Le Nouvel Esprit Public

Jan 26 2021 52 mins 5.3k

Podcast by Philippe Meyer
















































































































































La grande grève ; Une COP chasse l’autre / n°118
Dec 08 2019 66 mins  
LA GRANDE GRÈVE ​806 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 1,5 million selon la CGT. A Paris, Rennes, Marseille, Toulouse, Bordeaux ou Lille, la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites a été très importante. Le secrétaire national du Parti Communiste Fabien Roussel note une mobilisation « dans toutes les provinces de France, mais particulièrement exceptionnelledans les petites communes et les villes moyennes, beaucoup plus en tout cas qu’en 1995 ».Cheminots, policiers, avocats, enseignants, pompiers, routiers, personnels hospitaliers, étudiants, retraités étaient dans les cortèges. 90% de TGV et 80% de TER ont été annulés, les métros et bus bloqués. 51,15% des enseignants du primaire et 42,32% du secondaire étaient en grève, selon le ministère de l’Éducation, tandis que les syndicats, qui parlent de record historique font état de 70% des enseignants du primaire et 75% dans les collèges et lycées. Au départ circonscrit à la seule annonce par les syndicats de la SNCF de leur grève reconductible, le mouvement a été rejoint par nombre de syndicats et de partis politiques, des Insoumis au Rassemblement national, à l’exception du parti présidentiel. Une mobilisation que 68% des Français estiment « justifiée », selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info. Fin octobre, 57% des sondés se déclaraient opposés au mouvement. Pour Philippe Askenazy, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure-Ecole d’économie de Paris et chercheur au CNRS-Centre Maurice-Halbwachs, « le gouvernement semble avoir tout fait pour entretenir le flou sur le contenu final de la réforme et sur ses intentions, ajoutant même des déclarations contradictoires sur la ‘’clause du grand-père’’, un paramètre parmi une infinité d’autres inconnus à ce jour ». Plusieurs mouvements de grève ont été reconduits. A la RATP, il doit durer jusqu’à lundi. Le Premier ministre devrait communiquer l’architecture de la réforme en milieu de semaine prochaine. « La très grande diversité des régimes actuels, des 42 régimes de retraite actuels, ne peut pas perdurer » a rappelé vendredi Édouard Philippe. Une rencontre doit avoir lieu lundi avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales pour « clôturer le cycle de négociations sociales et de débats avec les Français ». *** UNE COP CHASSE L’AUTRE La Conférence des Nations unies sur les changements climatique, COP 25 (pour « conference of parties ») qui se tient du 2 au 13 décembre à Madrid - sous la présidence du Chili, qui a dû renoncer à accueillir l’événement en raison de la crise politique en cours – est la réunion des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992. A l’occasion de cette 25e édition, des décisions devraient être prises sur au moins trois sujets : les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui doivent être revus à la hausse, l’aide aux pays les plus vulnérables, et l’encadrement des « marchés carbone ». ​En 2015, faisant suite à la COP 21, l'accord de Paris, approuvé par 195 délégations, convenait de tout mettre en œuvre afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-delà des températures préindustrielles. Toutefois, la somme des contributions volontaires pour réduire les émissions domestiques à effet de serre annoncées par l’ensemble des pays ne permettait pas de contenir le réchauffement planétaire sous la barre des 3°C. En outre, si pour certains Étatsl’accord est contraignant, pour d’autres, il n’en est rien, puisque le traité ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect des engagements. Quatre ans plus tard, dans un compte-rendu sur le climat publié en septembre, l’ONU évoquait « une décennie perdue ». Dans son dixième rapport annuel publié le 26 novembre dernier, l’Organisation internationale rappelaitque « le niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre est quasiment le même que ce que [nos rapports] prévoyaient pour 2020 si aucune politique n’était mise en place ». Fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonçait, quant à elle, que la présence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère avait battu de nouveaux records en 2018. A priori, cette COP 25, ne devrait pas être l’occasion de grandes décisions. Elle devrait lancer la dynamique vers celle de Glasgow en Ecosse, l’an prochain. Très attendue, la COP 26 sera le premier grand rendez-vous dans le cycle onusien depuis la signature des accords de Paris : les États volontaires y seront appelés à présenter de nouvelles « contributions nationales », plus ambitieuses. Pour l’instant, seuls 68 pays essentiellement des pays en développement (Chili, Mexique, Argentine, Fidji, îles Marshall, notamment) sur les 197 membres de la Convention cadre des Nations unies s’y sont engagés. Aucun des principaux pollueurs (Chine, États-Unis, Inde, Canada, Australie, Brésil), à l’exception de l’Afrique du Sud, n’a encore montré qu’il était prêt à s’engager davantage dans la bataille pour du climat.


Europe : la commission, enfin ! / Tremblement de peuple en Iran / n°117
Dec 01 2019 62 mins  
EUROPE : LA COMMISSION, ENFIN ! ​Après un parcours semé d’embûches, le 27 novembre, le Parlement de Strasbourg a donné son aval au collège de 26 membres présenté par Ursula vonder Leyen avec la plus large majorité enregistrée jusqu’à présent : 461 voix pour, 157 contre et 89 abstentions. Avec un mois de retard sur le calendrier, l’ancienne ministre allemande de la Défense devient aujourd’hui, la première femme présidente de la Commission européenne. Un retard dû au profil contestéde commissaires désignés, aux atermoiements du Brexit, à la polémique autour du nom d’un portefeuille devenu « Promotion du mode de vie européen » au lieu de « Protection » de ce mode de vie, aux équilibres fragiles du Parlement européen où pour la première fois depuis sa création en 1979, le Parti populaire européen (PPE) et celui des Socialistes et démocrates (SD) ne réunissent pas une majorité absolue et doivent composer avec Renew, constitué en juin 2019 et auquel La République en Marche est affilé, et enfin en raison de la dégradationdes relations entre Paris et Berlin. ​La France et l’Allemagne ont en effet eu bien du mal à se mettre d’accord sur le nom d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission européenne. Ni Michel Barnier, ni Manfred Weber n’ont été choisis. Paris a consenti à accepter une allemande à condition de décrocher un portefeuille économique large. Entre-temps, Berlin a profité de la polémique sur la nomination de Sylvie Goulard pour contester via le Parti populaire européen lepérimètre de son portefeuille jugé trop large. Au terme de son audition au Parlement européen, le 14 novembre, le Français Thierry Breton a hérité de ce poste qui englobe le marché intérieur, la politique industrielle, le marché unique numérique, ainsi que l’industrie de la défense et de l’espace. ​Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en 2017, les différends se sont accumulés entre Paris et Berlin. Fin octobre, le coup d’éclat du Président français qualifiant l’Otan d’institution en état de « mort cérébrale » avait été jugé inacceptable par la chancelière allemande. Auparavant, en août, le « virage russe », du chef de l’Etat a d’autant plus irrité l’Allemagne qu’il a été opéré sans concertation avec la chancellerie. Mais la décision française la plus préjudiciable, serait d’avoir fermé la porte, en octobre, à un élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. La mésentente concerne également les programmes communs d’armement, la réforme de la zone euro et l’avenir de l’Europe de la Défense. Finalement, ce que le président français reproche surtout à la chancelière allemande, c’est de ne pas avoir répondu à ses propositions de 2017. De ne pas avoir saisi la main tendue. *** TREMBLEMENT DE PEUPLE EN IRAN ​En Iran, le 15 novembre, des manifestations ont éclaté dans une centaine de villes à l’annonce d’une hausse d’au moins 50% du prix des carburants à la pompe et malgré une réforme du mode de subvention de l’essence, censée bénéficier aux ménages les plus défavorisés. Le lendemain, sur ordre du Conseil suprême de sécurité nationale iranien l’accès à internet a été bloqué, pour n’être rétabli qu’une semaine plus tard. Durant cette période, une répression à huis clos s’est abattue sur le pays. Les manifestants s’en sont pris aux bâtiments officiels, symboles de la corruption du régime, y compris les écoles religieuses, les municipalités et les banques publiques. Des stations-service ont été incendiées, des commissariats de police attaqués et des magasins vandalisés. Les forces de sécurité ont fait usage d’armes à feu. Amnesty International évoque un bilan de plus de 150 morts vérifiées. Plus d’un millier de personnes auraient été arrêtées. « La rapidité avec laquelle le régime a réagi d’une main de fer indique qu’il se sent assiégé, et ne tolérera aucune dissidence », estime Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group. Pour un sociologue qui préfère demeurer anonyme, « cette violence est sans doute le résultat de l’accumulation de frustrations à la fois politiques et économiques ». ​Depuis le retrait unilatéral de Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, les recettes du pays assurées à 40% par le pétrole ont chutédrastiquement. Selon le Fonds monétaire international, le produit intérieur brut de l’Iran, qui a chuté de 5% en 2018, devrait cette année baisser encore de 9,5%. La pénurie des biens de consommation entraîne une inflation qui atteint officiellement 40% et le taux de chômage des jeunes se situe autour de 30%. ​En outre, pour la première fois, l’influence iranienne dans le monde arabeest contestée. A Beyrouth et dans le reste du Liban, un mouvement populaire remet en cause depuis la mi-octobre le système confessionnel qui profite au Hezbollah, la puissante formation politique et militaire chiite, relais des intérêts de l’Iran dans le pays. Plus encore, à Bagdad et dans le sud chiite de l’Irak, des milliers de manifestants, depuis fin octobre, refusent la mainmise de Téhéran sur leur pays. A quelques mois des législatives de février, la République islamique est affaiblie à l’intérieur par les sanctions américaines et dénoncée à l’extérieur pour son ingérence dans son environnement proche, au premier chef en Irak.





































































Comment peut-on (encore) faire du théâtre ? (#68)
Dec 23 2018 60 mins  
Avec Julie Deliquet, metteuse en scène et scénographe (« Fanny et Alexandre », en février, à la Comédie française, Jeanne Candel co-diretrice du Théâtre de l’Aquarium et Jean Robert-Charrier, directeur du théâtre de la porte Saint Martin. 4 millions d’entrées dans les théâtres publics en 2017, 4 millions dans les théâtres privés, presque tous à Paris. Ces dernières années, le nombre de spectateurs est en progression lente mais constante, sans oublier les 460 conservatoires et les troupes d’amateurs si nombreuses qu’elles ne sauraient être recensées. Non seulement le théâtre n’est pas affecté par la révolution numérique, mais il en tire peut-être profit en offrant une alternative de chair et d’os aux divertissements virtuels… Pour autant, est-il raisonnable de « monter une pièce » ? Économiquement, c’est un peu plus coûteux chaque année : les spectacles vivants ne peuvent gagner en productivité qu’à la marge de la marge : le même acteur ne peut pas jouer deux protagonistes d’une même pièce, le même décor ne peut pas figurer un hôpital et un jardin. Scientifiquement, cela s’appelle la loi de Baumol : le théâtre souffre d’un différentiel de productivité́ avec le reste de l’économie qui induit une croissance inexorable de ses coûts relatifs. L’État intervient pour contrer ou adoucir les effets de cette loi. Il occupe donc une place de plus en plus importante dans l’offre de spectacles, avec ses cinq Théâtres nationaux, ses 70 Scènes nationales et ses 38 Centres dramatiques nationaux. Cela entraine-t-il une uniformisation de cette offre ? Un alignement des carrières artistiques sur certaines carrières de la fonction publique ? L’offre du privé constitue-t-elle une alternative ? La loi de 2003 sur le mécénat a-t-elle modifié la donne ? Le financement participatif offre-t-il une nouvelle perspective ?





Vers un "nouveau contrat social" & tensions en mer d'Azov
Dec 02 2018 60 mins  
VERS UN « NOUVEAU CONTRAT SOCIAL » ? Mardi 27 novembre dernier, le président de la République a détaillé la stratégie environnementale à long terme adoptée par la majorité. Il a annoncé la tenue d’une large consultation citoyenne qui s’étendra sur une durée de trois mois et qui portera sur la mise en œuvre de la transition écologique et sur les moyens de rétablir une cohésion sociale en France. Souhaitant y inclure des représentants des milieux syndicaux, patronaux, associatifs et des élus locaux, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux la mise au point par cette consultation d’un « nouveau contrat social ». Ce discours a été prononcé dans le sillage des manifestations des gilets jaunes entrées hier dans sa troisième semaine de mobilisation. Ce mouvement n’est pas sans rappeler les émeutes britanniques de 2011 qui avait été analysées par le sociologue Zygmunt Bauman comme une réaction à l’émergence de nouveaux modes de consommation contemporains. En effet les premières analyses rétrospectives du mouvement montrent que ce dernier rassemble des catégories sociales d’une grande hétérogénéité allant de l’ouvrier au paysan en passant par les petits entrepreneurs qui ont en commun leur sédentarité et une grande vulnérabilité vis-à-vis de perspectives de mobilité qui se réduisent. Ce mouvement est à ce titre une nouvelle illustration de l’approfondissement de la fracture sociale qui avait été à la fois baptisée et mis en exergue par le géographe Christophe Guilluy en 2014 dans son essai sur La France périphérique. Quatre ans après la parution de ce livre, Christophe Guilluy a réitéré son diagnostic dans un livre paru cette année, No society, dans lequel il regrette la dégradation des conditions de vie de la population périurbaine qui a presque doublé depuis 1968 pour atteindre plus de 15 millions d’habitants en 2018. Enfin on observe dans la littérature contemporaine un retour au centre de l’attention de la question sociale et de cette question périurbaine. Outre Fief, le premier roman remarqué l’année dernière de l’écrivain David Lopez, c’est cette France que le récent lauréat du prix Goncourt Nicolas Mathieu décrit dans son roman Leurs enfants après eux paru en septembre aux éditions Actes Sud. TENSIONS EN MER D’AZOV Le 25 octobre dernier, la marine russe a arraisonné trois navires ukrainiens en mer d’Azov arguant d’un transit irrégulier à travers le détroit de Kertch contrôlé par les autorités russes depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Cette manœuvre a entrainé une condamnation immédiate de la part du gouvernement ukrainien et une escalade des tensions. Cette escalade s’est matérialisée cette semaine par l’adoption par le parlement ukrainien d’un texte autorisant l’application pendant 30 jours de la loi martiale dans les régions frontalières du pays. Cet affrontement est le résultat de tensions croissantes autour de la mer d’Azov depuis que le président russe a inauguré en mai un pont enjambant le détroit de Kertch pour relier la Crimée à la Russie. Cette matérialisation de l’annexion de 2014 s’accompagne d’un renforcement du contrôle exercé par Moscou sur les passages dans le détroit. Kiev considère ces mesures comme contraires au traité de 2003 qui stipule un contrôle partagé entre l’Ukraine et la Russie et les autorités ukrainiennes dénoncent une tentative d’asphyxie de leurs ports commerciaux de la mer d’Azov. Face à l’escalade consécutive à l’incident de dimanche, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à une « retenue maximale ». Parallèlement, différents élus européens se sont publiquement interrogés sur l’opportunité d’engager de nouvelles sanctions financières contre la Russie au cas où la liberté de passage dans le détroit de Kertch ne serait pas rétablie. Ainsi le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag Norbert Röttgen n’a-t-il pas exclu d’engager de telles sanctions tandis que le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu’il serait prêt à les soutenir. Vladimir Poutine a qualifié de « provocation » la proclamation de la loi martiale par le président ukrainien Porochenko qu’il a accusé de n’agir que pour redresser le peu de chances que les sondages lui accordent d’obtenir un nouveau mandat aux élections présidentielles du 31 mars prochain.

Gilets jaunes ; Brexit : deal or dead ? (#64)
Nov 25 2018 63 mins  
Enregistré au studio l'Arrière Boutique le vendredi 23 novembre avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France. Gilets jaunes La mobilisation des gilets jaunes de samedi 17 novembre dernier s’est poursuivie au début de cette semaine par le maintien de plusieurs opérations de blocage sur la voirie notamment en Bretagne, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans la région Grand Est. Conséquemment à ce prolongement des manifestations, le bilan des débordements liés à la mobilisation s’est alourdi avec un deuxième décès survenu dans la journée de mardi et un nombre total de blessés qui dépasse les 500. Une semaine après le premier jour de mobilisation, une nouvelle manifestation s’est tenue hier à Paris. Le gouvernement affirme que, bien que les revendications soient « entendues » par la majorité, cette dernière n’entend pas changer de cap comme l’a répété le Premier ministre lors de son intervention à France 2 dimanche soir. Le Président de la République, qui effectuait un voyage officiel en Belgique au début de la semaine, a affirmé sa volonté de dialoguer et de mieux expliquer son cap sans nommer expressément le mouvement des gilets jaunes. Si le mouvement des gilets jaunes reste caractérisé par sa grande déstructuration et par la diversité de ses revendications, les syndicats ont adopté des postures diverses quant à la poursuite du mouvement. La fédération Force ouvrière des transports a apporté son soutien mardi à la mobilisation, la CFDT Transports n’a pas souhaité s’associer au mouvement tandis que la CGT n’a pas adopté de position claire tout en appelant à manifester le 1er décembre autour du pouvoir d’achat. Enfin à La Réunion les manifestations des gilets jaunes ont donné lieu à des affrontements particulièrement violents dus à des casseurs. Après que 30 membres des forces de l’ordre ont été blessés, le préfet a annoncé la mise en place d’un couvre feu à partir de mardi tandis que le président de région Didier Robert a annoncé un gel de 3 ans de la fiscalité sur les carburants sur le territoire de l’île. *** Brexit : deal or dead ? Mardi 13 novembre, la Première ministre britannique Teresa May a annoncé officiellement être arrivée au terme de la négociation de l’accord qui organise la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à compter du 29 mars prochain. Or les dispositions de cet accord qui prévoit notamment le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière ainsi qu’un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur les normes de droit européen a été vertement critiqué par opposants du gouvernement aussi bien que par ses alliés. En premier lieu l’accord a été attaqué au sein même du parti de Teresa May qui a enregistré trois démissions dans son gouvernement, dont celle de son secrétaire d’État au Brexit Dominic Raab, quarante-huit heures après l’annonce de l’accord. La semaine dernière, la fronde parlementaire des conservateurs a échoué dans sa tentative d’engager une motion de censure contre le gouvernement de Teresa May. Pour autant l’autorisation du parlement britannique de ratifier l’accord semble de plus en plus improbable depuis que le parti nord-irlandais DUP, indispensable à la coalition du gouvernement May, a déclaré que l’accord n’était pas acceptable. En outre Teresa May ne pourra pas compter sur le soutien du parti travailliste dont le chef de file Jeremy Corbyn a annoncé son intention de voter contre l’accord tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum dans une tribune publié par plusieurs journaux européens cette semaine. Malgré son isolement croissant, la Première ministre a reçu cette semaine le soutien du gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney ainsi que celui du principal syndicat patronal, la Confederation of British Industry. Enfin si le ministre de l’économie allemand Peter Altmaier a exclu toute possibilité de renégociation de l’accord, la chancelière Angela Merkel a défendu l’accord mardi devant le Bundestag. L’incertitude plane donc sur le sommet exceptionnel dédié au Brexit qui rassemblera ce dimanche 25 novembre les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne.

L'énigme des gilets jaune
Nov 18 2018 60 mins  
Sujet 1 : L'énigme des gilets jaunes Les manifestations diverses engagées hier dans 2 000 points de rassemblement différents couvrant l’ensemble du pays ont finalement rassemblé plus de 280 000 « gilets jaunes » selon les chiffres communiqués le soir même par le ministère de l’Intérieur. Les manifestations ont en outre été émaillées de plusieurs débordements qui ont blessé plus de 200 personnes et ont provoqué la mort d’une manifestante dans le département de la Savoie. Cette mobilisation est intervenue malgré la tentative du Premier ministre d’éteindre les contestations par l’annonce mercredi d’un plan de soutien aux automobilistes de 500 millions d’euros. Lors de cet entretien radiophonique, Édouard Philippe a précisé les contours de ce plan qui prévoit notamment la création d’une prime additionnelle à la conversion pour les salariés vivant à plus de 30 kilomètres de leur lieu de travail ainsi qu’une revalorisation du chèque énergie dès l’année 2019. Malgré ces mesures d’aide, le Président de la République a réaffirmé lors de son allocution de mercredi qu’il « assumait » les mesures de fiscalité écologique prise par son gouvernement ce qui pose la question des répercussions sociales à long-terme de cette stratégie. En outre, la manifestation de cette semaine a illustré l’émergence de nouvelles formes de mobilisation hors des partis et des syndicats traditionnels. En effet aucun syndicat n’avait appelé ouvertement a manifesté samedi et la CFDT était allé jusqu’à condamner fermement un mouvement qualifié de « manipulation » par son secrétaire général Laurent Berger. Sur le plan politique, le Rassemblement national a participé au mouvement tout en affirmant ne pas en être l’origine et La France insoumise a affirmé sa solidarité et son soutien à un mouvement de colère qu’il juge légitime. Enfin plusieurs membres du parti Les Républicains se sont joints aux cortèges de samedi après avoir affirmé au cours de la semaine ne pas souhaiter un blocage total du pays. Invités : • Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine • Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova • Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit



Pas de paix pendant l'Armistice et new deal pour Donald Trump (#62)
Nov 11 2018 63 mins  
Enregistré en public à l'École Alsacienne le dimanche 11 nnovembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote, et Lucile Schmid. L'armistice cent ans après Cent ans après la signature de l’armistice qui a mis fin à la Grande Guerre le 11 novembre 1918, le Président de République reçoit aujourd’hui à Paris une soixantaine de chefs d’État pour une cérémonie de commémoration ainsi que l’ouverture d’un Forum international de la paix qui se tiendra dans les Halles de la Villette jusqu’au mardi 13 novembre. La cérémonie d’aujourd’hui vient clôturer une série d’hommages et de célébrations organisée depuis 2014 et plus particulièrement cette semaine lors d’un voyage présidentiel dans 11 départements de l’est et du nord de la France qualifié par l’Élysée d’itinérance mémorielle. Commencée à Strasbourg dimanche dernier en présence du président de la république fédérale d’Allemagne Frank-Walter Steinmeier, achevée hier lors d’une cérémonie à Compiègne avec la Chancelière Angela Merkel, cette itinérance a été marquée par la volonté présidentielle de rendre hommage aux soldats ordinaires de la Grande Guerre. À ce titre, Emmanuel Macron a annoncé mardi lors d’un discours prononcé sur le lieu de la bataille des Éparges l’entrée prochaine de l’écrivain Maurice Genevoix au Panthéon. En outre, la semaine de commémoration a fait une place particulière aux troupes coloniales qui ont été célébrées par une cérémonie spéciale qui s’est tenu à Reims en présence du président de la république du Mali Ibrahim Boubacar Keïta tandis que la première ministre britannique Theresa May a été accueilli vendredi par le Président de la République dans la Somme. Pour autant, le parcours mémoriel du Président qui s’achève aujourd’hui a été en partie marqué par une tentative de l’opposition de renvoyer le gouvernement à ses difficultés actuelles et par une polémique sur la place à accorder dans la commémoration au maréchal Pétain dont le nom a été finalement retiré de la liste des maréchaux commémorés ce dimanche. *** Sujet 2 : Demi-victoire ou demi-défaite pour le président Trump ? Mercredi 7 novembre, le président des États-Unis Donald Trump a salué les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis comme étant un « immense succès » pour son camp. Pour autant, le scrutin de mercredi reflète une image nuancée de l’électorat américain qui a conforté la majorité du parti Républicain au Sénat de 2 sièges tout en privant ce même parti Républicain de la majorité à la Chambre des représentants qui bascule vers une majorité Démocrate pour la première fois depuis 8 ans. Face au président Trump, l’élue Démocrate et probable candidate au poste de speaker de la Chambre des représentants Nancy Pelosi s’est elle aussi félicitée des résultats de mercredi. À l’issue du scrutin, elle a affirmé que son parti allait permettre de « rétablir l’équilibre des pouvoirs » aux États-Unis. Pour ce faire, le parti Démocrate devra s’appuyer sur les prérogatives exclusives dont dispose la Chambre en matières fiscale, budgétaire et de politique commerciale tout en évitant qu’un blocage avec l’exécutif n’affaiblisse son crédit auprès de l’opinion. En effet si le président Trump a annoncé qu’il s’accommodait de cette cohabitation et que son administration était prête à collaborer avec la nouvelle Chambre, cette campagne électorale a notamment marqué son emprise renforcée sur l’appareil du parti Républicain avec lequel il entretenait des relations compliquées depuis sa victoire à la primaire de 2016. La normalisation électorale que représente paradoxalement ce résultat semble donc conforter le président Trump avant les prochaines élections américaines qui auront lieu en 2020.

L'Italie, la dette, l'Europe ; Élections américaines : l'état de l'Union (#61)
Nov 04 2018 62 mins  
Enregistré le mercredi 31 octobre avec Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit et François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France L'Italie, la dette, l'Europe Le 27 septembre dernier, le ministre de l’économie et des finances italien Giovanni Tria a présenté le premier projet de budget de la coalition populiste formée par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles depuis les élections générales de mars. Pour tenir une partie des mesures de relances annoncées pendant la campagne, ce budget prévoit notamment un plan de relance de 97 Md€ en 5 ans, plan qui se traduit par l’abandon de la politique de réduction du déficit public dans laquelle l’Italie, dont la dette est considérable, était engagée depuis plusieurs années. Après avoir plusieurs fois mis en garde contre cette hausse du déficit, qui substitue à un objectif de 0,8% du PIB acté par l’ancienne majorité sociale-démocrate un objectif de 2,4% du PIB en 2019, la Commission a fini par rejeter, sans surprise, le 23 octobre, le projet de budget présenté par le gouvernement de Giuseppe Conte. Ce rejet, présenté par le commissaire européen aux Affaires économiques et financières comme la conséquence logique d’une « déviation claire et nette », a été immédiatement condamné par le ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil Matteo Salvini qui a affirmé que « les messieurs de la spéculation » pouvaient se rassurer et que le gouvernement ne changerait rien à son budget. À ce stade, il est peu probable que la procédure de coordination des budgets, dite du semestre européen, qui n’a jamais abouti à une sanction financière, force le gouvernement Conte à revenir sur son plan. Pour autant, la présentation de ce budget a motivé la dégradation par Moody’s de la note attribuée au titre de la dette italienne. La coalition au pouvoir, qui s’est divisée récemment autour d’un projet d’amnistie fiscale, pourrait être ébranlée par une nouvelle dégradation qui entrainerait de lourdes conséquences sur le financement par l’État italien de son déficit alors que sa dette souveraine dépasse déjà les 131% de son PIB. *** Élections américaines : l'état de l'Union Le 6 novembre prochain, les électeurs américains sont appelés aux urnes pour renouveler, à mi-mandat du président, l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Deux ans et demi après la victoire de Donald Trump, la campagne pour ces élections se déroule, depuis le début d’octobre, dans un contexte d’une particulière violence. Commencée avec l’envoi d’une dizaine de colis piégés aux domiciles de plusieurs personnalités démocrates dont l’ancien président des États-Unis Barack Obama ainsi qu’au siège de la chaine CNN, cette violence a atteint un paroxysme avec l’attentat qui a fait 11 morts samedi dernier dans une synagogue de la ville de Pittsburgh. Après avoir tardé à dénoncer le caractère antisémite d’une fusillade, dont l’auteur ne cachait ni ses sympathies nazies ni ses convictions suprématistes et criait « tous les juifs doivent mourir » en ouvrant le feu, le président Trump a réagi en désignant les médias comme étant « le véritable ennemi du peuple ». Cette saillie du président américain s’inscrit dans une stratégie qu’il déploie depuis le début de la campagne en s’efforçant de transformer le scrutin en plébiscite sur sa personne et en répétant d’un meeting à l’autre un discours hostile aux migrants et en particulier à l’ouverture des frontières aux populations venues d’Amérique centrale. Face à lui, les candidats du parti démocrate dénoncent le caractère inégalitaire de la politique fiscale de l’administration Trump et défendent le bilan de l’Affordable Care Act adopté sous la présidence de Barack Obama. Si les sondages publiés la semaine dernière laissaient prévoir une courte victoire des Démocrates au Congrès, les bons résultats économiques des États-Unis ont fait gagner trois points de popularité depuis septembre au président Trump crédité aujourd’hui de 47% d’opinions favorables. Enfin, la mobilisation de la communauté hispanique et des électeurs les plus jeunes reste une grande inconnue.


Arménie : la révolution au milieu du gué (#59)
Oct 21 2018 63 mins  
Enregistré le lundi 15 octobre, avec : Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM; Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote et Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit Soutenez notre campagne de financement participative Arménie : la révolution au milieu du gué (#59) Michel Marian, vous êtes ancien élève de la rue d’Ulm, agrégé de philosophie et ancien élève de l’Ena. Comme haut-fonctionnaire, vous avez essentiellement travaillé dans les domaines de l’éducation et de la culture tout en enseignant à Sciences-Po. Une partie de votre famille, arménienne, a compté parmi les victimes du génocide de 1915 sur lequel vous avez écrit nombre d’articles et à propos duquel vous avez publié en 2009, chez Liana Lévi un dialogue avec un éditeur et politologue turc, Ahmet Insel. Vous revenez d’Erevan, où s’est tenue le sommet de la francophonie. Avec vous, nous allons essayer d’éclairer, au-delà de cette manifestation qui a vu l’élection à la tête de l’organisation internationale de la francophonie de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, la situation particulière de l’Arménie. 84 États et leurs représentants dont 36 sont membres de l’OIF. Parmi eux, l’Arménie a été l’objet d’une particulière attention. Non seulement en tant que pays hôte mais aussi pour avoir connu au printemps un renversement politique inédit qui est venu mettre en cause un système politique mis en coupe réglée par le parti républicain d’Arménie (HHK) depuis l’indépendance en 1991. En effet les larges manifestations populaires et la grève générale provoquées par la tentative de coup de force institutionnel du président Serge Sarkissian en avril 2018 ont abouti à la démission de ce dernier le 23 avril et, le mois suivant, à l’accession aux fonctions de Premier ministre du principal chef de file de l’opposition démocratique, Nikol Pachinian. Le nouveau Premier ministre a obtenu difficilement, la dissolution du parlement unicaméral et l’organisation d’élections anticipées qui auront lieu le 10 décembre selon un système électoral complexe. Si la croissance économique du pays devrait atteindre 7,5% cette année, un des enjeux de ces élections sera la meilleure répartition des fruits de cette croissance qui sont aujourd’hui largement monopolisée par un petit groupe d’oligarques au népotisme desquels le Premier ministre Pachinian a assuré vouloir mettre fin. A la différence des révolutions de couleur qu’ont connu certaines anciennes républiques soviétiques depuis les années 1990, la révolution de velours arménienne n’a pas exprimé d’hostilité marquée à l’égard de la Russie. Pour autant, la présence d’une base militaire russe en Arménie et son appartenance à l’Union économique eurasienne font de l’Arménie un allié privilégié pour la Russie qui a adoptée une position diplomatique réservée au moment de la révolution mais qui entend y conserver ses intérêts aussi bien que son influence. Enfin la mémoire du génocide de 1915 a joué un rôle non négligeable dans le regroupement populaire autour de Nikol Pachinian.


Macron : vol au dessus d'un nid de zombies ? ; Brésil, la revanche des généraux ? (#58)
Oct 14 2018 60 mins  
Enregistré le vendredi 12 octobre, avec : Nicolas Baverez, essayiste et avocat; Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine; Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM et Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova Soutenez notre campagne de financement participative Macron : vol au dessus d'un nid de zombies ? Après les démissions plus ou moins inattendues de deux ministres d’État en moins d’un mois et demi et alors que le ministère de l’Intérieur a connu plus d’une semaine de direction par intérim, le Président de la République Emmanuel Macron et sa majorité se trouve, comme aurait dit le poète, à la croisée de chemins montants, sablonneux, malaisés. La semaine écoulée a été marquée par des rumeurs et de vaines agitations autour d’un remaniement qui n’est finalement pas intervenu avant le départ du Président de la République à Erevan, pour le sommet de la Francophonie. Ce remaniement contraint intervient un peu plus d’un an et demi après la nomination d’Édouard Philippe à Matignon et la constitution d’une équipe gouvernementale marquée par la présence de nombreux techniciens n’ayant jamais exercé de fonction élective et par des élus dont beaucoup n’ont pas su consacrer aux médias l’attention que ceux-ci estiment leur être due. La semaine s’est donc passée en supputations, présomptions et conjectures sur les intentions du président quant à l’ampleur du remaniement ou sur la question de savoir s’il y a entre le chef de l’État et son Premier ministre des divergences ou des dissonances, des oppositions ou des différences d’appréciation. Que le gouvernement fasse le choix d’un remaniement technique ou d’une refondation du gouvernement, la question se pose des moyens et des talents que le Président de la République pourrait mobiliser, alors qu’il réaffirme en toutes occasions sa volonté de poursuivre les réformes, notamment celles de la constitution et celle des retraites, tandis que le parlement examine la loi PACTE et le projet de loi de finances Brésil, la revanche des généraux ? Dimanche 7 octobre dernier, 104 millions d’électeurs se sont exprimés à l’occasion d’élections nationales à la fois législatives et présidentielles au Brésil. Ce scrutin vient après 4 ans de crise politique et institutionnelle marqués par de vastes scandales de corruption qui ont notamment abouti à l’emprisonnement de l’ancien président Lula da Silva. Dans le même temps, l’endettement du pays est passer de 51% à 77% de son PIB tandis que son déficit devrait atteindre cette année les 7%. Le premier tour a confirmé la percée d’un député fédéral d’extrême droite encore inconnu il y a 4 ans Jair Bolsonaro qui est arrivé largement en tête dimanche soir en recueillant 46% des suffrages exprimés. Ce succès, salué par une hausse de 6% de l’indice de la bourse brésilienne lundi, conforte la stratégie de Bolsonaro qui a mené une campagne virulente contre les partis traditionnels tout en promettant une libéralisation massive de l’économie du pays et en évoquant une possible intervention de l’armée pour assurer l’ordre public. Face à lui, le candidat du parti des travailleurs Fernando Haddad n’a pas su profiter de cette campagne pour sortir de l’ombre de l’ancien président Lula. Malgré le ralliement immédiat du candidat de centre gauche Ciro Gomes dimanche soir, il apparaît comme le grand perdant de ce premier tour qui le place plus de 15 points derrière Jair Bolsonaro avec 29% des voix. Tout au plus pourra-t-il fonder quelque espoir sur le taux d’abstention de 20% au premier tour pour renverser la tendance en fédérant les oppositions à l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir. Reste donc à savoir si la nostalgie de la dictature militaire exprimée à plusieurs reprises par Bolsonaro et ses multiples sorties misogynes et homophobes suffiront à mobiliser les électeurs des autres candidats et à mobiliser les abstentionnistes pour le second tour qui se tiendra le 28 octobre prochain.

L'après Collomb ; Les Conservateurs britanniques divisés face au Brexit (#57)
Oct 07 2018 62 mins  
Enregistré le vendredi 5 octobre, avec : François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France; Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine et Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit Soutenez notre campagne de financement participative "Après Collomb" C’est au Premier ministre que le ministre de l’intérieur démissionnaire Gérard Collomb a passé ses pouvoirs le temps d’un intérim qui dure encore au moment où nous enregistrons cette émission. Le ministre de l’intérieur avait remis par deux fois en 48 heures sa démission au chef de l’État qui en a pris acte plus qu’il ne l’a acceptée. A la mi–septembre, il avait annoncé dans les colonnes de L’Express qu’il quitterait le gouvernement en 2019 pour preparer sa candidature à Lyon. Cet épisode intervient un mois seulement après la démission surprise d’un autre ministre d’État, Nicolas Hulot et sur fond d’une litanie d’affaires d’inégale ampleur mettant en cause le fonctionnement de la présidence ou impliquant différents membres du gouvernement Philippe. Cette période d’incertitude gouvernementale est d’autant plus mal perçue qu’elle se conjugue avec des errements à répétition dans la communication élyséenne depuis la rentrée. En résulte une impopularité croissante et une confiance mesurée à 30% par le baromètre Kantar-Sofres pour le mois d’octobre. Pour autant, le déplacement d’Emmanuel Macron à l’Assemblée générale des Nations Unies, où lui a été décerné le titre honorifique de « Champion de la terre », a été bien perçu par la presse internationale qui continue de voir en lui un des meilleurs défenseurs du système multilatéral issue de la seconde guerre mondial. Chez nos principaux partenaires européens et notamment allemands, Emmanuel Macron reste un atout majeur pour tenir tête à Donald Trump dans une relation bilatérale entre les États-Unis et l’Europe qui continue de se tendre. C’est ce bilan international flatteur que le Président de la République devrait mettre en avant pour renverser la tendance dans le cadre d’une campagne législative européen dans laquelle il a affirmé au Journal du Dimanche vouloir « s’impliquer ». "Les Conservateurs britanniques divisés face au Brexit" Mercredi dernier, la Première ministre Theresa May a clos le congrès annuel du parti conservateur britannique par un discours volontariste de défense de son plan organisant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette proposition, baptisé plan « Chequers » du nom de la résidence où il a été dévoilé, a suscité une vive opposition au sein du parti Conservateur, opposition menée par l’ancien ministre des Affaires Étrangères Boris Johnson dont le soutien formel à la Première ministre a été exprimé dans un discours très hostile à son plan. Le congrès qui s’est achevé cette semaine a vu se succéder à la tribune d’autres adversaires du plan Chequers quelques semaines seulement après que le parti Travailliste est revenu sur son opposition à la tenue d’un nouveau référendum avant l’entrée en vigueur d’un éventuel accord, ce que réclament une partie des conservateurs. Mise en difficulté une nouvelle fois par les divisions internes de son parti Theresa May doit aussi faire face à la fin de non-recevoir de son plan que lui ont opposée par les chefs d’États de l’Union réunis à Salzbourg fin septembre. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a résumé ce refus en déclarant que le plan Chequers « n’est pas fonctionnel ». C’est avec une marge de manœuvre réduite que la Première ministre britannique devra poursuivre des négociations dont elle n’exclut officiellement plus qu’elles n’aboutissent pas et entrainent une sortie sans accord de l’Union européenne le 29 mars prochain.

"Les élections européennes" & "l'ONU face à la crise du multilatéralisme"
Sep 30 2018 63 mins  
Enregistré le vendredi 29 septembre, avec : François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France; Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote; Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAMet Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine. Soutenez notre campagne de financement participative "Les formations politiques françaises face au casse-tête des élections européennes" Les 26 et 29 mai prochains, les électeurs seront appelés à élire les eurodéputés qui siègeront pendant 5 ans au Parlement européen. Alors que ces premières élections depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité d’Emmanuel Macron approchent, les partis semblent avoir du mal à mobiliser leurs troupes et de nombreux scénarios restent encore possibles. Si le parti présidentiel a réaffirmé le 14 septembre dernier qu’il comptait sur ses alliés du MoDem pour mener une liste commune s’affichant en meilleur rempart contre les partis eurosceptiques, les voyages de son délégué général Christophe Castaner à Madrid, Rome et Bruxelles n’ont pas levé les doutes quant aux futures alliances de La République en Marche ! au Parlement européen. Le parti dirigé par Laurent Wauquiez, Les Républicains, est marqué par des divisions internes ravivées le 12 septembre à Strasbourg par le vote en ordre dispersé sur l’ouverture d’une procédure de sanction contre le gouvernement de Viktor Orbán. Si la piste du négociateur en chef européen du Brexit, Michel Barnier, a été évoquée pour diriger la liste du principal parti de la droite, les négociations avec l’intéressé ne semblent pas avoir abouti. Quant au parti de Marine Le Pen, qui ne souhaite pas mener la liste afin de conserver son siège au Parlement français, il continue de capitaliser sur son duel avec le parti du Président de la République sans avoir tranché sur son projet politique ni sur la personne la mieux placée pour mener la campagne. Le Rassemblement national devra compter avec la concurrence de la liste dissidente de l’eurodéputé Florian Philippot ainsi que sur celle de Nicolas Dupont-Aignan qui a annoncé cette semaine qu’il serait tête de liste tout en appelant tous les partis eurosceptiques à se ranger derrière lui. Une multitude de partis souhaitent faire entendre leur voix à l’occasion de ces élections à l’image à gauche de Génération-s, le parti de Benoît Hamon qui devrait en mener la liste ou du PCF et d’Europe Écologie Les Verts qui ont présenteront des listes séparées. Ces atermoiements se manifestent alors que l’Union européenne traverse une crise politique grave illustrée par les deux procédures de sanction pour manquement aux valeurs fondamentales de l’Union engagées contre la Pologne et la Hongrie et par le front italo-hongrois contre les positions françaises. "Les Nations Unies face à la crise du multilatéralisme" Lundi 24 septembre dernier s’est ouverte à New-York la 73ème assemblée générale de l’ONU qui a vu se succéder à la tribune tout au long de la semaine des représentants des 193 pays-membres de l’organisation. Cette année encore, le discours du président américain Donald Trump s’est distingué par sa violence particulière dirigée cette fois envers le régime iranien que le président américain a qualifié de « principal sponsor du terrorisme dans le monde » tout en appelant publiquement à son isolement sur la scène internationale jusqu’à provoquer sa chute. Donald Trump, dans le droit fil de sa stratégie America first, a menacé les pays du Golfe de leur retirer la protection militaire des États-Unis s’ils poursuivaient leur politique de hausse des prix du pétrole Si cette stratégie de prise de position unilatérale s’inscrit dans la continuité la diplomatie américaine depuis l’élection de Donald Trump en 2015, elle contribue à consommer un divorce de plus en plus manifeste avec les dirigeants européens et notamment avec le Président français qui a dénoncé à la tribune l’unilatéralisme comme un retour regrettable à « la loi du plus fort » et appelé à une réforme des instances de dialogues internationales comme l’OMC ou le G7. Cette divergence de vue entre les diplomaties européennes et américaines apparait d’autant plus grave qu’elle intervient dans un moment d’affaiblissement des grandes instances multilatérales crées après la seconde guerre mondiale qui a trouvé une illustration particulièrement éloquente cette semaine dans l’absence remarquée à l’ONU des dirigeants chinois, indien et russe.

"Quelle cohérence pour le budget 2019?" & "Orbán et la recomposition politique dans l’UE"
Sep 23 2018 60 mins  
Enregistré le vendredi 22 septembre, avec : Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM; François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France et Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova Soutenez notre campagne de financement participative Quelle cohérence pour le budget 2019 ? Il y a un peu plus d’un an et demi, le candidat Emmanuel Macron faisait de la réduction de la dépense publique l’un des axes de sa campagne présidentielle au point d’afficher un objectif volontariste de réduction de 3 points de PIB d’ici à 2022. Pour autant, le premier budget adopté sous sa présidence a vu les dépenses publiques croître de 0,6% et il semblerait que le futur projet de loi de finances pour 2019 qui sera présenté en Conseil des ministres le 24 septembre prochain prévoit une nouvelle hausse de 0,6% du budget général de l’État. Cette nouvelle hausse des dépenses s’inscrit dans un cadre d’autant plus strict qu’elle devra s’accommoder des engagements européens de la France de maintenir son déficit public en dessous des 3% de PIB, à un moment où la dette publique atteint cette année un sommet historique de 98,7% du PIB. Pour tenir les engagements que je viens d’évoquer, et pour faire face à la réduction de la prévision de croissance annuelle qui a été ramenée en septembre par l’INSEE de 2 à 1,7%, le Premier Ministre a annoncé le 26 août dans un entretien au Journal du dimanche que le Gouvernement avait fait le choix d’une revalorisation a minima des pensions de retraites, des allocations familiales et des aides personnalisées au logement (APL) de 0,3%, un niveau largement inférieur à l’inflation annuelle qui est évalué par l’INSEE à 1,7%. Pour compenser cette désindexation, le Gouvernement a affirmé vouloir « faire le choix du travail » et a annoncé sa volonté d’exonérer de cotisation salariale, à partir du 1er septembre 2019, l’ensemble des heures supplémentaires effectuées dans le secteur privé comme public. Ces annonces interviennent dans un moment de flou concernant des arbitrages budgétaires et fiscaux à l’image du démenti cinglant adressé par l’Élysée au Délégué général de la République en Marche, Christophe Castaner, qui avait évoqué le vendredi 14 septembre dernier l’ouverture d’une « réflexion sans tabou pour une refonte de la fiscalité des succession ». Après moins de deux ans de présidence, ces atermoiements posent la question de la cohérence que le Gouvernement souhaite donner à son action et celle de sa traduction dans le budget qui sera soumis prochainement au vote des parlementaires. Orbán et la recomposition politique dans l’UE Mercredi 12 septembre dernier, le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg s’est prononcé en faveur du déclenchement contre la Hongrie de la procédure prévue à l’article 7 du Traité sur l’Union européenne ; qui condamne toute violation grave des valeurs fondamentales de l’Union. Ce vote de défiance des eurodéputés à l’encontre du gouvernement de Viktor Orbán constitue l’épilogue d’une suite d’oppositions de plus en plus vives entre les institutions communautaires et ce dernier depuis son retour au pouvoir en 2010. Oppositions qui concernent notamment les différentes réformes ayant remis en cause aussi bien l’indépendance de la justice que la liberté des médias ou encore celles des professeurs d’université. Ce vote fait de la Hongrie le deuxième membre de l’Union sous le coup de l’article 7 après que ce même article a été activé pour la première fois en décembre dernier contre le gouvernement polonais dirigé par Jaroslaw Kacziynski. Si la procédure de sanction, qui nécessite un vote à l’unanimité des États-membres de l’Union, a peu de chance d’être menée à son terme, cette défiance affichée du Parlement européen vis-à-vis de la Hongrie vient parasiter les négociations au sujet de la répartition des migrants qui se sont poursuivies lors d’une réunion informelle des chefs d’États et de gouvernement réunis cette semaine à Salzbourg. Enfin, à moins d’un an des prochaines élections européennes, ce vote pose la question de la recomposition politique sur la scène européenne et notamment de celle du PPE, principal parti de centre-droit européen, qui a vu une majorité de ses eurodéputées voter en faveur de la condamnation du gouvernement Orbán alors même que ses membres siègent dans le même groupe au Parlement européen. Alors qu’un congrès du parti est programmé en novembre à Helsinki, des divergences semblent demeurer en interne quant au sort à réserver au Fidesz, qui a remporté les deux élections générales organisées en Hongrie depuis 2010.

"Quelle politique pour l'écologie ?" & "La Grèce est-elle morte guérie ?"
Sep 16 2018 61 mins  
Enregistré le vendredi 14 septembre 2018, avec : Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue HérodoteLucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue EspritNicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAMÉric Le Boucher, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate.fr Quelle politique pour l'écologie ? Le week-end dernier, les centaines de manifestations organisées à travers le monde en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sous l’égide du slogan « Rise for Climate » ont eu un retentissement inédit aussi bien à Copenhague qu’à Manille en passant par San Francisco ou Sydney. En France, la manifestation organisée à Paris a réuni pour la première fois plusieurs dizaines de milliers de personnes en faveur de l’écologie. Cette mobilisation intervient au lendemain de la publication dans Libération d’une tribune signée par 700 scientifiques qui interpellent le gouvernement français sur la nécessité de prendre conscience de « l’urgence climatique » qui a été illustré cet été par la multiplication souvent tragique d’événements climatiques réputés extraordinaires. Par ailleurs, la France doit faire face à une dégradation croissante de la qualité de son air, de son eau ; et à une érosion de mieux en mieux documentée de sa biodiversité. C’est dans ce contexte que l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé sa démission le 28 août dernier. Si le Gouvernement d’Emmanuel Macron, qui a organisé à Paris en décembre dernier le One Planet Summit, continue d’afficher un engagement sans faille en faveur de l’écologie, le départ de cette figure du mouvement écologiste ne va pas sans soulever quelques questions quant aux engagements concrets que ce Gouvernement souhaite prendre en matière de protection de l’environnement auxquelles la feuille de route de François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot au ministère de l’écologie, ne semble pas devoir répondre. La Grèce est-elle morte guérie ? Le 20 août dernier, la Grèce est sortie du troisième et dernier plan d’aide financier que ses créanciers lui avaient accordé depuis 2010 pour un total de 290Md€. Si cette sortie a été immédiatement saluée de concert par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, par le président du Conseil européen Donald Tusk et par le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, elle ne signifie pas que la situation économique de la population grecque se soit améliorée depuis les prémisses de la crise en 2010. Les nombreux plans de réformes, de privatisation et de réduction du service public adoptés sous la pression de la troïka ont permis au gouvernement grec de dégager un excédent primaire de 4% de son PIB hors service de la dette pour l’année 2017. Après 9 ans de récession, la croissance a repris en 2017. Cependant, le taux de chômage demeure proche de 20%, les jeunes diplômés représentent une large part du contingent de 50 000 départs annuels et 1.400.000 retraités vont voir leur pension diminuer en 2019. Pour reprendre la main après avoir appliqué les plans successifs imposés par les créanciers, le Premier ministre Alexis Tsipras a annoncé dans un récent discours prononcé lors de la foire de Thessalonique une série de mesures qui vont de la réduction de la TVA à une remontée progressive du salaire minimum dont le niveau a été réduit de 23% depuis le début de la crise. Pour autant la fin du plan d’aide ne signifie pas la fin de la surveillance financière et le Premier ministre grec devra composer avec la « surveillance renforcée » prévue par la Commission pour s’assurer que son pays engage les réformes nécessaires pour honorer ses engagements. Soutenez notre campagne de financement participative









La Russie sous Poutine (#50)
Aug 18 2018 60 mins  
​Arrivé au pouvoir en 2000, Vladimir Poutine a entrepris de redresser l’économie d’un pays à genoux. Les ressources pétrolières et gazières y ont contribué, notamment grâce à la flambée des prix des matières premières dans les années 2000. La croissance atteint 1.5% en 2017 après la récession des années 2015 et 2016, le taux de chômage se situe à 5.1% et la dette publique représente 15.6% du PIB. ​L’inflation semble stabilisée et le secteur bancaire, durement frappé par la crise de 2008, est en passe de redevenir stable. ​L’économie russe reste tributaire des aléas des cours du pétrole et affaiblie par les sanctions occidentales décidées après l’annexion de la Crimée en 2014. ​La Russie demeure l’un des pays les plus inégalitaires du monde, la corruption lui vaut d’occuper le 131e rang sur 176 dans le classement de l’ONG Transparency et l’État a la main sur un grand nombre de secteurs clés allant de l’industrie aux médias. ​ Malgré ses faiblesses économiques et sociales, la Russie de Poutine s’inscrit comme un acteur majeur de la scène internationale notamment au Moyen Orient. Avec Pavel Chinsky, ancien élève de l’École Normale supérieure, directeur général de la chambre de commerce et d’industrie franco-russe depuis 2007, Jean-Louis Bourlanges, François Bujon de l’Estang et Philippe Meyer s’interrogent sur la nature et la portée de la puissance russe. Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMA Le Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit


















Portugal, l'exception (rediffusion) #36
May 12 2018 60 mins  
Oublié des médias ou dédaigné par eux, le Portugal ne fait guère parler de lui que pour des raisons marginales comme la défiscalisation qu’il accorde aux étrangers qui s’installent sur son sol. Pourtant, ce pays vient de donner un président à l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances de la zone euro) et son gouvernement est en train d’effectuer un redressement spectaculaire, au point que certains parlent d’un miracle portugais et que d’autres le site en exemple pour avoir renoncé à une politique d’austérité et en avoir recueilli des fruits inattendus. Aujourd’hui pays en bonne santé économique, terre accueillante pour ses anciennes colonies et à la forte homogénéité culturelle, le Portugal semble faire exception dans un paysage européen marqué par les difficultés économiques et les crises identitaires. Avec :Yves Léonard, maître de conférence à Sciences-Po et auteur de "Histoire du Portugal contemporain"Jean-Louis Bourlanges, député des Hauts de SeineFrançois Bujon de l’Estang, ambassadeur de FranceBéatrice Giblin Directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue HérodoteLe Nouvel Esprit Public est soutenu par l’hebdomadaire Le Un, et préparé avec les élèves de la classe préparatoire à Sciences Po de l’Ecole Alsacienne, à Paris. Le Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Maxime Olivier (L'Arrière Boutique Studio) LeNouvelEspritPublic.fr


























#18 - Portugal
Jan 07 2018 60 mins  
Oublié des médias ou dédaigné par eux, le Portugal ne fait guère parler de lui que pour des raisons marginales comme la défiscalisation qu’il accorde aux étrangers qui s’installent sur son sol. Pourtant, ce pays vient de donner un président à l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances de la zone euro) et son gouvernement est en train d’effectuer un redressement spectaculaire, au point que certains parlent d’un miracle portugais et que d’autres le site en exemple pour avoir renoncé à une politique d’austérité et en avoir recueilli des fruits inattendus. Aujourd’hui pays en bonne santé économique, terre accueillante pour ses anciennes colonies et à la forte homogénéité culturelle, le Portugal semble faire exception dans un paysage européen marqué par les difficultés économiques et les crises identitaires. Avec :Yves Léonard, maître de conférence à Sciences-Po et auteur de "Histoire du Portugal contemporain"Jean-Louis Bourlanges, député des Hauts de SeineFrançois Bujon de l’Estang, ambassadeur de FranceBéatrice Giblin Directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue HérodoteLe Nouvel Esprit Public est soutenu par l’hebdomadaire Le Un, et préparé avec les élèves de la classe préparatoire à Sciences Po de l’Ecole Alsacienne, à Paris. Le Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Maxime Olivier (L'Arrière Boutique Studio) LeNouvelEspritPublic.fr



#16 - Nouvelles offres de presse
Dec 24 2017 63 mins  
Les nouvelles offres de presseJournaux et magazines perdent des lecteurs et ceux qu’ils conservent appartiennent en majorité à la classe d’âge des seniors. Crise de financement ou crise de contenus ? En France, les médias d’information générale s’intéressent d’abord au pouvoir et à ceux qui l’exercent, aux appareils d’Etat, à Paris. Ecrite ou audiovisuelle, la presse est une lourde machine, onéreuse, mal distribuée et aujourd’hui, de plus en plus concentrée. De leur insatisfaction, les invités de cette émission thématique ont fait le moteur d’initiatives très diverses : Ebdo (à paraître début janvier) s’appuiera sur et s’intéressera à la société civile, Mediacités fait des métropoles régionales le centre de ses enquêtes approfondies sur la toile, Koï met en lumière une population plus souvent fantasmée que connue, celle des Asiatiques et Nouvelles Ecoutes produit avec succès des podcasts qui font fi des obsessions du marketing dont sont victimes les radios traditionnelles. AvecLaurent Beccaria, co-fondateur "Ebdo"Julie Hamaïde, fondatrice "Koï"Jacques Trentesaux, co-fondateur "MédiasCités"Julien Neuville, co-fondateur "Nouvelles Écoutes"Le Nouvel Esprit Public est soutenu par l’hebdomadaire Le Un, et préparé avec les élèves de la classe préparatoire à Sciences Po de l’Ecole Alsacienne, à Paris. Le Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Maxime Olivier (L'Arrière Boutique Studio) LeNouvelEspritPublic.fr




















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Benoit MP Nov 22 2020
Une nuance : de nombreuses références aux origine européennes de Joe Biden, comme un soulagement. Mais D Trump à des origines allemande (GP) et écossaise (GM) me semble-t-il. Et pourtant...

font3110 Nov 14 2020
Excellent ! Ne sachant pas comment écrire aux intervenants, je profite de ce commentaire pour leur adresser une demande qui apparaitra secondaire: est il possible de prononcer correctement le nom de Mme von der Leyen? Mme Schmid ( un comble..) prononce mieux le turc (Erdoyanne) que l'allemand! "Ourzoula phone dair Laïllenne" est la bonne prononciation. Merci!






Eric Rac May 17 2020
Un podcast de discussion politique où le temps est laissé aux interlocuteurs de développer leur idées même si on ne les partage pas.

Xavier May 05 2020
Conversation pertinente avec des intervenants de qualité, comme toujours dans ce podcast.