Transfert

Oct 15 2020 38 mins 33.5k

Vous avez toujours rêvé de connaître les péripéties secrètes du couple de vos bruyants voisins, ce qui a transformé la personnalité de votre cousin, la raison pour laquelle votre collègue n'arrive plus à faire confiance à personne. Toutes les deux semaines, Transfert vous raconte une histoire vraie, excitante, prenante, émouvante, et en creux le monde moderne et ceux qui l'habitent. Un podcast Slate.fr.






















La peur des autres
Apr 02 2020 48 mins  
Il vous est peut-être déjà arrivé d'avoir l'impression d'être observé·e, chez vous, dans le métro ou dans la rue. Comme le sentiment qu'on vous épiait un peu. Regardez les gens, les autres: sont-ils tout à fait réels? Vous veulent-ils vraiment du bien? Et si nous étions tous les comédien·nes d'une sitcom qui ne dirait pas son nom? Dans The Truman Show, un film de 1998, Jim Carrey mène une vie paisible dans la ville de Seahaven jusqu'à ce qu'il réalise qu'il est le héros de la plus grande émission de télé-réalité de tous les temps, depuis le jour de sa naissance. Ses proches, ses parents, sa compagne, ses ami·es sont en fait des comédien·nes. On peut, parfois, se demander si sa propre vie n'est pas un petit Truman Show. Un doute généralement rapidement balayé par la raison. Mais parfois l'inquiétude prend des proportions démesurées et vire à la paranoïa. Un jour, Sandra a cru que tout ce qui se jouait autour d'elle n'était pas le fait du hasard, qu'elle n'était qu'une actrice impuissante de sa vie. Qu'on lui voulait du mal. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Ce 99e épisode de Transfert a été produit et réalisé par Slate.fr, sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours avec Aurélie Rodrigues. La musique est signée Arnaud Denzler.

«La tristesse est proportionnelle à l'amour qu'il y avait»
Mar 19 2020 42 mins  
Il y a cinq ans, dans l'appartement de Charlotte Pudlowski, qui a lancé Transfert, il y avait Baptiste, Agathe, Sarah-Lou, Lola, et Caroline. Il y avait aussi des aubergines, des chips et du vin rouge. Cette soirée a vu naître Transfert, qui ne s'appelait pas encore ainsi. Certains jours ça s'appelait «Épisodes» et d'autres jours «Fenêtres». Et puis, ça s'est appelé Transfert et il y a eu des histoires d'amour, de voisins, d'amitiés, et de chats. Il y a eu des voyages, des voix nouvelles, et des larmes. Raconter toutes ces histoires pour écouter les autres, pour comprendre, pour disséquer les secrets de famille et dénouer les silences. Parce que, comme l'a dit, depuis, l'humoriste Hannah Gadsby dans son spectacle Nanette, il n'y a pas de meilleur guérison aux souffrances que les histoires, elles sont «notre remède». L'histoire de cet épisode a été réalisée par Catherine Lavoie. Attention, l'histoire racontée dans cet épisode est particulièrement dure. Retrouvez Transfert tous les 15 jours sur Slate.fr. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. La musique de cet épisode de Transfert a été composée par David Sztanke. Il a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. Il a été produit sous la direction de Maureen Wilson, responsable éditoriale. Transfert a été créé par Charlotte Pudlowski pour Slate.fr. Mélissa Bounoua a créé la direction musicale. Une production Louie Media.

Une histoire de cheveux et d’identité
Mar 05 2020 37 mins  
Il y a un passage dans la série Fleabag où Phoebe Waller Bridge s’adresse à un coiffeur qui vient de faire une étrange coupe à sa soeur. Elle le dispute, et il bronche: «Oh ça va, c’est que des cheveux». Elle répond alors: «Mais les cheveux, c'est tout! On aimerait bien que ça ne soit pas le cas, pour pouvoir penser à autre chose de temps en temps. Mais c'est tout. C'est la différence entre une bonne et une mauvaise journée. On nous fait croire que c'est un symbole de pouvoir, un symbole de fertilité. Certaines personnes sont exploitées pour cela et ça paie vos putains de factures. Les cheveux, c'est tout». Cette tirade fait écho à une phrase du roman Americanah, de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozie Adichie: «Les cheveux sont la parfaite métaphore des questions de race en Amérique». Finalement, discréditer des sujets identifiés comme féminins, futiles, et annexes, permet de masquer le fait qu’ils contiennent des questions de pouvoir, de bien-être, d’identité. Dans cet épisode, nous vous racontons une histoire d'identité et d'adoption, réalisée par Iris Ouédraogo. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. La musique de cet épisode de Transfert a été composée par Benjamin Grossman. L'épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. Il a été produit sous la direction de Maureen Wilson, responsable éditoriale. Transfert est un podcast de Slate.fr produit par Louie Média.



De la violence des amitiés
Feb 06 2020 55 mins  
On sous estime beaucoup les histoires d'amitié. On ne nous prépare pas, dans les contes pour enfant, en littérature, au cinéma, au fait que nos grandes histoires d'amour seront aussi des histoires d'ami.e.s. On nous dit qu'il faudra trouver un roi, une reine, on nous applaudit quand on annonce un mariage, des fiançailles, on y voit le signe que la vie plus jamais ne se fera seule, mais rares sont les parents qui vous applaudissent quand vous ramenez vos premiers amis. Vous avez 8 ans, vous êtes dans les vestiaires d'un cours de danse, vous enlevez vos demi-pointes, et vous parlez vraiment pour la première fois à celle qui sera de toutes les batailles, qui les mènera avec vous. Vous ne signerez jamais de contrat, ne partagerez jamais un lit ou un appartement, mais c'est avec elle que vous mangerez des petites carottes au tzatziki à 2H du matin après un premier baiser. Elle répondra à tous les sms à 4h une nuit de rupture, décrochera à 7h après un test de grossesse. Ces amitiés-là peuvent tout et leur influence transforme les vies. Elles sont aussi importantes et peuvent être aussi dévastatrices que les histoires d'amour. Cette semaine, c'est une histoire d'amitié que l'on vous raconte dans Transfert, elle a été réalisée par Hortense Chauvin. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. La musique de cet épisode de Transfert a été composée par Maxime Daoud. L'épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. Il a été produit sous la direction de Maureen Wilson, responsable éditoriale. Transfert est un podcast de Slate.fr produit par Louie Média.

L’épuisement face à la violence
Jan 23 2020 43 mins  
Peut-être vous est-il déjà arrivé, face à la violence, face à trop de colère, de frustration de voir le monde injustement ce qu’il est, de vous sentir épuisé? Il peut s’agir d’un burn out, d’une dépression. Ce sont les moments où la littérature peut être la plus nécessaire. La ressource dont parle Audre Lorde dans son texte Poetry is not a luxury. La militante féministe noire américaine, poétesse, explique que la poésie n’est pas un luxe parce qu’elle permet de mettre en mot un monde nouveau qui n’existe pas encore, de penser une réalité différente, de donner corps et de légitimer nos émotions. Elle pense la poésie comme un étrier, une passerelle. «La poésie écrit-elle, permet de nommer ce qui n'a pas de nom pour que ce qui n'a pas de nom puisse être pensé. Nos poèmes tracent des chemins vers les horizons les plus éloignés de nos espoirs et de nos peurs, creusés dans la roche des expériences de notre quotidien». En somme, la poésie permet de faire la révolution. Dans cet épisode, Anais raconte son cheminement militant et personnel, au micro d'Helene Carbonnel. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Marine Quéméré. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

Comme un grand tuyau percé
Jan 09 2020 47 mins  
Avez-vous déjà eu le sentiment que l’ensemble de votre vie répondait, par périodes, à des thématiques? Par exemple, à l’époque où Charlotte Pudlowski, la rédactrice en cheffe de ce podcast, a créé Transfert en juin 2016, elle avait l’impression que tout dans sa vie était histoires. Qu'elle avait toujours été obsédée par les histoires, qu'elle en écrivait petite, que son obsession était la narration. Soudain, tout faisait sens, avec la création de Transfert, entre sa vie intime et professionnelle. Puis, elle a eu le sentiment que toute sa vie était travaillée, plus globalement, par un questionnement sur la parole. Tout ce qui la questionnait, dans sa vie amoureuse, familiale, amicale, était lié à la parole, à ce qui était dit, ou ce qui était tu. C'est le moment où elle a cofondé Louie Media, le studio de podcasts qui produit Transfert pour Slate, et où sa vie professionnelle n’est devenue qu’un grand questionnement sur les podcasts, donc la parole vivante. Désormais, c'est à cela qu'elle pense lorsqu'elle entend dire que tout est lié, quand les gens disent qu’il n’y a pas de hasard. Ce n’est pas du tout mystique, pas du tout une histoire de lune, de soleil, d’astrologie. Dans cet épisode, Pauline raconte comment ses questionnements sur son identité ont rejailli sur sa vie professionnelle et personnelle, au micro de Jeanne-Marie Desnos. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.






Une souffrance inaudible
Oct 31 2019 42 mins  
Deux souvenirs se rejoignent. L’un quand je suis allée me faire tatouer pour la première fois, et que j’ai demandé à ma tatoueuse si j’allais souffrir: elle m’a dit les femmes n’ont jamais mal pour de si petits tatouages, on est bien plus habituées à la douleur, il n’y a que les hommes qui trouvent ça douloureux. L’autre souvenir est celui d’une conversation il y a des années avec un homme qui me disait que je jurais et que ce n’était pas très féminin. J’avais dit: «Ça veut dire quoi féminin?». Il n’avait pas bien su répondre et dans ma tête je me disais que je ne saurais pas bien non plus. Si on me reposait la question aujourd’hui, de ce qu’est la féminité, je répondrais que c’est une souffrance discrète. Une manière d’accepter une souffrance normalisée sans faire de bruit, gentiment, joliment. C’est un lieu commun chez les féministes de dire que si les hommes accouchaient on aurait découvert la péridurale bien plus tôt et elle serait plus commune dans le monde entier. On trouve normal que les femmes souffrent, on trouve gênant qu’elles s’en plaignent trop. Mais jusqu’où peut-on s’aimer dans sa féminité quand elle est associée à la douleur? Dans cet épisode, Marion raconte comment elle a réussi à se réconcilier avec sa féminité, au micro d’Agathe Le Taillandier. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Marine Quéméré. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

Trouver une vérité
Oct 17 2019 37 mins  
Il y a un passage, dans un livre d’entretiens de la romancière Annie Ernaux, L'écriture comme un couteau, dans lequel elle parle de définir ou non la littérature, la fiction, de la place du je, et dans ce passage, elle dit «Pour moi, la vérité est simplement le nom donné à ce qu'on cherche et qui se dérobe sans cesse.» C'est beau de parler de vérité dans le contexte de l’écriture parce que précisément l’écriture est une recherche, un point de vue donné, qui ne peut jamais être totale et jamais raconter une vérité absolue. De manière générale, chaque récit est une recherche de vérité, une tentative de proposer une version possible, et plus les points de vue s’accumulent, plus vous entendrez différentes personnes vous raconter leur point de vue sur une même histoire, plus l’illusion de vérité sera grande. Mais il y aura toujours une autre version possible de cette histoire, une autre vision selon que le témoin aura grandi, changé, se sera remémoré quelque chose, et le palimpseste peut continuer à l’infini. La vérité se dérober à l’infini. Dans l'épisode de cette semaine, Léa raconte sa quête personnelle de vérité, au micro de Jeanne-Marie Desnos. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.


Trouver sa place
Sep 19 2019 47 mins  
En décembre 1954, dans une entrée de son journal, Julien Green parle de Dieu, de son incommensurabilité et il écrit que “Le grand pêché du monde moderne, c'est le refus de l'invisible." Il parle de croire en ce qu’on ne voit pas. C’est drôle à relire aujourd’hui, car le temps a donné à cette phrase une polysémie plus grande. On refuse l’invisible, on ne veut croire que ce que l’on voit, quitte à inventer des signes. On ne veut pas de l’invisible chez les autres, on veut de la transparence, savoir ce qu’il en est des personnes que l’on aime, où ils sont, ce qu’ils font. On veut des vidéos de nos idoles, tout le temps, jusque dans leur intimité. Mais on rêve aussi de capes d’invisibilité, de pouvoir disparaître parfois, dans le confort de l’obscurité, n’être ni vu, ni regardé. Mais ne pas disparaître, ne pas devenir invisible aux yeux des autres et de la société. On veut pouvoir se cacher, se montrer, on se perd dans les vertiges de ces contradictions au point de ne plus toujours savoir quoi montrer, quoi cacher, qui on est. Et quand parfois on trouve le jeu d’ombres et de lumière confortable... Quel soulagement. Dans cet épisode, Hayzia raconte son histoire -comment elle a cherché et trouvé sa place- au micro d’Amel Almia. Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert). Pour échanger et découvrir de nouveaux podcasts, rejoignez le Slate Podcast Club sur Facebook. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Benjamin Grossmann. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.


Un espoir obstiné
Jul 25 2019 45 mins  
Depuis le collège, depuis l’époque où j'ai découvert l'Antigone d'Anouilh, le mot «espoir» me fait invariablement penser à l'expression «sale espoir». C'était une sacrée découverte, que l'espoir pouvait être épuisant, ignoble, inutile. C'est au tout début de la pièce, tragédie dans laquelle Antigone va mourir pour ses principes, et les spectateurs le savent d'emblée, puisqu'ils savent qu'ils vont voir une tragédie, et que dans une tragédie on meurt. Et le choeur déclame: «C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien; pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin!»» Ce texte disait que c'est épuisant d'espérer, de s'accrocher, de s'obstiner. Épuisant et parfois stérile. Alors jusqu'où faut-il espérer? C'est une histoire d'espoir et d'obstination qu'Alban raconte au micro d'Ayoub Bel-Hyad. Pour suivre nos dernières sorties, rejoignez notre nouveau compte Instagram @SlatePodcasts, ainsi que sur le compte de Transfert. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.


De la magie et de la puissance
Jun 27 2019 49 mins  
Dans les toutes premières lignes de son essai Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet décrit sa fascination pour ces créatures. Elle évoque les sorcières des Disney, celles de romans nordiques. «Elles fouettaient l’imagination, procuraient des frissons de frayeur délicieuse, donnaient le sens de l’aventure, ouvraient sur un autre monde. Pendant la récréation, à l’école primaire, mes camarades et moi traquions celle qui avait élu domicile derrière les buissons de la cour, obligés de nous en remettre à nous-mêmes face au flegme incompréhensible du corps enseignant. La menace flirtait avec la promesse. On sentait soudain que tout était possible, et peut-être aussi que la joliesse inoffensive, la gentillesse gazouillante n’étaient pas le seul destin féminin envisageable. Sans ce vertige, l’enfance aurait manqué de saveur. (...) La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie.» Peut-être avons-nous tous et toutes eu, dans notre enfance, une sorcière? La promesse d’un peu de magie quand le monde en manquait. D’un pouvoir dans l’impuissance apparente. C'est une histoire de sorcellerie et de famille que raconte Alice au micro de Maud Benakcha. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Maxime Daoud. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.







Revenir d’un paradis artificiel
May 02 2019 36 mins  
«Le bon sens nous dit que les choses de la terre n'existent que bien peu, et que la vraie réalité n'est que dans les rêves», écrit Baudelaire dans Les Paradis artificiels. Dans cet essai, il explore le lien entre création et drogues, et expore notamment les effets du hashish. «Pour digérer le bonheur naturel, comme l'artificiel, il faut d'abord avoir le courage de l'avaler, et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité, telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l'effet d'un vomitif.» Après mille considérations, il en vient au lendemain de la drogue. « terrible lendemain » écrit-il. Tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l'impossibilité de s'appliquer à un travail suivi, vous enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d'une fête. L'homme a voulu être Dieu, et bientôt le voilà, en vertu d'une loi morale incontrôlable, tombé plus bas que sa nature réelle. C'est une âme qui se vend en détail.» Mais entre les deux? Entre le moment où l’on avale et le terrible lendemain? C'est ce moment que raconte Florian, au micro de Maureen Wilson, pour Transfert. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Maxime Daoud. Gabrielle Ramain et Maud Benakcha était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.


Une famille écartelée
Apr 04 2019 44 mins  
À l’hiver 2003, le public de la Comédie Française découvre pour la première fois un texte de Marie Ndiaye. Papa doit manger raconte le retour d’un père sénégalais dans sa famille qu’il a quittée il y a plus de dix ans. Il toque à la porte de cet appartement de Courbevoie dans lequel il espère retrouver les deux enfants qu’il a fait avec une femme blanche, qui vit désormais avec un nouvel homme, blanc lui aussi, à la bonne conscience de gauche. «C’est moi, mon oiseau. C’est moi. Papa est revenu» dit-il à sa fille sur le palier. «Papa est revenu mais Papa ne savait pas, Mina, que les enfants changent aussi vite. Papa croyait que les enfants attendraient son retour avant d’avoir l’air de parfaits inconnus.» Cette histoire, c'est surtout le récit d’une famille déchirée par des rapports de classe et de race. De cette pièce bouleversante naissait ces questions: comment une famille écartelée entre deux continents, deux histoires, deux rapports de pouvoir et de domination, peut-elle se retrouver? Après tant d'années d'éloignement ? Comment les souffrances des uns peuvent-elles se concilier avec les attentes des autres? Et de ces multitudes d’ambiguités, quel genre d’amour et de consolation peut éclore? Ce sont ces mêmes questionnements qui ont nourri Christine dans sa quête de vérité. Elle raconte son histoire au micro d'Iris Ouédraogo pour Transfert. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Médiapour Slate.fr.




Déceler les faux semblants
Feb 21 2019 31 mins  
Vous connaissez cette expression, voir midi à sa porte? Cette faculté qu’on a de parfois voir seulement ce qui nous arrange, ce qu’on a envie de voir. Ça marche pour tout et n’importe quoi. Vous n’avez pas envie d’aller chez votre psy, il vous a dit qu’il partait en vacances bientôt, vous en déduisez qu’il voulait annuler votre séance. Ce n’est pas le cas et quand il vous en parlera, la prochaine fois, vous direz ‘ha mince, je croyais que vous aviez annulé!” Ça marche pour les derniers pépitos que vous avez mangé (ha je pensais que t’en voulais plus, tu avais laissé le paquet sur la table en partant), les poubelles que vous n’avez pas sorties (ha mais je croyais que tu allais le faire, tu avais dit que tu les avais vues ce matin?) ou toutes les choses plus ou moins graves ou triviales que vous avez tellement envie d’entendre que vous les imaginez. Vous avez tellement envie d’entendre qu’il y a une solution à votre problème, que s’il n’y en a pas, vous êtes prêt à croire que cette parole prononcée à la va vite, cette personne débarquée à l’improviste dans votre vie, c’est elle la solution. C’est là que vous devenez le plus vulnérable. Prêt à vous faire avoir…C’est ce qui est arrivé à Cédric et qu’il a raconté à Agathe Le Taillandier. Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique a été composée par Maxime Daoud. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média.





Plaire aux hommes
Dec 12 2018 40 mins  
Dans le documentaire Sexe sans Consentement, de Delphine Dhilly et Blandine Grosjean, sorti en mars 2018 dans le sillage du mouvement MeToo, il y avait tous ces témoignages passionnants, terrifiants, sur la zone grise du consentement. Sur ces rapports sexuels qui avaient eu lieu, alors que les femmes n’en avaient pas eu envie. Et il y avait cette femme notamment, peut-être 25 ou 28 ans, chatain, créoles aux oreilles, sourire rouge. Elle racontait une fête, qui avait eu lieu chez un garçon. À un moment donné de la soirée il avait commencé à l’embrasser et à l’emmener dans sa chambre. Elle avait gentiment dit non, il avait fermé la porte derrière eux, elle lui avait dit “non je préférerais rentrer chez moi”, une fois, deux fois, et il avait continué. Et puis elle a cette phrase: "Il y a aussi cette question de rester poli" Elle a arrêté de dire non et de résister, parce qu’elle avait peur, parce qu’il était plus costaud, mais aussi pour rester poli. Et un peu plus tard elle dit encore: “J'aime pas être pas gentille”. La gentillesse, la politesse, ces valeurs qu’on apprend aux petites filles quand on autorise les petits garçons à se bagarrer, à dire non, à s’imposer. Ces valeurs qui irriguent les vies, l’enfance terminée, et font taire une femme, face à un homme qui abuse d’elle. Il y a tellement de raisons et de manières d’écouter le désir d’un homme plutôt que le sien. Tellement de manières de tenir compte de lui plutôt que de soi-même. Tellement de manières dont un homme peut user de pouvoir sur une femme. A fortiori s’il est plus âgé, plus riche, plus connu, plus élevé qu’elle dans la société. Cet épisode de Transfert raconte l’histoire d’Héloïse, il est réalisé par Iris Ouédraogo et produit par Louie Média pour Slate.fr.


















































































4.7 • 17 Ratings

CynthiaLulabee Oct 27 2020
Un de mes podcasts préférés. Souvent émouvants, parfois bouleversants, toujours marquants ! Bravo pour ce travail.

Xepsurah Aug 16 2020
Je ne me lasserai jamais de Transfert






Jos Oct 15 2020
Incroyable

futur.ghost Oct 04 2020
Excellent podcast d'histoires personnelles, c'est un de mes préférés !!

bzhbraga Oct 16 2020
Un echo pour moi

caroline Apr 18 2020
Ce que j'aime avec ce podcast, c'est qu'il m'immerge dans une vie toujours très différente de la mienne, et je pars en voyage à m'imaginer les épreuves de chaque héros.

fati Oct 02 2020
Le meilleur des podcast!

Diranens Aug 10 2020
J'adore, moi aussi j'ai tout lu mais je déplore que les narrateurs ont tous le même profil. Des personnes aisées, cultivées, jeunes et un peu bobos...

CMaurice Aug 07 2020
J'ai tout dévoré non stop. C'est malin : je suis devenu accro et maintenant je suis en manque. Bravo. Vraiment j'adore.

Osiris Jul 30 2020
Une découverte ce podcast. Une claque ! Il me reste encore plus de 90 épisodes à écouter et je suis accro. Que de belles histoires, témoignages. Merci.






Queleventseleve Jun 28 2020
Passionnant !

Petrolette74 Jun 25 2020
Tellement génial !

tartakoi Jun 21 2020
Superbe podcast

fatihette Apr 22 2020
J'adore les petites histoires des petites gens. Pour le moment mes préférés sont celles sur le voisinage : Hugo et celui de Ian. À réécouter tellement c'est gênant 🤣🤣🤣

nobo Apr 21 2020
Chiant

Tony555 Apr 19 2020
Excellent podcast

PyRo Apr 17 2020
Très émouvant. On aime ressentir la nostalgie d'un être aimé que l'on a perdu même si celle-ci peut nous enfermer dans une tristesse chronique...