériels ont bien supporté la traversée, les exodés également. Évidement, nous devront attendre les deux convois qui nous suivent pour être définitivement fixés mais, dans l’absolu, on ne voit pas ce qu’il pourrait bien leur être arrivé de pire qu’à nous, ha ha ha ! Hé hé ! Oui, nous étions la tête de pont… à nous les mauvaises surprises, n’est-ce pas ? Le dernier sujet portera sur la réunion que nos commandants ont tenu en huit-clos, assez rapidement après la sortie de transition, un peu comme nous en fait, et ce que nous avons pu en apprendre. Enfin, en cadeau, quelques images tirées du making-off d’un documentaire en cours de tournage sur le Colonel J.F.Hill. Ce célèbre commandant du transporteur n°6 a accepté de partager avec ExOne Média son quotidien et certains de ses souvenirs personnels. Mais, avant tout cela, messieurs, qu’allons-nous retrouver ? Au hasard, je dirais une page de publicité ? Comme Jack, la pub ! Rendez-vous, donc, juste après la pause. Ne zappez pas ! » < publicité > Click ! Ismène éteignit le petit écran portatif, sur un signe de tête de son père. Enfermé dans un petit local technique, le marchand Broto, Karl de son vrai nom pirate, soudait consciencieusement l’écoutille de l’entrée. La bloquer ne suffirait pas, il fallait être certain que l’on ne pourrait pas les déranger avant un bon moment. D’après les dernières nouvelles officielles, il ne semblait pas avoir attiré l’attention et tous fêtaient l’arrivée de ce coté de la passe. En une dernière étincelle, ce fût terminé. On était arrivé à deux doigts du terme de sa mission, au moment le plus critique. Il s’y était préparé durant toutes ces longues semaines de traversée, analysant les schémas, laissant Ismène effectuer des simulations ici, décoder des signaux là, enregistrer le reste. Ce travail de longue haleine allait enfin porter ses fr


RedU T1 Ch18 Ep8
Dec 16 2015 10 mins  
Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Sa réaction fût à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre d’un gradé dans son genre. Brutale. C’était lors d’une fin d’après-midi, après avoir transformé une partie de l’écurie en véritable galerie d’art moderne. Repus de création et de travail, nous nous étions assis sur un tas de foin, au fond de la salle. » Poféus en eut un ricanement léger. Lui-même fût surprit de cette réaction instinctive. La plongée dans cette mémoire ancienne, la main de Calande, tout cela ouvrait des barrières longtemps restées fermées. « Nous nous embrassâmes, nous nous caressâmes… Nous n’allâmes pas plus loin. Une fourche, vous savez, ces outils pour justement retourner la paille, se planta dans le bois à coté de nous. Mon père nous dominait de toute sa hauteur, tenant le manche. Pas besoin d’explication, son expression dépeignait une fureur sans fin. » Le petit massage de main s’était arrêté. De l’autre main libre, Calande reprenait ses notes. Quand était-elle redevenue la psychologue ? Avait-elle seulement cessé de l’être ? Malgré cela, elle le tenait encore et sa main était chaude. Et lors que le vin était tiré, il fallait le boire. « Icnal se tenait à l’entrée, au loin. Son expression effrayée en disait long sur son regret d’avoir déclenché tout cela. Mais le mal était fait. Méhala fut saisie par le col et, d’un poing vengeur, Monseigneur Poféus lui brisa net le nez, la défigurant pour des mois. Tombant au sol, étourdie, elle trouva encore la force de tenter de se défendre et lui donna un violent coup de pied dans les jambes. Il faillit trébucher, mais se rattrapa à la fourche qu’il arracha du mur. Il s’en servit violemment pour, à plusieurs reprises, en écraser le manche sur ma pauvre amie. Dans un hurlement, Icnal vint s’interposer, protégeant de son corps celui de sa sœur. Quelle sotte, elle aurait mieux fait de réfléchir avant plutôt que laisser parler ses sentiments, et nous n’en serions pas là ! Quoiqu’il en fût, mon père s’arrêta et on appela les secours. Ma Méhala passa un long moment de convalescence à l’hôpital. Elle ne revînt jamais sur les terres familiales. Voilà. Pourquoi n’êtes-vous pas intervenus lors de… l’agression de votre père ? Pourquoi ?… que peut faire une souris face à un chien de guerre ? J’étais en rébellion contre mon père, mais j’éprouvais aussi beaucoup de crainte envers lui. Il m’imposait sa force et son respect tous les jours depuis que je vivais chez lui ; il me servait, encore maintenant sans doute, de modèle, que je le veuille ou non. Alors le voir ainsi… j’ai eu… Calande, pouvons-nous nous arrêter pour aujourd’hui ? Bien sûr, je comprend. » Elle retira sa main, peut-être un peu trop rapidement. Le contre-amiral regarda la jeune femme brune se lever, remettre ses affaires dans son sac. La séance se finissait, la magie était rompue. « Angilbe, je vous souhaite une bonne semaine. Tenez-moi au courant si vous avez de nouvelles crises voulez-vous ? Calande ! J’AI EU PEUR, VOILÀ ! J’était pétrifié devant la force de ce… de cet homme qui m’avait pris comme fils et sa fureur me traumatisait, me terrorisait au-delà de l’entendement ! Jamais, plus jamais, je ne serais ainsi sous la domination de qui que ce soit, vous m’entendez ?! Cette montagne de rigueur sans âme ne me méritait pas sinon suite à un pur hasard de l’Histoire ! » C’était sorti tout seul. Comme un grand bol d’air, l’inspiration première de quelqu’un coulant depuis trop longtemps dans les eaux saumâtres du dénis et du mensonge. Tel un enfant venant de naitre et poussant son premier cri, le contre-amiral semblait découvrir un nouveau monde dans lequel il allait passer tout le reste de sa vie. Calande jeta son sac sur la table, se rassit précipitamment et serra le bras du contre-amiral. Sans aucun préambule. « Dites-moi la vérité, Angilbe. Votre père… vo


RedU T1 Ch18 Ep7
Dec 09 2015 8 mins  
Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Bonjour Angilbe. Comment allez-vous ? Je vais, chère Calande, je vais. C’est déjà beaucoup, merci à vous. » Le contre-amiral ferma la porte derrière lui et s’installa dans le fauteuil de cuir, face à sa psychologue. Ce rituel devenait naturel à force de séance et les doutes et appréhensions des débuts, la suspicion même dont il faisait preuve envers la jeune femme, s’étaient évanouis, laissant place, progressivement, à un réel attachement. Aussi incroyable que cela paraisse, Poféus appréciait ces rendez-vous et encore plus cette petite femme brune, aux cheveux courts et aux tailleurs strictes et impeccables. Calande buvait consciencieusement son thé au jasmin, un autre élément du rituel, avec la petite cuillère et le morceau de sucre unique. Elle reposa la tasse sur la table, les yeux à moitié clos, profitant de quelques secondes de répit. Puis de grands yeux à la profondeur infinie se levèrent sur le contre-amiral. Celui-ci sentit cet agréable tressaillement tant attendu remonter le long de son épine dorsale. « Alors Angilbe, pouvons-nous reprendre là où nous en étions resté la dernière fois ? Bien sûr. J’ai malheureusement eu quelques sautes de réalité, à nouveau, cela commence d’ailleurs à s’ébruiter. Je suis obligé de faire tourner le personnel de maison plus rapidement. Dites-moi… Calande… progressons-nous ? Je l’ignore, Angilbe, je l’espère sincèrement. Le fait de ressortir enfin vos souvenirs profonds vous oblige à faire appel à certaines parties inhabituelles de votre mémoire, peut-être est-ce justement cela qui active vos sautes de réalité. Vous ne vous souvenez pas de notre dernière séance ? Pas de la fin en tout cas. Nous parlions de ma.. de Méhala. Alors sachez que vous m’avez serré la main très fortement. Je me doutais que vous étiez dans une de ces phases de déconnexion, appelons-les comme cela. Pardon ? Mais je… je m’excuse, je ne voulais pas… Ne vous inquiétez pas. Ce n’était pas douloureux, presque touchant je dirais. Lorsque je me suis levé vous sembliez être revenu à la normale, apparemment en tout cas. C’est à moi de m’excuser, je n’aurais pas dû vous laisser seul dans cet état. Si cela se reproduit, je resterai à vos cotés, le temps nécessaire. Oui… merci… » Le contre-amiral se serait caché sous le fauteuil, s’il l’avait pu sans se ridiculiser. Mais jusqu’où ces « déconnexions », comme on devait les appeler maintenant, allaient-elles le pousser ? Ne risquait-il pas de blesser quelqu’un, de la meurtrir elle dans une de ces crises ? Le jeune femme posa son bloc sur l’un des accoudoirs, et, lentement, se pencha. Elle saisit la main droite du militaire, crispée contre son propre fauteuil. Doucement, elle dénoua les doigts, un à un, allant jusqu’à masser l’intérieur de la paume. Pourtant ses yeux ne quittaient pas ceux de son vis à vis, perçant ses barrières, pénétrant là où même les mentaux ne pouvaient aller. « Angilbe, je suis ici pour vous aider. La dernière fois, nous avions parlé de vous accompagner dans les recoins de votre esprit, de partir ensemble à la recherche de ce qui vous tourmente tant. N’ayez pas peur de vous, n’ayez pas peur pour moi, vous n’êtes pas un homme méchant et cela, toutes nos séances l’ont amplement prouvé. » Poféus était pétrifié. Le contact doux et chaud de ses mains, ses paroles apaisantes, hors de toute logique psychologique, cette bouche si sensuelle, cela… l’effrayait, le fascinait, l’attirait, le repoussait ! Jamais, il n’avait ressenti un tel sentiment, jamais. Sauf peut-être… « Allez-y, Angilbe, vous êtes prêt. Je… J’aimais tant Méhala. Je l’aimais, et une fois la surprise passée, peu m’importait qu’il fût un homme ou une femme ou quoique ce soit d’autre. C’était.. c’était fort, voilà. Donc vous avez poursuivi votre relation, mais cette fois en assumant sa différence. V


RedU T1 Ch18 Ep6
Dec 02 2015 7 mins  
Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Entrez. » Le colonel Sterling-Price, commandant du transporteur n°5 survolait quelques rapports de routine sans grand intérêts lorsque l’on toqua à sa porte. Tous savaient qu’à bord de son vaisseau, il mettait un point d’honneur à répondre aux demandes de tout exodé. Du moins, celles à sa portée, et c’était le secrétaire dans l’antichambre qui faisait le tri. Globalement, tout s’était plutôt bien déroulé dans la Passe de Magellone, sinon quelques désagréables fantômes du passé ou du futur qui jouaient à effrayer les voyageurs. On venait de loin pourtant : les évènements inter-communautaires s’étant déroulés quelques mois auparavant, et ayant vu l’affrontement des bruns et des barbanes dans la cité intérieure, avaient été suivis d’un calme, et d’une retenue de tous, exemplaires. Un vrai modèle de paix sans doute pas étranger à la résolution de ce que l’on avait appelé « la révolution au chewing-gum » où plusieurs milliers de manifestants, particulièrement agressifs, s’étaient vus englués dans la mousse rose prévue contre les incendies. On avait mis plusieurs heures à les sortir, les uns après les autres, et les chefs de communautés en avait profité pour reprendre le contrôle de la situation et ramener tout le monde sagement à la maison. Un dossier de plusieurs pages glissa brutalement sur son bureau, le tirant de sa rêverie. C’était la preuve d’un certain manque de tact ou de discipline, mais Price ne broncha pas : le nouveau venu n’était pas apprécié pour sa rigueur militaire mais pour son professionnalisme dans un domaine très particulier. « Monsieur Edmund Tristo, rappelez-moi de vous initier un de ces jours à la notion de protocole. Asseyez-vous je vous prie. Alors, est-ce le rapport au complet ? » Face à lui, un jeune homme boutonneux, à peine sorti de l’adolescence, prenait place dans l’épais fauteuil de cuir. Il était maigre, mal habillé de vêtements trop larges, le teint pâle tirant vers le grisâtre. Une chevelure noire, épaisse et grasse, recouvrait en partie des yeux aux pupilles étrangement élargies, entourés de larges cernes bleu nuit. Tristo était un expert incontesté en informatique, une de ces perles rares trouvées par Weston, au cœur de la population du transporteur n°5. L’ancien second du colonel était mort prématurément lors de son enquête sur une série de meurtres sauvages, celle-là même ayant déclenché les conflits inter-communautaires. C’était en mettant à jour la machine infernale responsable de tout cela qu’il y avait laissé la vie. Mais l’homme, organisé qu’il était, avait jalonné l’avenir de nombreuses pierres blanches, des idées dont il avait déjà apporté, au moins, une esquisse de solution. Et Edmund Tristo était de celles-là. « Pas encore, M’sieur, mais c’une version préliminaire. Tout est posé et comme vous voulez que j’vous rende çà au plus vite, je m’suis dis que çà valait le coup de passer vous l’apporter. Très bien, très bien… À vue de nez, le rapport ne contient guère plus d’une dizaine de feuilles. Est-ce à dire que tout va pour le mieux et que nous pouvons nous fier au système informatique de la flotte ? » Car telle était l’une des ultimes suggestions de feu son second : faire une évaluation de la fiabilité du réseau interne à l’Exode, celui permettant toutes les transmissions. D’ExOne média aux censeurs multiples, des communications cryptées aux services vitaux, quelle était la confiance que l’on pouvait avoir dans ces systèmes complexes ? « Monsieur, c’est une usine à gaz. Les protocoles sont multipliés, les systèmes fonctionnent sous des langages différents, certaines connexions sont inutilement sextuplés, et d’autres en mauvais état et uniques ! Je vois… Non, vous ne voyez pas ! Tout la sécurité est inexistante, elle est même impossible à assurer efficacement ; j’ai réussi à accéder aux ce


RedU T1 Ch18 Ep5
Nov 25 2015 8 mins  
Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur —————————————- Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Je l’ignore. Son attitude me semble… je déteste ce mot, mais c’est justifié ici : suspect. Broto est suspect. Je veux bien te croire, mais se balader partout, ou s’intéresser à la structure du vaisseau n’est pas anormal. Cela fait trois semaines que nous naviguons, à chacun sa manière de passer le temps. » Les deux femmes étaient enlacées dans le lit, profitant de ces moments d’entre-deux le soir, alors que le désir était repu mais les songes encore loin. La couverture repoussée à la moitié de la couche, elles profitaient toutes deux d’un moment de calme en cette fin de journée pour se laisser aller à partager leurs pensées profondes. Et depuis quelques temps déjà, pour la princesse Azala, le marchant Broto et son fils adoptif Ismène ne menaient pas l’existence de passagers ordinaires. Aurora laissa l’extrémité de ses doigts glisser doucement sur la peau de sa compagne. Elle connaissait les vertus de ce geste sur elle, et les premiers effets ne tardèrent pas : le souffle d’Azala se fit plus profond, ses mains se firent plus pressantes tandis qu’elle accentuait la cambrure de son corps. Bien que politicienne expérimentée, l’ancienne princesse n’en demeurait pas moins une jeune femme, avec toute son énergie vitale prête à exploser. Tendrement, Benkana lui prit les lèvres tandis qu’une main savante s’aventurait vers le pubis de sa partenaire. Bien plus tard, alors que la nuit était avancée, Azala veillait, les yeux grands ouverts, observant le plafond métallique lisse où se reflétait parfois quelques lumières extérieures de la Passe de Magellone. À ses cotés, Aurora dormait, du sommeil détendu d’un commandant bientôt arrivé en fin d’une dure traversée. « Nous arriverons d’ici quelques heures. Prenons un peu de repos et je te promet que l’on s’occupera plus sérieusement de ce monsieur Broto une fois sortis de la Passe, d’accord ? Aller, dormons, je tombe de sommeil… » Lui avait-elle chuchoté avant de sombrer dans le monde des rêves. La princesse n’était malheureusement pas convaincue. Son intuition lui hurlait que toute cette histoire sentait le souffre. Le marchant Broto et son fils, avec lequel il semblait d’ailleurs entretenir une relation plus que trouble, traversaient le transporteur de fond en comble depuis plus de deux semaines. Rapidement elle avait demandé à Melba de suivre le vieil homme et de lui rapporter ses moindres faits et gestes. Et ils étaient nombreux, le duo ne tenant pas en place et demeurant inséparable. Ils s’était intéressés au Compresseur dimensionnel, au schéma électrique de plusieurs étages, avait passé quelques soirées à boire avec des soldats en permission et ils avaient même participé à deux visites hebdomadaires du centre de commandement du vaisseau. Melba, elle-même, reconnaissait l’existence d’un but caché derrière tout cela. « Princesse, du temps de votre pè… disons avant, dans le doute on les aurait enfermé. Merci Mel, au moins je ne suis pas folle. Mais que pourrait-on faire pour les amener à se trahir ? Il suffit peut-être d’attendre. Maintenons la surveillance sans attirer l’attention, et nous verrons bien. Ils sont très prudents, ce n’est pas certain que cela suffise. Une autre suggestion ? » Une journée, alors que père et fils se « promenaient » le long des pistes du mini spatioport à la base du transporteur, les deux femmes avaient procédé à une inspection en règle de la cabine des deux curieux. En totale illégalité, bien évidement, mais la princesse voulait étayer ses soupçons. Elles avaient fait choux-blanc. Aucun matériel suspect, aucune note ou base de donnée particulière sur le vaisseau. Rien que le lieu d’habitation standard d’un vieil homme et de son fils adoptif. Quelques vêtements, une petite pharmacie d’urgence, quelques outils de bricolage simples et… deux lits, même si le plus p


RedU T1 Ch18 Ep4
Nov 11 2015 9 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Igor. » Sur l’astéroïde aménagé en base pirate, l’espace était un luxe. Certes, tout y était plus vaste, comparé aux coursives des vaisseaux d’attaque, mais le labyrinthe de caissons pressurisés n’était pas comparable à ce que l’on pourrait trouver sur une colonie, voire sur la fameuse MaterOne, origine de l’Humanité et du pouvoir royal. Fort de sa filiation prestigieuse, Igor avait réussi à aménager une sorte de débarras de quelques mètres carrés en bibliothèque personnelle. Il y accumulait, depuis des années, toute sorte de livres et de lecteurs digitaux… N’importe quoi qui pu contenir du texte ou des informations sur l’univers : du roman à l’encyclopédie numérique, du magazine au recueil de poèmes. Des étagères improvisées débordaient d’ouvrages, le sol lui-même était couvert de piles à lire ou à ranger. Certains de ces ouvrages présentaient des couvertures ou des pages noircies et plusieurs cartes magnétiques étaient inexploitables car en partie fondue. Qu’importait à leur nouveau propriétaire : un jour, peut-être, il arriverait à en tirer quelque information, quelque vers… Assis sur un tabouret et les pieds posés sur une petite pile, bilan du dernier butin, le pirate feuilletait passionnément un petit livre rouge, au titre écrit dans langue inconnue du nouvel arrivant. « Ah, Misha, tu tombes bien. Connais-tu ce petit ouvrage ? C’est un recueil de réflexions d’un souriant dissident, sur ce que devrait être une société plus juste et égalitaire. Ah ? Et ça donne de la liberté ? Ce serait bien nouveau… Je n’en suis pas certain. Des règles, des droits et des devoirs, en effet. Mais déjà, ces droits, Misha ! Le droit de choisir son représentant, une transparence sur les décisions, une sorte de conseil suprême élu qui chapeauterait tout, un… Igor, nous parlerons de cela plus tard : je ne suis pas venu rêver avec toi. » Le géant se choisit une pile de livres vaguement stable et s’assit dessus, entrainant d’inquiétants craquements dans les cuirs. Son frère cachait mal une moue désapprobatrice, mais le pirate s’en moquait. « Igor, ce marin qui voulait te tirer dans le dos, comment as-tu pu le rater ? Ce petit jeune était inexpérimenté et j’ai du mal à croire qu’il ait pu te berner, même dans le feu de l’action. Cela peut arriver, tu le sais bien. » Misha soupira, fixant la pointe de ses chaussures. Puis son regard glissa sur la collection accumulée dans le débarras. Le pirate géant n’était pas à son aise dans les discussions : pour n’importe quel sous-fifre la question aurait été réglée en quelques coups bien placés, mais il se refusait à en arriver là avec son jeune demi-frère. « Est ce qu’on parle de la vie des pirates, dans tout çà ? Quelques romans l’ont idéalisé, à la limite de la parodie, mais le plus souvent il s’agit… on dira du mauvais coté et de la peur qu’on inspire aux autres. Et tu trouves cela mal, n’est-ce pas ? Tu ne crois pas que c’que nous faisons représente la justice, pas vrai ? Justice ? Que nous ont donc fait ces marchants, ces plaisanciers ? Nous pourchassons et sommes pourchassés. Nous pillions, violons et brulons parce que nous ne voulons pas intégrer la société humaine. Nous sommes libres ! Et on nous rejette donc, voilà la vérité. Nos ancêtres étaient nordistes, des hommes rudes aux règles de société stricte. Ils ont rejeté la loi des hommes en s’élançant dans le vide de l’espace, et ont vécu mille tourments pour survivre. À coté de cela, ces riches et gras marchants passaient sous leur nez, débordant d’une richesse dont ils refusaient de partager la moindre piécette. Que voulais-tu qu’ils fassent ? Je suis fier d’être redouté par-delà l’espace et de faire partie des pirates, Igor ! Nous sommes du même sang, tu devrais ressentir cela dans tes tripes aussi, comme Esfir. Ce ne sont pas tes livres qui t’au


RedU T1 Ch18 Ep3
Nov 04 2015 9 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner La plupart des voyageurs de l’espace craignent, à juste titre, les pirates. On les sait affamés de richesses et prêts à tout pour les obtenir, ne reculant devant aucune action d’éclat ni aucune bassesse. Certains, plus lucides, savent également leur reconnaitre une rare témérité, une absence de peur qui fait d’eux des êtres d’exception. Et encore sont-ils loin de la vérité… Igor se tenait droit, serré dans sa tenue isolante contre les chocs thermiques, devant l’ouverture béante, à l’arrière de leur vaisseau. Il se trouvait à la quasi verticale de trois appareils cargos traversant la haute atmosphère de leur planète d’origine. Derrière la verrière de son casque, pas de toute première jeunesse, il pouvait distinguer la longue trace cristalline que la condensation laissait derrière les réacteurs au lithium à pleine poussée. C’était le point à éviter à tout prix, sous peine de se retrouver instantanément carbonisé. Au pire, si on ratait sa destination, on pouvait toujours venir se faire récupérer par la navette de secours qui sillonnait la zone, sous réserve que l’attaque se soit bien passée et que le suspenseur accroché dans leur dos, ou la combinaison, ne lâche pas. Le convoi venait de décoller depuis une grosse poignée de minutes, et c’est lors des sorties d’atmosphères que les communications d’un engin sont les plus perturbées, voire inexistantes. Cela ne dure pas longtemps, mais c’est suffisant pour des pirates. L’autre avantage du lieu était que la présence d’atmosphère, même ténue, évitait les effets de dépressurisation forte, facilitant la progression en intérieur. « Igor, on vise le troisième, j’y serais avant toi, petit frère ! Misha, ne fais pas comme si je n’allais pas vous griller tous les deux sur le poteau, comme toujours ! À tout à l’heure les peureux ! » Répondit perfidement Esfir, dans la radio. Et sans préavis, la jeune femme s’élança et se jeta dans le vide, déclenchant l’attaque. Misha se précipita, suivi de tous les autres. Déglutissant, Igor plongea à son tour. À cette altitude, si le frottement de l’air est négligeable, pour de petites surfaces comme celle d’un humain, la gravité céleste, elle, ne l’est pas. La chute est rapide, directe, sévère : seuls les petits compresseurs à air des suspenseur donnent un simulacre de contrôle à la chute. Tout le groupe, composé d’une trentaine de boucaniers, fondait sur le dernier cargo, il était la proie. Concentré sur sa descente, Igor nota pourtant les premiers petits flashes blancs, regroupés vers l’arrière de la zone d’atterrissage, si ce mot avait un sens pour une chute à cette vitesse. L’antimatière est une substance strictement interdite dans tout l’univers connu et, de tous temps, les rois de MaterOne en avait régulé la production et la dissémination. À trop forte dose, quelques grammes, elle pouvait fendre une planète en deux sous l’apparition d’une singularité dévorant tout. Pourtant, elle était couramment utilisée dans les cas précis d’actes de piraterie. Choc… Rebond… Choc à nouveau. Les puissant électroaimants tinrent bon. Igor se trouvait un peu à l’écart, mais il était à destination et en un seul morceau, c’était le principal. Il sorti immédiatement l’araignée, le surnom des ogives particulières aux pirates. Une fois posée, elle dépliait ses pattes et s’éloignait à distance respectable des porteurs de balise de reconnaissance. Puis, elle mettait en contact son millionième de gramme d’anti-matière avec la coque du vaisseau. D’où les flashes blancs que l’on apercevait de loin. Pénétrant la coque au travers de la paroi parfaitement découpée, Igor s’efforça de ne pas se souvenir des histoires de mauvaise dosage d’anti-matière dans les araignées, et de leur résultat apocalyptique. Épée dans une main, arme automatique dans l’autre, il courait dans les couloirs, f


RedU T1 Ch18 Ep2
Oct 28 2015 9 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Le colonel marchait d’un pas lent dans les coursives menant au centre de commandement. Il avait beau faire le fier, l’appréhension lui tiraillait l’estomac. Ôh oui, il connaissait bien la zone proche de la Passe vers laquelle l’Exode se dirigeait, et pour cause… … C’était dans une autre vie avant la révolution, avant John Fidgerald Hill lui-même, un nom composé de plusieurs penseurs célèbres. C’était un temps où on ne le nommait — à la pirate — que par son prénom et une caractéristique propre : Igor le penseur, demi-frère du puissant Misha et d’Esfir la sans-peur, rejetons d’un grand et puissant chef pirate. Ils n’étaient que trois enfants, ce qui était peu, comparé aux sept femmes de leur géniteur. Chez les pirates, les règles communes à la civilisation étaient non avenues et, bien évidement, le libertinage phallique régnait en maitre. Pourtant les femmes combattaient sur un pied d’égalité, sans doute par nécessité de survie pour leur famille, et elles n’étaient pas moins redoutables que les hommes. Sa grande sœur Esfir, par exemple, était une grande bretteuse devant l’Éternel. Les leçons d’escrime qu’elle lui prodiguait dans la base, lors des périodes de repos, le mettaient toujours à genoux. « Igor, ta garde ! Relève ta garde ! Voilà, comme çà… Plus haut, et je t’ai déjà dit qu’il fallait bouger plus, c’est la mobilité qui fait l’escrimeur, sinon tu n’es qu’une cible ! Je… j’essaye. Même sans ton agilité, je devrais… pouvoir y arriver ! L’agilité viendra avec la pratique. Tu te souviens de la dernière escarmouche ? Avec ce garde royal, tu avais failli y passer. Il faut t’améliorer : les livres, ce n’est pas tout dans la vie d’un pirate ! » Igor essayait de penser à ses pas, tout en contrant les attaques de sa vis à vis, se permettant même une feinte. Mais la jeune femme maîtrisait l’épée avec la grâce et l’agilité de ceux rompus aux combats, rien ne pouvait vraiment la surprendre et son frère faisait face à un mur d’acier. Elle n’avait que quatre petites années de plus que lui, collectionnait les amants et multipliait les batailles prestigieuses, aux cotés de leur père et de Misha. Une belle mèche blonde lui zébrait sa chevelure courte, et un fin collier d’or, qu’elle portait toujours autour du cou, lui servait de bijouterie : il datait de son premier pillage, un souvenir de ses débuts dans la piraterie, en quelque sorte. Malgré sa petite trentaine d’année, son nom et sa mèche n’étaient déjà plus inconnus dans les milieux pirates, et même chez leur proies. Sur une ultime pirouette, elle désarçonna son frère. Le fleuret d’Igor s’envola, rebondit et glissa sur la poussière du sol jusqu’à l’entrée de la salle d’entrainement et du nouvel arrivant : Misha. Le géant était, avant tout, une masse physique, un être tout en muscle à la longue moustache rousse et à la voix tonnante. Il s’amusa sincèrement de la maladresse de son frère, en ramassant l’arme. « Igor, tu devrais retourner à tes livres ou utiliser quelque chose de vraiment conçu pour les hommes ! » Dit-il en tapotant le manche de sa redoutable hache, pendue contre son dos. C’était l’ainé de la famille, l’officier en second de leur père quand ils prenaient l’espace à bord du navire et bientôt le commandant de son propre vaisseau. Si Esfir commençait à être connue, la queue de cheval rousse de Misha était déjà redoutée de tous : il se montrait sans pitié avec les équipages capturés et sans aucune compassion avec les faibles ou ceux qui manquaient de courage sous ses ordres. Pourtant, malgré cette aura de violence, l’ainé aimait sincèrement sa famille, bon enfant et protecteur : malheur à celui qui leur chercherait des noises. Igor le lui rendait bien, préférant souvent être à ses cotés lors des batailles, son frère lui assurant une protection presque parfaite. Car il était vr


RedU T1 Ch18 Ep1
Oct 14 2015 11 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Bonsoir. Suite aux dramatiques évènements arrivés lors de la sortie de la Passe de Magellone, la rédaction et moi-même avons décidé de retarder la diffusion de ce documentaire. Alors que le second convoi nous a maintenant rejoint, il nous a semblé judicieux d’en terminer le montage et de vous le proposer. Les rushes ayant, par miracle, pu être conservés par nos équipes, voici donc, dans une bien malheureuse exclusivité, ce qui est devenu l’ultime message de liberté et d’espoir de -feu- le Colonel John Fidgerald Hill. » -Générique- « Bonjour à tous et bienvenue sur Ex-One Média, votre chaîne d’information. Je suis Foudia Hacham et nous sommes sur le transporteur n °6 pour un documentaire spécial sur la sortie prochaine de la Passe de Magellone. Pour cet évènement très particulier, nous avons eu l’immense honneur d’être autorisés à suivre, minute par minute, le Colonel J.F.Hill, commandant de ce transporteur, lors de toutes les manœuvres d’arrivée. Alors, Colonel, bonjour. Nous sommes ici dans vos quartiers, et au nom d’Ex-One média et de notre public, nous vous remercions encore pour votre esprit d’ouverture et de transparence. Peut-être pouvons-nous commencer ce documentaire avec quelques mots de votre part sur la situation actuelle du transporteur, ainsi que… nous dirons votre sentiment sur ce voyage ? Bonjour Foudia, c’est un plaisir que de battre en brèche ceux qui prétendent que sur le n°6, les libertés seraient en berne. Et je vous remercie de braquer votre projecteur là-dessus. Alors la situation actuelle ne présente aucun problème, aucune anomalie particulière, ce qui me permet de féliciter toutes les équipes qui assurent le fonctionnement de ce géant de l’espace qu’est le transporteur. Nous savons qu’il n’est plus de toute première jeunesse, alors passer trois semaines d’affilées à traverser Magellone en Transition représente un sacré challenge ! Oui, d’autant que nous avons affronté des perturbations très éprouvantes, comme les sautes temporelles. Tous les équipements ont bien tenu ? Oh, vous savez, c’est une solide électronique embarquée, dans cette bonne vieille cathédrale de métal et de lithium. J’ai connu autrefois la Passe dans des conditions bien plus rude. Cette fois-ci, ce n’était qu’un voyage agrémenté, tout au plus. Vous avez déjà traversé la Passe ? Mais c’est une information : nous l’ignorions ! De quelles conditions autrement plus difficiles s’agissait-il ? Mmhmm… Disons que mon vaisseau était endommagé, ce qui a rendu la traversée particulièrement éprouvante. Mon arrivée sur Pin’up, le petit nom de la station Piñata el Grande, fût assez rocambolesque. Mais c’est passionnant cela ! Vous veniez de l’autre coté de la Passe ? Je pensais qu’il n’y avait que des marchants-contrebandier, quelques rares vaisseaux d’exploration et des pirates, là-bas ? Ha, ha, ha ! Madame Hacham, un jour, je coucherais peut-être le récit de ma vie sur les pages d’un livre et je vous promet de vous en tenir informée, mais l’heure n’est pas encore venue, ha, ha, ha ! Merci à vous, Colonel. C’est vrai qu’avant d’être commandant de l’Exode, vous avez été politicien dans le premier gouvernement Castiks — dit de transition. Auparavant, vous étiez un chef rebelle, vainqueur de la bataille controversée des monts Atos contre le Colonel Sterling-Price, lui-même actuel commandant du transporteur n °5. Cela se passe bien entre vous deux ? Hélas non. Il a gagné toutes nos parties d’échec de ces dernières semaines. J’envisage d’arrêter de jouer avec lui, il est bien trop fort. Pourtant, c’est véritablement un homme cultivé, droit et foncièrement bon que j’apprécie, dommage qu’il soit un tel stratège, c’est frustrant. Hé, hé ! On peut donc conclure que vous vous entendez bien. Mais nous avons eu beau chercher dans les données à disposition, nous


RedU T1 Ch17 Ep16
Sep 30 2015 14 mins  
RENTRÉE LITTÉRAIRE sur Red Universe ! Mise à jour de nos livres numériques avec les chapitres V et VI et la mini-série de l’été: « Dualité » ! Venez enrichir votre expérience de cette grande saga avec les textes réécrits pour l’occasion, des illustrations et des commentaires de l’auteur. Disponibles sur toutes plateformes ou en achat direct. ——– Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Fabio ouvrit les yeux. À ses cotés, Adénor commençait à bouger ainsi que quelques uns des commandos. Le monde tournait encore un peu mais ils recouvrait tous leurs esprits. Des diodes pulsaient doucement sur quelque console dispersées face à eux, et c’était la lumière d’urgence, d’un rouge vif, qui inondait l’espace arrière de la navette. Rouge vif, avec beaucoup d’ombres, d’un noir de jais. On était donc revenu dans la dimension originelle. C’était un plaisir de rentrer chez soit. « Tout le monde va bien ? » Demanda une voix un peu chevrotante depuis le poste de pilotage. La tête de Carillo dépassait du fauteuil du co-pilote, embrassant le groupe des survivants. Phil eut un sursaut : « Que.. Quoi ? Attention, l’entrée ! On va s’écraser ! » Si les sangles ne l’avaient retenu, il se serait jeté sur les commandes à l’avant. Quelques soldats dissimulèrent mal leur amusement, même Fabio et Adénor sourirent. C’était moins la réaction du pauvre Phil que le fait qu’ils soient toujours en vie, qui entrainait cette réjouissance. « Nous nous sommes… bel et bien écrasé, Lieutenant. En tout cas, la vitesse était bien trop grande lorsque l’on a pénétré dans le transporteur. Mais les systèmes de sécurités de la navette et surtout de la zone d’appontage se sont automatiquement activés. On est à… deux mètres du mur, elles ont du être mis à rude épreuve mais on s’en est sorti. Bienvenue sur le transporteur n°3, messieurs-dames. » Un grésillement bien à propos l’interrompit. Le pilote décrocha : Arlington les attendait au centre de commandement. « Heu.. si c’était possible, je voudrais rester quelques minutes avec Adénor, nous vous rejoindrons immédiatement après ? » Devant la réaction des autres, pour ne pas dire la suspicion, il ajouta : « S’il vous plait… Laissez un garde ou deux si vous voulez ? Je veux juste régler un petit quelque chose, ce ne sera pas long. Adénor acceptes-tu ? » Comme l’autre acceptait d’un hochement de tête, Phil insista pour attendre également. Dans un soupir, le Capitaine Carillo prévint qu’ils auraient tous « quelques minutes de retard »… Momumba Arlington survolait les premiers rapports. En gros, ils étaient bel et bien revenus dans leur dimension. Tous les équipements avaient tenu le choc et les avaries étaient minimes. Çà, c’était les bonnes nouvelles. « Alors, quelqu’un peut-il me répondre ? Je veux savoir OÙ nous sommes ? » On s’affairait, on comparait les cartes spatiales, on s’interrogeait. Les calculateurs analysaient la position des étoiles, des nébuleuses, des vents solaires, n’importe quoi qui pût apporter un renseignement. Car s’ils avaient été renvoyés dans la bonne dimension, il eut été trop simple que ce soit dans la Passe de Magellone, bien sûr. « Et Carillo et les autres ? Je n’avais pas demandé à ce qu’on… » Au même moment la porte principale s’ouvrit et le groupe pénétra dans la salle. Arlington prit sur lui de conserver son flegme légendaire. Cette bande de rebelles lui avait donné beaucoup de sueurs froides. « Carillo, mettez leur les menottes. Ils sont en état d’arrestation, je vous rappelle. Je… Oui, Mon Colonel. Gardes… » Immédiatement les soldats sortirent les menottes qu’ils avaient préparé pour leur première rencontre autour du Positron, mais l’urgence d’alors avait changé les priorités. Phil et Adénor se laissèrent faire, l’un résigné, l’autre n’appréciant visiblement pas. « Ce n’est pas une manière d’accueillir ceux qui vous ont permis de revenir de là-bas, commandant ! » Déclara la jeune femme sans ambages. Arlington en fût surpris, à la fois par le ton que… par la forme. « Madame Kerichi, je suis ravi d’e



RedU T1 Ch17 Ep15
Sep 23 2015 8 mins  
RENTRÉE LITTÉRAIRE sur Red Universe ! Mise à jour de nos livres numériques avec les chapitres V et VI et la mini-série de l’été: « Dualité » ! Venez enrichir votre expérience de cette grande saga avec les textes réécrits pour l’occasion, des illustrations et des commentaires de l’auteur. Disponibles sur toutes plateformes ou en achat direct. ——– Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Silence. Ralato ne s’attendait pas à cette demande de la part du malade. Mais du coté de Stuffy, c’était un drame en direct. « On en a les moyens, tu le sais. Ensemble, nous pouvons littéralement éteindre ses fonctions cérébrales, et ce type arrêtera de souffrir. Et nos renseignements ? Et s’il ne nous donnait pas tout ce que l’on pourrait apprendre ? Le scan mental permettait de connaitre tout ce qu’un esprit contenait, il était également utilisé comme arme pour désarçonner un adversaire ou le rendre temporairement hors d’état de nuire, suivant l’intensité qui y était mis. Même sous Boramol, la drogue anti-mental, il était difficile de cacher quelque secret que ce soit. Les personnes « scannées » n’étaient plus en état d’être interrogées après cela, du moins pas avant un bon moment. « Docteur Evlosky, vous voulez vraiment mourir ? Nous savons tous deux que Quartmac est encore en vie. Et si je vous proposais de subir un scan mental en échange d’une mort rapide, vous accepteriez ? OUI !… » Le malheureux avait d’abord subit une rude vie carcérale, et maintenant ses conditions de vie depuis son accident avaient fini de le briser. Il n’avait même pas hésité, hurlant sa pensée plus qu’autre chose. Un espoir de délivrance, voila ce qu’il quémandait. Bien qu’il ait tout d’abord tenté de maintenir le secret de la survie de Quartmac, il accepterait n’importe quoi en échange de l’ultime présent. Il était donc prêt et volontaire : Stuffy et Ralato plongèrent en même temps. En fait, ils n’eurent même pas besoin de recourir à un scan. L’autre ouvrait toutes grandes les portes de son esprit, ne cachant rien. Des zones entières étaient effacées, usées par la douleur permanente, par l’horreur de cette nuit dans la glace où sa vie s’accrochait malgré toute logique. Ses diverses amputations, ensuite, progressives : à chaque fois que le personnel médical venait le voir, on l’envoyait sur la table d’opération lui ôter un nouveau membre gangreneux. Il avait vécu le calvaire de se sentir diminuer progressivement, rogné par les séquelles sans fin de cette nuit glacée. Plus loin, on retrouvait d’autres souvenirs, antérieurs à son arrivée au camp. Il assistait Quartmac chez les Mutualistes, cette fois il n’y avait plus l’ombre d’un doute. Il participait aux expériences, supervisait les suivis. Un homme de confiance du savant. Ralato poursuivit ses recherches, découvrant deux repères secrets de l’organisation, notant au passage quelques codes et un nom. Une empreinte forte qui ne s’était pas usée, quelque chose qui importait beaucoup au sein du mouvement : « Alpha ». Un chef, LE chef des Mutualistes, l’araignée au centre de la toile ? Dans un mouvement cloisonnée à la paranoïa, cette information n’avait jamais pu ressortir. Ainsi les Mutualistes avaient un leader ? « Ralato ? Viens voir par ici… » Stuffy était parti suivre un sentiment de gêne éprouvée par Evlosky en présence de Quartmac. Il savait que l’homme était censé être mort d’un cancer, et pourtant il vivait toujours. Lui seul, le connaissant bien déjà auparavant, avait remarqué cette peau statique, ce regard plus souvent neutre que perçant. « Il s’est intéressé à la résurrection de Quartmac ? Oui, et il l’a suivi. Regarde là, on est où ? Attend… ces plaines, ces montagnes… Non cela ne me dit rien. Ici, un panneau. Palaos Verte ? C’est une ville, un lieu-dit ? Un gros village peut-être. En tout cas, chaque année le savant y allait. Seul. La dernière fois, Evlosky l’avait suivi là-bas. Mais arrivé au village… il l’avait perdu. L’andouille, il avait laissé trop de distance, de peur d’être vu. Palaos Verde. On tro


RedU T1 Ch17 Ep14
Sep 16 2015 8 mins  
RENTRÉE LITTÉRAIRE sur Red Universe ! Mise à jour de nos livres numériques avec les chapitres V et VI et la mini-série de l’été: « Dualité » ! Venez enrichir votre expérience de cette grande saga avec les textes réécrits pour l’occasion, des illustrations et des commentaires de l’auteur. Disponibles sur toutes plateformes ou en achat direct. ——– Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Un vent glacial cinglait la peau du Lieutenant Ralato, passant au travers des espaces laissés libre malgré l’épaisse tenue. Le souffle était modéré mais le froid mordait. Un ordonnance se précipita pour l’accueillir, accompagné de deux gardes alors que l’orthoptère coupait ses turbines. Tous entrèrent dans l’allée, protégée sous bulle, qui menait à l’entrée principale du camps. Nous étions au nord du nord, à quelques kilomètres de l’extrémité de l’hémisphère. Cette base militaire avait été construite sur une ancienne mine de Talbium-3, abandonnée après quelques années d’exploitation. Vu le coût des équipements et les conditions de travail des mineurs, elle n’était pas rentable, surtout lorsqu’on comparait sa production aux tonnes récoltées, chaque heure, dans les nébuleuses de Talbot. Alors une autre utilité lui avait été imaginée : des ouvriers d’un genre différents allaient poursuivre l’exploitation du filon, et les conditions météorologiques atroces allaient en devenir un atout majeur. Un sas s’ouvrit à leur approche et une douce chaleur enveloppa le lieutenant. On le conduisait à l’officier supérieur du « Camp de reconditionnement » d’Asbjörn, à la limite du monde des Nordistes. Suite à la chute de la forteresse Castiks, certains avaient milité naïvement pour la fin des camps de détentions « sévères », d’autres en avaient plutôt tiré une leçon : mieux valait, pour ce genre d’endroit, un lieu éloigné, désertique à la limite de l’inaccessible. Les Nordistes, parties prenantes à la révolution, n’étaient pas spécialement des démocrates convaincus et ils acceptèrent, sans difficultés, de mettre cette ancienne mine à disposition de l’armée. « On ne revient pas de cet endroit vivant, Ralato. C’est le tombeau des prisonniers politiques. Tu me l’as déjà dit. Je peux comprendre que tu n’apprécies pas d’être ici, mais ce n’est pas la raison de notre venue. N’empêche, il faudra un jour fermer définitivement ces lieux d’horreur. Ici les morts ne croupissent pas, ils ne se putréfient pas, ils… gèlent pour l’éternité. » Oui, c’était d’ailleurs exactement l’idée. On pouvait accumuler un charnier de centaines de cadavres, à deux pas, sans la moindre nuisance. Rien que creuser la glace pour concevoir une fosse prenait plusieurs heures à une équipe armée de pioches chauffantes. Par ailleurs, seuls des orthoptères spécialement conçus ou des navettes spatiales ravitaillaient l’endroit. « Un enfer gelé. Le Purgatoire made in Poféus, voilà ce que c’est. Bien sûr : que les autres membres du Conseil de la révolution ferment les yeux ou que les autorités Nordistes gardent le secret absolu sur ce lieu ne compte pas ? Sois réaliste : ce genre de zone d’isolement existera toujours car elle arrange beaucoup de monde. » Stuffy, l’ancien collègue, l’aspirant Mutualiste dans la tête de Ralato était fondamentalement un utopiste. Malgré ces mois à cohabiter ensembles dans le même esprit, le lieutenant conservait toujours, lui, son pragmatisme, partisan d’une ligne dure. Le résultat était un mental hybride redoutable, étonnamment efficace : il était juste avec les amis mais sans pitié avec les ennemis. Il expliqua au colonel, responsable du camps, son désir de rencontrer un certain prisonnier. L’autre fit la moue, ce qui n’augurait rien de bon. Bien que d’un grade supérieur, l’officier n’ignorait pas la place réelle que le lieutenant occupait en pratique, dans les forces de sécurité de MaterOne, et il hésitait visiblement à donner une « mauvaise réponse ». Finalement, on le conduisit à l’infirmerie du camp. Dès le premier coup d’oeil, on comprenait que les soins apportés ici visa


RedU T1 Ch17 Ep13
Sep 09 2015 7 mins  
RENTRÉE LITTÉRAIRE sur Red Universe ! Mise à jour de nos livres numériques avec les chapitres V et VI et la mini-série de l’été: « Dualité » ! Venez enrichir votre expérience de cette grande saga avec les textes réécrits pour l’occasion, des illustrations et des commentaires de l’auteur. Disponibles sur toutes plateformes ou en achat direct. ——– Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « …de la navette du Transporteur n°3, veuillez lever vos mains et vous rendre sans résistance. Je répète : je suis le Capitaine Carillo, officier commandant ce… » Ils venaient à peine de sortir du boyau les ayant conduit à la si étrange rencontre au-delà des dimensions, qu’ils en avaient oublié que les gens du Transporteur pouvaient avoir quelques griefs à leur encontre. Phil tenait la main d’Adénor, et malgré les épais gants de la combinaison, il lui semblait presque sentir sa chaleur. Toujours plus proches l’un de l’autre. Leur couple n’en finissait pas de souder ses liens, étranger à la durée, aux évènements… aux révélations. Il avait failli devenir l’un des rouages de cet univers, puis en fait non. Elle était pourtant resté instinctivement à ses cotés, sans aucune hésitation, un peu comme lui était parti à sa rencontre, alors que tout lui commandait de rester et d’attendre, lors de la chasse de Benkana au travers de la cité intérieure du transporteur n°7. Et que dire de l’attentat dont ils avaient été victimes… quand Fabio était venu à leur rescousse, d’une manière bien à propos, rétrospectivement. « Certaines choses demandent… on dira : un juste timing » Disais-tu ? Oui, nous devrons éclaircir certaines choses en temps et en heure. « J’ai dis : mains en l’air ! » Grogna Carillo sur la fréquence radio. L’appareil se tenait toujours face à eux, pointant son nez comme s’il voulait les intimider. Après tout ce qu’ils venaient d’apprendre, et même cet effrayent moment où les « Titans » s’étaient mis en colère… franchement, Carillo, qu’espérais-tu ? Tu n’étais pas venu jusqu’ici pour nous abattre, surement pas avec un blanc-seing d’Arlington, même tacite, sur notre venue. Non, tu montrais juste combien l’équipage de ton Transporteur était en colère d’avoir été tenu à l’écart et mis devant le fait accompli. Bon aller, à défaut de lever les mains jusqu’à ce que tu nous laisses monter à bord, un petit mot s’imposait. « Capitaine Carillo, ici le Lieutenant Phil Goud. Nous ne sommes pas armés et nous nous rendons. Permettez que nos mains restent baissées : nous ne représentons aucun danger, et vous savez aussi bien que moi la gène du port de ces combinaisons. Affaire conclue ? » … Aucune réponse, mais l’appareil commença doucement à se rapprocher de la coque du Positron, présentant son flan et son sas principal. « Carillo, au rapport. Comment ça se passe ? » La voix surprit le capitaine qui dirigeait la manœuvre au plus juste pour approcher les deux vaisseaux. Proche mais sans toucher, avec une marge de sécurité, c’est un exercice périlleux quand on sait combien, dans l’espace, aucun frottement ne vient ralentir ou arrêter le moindre mouvement. « Ils ont l’air de se laisser faire sans résistance, Colonel. Nous allons bientôt les accueillir à bord, le peloton est prêt à les mettre en état d’arrestation dès que… Vous ferez cela plus tard. Prenez-les et revenez aussi vite que possible : nos senseurs commencent à afficher des valeurs qui font penser à celles qu’on a connu lors de l’ouverture du vortex. Bien reçu. On a combien de temps ? Au mieux… douze minutes, ce sera très juste. Dépêchez-vous, on vous prépare le sas d’entrée ici. Transporteur, terminé. » Carillo ne perdit pas une seconde et envoya le message à tout le monde, profitant de la fréquence d’urgence. Les commandos à l’arrière avaient désormais ordre de faciliter la montée à bord des suspects pour un départ précipité. Le petit groupe dehors pressait le mouvement et on ouvrait déjà le sas latéral. Chaque minute comptait. Carillo surprit alors Magellone qui s’éloignait : « Capitaine Magellone,


RedU T1 Ch17 Ep12
Sep 02 2015 8 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Je le pense. En fait j’en suis certain, et depuis longtemps, même si j’ignorais tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. » Il baissa les yeux vers Adénor, puis ajouta : « Oui, il y a de cela aussi. Je devais vous les faire rencontrer, vous ne comprenez pas ? Ces êtres là sont avec… à nos cotés depuis des siècles, et ils m’accompagnent depuis ma plus tendre enfance. Ils m’ont plusieurs fois montré combien Phil était important et… Je n’arrive pas à trouver d’autres mots que excellent à ton travail attends je cherche non je ne trouve pas très bien joué Mmhmmm ? Je vous l’aurais dit un jour, bien sûr, mais pas tout de suite. S’il vous plait, ne me faites pas ces pensées effarouchées. Imaginez que je vous raconte… je ne sais pas moi… tenez, ce cirque et toute cette histoire. Ne m’auriez-vous pas prit pour un fou ? Certaines choses demandent… on dira : un juste timing. YEEEAAAAAAHHHH ? » Pas besoin d’explication supplémentaires, tous comprirent que leurs hôtes s’impatientaient. Phil inspira profondément, serra une dernière fois les mains d’Adénor et se redressa. Il ne fût pas surpris que sa compagne fasse de même, peut-être un peu plus lorsque Fabio se rapprocha également du duo. Le lieutenant restait tout de même dubitatif : alors ce serait lui le centre de tout cela ? Le… petit singe qui pouvait « bloquer les rouages de l’univers » comme l’expliquait Magellone ? Il ne voyait pas vraiment comment, en fait il ne comprenait pas grand chose. Mais Fabio, qui visiblement leur cachait pas mal de choses, et Magellone semblaient le croire. Que lui-même ne le sache pas ne prouvait rien de particulier. Les cordonniers ne sont-ils pas notoirement les plus mal chaussés ? Bon, allons-y : « Je suis le Lieutenant Phil Goud, celui que vous appelez le Faiseur. C’est moi que vous cherchez ! Et je suis Fabio Ouli, le.. la trapéziste ? » Magellone vînt au secours du mental blond. Il lui précisa dans un sourire : « Le Passeur, fiston. T’es l’Passeur. » Et se retournant vers toute l’équipe des artistes de la folle représentation, il ajouta : « Mes amis ! Y’ sont LÀ ! Ceux qu’vous che’chez d’pis si longtemps, l’Passeur et l’Faiseur sont enfin réunis ! On va pouvoi’ t’availler ensemble et vous laisser reveni’ nous donner vos pouvoi’s ! » Magellone était bel et bien de leur coté. Que lui avaient-ils promis ? L’avaient-ils convaincu d’une manière ou d’une autre ? Fabio croisa le regard de la trapéziste, son homonyme. Oui, elle devait y être pour quelque chose. Il offrit pourtant son plus beau sourire au capitaine, clairement en désapprobation avec ces pensées. Loyal s’éleva alors du sol et s’approcha de Phil, suivi par tous les artistes. Nez en avant, il le renifla, comme l’aurait fait un chien ou un chat, suivi, là encore, de tous les autres. Le lieutenant se raidit de sentir tous ces visages proches de son corps à flairer ses odeurs. Que préparaient-ils tous ? La trompe de l’éléphant se figea d’un coup sur la base de sa nuque. Phil ne put s’empêcher de pousser un petit cri, quand il sentit le contact de l’appendice du pachyderme contre sa peau, mais il se laissa faire. Etrange spectacle que le balais de tous ces participants à la représentation, qui se succédaient pour renifler la nuque du jeune homme. Lui tentait de sourire, mais sa tension était palpable. Et comme si de rien n’était, les artistes s’envolèrent soudain, ou plutôt se laissèrent flotter vers le haut, pour redescendre ensemble au centre de la piste. Apparemment, l’inspection était terminée. « Ce n’est pas lui, n’est-ce pas Magellone ? Je… je comp’end pas. Pou’tant on était su’ ! Oui, vous n’êtes pas le seul à n’y rien comprendre, croyez-moi… » Les deux amoureux ne savaient plus qui suivre du regard : les artistes du cirque, Loyal, Fabio, Magellone ? Adénor questionna froidement




RedU T1 Ch17 Ep11
Aug 26 2015 6 mins  
Ce weekend-end retrouvez toute l’équipe de Podradio (et votre serviteur) pour la grande fête du Podcast le 27/24 ! 27 heures d’émission non-stop et une mini-série spéciale Red Universe sur Fabio intitulée « Agapé » Du Samedi 29 à 6h du matin au Dimanche 30 Aout à 9h sur http://podradio.fr Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Phil réfléchissait à voit haute, les yeux pensifs dans ceux de sa compagne comme s’ils partageaient leurs pensées. Ce n’était, certes, pas le cas mais l’amour, le vrai, accomplissait des miracles parfois : « La trapéziste, c’est quelqu’un qui peut faire des choses que personne ne sait réaliser. Même Loyal, même le singe. Elle… Elle est habillée comme les deux autres, les humains et les ennemis. Bien vu, Phil. C’est une humaine ou une ennemie, ou les deux. Elle est comme eux, mais différente. Dans le monde réel, ce serait quelqu’un qui… » Il se figeât, changeant d’expression. « YYYYYeeEEEEEEEAAAAAAAAA! Vouiiii c’ca gamin ! Et de un ! Ha, ha, ha ! Fabio ? » Demanda Phil, inquiet. Il vit le mental livide, ayant perdu toute sa hargne, ou, tout du moins, l’ayant mise de coté. La main d’Adénor serra soudain la sienne, elle venait de comprendre à son tour et indiquait le jeune homme blond de la tête, de manière insistante. « Tu… C’est toi la trapéziste, c’est cela ? Tu es… tu es la personne qui peut faire traverser les barrières des mondes à ces êtres. » L’autre ne répondit pas. Une nouvelle fois en quelques minutes, des briques se déplaçaient et se ré-assemblaient dans sa tête. Certaines options se voyaient mises en lumière, d’autres vérités s’effondraient définitivement. Les êtres translucides n’avaient pas besoin de lui pour influer sur ce monde, ils aidaient déjà les mentaux en leur insufflant quelques pouvoirs depuis des centaines d’années et sans son intervention. Mais lui savait utiliser et exploiter cette force bien au-delà des limites communes, d’où sa légende de « super-mental ». À la lumière de ce qu’il venait d’apprendre, il n’utilisait en fin de compte que la puissance nominale fournie par les Titans, les pouvoirs mentaux courants n’en étaient, eux, qu’un vague reflet. Cela donnait d’ailleurs une idée de ce qu’avaient dû être les affrontements entre hommes et ennemis, à l’époque des débuts de MaterOne. Fabio leva ses mains et les observa, pensif. Dans la cathédrale sous-marine, il avait dirigé des flots d’êtres translucides, il leur avait fait traverser une porte qui, en fin de compte, s’était avérée inexistante. Tout cela alors qu’il végétait dans un état second. Le carnage ne s’était arrêté qu’une fois tombé évanoui pour de bon, la vague des êtres ayant alors reflué spontanément au travers de leur porte. C’était cela son pouvoir ? Permettre aux Titans de passer chez nous ? Evidement cela expliquait bien des choses à commencer par le simple fait de les voir, ce qui était la première faculté qui le différentiait de tous les autres mentaux. Pas encore arrivé au bout de ses réflexions, le jeune homme blond se rassit, pliant les doigts, observant les jointures se serrer, dessinant leurs rigoles dans le creux des paumes. Même le choix d’une trapéziste n’était certainement pas anodin. Il re-croisa le regard inquiétant de Loyal : Mes goûts sont-ils différents parce que VOUS l’avez voulu, ou vous êtes-vous seulement inspirés de la réalité ? L’autre ne répondit pas, laissant la question en suspens. Par contre, il se tourna et se saisi du petit singe aux cymbales. Celui-ci se laissa faire, bovin. Il se mit tout de même à se tortiller et rigoler quand le présentateur glissa ses longs doigts sous la fourrure d’or, pour une séance de chatouilles destinées à le rendre plus vivant. « Alors M’sieurdames, et l’Faiseur, il est où ?Le Faiseur ? » Répondirent-ils tous d’une même voix. Ce nom n’éveillait rien chez Phil ou Adénor, mais Fabio se souvint l’avoir lu une fois, dans la description d’une bataille passée. Les hommes étaient devenus maîtres de leur territoire, en ayant chassé les ennemis. Mais certains groupes


RedU T1 Ch17 Ep10
Aug 19 2015 7 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Monsieur Loyal ici présent, s’il ne parle pas bien notre langue, nous comprend donc parfaitement. Nous venons d’assister à une représentation imagée de quelque chose que nos amis estiment d’une grande importance, au point d’avoir créé un vortex dans l’espace pour nous y faire assister. J’ai raison jusque là, capitaine ? Mmmhmm.. C’tinuez gamin, c’bien…. » Répondit simplement le gros officier. La solution ne viendra visiblement pas de lui. Adénor lança donc le débat : « MMhmm. …En essayant de trouver le rôle de chaque intervenant ? Pas bête Adénor. Les jongleurs sont les plus simples à trouver. Ce sont les humains et les ennemis. Quoi ? Des humains ? Et… des ennemis ? » Il restait à mettre Phil dans le secret. Fabio entendit l’esprit d’Adénor effectuer les connexions manquantes : même si tout n’était pas encore clair, elle avait déjà remonté, de son coté, presque tout le puzzle. « J’ai eu l’occasion, peu avant la révolution Castiks, d’effectuer des recherches sur l’histoire de l’Humanité. Dans le cadre de… mes fonctions d’alors, je suis remonté plusieurs siècles dans le passé, à une époque lointaines, précédant l’arrivée de la royauté. L’enquête nous… m’avait amené dans des endroits dissimulés depuis si longtemps, qu’il en étaient oubliés des hommes. Et cela raconte une lutte pour la liberté entre les humains et ceux que l’on nommait alors les ennemis, des êtres aux pouvoirs mentaux visiblement hors-normes, peut-être même supérieurs à ce que l’on connait actuellement. C’est probablement à cela que nous venons d’assister. » Il laissa les deux amoureux digérer l’information. Lui-même se remémorait les souterrains, le vieux coffre et la carte mémoire, son intrusion dans la tête du Roi de MaterOne, et enfin l’incroyable cathédrale sous-marine. Sauf que derrière tout cela, revenait un nom. La dénomination d’une puissance, sans limite, venue aider les humains. C’est cette force que Poféus avait tenté de trouver et maitriser, dans l’espoir fou de dominer la race humaine. (*) « … Les Titans. WWHWHHHHAAAAAAAAAAAYyyaaaaaaaAaaheeeeeAAAAAA » Hurla Loyal en sautillant et tournant sur lui-même. Visiblement, ils étaient sur la bonne voie. « Tu veux bien nous expliquer ? C’est quoi les Titans ? Je l’ignore. D’après les rapports que j’ai pu lire, certains les auraient rencontré, mais je ne voulais pas y croire à l’époque. Les descriptions… ne collaient pas, on dira. » Il était tombé dans l’inconscience durant tout le contact, mais pas inactif : on prétendait même qu’il les avait dirigé ! Une force, composée de millions de petits objets translucides aux pouvoirs inimaginables. À l’époque, il avait refusé de faire le lien avec eux, ceux qui l’avaient nourri si puissamment de leurs pouvoirs. Ils n’étaient pas des êtres de mort, seulement des sources de pouvoir, n’est-ce pas ? Sauf qu’après tout ce qui venait de se dérouler, depuis le vortex jusqu’au spectacle, et cet incident où ses « amis » lui avaient montré un visage complètement différent, il ne savait plus. « Les animaux : l’éléphant-melotte et le tigre rouge. Ce sont les Titans, c’est cela, Loyal ? WWHWHHHHAAAAAAAAAAAYyyaaaaaaaAaaheeeeeAAAAAA Et… c’est VOUS, ces fameux Titans. » L’autre s’arrêta, le visage se déformant sous un sourire bien trop grand, et Monsieur Loyal effectua une longue et belle révérence devant le mental blond. Puis il releva la tête, croisant leurs regards. Sans en comprendre exactement la raison, Fabio n’aima pas ce qu’il y lut. Mais alors pas du tout. « Alleeer, tous! Vous a’êtez pas en si bon ch’min ! Poursuiv’ez. C’qui les aut’es ? Il y a une ligne, une frontière, quelque chose qui les empêche de… Votre dimension ! » Rugit Fabio, les dents serrées, il venait de se dresser. Son regard toujours croisé avec celui de Loyal, le jeune homme terminait son apprentis


RedU T1 Ch17 Ep9
Aug 12 2015 5 mins  
Ne manquez pas la diffusion de la MINI-SÉRIE Reduniverse « Dualité » en exclusivité sur Saga Audio Compagnie ! Du 1 août jusqu’au 15 Août 2015 ! Retrouvez le Docteur Blame, le Lieutenant-colonel Onawane et le Professeur Quartmac dans la sombre bataille du Transporteur n°2 lors de l’attaque des pirates. ____________________________________________________________________________ Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Fabio se garda bien d’émettre une quelconque critique, il risquait de mettre tout le monde en danger. Le couple sur la gauche soupirait de soulagement : tous comprenaient combien ils étaient à la merci de leurs hôtes. Comme pour un résumé de l’épisode précédent, le frère blessé recula de plusieurs mètres puis reprit son trot vers le groupe formé par les deux animaux et son propre frère, l’omnipotent. On sentait l’imminence du clash entre les deux et peu de chance de réussite pour l’outsider. Fabio dirigeât alors son regard dans une autre direction, il sentait que le coup suivant viendrait de.. « YAAAAAAAAAAAAAAAAAAA » Loyal hurla dans son micro puis frappa le sol avec son balais, de toutes ses forces ! Immédiatement d’énormes explosions de fumées retentirent sur toute la piste, et même au-dessus, dans les airs. Quelques unes jaillirent près de la nymphe qui se protégea sur son trapèze, en position fœtale. La scène entière sembla se mettre à bouillir de fumée. Plusieurs explosèrent, enfin, juste dessous les animaux. Le tigre rouge fût projeté dans les airs sous l’impact, une seconde explosion le cueillit au dessus de la ligne tracée sur le sol et l’envoya terminer son voyage du coté opposé, de là où il venait. D’autres explosions harcelaient l’éléphant-melotte. Le puissant animal avait beau simuler des barrissements et piétiner le sol tout autour, l’attaque de Loyal ne s’arrêtait pas. Il finit par s’affoler et couru se mettre à l’abri de son coté. Visiblement, il pouvait passer, dans ce sens là, sans problème… L’intérêt des spectateurs se reporta immédiatement sur le duel entre les deux frères. Le départ des animaux signifiait que leurs pouvoirs n’étaient plus, donc la seule différence sur la balance sera : « …La volonté de vaincre. Celui que l’on croyait perdu… …Va maintenant reprendre le dessus. Je vois que tu as tout compris, Phil. Reste que j’aimerais bien savoir ce qu’il adviendra de l’ancien omnipotent de frère ? Shhhht ! ’gardez, qu’on en finisse ! okay, okay… voyons cela. » Qu’on en finisse, avait-il dit ? Le spectacle touchait donc bien à sa fin, comme prévu. Le résultat de la bataille fratricide fût à la hauteur des attentes : le frère vengeur frappa tant et si fort que l’autre battit en retraite, se trainant dans un coin de la piste. Il commença même à escalader la rambarde pour s’abriter de l’autre coté et ne dut sa bonne fortune qu’à l’épuisement de son adversaire qui abandonna la poursuite. Le projecteur changea d’ouverture. La lumière se focalisa sur le frère vainqueur, marchant, claudiquant un peu, passant devant les animaux qui l’accompagnait de leur coté pendant quelques mètres. La nymphe trapéziste tournoyait toujours, et, quelques fois, il pouvait presque la toucher des doigts. Tête baissée, il poursuivait sa marche sans fin : il avait perdu son frère et ses pouvoirs. Désormais seul, allait-il trouver un nouveau but à son existence ? L’ancien trapéziste en tenue à damier, passa devant Loyal qui mimait une pose de statue. Le projecteur s’arrêta sur le chef d’orchestre, laissant le dernier héros de l’histoire quitter « la lumière », en but à sa nouvelle solitude. La musique s’arrêta enfin. Seul le présentateur demeura visible des spectateurs. Monsieur Loyal n’avait plus de balais, juste son micro qu’il tenait dans le dos, les bras repliés. Après quelques secondes d’attente, il fit plusieurs pas en direction de nos héros, ne s’arrêtant qu’à une poignée de mètres d’eux. La tête un peu penchée, un sourire aux lèvres, il les regarda tous attentivement : Phil, Adénor, Fabio et même Magellone. Vis


RedU T1 Ch17 Ep8
Aug 05 2015 7 mins  
Ne manquez pas la diffusion de la MINI-SÉRIE Reduniverse « Dualité » en exclusivité sur Saga Audio Compagnie ! Du 1 août jusqu’au 15 Août 2015 ! Retrouvez le Docteur Blame, le Lieutenant-colonel Onawane et le Professeur Quartmac dans la sombre bataille du Transporteur n°2 lors de l’attaque des pirates. ____________________________________________________________________________ Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Phil Goud regarda tour à tour ses voisins, puis observa à nouveau la scène, dubitatif. « Non, je ne saisis pas. Mhhhhhmmmmm Zoé, du calme ! Je ne sais pas ce que vous avez tous les deux, mais visiblement sortir du Transporteur vous fait du bien. Phil, jette un œil du coté de Loyal. » Le lieutenant s’exécuta, et découvrit avec étonnement que le personnage serrait désormais son balais bien haut et approchait justement son micro pour parler : « Heu..YYéaaaa ? QUAYAAA ? » Il se redressa, cette fois définitivement, et se cacha les yeux avec son bras. Pivotant sur lui-même, il lança une jambe après l’autre, bien haute, comme une marche à suspense. Puis il libéra sa vue d’un coup sec et cria, simulant une surprise : « YOOOOOOOÉUUIIIiiii OAAALAAAA ???! » Tournant la tête à droite puis à gauche, son regard passait des animaux aux deux frères, puis inversement. Sur une dernière pose magnifique, il se tourna alors vers les spectateurs, se prenant la tête entre les mains en tirant ses cheveux. Le clown parfait en quelque sorte ! « HOoooNONONONOOOOOOOOO » Les deux frères ne semblaient pas avoir remarqué le retour du Monsieur Loyal. Le plus fort partait à la rencontre de l’autre, nonchalant, en contraste total avec celui sur le retour, que l’on sentait déterminé mais sans espoir. Il mimait de grands gestes farouches, contrastant avec un visage à la tristesse exagérée. Le tigre rouge rugit en silence, laissant apparaitre, par sa gueule ouverte, d’écœurantes protubérances grouillant à l’entrée de son œsophage. Cette démonstration n’échappa pas à l’éléphant-melotte, lui-même de plus en plus agité, piétinant ici le sol, levant sa moitié de trompe vers le plafond. Eux avaient senti l’arrivée de Loyal, mais pour une raison ou une autre, ils restaient sur place, ne tentaient ni de se déplacer, ni d’attaquer. Fabio sembla prendre la parole sans préavis : « Ils ont besoin de rester immobiles pour donner leur force aux deux frères. Sans cela, la gue-guerre fratricide se terminerait bien vite. » Phil se retourna alors vers lui, interrogatif. « Navré Phil, je deviens aussi sensible que notre capitaine national. Du coup, j’ai répondu à ta question un peu trop en avance. Mais faut pas vous es’cuser ga’çon ! Ca pe’met de pa’ler moins et de egarder plus ! Hé toi, le jeuneôt, arrête de t’poser toutes ces questions et fait confiance au spectc’e, d’acco’d ? Je… heu, bon d’accord. » Adénor lui montra discrètement la nymphe tournant toujours inlassablement au-dessus de la scène. Elle aussi était inquiète, mimant force de poignets serrés contre son coeur ou mains sur la bouche comme pour se retenir de crier. Ce qu’elle ne ferait pas de toute façon. « Vous n’avez pas appris à parler, mes mignons. Ne simulez pas, vous n’êtes pas assez doués pour cela. » Pensa Fabio. Immédiatement la musique s’arrêta. Magellone se jeta sur lui, plaquant contre sa bouche sa propre main, collant sa tête contre les cheveux en bataille du jeune blond ! Le mental n’eut que le temps de comprendre ce qu’il venait de se passer que déjà le gros officier lui chuchotait à l’oreille, apeuré : « Tais-toi malheu’eux ! Ne r’pense jamais du mal d’eux ! JAMAIS ! Magellone ! Veuillez… Ho, ho… » Phil, à peine debout, se rassit doucement, posément, évitant les mouvements brusque tandis que Fabio lui-même montrait, à qui voulait s’y intéresser, des gestes d’apaisement lents et réconciliateurs. « Pitié, pitié, pardonnez-le… » Supplia Magellone à l’oreille du jeune homme, la voix tremblante de terreur. Devant eux flottaient tous les acteurs du spectacle : Loyal, le petit singe, l’éléphan


RedU T1 Ch17 Ep7
Jul 29 2015 7 mins  
Ne manquez pas la diffusion de la MINI-SÉRIE Reduniverse « Dualité » en exclusivité sur Saga Audio Compagnie ! À partir du 1 août jusqu’au 15 Août 2015 ! Retrouvez le Docteur Blame, le Lieutenant-colonel Onawane et le Professeur Quartmac dans la sombre bataille du Transporteur n°2 lors de l’attaque des pirates. ____________________________________________________________________________ Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Intérieur du Positron. Le spectacle délirant d’acrobates et d’animaux de cirques, tenus d’une poigne de fer par un Monsieur Loyal hystérique, battait son plein. Sous la lumière noire, le petit singe saltimbanque avançait joyeusement vers le centre de la piste, faisait claquer ses cymbales, visiblement fier de lui et du bruit produit. Cet animal était bien différent des monstrueuses choses qui tournaient en rond, de l’autre coté de la ligne tracée dans le sable. Le rendu de sa fourrure n’était pas ordinaire : plus dorée, plus luisante, presque métallique, sous réserve de ce que la lumière noire acceptait de renvoyer. Tous convinrent que la représentation du petit animal tenait plus de la statuette précieuse que d’un nouvel organisme protéiforme. Fabio jeta un œil en coin à ses voisins. Phil et Adénor suivaient le spectacle, se tenant la main, le lieutenant chuchotant parfois quelques remarques à l’oreille de sa compagne, celle-ci répondant par des hochements de tête, tantôt positifs, tantôt négatifs. Magellone, lui, avait déjà assisté à la représentation, sans doute plusieurs fois. En avait-il été le premier spectateur ? Avait-il participé à la rendre plus intelligible ? Le capitaine ne semblait pas écouter les pensées des autres cette fois, dommage. Il ne s’intéressait qu’à la voltigeuse qui se balançait au-dessus de la piste, survolant régulièrement la séparation infranchissable pour les autres protagonistes… Le glorieux officier était amoureux d’une transposition, d’une représentation d’êtres, venus d’on ne savait où, en forme humaine. Certes, bien en chair, la gracieuse acrobate possédait de généreux et plaisants atouts, mais tout de même… Fabio se demandait à quel point tout ceci était calculé et prévu à l’avance par les petites bestioles qu’il croyait connaitre depuis si longtemps. « Mais… ça fonctionne ? Loyal est complètement obnubilé ! » La phrase de Phil fit revenir Fabio au spectacle. Effectivement, le singe-statue d’or jouait des cymbales et enchainait acrobaties sur virevoltes, s’accaparant toute l’attention du maître des lieux. Mieux : le bonhomme rondouillard laissait trainer au sol son balais et son micro se balançait au gré des mouvements de son bras pendouillant. Comme hypnotisé. « Ha ha ha ! Ca ma’che à tous les coups çà ! Ha ha ha ! Et qu’est ce qui marche à tous les coups, Capitaine ? Ben le… heu, le spectacle quoi ! Je vois… » Conclu posément Fabio. Donc, déjà, on avait la confirmation de la répétition de ce spectacle. Quand à l’hypnose de Monsieur Loyal, on devinait la suite. La belle nymphe s’étirait tout en souplesse, offrant de nouvelles prises pour les animaux, tout en gonflant sa poitrine déjà opulente à la grande joie de Magellone. Déjà le tigre rouge était passé de l’autre coté, et l’éléphant-melotte se préparait à profiter du survol suivant de la voltigeuse. De l’autre coté de la ligne, les deux frères se chamaillaient, tentant tour à tour de caresser la fourrure du félin, de se repousser, d’embrasser l’animal, etc… D’ailleurs celui-ci se laissait faire. Fier, il demeurait stoïque, observant autour de lui, assis, alors que les deux autres en arrivaient aux mains. L’arrivée de l’éléphant-melotte ne fit qu’empirer les choses. Apparemment toucher ou caresser un des animaux donnait de la vitesse aux acrobates, de la force également. Oui, leurs chamailleries tournaient au pugilat : ils ne se repoussaient plus, il se donnaient de violents coups, rapides et puissants, dont on pouvait entendre certains des impacts jusque sur les gradins. Mmhmm ! Oui Adénor, certains coups dépassent



RedU T1 Ch17 Ep6
Jul 22 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Je l’aimais en tant que… en tant qu’être humain, en tant qu’esprit. Aurais-je pu devenir homophobe comme mon père ? Je l’ignore, mais « comme mon père » était un avenir qui m’était tout simplement impossible à envisager. Vous dites, Amiral ? » Poféus leva les yeux. Il se trouvait dans la grande salle du Conseil de la Révolution, entouré de toutes les têtes de l’état. Face à lui, de l’autre coté de la table, sirotant une boisson quelconque, Heir. Quand avait-il quitté Calande ? « Êtes-vous souffrant ? » Demanda le président du Conseil. Le vieux bonhomme ordonnait autour de lui certains feuillets de travail, comme d’autres conseillers devisaient à voix basse avec leur ministre. La séance commençait à peine, c’était une chance. Calande, il faudra vraiment que l’on trouve rapidement une solution à ces sautes de conscience. « J’ai peur que le temps ne manque pour autre chose que l’action, Président. Et qu’entendez-vous donc par là ? La… l’Exode. Elle représente un danger. Pardon ? » De nombreux regards se tournèrent vers le contre-amiral, interrompant les discussions étouffées. Même Heir faillit avaler de travers. « Contre-Amiral Poféus, expliquez-vous s’il vous plait. L’Exode est loin maintenant, elle a franchi la Passe de Magellone, c’est une affaire close qui n’est plus de notre ressort. Mes services ont des informations concordantes comme quoi les Mutualistes seraient une branche activiste du mouvement de l’Exode. Mais c’est impossible. Ils sont trop loin, que pourraient-ils espérer de cela ? Non, c’est encore une fausse rumeur, une de plus. » Le ministre de la coopération culturelle, un affilié de Heir, intervint une fois de plus dans ce qui ne le regardait pas. Un coup d’œil vers l’homme aux yeux si noirs de l’autre coté de la table. Ainsi tu étais un mental, et donc tu pouvais suivre tout ce qu’il se disait autour de nous, peut-être plus loin encore ? Mais mes pensées te sont inaccessibles. Profitons-en. « Je vous présenterais ces preuves. Mais elles ne recouvrent qu’une partie de la vérité. J’ai l’intime conviction de l’existence d’agents Mutualistes mentaux ayant noyauté certains pans de l’administration. Cela signifie qu’ici, en ce moment… Nous sommes peut-être écoutés par l’ennemi. Vous voulez dire… maintenant, on fouillerait dans mon… dans nos cerveaux ? Exactement, je vois que vous saisissez la gravité de la chose. Cela expliquerait aussi comment cette organisation, qui a fusionné avec celle de l’ex-princesse Azala, je vous le rappelle, peut se permettre tant d’audace. Ils ont toujours un coup d’avance car ils sont informés à la source ! Amiral. Je pensais vos propres troupes capable d’endiguer toute attaque psychique ? La réputation des forces mentales n’est plus à faire, il me semble. » Heir lui-même intervenant en plein débat ? Voici qui devenait très intéressant. La marionnette des Souriants savait pourtant que Ralato avait transmis son rapport. Et pourtant, il partait à la charge, malgré l’épée de Damoclès d’une révélation officielle de ses agissements contre les forces de l’état. Ou alors avait-il d’autres cartes en main ? « Mes forces ne peuvent pas tout surveiller en même temps. Peut-être que vos amis Souriants sauraient nous apporter leur aide ? Je l’ignore. Transmettez donc une demande aux représentants de cette communauté. Vous seriez en affaire avec eux, que cela simplifierait grandement la démarche, n’est -ce pas ? Connaissez-vous le Triangle, Monsieur Heir ? Oui, c’est une figure géométrique. Et cette pénurie de Lithium, ne sont-ce pas vos troupes qui convoient les productions depuis Talbot ? Messieurs… » Coupa le président du conseil, sentant parfaitement la discussion déraper. Le vieux bonhomme n’avait d’autorité que spirituelle mais les deux rivaux saisirent la perche au vol pour interrompre leurs éc


RedU T1 Ch17 Ep5
Jul 15 2015 8 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Mon père… enfin… Bref, ma référence paternelle était un soldat très célèbre. Une de ces gloires militaires passées qui sont invitées en remerciement, croulantes de médailles et de citations, lors de toutes les grandes réceptions. On dit qu’il connaissait personnellement Lanéon II, une amitié d’enfance. Nous habitions sur les terres offertes par le roi pour bons et loyaux services envers l’état. Une riche demeure, de vastes terrains, un titre de noblesse, une bonne rente, des domestiques, l’idéal pour qu’un enfant s’épanouisse, me direz-vous. Sauf que mon soldat de père n’était pas resté à la caserne. Il passait la plupart de son temps de retraite à tyranniser tout le personnel, régissant lieux, personnes et animaux comme pour une campagne militaire. Il était très stricte, vraiment… Une véritable étiquette, quelque chose d’étouffant, régissait la maison durant mes jeunes années. Saviez-vous que j’avais des affinités avec les arts plastiques ? Très jeune déjà, j’accumulais les pots de peintures pour, de ma propre initiative, peindre des objets dans le parc, des statues, des charrues ou un vieux tracteur abandonné. Mère me laissait faire, voyant sans doute d’un bon oeil l’éveil de son enfant. Père n’était pas du même avis. Pour lui l’art n’était que faiblesse, un milieu de parasites jouisseurs et homosexuels. Et c’était d’ailleurs un homophobe convaincu. Il disait, à qui voulait l’entendre, que l’Homme n’était pas fait pour avoir une relation avec un autre représentant du même sexe, que cela était une erreur de la nature et qu’il fallait la réprimer. Dans ses meilleurs moments, il parlait de maladie mentale à soigner. Il avait même paraphé le préambule d’un livre choc sur le sujet, écrit par un médecin psychiatre, un ami de la famille. Peut-être le connaissez-vous ? Cela s’intitulait La maladie sans germe. Oui, cela ne me dit quelque chose. Ce ne fut pas un grand succès, sauf dans certains milieux : il était jugé trop partial. Je crois qu’un de mes professeurs l’avait cité en parfait contre-exemple de choses à ne pas faire lorsque l’on se veut scientifique. » Calande prenait des notes, encore et toujours. Entre deux lignes, elle se permettait d’intervenir ou de répondre à son patient. Poféus, de son coté, n’arrivait pas à détacher son regard de ses longues jambes qui n’étaient plus couvertes qu’à mi-cuisse par la jupe légère. Embaumé de volutes du parfum de la jeune femme brune, il se sentait l’incroyable envie de serrer leur chair tannée de ses doigts noueux. Quelle douce texture avaient-elles, ces cuisses ? « Angilbe ? Mhhm ? Je… excusez-moi. Votre… jupe me rappelait des souvenirs. Cela me ravie. Et pouvez-vous m’en parler ? Oui justement, j’y viens. Un de nos palefreniers avait deux filles. Si l’une était un vrai garçon manqué, l’autre était très féminine. Et celle-ci appréciait aussi l’art ainsi que la culture. Nous avons grandit ensemble. Et comme cela devait arriver, les années passants, nous avons commencé à avoir une relation sentimentale. Un petit peu trop jeunes sans doute. C’est à dire ? J’avais treize ans, et elle, douze et demi. L’amour est un bonheur Calande, mais il peut être le poison qui tuera l’amitié. » Le contre-amiral leva les yeux vers la jeune femme, jugeant de sa réaction. Elle ne prononça pas un mot, griffonnant consciencieusement ses notes. Dans un petit soupir, il se tourna vers la cheminé au feu inlassablement crépitant. Depuis les tous débuts de leurs séances, il n’avait jamais cessé de détailler les moulures, les bas-reliefs, la texture des nervures de marbre parcourant sa façade. Il la connaissait maintenant si parfaitement que parfois, lors d’une conversation au téléphone ou d’une attente quelconque, il se surprenait à en dessiner distraitement les contours sur un coin d’agenda, un bord de table.


RedU T1 Ch17 Ep4
Jul 08 2015 8 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Les trapézistes se laissèrent descendre avec leur balançoire jusque sur la piste. Bras et jambes étirées, la courbe des corps tendues à l’extrême donnait l’illusion de deux flèches vivantes pointant vers le groupe d’animaux. À cette distance, on pouvait mieux les détailler : habillés en costumes à damier noir et blanc, leur apparence était proprement fantomatique, se perdant dans l’environnement général aux valeurs semblables. L’un portait un bonnet en pique tandis que celui de l’autre était étiré en largeur. C’était leur seule et unique différence, un peu comme si l’on avait voulu nous décrire des frères de race. Un dernier détail : ils se repoussaient, ne s’appréciaient visiblement pas. Dès qu’ils eurent touché le sol sablonneux, ils s’éloignèrent l’un de l’autre puis se jetèrent en direction des animaux, mais, ho surprise, il ne purent franchir la ligne tracée dans le sol. Par des gestes successifs mimés, ils simulèrent un mur invisible, une surface de verre infranchissable qui les empêchait de passer. De l’autre coté, les animaux étaient intrigués par ce manège et tentèrent également de traverser la frontière invisible. L’éléphant-melotte donnait des coups de tête pour forcer le passage, tandis qu’à coup de griffes acérées, le tigre rouge tentait de s’ouvrir une impossible brèche. Malgré leurs efforts, rien n’y faisait, le mur restait infranchissable. Tout d’abord en plein ouvrage, les deux acrobates se figèrent, observant les animaux. Ils étaient littéralement en admiration, un peu comme si la force primaire des bêtes recelait une quelconque magie attractive. Aucun doute, les deux personnages en noir et blanc posaient en extase. Du moins, selon l’interprétation que l’on pouvait avoir du jeu de mime. « AAAAiiii, RRRRRrraaaagaaaaééééé, OOOOOOOOO ! » Hurla Monsieur Loyal, pointant de nouveau un doigt vers le plafond, faussement surpris. Il jeta même un clin d’oeil vers son public, ce qui fit battre des mains le Capitaine Majellone ! « Hola ouii ! J’ado’e, enco’e, enco’e ! Ha, ha, ha ! » Phil ne put s’empocher de croiser le regard de ses deux voisins. Les siècles passés avaient-ils entrainé une sorte de régression mentale chez le capitaine ? « S’pèce de nabot va! Tu dev’ais suivre c’qu’y s’passe plutôt que d’m’insulter ! Rega’de donc la beauté et la g’ace.. LÀ-HAUT ! » Grogna-t-il à l’intention du lieutenant, mais également à celle de tous les autres participants. Ne voulant visiblement plus perdre de temps avec eux, il se replongea dans le spectacle. Fabio se surprit à comparer l’expression de l’officier à de l’amour, et ce fût en dirigeant son attention vers la voute qu’il en saisit la raison. Une nouvelle trapéziste entrait en lice, entourée d’un nuage de ruban et autres bandes soyeuses de tissus flottant dans l’éther environnant. Pas de doute sur sa féminité, ses formes généreuses étaient clairement mises en valeur, quitte à paraitre un peu vulgaire. Fabio sourit de nouveau en coin : alors capitaine, connaissez-vous donc cette jeune dame enveloppée ? L’autre grogna mais ne quitta pas des yeux la nymphe. Ils formeraient un beau couple si c’était le cas, et cela expliquerait comment l’officier du Positron n’était pas devenu fou. Offrir un partenaire sentimental était utilisé depuis l’aube des temps pour garder une personne équilibrée et tranquille… Magellone regarda sèchement le mental, ne perdant visiblement pas une miette des pensées du jeune homme. Mais il ne prononça pas un mot, rien qu’un nouveau grognement, puis se replongea dans l’admiration de la belle, dont le trapèze, descendu à quelques mètres de la piste, commençait à se balancer d’avant en arrière. Inversant sa position en se tenant par les jambes, elle tendit les bras vers le sol, une pose acrobatique célèbre chez ces artistes de cirque. Tous les participants l’o


RedU T1 Ch17 Ep3
Jul 01 2015 9 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Le blanc. Partout. Mais autre chose également. Fabio ne pouvait s’empêcher d’apprécier la vision d’un monde aux valeurs inversées : le noir y était la lumière, le blanc, l’obscurité. Pour un être hors des normes communes tel que lui, le concept était plaisant. Il se tenait aux cotés de Phil Goud et d’Adénor Kerichi, assez proche également du Capitaine Magellone pour sentir les relents de transpiration émanant de l’ouverture de son gros scaphandre. Tous suivaient les pérégrinations de la silhouette d’un « Monsieur Loyal » caricatural, qui voltigeait, mimait et hurlait des élucubrations incompréhensibles sur une piste de cirque dessinée, esquissée plutôt, à grands reflets de noirceur sur un blanc immaculé. Cette scène ubuesque n’était que l’aboutissement d’un long périple qui avait commencé lorsque leur Transporteur fût absorbé par un vortex à l’intérieur même de la Passe de Magellone. Celle-ci portait le nom de l’officier supérieur du premier vaisseau à y plonger pour ne jamais en revenir, le Capitaine Magellone, son voisin d’estrade. Et pourtant, l’histoire remontait à maintenant plus de cinq siècles. Sans en connaitre la finalité, Fabio, le mental le plus puissant connu, avait pu déduire certaines pièces du puzzle : les petits êtres translucides qui donnaient leurs pouvoirs aux mentaux étaient derrière tout ce stratagème. Ils l’avaient amené ici, ainsi que ses voisins, dans le but qu’il puisse, grâce à ses facultés, leur permettre d’apparaitre dans cette autre dimension, à l’intérieur du Positron. Le vaisseau légendaire de Magellone semblait être le point de rendez-vous choisi par les petits êtres pour leur premier contact « direct » avec l’Humanité. Comme si cela n’était pas assez complexe, toute cette suite d’évènements était ponctuée de références improbables aux aspects délirants. Que dire de ce monde aux valeurs inversées, de cette soit-disante piste de cirque éclairée de lumière noire par une clef à molette boursouflée jouant le rôle d’un projecteur ? Elle-même résultait de l’agglomération de milliards de petits êtres translucides qui s’étaient jetés les uns contre les autres, se compressant de manière improbable en cette forme qui n’était pas inconnue à Fabio : il s’agissait du dernier être ayant pu l’accompagner jusqu’ici. Dire que, naïvement, il le pensait son ami il y avait encore quelques heures… Bref, tout naviguait dans un surnaturel grotesque et incompréhensible où le fait de souffrir les hurlements fous d’une silhouette ricanante n’était qu’une facette parmi d’autre. L’individu fit soudain une pause dans ses acrobaties, comme s’il avait suivi les réflexions du mental blond et en attendait la fin. Il prit une nouvelle pose théâtrale, levant bien haut son bras libre, pour ensuite le tendre vers ce qui devrait être l’entrée de la piste. Elle prenait la forme d’un espace séparant deux grosses colonnes que l’on devinait décorées de moulures et autres masques sculptés en bas-relief. Enfin… d’après ce que la lumière noire en laissait deviner, car cette dernière ne se focalisait jamais plus d’une seconde sur une position, rendant impossible une vision précise de la scène. « Gniiiiiiiiii….. YAHAMAAAAALAAAAAGOYAAAAAAAA !!!! » Hurla Loyal en se courbant en deux. L’omniprésent orgue de barbarie reprit soudain de plus belle, alors que des visions à la limite du cauchemar pénétrèrent sur la piste au rythme de la musique. Pouvait-on appeler ces choses… des animaux ? Peut-être des caricatures animales, ou des simulacres de créatures, mais elles provoquaient bien plus la peur que l’attendrissement. « Mais c’est un tig’e ‘ouge, ma pa’ole !! » S’extasia Magellone, tel un enfant. Apparemment l’officier n’avait plus vu de tigre rouge depuis bien longtemps. Ceux-ci avaient normalement des yeux plus petits et placés aux bons endro


RedU T1 Ch17 Ep2
Jun 24 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Je vous écoute, Carillo. J’aimerai des bonnes nouvelles, pour une fois. Et j’ai quelque chose pour vous Monsieur : regardez ceci… » Le Capitaine Carillo désigna une zone grosse comme une orange sur l’écran-table qui se dressait entre lui et le Colonel Momumba Arlington. La totalité de la surface d’affichage était monopolisée par le Positron, le légendaire appareil du Capitaine Magellone, pionnier de l’exploration spatiale. On avait extirpé des bases de données du vaisseau tout ce qu’il était possible de savoir sur le célèbre vaisseau et concentré cette profusion d’informations ici même, dans le serveur central du centre de commandement du Transporteur. Une simple pression sur un point du schéma provoquait son agrandissement et l’apparition d’une séries de cotes en tous genres, difficile de faire une présentation plus claire. Arlington laissa son regard naviguer le long des fines lignes bleues. Un bien beau modèle que cette classe Pélican. Cette série de vaisseaux d’exploration présentait des courbes beaucoup plus esthétiques que les vaisseaux actuels, d’aucun parlerait maintenant d’un style baroque. Plutôt petit, sans comparaison possible avec les transporteurs de la classe Goliath, il hébergeait un équipage réduit à seize personnes maximum, incluant le capitaine. Au cœur de l’engin, la salle de la première génération des quadrilleurs spatio-temporel qui nécessitait, à elle seul, un tiers de l’équipe, entre son exploitation et son entretien. C’était suite à son invention que l’idée de « quadriller » l’univers avait émergée dans l’esprit des élites d’alors, et la classe Pélican en était l’aboutissement. Un propulseur au lithium d’un bon rendement, un imposant compresseur dimensionnel plutôt efficace compte tenu des technologies de l’époque, le robuste petit appareil était taillé pour constituer la flottille qui sillonna l’univers connu durant presque un siècle. Une conception simple et solide, tout l’esprit de son époque en quelque sorte. Oui, justement : une autre époque. Le regard d’Arlington se reporta sur l’endroit de la carte indiqué par son second. L’index de Carillo était posé sur une zone à la fois floue et opaque, où même les courbes ne s’y dessinaient pas naturellement, elles y étaient comme corrompues, tordues. Le colonel s’approcha, supposant un problème d’optique dû à la fatigue accumulée, mais non. « Le serveur est endommagé ? Absolument pas, Monsieur. Ceci est le meilleur résultat que tous les censeurs et radars à notre disposition ont pu nous fournir. Je précise d’ailleurs que seules les bio-signatures et quelques signaux radars ont été un peu parlant. Le reste ne signalait strictement aucune activité. D’accord, mais pourquoi le schéma lui-même est… tordu ? Aucune idée, c’est le radar à onde courte qui a fourni cette information. Le résumé des analyses donne ceci : nous sommes en présence d’une multitude de signatures énergétiques compatibles avec la vie, elles-mêmes au cœur d’une distorsion dimensionnelle. Laissez-moi deviner. Quelque chose de semblable à ce qui nous a amené ici ? Difficile d’être catégorique, Mon Colonel, mais c’est très plausible, en effet. » Le lieutenant Goud lui avait parlé d’une étape dans la compréhension du phénomène et de Magellone les invitant à trouver des réponses à bord. La boucle se refermait maintenant de manière presque trop évidente. Un très vieil officier, inexplicablement vivant, associé d’une manière ou d’une autre à quelqu’un ou quelque chose capable de créer des ponts entre les dimensions. Un peu tiré par les cheveux, mais au moins cette théorie recoupait tous les évènements. Restait à savoir le pourquoi ? Et puis, ce « quelque chose », c’était quoi ? « Une estimation du nombre ou du genre de signatures ? À quoi avons-nous à faire ? » ck& L’autre se pinçait ses lèvre


RedU T1 Ch17 Ep1
Jun 17 2015 11 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Bonjour à tous, Vous êtes sur Ex-One Média, et c’est Ted Maos’n, en direct du Transporteur n°1 pour votre édition d’actualité ! Voici les titres : • Transporteur n°3 : Le drame absolu qui a frappé nos compatriotes est désormais passé de la stupéfaction à l’inquiétude : et si nous étions les suivants ? En l’absence de réponses claires, toute l’équipe – réduite – s’est mise en action pour trouver une réponse à cette… Disons, cette question existentielle. Ce sujet recouvrira la quasi totalité de l’émission pour des raisons évidentes. • …Seul autre sujet traité ce soir : l’évolution sensible, de ce que l’on a appelé la « Phil et Adénor-mania », vers une religion à part entière. Car leurs adeptes soutiennent mordicus que leurs héros ne sont pas morts, il auraient juste « changé d’état » pour mieux préparer leurs retours. Un reportage de Rabsky Benkous. Commençons donc par le sujet principal : celui de notre survie. Rendez-vous juste après cette parenthèse. » <pub> « Retour dans Ex-One Média. L’Exode dans son intégralité a vécu, il y a maintenant une douzaine d’heure, un des pires évènements de l’Histoire spatiale. Faut-il rappeler les chiffres ? Plus d’un demi-millions d’âmes, un Exodé sur sept, quatre cent mille tonnes de matériels divers et de fret : le cargo géant de la classe Goliath, connu sous le nom de Transporteur n°3, s’est littéralement volatilisé lors d’une distorsion de l’espace-temps dans la Passe de Magellone. Et aucune explication crédible n’est venue donner, sinon un sens, au moins une logique à cette horreur. Car oui, nous parlons bien d’horreur ici. Même le naufrage du Lusania, ce célèbre croiseur de plaisance qui termina sa carrière dans la région de Vegas IV, ne comptabilisait « que » cent cinquante mille disparus. Et c’était il y a plus de deux cent ans, on pensait que les drames de cette ampleur faisaient définitivement partie du passé. Nous faisions erreur. Personnellement, j’ignore même comment cela sera annoncé au reste de l’Exode qui, comble de l’abomination, ne sera mis au courant qu’à notre regroupement final, après la traversée de la Passe, dans deux semaines maintenant, si… tout va bien. Les pleurs n’en ont donc pas encore fini de résonner dans les coursives. Mais justement, et si tout n’allait pas bien ? On ne comprend pas ce qui est arrivé au Transporteur n°3, pourquoi donc cela ne se reproduirait-il pas pour notre propre Transporteur ? La réaction des autorités ne s’est malheureusement pas faite attendre. Voici, il y a deux heures, un extrait de la conférence de presse extraordinaire organisée par le Général décembre. Celui-ci quittait une interminable réunion de crise à huit-clos, entouré de spécialistes en tous genres. » « Messieurs-dames, je m’exprime devant vous alors que.. mmhmm… l’heure est grave. Vous n’êtes pas sans savoir le drame qui nous touche tous. Le Transporteur n°3 a disparu dans les méandres des dimensions de la Passe de Magellone ce matin, à dix heures zéro quatre. J’étais… Mhmmm… personnellement en contact avec le Colonel Arlington lorsque le vaisseau a débordé de son assiette. Je ne vous décrirais pas tous les évènements, sachez seulement que ce fût rapide, très rapide ! Nous suivions alors les prémices de l’incident avec toute l’assiduité possible depuis une quarantaine de minutes, dès que les rapports des senseurs ont révélé les premières anomalies spatio-temporelles. Mmhmmm… Ils sont morts sous nos yeux. C’est… quelque chose d’assez bouleversant. Vous me voyez ici, à la sortie d’une réunion avec tous les spécialistes et responsables de notre Transporteur qui tentent, encore maintenant de trouver une explication rationnelle à ce qui est arrivé. Avant d’aller plus loin, sachez que je déclare immédiatement l’état d’urgence à bord de ce vaisseau. Un couvre-feu va être …


RedU T1 Ch16 Ep15
May 27 2015 9 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Les Dieux… Ses pouvoirs, le fait que Magellone puisse l’atteindre directement. Même l’intérêt porté sur Phil Goud. Les pièces du puzzle s’emboitaient maintenant à la perfection. Ainsi, ils avaient la possibilité d’ouvrir un vortex de la taille d’un transporteur, au beau milieu de la Passe. Et ils l’attendaient depuis le début, s’étant sans doute éloignés pour mieux préparer leur rencontre. Manipulé, voilà ce qu’il lui était arrivé depuis, qui sait, des semaines des années, toute sa vie ? « Fabio ? » Demanda Phil, inquiet du mutisme de leur ami. Il s’approchait pour lui poser une main sur l’épaule, quand celui-ci le retint d’un geste : « Ce n’est pas la peine, j’ai compris. J’ignore sincèrement ce qui va arriver maintenant, mais sachez par avance que j’ai sans doute été le premier berné dans cette histoire. Pas de sentimentalisme gamin, on s’ennuie… Taisez-vous la relique. Vous n’êtes que leur homme de paille. SI VOUS VOULIEZ ME VOIR IL SUFFISAIT DE ME LE DEMANDER ! » Hurla Fabio tout autour de lui, à destination du vide. Puis, sur une grimace trahissant sa colère rentrée, il se concentra. Ils voulaient une démonstration maximale ? D’accord, il allait la leur donner en faisant appel à tous les êtres se trouvant dans les parages. Normalement, cette action les faisait se rapprocher de lui pour recevoir une part de leur puissance psychique, comme tout Mental. Mais pas aujourd’hui. Adénor se glissa près de son amant, prenant une position plus souple malgré ses béquilles, en préparation à un improbable combat. Phil regardait tout autour de lui, n’en revenant pas. De leurs yeux écarquillés, ils voyaient des millions de petits objets translucides apparaitre dans toutes les directions. Le blanc de l’univers se mouchetait de cuillères, de téléphones portables, de tournevis, de boites de conserves ou de fruits en surimpression. Où qu’ils regardaient, de sous leurs pieds à l’horizon, enfin là où il aurait dû se trouver, il n’y avait plus que ces petites choses mouvantes, tournoyant lentement autour du groupe comme une tempête en préparation. Fabio se concentra encore, sachant pertinemment jusqu’où ils l’attendaient : il devait reproduire l’effort qui l’avait propulsé sur MaterOne pour sauver son frère, ils voulaient qu’il les aspire en lui tel un siphon. Une ultime inspiration gonfla ses poumons, puis… Fabio força peut-être plus encore qu’il ne l’eut jamais fait, laissant échapper un murmure de rage dans son effort de concentration. Le mouvement magnifique des centaines de millions d’êtres stoppa soudain. L’un après l’autre, d’abord lentement, puis de plus en plus vite jusqu’à devenir des flèches de lumières, ils se jetèrent tous les uns dans les autres, à l’exacte verticale d’un Fabio qu’on devinait livide malgré la visière. D’une manière incompréhensible, une sorte de puissant mouvement de l’air accompagnait celui de masse des êtres translucides. Adénor attrapa la main de son compagnon, tentant avec lui de contrer la force du courant. Ils n’eurent pas à s’inquiéter longtemps, les dernières vagues d’objets vinrent percuter à leur tour leurs collègues et une ultime tasse à café fût absorbée. À la verticale de Fabio, ne subsistait plus qu’une forme mouvante, d’un noir insondable, semblant se chercher. Unique rescapée des innombrables individus. Pris d’un vertige, Fabio relâcha soudain la pression et s’écroula sur ses genoux, tandis que Phil se précipitait pour le soutenir, suivi d’Adénor. La jeune femme ne quittait pas des yeux la sorte de clef à molette noire boursouflée, dernier avatar de la chose flottant au-dessus d’eux. Magellone se rapprocha enfin et, d’une manière étonnamment paternelle, adressa quelques mots de soutien au mental blond. Sa voix dissimulait mal l’empreinte d’un profond respect. La démonstration l’avait visiblement


RedU T1 Ch16 Ep14
May 20 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Un groupe de scaphandriers longeait la coque du Positron en direction de la proue du vaisseau. Leurs chausses magnétiques résonnaient lugubrement dans le vide sous la surface du métal, mais seules les vibrations remontaient le long de leurs chevilles. « Dans l’espace, personne ne vous entend hurler… Qu’est-ce tu dis mon gars ? Rien Capitaine. Je me remémorais le slogan d’un vieux film. » Répondit Fabio, peu enclin à partager les souvenirs d’un film d’horreur dans leur situation. En file indienne, Magellone, Fabio, Adénor et Phil Goud progressaient vers un sas secondaire que leur avait indiqué le capitaine. Il avait garanti que ce serait plus rapide de passer par là, alors tous l’avaient suivi. « Nous y v’la M’sieur-dame ! Pu qu’à l’ouvrir… » Et joignant le geste à la parole, il s’accroupit aussi maladroitement que son embonpoint le lui imposait et fit coulisser une trappe dissimulée entre deux jointures. On l’entendit grommeler alors qu’il tentait de composer un code avec ses gros doigts gantés. Plusieurs tentatives furent nécessaires lorsqu’enfin un mécanisme ronronna sous la coque et l’écoutille d’un sas secret roula doucement sur ses engrenages, libérant le passage sur une ouverture parfaitement… blanche.. Phil constata l’étrangeté à haute voix : « C’est tout blanc. Mmhmm… Elle a raison. Dans cet univers, le noir peut devenir blanc suivant son interaction avec la lumière. » Répondit le Mental blond, traduisant les pensées d’Adénor. « Mais c’était noir chez nous tout à l’heure, pourtant ? Sans doute les règles de cette dimension ont leur propre complexité, cher Phil. Qui passe le premier ? B’Diou ! C’est mon vaisseau, matelot ! Et le capitaine est toujou’s le p’mier à ent’er et le de’nier à sorti’ ! » Et sur cette phrase, Magellone fit un petit pas en avant et se laissa glisser directement dans l’orifice. Les autres se regardèrent, puis Phil s’élança, suivi de sa compagne et de Fabio. Peu rapide, la « chute » dura quelques bonnes minutes avant que les chaussures aimantées du Mental ne se fixent sur quelque chose. Le couple et le capitaine se tenaient déjà là à regarder le blanc, totalement pur, qui les entourait. En fait, bien qu’à quelques pas de lui, ils n’étaient guère plus que des silhouettes se dessinant sur un fond immaculé. Blanc par ci, blanc par là, cet univers blanc rappelait l’hôpital, et Fabio n’aimait pas les hôpitaux. Sentant ses pouvoirs toujours actifs, il se demanda s’il avait la faculté d’agir sur quelque propriété de la lumière dans ce monde ? D’un coté, remettre tout en noir n’était pas une solution non plus, plutôt… faire de la lumière « noire » pour « éclairer » ? « Bien sû’ gamin qu’tu peux. Et c’est même c’qu’on attend de toi. » Un frisson glacé parcouru la colonne vertébrale du Mental. Magellone venait de répondre à une pensée intérieure, malgré ses barrières levées. Cette fois le doute n’était plus permis, ce gros bonhomme cachait bien son jeu depuis le début. « Eeeeevidement ! Qui c’ois-tu qui t’donne tes pouvoi’s, hein ? Nos Dieux sont les mêmes, fils, et il est temps pou’ toi de les appeler ! Mais que dites-vous, Capitaine ? Demanda Phil, qui n’entendait évidement que la moitié de la conversation. Tu vas le savoir fiston, dès que notre ami ici allumera tout çà… » Tous se retournèrent vers Fabio, dubitatif. Bon, de toutes façons ils étaient venu ici pour comprendre et on ne faisait pas d’omelette sans.. « …Sans casser des oeufs ! Ha ha ha ! » Ricana le capitaine, trop heureux de couper l’herbe sous le pied de Fabio. Celui-ci fut piqué au vif par la remarque anodine , bien plus qu’il ne l’aurait dû : cette facilité à percer ses défenses était stupéfiante. « Pouvez-vous arrêter de faire cela ? C’est énervant. T’aime pas qu’on fouille tes neu’ones petit ? Pou’tant j’c’ois savoi’ que t’ado’e le fai’e au


RedU T1 Ch16 Ep13
May 13 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Spatioport de MaterOne, milieu de l’après-midi. La bruine grisâtre et les nuages bas n’étaient pas du meilleur accueil pour l’arrivée de l’imposant croiseur intergalactique. Le gros vaisseau atterri sur la piste sécurisée, celle réservée aux personnalités importantes. Une file officielle de plusieurs véhicules noirs aux armes Castiks se présenta face à une des sorties de l’imposant engin spatial, précédé par une nuée de motards. Un grands sas s’ouvrit, et, devançant tout le groupe se préparant à sortir, un homme, cheveux gominés et tenue impeccable, descendit la plateforme, le pas vif. On se précipita pour lui ouvrir la porte d’un des véhicules. Immédiatement les motards firent rugir leurs sirènes et les gardes du corps, comme les collaborateurs, s’agglutinèrent à qui saura trouver le plus vite une place dans le convoi. Quelques secondes plus tard, le train de véhicule s’éleva puis s’élança, contournant une des tours de contrôle du spatioport. Monsieur Heir se retourna vers la fenêtre, observant la ville défilant sous ses yeux. « Avez-vous fait bon voyage, Wángzǐ ? » L’interlocuteur du membre du Conseil de la Révolution était assis dans un siège profond, face à lui. C’était un petit Souriant à l’allure étriquée, aux lunettes rondes et fines, arborant un nœud papillon du plus bel effet. Qiānbǐ, le secrétaire de Monsieur Heir, tenait à la fois du comptable, de l’homme de confiance et du fonctionnaire. Il n’assistait pas uniquement le personnage politique qu’était Heir, il était également la courroie de transmission avec les Triades, recruté par elles spécialement dans ce but. Son rôle se révélait donc ambigu. « C’était long, comme toujours. Des nouvelles de Myan ? » Son jeune protégé avait été envoyé par le premier transport disponible au départ de Tb-01 : les infrastructures de la planète mère étaient les seules aptes à soigner son élève. Heir avait préféré attendre encore plusieurs semaines, même après le départ de Ralato, pour disposer d’un créneau sûr et quitter à son tour la nébuleuse de Talbot. Ce n’était que dans la périphérie du système de MaterOne qu’il avait pu être transbordé sur le croiseur officiel l’ayant conduit à destination. « Son état est stable. Nos meilleurs spécialistes le veillent. » Petit silence. Les deux hommes travaillaient ensembles depuis suffisamment longtemps pour éviter les dialogues superflus. Un silence pouvait parfois être autrement plus explicite qu’une longue tirade. Le politicien pointa son regard sur Qiānbǐ. Aucune expression autre que ce discret sourire énigmatique. En bon apprenti des techniques mentales Souriantes, il savait faire le vide dans son esprit, dissimulant les informations que seule une douloureuse sonde pouvait faire ressurgir. Heir ne ressentait donc rien d’autre qu’une patiente attente de la part de son vis à vis. Dès la découverte de l’existence des mentaux, la communauté Souriante avait entretenu et développé en secret ce précieux savoir, pour ses propres intérêts. Il eut été imprudent de laisser les pouvoirs psychiques aux seules forces royales. Certes ce n’était pas l’efficace système de recrutement, d’universités et de centres de formations que l’Etat avait disséminé tout au long de l’histoire humaine, chapeauté par le tout puissant « bureau des affaires mentales ». Il s’agissait plutôt d’une variante artisanale centrée sur la communauté Souriante, modifiée grâce aux vieux préceptes traditionnels de philosophie et de techniques de contrôle de soit. L’expérimentation de la chimie du « nuage de miel », cette drogue produite sur Talbot et diffusée partout, en décupla les résultats, avec de puissants guerriers comme Hòu niǎo ou Myan qui virent le jour. Heir lui-même pouvait en témoigner. « Ils veulent me voir c’est cela ? En effet, Monsieur. Ils sont plutôt remontés quand au co


RedU T1 Ch16 Ep12
May 06 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Quelques minutes plus tard, la navette était en route pour le Positron. On ne pouvait guère manquer leur destination, seul objet visible sur le blanc immaculé de cette dimension. D’aucun dirait : la seule tache. Un clignotant s’éveilla sur la console de bord, attirant l’attention de Phil, aux commandes de l’appareil. « Je crois… Oui c’est une communication entrante. On cherche à nous contacter. » Il enfila son casque et enclencha le contact. « Ici navette de transport non autorisée. Qui nous demande ? Lieutenant Goud ! Je n’irais pas par quatre chemins : vous revenez maintenant et ici, avec Magellone et toute votre petite équipe, et je passerais l’éponge. Dans le cas contraire, je fais décoller les chasseurs pour vous intercepter ! Mes respects Colonel Arlington. Écoutez, il semble que ce soit le Capitaine Magellone lui-même qui nous ait invité pour cette petite virée à bord du Positron. On peut sans doute considérer cela comme une étape dans la compréhension de… Arrêtez de gagner du temps, voulez-vous ? Vous avez volé un appareil, soustrait un témoin capital et quitté le transporteur sans autorisation. Votre notoriété ne vous permet pas de faire n’importe quoi. Revenez, c’est un ordre ! » Phil se retourna. Magellone lui signifiait de couper la radio et Adénor bougeait la tête en signe de négation. Fabio, lui, entra directement en contact par la pensée. « Explique-lui que notre situation ne nous permet pas de suivre les procédures habituelles. Et que, de plus, il semble qu’il y ait un soucis avec les chasseurs. Comment çà, un soucis ? Hé hé… Passe juste le mot comme je viens de le faire, Phil. Je te promet un bon accueil. » L’autre fit la moue puis enclencha à nouveau la communication. « Mon Colonel, à situation exceptionnelle je pense que nous devons appliquer des mesures exceptionnelles. Par ailleurs, vous ne pouvez pas faire… décoller vos chasseurs… actuellement ? Pardon ? Mais pourquoi… < biiiiip > Arlington ? Comment ? Les alternateurs centraux de tous les appareils ? Mais…? …. Goud ! Qu’avez-vous fait ? Où sont les alternateurs de nos chasseurs ? Je dirais… Troisième compartiment… à droite en entrant dans le… vestiaire… Voilà, vous les y trouvez là. Et le temps de tout remonter, nous serons certainement déjà revenus ! … Colonel, ne voulez-vous pas connaitre le fin mot de toute cette histoire ? Le Capitaine Magellone se fait fort de nous éclairer sur nos questions, du moment que nous le suivons. Et si c’était un piège ? Nous ne pourrons rien faire pour vous aider s’il vous arrivait quelque chose, j’espère que vous vous en rendez bien compte ? Oui Monsieur… » Le lieutenant baissa son micro et croisa le regard de sa compagne. Cette fois c’était un oui qu’elle disait d’un hochement de tête. Et ses yeux brillaient. « …Nous sommes tous prêts à l’accepter, Mon Colonel. » Petit silence. On sentait Arlington confronté à sa conscience, comme souvent depuis l’entrée du vortex qui les avait conduit ici. Même volontaires, à la limite de la mutinerie, Phil, Adénor et Fabio n’en restaient pas moins des membres du transporteur sous sa responsabilité. Il ne voulait pas les perdre et n’aurait jamais accepté une opération de ce genre. Sans doute était-ce d’ailleurs la raison de la fuite en avant du petit groupe. « Ici Arlington. Allez-y. Tenez-nous au courant et faites en sorte de revenir entier. On y compte tous, Mon Colonel. Merci à vous. Navette, terminé. » Momumba reposa son micro sur le poste radio. Debout devant les écrans, il suivait l’avancée inexorable de la navette, impuissant. Quelle équipe de têtes brulées, pensa-t-il, également conscient que ses amis Benkana, JFHill ou lui-même, avaient été exactement pareils lors de la Révolution Castiks. Et cela les avait conduit à la victoire. Soutenez Reduniverse.fr Prod: PodS



RedU T1 Ch16 Ep11
Apr 28 2015 7 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Phil Goud n’arrivait pas à trouver le sommeil. Comme souvent dans ces cas-là, le plafond devenait un terrain de recherches et de découvertes sans fin où la moindre aspérité, boulon ou toile d’araignée était un continent à explorer. Vivagel pompait doucement ses pattes avant contre son torse, le contemplant de ses yeux mi-clos. Il en fut récompensé par une série de caresses tout à fait à son goût. Le lieutenant regardait, pensif, le gros chat roux onduler, se trémousser et faire mille manières à chaque passage de la main de son maître. « Il ne doit pas y avoir tant de chats ayant voyagé comme toi. Quelque part, tu dois être une star chez tes congénères, hein ? » L’autre ronronna de plus belle en clignant plusieurs fois des yeux, il semblait répondre Si tu savais… Retour vers le plafond. Phil ne doutait pas qu’une bonne partie de la population du transporteur devait, plus ou prou, être réfractaire au sommeil. Certes, ils avaient eu une chance insensée ( et encore, était-ce une chance ? ) de survivre à la sortie inattendue de la Passe… Mais comment rentrer ? Magellone, lui-même, reconnaissait à mi-mots être ici depuis très longtemps. Devrait-on s’habituer à manger des cubes nutritifs ? Vivagel se redressa alors, s’étira puis sauta par terre, s’éloignant tranquillement vers une pièce adjacente où Sa Majesté avait installé ses quartiers de nuit. Il gratifia tout le monde d’un inhabituel miaulement profond qui résonna dans la chambre. Phil serra les dents, il détestait quand le chat s’amusait à les réveiller ainsi pour son simple plaisir. Adénor se retourna, dans un demi-sommeil, sur un murmure interrogatif. « Ce n’est rien chérie, rendors-toi. C’est juste le chat qui fait des siennes. En fait, justement, je voulais plutôt vous suggérer de vous lever. » Alors que Phil sursautait, Adénor avait déjà bondi et jetait la couverture du lit sur la silhouette qui venait de parler depuis l’encadrement de la porte. Roulant au sol, elle attrapa une de ses béquilles et se préparait à l’utiliser tel un harpon quand elle s’immobilisa, comme paralysée. La voix de Fabio s’éleva de nouveau. « Tout doux, madame la guerrière. Je suis navré de m’introduire ici sans prévenir, mais il fallait que je vienne discrètement… Hemm… Zoé, puis-je te libérer sans me faire transpercer par… ta béquille ? Mhmmm. » Alors que le mental libérait la jeune femme de son étreinte psychique, il fit signe à Phil de ne pas crier ni émettre aucun son, percevant la colère qui émanait du Lieutenant. « Je vous dois quelques explications, j’en conviens. Le temps nous manque malheureusement. Sachez seulement que j’ai une sérieuse piste quand à la vraie raison de notre présence, j’entend tout le transporteur, dans cette dimension. Et je vais avoir besoin de vous. Nous allons devoir déjouer la surveillance de toute la garde du vaisseau et encourir une belle colère d’Arlington, mais… » Il regarda tour à tour Adénor et Phil, puis leur fit un clin d’oeil. « … Une petite aventure, cela ne vous manque pas ? Faites-moi confiance, les amis, celle-ci sera une des plus belles. » Avait-il réussit, comme il l’espérait, à la gagner, cette confiance ? Son choix de se révéler à eux, toute la machination près du compresseur trans-dimensionnel, ces semaines à les chouchouter et gagner leur estime et leur reconnaissance ? Là où ils allaient, il ne serait pas question de les y diriger par le bout du nez, lui-même ne savait pas si ses pouvoirs le suivrait là-bas. Non, le couple allait devoir le suivre de plein gré, même lui apporter toute l’assistance possible. Et puis bon, on allait présenter Phil à des hôtes de marque tout de même. « Bonjour M’sieur-dame, c’t’un plaisir de vous rencont’er. Je suis Auguste Magellone, le capitaine du Posit’on ! Capitaine Magellone ? Mais… Comment êtes-vous arrivé l


RedU T1 Ch16 Ep10
Apr 22 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Et ce seraient des Dieux qui vous auraient sauvé ? Pouvez-vous… développer ? Développer quoi mon gars ? Les Dieux c’est pas un t’uc qui s’décrit ! Ils sont là, çà brille de pa’tout. C’est comme des anges, mais non, c’est des Dieux. Ha… parce qu’il y a des anges aussi ? Oui, enfin non. Leurs anges ne se baladent pas avec eux, ils sont en mission. … en mission…. » Momumba Arlington ne savait pas si le capitaine se payait sa tête ou s’il était sérieux. L’autre avait accepté de répondre plus sérieusement aux questions lorsque le colonel les avait lui-même posé, mais la conversation avait vite dérapé sur des explications métaphysiques toutes aussi floues et incompréhensibles les unes que les autres. Carillo tenta de venir en aide à son commandant : « Capitaine Magellone. Lorsque ces Dieux vous sont apparus, vous étiez déjà dans cette dimension, nous avez-vous dit. Mais votre équipage était-il avec vous ? » L’autre se rembrunit. Il noua ses mains derrière la table, plissa sa lèvre supérieure qui remonta ainsi les plus hauts poils de sa barbe jusque dans ses narines. Le gros officier rougeaud était visiblement gêné par la question et ne savait pas trop comment répondre. Arlington et son second attendirent : ainsi placé face à un fait précis, la disparition de son équipage, Magellone allait devoir revenir à des réponses autrement plus concrètes. La porte de la salle d’interrogatoire s’entrouvrit, et un garde fit signe au colonel. Celui-ci s’excusa et sorti de la pièce. Fabio l’attendait dehors : « Colonel, laissez-moi l’interroger directement. En tête à tête. Pourquoi donc ? Vous avez des connaissances particulières en matière d’interrogatoire ? De débriefing, Colonel, de débriefing ! Oui, débriefing… Mmm, d’accord, allez-y. » Pendant que Momumba faisait signe à Carillo de le rejoindre, Fabio pénétra dans la pièce, assez satisfait de l’amélioration constante de son emprise sur son environnement et ceux qui s’y trouvaient. Il referma la porte doucement, humant l’odeur de transpiration qui émanait du gros bonhomme. L’autre n’en pouvait plus, il commençait à s’agiter sur sa chaise, visiblement en manque d’activité… ou en situation trop inhabituelle. En tant que membre du service des « affaires mentales », Fabio avait souvent eu à assurer des interrogatoires. Avec ses facultés, cela se révélait facile mais, quelques fois, des réfractaires naturels aux sondes psychiques, des drogués du Boramol ou simplement d’autres mentaux, pouvaient se révéler plus coriaces. Ces gens avaient souvent des choses à cacher. La pression sophistiquée, que seules les équipes des « affaires mentales », routinières des méandres de la psychés humaine, savaient appliquer, conduisait immanquablement les individus à craquer après quelques heures intenses. Il sentait que Magellone n’était pas fait d’un bois aussi dur. Quoiqu’il cache, il n’était qu’un rouage de la mécanique en cours et seules ses connaissances du plan le rendaient différent d’un individu ordinaire. Il était temps d’arrêter les faux-semblants. « Bonjour Capitaine Magellone. Je suis Fabio Ouli. Actuellement toute personne qui nous surveille, tout enregistrement qui pourrait être fait de cette conversation est suspendu ou en veille. Je pense que vous me comprenez. » L’autre le regarda, pas spécialement surpris. Continuant de maugréer dans sa barbe. « Je jouerais carte sur table. Vous savez sans doute qui je suis. J’ignore la finalité de cette suite d’évènements mais je compte sur vous pour éclairer un peu ma lanterne. Je me demandais quand vous z’alliez inte’venir. On m’avait dit que vous n’au’iez pas d’p’oblème pour nous passer à l’étape suivante. L’étape suivante de quoi ? De la raison pou’ laquelle z’êtes là, bon Dieu ! Vous c’oyez qu’ils s’amusent souvent à embe’lificoter l’espace et le temps pour f


RedU T1 Ch16 Ep9
Apr 15 2015 8 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner La navette terminait son approche et pénétra lentement dans le hangar du petit spatioport situé à la base du Transporteur n°3. « Amortisseurs inertiels activés. Réduction de la poussée des moteurs à cinq pour cent. Doucemeeeeeent… » Derrière la vitre du centre de contrôle, le Colonel Momumba Arlington suivait, bras croisés, les procédures d’atterrissage exécutées par son second. Il avait tenu à venir personnellement surveiller l’arrivée de leur nouvel invité, mais ne se méprenait pas sur le sens caché de ces évènements. Tout restait encore à découvrir et à comprendre : leur présence en cette si étrange dimension blanche, le Positron et maintenant Magellone en personne. Son intuition lui soufflait que l’on n’avait encore servi que les hors d’œuvres. Les pattes de l’appareil touchèrent le sol du spatioport, exactement dans les petites zones délimitées par le quadrillage de peinture rouge. Le Capitaine Carillo et son co-pilote terminaient consciencieusement les manœuvres. « Crampons magnétiques au vert. On y est. Bon tu passes les moteurs en veille, checking de l’appareil au grand complet, je ne veux pas qu’on ait des défaillances. On a aucune réelle idée des règles de cet univers. » Puis jetant un œil à la silhouette du commandant du transporteur, il esquissa un salut et ajouta : « Nous, on a du pain sur la planche avec le colonel. J’attendrais la pressurisation et l’ouverture des portes avec les autres. Bon travail ! » Et il tapota l’épaule de son voisin en quittant le cockpit. Malgré la discrétion sur cette affaire, le bruit avait couru dans tout le transporteur qu’un personnage illustre allait mettre pied à bord et une foule de badauds étaient maintenus à l’écart du spatioport par un solide cordon de miliciens. Les administrés d’Arlington étaient déjà trop fervents ces derniers temps, alors le passage dans une nouvelle dimension risquait de décupler les comportements irrationnels. Pas question que la réapparition d’un fantôme du passé vienne se greffer là-dessus, il n’avait pas besoin de problèmes supplémentaires. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait préféré garder Phil Goud et sa compagne à ses cotés. Certes cela accréditait leurs importances aux yeux de leurs groupies mais, au moins, rien ne se passerait autour d’eux sans qu’il puisse réagir immédiatement. Une bonne idée que lui avait glissé leur chaperon, l’officier Ouli. Ouli, Fabio Ouli… Un jour il faudrait qu’il recherche ce nom dans les archives, il lui disait quelque chose. En bas, tout un peloton prenait place au pas de course autour de la navette, imposant un trajet aux occupants qui allaient sortir du sas en train de s’ouvrir. Des recherches sur quoi déjà ? Momumba venait de penser à chercher quelque chose mais… non, cela lui échappait maintenant. Il se concentra à nouveau sur le petit groupe emmené par Carillo, qui entourait un gros bonhomme rougeauds, visiblement volubile. Alors c’était lui, Magellone ? Les caméras embarquées l’avaient visiblement aminci. Sa tenue d’officier était bien celle que l’on pouvait voir sur les anciens enregistrements de l’époque, plutôt moulante, d’un blanc satiné, une casquette fine un peu trop engoncée sur la tête. La grosse boucle de ceinture épaisse, aux armes d’une royauté alors toute neuve, donnait la touche finale au tableau. Il se retourna vers Fabio et les autres : « Venez. Il va être conduit au douzième niveau pour un debriefing. C’est par là. » Et tout le petit monde quitta la pièce à la suite du colonel. « …Et vos systèmes de cont’ôle de bord sont v’aiment super ! Là, mon gars, si j’avais eu çà à l’époque, c’est toute la galaxie que j’aurais cartog’aphié ! Merci Capitaine, mais ce n’est pas la réponse à ma question. Comprenez bien que si nous vous avons transporté depuis le Positron c’est… Ha oui ! Votre systè


RedU T1 Ch16 Ep8
Apr 08 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Dans la prochaine heure, je ne veux qu’on me dérange qu’en cas d’extrême urgence. » Le Contre-amiral Poféus leva son doigt du commutateur, coupant le contact. Sacré Ralato, garder des secrets avec lui relevait du challenge. Certes, le jeune officier n’avait pas encore pris l’entière dimension de ce que préparait le ministre de la sécurité, mais les pièces du puzzle commençaient à s’accumuler et il flairait quelque chose. Quoique.. En savait-il, lui aussi, plus qu’il n’en disait ? Depuis son enlèvement chez les Mutualistes, il était différent. Plus renfermé sur lui-même, mais redoutablement plus efficace également, de l’aveux même de ses rapports de mission. Poféus se laissa aller dons son fauteuil, observant fixement le dossier contenant le résumé de son officier sur sa péripétie dans les mines de Talbot. Oui, redoutablement efficace. Trop. Pour que les Triades lui lâchent ce secret, c’est qu’il leur avait probablement fait très mal et, sans doute, définitivement brouillé les relations entre les « Affaires Mentales » et la communauté Souriante. Tant pis, ils avaient déclaré la guerre les premiers en assassinant des agents du contre-amiral et Ralato n’avait, en fin de compte, que tiré un fil indirectement lié à son enquête, pour découvrir le trafic de lithium et de nuage de miel. De toutes façons, Poféus n’avait plus besoin de fonds ni de matières premières pour sa flotte. Les premiers appareils étaient déjà en cours de rodage et les gros croiseurs appareilleraient dans quelques semaines. Le ministre se fera fort de se fournir ailleurs, pour combler le manque à gagner. Probablement chez les contrebandiers de tous poils qui pullulaient dans l’espace de MaterOne. Mais cela l’amena à se poser une question autrement plus perfide : pourquoi les Souriants avaient-ils sciemment attaqué un aussi intéressant client que Poféus ? Monsieur Heir était derrière, certes, mais d’après le rapport de son Lieutenant, cette communauté n’était pas simplement son allié de circonstance, ils faisaient littéralement corps avec lui. Dans l’addendum secret posé à coté du rapport principal, Ralato relatait les confidences du rival du ministre sur la révolution Castiks, la pénétration des universités mentales par de jeunes Souriants et leur maîtrise poussée des pouvoirs psychiques. Pire, Heir lui-même semblait faire preuve d’un niveau rarement atteint en la matière. Tout cela était si insensé que venant de tout autre que le Lieutenant Ouli, Poféus aurait considéré ce rapport comme l’œuvre d’un affabulateur. Le contre-amiral se leva, et, comme à son habitude, se rapprocha des grandes baies vitrées, laissant le panorama des lumières de la ville et, au loin, du spatioport, lui faire prendre de la hauteur, s’éloigner de l’immédiat pour voir plus large. … L’image de Calande se refléta fugitivement dans les nuages du couchant. Un soupir. Mais que lui arrivait-il avec cette… femme ? Elle n’était QUE sa praticienne, rien d’autre qu’une professionnelle faisant son office pour le soigner. Alors pourquoi réagissait-il si anormalement quand elle était là ? Il perdait tous ses moyens, n’arrivait même pas à la menacer, l’injurier ou… la réprimander. Lui faire des remontrances… L’interrompre… « Calande. Que… m’es-tu donc… devenue ? » Au loin, tels des insectes lumineux, les véhicules de toutes sortes brillaient dans le ciel, vaquant à leurs occupations. Tout au fond on pouvait distinguer quelques éclairs perdus dans les lointaines zones de nuages recouvrants une chaine de montagnes. Les Amalaches, là où Ralato avait été fait prisonnier. Cela le ramena à la triste réalité. Et à une nouvelle question, une de plus. Pourquoi le contact des affaires mentales avait-il poussé un cri de ralliement Mutualiste ? Son Lieutenant avait parfaitement expliqué la logique de l’implant me


RedU T1 Ch16 Ep7
Apr 01 2015 8 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner Quarante-trois minutes de retard. Jamais le contre-amiral ne s’était permis une telle liberté dans son programme, et le lieutenant Ralato en concevait une impatience teintée d’inquiétude. Stuffy, devenu un habitué de l’esprit de son hôte, ne pouvait cacher son amusement. « Papa est en retard, bébé pleure tout seul. Arrête cela. Tu sais parfaitement ce qu’il en est. Sait-il que nous savons ? Nous prépare-t-il quelque chose en douce ? Là, tu psychotes comme une jeune vierge à son premier rendez-vous. Je sens parfaitement combien tu es angoissé par sa réaction à ton rapport. Mais bon, j’insiste sur mon conseil : ne parle pas de la flotte en construction dans les chantiers spatiaux. Il peut être au courant, auquel cas il y viendra tout seul, sinon, gardons cette carte en main et poursuivons nos recherches discrètement. Je ne supporte pas l’idée qu’il ait pu me tenir à l’écart d’un truc de cette importance. Je pensais avoir toute sa confiance. Mouais… Je doute qu’il puisse même avoir confiance en son reflet dans le miroir le matin, Poféus est un… » La clenche de la porte du petit salon tourna et Ralato eut l’immense surprise de voir une belle jeune femme en sortir, visiblement pressée. En tailleur strict, maquillée, parfumée, avec des joues légèrement empourprées, elle salua le lieutenant d’un hochement de tête puis s’en alla par l’entrée principale. « Dites-moi que je rêve. L’amiral aurait… Non, c’est… une psychiatre. Ton chef se fait suivre on dirait. Par contre, elle prend du Boramol, impossible d’en savoir plus. Procédure d’exception, elle doit être considérée comme détentrice de secrets importants. Qu’il ait une maitresse ou une psychiatre, dans les deux cas, c’est aberrant. Je ne l’imagine pas… Tu ne l’imagines pas beaucoup, en fin de compte, ton cher Poféus. Ralato, est-ce que tu te rends compte de tout ce que l’on a effleuré ou découvert sur lui ces dernières semaines ? Son implication dans la révolution, et -peut-être- dans la mort du roi, le trafic de lithium et de nuage de miel, cette association avec les Souriants, ses contacts avec Monsieur Heir, la flotte de guerre en construction et maintenant cette psychiatre. Combien on parie que l’on est pas au bout de nos surprise ? » Le ministre de la sécurité sorti à son tour du petit salon, fixa quelques secondes Ralato, ne s’attendant visiblement pas à le voir là, puis il referma doucement derrière lui, traversant le vaste bureau pour aller s’assoir dans son fauteuil. Le lieutenant se cabra dans un garde-à-vous, en attente de l’ordre de repos… qui ne vînt pas. Poféus compulsa quelques dossiers et parcouru des rapports, tout en ignorant cordialement son second. Après plusieurs minutes, il daigna enfin lui adresser la parole : « J’ignorais que vous rentriez maintenant dans mon bureau sans y être invité, Lieutenant. Votre séjour sur Talbot vous aurait-il émoussé, au point d’en oublier quelques principes de base ? Le… notre rendez-vous, Monsieur. Je pensais le rapport de mission suffisamment important pour ne pas être différé. Ce n’est pas le cas. Je l’ai parcouru et il n’y a rien de particulièrement nouveau là-dedans. Je ne vous ai pas envoyé à la chasse au trafic de lithium mais à la poursuite d’assassins ! Oui, Monsieur. » Toujours au garde-à-vous, Ralato Ouli n’en revenait pas de la tournure de la conversation avec son chef. « Apparemment, il n’aime pas quand on fouille dans le trafic de lithium. Ou alors madame la psy a ses règles ? Non, ce n’est pas son genre. Il ne s’attendait pas à ce qu’on la rencontre, c’est tout. Repos, Lieutenant. » Un peu soulagé, le soldat se détendit. Croisant les bras dans le dos, il attendit la suite. « Bien, je voudrais votre opinion quand au lien entre Monsieur Heir et la communauté Souriante ? Se peut-il que ce soit une branche extrémiste qu


RedU T1 Ch16 Ep6
Mar 25 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Contre-amiral ? » Poféus sursauta, revenant à la réalité. « Vos fuites de conscience ont empiré depuis le début de nos séances. Sur ces quelques semaines, je peux sentir la fréquence de vos absences augmenter. Angilbe, votre position ne nous permet pas de suivre les méthodes conventionnelles, je le crains. Jusqu’à quel point votre fonction en est-elle affectée ? » La psychologue Calande Rorré prenait des notes, consciencieusement. Elle n’avait qu’effleuré de ses lèvres la tasse de thé au Jasmin. Devenu un habitué de la jeune femme, le contre-amiral, remarqua cette nouvelle petite ride au milieu du front, et cette courbure particulière de ses sourcils. On eut dit qu’elle s’inquiétait sincèrement. « Rassurez-vous, certaines de nos séances me laissent plus souvent absent de mes responsabilités que ces sautes de réalité. Pour autant que je sache. » Calande nota, souligna, puis fixa silencieusement le calepin, semblant méditer quelque mystère dissimulé au-delà des lignes. « Notre… dernière rencontre, par exemple, me laisse… un souvenir mitigé. » Ajouta-t-il, cherchant clairement dans ses mots la manière la moins brusque d’exprimer ses pensées. L’autre sorti de sa méditation dans un « Mmhhm ? » qui désarçonna son vis-à-vis plus surement qu’une quelconque attaque terroriste. Elle plongea son regard dans le sien, l’obligeant à s’intéresser à la cheminée crépitante et sa féérie de lumières. « Votre attirance pour les jeunes personnes. Pouvons-nous l’aborder ? Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de curiosité mais de vous permettre d’en parler avec quelqu’un. Vous ne devez pas en avoir souvent l’occasion et placer des mots là où il n’y avait que des pulsions et des désirs aide à une meilleure acceptation de soi-même. Je pensais m’accepter parfaitement ? Vos sautes de réalité infirment cela, Angilbe. … » S’accepter. Poféus laissa la danse continue des flammes l’emporter dans une profonde réflexion. Oui, si ses moment ts d’égarement n’avaient pas de raison physiologique alors ils étaient d’origine psychologique. Après des années passées à la tête des forces mentales, il avait accumulé une certaine expérience de la chose psychique et s’il en retenait au moins une règle, c’était que rien n’était jamais réellement certain. Une personnalité pouvait développer une redoutable schizophrénie, multipliant les contradictions de ses personnalités sans même s’en rendre compte. « Angilbe ? Je suis là. Je… réfléchissais, c’est tout. Mon rôle n’est pas de vous forcer la main. Si vous ne désirez pas en parler, maintenant ou plus tard, nous changerons de direction pour… Non, c’est bon. » Il tourna la tête et, pour la première fois depuis le début de leurs séances, lui rendit son regard. Calande ne put réprimer une réaction étouffée, cela se sentait depuis ses épaules qui s’abaissaient légèrement aux pupilles qui rétrécissaient. Un mélange d’excitation, de satisfaction et… de frayeur ? « Abordons cette partie de ma vie. Elle représente plus que je n’ai jamais vraiment voulu l’admettre. Et elle remonte à loin, autant que je sache. Je pensais avoir découvert mon équilibre lorsque j’ai eu les moyens de l’assouvir, mais… non, c’était un leurre. » Les deux vis à vis s’observaient, comme s’ils venaient de se rencontrer pour la première fois. Angilbe Poféus n’avait plus froid, ses mains ne tremblaient pas et ne serraient plus les accoudoirs, la politique et les tortueuses affaires de ce monde corrompu refluaient hors de la pièce. Il était… serein. Simplement serein. Il se passa alors un évènement qui allait sceller ce moment à jamais. Une réaction inattendue, quelque chose que la médecine psychiatrique interdisait, et même au-delà, quelque chose qui n’était plus arrivé à Poféus depuis qu’il s’était séparé de Fabio. Calande Rorré s’avança et posa doucement, ten


RedU T1 Ch16 Ep5
Mar 18 2015 7 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Fixations du sas au vert. Stabilisateurs en automatique. Transporteur ? Nous sommes en position devant l’entrée principale. Nous pressurisons nos scaphandres et nous préparons pour la sortie. Allez-y Carillo, bonne chance, terminé. » Arlington ne pouvait cacher dans sa voix l’appréhension qui l’étreignait. Il aurait clairement préféré être à la place de son second, affronter l’inconnu est moins culpabilisant que de suivre les pérégrinations de ceux que l’on avait envoyé à l’aventure. Les minutes passaient, ponctuées de courtes phrases laconiques en guise de rapport d’avancement. Un « corridor », une sorte de tunnel formé de plusieurs filins tendus dans le vide entre les deux appareils, reliait son équipe à la vie. Si les câbles lâchaient et si les minuscules propulseurs ne s’allumaient pas alors ils… « Ouverture du sas. Les codes sont toujours opérationnels. C’est même étonnant que du courant circule encore ! Les gars, on change le matériel et on prend celui d’exploration. » Phil Goud recula de quelques pas, faisant signe à Fabio de le rejoindre. « Tu ne peux rien faire pour eux ? » L’autre leva la tête pour scruter les écrans de contrôle. L’image, un peu brouillée, des caméras embarquées des scaphandres, partageait l’espace visuel avec les vidéos et les données reçues en temps réel par les capteurs de la navette ou du Transporteur. Dans cette dimension immaculée, devant cette relique d’un autre temps, comment ne pas comprendre l’inquiétude palpable dans toutes les consciences. Le mental souffla profondément, puis répondit d’un ton neutre : « Quelque chose m’empêche d’aller plus loin dans mes investigations. Je sais seulement que rien de tout cela n’est dû au hasard, et que je.. nous sommes tous les acteurs d’une pièce déjà écrite. heu… Pas très rassurant. Allons cher Phil, l’excitation de la découverte fait également partie des voyages spatiaux ! » Conclut-il avec un sourire, puis il retourna aux cotés du commandant du transporteur. Celui-ci serrait toujours le combiné, assis sur le bord de son fauteuil, vouté. « Carillo ? Nous progressons Monsieur. Attendez. Oui, il semble que l’intérieur soit pressurisé. Pourtant nous n’avons pas entendu de décompression en entrant, c’est étrange. Ne tentez pas de retirer votre casque Carillo, on se sait pas à quoi ressemble l’air de cet endroit. Il est peut être toxique. Bien reçu. Vous avez remarqué tous ces amoncellements de cubes multicolores un peu partout dans les corridors ? Je me demande bien de quoi il s’agit. Aucune idée, mais ils ne se sont pas montés tout seuls. Aucune trace d’équipage ? D’après les archives, on parle de quinze membres. Non Monsieur, rien. Vous deux, prenez ce couloir. Et toi, tu viens avec moi, on continue dans le principal. Radio ouverte sur fréquence d’urgence. » Fabio ressentait la tension émanant de tous, mais principalement de la personne qui était la plus proche de lui, l’ancienne tueuse Zoé Akowa, alias Adénor Kerichi. Ses instincts ne l’avaient pas quittés et elle faisait partie du petit groupe de personnes ayant suffisamment baroudé pour savoir pressentir le danger. Sa mâchoire bloquée, c’étaient les manches de ses béquilles qu’elle serrait, le regard vrillé sur les retransmissions. Fabio se reporta soudain vers les écrans : maintenant ! « Colonel Arlington, demandez-leur de redoubler de prudence, vite ! » L’autre transmit immédiatement la demande au moment où un ricanement parfaitement fou retenti dans les haut-parleurs de l’équipe du corridor secondaire. Le capitaine Carillo et son adjoint firent demi-tour et se ruèrent pour rejoindre leurs camarades. « À toutes les équipes, ici Arlington ! Ordre de regroupement, je répète, ordre de… -BONJOUUUUUUURRRR ! » Sous les yeux de la seconde équipe et des opérateurs du centre de commandement, un bonhomme un p


RedU T1 Ch16 Ep4
Mar 11 2015 6 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner « Ici navette, nous sommes à mi-distance, aucune anomalie particulière. Nous poursuivons. Allons monter l’allure car les propulseurs répondent parfaitement. Terminé. Bien reçu, Capitaine. Nous laissons le canal ouvert de notre coté, n’hésitez pas à nous contacter. Arlington, terminé. » Le colonel raccrocha le combiné, bien conscient du silence pesant régnant dans la grande salle de commandement. Ils venaient tous de se réveiller au milieu de cette blancheur et alors que l’on tentait simplement de comprendre où l’on se trouvait, on découvrit çà. Les hautes verrières donnaient sur un espace immaculé, sans étoile ni aucune forme quelconque s’en détachant, tel l’œuvre d’un peintre de bâtiment ayant parfaitement fait son office sur un mur sans aspérité. Blanc. Rien d’autre qu’une feuille vierge que les radars décrivaient aussi infinie que l’est l’Univers dans la dimension originale du Transporteur. Sauf… Sauf un objet, un vaisseau spatial, à une petite centaine de kilomètres devant eux. Forme et propulsion commune, plutôt petit, un appareil assez ancien. Flagrant, impossible à manquer. Scientifiquement parlant, il était envisageable que les deux vaisseaux aient été victimes d’une perturbation récurrente au sein de la Passe de Magellone. Mais l’intuition de Momumba, que plusieurs membres de son équipe rapprochée partageaient, était que tout cela ne relevait pas d’une coïncidence. Un claquement de talon fit se retourner le colonel. Il découvrit Phil Goud au garde-à-vous, suivi d’Adénor et de leur étrange accompagnateur. Il signifia le repos et serra la main de chacun, ne pouvant s’empêcher de se demander à quel moment il avait donné la responsabilité de la garde des deux autres à ce jeune homme blond. Celui-ci prit la parole : « Commandant, nous voici au rapport comme convenu. Vous vouliez nous montrer quelque chose qui pourrait intéresser nos deux invités si spéciaux ? » Les trois eurent un hochet de surprise, levant de grands yeux étonnés devant cette réécriture des derniers évènements puis, aussi simplement, se concentrèrent à nouveau sur le spectacle au-delà des verrières, comme si de rien n’était. « Oui absolument, il me semble que… heu… ce que nous avons sous les yeux relève peut-être de votre… expertise ? » Fabio fronça les sourcils. La maitrise de ses pouvoirs n’étaient pas encore optimale, et Arlington restait conscient de ce qu’il disait. Rapidement, il fit le tour des évènements gravés dans la mémoire récente du gradé. L’univers blanc autour d’eux ne contenait rien, mais les lois physiques communes auxquelles nous étions habitués dans notre dimension semblaient aussi à l’œuvre dans celle-ci. Nous n’étions pas morts, ni engloutis dans on-ne-sait-quoi et nos atomes se maintenaient en place. Même si le petit ami translucide de Fabio n’avait pas eu la courtoisie de le prévenir, le jeune mental aurait partagé l’opinion du commandant : statistiquement ils devraient être morts et pas à proximité du seul occupant de, peut-être, toute cette dimension. À partir d’un certain niveau de coïncidence, ce ne pouvait plus en être. « Transporteur, ici navette. Commandant nous sommes à portée de censeurs de l’appareil, nous lançons les premières analyses mais… heu… » Momumba, pressa l’interrupteur et décrocha son micro. « Qu’y a t-il capitaine ? Ce vaisseau ne m’est pas inconnu, Colonel. Je regarde les premiers résultats… (Contourne-le par bâbord, on devrait trouver le numéro d’identification sur la proue)… C’est une classe Pélican, un modèle très ancien comme nous nous en doutions. En meilleur état que dans nos musées, Mon Colonel ! » Fabio se rapprocha et susurra quelques mots à l’oreille du commandant. L’autre paru un peu surprit, puis reprit le micro. « Carillo, y a t-il une longue bande rouge le long de la coque inférieure ? Attendez… Oui


RedU T1 Ch16 Ep3
Mar 04 2015 7 mins  
Red Universe, ce sont aussi des livres numériques et des thèmes musicaux originaux ! Venez découvrir le site pour enrichir votre expérience de cette grande saga. Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner La clef à molette boursouflée planait devant lui, clignotant frénétiquement. Les petits flashes de lumière agitaient son esprit de manière inexplicable, le ramenant à la réalité. Fabio ouvrit les yeux. Il était toujours dans le couloir où quelque chose, qu’il avait du mal à saisir, s’était produit. Il était tombé semble-t-il, ou s’était évanoui. Et maintenant que son ami venait de le réveiller, il se demandait s’il ne dormait pas encore ? Certes, tout était à sa place, mais comme au milieu d’une espèce de brouillard blanc, une brume qui l’empêchait de voir à plus d’une vingtaine de mètres devant lui. Aucune odeur, aucun effet d’un quelconque gaz, juste une blancheur immaculée qui inondait l’espace alentour. Evidement, c’était anormal. Dubitatif, il reprit sa marche. Un peu plus loin, le jeune homme blond tambourina sur un sas pour qu’on le lui ouvre, il conduisait aux appartements de Phil et sa compagne, qui étaient placés sous haute surveillance. Les gardes mettaient du temps à répondre. Il donna encore plusieurs coups. Rien. La clef à molette clignota alors et Fabio sentit immédiatement que ses pouvoirs de mentaux revenaient en lui. Incroyable. La présence de tous les Exodés à proximités, les fluides courant dans les tuyauteries, même les écrous des navettes du petit spatioport, il redevenait sensible à tout. ENFIN ! D’un œil il remercia le petit être, visiblement celui-ci était très en forme. D’une pensée, il déverrouilla l’entrée, retenant in-extrémis les deux corps des gardes qui s’effondraient sur le sol. Ils n’étaient pas morts, tout juste comateux. En fait, dans le même état que lui, quelques secondes plus tôt. Dans l’appartement, Phil était affalé sur un fauteuil, une bière se vidant sur le tapis, tandis qu’Adénor était allongée sur le canapé, ses béquilles posées à proximité. Vu le liquide ambré coulant encore sur le sol, peu de temps s’était écoulé durant leur inconscience commune. Tout le monde devait être comme cela dans le vaisseau. Son ami volant clignota plusieurs fois, puis s’interrompit. Une idée simple apparu dans l’esprit de Fabio. L’heure de sonner le réveil pour tout le monde ? « Quand je demandais que tu trouves un moyen de communiquer, je n’imaginais pas que tu le fasses. C’est bien utile, merci ! » Pensa le jeune mental blond dans un sourire. Puis il se concentra et libéra une vague psychique à destination de tout un chacun sur le Transporteur. L’équivalent d’une petite gifle. Satisfait de lui, et du retour inespéré de ses facultés, il s’accroupit aux coté d’un Phil ouvrant les yeux. « Une autre dimension ? Personnellement je ne vois que cela. Cette brume n’en est pas une, c’est une diffraction de la lumière. Elle agit différemment sur la matière. Et cette ultime sensation avant que tout le monde dans le vaisseau ne s’évanouisse ? Je ne suis pas un spécialiste mais je pense que l’on a dépassé les simples effets de la Passe de Magellone. Mmmhhmm ! » Adénor grommela quelque chose, les deux autres tentèrent de comprendre. Mais Fabio n’eut évidement aucun problème à lire dans les pensées de la jeune femme. « Non, j’ignore si le retour de mes pouvoirs est lié à cela, mais on peut raisonnablement se le demander. De toutes façons, cela te permettra de ne plus forcer sur ta mâchoire ou de partir dans de longues explications. Désormais pense très fort et je traduirais. » Les yeux de la jeune femme s’adoucirent quelque peu, puis elle hocha la tête. « Encore quelques semaines, chérie, et on t’enlèvera ces broches » Joignant le geste à la parole, Phil fit glisser une main le plus doucement possible sur la joue de la jeune femme. « Moi aussi j’ai hâte de te revoir entière et en pleine possession de tes moyens. » Pas besoin d’être un mental pour comprendre que la mâchoire bloquée d’Adénor et la gaze entourant toute la