Paroles d'histoire

Jul 31 2020 44 mins 3.7k

« Paroles d’histoire » est un podcast ouvert à toutes les périodes et toutes les approches qui permettent de réfléchir au passé, et à ses liens avec le présent. En invitant des historiennes et des historiens on pourra discuter de livres récents ou classiques, d’historiographie et de méthodologie, de débats et de controverses, et de tous les usages possibles de l’histoire, des plus savants aux plus courants, à l’école, au musée, à la télévision, sur internet. Podcast créé et animé par André Loez.







145. Histoire de l’Afrique et de la colonisation, avec Camille Lefebvre (programme ENS 2020-2021)
Jul 31 2020 38 mins  
L’invitée : Camille Lefebvre, chargée de recherche au CNRS Lettre de l’émir des Touaregs Ibrahim Dassouk (ʾamīr tūāriq Ibrāhīm Dasūq) au colonel (al-Kulīnil), 1901, AN Niger, 7 B 1. 1, sous chemise Damergou, photo C. Lefebvre. La question : « La France et l’Afrique, 1830-1962 » (programme 2020-2021 des concours d’entrée aux ENS, voir la lettre de cadrage de la question) La discussion : * Un programme assez classique, au regard des renouvellements en histoire africaine et coloniale (1’) * Un champ de l’histoire très internationalisé (5’) * Les sources de l’histoire africaine, et l’importance des sources écrites locales, longtemps négligées (6’45), ouvrant sur la question des intermédiaires culturels, interprètes… (7’30) * Les questions de genre en situation coloniale (9’30) * La question clef de l’esclavage pour le XIXe siècle africain (14’) * Les enjeux spatiaux dans l’écriture de cette histoire (18’40) * Maghreb et Afrique subsaharienne : des historiographies artificiellement séparées ? (22’) * Une périodisation qui inclut la période 1830-1890, antérieure à la colonisation de la majeure partie de l’Afrique, moment de transformation profonde en Afrique de l’ouest (27’) * Conseils de lecture (30’) * La nécessité de réfléchir au vocabulaire de l’histoire coloniale (36′) Bibliographie (proposée par Camille Lefebvre) Pascale BARTHÉLÉMY, « « Je suis une Africaine… j’ai vingt ans ». Écrits féminins et modernité en Afrique occidentale française (c. 1940-c. 1950) », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2009/4, p. 825-852. Hélène BLAIS, « Les enquêtes des cartographes en Algérie, ou les ambiguïtés de l’usage des savoirs vernaculaires en situation coloniale », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2007/4 (n° 54-4), p. 70-85 Frederick COOPER, Ann Laura STOLER, Repenser le colonialisme, traduction de l’anglais par Christian Jeanmougin, Paris, Payot, 2013. Frederick COOPER, L’Afrique depuis 1940, Paris, Éd. Payot & Rivages, 2012. Mamadou DIAWARA, « Les recherches en histoire orale menées par un autochtone, ou L’inconvénient d’être du cru », Cahiers d’études africaines, vol. 25, n°97, 1985. p. 5-19; Benjamin N. LAWRANCE, Emily Lynn OSBORN, Richard L. ROBERTS, Intermediaries, interpreters, and clerks : African employees in the making of colonial Africa, Madison, University of Wisconsin Press, 2006. Joël GLASMAN, « « Connaître papier ». Métiers de police et État colonial tardif au Togo », Genèses, 2012/1 (n° 86), p. 37-54. Isabelle GRANGAUD et M’hamed OUALDI, « Tout est-il colonial dans le Maghreb ? Ce que les travaux des historiens modernistes peuvent apporter », L’Année du Maghreb, n° 10, 2014, p. 233‑254. Camille LEFEBVRE, « Le temps des lettres. Échanges diplomatiques entre sultans, émirs et officiers français, Niger 1899-1903 », Monde(s), n°5, (1/2014), p. 57-80. Isabelle SURUN, « L’exploration de l’Afrique au xixe siècle : une histoire pré coloniale au regard des postcolonial studies », Revue d’histoire du XIXe siècle, 2006/1 (n° 32), p. 21-39. Jean-Paul ROTHIOT, « Une chefferie précoloniale au Niger face aux représentants coloniaux, naissance et essor d’une dynastie », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 85 | 2001, mis en ligne le 01 janvier 2004. URL : http://chrhc.revues.org/1747 Benedetta ROSSI, « Périodiser la fin de l’esclavage. Le droit colonial, la Société des Nations et la résistance des esclaves dans le Sahel nigérien, 1920-1930 », Annales. HSS, 2017/4 (72e année), p. 983-1021. Jean-Louis TRIAUD,


144. Statues contestées #5 : Déboulonner, et après ?
Jul 24 2020 64 mins  
Depuis mai 2020, à travers le monde, les statues et monuments ayant un lien avec le passé colonial et esclavagiste sont contestées et parfois renversées. Une irruption des enjeux mémoriels dans l’espace public qui fait l’objet de cinq émissions du podcast: 1. Tempête mémorielle dans l’espace public 2. Aux sources de l’iconoclasme 3. Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation 4. Tour du monde des statues renversées 5. Déboulonner, et après ? La liste des textes, interviews et articles sur les statues contestées est à consulter ici, ainsi que cette liste établie par Liesbeth Corens Liste des intervenantes et des intervenants : * Robert ALDRICH, professeur à l’Université de Sydney (épisodes 1, 2, 4 et 5) * Felicity BODENSTEIN, MCF à Sorbonne Université (épisode 5) * Audrey CÉLESTINE, MCF en sociologie politique à l’Université de Lille (épisodes 3 et 5) * Julie DESCHEPPER, (épisodes 2 et 5) * Armelle ENDERS, professeure à l’Université Paris-8 (épisode 4) * Urte EVERT, directrice du musée de la citadelle de Spandau à Berlin (épisode 5) * Emmanuel FUREIX, professeur à l’Université Paris-Est Créteil (épisodes 1, 2 et 5) * Sarah GENSBURGER, sociologue, chargée de recherche au CNRS (épisodes 1, 2 et 5) * Annie GÉRIN, professeure à l’Université Concordia (épisodes 2 et 4) * Cécile GONÇALVES, docteure en études politiques (épisode 4) * Benoît HENRIET, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (épisodes 1, 4 et 5) * Silyane LARCHER, politiste, chargée de recherche au CNRS (épisodes 2, 3 et 5) * Itay LOTEM, lecturer à l’Université de Westminster (épisodes 1, 4 et 5) * Guillaume MAZEAU, MCF à l’Université Paris-I (épisode 2) * Mikaa MERED, enseignant et conférencier en géopolitique (épisode 4) *



143. Statues contestées #4 : tour du monde des statues renversées
Jul 22 2020 56 mins  
Depuis mai 2020, à travers le monde, les statues et monuments ayant un lien avec le passé colonial et esclavagiste sont contestées et parfois renversées. Une irruption des enjeux mémoriels dans l’espace public qui fait l’objet de cinq émissions du podcast: 1. Tempête mémorielle dans l’espace public 2. Aux sources de l’iconoclasme 3. Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation 4. Tour du monde des statues renversées 5. Déboulonner, et après ? La liste des textes, interviews et articles sur les statues contestées est à consulter ici, ainsi que cette liste établie par Liesbeth Corens Liste des intervenantes et des intervenants : * Robert ALDRICH, professeur à l’Université de Sydney (épisodes 1, 2, 4 et 5) * Felicity BODENSTEIN, MCF à Sorbonne Université (épisode 5) * Audrey CÉLESTINE, MCF en sociologie politique à l’Université de Lille (épisodes 3 et 5) * Julie DESCHEPPER, (épisodes 2 et 5) * Armelle ENDERS, professeure à l’Université Paris-8 (épisode 4) * Urte EVERT, directrice du musée de la citadelle de Spandau à Berlin (épisode 5) * Emmanuel FUREIX, professeur à l’Université Paris-Est Créteil (épisodes 1, 2 et 5) * Sarah GENSBURGER, sociologue, chargée de recherche au CNRS (épisodes 1, 2 et 5) * Annie GÉRIN, professeure à l’Université Concordia (épisodes 2 et 4) * Cécile GONÇALVES, docteure en études politiques (épisode 4) * Benoît HENRIET, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (épisodes 1, 4 et 5) * Silyane LARCHER, politiste, chargée de recherche au CNRS (épisodes 2, 3 et 5) * Itay LOTEM, lecturer à l’Université de Westminster (épisodes 1, 4 et 5) * Guillaume MAZEAU, MCF à l’Université Paris-I (épisode 2) * Mikaa MERED, enseignant et conférencier en géopolitique (épisode 4) *


142. Statues contestées #3 : Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation
Jul 22 2020 47 mins  
Depuis mai 2020, à travers le monde, les statues et monuments ayant un lien avec le passé colonial et esclavagiste sont contestées et parfois renversées. Une irruption des enjeux mémoriels dans l’espace public qui fait l’objet de cinq émissions du podcast: 1. Tempête mémorielle dans l’espace public 2. Aux sources de l’iconoclasme 3. Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation 4. Tour du monde des statues renversées 5. Déboulonner, et après ? La liste des textes, interviews et articles sur les statues contestées est à consulter ici, ainsi que cette liste établie par Liesbeth Corens Liste des intervenantes et des intervenants : * Robert ALDRICH, professeur à l’Université de Sydney (épisodes 1, 2, 4 et 5) * Felicity BODENSTEIN, MCF à Sorbonne Université (épisode 5) * Audrey CÉLESTINE, MCF en sociologie politique à l’Université de Lille (épisodes 3 et 5) * Julie DESCHEPPER, (épisodes 2 et 5) * Armelle ENDERS, professeure à l’Université Paris-8 (épisode 4) * Urte EVERT, directrice du musée de la citadelle de Spandau à Berlin (épisode 5) * Emmanuel FUREIX, professeur à l’Université Paris-Est Créteil (épisodes 1, 2 et 5) * Sarah GENSBURGER, sociologue, chargée de recherche au CNRS (épisodes 1, 2 et 5) * Annie GÉRIN, professeure à l’Université Concordia (épisodes 2 et 4) * Cécile GONÇALVES, docteure en études politiques (épisode 4) * Benoît HENRIET, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (épisodes 1, 4 et 5) * Silyane LARCHER, politiste, chargée de recherche au CNRS (épisodes 2, 3 et 5) * Itay LOTEM, lecturer à l’Université de Westminster (épisodes 1, 4 et 5) * Guillaume MAZEAU, MCF à l’Université Paris-I (épisode 2) * Mikaa MERED, enseignant et conférencier en géopolitique (épisode 4) *


141. Statues contestées #2 : aux sources de l’iconoclasme
Jul 21 2020 61 mins  
Depuis mai 2020, à travers le monde, les statues et monuments ayant un lien avec le passé colonial et esclavagiste sont contestées et parfois renversées. Une irruption des enjeux mémoriels dans l’espace public qui fait l’objet de cinq émissions du podcast: 1. Tempête mémorielle dans l’espace public 2. Aux sources de l’iconoclasme 3. Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation 4. Tour du monde des statues renversées 5. Déboulonner, et après ? La liste des textes, interviews et articles sur les statues contestées est à consulter ici, ainsi que cette liste établie par Liesbeth Corens Liste des intervenantes et des intervenants : * Robert ALDRICH, professeur à l’Université de Sydney (épisodes 1, 2 , 4 et 5) * Felicity BODENSTEIN, MCF à Sorbonne Université (épisode 5) * Audrey CÉLESTINE, MCF en sociologie politique à l’Université de Lille (épisodes 3 et 5) * Julie DESCHEPPER, (épisodes 2 et 5) * Armelle ENDERS, professeure à l’Université Paris-8 (épisode 4) * Urte EVERT, directrice du musée de la citadelle de Spandau à Berlin (épisode 5) * Emmanuel FUREIX, professeur à l’Université Paris-Est Créteil (épisodes 1, 2 et 5) * Sarah GENSBURGER, sociologue, chargée de recherche au CNRS (épisodes 1, 2 et 5) * Annie GÉRIN, professeure à l’Université Concordia (épisodes 2 et 4) * Cécile GONÇALVES, docteure en études politiques (épisode 4) * Benoît HENRIET, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (épisodes 1, 4 et 5) * Silyane LARCHER, politiste, chargée de recherche au CNRS (épisodes 2, 3 et 5) * Itay LOTEM, lecturer à l’Université de Westminster (épisodes 1, 4 et 5) * Guillaume MAZEAU, MCF à l’Université Paris-I (épisode 2) * Mikaa MERED, enseignant et conférencier en géopolitique (épisode 4) *


140. Statues contestées #1 : tempête mémorielle dans l’espace public
Jul 20 2020 40 mins  
Depuis mai 2020, à travers le monde, les statues et monuments ayant un lien avec le passé colonial et esclavagiste sont contestées et parfois renversées. Une irruption des enjeux mémoriels dans l’espace public qui fait l’objet de cinq émissions du podcast: 1. Tempête mémorielle dans l’espace public 2. Aux sources de l’iconoclasme 3. Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation 4. Tour du monde des statues renversées 5. Déboulonner, et après ? La liste des textes, interviews et articles sur les statues contestées est à consulter ici, ainsi que cette liste établie par Liesbeth Corens Liste des intervenantes et des intervenants : * Robert ALDRICH, professeur à l’Université de Sydney (épisodes 1, 2 , 4 et 5) * Felicity BODENSTEIN, MCF à Sorbonne Université (épisode 5) * Audrey CÉLESTINE, MCF en sociologie politique à l’Université de Lille (épisodes 3 et 5) * Julie DESCHEPPER, (épisodes 2 et 5) * Armelle ENDERS, professeure à l’Université Paris-8 (épisode 4) * Urte EVERT, directrice du musée de la citadelle de Spandau à Berlin (épisode 5) * Emmanuel FUREIX, professeur à l’Université Paris-Est Créteil (épisodes 1, 2 et 5) * Sarah GENSBURGER, sociologue, chargée de recherche au CNRS (épisodes 1, 2 et 5) * Annie GÉRIN, professeure à l’Université Concordia (épisodes 2 et 4) * Cécile GONÇALVES, docteure en études politiques (épisode 4) * Benoît HENRIET, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (épisodes 1, 4 et 5) * Silyane LARCHER, politiste, chargée de recherche au CNRS (épisodes 2, 3 et 5) * Itay LOTEM, lecturer à l’Université de Westminster (épisodes 1, 4 et 5) * Guillaume MAZEAU, MCF à l’Université Paris-I (épisode 2) * Mikaa MERED, enseignant et conférencier en géopolitique (épisode 4) *




138. Histoires de Tintin #12 : Tournesol, Tintin, les sciences et les techniques, avec Jérôme Lambert
Jul 07 2020 78 mins  
L’invité: Jérôme Lambert, maître de conférences en physique à l’Université de Rennes L’affaire Tournesol, 1956 (c) Hergé / Moulinsart Le thème: sciences et techniques dans l’œuvre d’Hergé La discussion: * Première partie: images et figures scientifiques * Hergé, amateur de science et féru de documentation précise (1’30) * Le personnage de Tournesol et ce qui l’a inspiré (5′) * Des usages dangereux de la science, mas pas de “savant fou” chez Hergé (11’30) * Hergé fasciné par les matériaux, et par une science relevant plus de l’ingénierie que de la recherche fondamentale (16’45) * Les manifestations de la nature dans les albums: éclipses, éclair en boule… (19’30) * Science et ésotérisme (19’30) * La dimension pédagogique des albums (26’30) * Enseigner les sciences avec Hergé (29′) * Seconde partie: les quatre albums marqués par les questions scientifiques (31’20) * L’étoile mystérieuse: météorites, lunette astronomique (et non téléscope comme dit par erreur dans l’émission), calculs… (32′) * Objectif Lune, extraordinaire œuvre d’anticipation (41′) * On a marché sur la Lune: apesanteur et whisky en boule, paysages lunaires et char (52′) * L’affaire Tournesol, l’arme sonore et la fascination d’Hergé pour le verre cassé (1’07) * Une éthique de la recherche discutable dans Tintin et les Picaros (1’16) Bibliographie: – Sur le personnage de Tournesol, ses prédécesseurs dans Tintin et les personnages réels dont Hergé s’est inspiré : “Le Tournesol illustré : éloge d’un oublié de l’histoire des sciences”, par Albert Algoud, chez Casterman (1994) – Les deux extrêmes : l’ingénieur et le savant fou : Jo, Zette et Jocko (Le Manitoba ne répond plus et l’éruption du Karamako), réédition de 1952 – Sur l’astronomie dans Tintin : “Mais où le temple du Soleil ? Enquête scientifique au pays d’Hergé”, par Roland Lehoucq et Robert Mochkovitch, Flammarion (2003) – Sur l’inspirateur d’Hergé pour les décors de la fusée lunaire : “Alexandre Ananoff, l’astronaute méconnu”, de Pierre-François Mouriaux et Philippe Varnoteaux, Ed2A, 2013. – Sur le déroulé minutieux des missions Apollo, avec des photos (*) prises sur place : “Ils ont marché sur la Lune, le récit inédit des explorations Apollo”, par Philippe Henarejos, chez Belin (2018)


137. Écritures alternatives de l’histoire, avec Axelle Brodiez-Dolino et Émilien Ruiz
Jul 03 2020 52 mins  
Les invité-e-s : Axelle Brodiez-Dolino, historienne au CNRS ; Emilien Ruiz, historien à Sciences Po, membres du comité de rédaction de la revue Le Mouvement Social Le numéro de revue : Le Mouvement Social n° 269-270, 2019/4, « Écrire autrement ? L’histoire sociale en quête de publics » La discussion : * Présentation de la revue Le Mouvement Social (1’30) * Le thème du numéro : écrire l’histoire autrement (BD, théâtre, blogs…) (3’) * La nouveauté des formes d’intervention actuelle des historien-ne-s dans l’espace public (8’ * En lien avec un contexte qui est aussi politique, avec des usages réactionnaires de l’histoire (10’45) * Les questions méthodologiques (histoire comme travail de la preuve), au cœur des enjeux politiques (12’45) * Les injonctions paradoxales des institutions et des pairs vis-à-vis des interventions dans l’espace public : encouragées (14’) sans être toujours valorisées (17’30), avec des obstacles notamment juridiques (19’) * Le plaisir et l’intérêt de ces écritures alternatives, avec la rencontre d’un public plus vaste (20’30) * La notion d’histoire publique, qui permet en partie de poser ces enjeux, mais aussi les problèmes qu’elle pose (22’30) * Les questions de statut, de légitimité, de reconnaissance pour les collègues qui tentent ces écritures alternatives (28’) * Le rôle du web, des réseaux sociaux, de Wikipedia dans ces évolutions (29’30) * Quelle réception de ces pratiques, quelle efficacité, quantitative et qualitative ? (35’) * Quelle place pour les émotions dans ces pratiques, et quel enrichissement pour les historien-ne-s ? (38’) * La catégorie « histoire populaire » et ce qu’elle dit, par son relatif succès, des écritures alternatives de l’histoire et de leur réception (42’) * Qui « nous » lit ? (48’) Schéma de Lisa Gilbert diffusé sur Twitter puis auprès de la American Historical Association.  


136. Histoires de Tintin #11 : Le Crabe aux pinces d’or, avec Pierre Jacolino
Jun 29 2020 59 mins  
L’invité : Pierre Jacolino, professeur de français au lycée, tintinophile, amateur de BD et de culture pop. Auteur du blog popanalyse.eklablog.com. L’album : Le crabe aux pinces d’or (1940-1941) La discussion : * Le travail d’analyse des cases et séquences de BD dans le blog (1’20) * Le charme des versions noir et blanc d’Hergé, dessinateur de planches (3’) * La parution troublée du Crabe aux pinces d’or (5’45) * Un album loin des réalités de la Seconde Guerre mondiale (7’20) * Le cadre géographique de l’album : le monde de la mer, l’Afrique du nord, et ses représentations littéraires ou filmées (11’30) * Bagghar, une transposition de Tanger ? (16’50) * Une ville coloniale, et une ville de faux-semblants (18’25) * Un album qui repose sur le thème du faux : fausse monnaie, fausses boîtes de crabe, faux bateau… (23’) * Tintin, un regard perçant (25’) * Un univers onirique très développé dans l’ouvrage (27’15) * Les scènes frappantes de rêves ou cauchemars impliquant Tintin et Haddock : désir sexuel ? (29’) * Désirs, alcool, désintoxication (30’30) * La rencontre décisive du capitaine Haddock (34’50) * Une nouvelle exploration, plus tournée vers l’intériorité (41’30), l’attention aux êtres et à leur fragilité * Apparition d’Haddock, relégation de Milou (43’45) * L’héroïsme de Tintin et ses différentes facettes (46’30) : l’habileté, la vitesse (50’25), la rectitude morale (52’30) et même une certaine complexité Les références citées durant l’émission : * Notes de blog de Pierre Jacolino sur l’album * Jean-Marie Apostolidès, Les métamorphoses de Tintin, Seghers, 1984, 2e édition, Flammarion, 2006. * Benoit Peeters, Les bijoux ravis, Impressions Nouvelles, 2007 * Pierre Fresnault-Deruelle, Hergé ou le secret de l’image, Essai sur l’univers graphique de Tintin, Moulinsart, 2000    


135. Églises en ruine, avec Mathieu Lours
Jun 25 2020 34 mins  
L’invité : Mathieu Lours, professeur en CPGE Le livre : Églises en ruine, des invasions barbares à l’incendie de Notre-Dame, Paris, Cerf, 2020. La discussion : (cliquer ici pour écouter l’entretien avec Mathieu Lours sur Notre-Dame et les ruines du XXe siècle) * Une évocation d’Alain Erlande-Brandenburg, récemment disparu (1’) * L’arpentage des ruines, à l’origine de cette enquête (2’) * La ruine, objet singulier, entre anéantissement complet et préservation pour d’autres usages (3’) * La distinction entre église en ruine et église déconsacrée (5’) * Les ruines du haut Moyen âge, aujourd’hui rares (5’30) * La charpente théologique qui fait penser les ruines (6’45) * Le passage célèbre de Raoul Glaber qui évoque l’embellissement des églises au Moyen âge central (8’) * La « concurrence » entre ruines antiques et ruines d’église (9’20) * La Réforme, moment marquant de la destruction d’églises, suivant différentes logiques (11’) * Comment détruit-on une église ? (14’30) * La ruine d’église, un non-sujet pour la peinture classique * Deux destructions emblématiques : le grand incendie de Londres, la destruction de Port-Royal (18’) * Comment reconstruit-on des ruines ? une question qui commence à se poser au lendemain des guerres de religion (19’45) * La ruine d’église associée à la beauté à partir du préromantisme au XVIIIe siècle (21’30) * Le tableau de Caspar David Friedrich, Abbaye dans une forêt de chênes (1809-1810), emblématique de ce mouvement (24’) * Les destructions de la Révolution, plus complexes qu’on ne le pense parfois (26’) * La patrimonialisation des églises en ruine, au premier XIXe siècle (29’) * Les ruines d’église liées aux guerres mondiales, aux sens différents suivant les pays (30’30) * Où aller, pour voir les ruines ? abbaye de la pointe Saint-Mathieu, Saint-Félix de Montceau (33′) Caspar David Friedrich, Abbaye dans une forêt de chênes (1809-1810), Berlin, Alte Nationalgalerie


134. Histoires de Tintin #10: Tintin dans les Balkans, avec Jean-Arnaud Dérens
Jun 22 2020 45 mins  
L’invité : Jean-Arnaud Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans (c) Hergé / Moulinsart Le thème : Tintin dans les Balkans, à travers Le Sceptre d’Ottokar (1938-1939) La discussion : * L’histoire de la Syldavie, telle que la présente la brochure touristique que consulte Tintin (1’) * Les différentes hypothèses de localisation de la Syldavie (3’) * La bataille de Zileheroum contre les Turcs en 1127, sur le modèle de la bataille de Kosovo Polje ? (5’45) * Quel héritage religieux dans la Syldavie de Tintin ? (9’) * Quelle langue parle-t-on en Syldavie ? (10’20) * Un pays traditionnel, initialement à l’écart de la modernité, sauf pour la figure du roi évoquant Zog Ier d’Albanie (11’30) * Les vêtements syldaves (15’) * Quelle influence austro-hongroise en Syldavie ? (17’) * Palais moderne et forteresse médiévale (18’35) * Une diaspora syldave active en occident, en raison de l’histoire conflictuelle du pays (20’) * Une région qui frappe les imaginations par la violence qu’on lui attribue (23’) et son manque de développement dans une vision « balkaniste » (30’) * le légitimisme monarchique d’Hergé, sensible dans l’album (33′) * La rivalité syldavo-bordure, et son arrière-plan historique (Anschluss…) (34’15) * Le scénario très précis du coup d’état évité (37′) et la crainte d’un ennemi intérieur (39’50) * La Syldavie a-t-elle rejoint l’Union européenne en 2004? (42′) Les références citées durant l’émission : * Jean-Arnaud Dérens, Là où se mêlent les eaux. Des Balkans au Caucase dans l’Europe des confins, avec Laurent Geslin, Paris, La Découverte, 2018. * Maria Todorova, Imagining the Balkans, Oxford, OUP, 1997. * Edward Saïd, Orientalism, New York, Pantheon, 1978. * Albert Londres, Les comitadjis ou le terrorisme dans les Balkans, Paris, Albin Michel, 1932. * Anthony Hope, Le prisonnier de Zenda, 1894. * Aurélien Bellanger, Le continent de la douceur, Paris, Gallimard, 2019.



133. Histoires de Tintin #9 : Tintin au pays des sciences humaines, avec Matthieu de Oliveira
Jun 18 2020 50 mins  
L’invité : Matthieu de Oliveira, MCF à l’université de Lille Le Sceptre d’Ottokar (c) Hergé / Moulinsart Le thème : Tintin, les sciences humaines, et la représentation de la recherche La discussion : * Des albums qui mettent en scène une démarche de recherche (1’) * Le sceptre d’Ottokar, un album qui met en scène la recherche à travers la sigillographie (2’) * Les règles et conditions d’accès aux documents dans l’album (6’) * L’héraldique et les éléments médiévalisants de l’album (10’15) * La représentation des savants dans l’univers d’Hergé (13’) * Le secret de la Licorne et le Trésor de Rackham le rouge, deux albums structurés par le motif de la recherche (18’45) * Les archives familiales du capitaine Haddock (21’30) * L’archéologie pratiquée par Haddock et Tintin sur l’île (26’) * Le trésor archivistique découvert dans l’épave (30’) * Les albums liés aux Incas, et leurs enjeux : recherche archéologique, éthique des fouilles et de la collecte d’objets… (33’) * Tintin, amateur de livres (38’) * Tintin, fact-checker (39’30) * Tintin, capable de décrypter énigmes et de reconstituer des fragments (42’40) * Tintin et le « paradigme de l’indice » (46’30) Les références citées dans l’émission : * Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes; Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 1980/6 (n° 6), p. 3-44. * Sonia Dollinger, Tintin et les archives d’Ottokar * Tintin, les fétiches et les musées, avec Vincent Guigueno




131. L’invention des plages californiennes, avec Elsa Devienne
Jun 09 2020 53 mins  
L’invitée : Elsa Devienne, maîtresse de conférences à l’Université de Northumbria Le livre : La ruée vers le sable, Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle, Éditions de la Sorbonne, 2020. La discussion : * La question des plages, devenue visible durant le confinement (1’15) * L’origine de cette recherche : la ségrégation des lieux de loisir ; puis la découverte des espaces spécifiques des plages de Californie du sud (5’) * Quelles archives pour l’histoire des plages ? (9’15) complétées par des sources privées comme l’album photo de Verna Williams (13’15) * Une ville qui tourne initialement le dos à la mer, avant de construire un rapport intense au littoral et aux plages (14’35) * L’invention d’une culture de plage californienne, dès les années 1930, synthétisant différentes influences (19’10) * Le besoin de mise en ordre de la plage, du point de vue social et racial (22’50), et les petits espaces de liberté des Africains-Américains (Inkwell, Bruce’s beach) (26’) * Un « lobby des plages » qui cherche à remédier à la « crise » des plages dans les années 1930 (27’30) * Une transformation des plages de Los Angeles plutôt réussie, et qui vient nuancer la vision noire léguée par le livre de Mike Davis, City of Quartz (34’) * La plage californienne, modèle pour l’Amérique des années 1950… (37’30) * …au prix de la suppression d’Ocean Park, et ses sous-cultures, noire, gay, ouvrière et du body-building (39’20) * Une volonté de re-privatiser les plages dans les années 1970, en lien avec l’émergence de la nouvelle droite américaine (46’) * Conseils de lecture et de visionnage (49’) Les conseils de lecture, de films, et les références citées durant l’émission : * Alain Corbin, Le territoire du vide: l’Occident et le désir du rivage, 1750-1840, Paris, Aubier, 1988. * Mike Davis, City of Quartz, 1990 * Rayner Banham, Los Angeles, l’architecture des quatre écologies, 1971 * John Fante, La route de Los Angeles, 1985 * The Dude face à la police de Malibu * Gidget (1959), l’un des premiers « films de plage » * Le match de foot américain sur la plage dans Point Break * The Long Goodbye de Robert Altman * Premier épisode de la série Terriers


130. Histoires de Tintin #7 : Tintin au Congo, avec Sophie Dulucq
Jun 08 2020 54 mins  
L’invitée : Sophie Dulucq, directrice de l’IFAS-recherche (Institut Français d’Afrique du Sud – Johannesburg) L’album : Tintin au Congo (1930-1931) La discussion : * Quel regard pour une historienne de l’Afrique sur cet album ? (1’) * L’histoire éditoriale de Tintin au Congo (3’) * Les spécificités de la colonisation belge au Congo, issue de la volonté personnelle de Léopold II, roi de Belgique (7’30) * Les héritages de cette colonisation particulière, et l’idée d’une colonisation « éthique » après les exactions de la période antérieure (10’30) * Les sources d’Hergé, qui s’est très peu documenté, et s’est notamment basé sur les collections du musée de Tervuren (12’45) alors qu’il aurait été possible de s’informer plus précisément (15’) * La chasse, élément clef de l’album, et des pratiques coloniales (16’) * La représentation binaire et simplifiée de l’Afrique coloniale (21’) et des populations africaines (22’) avec un stigmate tout particulier sur les « évolués » (24’) * Le langage attribué aux colonisés, avec une « aggravation » de la version de 1946 à cet égard (27’30) * La représentation des Africains, divisés en tribus, dont les pygmées (29’) * Les « hommes léopards », objets d’une thèse récente, figure bien plus complexe qu’il n’y paraît (32’) * La crainte du « mauvais blanc » et du complot américain, propre au Congo belge (39’) * Les spécificités du colonialisme belge, du point de vue éducatif notamment (40’50) * Tintin, figure coloniale, qui maîtrise la technique, notamment le cinéma () * La réception de Tintin au Congo en Afrique (47’) * Que penser des polémiques récentes sur l’album ? (49’30) Les références citées durant l’émission : * Géraldine André et Marc Poncelet, « Héritage colonial et appropriation du « pouvoir d’éduquer » », Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, 12 | 2013 * Lancelot Arzel, Des “conquistadors” en Afrique centrale : espaces naturels, chasses et guerres coloniales dans l’Etat indépendant du Congo (années 1880-1900), Thèse, Sciences Po, 2018 * Donald Crummey (ed.), Banditry, Rebellion, and Social Protest in Africa, Portsmouth, N.H., Heinemann Educational Books, 1986. * Eudes Girard, « Une relecture de Tintin au Congo », Études, 2012/7 (Tome 417), p. 75-86. * Eric Hobsbawm, Les bandits, Paris, la découverte, 2018 [1969]. * Isidore Ndaywel è Nziem, Histoire générale du Congo, de l’héritage ancien à la la République démocratique, Louvain-la-neuve, Duculot, 1998. * Jean et Arnaud Pirotte, « Le monde en cases. Les continents lointains dans la BD wallonne de la grande époque (1930-1970) », Outre-Mers, Revue d’histoire,T.104, n°392-393, 2016. * Violette Pouillard, « Conservation et captures animales au Congo belge (1908-1960). Vers une histoire de la matérialité des politiques de gestion de la faune », Revue historique, 2016/3 (n° 679), p. 577-604 * David van Reybrouck, Congo, une histoire, Arles, Actes Sud, 2010. * Vicky Van Bockhaven, “Anioto : Leopard-men Killings and Institutional Dynamism in Northeast Congo, C. 1890–1940.”, Journal of African History, 59.1 (2018): 21–44 ; The leopard men of the Eastern Congo (ca. 1890-1940) : history and colonial representation, Thèse, University of East Anglia. School of Art History and World Art Studies, Norwich, UK, 2013. * Patricia Van Schuylenbergh, Faune sauvage et colonisation. Une histoire de destruction et de protection de la nature congolaise (1885-1960), Bruxelles, Peter Lang, 2019. * Martine van Woerkens, Le voyageur étranglé. L’Inde des Thugs,


129. Histoires de Tintin #6 : De l’autre côté du rideau de fer, avec Rachel Mazuy
Jun 05 2020 64 mins  
L’invitée : Rachel Mazuy, chercheuse en histoire contemporaine Le thème : Tintin de l’autre côté de Rideau de fer, dans Au pays des soviets (1929-1930) et L’affaire Tournesol (1954-1956) La discussion : * Deux albums situés dans des contextes très différents, avec l’anticommunisme de l’entre-deux-guerres puis le climat de la guerre froide (1’) Tintin au pays des soviets * Les caractéristiques de Tintin au pays des soviets (3’25) * L’anticommunisme de la Belgique, et ses spécificités d’époque (6’20) * Un récit qui est autant un récit d’aventures qu’un pamphlet idéologique (8’25) * La source d’inspiration principale d’Hergé : le livre de Joseph Douillet, Moscou sans voiles (11’40) * Le récit de voyage en URSS, genre installé quand écrit Hergé (13’30) * Une inspiration méconnue, le scout danois Palle Huld (15’45) * L’idée d’usines factices et de « villages Potemkine » (20’) * L’Allemagne, sur le chemin de la Russie (22’30) * Une Russie qui rappelle la guerre civile plus que les années 1920 (24’20) * Les apparences et vêtements (26’20) * Qui dirige la Russie d’Hergé ? (27’30) * Quelles ressources visuelles pour dessiner l’album ? (29’50) * Hergé parfois en-dessous de la réalité : les orphelins et enfants errants, la dékoulakisation… (31’) * Au-delà de l’anticommunisme, des clichés traditionnels sur la Russie (35’) L’affaire Tournesol * Un album de guerre froide, qui transpose également un imaginaire lié à la Seconde Guerre mondiale (41’) * Quel pays de l’est représente la Bordurie ? (43’) * Un imaginaire marqué par la peur atomique (47’) * Une lecture « totalitaire » chez Hergé ? (51’) * L’atmosphère de surveillance qui règne en Bordurie (53’) * …mais des réalités quotidiennes éloignées de celles des pays de l’est (58’) * L’évolution de la représentation de ces pays dans la BD, avec le marquant Partie de chasse en 1983 de Bilal et Christin (1’01’00) Références bibliographiques et filmées * Dziga Vertov, L’homme à la caméra (1929) * Lev Kulechov, Les extraordinaires aventures de M. West au pays des bolcheviks (1924) * Rachel Mazuy, Croire plutôt que voir ? Voyages en Russie soviétique (1919-1939). Paris, Odile Jacob, 2002 * Sophie Cœuré, La grande lueur à l’Est : Les Français et l’Union soviétique, Seuil, Paris, 1999


128. Histoires de Tintin #5 : Hergé, Tintin et le catholicisme, avec Philippe Delisle
Jun 03 2020 50 mins  
L’invité : Philippe Delisle, professeur à l’université Lyon-III Le thème : Hergé, Tintin, et le catholicisme La discussion : * Les origines d’un travail sur la BD, et la collection « esprit BD » chez Karthala (1’) * Le parcours religieux et spirituel d’Hergé, difficile à bien connaître (4’20) * Une figure clef : l’abbé Wallez, directeur du Vingtième siècle (8’50) * Un Hergé qui s’éloigne du catholicisme strict dans les années 1950-1960, avec la crise de son mariage (10’50) * La prégnance du catholicisme dans l’espace public belge dans la première moitié du XXe siècle (12’15) * Des réseaux de diffusion catholiques en France également, avec le magazine Cœurs vaillants et les moyens paradoxalement modernes alors utilisés (16’40) * Tintin, héros croyant, dans les premières versions de ses aventures (19’) * Une représentation chrétienne de la mort, pour les bandits de L’Oreille cassée (23’15) ou Wolff dans On a marché sur la Lune (26’30) * Les adversaires de Tintin, qui reflètent ceux du catholicisme de son milieu : bolcheviks, puissances d’argent… (29’45) * Le passage d’un Tintin chrétien à un Tintin de culture chrétienne (34’50) * Haddock voulant transformer de l’eau en vin : référence chrétienne dans les Sept boules de cristal, non soulignée comme telle (38’) * L’album Tintin au Tibet, et son imprégnation spirituelle, témoignant aussi de l’idéal scout (41’) * Une déconfessionalisation plus large de la bande dessinée d’après-guerre (44’) * Les albums qui intéressent le plus : Tintin au Congo ; Le Lotus bleu (48’15) Bibliographie Ouvrages de Philippe Delisle: * BD franco-belge et imaginaire colonial, Karthala, 2008 * Spirou, Tintin et Cie, une littérature catholique?, Karthala, 2010 * Le missionnaire, héros de la BD belge, Karthala, 2011 * La BD franco-belge, une littérature antiesclavagiste, Karthala, 2013 * Petite histoire politique de la BD belge de langue française, Karthala, 2016 * La BD au crible de l’Histoire. Hergé, Maurras, les jésuites et quelques autres, Karthala, 2019 Luc Révillon, “Cœur Pur et le démon de midi” In : De Socrate à Tintin : Anges gardiens et démons familiers de l’Antiquité à nos jours [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011.


127. Histoires de Tintin #4 : Fétiches et musées dans Tintin, avec Vincent Guigueno
Jun 01 2020 71 mins  
L’invité: Vincent Guigueno, historien, conservateur du patrimoine au Musée du quai Branly Le thème: Tintin et les musées, Tintin au musée La discussion : * Les musées, une question centrale pour Tintin, avec une « double incorporation » : des musées dans l’œuvre d’Hergé, mais aujourd’hui de cette œuvre et de Tintin aux musées (1’) * Le contexte des années 1920 et 1930, marqué par une fascination pour les musées et les explorateurs, et une évolution des musées (4’20) * Les différents musées présents dans Tintin, ainsi que les collections, les réserves, et la profusion des objets dans l’œuvre (8’40) * L’oreille cassée, dont toute l’intrigue repose sur le vol d’un objet dans un musée ethnographique (13’50) * Tintin et le code du patrimoine (18’) * La biographie de la statuette Chimu représentée dans l’Oreille cassée (20’) * Le mot « fétiche » et son sens, et le jeu très complexe sur les valeurs de l’objet qu’il implique (22’) * Valeur marchande et vol (28’) * Le personnage de Ridgewell, figure emblématique de l’ethnologue tel qu’on se le représente alors (33’) * Le fétiche démultiplié et reproduit en série (37’) * Ce qu’on trouve dans le « musée ethnographique » de l’album (41’) * Le « fétiche » du Trésor de Rackham le rouge (42’50) * La salle de marine du château de Moulinsart, et la collecte des objets (46’) * Le parcours historique de rémémoration du capitaine Haddock (49’) * La façon dont Hergé est entré au musée, à Angoulême puis à Bruxelles (54’) * Des planches de BD qui suscitent des recherches : l’exemple des momies (59’) * La muséification d’Hergé, et la valeur marchande de Tintin (1’00’30) * La dimension nostalgique de Tintin, qui peut être contrebalancée par une universalisation de la bande dessinée, de la BD extra-européenne (1’05’00) Références bibliographiques * Le musée imaginaire de Tintin, catalogue de l’exposition de 1979 * Présentation de la statuette Chimu (« Arumbaya ») par Sergio Purini et page de l’objet sur le site du musée * Entretien avec l’anthropologue Philippe Descola sur Tintin * Analyse de la séquence d’ouverture de L’oreille cassée par Pierre Jacolino * Article sur Tintin et la représentation de la mer dans la BD * Nathalie Heinich, « Les objets-personnes. Fétiches, reliques et œuvres d’art », dans L‘art en conflits. L’œuvre de l’esprit entre droit et sociologie, sous la direction de Edelman Bernard, Heinich Nathalie. Paris, La Découverte, « Armillaire », 2002, p. 102-134. * Julien Bondaz, « Le caractère marchand du fétiche et son secret. L’art de profiler les objets chez les antiquaires ouest-africains », Gradhiva [En ligne], 30 | 2019 * Pascal Riviale, « La marine française et l’archéologie du Pérou au xixe siècle », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 2017/2 (N° 46), p. 123-137. * Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1939), traduit par Frédéric Joly, préface d’Antoine de Baecque, Paris, Payot, coll.


126. Histoires de Tintin #3 : Le Lotus Bleu, avec David Serfass
May 29 2020 56 mins  
L’invité : David Serfass, maître de conférences en histoire de la Chine et de l’Asie orientale contemporaine à l’Inalco et chercheur à l’IFRAE (Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est). L’album : Le Lotus Bleu, publié à partir de 1935 La discussion : * Le synopsis de l’album (1’15) * La conception de l’album, transformée par les contacts entre Hergé et des étudiants chinois, dont Tchang Tchong-Jen (2’50) * La volonté de déconstruire les clichés orientalistes… sans y parvenir tout à fait (4’20) * L’offre de service faite à Hergé par le Kuomintang en 1939 (8’10) * Une représentation outrée des Japonais (9’) * Des clichés sur la Chine répadus à l’époque ? (10’50) * La manière dont Shanghai est représentée, avec la présence des britanniques, les contrôles des papiers… (12’25) * La diversité de Shanghai, et l’impérialisme britannique représenté dans la BD (15’35) * Le contrôle des espaces, des papiers, dans les différentes juridictions (17’50) * Les inscriptions chinoises figurant dans la ville, avec un certain nombre de slogans politiques (19’) * La représentation de la Chine « ordinaire » dans l’album (22’40) * Les inondations de 1931 et leur importance (23’34) * La représentation du Japon et de son impérialisme informel puis formel (27’10) * L’incident de Moukden (18 septembre 1931) et sa transposition dans l’album (30’) * La Mandchourie et Shanghai concernées par l’occupation japonaise (33’) * Un Japon présenté comme supérieur technologiquement, à l’aide notamment du télégraphe (35’) * Le rôle de la presse internationale et de la « guerre médiatique » où Tintin joue lui-même un rôle (38’) * La Société des Nations un peu ridiculisée, le rôle du Japon y étant plus complexe (40’) * La Chine représentée comme n’ayant pas d’État ou de gouvernement, mais des sociétés secrètes (44’50) * Le rôle de l’opium à cette période, utilisé par le Japon, et la sociabilité des fumeries d’opium (47’30) * La postérité de l’album (53’50) Bibliographie * Sources League of Nations, Report of the Commission of Inquiry, 1er octobre 1932. League of Nations, Japan’s Case in the Sino-Japanese Dispute [discours de Matsuoka Yôsuke, déc. 1932-fév. 1933, pdf], 1933.   * Travaux sur les thèmes abordés BERGÈRE, Marie-Claire, Histoire de Shanghai, Paris : Fayard, 2002. BICKERS, Robert A., Empire made me: an Englishman adrift in Shanghai, London : Allen Lane, 2003. BIROLLI, Bruno, Ishiwara : l’homme qui déclencha la guerre, Paris : Armand Colin, 2012. Documentaire Arte BROOK, Timothy ; WAKABAYASHI, Bob T. (dir.), Opium Regimes: China, Britain, and Japan, 1839-1952, Berkeley : University of California Press, 2000. BURKMAN, Thomas W., Japan and the League of Nations: Empire and world order, 1914-1938, Honolulu, T.H. : University of Hawaiʾi Press, 2008. COURTNEY, Chris, The Nature of Disaster in China: The 1931 Yangzi River Flood, Cambridge : Cambridge University Press, 2018. ELLEMAN, Bruce A. ; KOTKIN, Stephen (dir.), Manchurian railways and the opening of China : an international history, Armonk : M.E. Sharpe, 2010. GROSSER, Pierre, L’histoire du monde se fait en Asie : une autre vision du XXe siècle, [2017] Paris : Odile Jacob, 2019. HENRIOT, Christian, Virtual Shanghai : https://www.virtualshanghai.net/


125. Histoires de Tintin #2 – Publier Tintin, avec Florian Moine
May 27 2020 48 mins  
L’invité : Florian Moine, doctorant à Paris-I Gérard Casterman supervisant les épreuves de couverture de Coke en Stock, 1958 (c) C. Fromenti Le thème : l’histoire éditoriale de Tintin La discussion * Pourquoi travailler sur Tintin et sa publication ? (1’) * Un rapport de lecture qui a évolué entre l’enfance et le travail de recherche (2’25) * Un travail qui s’inscrit dans le cadre d’une historiographie renouvelée des productions culturelles et de l’édition (3’40) * L’histoire éditoriale de Tintin et ses évolutions (5’15) * Les archives Casterman, complément aux entretiens donnés par Hergé (7’30) * Comment Hergé est-il publié chez Casterman, éditeur catholique initialement influent dans les milieux scolaires ? (10’40) * Une stratégie de pénétration du marché français (13’45) * L’inscription de Tintin dans le paysage concurrentiel de l’album pour enfants (15’50) * La Seconde Guerre mondiale, tournant fondamental avec le passage en couleur de Tintin (17’35) * Une mise en couleur qui participe de la standardisation des albums (23’) * La façon dont Casterman échafaude des projets pour « l’après-guerre » durant la guerre (25’) * Hergé, auteur méticuleux, coloriste précis (26’50) * La dimension collective du travail et la naissance du « Studio Hergé » (29’) * Les « rendements décroissants » et l’espacement croissant des albums de Tintin dans les années 1950-1960 (32’15) * Les contraintes nouvelles de l’après-guerre pour Casterman : loi de 1949, tarifs douaniers… (35’) * Le « toilettage » de certains albums dans les années 1950-1960, à l’initiative souvent de l’éditeur (38’10) * Une « patrimonialisation » de Tintin réussie par l’éditeur dans les années 1960-1970 (42’) * L’album le plus intéressant pour l’histoire éditoriale, L’étoile mystérieuse (48’) Retrouvez ici des éléments de bibliographie.


124. Histoires de Tintin #1 – la BD, objet historiographique, avec Sylvain Lesage
May 25 2020 63 mins  
L’invité : Sylvain Lesage, maître de conférences à l’Université de Lille Le thème : comment la bande dessinée est devenue un objet historiographique Affiche de l’exposition Hergé en 1977 lors du Festival d’Angoulême La discussion : * Aux sources d’un regard historiographique sur la BD : la bédéphilie dans les années 1960 1’20) * Un mouvement à la fois italien, français et belge, et très masculin (6’40) * L’émergence d’une BD plus adulte et autoréférentielle dans les années 1970 (9’) * Comment la BD franco-belge intéresse également les bédéphiles (12’20) * Les formes d’institutionnalisation de la BD avec l’expression « neuvième art », le festival d’Angoulême… (18’15) * La réification de l’auteur, que le phénomène Hergé pousse à son comble (24′) * La chronologie de la prise en compte de la BD aux États-Unis, plus précoce (27′) * La façon dont la BD est entrée à l’université, d’abord via la sémiotique ou la sociologie, puis pour l’histoire avec Pascal Ory (36′) * Le paysage historiographique au milieu des années 2000 (45′) * La place singulière de Tintin dans ce paysage, et les limites que la surfocalisation sur cette œuvre implique (51′) Les références citées dans le podcast * L. Boltanski, « La constitution du champ de la bande dessinée », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 1975, 1, p. 37-59 * Francis Lacassin, Pour un neuvième art : la bande dessinée, Union Générale d’Éditions, 10/18, 1971 * P. Ory, « Mickey go home ! La désaméricanisation de la bande dessinée (1945-1950) », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1984, p. 77‑88 * T. Crépin, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS, 2001 Bibliographie complémentaire * O. Mitterrand, L’histoire par la bande : bande dessinée, histoire et pédagogie, Paris, Syros, 1993. * P. Ory, Le petit nazi illustré : une pédagogie hitlérienne en culture française: « le Téméraire » (1943-1944), Paris, Nautilus, 2002 (Albatros, 1979). * J. Gallego (dir.), La bande dessinée historique: premier cycle: l’Antiquité, Pau, Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2015. * T. Martine, Le Moyen Âge en bande dessinée, Paris, Karthala, 2016. * P. Delisle, Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial : des années 1930 aux années 1980, Paris, Karthala, 2008. * M. Porret (dir.), Objectif bulles : bande dessinée & histoire, Genève, Georg, 2009. * A. Genoudet, Dessiner l’histoire: pour une histoire visuelle, Paris, Éditions le Manuscrit, 2015. * Sylvain Lesage, Publier la bande dessinée. Les éditeurs franco-belges et l’album, 1950-1990 (Presses de l’ENSSIB, 2017)



123. La mort de Staline, farce noire sur l’URSS, avec Julie Deschepper
May 22 2020 54 mins  
L’invitée : Julie Deschepper, historienne de l’URSS et post-doctorante à l’IUE Le film : La mort de Staline, d’Armando Iannucci (2017) La discussion : * Comment voit-on ce film quand on est une historienne de l’URSS ? (1’15) * Un film qui fonctionne comme une farce, mais avec un volet sombre (4’00) * Un film qui condense plusieurs contextes de la période stalinienne (8’00) * La représentation de Staline, avec une certaine banalité (10’35) * La représentation de la façon dont s’exerce le pouvoir au sein du groupe dirigeant stalinien (13’20) * L’incertitude qui saisit le groupe dirigeant suivant la mort de Staline (18’20) * La restitution plutôt fidèle des derniers moments de Staline, de la crainte d’appeler un médecin, dans le contexte du prétendu « complot des blouses blanches » (21’20) * Des dirigeants pas mécontents d’être débarrassés de Staline (25’45) * Les funérailles monumentales du dirigeant soviétique (28’20) * Où se trouve Staline aujourd’hui ? (30’45) * Quelle émotion à la mort de Staline ? (33’) * La diminution de la violence répressive dans ce contexte, et les débuts de libéralisation sous Khrouchtchev (36’) * Joukov, le rôle de l’armée, et le souvenir de la « grande guerre patriotique » (40’) * Les enfants de Staline, détraqués et ineptes (44’) * Une scène emblématique : lorsqu’on cherche une petite fille pour poser avec Malenkov, comme avec Staline, sur la photo officielle (47’45) * Un film censuré en 2018 en Russie (50′) Les conseils de lecture : * Sheila Fitzpatrick, La Russie soviétique dans les années 30, Paris, Flammarion, 2002 ; id., Dans l’équipe de Staline, Paris, Perrin, 2018. * Oleg Khlevniuk, Staline, Paris, Gallimard, Folio, 2019. * Natacha Laurent, L’œil du Kremlin. Cinéma et censure en URSS sous Staline, Toulouse, Privat, 2000 * Fact-checking détaillé du film * Documentaire La mort de Staline / State funeral, de Sergei Loznitsa * Petite liste des représentations de Staline au cinéma * Critique de la BD originelle


122. Bande-annonce: histoires de Tintin
May 19 2020 4 mins  
Une série d’émissions sur Tintin, le personnage créé par Hergé en 1929, qui permet de réfléchir à l’histoire du XXe siècle et de la bande dessinée, est prévue à partir du 25 mai 2020. Retrouvez ici les éléments de bibliographie mentionnés durant l’émission, et n’hésitez pas à laisser commentaires ou suggestions. ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE Approches historiennes de la BD * O. Mitterrand, L’histoire par la bande : bande dessinée, histoire et pédagogie, Paris, Syros, 1993. * P. Ory, Le petit nazi illustré : une pédagogie hitlérienne en culture française: « le Téméraire » (1943-1944), Paris, Nautilus, 2002 (Albatros, 1979). * T. Crépin, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS, 2001 * P. Ory, « Mickey go home ! La désaméricanisation de la bande dessinée (1945-1950) », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1984, p. 77‑88 * J. Gallego (dir.), La bande dessinée historique: premier cycle: l’Antiquité, Pau, Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2015. * T. Martine, Le Moyen Âge en bande dessinée, Paris, Karthala, 2016. * P. Delisle, Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial : des années 1930 aux années 1980, Paris, Karthala, 2008. * M. Porret (dir.), Objectif bulles : bande dessinée & histoire, Genève, Georg, 2009. * A. Genoudet, Dessiner l’histoire: pour une histoire visuelle, Paris, Éditions le Manuscrit, 2015. La BD et l’histoire culturelle * Sylvain Lesage, Publier la bande dessinée. Les éditeurs franco-belges et l’album, 1950-1990 (Presses de l’ENSSIB, 2017) Hergé: biographies, entretiens * Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé : Édition définitive, Tournai, Casterman, coll. « Bibliothèque de Moulinsart », 1989 * Benoît Peeters, Le Monde d’Hergé, Tournai, Casterman, décembre 1984 * Pierre Assouline, Hergé, Paris, Gallimard, 1998. Tintin et tintinophilie (brève sélection) * Jean-Marie Apostolidès, Les Métamorphoses de Tintin, Seghers, 1984, 2e édition, Flammarion, 2006. * Pierre Fresnault-Deruelle, Les rêves de Tintin. Entre métaphores et métamorphoses, Chêne-Bourg (Suisse), Editeur Georg, 2017. * Frédéric Soumois, Dossier Tintin. Sources, Versions, Thèmes, Structures, édition Jacques Antoine, Bruxelles, 1987, * Olivier Roche et Dominique Cerbelaud, Tintin. Bibliographie d’un mythe, sans lieu, Impressions nouvelles, 2014.


121. Métiers du livre face à la crise, avec Chloé Pathé
May 16 2020 38 mins  
L’invitée : Chloé Pathé, fondatrice des éditions anamosa Le sujet : comment les maisons d’éditions, librairies, actrices et acteurs de la filière du livre font face à la crise liée à la Covid-19. La discussion : * Le lien fondamental entre maisons d’édition indépendantes et librairies indépendantes (1′) * Les effets de la crise sur une petite maison d’édition (3’40) * La rupture du cotact physique avec lecteurs, libraires, festivals… (5′) * Une lecture en « numérique » qui augmente, sans compenser l’absence des livres physiques (8′) * Le fonctionnement de la librairie et des « offices » qui en rythment la vie, non sans difficultés (10′) * La place d’Amazon, et de ses pratiques critiquables dans cet ecosystème complexe (14′) * Une revendication clef, le tarif postal spécifique dédié au livre (15’50) * Une « suproduction » des livres et comment on pourrait y remédier (18’50) * Le calendrier des parutions, à repenser (22′) * La structure du champ éditorial en France, avec des petites structures mais aussi des mastodontes (27’10) * Le soutien nécessaire de l’État, et la perspective d’États généraux de l’édition indépendante (31′) * Des réflexions à long terme, sur l’écologie et l’économie du livre (35′) Liens et tribunes : * Tribune : « nous sommes en crise », par un collectif de maisons d’édition indépendantes * Entretien entre Olivier Nora et Sabine Wespieser * Article de Nicole Vulser sur le monde de l’édition face à la crise * Tribune de Pierre Astier sur le calendrier littéraire à repenser * Appel d’éditeurs et de libraires à repenser la chaîne du livre


120. Pillages nazis et déformations hollywoodiennes : Monuments men, avec Ophélie Jouan
May 09 2020 49 mins  
L’invitée : Ophélie Jouan, historienne de l’art Le film : Monuments Men (George Clooney, 2014) La discussion : * Le scénario du film (1’30) * Un film franchement raté (3’40) * Le casting et les problèmes qu’il pose (5’40) * Un problème de ton, à la fois sérieux et humoristique (7’30) * L’art paradoxalement peu présent dans le film (9’00) * Un film appuyé sur une historiographie développée dans les dernières 25 années (10’40) * Une dimension pédagogique (malheureusement) revendiquée par le film (13’30) * Les réalités du pillage artistique mené par les nazis (15’40) * L’identité juive des victimes de spoliations, largement invisibilisée (19’40) * La mission des « monuments men » déformée (22’20) * L’oubli des efforts pour protéger le patrimoine avant leur arrivée (25’20) * Le personnage de Rose Valland, dont le rôle est caricaturé (28’) * L’accélération du film, qui met en scène une volonté nazie de détruire les œuvres d’art, de façon là encore déformée (33’) * L’idée (inexacte également) d’une concurrence avec les soviétiques sur ce point (35’50) * Une ellipse sur les opérations de restitution (38’) * Un parallèle à faire avec le film La femme au tableau de 2015 (40’) * Mais aussi avec Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue (43’) * Conseils de lecture (46’) Conseils de lecture et bibliographie : * NICHOLAS Lynn, Le pillage de l’Europe : les œuvres d’art volées par les Nazis, trad. Paul Chemla, Paris, Seuil, 1995. * VALLAND Rose, Le Front de l’art – Défense des collections françaises 1939-1945 (1961), Paris, éd. RMN, 2014. Réédité en 2014 et étoffé d’un appareil critique. * FARMER Walter I., The Safekeepers: A Memoir of the Arts at the End of World War II, Berlin/New York, Walter de Gruyter, 2000. * PLAUT James S., “Loot for the Master Race”, The Atlantic, 1946. * SMYTH Craig Hugh, Repatriation of Art from the Collecting Point in Munich after World War II, La Haye, Gerson Lectures, Schwartz/SDU, 1988. * SKILTON John D., Jr, Défense de l’art européen. Souvenirs d’un officier américain spécialiste des monuments, Paris, Editions internationales, 1948 ; rééd. En anglais : Memoirs of a Monument Officer: Protecting European Artworks, Portland, Inkwater Press, 2008. * LORENTZ Claude, La France et les restitutions allemandes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1943-1954), Paris, ministère des affaires étrangères, coll. « Diplomatie et histoire », 1998. * KARLSGODT Elizabeth Campbell, “What’s wrong with this picture: casual disregard for history in George Clooney’s The Monuments Men (2014)”, Historical Journal of Film, Radio and Television, 14 décembre 2015. Filmographie : * LOSEY Joseph, Monsieur Klein, 1976. * CURTIS Simon, La Femme au tableau, drame, BBC Films/The Weinstein Company, 2015. * FRANKENHEIMER John, Le Train, Les Films Ariane, Les Productions Artistes Associés, Dear Film Produzione, 1964. * SCHULER Hannes, Le musée d’Hitler : l’art pillé par les nazis, Les Films du Paradoxe, 2012.    






117. Master and commander, avec Olivier Aranda et Alexandre Jubelin
Apr 30 2020 62 mins  
Les invités : Olivier Aranda, doctorant en histoire maritime de la Révolution française à Paris-I, et Alexandre Jubelin, animateur du podcast Le Collimateur, chercheur en histoire maritime Les romans et le film : Master and Commander (Peter Weir, 2003), d’après Patrick O’Brian La discussion : * Qui est Patrick O’Brian ? (2’15) * Le personnage de Maturin, plus développé dans les romans que dans le film (4’) * Des romans qui ne sont pas seulement maritimes, avec des intrigues amoureuses, un rapport complexe à la nature… (6’) * Une « patine » XVIIIe siècle des dialogues (8’40) * Des romans imprégnés d’une passion de la mer et des marins (11’40) * La complexité des descriptions navales (14’) * Une série située durant les guerres de la Révolution et de l’empire (16’) * Une saga qui présente presque un biais pro-français montre ces guerres à l’échelle mondiale (18’30) * Des romans qui évoquent le monde impérial britannique, avec la question irlandaise par exemple (21’20) * Quels sont nos livres préférés ? (24’) * Intermède : « Don’t Forget your Old Shipmate » * Que penser du film pour un historien de la guerre sur mer ? (27’) * Le charme du film (29’) * Autorité et discipline (33’) * La pratique de la médecine à bord (37’40) * La sociabilité du bord (39’) * La dimension matérielle de la vie maritime (41’) * Un film qui substitue un navire français à l’adversaire américain des romans (45′) * Les combats navals : stratagèmes, artillerie, abordages… (49′) Pour aller plus loin : * N.A.M Rodger, The Command of the Ocean: A Naval History of Britain, 1649–1815. New York: W. W. Norton. 2005 * Brian Lavery, Nelson’s Navy: Its Ships, Men and Organisation 1793-1815, London Conway Maritime, 1989


116. Luttes féministes en Suisse : Les Conquérantes, avec Zoé Kergomard
Apr 29 2020 40 mins  
L’invitée : Zoé Kergomard, chercheuse en histoire contemporaine à l’Institut historique allemand à Paris Le film : Les conquérantes / Die Göttliche Ordnung (Petra Volpe, 2017) La discussion : * Présentation du film et de sa trame (1’30) * Éléments de contexte : pourquoi la Suisse est-elle restée aussi à l’écart des évolutions générales en matière de suffrage ? (2’30) * le rôle (ou l’absence de rôle) de la Seconde Guerre mondiale en la matière (8’40) * La description dans le film d’une société traditionnelle et patriarcale, à travers différents personnages (10’30) * La place de l’église dans les normes de genre (15’30) * Les étapes d’une prise de conscience féministe (17’30) * un personnage de femme “antiféministe” (19’30) * les tâches domestiques perpétuant les rôles traditionnels (22′) * la rencontre d’une manifestation féministe (23’30) * questions politiques et questions de sexualité (27’20) * les rôles masculins qui changent aussi, avec la représentation de l’armée (30’40) * le choix de tourner le film en dialecte alémanique (33′) * La réception du film en Suisse, permettant la réunion de différentes générations féministes (35′) * conseils de lecture   Pour aller plus loin : * Dictionnaire historique de la Suisse, “bible” en ligne et trilingue (notamment les articles Suffrage féminin, Mouvement des femmes ou encore Manifestations, Grèves, Migrations…) * Studer, Brigitte: “L’Etat c’est l’homme”. Politique, citoyenneté et genre dans le débat autour du suffrage féminin après 1945, in: Schweizerische Zeitschrift für Geschichte 46 (3), 1996, pp. 356–382. * Skenderovic, Damir; Späti, Christina: Les années 68 : une rupture politique et culturelle, Lausanne 2012. * Ruckstuhl, Lotti; Bécour; Catherine: Vers la majorité politique, Interfeminas, 1990. Documentaires: * De la cuisine au Parlement, Stéphane Goël, 2010, https://rts.ch/play/tv/climage/video/de-la-cuisine-au-parlement?id=6472893 * Debout! Une histoire du mouvement de libération des femmes 1970-1980, Carole Roussopoulos, 2009 (entre la France et la Suisse romande) https://dailymotion.com/video/xfbni * Les années Schwarzenbach (sur l’arrivée d’Italiens en Suisse et le mouvement xénophobe), Katharine Dominice, 2010, https://youtube.com/watch?v=3N2jn5X9byw


115. Un film de guerre singulier : Dunkerque, avec Vincent Guigueno
Apr 27 2020 52 mins  
L’invité : Vincent Guigueno, historien, conservateur du patrimoine, et figurant dans le film Le film : Dunkerque (Christopher Nolan, 2017) La discussion : * Une expérience de figurant dans Dunkerque (1’20) * Un film à réinscrire dans une série de films représentant la Seconde Guerre mondiale (5’) * Une œuvre qui ne se veut pas un film de guerre traditionnel, d’une construction originale et déroutante (7’30) * Le travail du spectateur pour reconstituer la trame du film, et l’expérience singulière du visionnage (12’30) * Un film non « symétrique » dont les Allemands sont absents (14’40) * Qu’est-ce qu’un film de guerre « traditionnel » ? ne pas faire à Nolan le procès du film qu’il n’a pas voulu faire (17’30) * Le discours de Churchill mis en scène à la fin du film (22’30) * Les sources d’inspiration de Nolan, en lien avec une mémoire familiale et britannique (24’) * Un film sans conseillers historiques, mais appuyé sur des témoignages (28’) * La place accordée aux Français dans le film, qui a beaucoup fait discuter (30’20) * Des anachronismes assumés par Nolan (35’) * Dans un film non réaliste, des effets de vérité (37’) * Des échos de la Première Guerre mondiale dans la Seconde (42’) * Un grand film sur la claustrophobie de la guerre (45’) * Conseils de lecture, et dimensions mémorielles locales (47’40) Conseils de lecture : * Christopher Nolan, Dunkirk, Londres, Faber & Faber, 2017 * Josuah Levine, Forgotten voices of Dunkirk * Penny Summerfield, « Dunkirk and the popular memory of Britain at war, 1940-1958 », Journal of Contemporary History, vol. 45, n° 4, octobre 2010, p. 788-811.    


114. Le Titanic, objet d’histoire, avec Antoine Resche
Apr 24 2020 52 mins  
L’invité : Antoine Resche, docteur en histoire, spécialiste de la navigation transatlantique, animateur de la chaîne Youtube Histony Le film : Titanic (James Cameron, 1997) La discussion : * L’influence du film sur un parcours de chercheur (1’30) * Le succès considérable du film et sa place dans la culture populaire de l’époque (3’20) * Quelles interactions entre le film et les progrès de la recherche, sur un objet longtemps à l’écart de la recherche universitaire ? (5′) * Le projet de James Cameron, né d’un rapport intense à la plongée sous-marine, mais aussi des peintures de Ken Marshall (6’45) * La fidélité matérielle aux décors et objets d’époque (9′) * Mais une fidélité approximative aux rôles des individus comme l’illustre le cas de Bruce Ismay, illustrant la reprise par Cameron des récits les plus courants (11’30) * Les explications du naufrage données par James Cameron, justes sur le plan technique (14’40) * Les causes humaines de la catastrophe et les erreurs commises, à comprendre dans leur contexte (18’10) * Un navire “insubmersible”, idée d’époque ou amplifiée par la suite? (21’40) * Un contexte qui permet de comprendre autrement la question des canots de sauvetage (24’15) * Un naufrage exceptionnel mais qui est plus intelligible lorsqu’on le réinscrit dans des séries d’événements comparables, comme l’affaire du Costa Concordia en 2012 (27’00) * Les normes qui président à l’évacuation: “les femmes et les enfants d’abord”, doctrine pas toujours appliquée en réalité (30′) * La façon dont le film met en scène l’opposition des classes sociales (35′) * Le bilan humain du naufrage et ses explications (41′) * Un film qui met en scène de façon intéressante les rapports entre histoire et mémoire (45′) * Conseils de lecture (xxx) Pour aller plus loin : * Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, Paris, Larousse, 2009. * Lawrence Beesley, The Loss of SS Titanic, 1912 * Un article sur la mortalité lors des naufrages qui relativise la notion des “femmes et les enfants d’abord” * “Titanic et la lutte des classes”, article de Thomas Frank (abonnés)



113. Les Lumières au Danemark: A Royal Affair, avec Aurore Chéry
Apr 22 2020 40 mins  
L’invitée : Aurore Chéry, historienne, spécialiste du XVIIIe siècle Le film : A Royal Affair, de Nikolaj Arcel (2012) La discussion : * L’intrigue du film, à la fois politique et amoureuse, sous le règne de Christian VII du Danemark lors de la période où Johann Struensee est au pouvoir, introduisant les Lumières au Danemark * Le contexte politique plus complexe que ne le suggère le film, la question des Lumières se superposant à celle des ingérences étrangères * Les luttes de factions à la Cour, et à l’échelle européenne (4’30) * La « folie » du roi Christian VII – ou sa simulation ? (7’20) * Un corps royal plus fragile qu’on ne le pense (11’30) * La sexualité royale, objet de débats et de discours (13’15) * Le réformateur Johann Struensee et son parcours (16’) en homme des Lumières (20’) * La dimension médicale de son action (23’) * La superposition du cas danois et du cas français (28’) * La statut de Struensee, et à travers lui le statut des « étrangers » sous l’Ancien régime (30’) * Un film historique intéressant mais qui ne rend pas tout à fait justice à la reine Caroline-Mathilde (33’) * Les enjeux éducatifs, et l’influence de Rousseau (35’) * Les légères allusions à l’empire colonial du Danemark (38’) Pour aller plus loin : * Lettres de Gustav III * “Mémoires de Reverdil” en ligne. * biographie de Christian VII par Ulrik Langen en danois * Article d’Aurore Chéry sur l’onanisme en comparant le cas danois et le cas français, et billet sur la visite de Christian VII à Louis XV * article de Langen sur le voyage de Christan VII en France.  




111. The Long Song, une belle série sur l’esclavage, avec Fanny Malègue et David Chaunu
Apr 17 2020 47 mins  
Les invité-e-s : Fanny Malègue, doctorante à l’EHESS, et David Chaunu, doctorant à Paris-Sorbonne L’œuvre : The Long Song, mini-série de la BBC (2016), adaptée du roman d’Andrea Levy. La discussion : * L’origine de la série, adaptation d’un roman d’Andrea Levy (1’30) * Un jeu habile de la série sur l’esclavage et sa représentation, et sur les codes narratifs des récits d’anciens esclaves comme celui de Equiano (4’) * Le nom, l’identité, comme enjeu clef dans les sociétés esclavagistes, avec ici la réification de « Miss July » nommée « Marguerite » par sa maîtresse (6’10) * Le contexte historique de la série : les « îles à sucre » exploitées par les empires (10’15) * Les hiérarchies de statut, travail et couleur dans la société jamaïquaine, et la place de la ville en son sein (11’30) * La place des distinctions de couleur dans la société servile (14’30) * Une série qui met en scène l’« agency », la capacité d’agir, de Miss July (18’50), et les relations maîtres-esclaves de façon complexe, à rebours d’autres représentations comme celle de Django Unchained * La mise en scène des maîtres et de leur fragilité ou déclassement (22’50) * Le personnel d’encadrement des plantations et leurs propres rapports d’infériorité mais aussi d’assimilation au groupe des maîtres (26’) * L’abolition de l’esclavage en 1833 comme point de pivot de la série, qui insiste avant tout sur les continuités (29′) * Le maintien d’une domination économique sur les anciens esclaves (33′) * Le personnage de Robert Goodwin, et les ambiguïtés de l’abolitionnisme qu’il permet de mettre en scène, à travers les relations amoureuses et de couple qu’il entretient (35’30) * Le travail sur la langue propre à la série (40′) * Conseils de lecture (44′) Conseils de lecture / Pour aller plus loin : * Cousseau Vincent, « Nommer l’esclave dans la Caraïbe xviie-xviiie siècles », Annales de démographie historique, 2016/1 (n° 131), p. 37-63. * Paul Cheney, Cul de Sac: Patrimony, Capitalism, and Slavery in French Saint-Domingue. Chicago: University of Chicago Press, 2017 * Abigail L. Swingen, Competing Visions of Empire: Labor, Slavery, and the Origins of the British Atlantic Empire, New Haven CT: Yale University Press, 2015. * Site de Trevor Burnard, spécialiste de l’histoire de la Jamaïque  


110. Watchmen, l’envers de l’histoire américaine, avec Tal Bruttmann
Apr 15 2020 59 mins  
L’invité : Tal Bruttmann, historien Les œuvres: le comic Watchmen (Alan Moore, 1985) et la série du même nom (Damon Lindelof, HBO, 2019) La discussion : * Pourquoi, en historiens, s’intéresser à Watchmen ? D’abord un tournant au milieu des années 1980 dans l’histoire du comic / de la BD * Une série dessinée qui casse le mythe du super-héros et questionne la notion de justice, et des masques sous lesquels on l’exerce * Un comic qui prend place dans une chronologie alternative, où les États-Unis ont remporté la guerre du Vietnam * Le contexte des années 1980 et la menace de la guerre nucléaire planant sur la série dessinée * La façon dont Watchmen intègre le motif de l’horloge (Doomsday clock)et du temps dans sa narration et ses choix graphiques * Lé série télévisée créée par Damon Lindelof, et son choix de transposer l’œuvre plutôt que de l’adapter * La violence raciale, enjeu frontalement affronté par Watchmen version 2019 * La scène d’ouverture : le massacre racial de 1921 à Tulsa (Oklahoma), et la façon d’en faire l’histoire * Les contextes multiples de ce massacre, inscrit dans la moyenne durée des violences racistes, du lendemain de la Première Guerre mondiale, et dans un lieu spécifique, l’Oklahoma * L’intégration de la Shoah au propos de la série * Le pogrom de Tulsa comme point de départ narratif des neuf épisodes * Le nazisme américain à l’orée de la Seconde Guerre mondiale * D’autres enjeux historiques et sociaux propres aux États-Unis : les armes à feu et les drogues * Le propos très subtil de la série sur la mémoire, la « nostalgie » et l’histoire Pour aller plus loin : * Le comic watchmen * Mémoire universitaire sur Watchmen * interview de Damon Lindelof * Article sur le pogrom de Tulsa * Site de HBO * Farid Ameur Le Ku Klux Klan, Paris, Hachette / Pluriel, 2016 * Caroline Rolland Diamond, Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe), Paris, La découverte, 2019.


109. Revoir ‘L’armée des ombres’, avec Guillaume Pollack
Apr 13 2020 47 mins  
L’invité : Guillaume Pollack, professeur d’histoire-géographie, et spécialiste de la RésistanceLe film : L’armée des ombres (Jean-Pierre Melville, 1969) La discussion : * Un film puissant sur la Résistance, et le vécu de ses acteurs (1’45) * L’expérience personnelle de Melville (6’) * Les figures réelles auxquelles renvoient les personnages du film (9’40) * Le contexte de 1942-1943 dans lequel se situe l’intrigue (11’10) * Les actes de résistance, le quotidien résistant, montrés dans le film (18’30) * L’importance des relations avec la population, qui permet de survivre, comme le montre la scène de Philippe Gerbier (Lino Ventura) chez le barbier (24’) * Le personnage de Mathilde (Simone Signoret) et ce qu’il montre des rôles féminins dans la Résistance (28’22) * La représentation de la violence, à l’encontre de trois figures : le traître, l’ennemi, la résistante qui risquerait d’être « retournée » (31’40) * L’appareil répressif français et allemand représenté dans le film (34’30) * Le choix de Melville consistant à « dépolitiser » la Résistance, et à faire disparaître presque entièrement les motivations des Résistants (37’30) * Quelle réception pour le film en 1969 ? (42’30) * Conseils de lecture (45’30) Pour aller plus loin : * Marjolaine Boutet, « L’utilisation pédagogique de la série télévisée Un Village français », Historiens & Géographes, 2016, p. 185-188. * Sylvie Lindeperg, Les Ecrans de l’ombre : la Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (1944-1969), Paris, CNRS Éditions, 1997. * Christian Delage et Vincent Guigueno, L’historien et le film, Paris, Gallimard, « Folio Histoire », 2004.


108. Notre-Dame un an après, avec Mathieu Lours
Apr 12 2020 33 mins  
L’invité : Mathieu Lours, historien de l’art et de l’architecture, professeur en CPGE Le thème : l’incendie de Notre-Dame de Paris, un an après La discussion : (cliquer ici pour écouter l’entretien avec Mathieu Lours autour de son livre Églises en ruine) * Que ressent-on comme historien de l’architecture religieuse devant un tel événement ? (2’10) * Le thème de l’église en ruines, central dans notre histoire culturelle (3’50) * Des précédents importants : Reims, Rouen, Nantes, avec pour la première les effets de la Grande Guerre (4’50) * Les débats sur la reconstruction de Reims et les éclairages qu’ils apportent (8’20) * Les destructions de la cathédrale de Rouen et leurs usages par le régime de Vichy (9’35) * L’incendie de celle de Nantes, durant des travaux, comme à Notre-Dame (11’15) * L’état de Notre-Dame aujourd’hui, relativement satisfaisant en dépit de l’incendie (12’15) * L’état des connaissances sur l’édifice, partiellement renouvelé par la catastrophe (15’30) * Reconstruire, réinventer ? les termes du débat et leur cadre légal (17’10) * Que reconstruit-on ? Les XIIe-XIIIe siècles, le XIXe siècle ? Quel type de charpente ? (19’40) * Le vrai-faux problème des « chênes centenaires » (22’) * Le cadre institutionnel créé par l’État pour les travaux, dans la longue durée du rapport à ce monument (23’15) * Un dialogue efficace entre responsables et experts aujourd’hui (25’45) * L’état actuel des travaux (26’30) * Le mécénat considérable suscité par l’incendie, et la nécessité d’en faire bénéficier un patrimoine plus ordinaire (27’10) * Conseils de lecture (29’15) Conseils de lecture / pour aller plus loin : * Collectif, Notre-Dame de Paris, Strasbourg, La nuée bleue, coll. « La grâce des cathédrales, 2013. * Dany Sandron, Andrew Tallon, Notre-Dame de Paris : neuf siècles d’histoire : une reconstitution des différents âges de la cathédrale, de sa construction à nos jours, Paris, De Noyelles, 2019. * Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, chap. IV du livre X (l’incendie)


107. Rambo, ou le rude retour du Vietnam, avec Marjolaine Boutet
Apr 10 2020 42 mins  
L’invitée : Marjolaine Boutet, Maîtresse de Conférences en Histoire contemporaine à l’UPJVLe film : Rambo, first blood (Ted Kotcheff, 1982) La discussion : * Rambo, un film assez méconnu, à relier au cinéma indépendant du « nouvel Hollywood » des années 1970 (1’30) * Résumé de ce « huis clos à ciel ouvert » qui oppose un vétéran du Vietnam au shérif d’une petite ville (3’35) * Le basculement du film lorsque Rambo revit le traumatisme du Vietnam (5’10) * Rambo « bon sauvage » mais expert du combat (8’00) * La tension entre les facettes du personnage : vulnérable et dangereux, marqué par la guerre (10’40) * La violence de Rambo, à réinsérer dans la représentation des vétérans dans le cinéma des années 1970-1980, et les codes des films d’action des années 1980-1990 (13’40) * Le fameux monologue de Rambo : « rien n’est terminé… c’était pas ma guerre » (16’30) * Rambo, symbole du désarroi d’une génération (19’) * Un film qui amorce un retournement conservateur de la mémoire du Vietnam, stigmatisant les pacifistes, le féminisme… (22’) * Le déni de la défaite du Vietnam, à travers la critique néoconservatrice de l’État et des institutions (24’50) * Quelle réception pour le film, préparée par des séries comme Magnum, PI à partir de 1980 ? (26’45) * Le mémorial du Vietnam et sa symbolique (30’45) * L’ami de Rambo victime de l’« agent orange » et la prise en charge lacunaire des vétérans (33’00) * L’absence des Vietnamiens dans la représentation américaine du Vietnam (35’20)   Articles de Marjolaine Boutet pour aller plus loin :   * « Le Vietnam et l’Amérique au cinéma et à la télévision : du traumatisme au déni » * « Le Vietnam version prime-time » * « Les séries télévisées américaines des années 1980. Une autre histoire de la guerre du Vietnam » Conseils de lecture : * JEFFORDS, Susan, The Remasculinization of America : Gender and the Vietnam War, Bloomington (Ind.), Indiana University Press, 1989. * ANDEREGG, Michael (ed.), Inventing Vietnam, the War in Film and Television, Philadelphie, Temple University Press, 1991. * DITTMAR, Linda, MICHAUD, Gene, From Hanoi to Hollywood : the Vietnam War in American Film, New Brunswick, Rutgers University Press, 1990. * FERRO Marc, Cinéma et histoire, Gallimard, Folio, 1993. * VAÏSSE Justin, Histoire du néoconservatisme aux États-Unis, Odile Jacob, 2008.


106. Filmer la Révolution : ‘Un peuple et son roi’, avec Hugo Orain
Apr 07 2020 45 mins  
L’invité : Hugo Orain, enseignant d’histoire-géographie et doctorant (co-tutelle) Rennes 2 et UQTR (Québec). Le film : Un peuple et son roi (Pierre Schoeller, 2018) La discussion : * Résumé du film, et des destins de personnages qu’il entrecroise (1’) * Le projet de Pierre Schoeller : faire la généalogie de la République (2’50) * Un film sur le langage politique, à l’assemblée et dans les couches populaires (4’10) * Les conseillers et conseillères historiques du film (5’30) * Une œuvre inscrite dans un contexte favorable à la représentation de la Révolution (7’30) * Un renouvellement historiographique perceptible à l’écran ? (8’50) * Des échos avec le mouvement des « gilets jaunes » et « nuit debout » ? (9’50) * Un film ouvertement positif envers la Révolution, ce qui est rare dans la période récente (12’15) * Un corpus plutôt négatif, au cinéma, à la télévision, dans les jeux vidéo (14’10) * Un moment clef du film : la manifestation des femmes les 5-6 octobre 1789 (16’30) * La place donnée à la chanson populaire dans le film (19’15) * Les principaux événements représentés, avec une place forte accordée à la fuite du roi et à la fusillade du Champ-de-mars, dans l’engagement révolutionnaire (20’30) * Une scène forte et réussie, la prise des Tuileries et ses préparatifs (24’) * Les sentiments mitigés laissés par le film, et les différents registres sur lesquels il fonctionne (26’50) * La façon dont Louis XVI est représenté, sans être ridiculisé (29’20) * Les débats entre députés à la salle du manège (33’35) * Décors, costumes, lumières : les choix visuels du film, inspirés des peintures de Raguenet (35’40) * Le film mis en perspective avec d’autres œuvres : La Marseillaise, Un violent désir de bonheur * Des séquences utilisables par les enseignants (39’45) * La puissance de la séquence dans laquelle la Bastille est détruite (40’50) Conseils de lecture / pour aller plus loin : * Entretien de Pierre Schoeller avec Emmanuel Laurentin ; avec Dominique Godineau dans les AHRF * Analyses sur le film et sa représentation de Louis XVI par Aurore Chéry * Dossier sur le « protagonisme » politique dans Politix * Martial Poirson (dir.), La Révolution française et le monde d’aujourd’hui – Mythologies contemporaines, Paris, Garnier, 2014. * Eric Vuillard, 14 juillet, Arles, Actes sud, 2016.


105. Nanar sur le Nil : ‘Gods of Egypt’, avec Juliette Roy
Apr 06 2020 35 mins  
L’invitée : Juliette Roy, étudiante en histoire, plus particulièrement de l’Egypte lagide Le film : Gods of Egypt (Alex Proyas, 2016) La discussion * Présentation du film : un bon nanar, mal reçu par la critique * Résumé de l’intrigue, avec le conflit Horus-Seth * Un film qui s’inscrit dans une série d’adaptations antiques / mythologiques * Une esthétique qui croise péplum et jeu vidéo (et mauvais goût) * Les mythes égyptiens mis en scène, comme la barque de Ré * Un casting accusé de « whitewashing »… * …sauf Chadwick Boseman jouant le dieu Thot * La manière dont le film représente l’au-delà * Des dieux « mortels » mais des « mortels » qui les accompagnent ?! * Comment représenter dieux et humains côte à côte * Décor et paysages « égyptianisants » * Les scènes ou éléments le plus WTF du film Pour aller plus loin / conseils de lecture : * Le site Antiquipop * Hervé Dumont, L’Antiquité au Cinéma – Vérités, légendes et manipulations, Nouveau Monde Editions, Paris / Cinémathèque suisse, Lausanne, 2009, DISPONIBLE EN LIGNE. * Claude Aziza,Guide de l’Antiquité imaginaire. Roman, cinéma, bande dessinée. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée. – Paris : Les Belles Lettres, 2016. * Damien Agut, Juan Carlos Moreno-Garcia, L’Egypte des Pharaons, De Narmer à Dioclétien, 3150 avant J.-C.- 284 après J.-C, Paris, Belin, “Mondes anciens”, 2016.

















97. Discours mobilisateurs, de Viviani et Churchill à Macron
Mar 17 2020 43 mins  
Le thème : après l’allocution présidentielle annonçant la “guerre” contre la pandémie de Coronavirus, retour à l’aide d’archives audio sur différents discours historiques de mobilisation dans la Première et la Seconde Guerres mondiales. Lire également à ce propos le texte de Maxime Combes, “nous ne sommes pas en guerre, mais en pandémie”. Les extraits audio: * Emmanuel Macron, 16 mars 2020 * Georges Clemenceau, années 1920 (2’10) * René Viviani, 5 août 1914 (3′) * René Viviani, 26 août 1914 * Paul Deschanel, 22 décembre 1914 (5′) * Raymond Poincaré, 14 juillet 1915 (7’45) * James Hamilton Lewis, 1918 (9’20) * Franklin Lane, 1918 (10’10) * James W. Gerard, 1918 (11’10) * George VI, 3 septembre 1939 (13’20) * Paul Reynaud, 28 mai 1940 (15′) * maréchal Pétain, 17 juin 1940 (16’40) * maréchal Pétain, 30 octobre 1940 * Jacques Doriot, juillet 1941 (17’40) * Winston Churchill, 13 mai 1940 (18’40) * Winston Churchill, 4 juin 1940 * Winston Churchill, 18 juin 1940 * Winston Churchill, 20 octobre 1940 * général De Gaulle, 22 juin 1940 (28’30) * général De Gaulle, 23 octobre 1941 * Franklin D. Roosevelt, 8 décembre 1941 (35’30) * Eleanor Roosevelt, 8 décembre 1941 (38’05) * un électricien new-yorkais, 8 décembre 1941 * Sol Shidlinger, 8 décembre 1941 Pour aller plus loin: BNF, archives de la parole Library of Congress, recherche “discours”




95. Les “vitrioleuses” au XIXe siècle, avec Karine Salomé
Mar 11 2020 38 mins  
L’invitée : Karine Salomé, historienne du XIXe siècle et professeure en lycée Le livre : Vitriol. Les agressions à l’acide du XIXe siècle à nos jours, Paris, Champ Vallon, 2020. La discussion : * Le point de départ de l’enquête * Les sources et leur croisement, avec un dépouillement de la presse en particulier * Quelles surprises dans ces sources ? * Le contexte social des agressions au vitriol, une conflictualité de « l’interconnaissance » * La question du « crime passionnel », notion en réalité ambiguë * Une forte proportion des acquittements, qui renvoie aux rôles assignés aux femmes au XIXe siècle * Crime passionnel ou prémédité ? * Un processus de correctionnalisation des affaires de vitriol * L’idée d’un geste opéré par contagion, de la presse ou de la littérature qui l’évoque * Deux affaires célèbres et archétypales : la veuve Gras et la comtesse de Tilly * L’agression au vitriol, symptôme d’une reconfiguration des rapports de couple * Les dimensions politiques du vitriol, associé aux femmes insurgées en 1848 et 1871, ou à des conflits sociaux comme en 1907 * L’agression au vitriol, irruption féminine dans l’espace public ? * Le dessin d’Albert Robida en 1880, « Le coup d’état féminin » * Le « moment vitriol » comme période d’interrogation sur les rapports entre les sexes * La comparaison avec la pratique des balafres (sfregio) à Naples * Le déclin des agressions au vitriol, difficile à expliquer * Les résurgences contemporaines, en Asie du sud particulièrement, avec une inversion genrée Les références citées dans le podcast et le conseil de lecture : * Thomas Bouchet, Le roi et les barricades, une histoire des 5 et 6 juin 1832, Paris, Seli Arslan, 2000. * (conseil) Anne-Emmanuelle Demartini, Violette Nozière, la fleur du mal. Une histoire des années trente, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2017. * Dominique Kalifa, Les bas-fonds, histoire d’un imaginaire, Paris, Seuil, 2013. * Myriam Tsikounas, Éternelles coupables. Les femmes criminelles de l’Antiquité à nos jours, Paris, Éd. Autrement, 2008. * Katherine Watson, « Love, Vengeance and Vitriol: An Edwardian True-Crime Drama » in Kilday A-M, Nash D (ed.), Law, Crime and Deviance since 1700: Micro-Studies in the History of Crime, Bloomsbury, 2016. Dessin d’Albert Robida, 1880 (à consulter en haute définition ici)





93. Inquiétantes restrictions sur les archives contemporaines, avec Isabelle Neuschwander et Maurice Vaïsse
Feb 28 2020 43 mins  
Les invité-e-s * Isabelle Neuschwander, chercheuse et archiviste, ancienne directrice des Archives Nationales * Maurice Vaïsse, historien, professeur émérite à sciences-po, spécialiste d’histoire internationale de la Ve République La discussion * Le cadre légal de la communication des archives en France : la loi de 2008 (intégrée au Code du Patrimoine) et ses principes * Les différents délais de communicabilité, leurs raisons d’être, les possibilités de dérogation * Les dispositions critiquables de la loi, s’agissant de ce qui concerne le nucléaire, avec des archives définitivement incommunicables * Une loi qui s’applique à différentes institutions et différents dépôts d’archives * Le cœur du problème actuel : l’Instruction Générale Interministérielle (IGI) 1300 de 2011 * La façon dont Maurice Vaisse s’est vu opposer le refus de consultation de certaines archives en vertu de ce texte * Les contradictions entre l’IGI 1300 et le Code du Patrimoine quant à la classification « secret » des documents * Le problème de la hiérarchie des normes : la loi de 2008 et le Code du Patrimoine devraient prévaloir sur l’IGI 1300 * Un surcroît de travail inutile pour les archivistes * Des exemples concrets de recherches bloquées par ces dispositions * La question de l’historicité du « secret » et de ses catégories * Une comparaison avec les pratiques archivistiques américaines et le Freedom of Information Act (1966) * Le principe français de respect des fonds, que l’IGI 1300 risque de fragiliser Références Cadre légal * Loi sur les archives de 2008 (dans le Code du Patrimoine) * Instruction Générale Interministérielle de 2011 (IGI 1300) Tribunes et articles * « Archives et transparence, une ambition citoyenne », La Gazette des archives, n° 255 (2019-3) * Lettre des historiens américains au président Macron (11 février 2020) * Tribune d’historien-ne-s dans Le Monde (13 février 2020) * Tribune d’historien-ne-s étrangers dans Le Monde (13 février 2020) * Tribune de l’Association des archivistes français (19 février 2020) * Dossier en ligne sur le site Histoirecoloniale.net Analyses * Gilles Morin,”Archives : entre secret et patrimoine“, [email protected], N°5, mai-août 2008 * Maurice Vaïsse, « Un historien face au secret des archives », 20 & 21. Revue d’histoire, 2019/3 N° 143, p. 149 à 155 * Marion Veyssière, « La communication des archives publiques en France », 20 & 21. Revue d’histoire, 2019/2 N° 142, p. 141-151 * Blog “Droit(s) des archives”  


92. L’antiquité grecque au Japon, avec Michael Lucken
Feb 26 2020 39 mins  
L’invité : Michael Lucken, professeur à l’INALCO Le livre : Le Japon grec. Culture et possession, Paris, Gallimard, 2019. La discussion : * L’origine du livre et de l’enquête (1’15) * Des connexions repérées entre Grèce et Japon dès le XIXe siècle, par des savants européens et japonais (3′) * Des voyageurs qui analysent les analogies, de forme (colonnes en architecture…) (4’05) * Les différents types de corrélations imaginées entre Grèce et Japon, permettant d’imaginer un contre-récit à celui d’un début de l’histoire en occident (5’50) * Le contexte de la modernisation à partir de l’ère Meiji (1868) qui permet de comprendre ce regard porté sur la Grèce (8’40) * Le référent grec qui permet aussi de se positionner face à la Chine (10′) * La structuration des études classiques et helléniques au Japon au début du XXe siècle (11’30) * Le paradoxe d’un philhellénisme japonais sans voyages en Grèce, fondé sur les textes (13’20) * La formation de néologismes japonais fondés sur le grec, comme « théologie » / « shingaku » (15’05) * L’importance de la médiation allemande dans l’émergence du « Japon grec » (17′) * Les usages nationalistes de l’antiquité dans la période de l’expansionnisme japonais, des années 1895-1945 * Les épisodes du passé grec qui sont particulièrement utilisés : un parallèle entre le Japon et Thèbes en particulier ; puis des usages fascisants de Platon (18’25) * Les analogies établies entre guerriers grecs et samouraïs japonais, compliquées par la question du corps (22’30) * Une « table rase » du rapport à la Grèce en 1945 (24’55) * Le patrimoine architectural néoclassique japonais, en grande partie détruit durant la Seconde Guerre mondiale (27’10) * Un rapport au théâtre grec qui s’établit après la guerre (29’05) * La place de la référence grecque pour l’écrivain Mishima (30’50) * Un Japon grec présent en filigrane dans la culture populaire, à travers les films de Miyazaki notamment (32’10) * La question de l’appropriation culturelle, possible avec du travail : le Japon peut être grec (34’25) Les références citées dans le podcast, et le conseil de lecture : * Anthony Andurand, Le mythe grec allemand. Histoire d’une affinité élective, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2013. * Johann Chapoutot, Le national-socialisme et l’antiquité, Paris, PUF, 2008. * Jean-Paul Demoule, Où sont passés les indo-européens ? le mythe d’origine de l’occident, Paris, Seuil, 2014. * Pierre-François Souyri, Moderne sans être occidental. Aux origines du Japon d’aujourd’hui, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2016. * Nakai Masakazu, Introduction à l’esthétique, Dijon, Presses du réel, à paraître. Fronton néoclassique et colonnade de l’ancien bâtiment de la monnaie à Osaka




90. Mémoires de la guerre d’Algérie, avec Benjamin Stora et Alexandra Badea (les mercredis des révolutions)
Feb 19 2020 66 mins  
Troisième séance des “mercredis des révolutions“, université populaire organisée à la mairie du XVIIIe arrondissement par la Société d’histoire de la révolution de 1848, en partenariat avec “Paroles d’histoire”. Les invité-e-s : Benjamin Stora (historien), Alexandra Badea (dramaturge) ; discussion animée par Philippe Darriulat La discussion : * Première question de Philippe Darriulat : la mémoire de la guerre d’Algérie dans la société française actuelle * Benjamin Stora (5’) : un rappel des exactions coloniales, et de la façon dont la plupart des pays européens esquivent cette mémoire * L’absence de la question coloniale dans la mémoire entretenue par la construction européenne * Une « bonne conscience coloniale » qui se perpétue de nos jours * La question coloniale, constitutive de la question nationale en France * Alexandra Badea (23’) : la mémoire encore compliquée du 17 octobre 1961, et du massacre de Thiaroye * Benjamin Stora (40’) : les premières résurgences mémorielles du 17 octobre 1961, et sa place mémorielle aujourd’hui, puisqu’on ne peut plus parler de méconnaissance ou d’occultation * Le rapport entre connaissance historique et reconnaissance mémorielle (51’) * La réappropriation récente, en Algérie, d’une part oubliée de l’histoire : Messali Hadj, Ferhat Abbas, le mouvement algérien dans toute sa pluralité Pour aller plus loin : Bibliographie de Benjamin Stora Présentation du travail sur Thiaroye d’Alexandra Badea au Théâtre de la Colline Entretien avec Cédric Maurin, professeur d’histoire, sur le projet d(atelier théâtral autour des “récits manquants”


89. L’esclavage et ses héritages, avec Aurélia Michel
Feb 12 2020 55 mins  
L’invitée : Aurélia Michel, Maitresse de conférences à l’Université Paris-Diderot Le livre : Un monde en nègre et blanc. Enquête historique sur l’ordre racial, Paris, Seuil, “Points”, 2020. La discussion : * Le projet du livre : fournir un matériau pour aider à penser le racisme dans un cadre pédagogique, synthétiser les acquis de l’histoire de l’esclavage (1”15) * Pourquoi l’esclavage et la race ne sont pas des questions historiques périphériques (4’15) * Les traces matérielles concrètes de l’esclavage aujourd’hui (6’15) * La conceptualisation anthropologique de l’esclavage (7’25) * L’esclave comme travailleur « libre » (10′) * La bifurcation introduite par les Portugais à la fin du XVe siècle, avec la naissance de la plantation esclavagiste atlantique (11’50) * Les différents modèles de plantations, avec l’importance de l’État dans le cas français (15’35) * Le « Code noir » de 1685 dans les Antilles françaises (17’30) * La place du christianisme, pas fondamentale dans cette économie de plantation (18’45) * L’histoire du mot « nègre » et de sa charge symbolique (19’55) * Les choix d’écriture du livre, pour faire émerger le traumatisme de la violence à l’ère esclavagiste (24’25), et s’en libérer (26’30) * L’instabilité structurelle du système esclavagiste au XVIIIe siècle (27’10) * La révolte de Saint-Domingue, un événement fondamental (30’10) * Les redéfinitions juridiques et politiques induites par les révolutions de la fin du XVIIIe siècle, et la naissance de l’idée de « blanc » (32’05) * La difficulté à envisager une société mixte : les projets de « colonisation » de l’Afrique par des noirs affranchis aux États-Unis (35′) * Le rôle des savants dans la formulation de la « race » dans la première moitié du XIXe siècle (37’35) * La fin de l’esclavage qui coïncide avec la naissance d’un marché global du travail (40’20), appuyé notamment sur « l’engagisme » (44’50) * L’idée de race qui permet le transfert entre monde esclavagiste et politiques coloniales (42’25) * Le scandale des « bonnes antillaises » à Paris dans les années 1920 (46’45) * Le rôle de savants comme W. E. B. DuBois pour critiquer la « race » comme principe (49’25) * Comment se libérer de la « fiction blanche » et de la « fiction nègre » sans les essentialiser (52’15) Les références citées et le conseil de lecture : * Claude Meillassoux, Anthropologie de l’esclavage. Le ventre de fer et d’argent, Paris, PUF, 1986. * Paulin Ismard, La cité et ses esclaves. Institutions, fictions, expériences, Paris, Seuil, 2019. * Milia Marie-Luce Monique, « Une tentative avortée d’immigration de travail: “l’affaire des bonnes antillaises”, 1922-1924 » dans Le travail colonial : Engagés et autres mains-d’oeuvre migrantes dans les empires ; 1850-1950, Paris, Riveneuve éditions, 2016, p. 141‑168. * Malcolm Ferdinand, Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribbéen, Paris, Seuil, 2019.


88. Quand le Parlement européen (ré)écrit l’histoire, avec Christine Cadot et Sarah Gensburger
Feb 05 2020 51 mins  
Les invitées: Christine Cadot, Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8; Sarah Gensburger, Chargée de recherche au CNRS, directrice adjointe de l’Institut des sciences sociales du politique Le sujet : Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe La discussion : * Une résolution du Parlement européen qui écrit de façon confuse l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (1’50) * La journée commémorative du 23 août « en hommage aux victimes des régimes totalitaires », peu connue, (3’35) * Les « bonnes » intentions derrière ces dispositifs mémoriels (5’10) * Les changements mémoriels avec l’élargissement à l’est de l’Union européenne en 2004, qui conduit à inclure le communisme dans le « plus jamais ça » européen (6’30) * Le « pilier mémoriel » de l’élargissement de l’Europe, et les effets contre-productifs de certaines politiques mémorielles (9’30) * L’idée que la mémoire européenne ferait une appartenance européenne commune (13’30) * Une autre journée commémorative européenne, pour les attentats, le 11 mars (14’15) * Le rapport compliqué à la Russie actuelle dont témoigne le texte du Parlement européen (16’15) * La façon dont les instances européennes s’emparent des enjeux mémoriels, comme réponses à la crise de légitimité de l’UE (20’) * La sociologie des eurodéputés, qui les rend propices à se saisir de ces enjeux (23’10) * Quel statut juridique pour le texte du Parlement européen, qui n’a pas tout à fait force de « loi » ? (28’20) * Les dangers portés par ce texte en termes de relativisation des crimes nazis (32’30) * Problèmes et omissions du texte (37′) * Les limites plus générales des politiques de mémoire (40’) * Quelles mémoires doivent fabriquer les musées, les enseignants ? (44’) Les références pour aller plus loin : Christine Cadot, Mémoires collectives européennes, Presses universitaires de Vincennes, 2019. Sandrine Lefranc, Sarah Gensburger, A quoi servent les politiques de mémoire? Paris, Presses de Sciences Po, 2017. Article des “Décodeurs” (Le Monde) sur cette résolution Article de Charles Heimberg critiquant cette résolution


87. Autour de Jean Delumeau, avec Guillaume Cuchet et Isabelle Poutrin
Jan 29 2020 49 mins  
Le thème : Jean Delumeau (1923-2020), son œuvre et sa place dans l’historiographie Jean Delumeau dans “Apostrophes” en 1978 Les invité-e-s : Isabelle Poutrin, Professeure d’histoire moderne à l’université de Reims ; Guillaume Cuchet, Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-est Créteil. La discussion : * La place majeure tenue par Jean Delumeau dans l’historiographie (1’) * Un parcours universitaire qui conduit à Rome et à l’histoire moderne (4’) * À l’origine, loi du religieux, un historien de l’économie et de la société, sur les lancées de Fernand Braudel (6’) * Extrait : Jean Delumeau et l’alun de Rome (8′) * Un historien des grands mouvements et de la longue durée (11’30) * Extrait : le choix d’écrire un volume de la Nouvelle Clio sur la Réforme (13′) * Un historien soucieux d’œcuménisme (15’) * Jean Delumeau participant de la construction d’une légitimité de l’histoire religieuse, longtemps marginale ou cléricale (16’) * Un historien des « mentalités » (18’) * Un talent du texte et de la citation (21’) * Comment articuler l’histoire des croyances, et celles des pratiques sociales ? (25’) * Une carrière singulière, au Collège de France, avec des enquêtes collectives (29’) * Extrait : la peur en occident (introduction de la 2e partie, lue par Héloïse Chéronnet, 28’30) * Un historien de la peur, mais pas seulement, en lien dialectique avec une dimension rassurante de l’Église et du paradis (31’) * Des prolongements aux idées de Delumeau, sur le « contexte panique » du XVIe siècle, chez Denis Crouzet ou Caroline Callard (33’) * Jean Delumeau, essayiste catholique, aux prises avec la « déchristianisation » (34’) * Les liens entre passé et présent dans son œuvre, et la question du degré de christianisation du Moyen âge (37’) * Les critiques adressées par Jean Delumeau à l’Église et à son rigorisme (39’) * Une (légère) ouverture à l’histoire des femmes (42′) * Un livre collectif questionnant L’historien et la foi (1996) (44′) * Quelle postérité ? Liens et bibliographie : * Entretien audio avec Jean Delumeau, par Luc Daireaux (Au Miroir de Clio, sur Radio campus Rouen, 2016) * Entretien écrit avec Jean Delumeau (Etudes, 2005) * Jean Delumeau évoquant La peur en occident dans l’émission Apostrophes en 1978 * Biographie et bibliographie détaillée de Jean Delumeau (Collège de France) * Articles et recensions de Jean Delumeau (site Persée) Références citées durant l’émission et prolongements : * Gabriel Le Bras, “Déchristianisation: Mot fallacieux,” Cahiers d’histoire, 9, (1964), pp. 92-97. * Igor Sosa Mayor, El noble atribulado * Caroline Muller, Au plus près des âmes et des corps * Caroline Muller, “Ce que confessent les journaux intimes




85. Conseils de lectures et coups de cœur 2019
Dec 14 2019 71 mins  
Cliquer ici pour écouter les conseils donnés en décembre 2018. Les conseils de Noémie Villacèque (histoire antique) * D.M. Halperin, J.J. Winkler, F.I. Zeitlin (dir.) Bien avant la sexualité. L’expérience érotique en Grèce ancienne, Paris, EPEL, 2019 (Princeton, Princeton University Press, 1990). * Lydie Bodiou et Véronique Mehl, Dictionnaire du corps dans l’antiquité, Rennes, PUR, 2019. * Paulin Ismard, La Cité et ses esclaves. Institution, fictions, expériences, Paris, Seuil, 2019. * Nicolas Siron, Témoigner et convaincre: Le dispositif de vérité dans les discours judiciaires de l’Athènes classique, Paris, éditions de la Sorbonne, 2019. * Nathalie Barrandon, Les massacres de la République romaine, Paris, Fayard, 2018. * Claire Sotinel, Rome, la fin d’un empire, de Caracalla à Théodoric (212 à la fin du Ve siècle), Paris, Belin, collection « Mondes anciens », 2019. * Jean-Baptiste Bonnard, Corps, gestes et vêtements dans l’Antiquité. Les manifestations du politique, Caen, Presses universitaires de Caen, 2019. * Pierre Judet de la Combe, Homère, Paris, Gallimard, Folio, 2019 * Murielle Szac, Olivia Sautreil, Le feuilleton d’Artémis, Paris, Bayard, 2019 (littérature jeunesse) Les conseils d’Etienne Anheim (histoire médiévale) * Giulia Puma, Les Nativités italiennes (1250-1450). Une histoire d’adoration, Rome, Ecole Française de Rome, 2019. * Patrick Boucheron, La trace et l’aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan, IVe-XVIe siècle, Paris, Seuil, 2019. * Armando Petrucci, Promenades au pays de l’écriture, Paris, Zones sensibles, 2019. * Jacques Dalarun, Modèle monastique. Un laboratoire de la modernité, Paris, Éd. du CNRS, 2019. * Sandrine Victor, Les fils de Canaan. L’esclavage au Moyen âge, Paris, Vendémiaire, 2019. * Jean-Pierre Devroey, La nature et le roi. Environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne (740-820), Paris, Albin Michel, 2019. * Isabelle Fabre, Les vergers de l’âme. L’allégorie du jardin spirituel à la fin du Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2019. * Christine de Pizan, Cent ballades d’amant et de dame, Paris, Gallimard, 2019. * Actuel Moyen âge, L’histoire continue !, Paris, Alma, 2019. Les conseils de Caroline Callard (histoire moderne) * Antoine Lilti, L’héritage des Lumières, Paris, Seuil, 2019. * Timothy Brook, Le Léopard de Kubilai Khan. Une histoire mondiale de la Chine, Paris, Payot, 2019. * Charlotte de Castelnau-L’estoile, Pascoa et ses deux maris, Paris, PUF, 2019. * Barbara Diffendorf, Planting the Cross: Catholic Reform and Renewal in Sixteenth- and Seventeenth-Century France, Oxford, Oxford University Press, 2019. * Collectif, L’Exploration du monde – Une autre histoire des Grandes Découvertes, Paris, Seuil, 2019. * Séverin Duc, La guerre de Milan. Conquérir, gouverner, résister dans l’Europe de la Renaissance, Paris, Champ Vallon, 2019 * Natalia Muchnik, Les prisons de la foi. L’enfermement des minorités (XVIe -XVIIIe siècle), Paris, PUF, 2019. Les conseils de Dominique Kalifa (histoire contemporaine) * Emmanuel Fureix,


84. La christianisation du monde viking, avec Stéphane Coviaux
Dec 11 2019 39 mins  
L’invité : Stéphane Coviaux, professeur en classes préparatoires littéraires Le livre : La fin du monde viking, Paris, Passés composés, 2019. Un objet mentionné dans le podcast (31′): moule de stéatite trouvé au Danemark, servant à forger des croix et des marteaux de Thor La discussion : * La naissance de cette recherche et l’intérêt pour le monde scandinave (1’10) * Les langues qu’il faut parler pour mener de telles recherches (2’00) * Le fait de travailler sur un objet aussi présent dans la culture populaire (3’45) * Le mot « viking » et ses ambiguïtés (4’50) * Le cadre spatial large du livre, et son choix (5’55) * L’articulation entre sources écrites, généralement postérieures, et sources archéologiques, au cœur de ce champ de recherches (7’20) * Les problèmes d’interprétation des données archéologiques (9’40) * Un document exceptionnel : la grande pierre de Jelling (10’10) * À inscrire dans un type de documents, les pierres runiques (12’40) * Des missionnaires au second plan par rapport aux rois dans le processus de christianisation, éminemment politique (14’30) * Une conversion sous la menace, avec Olaf Tryggvasson ? (17’15) * Quelle grammaire rituelle pour les processus de conversion et les baptêmes ? (18’20) * Quelle raison profonde à ces choix de conversion pour les rois nordiques, avec quels éléments préalables de contacts avec des chrétiens ? (20’35) * La variété des acteurs concernés : marchands, esclaves…. (22’45) * Quelle place pour les reliques dans la christianisation du nord ? (24’05) * Le rôle de la papauté dans ce processus, qui interagit en partie avec la Réforme grégorienne (25’15) * La place du christianisme oriental, et les influences byzantines, dans le monde nordique (27’00) * Les hésitations religieuses et les refus de la nouvelle religion (28’00) * Les réemplois et continuités entre dieux scandinaves et christianisme (31’30) * Les femmes, gagnantes ou perdantes de la christianisation ? (32’40) * Ce que la christianisation a pu changer au quotidien pour les populations nordiques (alimentation, onomastique…) (34’20) * Quelles traces visibles aujourd’hui de cette période ? (36’30) Les références citées dans le podcast et les conseils de lecture : * Pierre Bauduin, Le Monde franc et les Vikings (VIIIe-Xe siècle), Paris, Albin Michel, 2009 * Pierre Bauduin, Histoire des Vikings. Des invasions à la diaspora, Paris, Tallandier, 2019 * Halldor Laxness, La saga des fiers-à-bras * Knut Hamsun, Pan  



83. Polices politiques du bloc de l’est, avec Emmanuel Droit
Dec 04 2019 43 mins  
L’invité : Emmanuel Droit, professeur d’histoire à Sciences Po Strasbourg Le livre : Les polices politiques du bloc de l’est, à la recherche de l’internationale tchékiste 1955-1989, Paris, Gallimard, 2019. La discussion : * Le projet de réaliser une histoire transnationale des polices politiques du bloc de l’est (1’45) * Les lacunes documentaires liées aux destructions d’archives (4’) * Les défis pratiques de l’histoire transnationale : apprendre la langue polonaise pour lire les sources ! (5’30) * Le travail spécifique sur des sources bureaucratiques à la fois arides et révélatrices (8’) * La notion de « bloc de l’est » qu’il faut en partie questionner, ou déconstruire (10’) * La Tchéka, née en 1917, et référence mobilisée dans les années 1950 afin notamment de mettre à distance les politiques répressives staliniennes (11’40) * La mise en place des polices politiques en Europe de l’est après 1945, de façon différenciée suivant les pays * L’image du tchékiste, parfait communiste * L’articulation entre dimensions socialiste, policière et patriotique de leur identité (20’) * Le tournant de la fin des années 1960, après le Printemps de Prague et avec la hausse des voyages au sein du bloc de l’est (22’30) * Une période qui remet en question l’image d’immobilisme ou de stagnation à l’est dans les années 1970, si l’on essaie de penser les futurs non advenus et de ne pas raconter l’histoire par la fin (26’) * L’exportation des pratiques policières dans le Tiers-Monde, au temps de la guerre froide globale : Cuba, Nicaragua, Yemen… (28’30) * Le défi du terrorisme international dans les années 1970, et l’ambiguïté des pays de l’est à son égard (31’) * La tension dans la pratique tchékiste entre le secret et l’affichage (33’) * Le fossé mémoriel entre Russie et Europe de l’est sur a question (35’) * Comment penser le passé de la RDA aujourd’hui, sans nostalgie ni simplifications faisant de la Stasi la seule composante de cette expérience ? (38’30) Le conseil de lecture : Chris Kraus, La fabrique des salauds. Trad. de l’allemand par Rose Labourie. Belfond, 2019.


82. Derniers siècles romains, avec Claire Sotinel
Nov 27 2019 61 mins  
Émission en partenariat avec Chemins d’histoire, podcast de Luc Daireaux, enregistrée dans les studios de Radio Clype (réalisation Margot Leutard). L’invitée : Claire Sotinel, professeure d’histoire à l’université Paris-est-Créteil Le livre : Rome, la fin d’un empire, de Caracalla à Théodoric (212 à la fin du Ve siècle), Paris, Belin, collection « Mondes anciens », 2019. La discussion : * Quels choix pour ce troisième volume consacré à Rome dans la série « Mondes anciens » ? (1’45) * L’édit de Caracalla en 212, point de départ de l’ouvrage, et transformation profonde du monde romain (5’05) * La réussite même de l’empire, qui l’amène à se transformer et prépare les conditions de sa disparition (6’30) * Les choix iconographiques de l’ouvrage, et la double lecture qu’ils permettent (8’45) * Le poids d’une question historiographique ancienne, liée à l’idée de « déclin » et de « décadence » (11’50) * Des visions concurrentes de la fin de l’antiquité suivant le champ de l’histoire étudié : transition culturelle avec Peter Brown ou Henri-Irénée Marrou, chute brutale avec Bryan Ward-Perkins… (16’05) * La question des transitions économiques entre Antiquité et Moyen âge (21’50) * Comment penser la christianisation du monde antique, passage d’une religion civique à « une religion de la personne et de la communauté » (23’45) * La « crise du IIIe siècle » en lien avec des reconfigurations géopolitiques majeures (26’50) * La difficulté à lire l’Histoire Auguste, seule source narrative suivie pour cette période (30′) * Héliogabale / Antonin le jeune, prototype des personnages dont l’histoire est simplifiée par cette source (33’25) * Les difficultés rencontrées à l’époque de Valérien et de Gallien (34’45) * La réinvention de l’empire à l’époque de la tétrarchie (36’45) * Une idée reçue à effacer dans l’historiographie : le « partage » de l’empire entre Orient et Occident après Théodose (41’25) * La conversion de Constantin, et les interprétations que l’on peut en donner ; son établissement d’un « langage impérial de neutralité religieuse » (44’30) * Le règne de Julien et les contradictions de sa politique religieuse (50’00) * La complexité des rapports aux barbares, à la fin de la période, et la nécessité d’en percevoir la diversité (53’35) * La fin de l’empire romain, fin d’un modèle politique, mais « ce n’est pas la fin du monde » (58’30) Les références évoquées dans le podcast (par ordre alphabétique) * Peter Brown, Le monde de l’Antiquité tardive, de Marc Aurèle à Mahomet, Bruxelles, éd. de l’Université de Bruxelles, 2011. * André Chastagnol, L’évolution politique, sociale et économique du monde romain, de Dioclétien à Julien : la mise en place du régime du Bas-Empire, 284-363, Paris, SEDES, 3e éd., 1997. * François Chausson, Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe siècle, Rome, Erma di Bretschneider, 2007. * Michel Christol, Les Règnes de Valérien et de Gallien (253-268) : travaux d’ensemble, questions chronologiques, Berlin, W. de Gruyter, 1975. * Andrea Giardina, « Esplosione di tardoantico », Studi Storici, vol. 40, n°1 (janv.-mars 1999), pp. 157-180. * Peter Heather, Rome et les barbares. Histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma, 2017. * François Jacques, Les cités de l’occident romain, Paris, Les Belles Lettres, 1990. * Claude Lepelley (dir.), La fin de la cité antique et le début de la cité médiévale de la fin du IIIe siècle à l’avènement de Charlemagne, Bari,




80. Histoire médiévale et bande dessinée, avec Fanny Madeline et Valérie Theis
Nov 13 2019 49 mins  
Les invitées : Fanny Madeline, maître de conférences à l’université Paris-I ; Valérie Theis, professeur à l’ENS (Paris) Les parutions : Croisades et cathédrales, d’Aliénor à Saint Louis ; À la vie, à la mort, des rois maudits à la guerre de cent ans (t. 7 et 8 de l’Histoire dessinée de la France, éditions La découverte / La revue dessinée) La discussion : * Comment s’est fait le travail de coordination au sein de la collection, et entre les deux volumes ? (1’30) * Une collection qui a une identité forte, et qui fait souvent usage de narrateurs placés au sein du récit : le choix, ici, de la Mort comme narratrice pour le tome 8 (4’00), et de deux voyageurs pour le tome 7 (6’00) * Le jeu avec les représentations médiévales et le « médiévalisme », avec des clins d’œil aux Monty Python ou au Septième sceau (7’10) * Les représentations de la peste (10’00) * À quels lecteurs-lectrices s’adressent les albums, avec quels niveaux de lecture ? (12’40) * Les codes graphiques très différents des deux livres, et ce qu’ils permettent de montrer du Moyen âge ; comment s’est fait le travail avec les artistes (17’20) * Les dessins de paysages et de villes médiévales du tome 7 (22’30) * Des images qui prennent parfois le contrepied des clichés sur un Moyen âge crasseux ou obscurantistes (27’15) * Une narration dans le tome 7 qui est davantage géographique que chronologique (30’10) * La restitution des débats autour de l’hérésie et des cathares (31’30) * Les débats historiographiques présents dans le tome 8 : genèse de l’État moderne et du sentiment national (33’40) * La façon de montrer les crises économiques des XIIIe-XIVe siècles (37’40) * La place de l’Église et des clercs dans ces albums (40’45) Les conseils de lecture : * Fanny Madeline : Joseph Morsel et Christine Ducourtieux, L’histoire médiévale est un sport de combat * Valérie Theis : les BD historiques de Tardi, Bourgeon, et le recueil de Didier Daeninckx, Le roman noir de l’Histoire, Verdier, 2019.




78. J. R. R. Tolkien et l’histoire, avec Emilie Fissier et Frédéric Manfrin
Oct 22 2019 54 mins  
Les invité-e-s : Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition Tolkien L’événement : exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France. La discussion : * Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford, et le « Tolkien estate » (1:15) * Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50) * Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20) * Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20) * Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15) * L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40) * Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10) * L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00) * L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10) * La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00) * Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20) * Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00) * Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30) * Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00) * La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45) * La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45) * Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25) * Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00) * La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20) * Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40) * Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10) * Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15) * Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00) * L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10) * Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50) Pour aller plus loin : * Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018. * John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.


77. Faire l’histoire médiévale du “Saint Suaire”, avec Nicolas Sarzeaud
Oct 16 2019 43 mins  
L’invité : Nicolas Sarzeaud, médiéviste, doctorant à l’EHESS Négatif de la photographie du suaire prise en 1898 par Secondo Pia L’objet : le suaire conservé à Turin, et les controverses qu’il alimente La discussion : * Le statut et la façon de nommer l’objet connu comme « suaire de Turin », et les problèmes de qualification que cela pose : suaire, linceul, relique, drap, image, « saint suaire »… ? * L’existence d’une « discipline » propre à l’étude de cet objet, la « sindonologie », qui vise à prouver que le suaire est authentiquement celui qui entourait le Christ, avec des méthodes para- ou pseudo-scientifiques * La page wikipédia du suaire de Turin, reflet de cette tension entre partisans de l’authenticité, et chercheurs attachés à la datation établie au XIVe siècle * Un débat paradoxal : l’objet est très bien connu, beaucoup plus que beaucoup d’autres artefacts du Moyen âge, et très peu « mystérieux » en réalité * Le nombre étonnant des reliques du Christ au Moyen âge : environ 80 suaires ! * Un débat dont les données se nouent à la toute fin du XIXe siècle, à travers les photographies du suaire par Secondo Pia qui ont assuré sa popularité, en tant que « négatif » de l’image du Christ, à un moment déterminant pour l’histoire des images * La remise en cause de l’authenticité du suaire par Ulysse Chevalier au début du XXe siècle, avec les outils de la critique documentaire, et les violents débats que cela suscite * Les stratégies discursives des « sindonologues » pour étayer l’idée de l’authenticité du suaire * Pour « remédiévaliser » le suaire, tour d’horizon des sources contemporaines du XIVe siècle, et des premiers conflits qui entourent l’objet * Des conflits qui impliquent le roi de France et la papauté * La valeur de l’objet et les litiges qui continuent de l’entourer au XVe siècle * Comment inscrire le suaire dans un questionnement plus général sur les reliques médiévales ? Bibliographie (établie par Nicolas Sarzeaud) : Pour les italianophones, l’ouvrage le plus complet sur l’histoire du saint Suaire depuis le xive siècle est celui d’Andrea Nicolotti, Storia e leggende di una reliquia controversata, Turin, Einaudi, 2015. Il a aussi produit plusieurs autres livres sur les théories sindonologiques, notamment en anglais From the Mandylion of Edessa to the Shroud of Turin. The Metamorphosis and Manipulation of a Legend, Leyde, Brill, 2014. En français, les références sont plus anciennes mais on peut lire la très belle réflexion d’Odile Cellier sur l’histoire du saint Suaire et sa place dans le catholicisme contemporain, Le Signe du linceul, Paris, Cerf, 1992. Une synthèse en ligne ancienne mais de très bonne qualité a été publiée par l’archiviste André Perret, « Essai sur l’histoire du Saint Suaire du XIVe au XVIe siècle. De Lirey (Aube) à Chambéry », Mémoires de l’Académie Des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie, IV, 1960, p.49-121 : L’étude du saint Suaire dans une perspective d’histoire sociale est récente et en pleine expansion. On peut citer pour l’époque moderne un ouvrage italien de Paolo Cozzo, La geografia celeste dei duchi di Savoia. Religione, devozioni e sacralità in uno stato di età moderna, Bologne, Mulino, 2006 et la publication d’un colloque récent : Paolo Cozzo, Andrea Merlotti, Andrea Nicolotti (dir.), The Shroud at Court. History, Usages, Places and Images of a Dynastic Relic, Leyde, Brill, 2019 Pour se pencher sur un autre suaire à l’œuvre au Moyen Âge, celui de Cadouin-Toulouse a été remarquablement étudié par Michelle Fournié dans plusieurs articles, notamment celui-ci : «Les miracles du suaire de Cadouin-Toulouse et la folie de Charles VI », Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 99, Paris,


76. Relire Le Fromage et les vers de Carlo Ginzburg, avec Marie Lezowski et David Dominé-Cohn
Oct 09 2019 50 mins  
Les invité-e-s : Marie Lezowski (maîtresse de conférences en histoire moderne à l’université d’Angers), David Dominé-Cohn (professeur d’histoire et doctorant en histoire médiévale) Le livre : Carlo Ginzburg, Le Fromage et les vers. L’univers d’un meunier au XVIe siècle, Paris, Aubier, 1980 [1976]. La discussion : * Résumé du livre : le procès d’inquisition de Domenico Scandella, dit Menocchio, un meunier à la cosmogonie originale et contredisant les enseignements de l’Église (1’45) * La forme originale de l’ouvrage, personnelle, éclatée, suivant la logique du dossier d’inquisition (4’45) * La thèse forte de Ginzburg sur les idées de Menocchio nées du croisement entre l’imprimerie et un fond de croyances paysannes (6’50) * Comment ce livre est devenu un classique de l’historiographie, et comment les invité-e-s ont rencontré le livre (8’10) * Le contexte d’écriture du livre, et la figure de Carlo Ginzburg (11’30) * Une attention, à travers Menocchio, aux dominés et aux persécutés (14’20) * La remise en cause partielle de l’histoire des « mentalités » (17’00) * L’influence de Marc Bloch sur Carlo Ginzburg (18’20) * Une idéalisation du monde paysan chez l’auteur (20’) * La méthode philologique de Carlo Ginzburg, et sa lecture très particulière des sources inquisitoriales (21’50) * Le travail de Carlo Ginzburg sur les écarts entre questions des inquisiteurs et réponses de Menocchio (25’35) * Les rapports entre Menocchio et ses voisins de village ou son auditoire, en lien avec le rôle social d’un meunier (29’15) * Comment un meunier du Frioul sait-il lire ? Quels livres, et comment les lit-il ? (31’45) * Présentation de la microstoria, les liens qu’elle fait entre « cas » et contexte, sa capacité à « prendre au sérieux l’anomalie » (35’10) * Menocchio, un personnage dont les conceptions religieuses propres entrent en résonance avec des thèmes issus de la Réforme protestante (38’15) * La mise en scène narrative opérée par Carlo Ginzburg, qui a songé écrire ce livre à la façon des Exercices de style de Queneau (39’45) * Quel regard porter aujourd’hui sur le cas Menocchio ? (41’40) * Un rapprochement entre Menocchio, et Louis-François Pinagot, ce sabotier de l’Orne étudié par Alain Corbin ? (43’) * Un livre admirable mais dont les conclusions sur un « substrat oral » d’une culture paysanne sont fragiles (43’45) * La postérité du livre, pour l’étude des croyances « hors normes » (46’30) Les conseils de lecture : * Samir Boumediene, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Éditions des Mondes à faire, 2016. * Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes : racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 6, 1980, p. 3-44. Les références bibliographiques (par ordre alphabétique) : * Patrick Boucheron, « Préface », Le Fromage et les vers, Paris, Flammarion, coll. Champs, 2018. * Jean Boutier et Philippe Boutry, « L’invention historiographique. Autour du dossier Menocchio », Enquête, 3, 1996, mis en ligne le 11 juillet 2013. * Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 * Andrea Del Col, ed., Domenico Scandella detto Menocchio : i processi dell’Inquisizione (1583-1599), Pordenone, Edizioni Biblioteca dell’Immagine, 1990. * Lucien Febvre, Le Problème de l’Incroyance au XVIe siècle. La Religion de Rabelais, Paris, Albin Michel, coll. « L’évolution de l’Humanité », 1942 ; Autour de l’Heptaméron. Amour sacré, Amour profane, Paris, Gallimard, 1944. * Carlo Ginzburg, Les Batailles nocturnes, Lagrasse, Verdier,


75. Numismatique antique, avec Anthony Hostein
Oct 02 2019 58 mins  
L’invité : Anthony Hostein, directeur d’études à l’EPHE Antonio de Pereda y Salgado, Vanitas (1634). Vienne, Kunsthistorisches Museum. Le thème : la numismatique, son histoire, ses apports à l’étude de l’antiquité La discussion : * Comment est née la numismatique comme discipline, bien avant d’autres branches du savoir historique, à partir de la Renaissance (1’30) * Commentaire de tableaux : vanité de Salgado (3’40) * L’autonomisation de la numismatique sur le plan savant, avec son vocabulaire (« droit », « revers »), sous l’impulsion de Joseph Hilarius Eckhel en particulier (5’30) * Les liens maintenus, et parfois ambigus, entre numismatique savante et marchande (11’20) * Le fléau des détectoristes qui font disparaître les données (13’30) * La rocambolesque affaire du « trésor de Lava », ces monnaies trouvées près d’Ajaccio (16’45) * Les effets des conflits et troubles géopolitiques (au Proche-Orient notamment) sur les fouilles et le marché des monnaies, comme le site de Doura-Europos, « perdu pour la science » (21′) * Les origines de la monnaie, instrument territorialisé, qui sert seulement dans un second temps à des échanges (23′) * La complexité des opérations de datation des monnaies, et d’estimation des ordres de grandeur monétaires (27′) * Le regard des numismates sur les débats sur l’économie antique, entre « primitivistes » et « modernistes », et sur l’iconographie (29’55) * Les enseignements de la numismatique sur les rapports entre les hommes et les dieux (33’40) * Le médaillon de Ticinum frappé sous Constantin en 315, le premier comportant un symbole chrétien, et son contexte (37’10) * Relativiser la fonction de « propagande » de la monnaie (42′) * Le tournant fondamental du numérique pour les numismates, permettant de constituer des bases de données (43′) * Les défis interprétatifs et horizons de recherche en numismatique : construire des corpus, comprendre des monnaies singulières comme celle qui comporte une vache dans un arbre… (49’15) * Encore des progrès à faire dans la communication entre numismates, historiens, archéologues ! Les références citées et conseillées dans l’émission : Quelques noms d’illustres précurseurs (avant le XIXe siècle) Guillaume Budé [1467-1540], De asse et partibus eius (1515) ; Andrea Fulvio [c. 1470-1527], Illustrium imagines (1517) ; Hubert Goltzius [1526-1583] ; Charles Patin [1633-1693], Histoire des médailles (1695) ; Joseph Pellerin [1684-1782], vend en 1776 ses 32499 monnaies grecques au roi ; Joseph Hilarius Eckhel [1737-1798], Doctrina Numorum Veterum, 8 vol. (1792-1798) Choix d’ouvrages en français * Amandry (M.) dir., Dictionnaire de numismatique, Paris : Larousse, 2001. * Morrisson (C.), La numismatique, Paris : QSJ ? n°2638, 1992. * Amandry (M.) dir., La monnaie antique [concerne la monnaie grecque et romaine, rien sur les monnaies celtiques], Paris : Ellipses, 2017. Choix de sites internet – Monnaies hellénistiques Monnayages des rois de Macédoine Monnayages des Lagides d’Egypte Monnayages des Séleucides – Monnaies romaines Monnayages républicains : Roman Republican Coinage (RRC) en ligne : cf. projet « CRRO – Coinage of the Roman Republic Onl...


74. Méditerranée médiévale et festival “Secousse 1099”, avec Florian Besson et Iris Pupella-Noguès
Sep 25 2019 41 mins  
Les invité-e-s : Florian Besson (médiéviste, co-animateur du site Actuel Moyen âge) et Iris Pupella-Noguès (cofondatrice de la Boîte à histoire) L’événement : Festival « Secousse 1099 » organisé le 28 septembre 2019 à Paris La discussion : * Les origines du festival « Secousse 1099 » (1′) * La forme du festival, avec une dimension ludique et participative (4′) * Les problèmes posés par un festival sur la Première croisade, événement a priori moins ludique et émancipateur que 1848, objet de la première édition du festival (7′) * L’importance de faire entendre une parole historienne sur des événements pouvant être « brûlants » comme les croisades (9’20) * La Méditerranée médiévale, au cœur de débats et de l’enseignement (programme de 2nde, concours d’agrégation interne), avec le risque d’y projeter sans recul les identités ou affrontements religieux contemporains (11’45) * La controverse ayant entouré la parution du livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, en 2008, et ce qu’elle révèle des usages idéologiques de la Méditerranée médiévale (14’40) * À l’inverse, la lecture critique qu’on adopte désormais envers l’idée d’une « tolérance » ou convivencia entre communautés confessionnelles au Moyen âge (18’45) * Les différentes strates historiographiques concernant la Méditerranée médiévale, et les paradigmes successifs de son étude, de Pirenne à Braudel et après (21’40) * Le rôle du livre d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, paru en 1983 (26’10) * Les apports de l’archéologie, mis en valeur au festival « Secousse 1099 » (30′) * Une suggestion de documents permettant d’illustrer en cours de 2nde la notion de transferts culturels : les traités d’optique arabes (33′) * La mise en scène des croisades dans le cinéma, au prisme du médiévalisme (33’40) Les conseils de lecture : * John Tolan, Mahomet l’européen: Histoire des représentations du Prophète en Occident, Paris, Albin Michel, 2018. * Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République, Paris, La Découverte, 2019. * Dennis Lehane, Un pays à l’aube, Paris, Rivages, 2008. La bibliographie et les références citées dans le podcast (par ordre chronologique) : * Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, préface de Bruno Dumézil, Paris, Tallandier, 2005 [1937]. * Fernand Braudel, La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949. * Joshua Prawer, Histoire du Royaume latin de Jérusalem, 2 vol., Paris, éd. du CNRS, 1970. * Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Paris, Pygmalion, 1990. * Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, Paris, J.-C. Lattès, 1983. * David Nirenberg, Violence et minorités au Moyen Âge, trad. de l’anglais par Nicole Genet, préf. de Claude Gauvard, Paris, PUF, coll. « Le nœud gordien », 2001. * Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Paris, Seuil, 2008 [compte-rendu par Blaise Dufal] * Anneliese Nef, Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIe et XIIe siècles (B.E.F.A.R.), Rome, 2011. * Claire Soussen, Judei Nostri. Juifs et chrétiens dans la Couronne d’Aragon à la fin du Moyen Âge, Toulouse, Méridiennes, 2011. * Christophe Cailleaux,



73. Archéologie du XIXe siècle, avec Manuel Charpy et Stéphanie Sauget
Sep 18 2019 46 mins  
Les invité-e-s : Stéphanie Sauget, professeure à l’université de Tours ; Manuel Charpy, chargé de recherche au CNRS La parution : Histoire et archéologie : que faire du XIXe siècle ?, n°58/2019 de la Revue d’histoire du 19e siècle La discussion : * L’exemple des fouilles du cimetière des Crottes à Marseille pour illustrer l’intérêt de la démarche archéologique appliquée au XIXe siècle, pour mesurer notamment les écarts entre normes et pratiques (1′) * Un XIXe siècle paradoxal, qui a légué objets et monuments, et dont l’archéologie ne peut se limiter à l’enfoui, à la fouille (4’15) * Le travail de Daniel Sayers, archéologue américain, sur le « grand marais lugubre » (great dismal swamp), et les traces qu’il y repère de communautés d’anciens esclaves en fuite autonomes (5’20) * Les parcours ayant amené Stéphanie Sauget et Manuel Charpy à travailler sur la culture matérielle, via les enjeux spatiaux ou ceux concernant les objets du XIXe siècle (8′) * La difficulté paradoxale de trouver des objets « ordinaires », et les fonds désormais accessibles de l’INPI (11′) * L’évolution de la démarche archéologique et historienne, qui ne cherche plus seulement le « bel objet » * L’établissement du dialogue entre historien-ne-s et archéologues : que fait-on de la « couche XIXe », récente, lors des fouilles ? (15’10) * La naissance de l’« archéologie générale » autour de Philippe Bruneau à la fin des années 1970, une démarche développée également dans les « pays neufs » comme les États-Unis et le Brésil, et en France en lien avec les préoccupations sur le patrimoine industriel (18’30) * L’archéologie qui permet de saisir la vie – la biographie ? – des objets (25′) * L’archéologie de la Grande Guerre et son essor à partir de 1991, et les problèmes (juridiques, moraux, éthiques) que posent les fouilles de terrains funéraires récents : « j’ai fouillé un soldat de 14 comme j’aurais fouillé du mérovingien ! » (26’15) * Comment faire l’archéologie d’une tombe qu’on ne peut pas fouiller ? à partir de l’article de Bruno Bertherat sur la tombe de Jeanne Moyaux morte en 1877 (28’40) * Extrait audio : Lucien Febvre, “vers une autre histoire”, 1949, in Combats pour l’histoire (lu par Jeanne Omhover, 32’55) * Le paradoxe d’un XIXe siècle qui est partout, mais absent en même temps, ou transformé, même dans les espaces dits préservés (35’40) * Des archives utiles pour parler de ceux qui ne parlent (n’écrivent) pas (40’30) Les références citées dans l’émission : * Maurice Agulhon, « Esquisse pour une archéologie de la République. L’allégorie civique féminine », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 28e année, n° 1, 1973, p. 5-34. * Thierry Bonnot, « La biographie d’objets : Une proposition de synthèse », Culture & Musées [En ligne], 25 | 2015 * Jacques-Olivier Boudon, Le plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2018. * Manuel Charpy, Intérieurs parisiens. De l’atelier aux appartements, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Flammarion, catalogue d’exposition, 2014. * Revue RAMAGE * Nicolas Offenstadt, Urbex RDA, Paris, Albin Michel, 2019. * Stéphanie Sauget, À la recherche des pas perdus. Une histoire des gares parisiennes, Paris, Tallandier, 2009 Les conseils de lecture : * Georges Balandier, Sociologie des Brazzavilles noires, Paris,


72. Fantômes d’ancien régime, avec Caroline Callard
Sep 11 2019 45 mins  
L’invitée : Caroline Callard, directrice d’études à l’EHESS Le livre : Le temps des fantômes. Spectralités de l’âge moderne (XVIe-XVIIe siècle), Paris, Fayard, 2019. La discussion : * L’origine de ce travail, et le pullulement des fantômes à l’époque moderne qu’il permet de saisir (1:00) * Une enquête au croisement de plusieurs fils historiographiques : histoire de la mort, anthropologie historique des revenants, sociologie pragmatique du surnaturel (3:50) * Quelles traces documentaires des fantômes ? Plus facile à trouver dans les imprimés que dans les archives… (6:20) * Un vocabulaire pour désigner les fantômes qui n’est pas stabilisé, malgré des efforts de nomenclature (9:50) * Une grande variété d’apparences visuelles pour les fantômes hors de tout code de représentation aux XVIe-XVIIe siècles (11:40) * Extrait audio commenté : Hamlet, I, 4 (interprétation de Jean Marais) * Historiciser le rapport aux fantômes dans une « conjoncture panique » des XVIe-XVIIe siècles (17:30) * Les fantômes saisis au prisme du droit, à travers les histoires de maisons hantées (et de rupture de bail) en particulier (18:45) * Comment établir une distinction entre rapports médiévaux aux spectres et usages dans la première modernité ? (21:45) * La présence genrée des fantômes, lisible dans une apparition à Dole en 1628, dans un contexte pourtant de chasse aux sorcières (27:05) * Des fantômes qui agissent et interagissent avec les vivants, sans que la question de la croyance ne soit forcément centrale pour les comprendre (32:00) * Les différents registres de la croyance, de la crédulité, du scepticisme et de l’incrédulité (35:20) * Le rôle politique des fantômes à travers celui de Concini , tué en 1617 (39:35) Les références citées dans l’émission : * Kathryn A. Edwards and Susie Speakman Sutch (éd.), Leonarde’s ghost. Popular piety and The appearance of a spirit in 1628, (Sixteenth Century Essays & Studies, 82.), Kirksville, Missouri, Truman State University Press, 2008. * Jean Bazin, Des clous dans la Joconde, Toulouse, Anacharsis, 2008. * Caroline Callard, Le Prince et la République. Histoire, pouvoir et société dans la Florence des Médicis, au XVIIe siècle, Paris, PUPS, 2007. * Elisabeth Claverie, Les guerres de la Vierge. Une anthropologie des apparitions, Paris, Gallimard, 2003 * Colin Dayan, The law is a white dog, Princeton U.P., 2011. * Jean-Pascal Gay, Le dernier théologien ? Théophile Raynaud : histoire d’une obsolescence, Beauchesne, collection Théologie historique, n° 127, 2018. * Carlo Ginzburg, Les batailles nocturnes, Sorcellerie et rituels agraires en Frioul, XVIe-XVIIe siècles, Lagrasse, Editions Verdier, 1980. * Stephen Greenblatt, Shakespearean Negotiations. The Circulation of Social Energy in Renaissance England, University of California Press, 1989. * –Hamlet in Purgatory, Princeton University Press * Sasha Handley, Visions of an Unseen World: Ghost Beliefs and Ghost Stories in Eighteenth-Century England. Pickering & Chatto, 2007. * Jean-Claude Schmitt, Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 1994. * Natalie Zemon Davis, « Ghosts, Kin and Progeny: Some Features of Family Life in Early Modern France », Daedalus 106:2 (printemps 1977), p. 87-114. Les conseils de lecture : * Vinciane Despret, Au bonheur des morts. Récits de ceux qui restent, Paris, La Découverte, coll. « Les Empêcheurs de penser en rond », 2015 * Manuel Vilas, Ordesa, éditions du sous-sol, 2019. * Guillaume Cuchet, Les Voix d’outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle, Paris,


71. Écrire la biographie de Charles de Gaulle, avec Julian Jackson
Sep 04 2019 61 mins  
L’invité: Julian Jackson, professeur à Queen Mary college, LondresLe livre: De Gaulle. Une certaine idée de la France, Paris, Seuil, 2019. La discussion: * les origines de ce travail sur De Gaulle * comment écrire une telle biographie, et quel type d’écriture biographique choisir, avec quelles archives * la confrontation aux sources et aux écrits de De Gaulle en particulier, et la nécessité à la fois d’en déconstruire le mythe et de le prendre en compte * De Gaulle, un intellectuel marqué par de multiples influences, dont Péguy et Bergson mais aussi Gustave Le Bon * “on a trop tendance à arrondir les angles de De Gaulle en France” * Des rapports compliqués entre De Gaulle et Pétain, “mort en 1925” selon lui, et dont il n’est pas sous l’emprise en 1940 * les difficultés immenses de la France libre naissante en 1940, et les facteurs expliquant le succès gaullien * relativiser les effets du ralliement des résistants de l’intérieur (du CNR) en 1943 dans le succès obtenu sur Giraud * extrait audio: discours du 23 octobre 1941 (fusillés de Nantes et Châteaubriant) * l’extrême froideur manifestée par De Gaulle envers les résistants de l’intérieur, et plus largement, sa personnalité si étrange devenue un outil politique * les ambiguïtés vis-à-vis de l’idée de coup d’état afin de revenir au pouvoir entre 1946 et 1958 * extrait audio: discours du 23 avril 1961 (“putsch des généraux” à Alger) * les paradoxes d’un général qui a incarné l’autorité, après avoir lui-même désobéi en 1940, illustrant la tension entre légalité et légitimité * Un De Gaulle aimant faire des éclats mais sachant se montrer pragmatique * Le style gaullien en politique extérieure, et son positionnement vis-à-vis de la guerre froide * extrait audio: discours du 24 juillet 1967 à Montréal (“Vive le Québec libre”) * la surprise au terme de travail : un De Gaulle doté d’une extraordinaire capacité d’écoute Le conseil de lecture: Richard Evans, Eric Hobsbawm, A life in history


70. Sciences et savoirs à l’époque moderne, avec Axelle Chassagnette
Jul 24 2019 42 mins  
L’invitée : Axelle Chassagnette, Maîtresse de conférences en histoire moderne, Université Lumière Lyon 2 Le thème : Sciences et techniques au XVIIe-XVIIIe siècles, nouvelle question au programme de 2nde pour la rentrée 2019, en lien avec le chapitre rédigé dans l’ouvrage historiographique : Sébastien Cote, Emmanuelle Picard (dir.), Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Paris, Nathan, 2019. La discussion : * Le regard d’une universitaire spécialiste de ces questions sur l’inscription au programme de 2nde de l’histoire des sciences (1’20) * Les difficultés pour enseignants et étudiants à s’approprier le contenu même des sciences de l’époque (3’05) * Un vocabulaire de la « science » qui n’est pas le même à l’époque moderne et aujourd’hui, et qui n’a pas les mêmes cloisonnements entre philosophie, théologie, savoirs relatifs à la nature… (5’20) * La notion de « révolution scientifique », qui a aujourd’hui été revisitée et nuancée (7’50) * Comment faire pour enseigner la période sans la réduire à une liste des « grandes figures » comme Galilée et Newton ? (11’50) * La place accordée aux femmes dans le programme, et le nécessaire rappel du statut minoritaire de figures comme Émilie du Châtelet (14’30) * La question des rapports entre sciences et Églises, qui ne se réduisent pas à des confrontations (16’10) * Les circulations des savoirs entre sphère savante et usages populaires (20’10) * Le rôle des États dans la construction des sciences, qui peuvent devenir des instruments de gouvernement (22’15) * La question des langues, et les circulations géographiques des savoirs, ainsi que les mutations de l’édition (25’20) * Les objets (télescope, microscope…) qui restent imparfaits à l’époque moderne, comme en attestent les observations de Galilée (30’15) * La circulation des savants en Europe (32’40) * Analyse d’un document : Michel van der Muischer, Médecin dans son cabinet, 1680 (35’00) Les conseils de lecture et les références citées dans le podcast : – Michel Lagrée, La Bénédiction de Prométhée. Religion et technologie, Paris, Fayard, 2000. – Simone Mazauric, Histoire des sciences à l’époque moderne, Paris, Armand Colin, 2009 – Steven Shapin, Une histoire sociale de la vérité. Science et mondanité dans l’Angleterre du XVIIe siècle, Paris, La Découverte, 2014. – Steven Shapin, La révolution scientifique, Paris, Flammarion, 1998. – L’affaire des faux Galilée


69. Pierre Laborie et l’historiographie de la Résistance, avec Cécile Vast
Jul 17 2019 46 mins  
L’invitée : Cécile Vast, docteure en histoire, chercheure associée au LAHRA Le livre : Pierre Laborie, Penser l’événement, 1940-1945, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2019. La discussion : * Un projet éditorial qui prend source dans les derniers textes que Pierre Laborie composait à la fin de sa vie (0:50) * Son expérience personnelle de la guerre et de la mort, enfant, au printemps 1944 dans le Lot (5:00) * La question du silence et la difficulté de son interprétation historique (7:00) * Un parcours de recherche débuté à la fin des années 1960, comme professeur du secondaire, et en lien avec le Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, et qui aboutit à l’EHESS (8:35) * Une démarche inscrite dans une approche collective de la recherche, initiée par les colloques « La Résistance et les Français » à partir des années 1990 (12:50) * La recomposition des rapports entre historiens et témoins de la Résistance dans ces mêmes années 1990 (14:45) * L’épisode marquant que fut la table ronde de 1997 organisée par Libération, et le malaise qu’elle a suscité parmi des historiens comme Antoine Prost (18:35) * Le clivage dans l’historiographie de la Résistance entre deux types d’approches : priorité à son efficacité, ou à son inscription sociale ? (23:10) * Les critiques apportées par Pierre Laborie à la « vulgate » voulant que les Français aient été collectivement veules sous l’Occupation, liée notamment à la réception du film Le Chagrin et la Pitié (26:15) * Des positions historiographiques critiques envers certains aspects des travaux de Robert Paxton et Henry Rousso (30:28) * Les concepts introduits par Pierre Laborie, comme « crise d’identité nationale », « penser-double », « non-consentement » (34:45) * La dialectique de l’événement et de la structure dans son travail, en lien avec l’effondrement de 1940 (40:30) * Conseil de lecture (43:45) Références et conseils de lecture : « Pierre Laborie, un historien “trouble-mémoire” » (article sur Pierre Laborie avec liens et entretiens) « Déplorable leçon d’histoire » : Tribune cosignée par Pierre Laborie suite à la table-ronde avec les époux Aubrac organisée par Libération en 1997. Parmi les travaux de Pierre Laborie : – Résistants vichyssois et autres : l’évolution de l’opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris : Éditions du CNRS, 1980 – L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, Paris, Seuil, 1980. – Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011 Travaux cités durant l’émission : – François Azouvi, Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Paris, Fayard, 2012. – Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968. – Alf Lüdtke, « La domination au quotidien. “Sens de soi” et individualité des travailleurs en Allemagne avant et après 1933 », Politix, 4/13, 1991. – François Marcot (dir.), avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance – Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2006. – Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1972. – Henry Rousso, Le syndrome de Vichy (1944-1987), Paris, Seuil, 1987. Conseil de lecture : Claude Mauriac, Le temps immobile, 10 vol. Grasset


68. Pouvoir et religion dans le monde romain (218 av. J-C / 235 ap. J-C, question d’agrégation 2020), avec Meriem Sebaï
Jul 10 2019 35 mins  
L’invitée: Meriem Sebaï, maître de conférences à l’université Paris-I Préparatifs d’un sacrifice à Mars. Bas-relief dit de Domitius Ahenobarbus, fin du IIe s. av. J.-C., Musée du Louvre. Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire pour 2020 : « Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère » Consulter l’émission portant sur la question d’histoire médiévale. Avertissement : l’entretien, réalisé à titre individuel, et les conseils donnés, ne reflètent pas une position officielle du jury de l’agrégation externe d’histoire. La discussion : * Une question d’histoire religieuse reflétant une historiographie à maturité (1’00) * Le sens du cadre chronologique donné pour le programme, avec l’importance de la date de 212 à la fin de la période (3’05) * Une question qui n’est pas centrée sur la christianisation de l’empire (6’45) * La césure de la période augustéenne (7’45) et la notion de « culte impérial » (8’30) * La tension entre nouveautés religieuses et retour aux traditions à Rome (10’10) * La spécificité du vocabulaire romain en matière de cultes, centrés sur des pratiques (11’45) * Le cadre géographique de la question, dont la définition n’est pas entièrement nette (15’15) * L’arrivée à Rome de cultes et de divinités venues d’ailleurs (17’00) * Des tensions et réticences envers ces nouveautés comme lors des Bacchanales (20’30) * Les effets religieux des guerres civiles (21’30) * Les rapports entre Rome et les monothéismes (23’10) * La place de John Scheid et de ses travaux dans l’historiographie de la question (24’35) * Quelles sources aborder pour se confronter à la question ? (29’30) * Conseils de lecture (33’) Les conseils de lecture : – John Scheid, La religion des Romains, Paris, Armand Colin, « Cursus », 3e éd., 2017. – John Scheid, Religion et piété à Rome, Paris, Albin Michel, 2001. – François Jacques et John Scheid, Rome et l’intégration de l’Empire. 44 av. J.-C- 260 ap. J.-C., Tome 1. Les structures de l’empire romain, Paris, PUF, « Nouvelle clio » 1990 – William Van Andringa, Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine, Rome, École française de Rome, 2009. – Audrey Bertrand, La religion publique des colonies dans l’Italie républicaine et impériale (Italie médio-adriatique, IIIe s. av. n.è.-IIe s. de n.è.), Rome, École française de Rome, 2015 – Yann Berthelet, Gouverner avec les dieux. Autorité, auspices et pouvoir, sous la République romaine et sous Auguste, Belles Lettres, collection « Mondes anciens », Paris, 2015


67. Écrit, pouvoirs et société en occident XIIe-XIVe s. (question d’agrégation 2020), avec Antoine Destemberg
Jul 10 2019 44 mins  
L’invité : Antoine Destemberg, maître de conférences à l’université d’Artois Charte de Philippe Auguste, 1203, commentée en ligne sur le site THELEME Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire et du CAPES d’histoire-géographie pour 2020 : « écrit, pouvoirs et société en occident début XIIe fin XIVe (France, Angleterre, péninsule italienne, péninsule ibérique) » Consulter l’émission portant sur la question d’histoire antique. Avertissement : l’entretien, réalisé à titre individuel, et les conseils donnés, ne reflètent pas une position officielle du jury de l’agrégation externe d’histoire. La discussion : * Une histoire à la fois sociale, culturelle et politique de l’écrit, qui a connu de forts renouvellements (1’45) * La coupure entre lettrés et illettrés désormais relativisée suite aux travaux de Jack Goody notamment (3’01) * Le lien entre accroissement du recours à l’écrit et affirmation des pouvoirs (5’40) * La perte des archives de Philipe Auguste à la bataille de Fréteval (1194) comme marqueur d’une prise de conscience d’une importance de l’écrit pour le pouvoir royal (7’40) * L’importance du droit et de l’outil juridique s’insérant dans les relations sociales à partir du XIIe s. (9’10) * Le recours de l’Église et des pouvoirs laïcs à des professionnels de l’écrit souvent formés dans les universités et les écoles (11’40) * Des compétences scripturaires encore rares dans une « société du manuscrit » (14’15) * Les différents types d’écoles qui ouvrent l’accès à l’écrit (15’20) * Différentes cultures de l’écrit dans les différents espaces géographiques au programme ? (17’15) * L’impossibilité de quantifier le recours à l’écrit, même si on réévalue à la hausse la proportion de la population urbaine lettrée (20’50) * L’accès au texte sacré de la Bible comme enjeu de pouvoir au Moyen âge (22’10) * L’écrit hagiographique comme enjeu, à travers l’exemple de François d’Assise (24’45) * Quelle périodisation pour cette question ? Pour la « révolution de l’écrit », l’essor de l’écrit pratique, du papier ? (27’) * Conseils de lecture (33’) Les références citées et les lectures suggérées : Manuels généraux et par espaces géographiques – Histoire de France (collection Belin, volumes de Florian Mazel, Jean-Christophe Cassard, Boris Bove) – Franck Collard, Pouvoirs et culture politique dans la France médiévale (Ve-XVe siècle), Paris, Hachette, « Carré histoire », 1999. – Philippe Contamine, Histoire de la France politique, Paris, Seuil, coll. »Points », 2006. – Jean-Pierre Delumeau et Isabelle Heullant-Donat, L’Italie au Moyen âge, Ve-XVe siècle, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2000. – François Menant, L’Italie des communes, 1100-1350, Paris, Belin, 2005. – Denis Menjot, Les Espagnes médiévales, 409-1474, Paris, Hachette, « Carré histoire », 1996. – Jean-Philippe Genet, Les îles britanniques au Moyen âge, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2005. Manuels et synthèses permettant d’aborder la question – Jean-Philippe Genet, La mutation de l’éducation et de la culture médiévales. Occident chrétien (XIIe-milieu du XVe siècle), 2 vol., Paris, Seli Arslan, 2000.


66. Bibliothèque idéale et participative (3) : époque contemporaine
Jul 04 2019 35 mins  
Dans ce troisième épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués, sont évoqués les luttes et les drames de l’histoire contemporaine: Grande Guerre,Shoah, guerre d’Algérie, combats des minorités noires aux États-Unis… Mais aussi de belles tentatives pour reconstruire le monde d’individus connus ou inconnus. Vus pouvez également écouter le premier volet de cette série portant sur l’antiquité et le moyen âge, et le second consacré à l’époque moderne (du XVIe au XVIIIe siècle). Les livres conseillés : * Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 (par Jérôme Lamy) * Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française, xixe-xxe siècle, Paris, Le Seuil, 1986 (par Mathilde Larrère) * Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, 1997 (par Mathilde Larrère) * Patrick Cabanel, Le protestantisme français : la belle histoire, Nîmes, Alcide, 2017 (par Stéphane Zehr) * Michelle Perrot, George Sand à Nohant. Une maison d’artiste, Paris, Seuil, 2018 (par Mathilde Castanié) * Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, 14-18, Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, 2000 (par Nathan Menez) * Emmanuel Debruyne, « Femmes à boches ». Occupation du corps féminin dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Paris, Les Belles Lettres, 2018 (par Nicolas Charles) * Calel Perechodnik, Suis-je un meurtrier ?, Paris, Liana Levi, 1998 (par Théo Bonin) * Caroline Rolland-Diamond, Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle), Paris, La Découverte, 2016 (par Véronique Servat) * Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Paris, Gallimard, 2006 (par Théophile Leroy) * Etienne Anheim, Le travail de l’histoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2018 (par Aurore Denmat-Léon) * Patrick Boucheron, Comment se révolter ?, Bayard, Montrouge, 2016 (par Marie-Cécile Pineau)


65. Bibliothèque idéale et participative (2) : Temps modernes
Jul 03 2019 35 mins  
Second épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués. Dans ce deuxième volet est évoquée dans sa diversité ce qu’on a coutume d’appeler l’époque moderne : les Espagnols au “nouveau monde”, l’esclavage aux Antilles, la Fronde, les guerres de religion, l’affaire Calas… Vous pouvez écouter la première émission portant sur l’histoire antique et médiévale, et la troisième sur l’époque contemporaine et l’historiographie. Les livres conseillés: * Bartolomé et Lucile Bennassar, 1492, Un monde nouveau ?, Paris, Perrin, 1991 (par Stéphane Descazeaux) * Bernal Diaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, Paris, La Découverte, 2009 (par Marc Jégou) * Nathan Wachtel, La vision des vaincus. Les Indiens du Pérou devant la conquête espagnole, 1530-1570 (par André Loez) * Frédéric Régent, La France et ses esclaves, de la colonisation aux abolitions (1620-1848), Paris, Grasset, 2007 (par Muriel Descas-Ravoteur) * Tyler Anbinder, La cité des rêves. New York, une histoire de 400 ans, Paris, Fayard, 2018 (par tolosamedia2) * Mike Dash, L’archipel des hérétiques. La terrifiante histoire des naufragés du Batavia, Paris, JC Lattès, 2002 (par Vincent Truffier-Blanc) * Robert Mandrou, Introduction à la France moderne 1500-1640, Paris, Albin Michel, 2e éd. 1998 (par Olivier Jandot) * Arlette Jouanna, Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne, 1559-1661, Paris, Fayard, 1989 (par Fabien Lévy) * Janine Garrison, L’Affaire Calas, miroir des passions françaises, Paris, Fayard, 2004 (par Julie Duprat) * Lucien Bély, La société des princes, Paris, Fayard, 1999 (par Noémie Arnaud) * Sophie Vergnes, Les Frondeuses. Une révolte au féminin (1643-1661), Seyssel, Champ Vallon, 2013 (par Clara Coudon) * Edmond Dziembowski, La guerre de sept ans, Paris, Perrin, 2015 (par Gwendal Piégais)  





63. Un autre Risorgimento. L’Italie du sud au premier XIXe siècle, avec Pierre-Marie Delpu
Jun 26 2019 40 mins  
L’invité: Pierre-Marie Delpu, chercheur au laboratoire Telemme Le livre: Un autre Risorgimento.La formation du monde libéral dans le Royaume des Deux-Siciles (1815-1856), École française de Rome, 2019. La discussion: * Le Royaume des Deux-Siciles, un espace politique original au sud de l’Italie (1′) * Les paradoxes de la Restauration en 1815, qui n’efface pas entièrement le passé du decennio francese (3′) * La question des sources : comment étudier sociétés secrètes et conspirations ? (9’50) * La façon de tirer parti historiquement des Mémoires de révolutionnaires comme Guglielmo Pepe (12’45) * L’exil et la prison, deux expériences politiques fondamentales pour les libéraux du XIXe siècle, avec la construction de la figure du « martyr » (14’10) * La question de la politisation populaire du XIXe siècle : « descente vers les masses » de la politique ou autonomie des pratiques et représentations ? (20′) * La place des martyrs politiques dans la politisation populaire (22’20) * L’articulation entre grandes révolutions et épisodes en apparence plus ordinaires ou routiniers (24’20) * Les images attachées au mezzogiorno, et son supposé déficit de « modernité », dès le XVIIIe siècle, et qui alimente des préjugés très durables (27’35) * Quels autres possibles en 1860 que le rattachement au Royaume d’Italie ? (33’20) Les conseils de lecture : – Emmanuel Fureix, L’œil blessé. Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française, Champ Vallon 2019. – Olivier Grenouilleau, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2019.


62. La construction des nations au XIXe siècle, avec Pierre-Marie Delpu
Jun 26 2019 37 mins  
L’invité: Pierre-Marie Delpu, chercheur au laboratoire Telemme Le thème: L’Europe entre restauration et révolution / La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie (programmes de Première 2019), à travers le chapitre dans le livre d’historiographie dirigé par Sébastien Cote et Emmanuelle Picard. La discussion : * Quelles réactions d’un historien du XIXe siècle à ces nouveaux programmes, assez franco-centrés ? (1′) * Le vocabulaire de la « nation » et du « nationalisme » au XIXe siècle (4’15) * Le passage d’une conception historiographique de « l’éveil » des nationalités à la « construction » des nations, à travers l’exemple du « Risorgimento » (6’30) * Les désaccords et conflits au sein de chaque projet national (modèle monarchique, fédératif, républicain…) (9′) * L’importance paradoxale des circulations transnationales pour construire les projets nationaux au premier XIXe siècle, avec la Grèce pour « laboratoire » (11’30) * Les expériences militaires napoléoniennes réinvesties dans les luttes libérales dans les années 1820 (15’20) * La question polonaise, grande cause nationale et libérale au XIXe siècle, qui conduit aussi à relativiser le rôle initiateur de la France dans les révolutions européennes (18’20) * Réinscrire la question nationale dans une longue durée, à travers le « long Risorgimento » par exemple (22’30) * Le rattachement de la Savoie à la France, « point de passage et d’ouverture » du programme de Première (25′) * Difficultés, inachèvement, résistances à la construction nationale, à travers notamment l’exemple des mafias en Italie méridionale (28’30) * Bismarck et sa conception de la nation allemande (32’10) * L’intérêt pour les collègues d’utiliser l’iconographie au moment où les images jouent un rôle majeur dans l’acculturation politique et nationale des populations (35’30) Les références citées dans le podcast : – Benedict Anderson, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, La Découverte, 1996 [1983]. – Walter Bruyère-Ostells, La grande armée de la liberté, Paris, Tallandier, 2009 – Olivier Grenouilleau, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2019. – Sandrine Kott, Bismarck, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, collection « Facettes », 2003 – Anne-Marie Thiesse, La création des identités nationales. Europe, XVIIIe-XXe siècle, Paris, Seuil, 1999


61. La Chine de 1842 à 1949 (programme de khâgne 2020), avec Pierre Grosser
Jun 21 2019 28 mins  
L’invité : Pierre Grosser, professeur agrégé à Sciences Po, chercheur en histoire des relations internationales Le thème : La Chine entre 1842 et 1949, nouvelle question au programme des ENS (Ulm et Lyon) Lettre de cadrage du programme (site de l’ENS de Lyon) La discussion : * Des bornes chronologiques assez classiques pour ce programme (1′) * Une lettre de cadrage des ENS qui insiste sur les interventions impérialistes et la dimension exogène de l’histoire chinoise (2’15) * L’idée d’une Chine qui n’est pas seulement dans la « réaction » vis-à-vis de l’étranger (3’10) * Les catastrophes humaines subies par la Chine dans la seconde moitié du XIXe siècle (4’20) * La révolte des Taiping, moment clef de l’histoire chinoise au XIXe siècle, ses origines et ses prolongements (5’30) * La place de la Première Guerre mondiale dans l’histoire et l’historiographie de la Chine (7’35) * Le « mouvement du 4 mai » 1919 et sa place dans l’avènement d’une modernité intellectuelle chinoise (8’50) * Quelle périodisation donner de cette période d’un siècle ? le tournant de 1895 et de la défaite face au Japon ; l’importance donnée à 1945 (10’15). * Les relectures actuelles du conflit entre nationalistes et communistes (14’15). * Les questions territoriales et identitaires (Mandchous, Tibet, Xinjiang…) (16’00) * L’incorporation de la Chine au système économique mondial et son évolution (18’00) * L’industrialisation de la Chine et les rapports entre impérialistes étrangers et bourgeoisie chinoise (19’25) * L’historiographie du communisme chinois, relue au prisme des archives soviétiques (21’20) * Conseils de lecture (23’30) Les conseils de lecture : En français : – Lucien Bianco, Les origines de la révolution chinoise, 1915-1949, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 4e éd. augmentée, 2007. – John Fairbank Merle Goldman, Histoire de la Chine, des origines à nos jours, Paris, Tallandier, « Texto », 2019. – Yves Chevrier, La Chine moderne, Paris, PUF, « Que-sais-je », 1983. – Pierre Grosser, L’Histoire du monde se fait en Asie. Une autre vision du XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 2017. – Christian Henriot, Shanghai 1927-1937 : élites locales et modernisation dans la Chine nationaliste, Paris, éd. de l’EHESS, 1991. – Marie-Claire Bergère, Sun-Yat-Sen, Paris, Fayard, 1994 ; Capitalisme et capitalistes en Chine XIXe-XXIe siècles, Paris, Perrin, 2007. – Alain Roux, Chiang Kaï-shek : Le grand rival de Mao, Paris, Payot, 2016. En anglais : – Robert Bickers, Out of China: How the Chinese ended the Era of Western Domination, Londres, Allen Lane, 2017. – Rana Mitter, Modern China. A very short introduction, Oxford University Press, 2008. – Klaus Mühlhahn, Making China Modern: From the Great Qing to Xi Jinping, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2019. – Patrick Fuliang Shan, Yuan Shikai: A Reappraisal, Vancouver, The University of British Columbia Press, 2018. – Jeffrey N. Wasserstrom, The Oxford Illustrated History of Modern China, Oxford, OUP, 2016. – Odd Arne Westad, Restless Empire: China and the World Since 1750, Londres, Basic Books, 2012. Approfondissement bibliographique : – Paul A. Cohen, « Nineteenth-Century China : The Evolution of American Historical Approaches », In : Michael Szonyi (ed.) A Companion to Chinese History, Oxford, John Wiley, 2017 – Hans Van de Ven, China at War. Triumph and Tragedy in the emergence of the New China, 1937-1952, Londres, Profile Book, 2017




59. Revisiter la IIIe République, avec Mathieu Marly
Jun 19 2019 31 mins  
L’invité: Mathieu Marly, chercheur post-doctoral et secrétaire du LabEx EHNE. Le thème : le projet républicain 1870-1914 (nouveaux programmes de Première) La discussion: * Une histoire prise dans des « fantasmes nostalgiques » * La nuance entre « modèle » et « projet » républicain * La tension propre à la IIIe République, entre défense de l’ordre, et défense des libertés * Ne pas idéaliser l’acte de vote sous la IIIe République * La dimension militaire du régime, qui participe de son modèle genré * Une sociabilité politique favorisée par la loi sur les débits de boisson de 1880 * Les meetings politiques (extrait de la chanson de Mac-Nab, « Le grand métingue du métropolitain », par Marc Ogeret) * Un système scolaire à la fois universel et inégalitaire, révélateur des contradictions d’un « habitus national » méritocratique * Une histoire de l’échec scolaire qui reste à faire sous la IIIe République * Une sphère politique qui reste peu ouverte socialement * L’armée comme outil pour discipliner le corps social, à travers notamment ses bagnes coloniaux * La loi de 1905 comme révélateur non seulement du conflit religieux mais aussi de formes d’accommodement entre les catholiques et la République * L’inscription physique et symbolique de la République dans l’espace, et à travers des cérémonies et rituels * Un commentaire de deux documents du début des années 1880 (tableaux d’Alfred Roll et Edouard Detaille, p. 176-177 du manuel Nathan / S. Cote 1e) * Le lien entre République et patriotisme * L’efficacité du projet républicain visible lors de la mobilisation de 1914 Les références citées dans le podcast : – Jean-François Chanet, L’École républicaine et les petites patries, préface de Mona Ozouf, Paris, Aubier, 1996 – Christophe Charle, Les élites de la République, 1880-1900, Paris, Fayard, 1987. – Christophe Charle, La Crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne (1900-1940). Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001. – Paula Cossart, Le meeting politique. De la délibération à la manifestation (1868-1939), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010. – Alain Garrigou, Histoire sociale du suffrage universel en France (1848-2000), Paris, Seuil, 2002. – Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, Perrin, 2009. – Nicolas Mariot, Bains de foule. Les voyages présidentiels en province, 1888-2002, Belin, coll. « socio-histoires », 2006 – Mathieu Marly, Distinguer et Soumettre. Une histoire sociale de l’armée française (1872-1914), à paraître aux Presses Universitaires de Rennes en août 2019. Le conseil de lecture : – Nicolas Mariot, Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Éd. du Seuil, coll. « L’Univers historique », 2013.  


58. L’iconoclasme politique au XIXe siècle, avec Emmanuel Fureix
Jun 12 2019 51 mins  
L’invité : Emmanuel Fureix, maître de conférences à l’Université Paris-est Créteil Le livre : L’œil blessé. Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française, Champ Vallon 2019. La discussion : * Le titre du livre : de qui l’œil est-il blessé, et par quoi ? * Les signes visés par l’iconoclasme politique, et les types d’opérations qui les entourent * Une inquiétude envers les signes politiques, qui produit des sources administratives et judiciaires en particulier * Des témoignages, qui n’émanent que peu des hommes politiques, qui jugent tout cela dérisoire * L’iconoclasme, trace d’autres formes de politisation, et de conceptions de la citoyenneté, que celle qui passe par le vote * Une pratique iconoclaste qui ne s’explique pas seulement par des éléments sociologiques (couches populaires vs. élites) * La monnaie, où s’inscrit la souveraineté, visée par l’iconoclasme * L’imaginaire du régicide visant les Bourbons * Les fleurs et leur gamme chromatique indiquant des appartenances politiques * La croyance en une puissance performative des signes et des gestes qui les visent * La tension entre gestes iconoclastes et sacralisation du patrimoine et de la propriété au XIXe siècle * Un iconoclasme chirurgical à lier à la notion d’« iconoclash » (Bruno Latour) * Un iconoclasme entre spontanéité et le calcul * Le contexte particulièrement troublé des années 1814-1816, et la virulence iconoclaste de la seconde Restauration * Un usage paradoxal et risqué de l’iconoclasme du côté des Bourbons et de leurs partisans * Une autre dimension de ces conflits autour des signes : le défi masculin dans l’espace public * La « recharge iconoclaste » de février 1831 * Quels sens donner à la scène célèbre du « sac des Tuileries » en février 1848 ? * Le surprenant iconoclasme de la République conservatrice de 1849-1851 * Un moment d’iconoclasme un peu oublié : la chute du Second Empire en septembre 1870 * Le rapport entre Paris et province et les moments de diffusion des nouvelles parisiennes à l’origine de pratiques iconoclastes * La violence iconoclaste, substitut à la violence physique ? * Une efficacité des gestes iconoclastes qui semble décroître dans le dernier tiers du XIXe siècle * La faible circulation internationale de l’iconoclasme, à la différence de la barricade. * Les résurgences de l’iconoclasme dans les sociétés contemporaines Les conseils de lecture : – Alain Corbin, Le village des cannibales, Paris, Aubier, 1990. – Emmanuel Fureix, Le siècle des possibles (1814-1914), Paris, PUF, 2014.


57. Historiographie de l’État à l’époque moderne, avec Igor Moullier
Jun 05 2019 40 mins  
L’invité : Igor Moullier, maître de conférences à l’ENS de Lyon Le thème : l’affirmation de l’État en France à l’époque moderne / le modèle britannique au XVIIIe siècle (nouveaux programmes de Seconde) La discussion : * Le regard que porte un moderniste sur le retour de l’histoire moderne, sous une forme plutôt traditionnelle, dans les programmes du lycée (1:15) * L’absolutisme, une notion moins évidente et plus discutée que par le passé (2:50) * Les relectures du règne de Louis XIV, notamment dans l’historiographie anglophone (6:00) * À quoi ressemble l’État moderne, en termes d’effectifs, encore limités ? (7:45) * La place qui reste centrale de la noblesse et d’autres acteurs sociaux même dans une monarchie dite « absolue » (9 :40) * La guerre au cœur des dynamiques d’affirmation de l’État au XVIIe siècle, et depuis la fin du Moyen âge (11:00) * L’impôt comme fil directeur possible d’une partie du programme de Seconde (12:30) * Les relectures de l’histoire britannique, aujourd’hui démythifiée par l’historiographie qui souligne les tensions qui précèdent et accompagnent l’avènement du parlementarisme (16:00) * Les enjeux des complexes révolutions britanniques du XVIIe siècle (19:15) * Les textes et pratiques du parlementarisme britannique (22:45) * Les circulations idéologiques à l’encontre de l’idée d’un “modèle” britannique simplement diffusé (26:25) * Les rapports entre États monarchiques et Églises en France et en Grande-Bretagne (27:15) * Les approches historiques qui ont réfléchi à la dimension spatiale de l’État, à sa maîtrise du territoire (30:25) * Une analyse de l’Habeas corpus de 1679 (33:30) Les références citées dans le podcast: * John Brewer, The Sinews of Power. War, Money and the English State, 1688-1783, Londres, Unwin Hyman, rééd. Routledge, 1994 * Pierre Goubert, Louis XIV et vingt millions de Français, Paris, Fayard, 1966. * Renaud Morieux, Une mer pour deux royaumes, La Manche, une frontière franco-anglaise (XVIIe – XVIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008 * Daniel Nordman, Frontières de France. De l’espace au territoire, XVIe-XIXe siècles, Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1999 Les conseils de lecture : – Fanny Cosandey et Robert Descimon, L’Absolutisme en France. Histoire et historiographie, Paris, Seuil, « Points Histoire »/ »L’histoire en débats », 2002 – James Collins, La monarchie républicaine. État et société dans la France moderne, Odile Jacob, 2016.


56. Quelle histoire dans les manuels scolaires? avec Sébastien Cote, Carole Greffrath et Emmanuelle Picard
Jun 05 2019 64 mins  
Les invité-e-s : Sébastien Cote, professeur en CPGE et directeur de collection de manuels scolaires ; Carole Greffrath, éditrice chez Nathan ; Emmanuelle Picard, maîtresse de conférences à l’ENS de Lyon Les livres : S. Cote et E. Picard (dir.), Regards historiques sur les grandes étapes de la formation du monde moderne ; Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale (Nathan, à paraître en 2019) La discussion : * L’origine du projet de livre d’accompagnement historiographique aux programmes scolaires dirigé par S. Cote et E. Picard (2:10) * L’accès plus facile aujourd’hui aux renouvellements grâce à des ressources électroniques (4:30) * Comment relire de façon novatrice des programmes d’apparence très classiques ? (6:35) * Peut-on faire des manuels et rester critique envers les réformes et les choix ou le fonctionnement de l’institution scolaire ? (9:35) * Les rapports entre monde universitaire et histoire enseignée dans le secondaire, avec des liens transformés et en partie à renouer (12:15) * Les enjeux civiques de l’histoire scolaire : usages publics de l’histoire, rapport à la vérité, place de la méthode historique (17:55) * Les usages multiples et parfois contradictoires des manuels, transformés encore par le passage au numérique, non sans poser problème (20:30) * La distinction à faire entre programmes, manuels, et contenus des cours d’histoire, source de polémiques artificielles (« Verdun ne sera plus enseigné ! ») (25:50) * La place des « points de passage et d’ouverture » et la lourdeur des programmes (30:50) * La méthode historique et les sources à placer au cœur de la pédagogie ? (36:00) * Les contraintes d’écriture et de fabrication d’un manuel (45:25) * Comment sont choisis les auteurs ? Quel rôle pour le directeur ? (52’50) * La prise en compte des troubles « dys » dans les manuels (56’40) * Est-ce que certaines situations d’apprentissage sont testées avant d’être dans les manuels ? (57’50) * Les différents métiers (cartographe, iconographe…) impliqués dans la fabrication d’un manuel (1:00:40) * Comment rappeler dans un manuel que les femmes sont actrices de l’histoire ? (1:02:25)


55. Páscoa et son procès : une esclave entre Afrique et Brésil au XVIIe siècle, avec Charlotte de Castelnau-L’Estoile
May 29 2019 37 mins  
L’invitée : Charlotte de Castelnau-L’Estoile, professeure d’histoire moderne à l’université Paris-Diderot Le livre : Páscoa et ses deux maris. Une esclave entre Angola, Brésil et Portugal, Paris, PUF, 2019. La discussion : * La vie et la condamnation pour bigamie d’une esclave (1:00), avec sa marge de liberté (“agency”) * Un cas trouvé dans les sources inquisitoriales (3:15) * L’inquisition portugaise, machine implacable et minutieuse (5:35) * Les regards critiques portés par les voyageurs étrangers à l’époque moderne sur la société brésilienne, remarquant la prégnance d’une religiosité baroque et de l’esclavagisme (9:15) * La structure de l’empire portugais entre Europe, Afrique et Brésil (10:35) * Les spécificités de l’esclavage en Angola, et ce qu’on peut savoir du statut de Páscoa (13:45) * L’Angola, dans un entre-deux linguistique et culturel (19:50) * La bigamie comme véritable « crime de l’empire » du fait des circulations dans cet espace (22:20) * Pourquoi l’Église et l’Inquisition accordent-elles tant d’importance au mariage des esclaves ? (23:35) * Les actions et réactions de Páscoa qui fait face à la procédure dirigée contre elle : contre-enquête, réactivation de réseaux, capacité à bâtir une défense et une argumentation (26’35) * La contradiction entre conception économique de l’esclavage (comme chose) et le mariage des esclaves (sacrement indissoluble) (28:40) * La fin de cette histoire avec le retour de Páscoa au Brésil, et dans sa condition d’esclave (30:35) * Les enjeux éthiques et méthodologiques qu’implique l’écriture de cette histoire (33:15) Les conseils de lecture : – Le “roman documentaire” de Thorkild Hansen en trois volumes, dont deux traduits (Actes sud): La Côte des esclaves (1990), Les bateaux négriers (1996). – Gisli Palsson, L’homme qui vola sa liberté. Odyssée d’un esclave, Gaïa éditions, 2018.


54. Émotions dans le monde savant, avec Françoise Waquet
May 24 2019 49 mins  
L’invitée : Françoise Waquet, directrice de recherche émérite au CNRS Le livre : Une histoire émotionnelle du savoir, XVIIe-XXIe siècle, Paris, Éditions du CNRS, 2019. La discussion : * L’histoire des émotions dans le fil d’un parcours de recherche centré sur les savants (1:00) * Entrée en matière : l’émotion de l’agrégé de Lettres Pierre-Maurice Masson devant sa thèse achevée en 1916 (2:30) * Des émotions situées : avec des collègues, des supérieurs, des instruments, un corps… (4:45) * Des émotions malgré un idéal savant d’objectivité, passant par des publications normées avec une façade lisse et dépourvue d’émotions, notamment en sciences « dures » avec le modèle IMRAD (Introduction, materials and methods, results and discussion) pour les articles (6:00) * Pour trouver les émotions des chercheurs : deux types de sources : ego-documents (lettres, récits, remerciements…) et rapports sur la condition des chercheurs et chercheuses (10:25) * Un « tournant réflexif » des sciences humaines depuis les années 1980, et la multiplication de textes d’« ego-histoire » (15:05) * Les émotions, la recherche et la question du masculin / féminin (16:30) * Les émotions positives : admirations et chocs devant des rencontres de livres ou de personnalités admirées (19:10) * L’attachement aux lieux de travail, comme les laboratoires (21:25) * Le choc émotionnel que fut, en France, le passage de l’ancienne Bibliothèque nationale (salle Labrouste, rue de Richelieu) au site de la BNF-Tolbiac (23:00) * Les bouleversements liés à l’arrivée de l’ordinateur, entre émerveillement et craintes, puis « computer anxiety » et « computer rage » (29:00) * Les émotions négatives liées aux difficultés de recrutement, à travers les campagnes de Marc Bloch et Lucien Febvre au Collège de France (34:20) * La perte d’une bibliothèque et de papiers, douleur pour un chercheur ou une chercheuse (41:30) * Le manque de reconnaissance des « petites mains » ayant travaillé aux grandes enquêtes collectives des années 1960-1970 (43:45) Les références citées dans le podcast : – Etienne Anheim, Le travail de l’Histoire, Publications de la Sorbonne, 2018. – Marc Bloch et Lucien Febvre, Correspondance, édition de Bertrand Müller, Fayard, 3 vol. – Patrick Boucheron, Faire profession d’historien, Publications de la Sorbonne, 2010. – Lorraine Daston, Peter Galison, Objectivité, Les presses du réel, 2012. – Philippe Descola, Les Lances du crépuscule : relations Jivaros. Haute-Amazonie, Paris, Plon, « Terre humaine », 1993. – Arlette Farge, Le goût de l’archive, Paris, Seuil, 1989. – François Jacob, La statue intérieure, Paris, Odile Jacob, 1987. – Michel Perrin, Le chemin des Indiens morts : mythes et symboles guajiro, Payot, 1976. – Dossier « Bibliothèque nationale de France : expériences vécues », Le Débat, 1999/3 (n° 105) – Article sur la controverse liée à l’ouverture de la BNF-Tolbiac Le conseil de lecture : – Jean Rouaud, Kiosque, Paris, Grasset, 2019.



53. Revoir “Le Nom de la Rose”, avec Elisabeth Lusset
May 15 2019 58 mins  
L’invitée: Elisabeth Lusset, chargée de recherche au CNRS F. Murray Abraham, Michael Lonsdale, Sean Connery, Umberto Eco et Jean-Jacques Annaud sur le tournage du Nom de la Rose Le film: Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud (1986), d’après le roman d’Umberto Eco La discussion: * Présentation générale et résumé du film (1:30) * L’origine du projet et le rôle des médiévistes comme conseillers historiques: Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt, Michel Pastoureau, Françoise Piponnier…(5:45) * Le casting et le choix discuté de Sean Connery (10:40) * Les décors et les inspirations pour l’abbaye, mélange de différents sites: Eberbach, Rocca di San Leo, Sagra di San Michele, Castel del Monte… (12:20) * Pourquoi une statue baroque dans un film médiéval ? (14:15) * La réception critique et publique du film (15:40) * Un roman d’Umberto Eco presque impossible à mettre à l’écran (17:55) * La réaction furieuse de Jacques le Goff à la vision du film, et l’écart ou la tension entre cinéastes et historiens (21:20) * Une représentation du Moyen âge en partie juste, mais largement fantasmée (22:50) * La mise en scène d’un monastère bénédictin, et de ses rapports avec les paysans montrés comme misérables et exploités (24:25) * Le discours idéologique ou politique du film, et l’Église dépeinte comme instance de domination (26:00) * L’origine des franciscains, et des accusations d’hérésie portées contre certains ordres ou groupes religieux: Dolciniens, Spirituels… (31:50) et la mise en scène des affrontements religieux dans le film (37:20) * La représentation de la vie monastique et la crainte du scandale face aux transgressions (38:20) * Enquêtes, autopsies et poisons au Moyen âge (41:00) * Peut-on torturer un moine médiéval, comme le suggère Bernardo Gui dans le film ? (43:40) * La question de l’abstinence des clercs (45:40) * L’anglais comme équivalent du latin dans le film, et le jeu sur les origines géographiques des personnages, avec le monastère comme lieu d’accueil (46:40) * Livres, scriptorium, bibliothèques (49:35) * Un Moyen âge dépeint sous des couleurs sombres, issu d’un imaginaire gothique / romantique: bossu, procès d’une « sorcière »… (52:33) * Guillaume de Baskerville comme incarnation du versant positif, rationnel, du monde médiéval, par opposition au fanatisme de l’inquisiteur (moins sanguinaire dans la réalité) et du bibliothécaire (54:20) * Les scènes les plus intéressantes d’un point de vue pédagogique ou pour ce qu’elles révèlent de la vision contemporaine du Moyen âge (55:40) Les références et conseils de lecture : Sur le film : – Jean-Jacques Annaud, Une vie pour le cinéma, entretiens avec M.-F. Leclère, Paris, Grasset, 2018 – Priska Morrissey, Historiens et Cinéastes : rencontre de deux écritures, Paris, l’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2004. – Jacques Le Goff, Une vie pour l’histoire: entretiens avec Marc Heurgon, Paris, La Découverte, 1996. – Michel Pastoureau, « La collaboration historique au cinéma: entretien avec Michel Pastoureau », Revue de l’Association historique des élèves du lycée Henri-IV : L’émoi de l’histoire, 21, tome 1, printemps 2000, p. 6-23. En histoire médiévale, pour l’éclairer : – “Le cloître et la prison”: webdocumentaire sur l’enfermement à Clairvaux – François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004. – Franck Collard, Le Crime de poison au Moyen Âge, Paris, PUF (« Le nœud gordien »), 2003. – Faustine Harang,


52. L’esclavage médiéval, avec Sandrine Victor
May 08 2019 44 mins  
L’invitée : Sandrine Victor, maître de conférences à l’institut universitaire d’Albi Le livre : Les fils de Canaan. L’esclavage au Moyen âge, Paris, Vendémiaire, 2019. La discussion : Sur l’esclavage médiéval – l’origine du livre et la curiosité pour la présence des esclaves sur les chantiers médiévaux ; la présence parfois effacée de l’esclavage dans l’historiographie ; les grands débats portant sur le Moyen âge comme sortie de l’antiquité esclavagiste ; l’ambiguïté fondamentale du vocabulaire médiéval de l’esclavage et les difficultés qu’il pose aux historien·ne·s ; la phase initiale du Haut moyen âge où les codes barbares attestent le maintien de l’esclavage ; une définition de l’esclavage et les distinctions à faire avec le servage, en particulier de provenance géographique ; la distinction entre société esclavagiste et société à esclaves ; la difficile quantification de la part des esclaves ; le regard porté sur la Méditerranée médiévale, central pour le dossier de l’esclavage, et la géographie du trafic avec ses plaques tournantes (Verdun, Gênes…) ; les continuités entre esclavage médiéval et traite moderne se développant au XVIe siècle ; la place des esclaves dans la vie économique, en ville en particulier ; les justifications données à l’esclavage, sur le plan religieux notamment ; les possibilités d’affranchissement, limitées par un stigmate persistant ; la rareté des révoltes serviles. Sur l’incendie de Notre-Dame – le choc provoqué par l’incendie ; les possibilités qu’il offre pour renouveler les connaissances ; la nécessité de prendre le temps de l’étude, de la réflexion et du débat pour savoir que qui pourra / devra être reconstruit. Les conseils de lecture : -Olivier Grenouilleau, Qu’est-ce que l’esclavage? Une histoire globale, Paris, Gallimard, 2014. -Fabienne Guillen, Salah Trabelsi (dir.), Les esclavages en Méditerranée. Espaces et dynamiques économiques, Madrid, Casa de Velazquez, 2012. -Philippe Bernardi, Bâtir au Moyen âge, Paris, CNRS éditions, 2011.


51. Délices du feu et morsures du froid dans la France d’Ancien régime, avec Olivier Jandot
Apr 24 2019 44 mins  
L’invité : Olivier Jandot, agrégé et docteur en histoire moderne, enseignant au lycée Gambetta-Carnot d’Arras et à l’Université d’Artois Le livre : Les délices du feu. L’homme, le chaud et le froid à l’époque moderne, Champ Vallon, 2018. La discussion : l’effort de contextualisation et d’imagination à produire pour comprendre les notations du passé concernant le froid et l’hiver ; le « grand hiver » de 1709 et les raisons de sa notoriété ; la nécessité de croiser les sources (médicales, du for privé) pour comprendre ce rapport au froid, et l’utilisation des sources iconographiques, en lien avec les travaux des médiévistes ; la vulnérabilité face au froid des sociétés anciennes, illustrée par la régularité des morts de froid ; l’absence d’isolation thermique de l’habitat ancien, compensée par des « espaces gigognes » ; la fracture géographique et culturelle entre cheminées et poêles ; la nécessité d’économiser le bois, et de se chauffer avec des combustibles de substitution ; un enjeu social qui s’aggrave avec une crise forestière perçue au XVIIIe siècle ; les instruments de chauffage portatifs ; la persistance de ce rapport au froid tard au XXe siècle, illustrée par la chanson « Bonhomme » de Georges Brassens (1958, extrait sonore) avec le bois mort, « chauffage du pauvre » ; un rapport à la chaleur socialement différencié mais qui touche aussi les puissants ; a chaleur humaine et animale comme solution face au froid ; l’évolution majeure décelable au XVIIIe siècle à partir notamment de la Mécanique du feu de Nicolas Gauger (1713) ; la circulation des savoirs (Benjamin Franklin) avec une prise en compte scientifique de la chaleur ; un discours critique sur la demande sociale de chaleur, lisible chez Rousseau par exemple. Musique de générique : Henry Purcell (livret de John Dryden), King Arthur, 1691, interprété par le Deller Consort (Nigel Beavan, basse), acte III, « Air du froid » COLD GENIUS What power art thou, who from below Hast made me rise unwillingly and slow From beds of everlasting snow? See’st thou not how stiff and wondrous old, Far unfit to bear the bitter cold, I can scarcely move or draw my breath? Let me, let me freeze again to death. Les conseils de lecture : – André Bucher. Déneiger le ciel. Sabine Wespieser, 2007. – Françoise Waquet, Histoire émotionnelle des savoirs, CNRS, 2019.  


50. Sport et création artistique à l’époque soviétique, avec Julie Deschepper et Sylvain Dufraisse
Apr 17 2019 57 mins  
Les invités : Julie Deschepper, doctorante à l’Inalco ; Sylvain Dufraisse, maître de conférences à l’Université de Nantes L’exposition et le livre: “Rouge. L’art au pays des soviets” (Grand Palais, jusqu’au 22juillet 2019) Les héros du sport. Une histoire des champions soviétiques (années 1930 – années 1980), Champ Vallon, 2019. La discussion : pourquoi il faut voir l’exposition « Rouge », d’une grande richesse en termes d’œuvres exposées, et de variété de formes artistiques (1’) ; un art qui ne se réduit pas à ses dimensions officielles ou « totalitaires » (3’) ; parmi ces œuvres, celles consacrées aux corps, allant de la biomécanique de Meyerhold à la promotion de la vigueur physique (5’) ; d’autres qui illustrent la violence stalinienne (7’10) ; la césure muséographique entre 1er niveau de l’exposition (années 1920) et second niveau (années 1930) à interroger (8’50) ; la complexité des années 1930 avec l’ouverture aux loisirs « modernes » comme le parachutisme (10’15) ; le concept moins simple qu’il n’y paraît de « réalisme socialiste » (13’40) ; certaines continuités entre les années 1920 et 1930 en matière de figuration et de représentation (18’40) ; l’accent bienvenu mis sur l’architecture et l’espace public dans l’exposition (21’) ; les reconfigurations de la ville socialiste dans un contexte de pénuries de logements (24’) ; les artistes et sportifs comme « promus » (Nicolas Werth) dans la société soviétique (27’15) ; le concept de kultur’nost ou de « civilisation » soviétique ; les contradictions du sport de compétition dans une société collectiviste (30’) ; la nécessité d’éviter une lecture trop monolithique du régime soviétique, pour comprendre les discussions ou compétitions entre organes (34’35) ; la façon dont l’URSS se construit au contact de l’étranger et de l’Ouest (avec le fait de quitter ou de rejoindre les fédérations sportives « bourgeoises » ou le CIO) (41’30) ; l’URSS qui attire des sportifs « marginaux » comme Jules Ladoumègue dans les années 1930 (43’) ; les problèmes que posent les voyages des sportifs soviétiques à l’étranger (46’) ; un retour critique sur l’idée de « stagnation » à l’ère brejnevienne (51’10), les conseils de lecture. Les références citées dans l’émission : – « Rouge ! L’art au pays des soviets », documentaire d’Arte (A. Minard) – Michael David-Fox, Showcasing the Great Experiment. Cultural Diplomacy and Western Visitors to the Soviet Union, 1921‑1941, Oxford University Press, 2012. – Sabine Dullin, La frontière épaisse. Aux origines des politiques soviétiques (1920-1940), Paris, Éditions de l’EHESS, 2014. – Marc Elie et Isabelle Ohayon, « L’expérience soviétique à son apogée », Cahiers du monde russe, 54/1-2, 2013. – Emila Koustova, « Les fêtes révolutionnaires russes entre 1917 et 1920. Des pratiques multiples et une matrice commune », Cahiers du monde russe, 47/4, 2006. – Cécile Pichon-Bonin, Peinture et politique en URSS : l’itinéraire des membres de la Société des artistes de chevalet (1917-1941), Dijon, Les Presses du réel, 2013. – Travaux de Valérie Pozner sur le cinéma Les conseils de lecture : – Ilf et Petrov, Le veau d’or – Gianni Haver, Jean-François Fayet, Valérie Gorin, Emilia Koustova (dir.), Le spectacle de la Révolution. La culture visuelle des commémorations d’Octobre, Lausanne, Antipodes, coll. « Univers visuels », 2017 – Sheila Fitzpatrick,


49. “Game of Thrones” et l’histoire, avec Aurélie Paci
Apr 13 2019 49 mins  
L’invitée : Aurélie Paci, doctorante à l’université Paris-I en histoire de la Mésopotamie antique, vice-présidente de l’association « La garde de nuit » L’œuvre : la série de livres A Song of Ice and Fire (Le trône de fer) de George R. R. Martin, adaptée à l’écran par HBO sous le titre Game of Thrones La discussion : est-ce bien sérieux de s’intéresser à Game of Thrones en histoire ? ; les sources d’inspiration de George R. R. Martin, à la fois en histoire et dans les romans historiques, dont Les Rois maudits de Maurice Druon et les livres de Thomas Costain (5:05) ; la « guerre des Roses » en Angleterre à la fin du XVe siècle comme parallèle majeur avec le début de l’intrigue (11:50) ; la géographie historique de l’univers de G. R. R. Martin (16:00), faisant coexister des périodes historiques avec leurs codes et stéréotypes : Westeros, continent médiévalisant (16:50) / Essos, continent où se mêlent références à la Grèce antique et à la Mésopotamie (18:55) ; les thèmes complémentaires de l’esclavage et de la barbarie (23:00) ; une série fictionnelle qui donne très peu de place aux enjeux sociaux et simplifie l’image des révoltes (24:10) ; à l’inverse la volonté de l’auteur de s’éloigner de certaines simplifications propres à la fantasy (25:50) ; les barbares cavaliers Dothraki, inspirés des Huns ou des Scythes (27:15) ; la mort de Viserys et ses références antiques: mort de Crassus ; mort d’Aquilius à qui Mithridate VI fait verser de l’or fondu dans la bouche (30:05) ; le Mur comme écho au mur d’Hadrien (33:50) ; les mécanismes historiques travaillés par la série, en particulier les enjeux dynastiques et la construction des légitimités (35:50), mais aussi la question du pouvoir à distance (39:45) ; la question de l’impôt, quasi absente de la série (42:20) ; l’histoire interne à la narration et l’idée d’un temps historique travaillé au sein même de l’œuvre (43:55) ; Samwell Tarly comme « historien » et avatar de l’auteur ? (45:50) Les références mentionnées ou conseillées : – site de l’association La Garde de Nuit – l’indispensable podcast Binge Mode – Carolyne Larrington, Winter is coming : Les racines médiévales de Game of Thrones, Paris, Passés/composés, 2019 – Besson A., « Le Trône de fer, les routes sans fin d’un univers en expansion », Fabula / Les colloques, Voyages imaginaires et récits des autres mondes (XIXe-XXIe siècles), (disponible sur internet : http://www.fabula.org/colloques/document4817.php …) – Besson A. (ed.), Dictionnaire de la fantasy, Vendémiaire, 2018. – Besson F., Kikuchi C., Troadec C., « Les Moyen Âge de Game of Thrones », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 28, 2014, p. 479-507. – Blanc W., « Game of Thrones. Au-delà du réel. » dans Mathieu Potte-Bonneville (dir.) Game of Thrones, série noire, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2015, p. 57-71. – Breton J., « Game of Thrones comme réécriture ponctuelle de The Sword in the Stone : enjeux et limites d’une intertextualité latente », 2015. – Rolet S., « L’Antiquité dans Game of Thrones (HBO, 2011-) : une présence polysémique », dans F. Bièvre-Perrin et É.


48. Intimités catholiques au XIXe siècle, avec Caroline Muller
Apr 10 2019 36 mins  
L’invitée : Caroline Muller, maîtresse de conférences à l’Université de Rennes-2. Le livre : Au plus près des âmes et des corps. Une histoire intime des catholiques au XIXe siècle, Paris, PUF, 362 p., 2019. La discussion : la direction de conscience, une pratique sociale et religieuse qui se constitue au XIXe siècle ; une Église très préoccupée des « mauvaises lectures » ; la constitution d’un corpus de sources et ses difficultés, à travers notamment les fonds de l’Association pour l’autobiographie ; la façon de décrypter les correspondances formant le matériau de l’ouvrage, et les vertus de la lassitude dans la lecture des sources ; faire l’histoire du catholicisme en devant s’approprier de l’extérieur les codes et les vocabulaires de la religion ; le paradoxe d’une pratique religieuse qui ouvre des marges de liberté aux femmes qui y ont recours ; l’ancrage social de ce travail au sein des élites sociales ; des ressemblances avec la relation contemporaine à un « psy » ; la complexité des relations ainsi nouées entre ces hommes et ces femmes, et le cas de l’exubérante Marie Rakowska ; l’importance des arrangements matrimoniaux, et la place attribuée au mariage d’« amour » ; les problèmes de sexualité qui affleurent dans ces sources ; le comptage (des coïts, des masturbations…) comme instrument de l’écriture de soi ; les évolutions diachroniques décelables dans le corpus ; les choix d’écriture qui ont présidé à la thèse et au livre. Les références citées dans le podcast : – Loïc Artiaga, Des torrents de papier. Catholicisme et lectures populaires au xixe siècle, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2007. – Guillaume Cuchet, Faire de l’histoire religieuse dans une société sortie de la religion, Paris, Publications de la Sorbonne (« Itinéraires », 4), 2013. – Isabelle Matamoros, Mais surtout, lisez ! Le conseil de lecture : Hélène Dumas, Le génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda, Paris, Seuil, 2014.


47. Pleurer dans l’antiquité romaine, avec Sarah Rey
Apr 03 2019 28 mins  
L’invitée : Sarah Rey, maître de conférences en histoire antique à l’Université de Valenciennes. Le livre : Les larmes de Rome. Le pouvoir de pleurer dans l’Antiquité, Paris, Anamosa, 2018.La discussion : l’origine du travail, dans une lecture continue de Tacite ; Le vocabulaire latin des larmes, très varié ; les difficultés méthodologiques pour accéder aux pleurs réels via des textes ; la faible figuration iconographique des larmes ; la figure de Cornelia, la mère des Gracques, capable de ne pas pleurer ; le deuil (funus) et l’impératif des pleurs ; des larmes inappropriées, comme celles de l’empereur Hadrien sur Antinoüs ; une législation sur les larmes ?; des larmes de Rome au miroir de celles des Grecs ; une « diplomatie des larmes » entre Rome et les autres peuples ; un idéal aristocratique de mesure des larmes ; une « transparence affective » réussie par Auguste ; l’art oratoire comme manière de déployer ou de susciter des larmes ; une mort romaine réussie, lorsque les larmes sont correctement retenues ; quelles évolutions diachroniques dans la façon de pleurer ?; la christianisation des larmes et des codes émotifs à la fin de l’antiquité. Les conseils de lecture : Piroska Nagy, Le don des larmes au Moyen Age. Un instrument spirituel en quête d’institution, Ve-XIIIe siècle, Paris, Albin Michel, 2000 ; Dominique Noguès, L’interruption, Paris, Flammarion, 2018.


46. L’histoire comme émancipation, avec Laurence De Cock, Mathilde Larrère et Guillaume Mazeau
Mar 27 2019 44 mins  
Les invité-e-s : Laurence de Cock (professeure en lycée), Mathilde Larrère (MCF à l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée) et Guillaume Mazeau (MCF à l’Université Paris-I) Le livre : L’histoire comme émancipation, Agone / Aggiornamento Histoire-géographie, 2019. La discussion : le sens à donner au titre du livre, « l’histoire comme émancipation » (1:00) ; la défense d’une histoire qui peut être à la fois engagée et scientifique (4:30) ; la méthode historique qui peut elle-même être émancipatrice (6:20) ; ne pas substituer un « roman de gauche » au « roman national » (10:00) ; l’importance du travail historique pour faire exister les dominé-e-s ou « invisibilisé-e-s » de l’histoire (12:00) ; les années 1980 comme point de bascule d’une politisation de l’histoire, réactivant une histoire conservatrice (14:00) ; un exemple d’invisibilité récente : l’histoire des paysans (16:45) ; un contexte qui amène à chercher des façons d’opposer des propositions aux récits dominants ou simplificateurs (18:10) ; l’espace de la vulgarisation qu’il ne faut pas abandonner (19:30) ; l’impératif pédagogique, lié à l’émancipation, et qui ne va pourtant pas de soi dans le métier historien (24:30) ; un livre qui constitue à la fois un manifeste et l’exposition de propositions et de tâtonnements (26:20) ; le nécessité pour les historiennes et les historiens de « redistribuer » le capital culturel (28:40) ; pour cela, un travail qui peut se confronter à d’autres formes, comme le travail théâtral (30:50) ; un retour sur la polémique liée à la (fausse) disparition de Verdun dans les programmes scolaires (36:00) ; l’histoire comme mise à distance de soi-même, permettant aussi le désaccord et le débat (40:20). Les précédentes émissions : sur l’enseignement de l’histoire, avec Laurence De Cock ; autour de 1848, avec Mathilde Larrère et Romain Duplan ; sur le dictionnaire “Maitron” avec Paul Boulland.


45. La série “Rome”, ses choix visuels et sa représentation de la société romaine, avec Vivien Barrière, Victor Faingnaert et Clément Salviani
Mar 20 2019 70 mins  
Cliquer ici pour écouter le premier volet de l’émission, consacré aux origines de la série et à son contexte de production. La série : Rome (HBO / BBC, 2005-2007) Les invités : Vivien Barrière, MCF en histoire et archéologie à l’université de Cergy ; Victor Faingnaert, doctorant à l’université de Caen ; Clément Salviani, doctorant à l’INHA La discussion : les aspects visuels de la reconstitution de Rome ; le jeu sur l’intérieur et l’extérieur, la domus et la rue ; la façon dont la vie d’un quartier, l’Aventin, est restituée, avec ses liens sociaux et sa criminalité ; les clins d’œil aux films de gang et de mafia ; le vêtement comme source de distinction sociale ; le conflit populares / optimates et les rapports complexes entre grandes familles romaines, parfois un peu simplifié à l’écran ; Pullo et Vorenus comme incarnation de deux tendances au sein de la société romaine ; la représentation de l’esclavage, très frontale ; une série hypersexualisée, au détriment des personnages féminins, mais aussi d’un Auguste caricatural sur ce plan ; le cosmopolitisme de Rome, le rapport orient-occident, et les représentations outrées de l’Égypte lagide ; la scène clef : « He was a consul of Rome ! » ; la façon dont les rituels romains sont mis en scène, notamment les rites de damnation (defixio) ; le rapport à la mort et au suicide des personnages ; nos scènes préférées ou, à l’inverse celles qu’on peut penser ratées du point de vue historique ; quelle période de l’histoire romaine faudrait-il adapter en série ou en film ?





43. L’internationalisme ouvrier au XIXe siècle, avec Nicolas Delalande
Mar 13 2019 51 mins  
L’invité : Nicolas Delalande, professeur au Centre d’histoire de Sciences Po Le livre : La Lutte et l’entraide. L’Âge des solidarités ouvrières, Paris, Seuil, « L’univers historique », 2019.La discussion : comment on passe d’une histoire de l’impôt, de l’État, à celle de l’internationalisme ouvrier (1’05) ; l’inscription dans l’histoire transnationale et dans celle de la première mondialisation du XIXe siècle, où le mouvement ouvrier est directement confronté à l’ouverture des échanges (3’02) ; la relecture d’une historiographie élaborée en partie dans les années 1960-1970 et marquée alors par des questionnements surtout idéologiques et politiques (5’05) ; une première internationale marquée par des solidarités de métier (7’00) ; le paradoxe central travaillé par le livre : comment s’organiser, sur le plan financier notamment, sans reproduire l’institutionnalisation du monde bourgeois ? (8’50) ; l’imprégnation paradoxale des syndicalistes anglais par la morale victorienne en matière de rapport à l’argent et de respectabilité (11’05) ; l’invention d’une solidarité ouvrière distincte de la charité ou de la philanthropie (13’20) ; le moment qui suit l’écrasement de la Commune comme mise à l’épreuve de ces pratiques (16’50) ; l’importance du crédit dans l’imaginaire et les pratiques socialistes de l’époque (18’10) ; l’extrême importance de la question migratoire dans la mise en place de l’internationalisme ouvrier, faisant écho aux débats actuels sur les « travailleurs détachés » ou le « dumping social » (22’20) ; la centralité de Londres, tant pour le capital que pour les militants ouvriers et révolutionnaires, et la fidélité des autorités britanniques au droit d’asile (27’07) ; les malentendus et les difficultés pratiques de l’internationalisme, face en particulier à la construction des États-nations (30’15) ; les débats sur la grève générale illustrant ces divergences (33’15) ; les mutations géographiques du second internationalisme des années 1880-1890, les États-Unis voire les colonies devenant des espaces à prendre en compte, compliquant le jeu des solidarités (37’30) ; dans quelle mesure les préoccupations contemporaines ont joué dans l’écriture du livre (42’55) ; l’adoption d’enfants comme pratique marquante de solidarité dès les années 1860-1870, réutilisée ensuite dans des contextes guerriers (travaux de Célia Keren sur la guerre d’Espagne) (45’15). Le conseil de lecture : Mark Mazower, What You Did Not Tell: A Russian Past and the Journey Home, Londres, Allen Lane, 2017.


42. L’opposition aux vaccins (XVIIIe-XIXe s.), avec Laurent-Henri Vignaud
Mar 06 2019 41 mins  
L’invité : Laurent-Henri Vignaud, Maître de conférences à l’université de Bourgogne Le livre : Antivax. La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, Tallandier, 2019. La discussion : la défiance française envers les vaccins (1’) ; le contexte du XVIIIe siècle où la variole est d’une grande dangerosité (2’) ; les pratiques d’inoculation contre la variole, venues de l’empire ottoman (3’30) ; les craintes liées à une pratique contre-intuitive, consistant à introduire la maladie dans l’organisme pour s’en prémunir, à une époque où l’on ne connaît pas les micro-organismes (5’05) ; les raisonnements des mathématiciens des Lumières soutenant l’inoculation, et les dilemmes de la protection individuelle / collective (7’55) ; la pratique de l’inoculation en lien avec les statuts sociaux des médecins, chirurgiens, barbiers (10’15) ; l’intérêt des élites pour cette pratique, mais des expérimentations faites sur des populations reléguées et dominées comme les prisonniers (11’50) ; ainsi, l’inoculation presque systématique des esclaves (14’00) ; des interrogations redoublées par la vaccination mise au point par Jenner à la fin du XVIIIe siècle (15’15) ; les craintes de la « minotaurisation » et les premiers opposants aux vaccins (17’30) ; l’enrichissement de Jenner ou Pasteur comme objet de soupçon, thème structurant du discours anti-vaccinal (18’50) ; les questions d’identité nationale qui font parfois obstacle aux vaccins, à l’époque napoléonienne notamment (20’05) ; une hostilité à la vaccination qui relève plus largement d’une défiance envers l’État, dans les campagnes en particulier (21’25) ; la Grande-Bretagne comme lieu maximal des conflits autour de la vaccination, faisant éclore des débats sur l’habeas corpus et l’objection de conscience (22’45) ; des liens entre mouvements ouvriers et antivaccinisme (26’35) ; et même avec le féminisme (28’30) ; le nouveau contexte de la médecine pastorienne, qui suscite des résistances importantes, et les méthodes parfois peu avouables de Pasteur (30’20) ; l’accident vaccinal comme argument des opposants aux vaccins, et la naissance de l’idée de consentement des patients dans les années 1930 (33’50) ; les liens entre antivaccinisme et thérapies « alternatives », ainsi que la perméabilité partielle du nazisme à l’antivaccinisme (36’50) ; le moment de l’après-Grande Guerre comme apogée de l’obligation vaccinale, dans la sphère militaire mais aussi coloniale (38’45). Les références citées : – Yves-Marie Bercé, Le Chaudron et la lancette : croyances populaires et médecine préventive, 1798-1830, Paris, Presses de la Renaissance, 1984. – Grégoire Chamayou, Les corps vils. Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles, La Découverte, coll. « Les empêcheurs de penser en rond », 2008. – Pierre Darmon, La longue traque de la variole : les pionniers de la médecine préventive, Paris, Perrin, 1985. – Catriona Seth, Les rois aussi en mouraient. Les Lumières en lutte contre la petite vérole, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « L’esprit des lettres », 2008.“The cow-pock, or : The wonderful effects of the new inoculation”, caricature de James Gillray (1802) Le conseil de lecture : Nadia Durbach, Bodily Matters: The Anti-Vaccination Movement in England, 1853-1907, Durham, Duke UP, 2005.


41. Raïssa Bloch, une médiéviste dans la tourmente du premier XXe siècle, avec Agnès Graceffa
Feb 27 2019 46 mins  
L’invitée : Agnès Graceffa, historienne médiéviste (musée de la Résistance de Bruxelles) Le livre : Une femme face à l’histoire. Raïssa Bloch, Saint-Pétersbourg-Auschwitz (1898-1943), Paris, Belin, 2016. La discussion : les origines du travail et la collecte des archives privées concernant Raïssa Bloch (1’15) ; le parcours de Raïssa Bloch qui débute dans une famille de la bourgeoisie juive de Saint-Pétersbourg (4’30) ; la possibilité des études universitaires pour les femmes en Russie à l’époque (6’50) ; le foisonnement artistique des débuts de l’URSS auquel participe Raïssa Bloch (8’06) ; du fait notamment de ses capacités linguistiques (10’20) ; la confrontation avec l’arbitraire du pouvoir soviétique et son arrestation (11’25) ; un premier exil en Allemagne, où vit une énorme communauté russe émigrée (14’20) ; les relations de Raïssa Bloch avec Vladimir Nabokov / Sirine (16’25) ; son insertion dans la médiévistique allemande, via les Monumenta Germaniae Historica et la réalisation de sa thèse sur Léon IX (21’) ; un statut d’ « intellectuelle précaire », reléguée à des tâches d’érudition fastidieuse (23’15) ; l’aide en France de Ferdinand Lot et son rôle pour intégrer Raïssa Bloch, auprès des médiévistes français, à qui elle apporte sa connaissance de l’Allemagne (27’30) ; en Allemagne, la montée du nazisme et les difficultés qu’elle rencontre (32’45) ; une vie plus difficile encore en France occupée, face aux persécutions, avec l’arrestation de son mari (35’50) ; son passage dans la clandestinité, son action dans l’OSE auprès d’enfants, et sa propre arrestation (40’40) ; leur souvenir entretenu par leurs proches (43’15). Le conseil de lecture : Jean-Michel Chaumont, Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes, Paris, La Découverte, 2017.


40. Poésie et politique: Le Roman inachevé d’Aragon, avec Romain Ducoulombier
Feb 20 2019 43 mins  
L’invité : Romain Ducoulombier, historien et enseignant L’œuvre discutée : Louis Aragon, Le roman inachevé, 1956 La discussion : le contexte de l’année 1956 et d’une remise en question du stalinisme, avec notamment le rapport secret de Khrouchtchev au XXe Congrès du PCUS (2’25) ; la position intellectuelle et politique d’Aragon à cette date (4’35) ; le statut du recueil, entre roman, autobiographie, fiction (7’05) ; les thèmes du masque, du double, et les formes de dérobade dans l’ouvrage (9’25) ; l’importance du long séjour en URSS dans les années 1930 (12’20) ; un rapport au communisme marqué par une tension vers l’avenir (13’45) ; l’absence de Staline du recueil (15’50) ; l’importance de la Grande Guerre pour Aragon (17’50) ; ses origines familiales complexes et déguisées (21’30) ; un passage dans les troupes d’occupation en Allemagne (22’50) ; la période surréaliste (24’30) ; l’entrée en communisme vécue sur le mode de la croyance (27’45) ; la tension entre engagement politique et expérience amoureuse, avec Elsa Triolet (29’45) ; la présence de la Résistance dans le recueil, à travers en particulier les “Strophes pour se souvenir” (32’40) ; l’évocation du 6 février 1934 et du Front Populaire (37’25) ; les formes de désenchantement vis-à-vis du communisme (39’50). Les références citées dans l’émission: – colloques lycéens : Héros et monstres ; Rêves et cauchemars – Romain Ducoulombier, Histoire du communisme, Paris, PUF, “Que sais-je?”, 2014. – Romain Ducoulombier et Jean Vigreux (dir.), Le PCF, un parti global (1919/1989). Approches transnationales et comparées, Dijon, Editions Universitaires de Dijon, 2019. Les conseils de lecture : – Nicolas Patin, Krüger, un bourreau ordinaire, Paris, Fayard, 2017. – Fabrice Grenard, Une légende du maquis: Georges Guingouin, du mythe à l’histoire, Paris, Vendémiaire, 2018.  


39. Perte et transmission des textes antiques, avec Florian Barrière
Feb 13 2019 39 mins  
L’invité : Florian Barrière, maître de conférences en langue et littérature latines à l’université de Grenoble-Alpes La discussion :la proportion des textes antiques perdus / qui ne nous sont pas parvenus (0’45) ; la façon dont on connaît, par traces et « tradition indirecte », les textes dont on ne dispose pas (3’45) ; l’idée, plutôt erronée, d’une destruction ponctuelle et catastrophique, et l’histoire plus compliquée qu’on ne le pense souvent de la bibliothèque d’Alexandrie (5’20) ; les mutations du IIIe siècle, avec notamment le passage du volumen (rouleau) au codex (7’00) ; la transmission des textes due à leur utilité (technique, pédagogique…) pour les contemporains (8’45) ; les effets de la christianisation du monde ancien sur la transmission des œuvres (9’45) ; l’exemple de Cicéron, très parlant pour comprendre le processus de diffusion d’un livre dans l’antiquité (11’25) ; les décalages entre les titres donnés aujourd’hui à certaines œuvres et leurs dénominations contemporaines (13’50) ; les questions d’attribution incertaines pour certains textes et la transmission d’œuvres « mineures » sous un « grand nom » (15’15) ; la copie médiévale et le travail dans les scriptoria des monastères (17’20) ; la copie de textes en parallèle dans le monde latin et à Byzance (19’) ; la naissance au XIXe siècle d’une science de l’édition des textes anciens, l’ecdotique, à travers les travaux de Karl Lachmann en particulier (20’40) ; les liens entre philologie classique et études bibliques (25’50) ; les outils dont disposent aujourd’hui les philologues, l’informatique en particulier (27’) ; le travail qui reste à mener pour éditer des textes, aussi bien méconnus que « grands classiques » (28’55) ; les découvertes qui restent à faire : rouleaux d’Herculanum, sermons d’Augustin, palimpsestes… (32’) ; la dimension à la fois individuelle et collective du travail, facilité par la numérisation de certains manuscrits (36’10). Le conseil de lecture : – L. D. Reynolds et N. G. Wilson, D’Homère à Erasme. La transmission des classiques grecs et latins, Paris, Presses du CNRS, 1984    


38. La signature des peintres au XVIIIe siècle, avec Charlotte Guichard
Feb 06 2019 49 mins  
L’invitée : Charlotte Guichard, directrice de recherches au CNRS Le livre : La griffe du peintre, Paris, Seuil, « Univers historique illustré », 2018.La discussion : le titre du livre, la « griffe » entre métaphore animale, geste auctorial, et dispositif technique (1:40) ; la signature médiévale ou renaissante comme marque de l’atelier (4:15) ; le monogramme de Dürer, affirmation de l’auteur mais pas encore autographe (5:45) ; les raisons qui font émerger la signature dans le tableau au XVIIIe siècle (6:55) ; les transformations du statut de « l’auteur » dans la période, et sa manifestation dans la signature (7:45) ; l’émergence d’un public qui sait regarder différemment les tableaux et leurs signatures (10:20) ; en retour, la complexité des choix d’emplacements pour les signatures, chez Chardin ou Boilly (11:50) ; les conditions nouvelles de la notoriété des peintres via les Salons notamment (13:05) ; le jeu de la singularité et de la répétition pour de mêmes tableaux (15:30) ; un jeu de répétitions et d’échos encore compliqué par la gravure (18:00) ; la peinture de Fragonard comme « performance » visible dans sa signature (20:10) ; la signature, “signe défaillant” et indice non fiable, suivant les analyses de Carlo Ginzburg (23:00) la nouveauté de la logique du nom au XVIIIe siècle, en l’absence de cartel ou de cartouche sur le cadre, et le contexte « démocratique » de la naissance du cartel au moment de la Révolution française (24:10) ; la « forme tableau » elle-même non encore stabilisée au XVIIIe siècle, qui n’est pas seulement une image, et dont il faut faire l’histoire (26:25) ; signer de son nom, une forme d’émancipation pour un artiste d’atelier, à travers l’affaire Casanova-Loutherbourg (29:45) et la signature de femmes pourtant mineures juridiquement comme Élisabeth Vigée-Lebrun (33:30), la signature monumentale et personnelle à la fois de David (36:15) ; les réorganisations révolutionnaires du rapport au nom et à la signature (39:40) ; plus largement la nécessité de faire dialoguer l’histoire de l’art avec une histoire matérielle et sociale de la culture, où les artistes contribuent à définir la valeur de leurs œuvres (43:20). Les références citées dans le podcast : – Pierre Bourdieu, Yvette Delsaut, « Le couturier et sa griffe : contribution à une théorie de la magie », Actes de la Recherche en sciences sociales, n°1, janvier 1975 – Béatrice Fraenkel, La Signature. Genèse d’un signe, Paris, Gallimard, 1992. – Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes. Racines d’un paradigme de l’indice », Le débat (nov. 1980), p. 3-44. – Pierre-Michel Menger, Portrait de l’artiste en travailleur, Paris, République des Idées & Seuil, 2003. – Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Enrichissement : une critique de la marchandise, Paris, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2017. Les conseils de lecture : – Svetlana Alpers, L’Art de dépeindre. La peinture hollandaise au XVIIᵉ siècle, Paris, Gallimard, « Bibliothèque illustrée des histoires », 1990 – Svetlana Alpers, L’atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l’argent, Paris, Gallimard, 199 – Roger Chartier, Lectures et lecteurs dans la France d’Ancien Régime, Paris, Seuil, 1987. – Sophie Cras, L’économie à l’épreuve de l’art, Art et capitalisme dans les années 1960, Dijon, Presses du Réel, 2018.


37. Revoir Le Dernier métro, avec Alya Aglan
Jan 30 2019 44 mins  
L’invitée : Alya Aglan, professeure à l’université Paris-I Le film : Le dernier métro, de François Truffaut (1980) La discussion : résumé du film ; la réception du film : succès public et professionnel, mais une relative tiédeur critique ; un film plus personnel qu’il n’y paraît au premier abord ; un tournage à charnière de plusieurs séquences mémorielles : mode rétro et « retour du refoulé » de Vichy et en particulier des persécutions contre les juifs ; les sources et références du film de Truffaut ; les thèmes du film (secret, claustration, compromis des personnages) ; la situation historique du film censé se dérouler en septembre 1942 ; les types incarnés par les différents personnages, dont la figure du critique de théâtre collaborationniste et antisémite Daxiat ; le tournant de novembre 1942 (invasion de la zone libre) mis en scène dans le film ; les éléments matériels de la vie sous l’occupation (pénurie, marché noir…) ; la mise en scène du collaborationnisme à travers Je suis partout ; l’intensité de la vie culturelle sous l’occupation ; le personnage joué par Richard Bohringer et sa présence dans la scène de traque des résistants ; l’omniprésence des discours antisémites dans le film et les questions d’identité mises en scène dans le film ; la difficulté des choix personnels et des compromis durant la période. Les références citées dans le podcast : – Pièces, films, émissions Ernst Lubitsch, To be or not to be (1942) Jean Renoir, This land is mine (1943) Jean Renoir, Carola et les cabotins (1957) Marcel Ophuls, Le chagrin et la pitié (1971) Jean-Pierre Melville, L’armée des ombres (19969) Livres (par ordre chronologique) : Sacha Guitry, Quatre ans d’occupations, Paris, L’Elan, 1947. René Rémond (dir.), Le gouvernement de Vichy, Paris, Presses de la FNSP, 1972. Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1973. Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Paris, Seuil, 1987. Antoine De Baecque et Serge Toubiana, François Truffaut, Paris, Gallimard, 1996. Jean-Michel Frodon, « Le Dernier métro : an Underground Golden Coach », in Dudley Andrew, Anne Gillain, A companion to François Truffaut, Oxford, Wiley-Blackwell, 2013 Laurent Joly, Dénoncer les juifs sous l’occupation, Paris, CNRS éditions, 2017. Jacques Semelin, La survie des juifs en France 1940-1944, Paris, CNRS éditions, 2018.    


36. Super-héros, une histoire politique, avec William Blanc
Jan 23 2019 49 mins  
L’invité : William Blanc, historien Le livre : Super-héros, une histoire politique, Montreuil, Libertalia, 2018La discussion : les origines de ce travail sur les super-héros (1’20), et le lien entre médiévalisme et super-héros via la table ronde notamment ; l’imaginaire du château lié aux villains que combattent les super-héros (3’45) ; la fluidité des supports (dessins, films, jeux) à prendre en compte (5’20) ; la naissance de super-héros et leurs créateurs souvent immigrés et progressistes (6’50) ; des premiers comics dotés d’une conscience sociale (8’) ; l’opposition entre les créations d’Edgar Rice Burroughs (Tarzan, John Carter) et les héros de comics comme Superman (9’) ; l’ambiguïté constitutive de ces personnages (11’05) ; Wonder Woman et son créateur original, féministe à son époque, William Marston (13’15) ; l’évolution du personnage et le tournant conservateur qui lui est imprimé (16’) ; la mobilisation antifasciste des super-héros dans la Seconde Guerre mondiale, dont Captain America créé par Jack Kirby, dans un contexte de présence nazie aux États-Unis (17’40) ; les restrictions apportées par la loi française de 1949 et le Comics code de 1954 (22’20) ; les transformations liées aux comics de Marvel dans les années 1960, autour de la présidence Kennedy (26’55) ; la naissance de Black Panther en lien avec le mouvement des droits civiques (30’20) ; les doutes des années 1970 liés à la guerre du Vietnam et au Watergate (35’50) ; le personnage du Punisher, reflet de ces évolutions et symbole du vétéran traumatisé comme d’un changement de rapport aux armes à feu (37’15) ; un désenchantement vis-à-vis de l’État aussi marqué durant la période (41’20) ; les usages récents du Punisher par des soldats ou des policiers (45’30); que se passera-t-il dans Avengers Endgame ? (48’10). Les références citées dans le podcast : – Le podcast Villains de Shea Serrano. – William Blanc, Le Roi arthur , un mythe contemporain de Chrétien de Troyes à Kaamelott en passant par les Monty Python, Montreuil, Libertalia, 2016. – Jill Lepore, The Secret History of Wonder Woman, Random House, 2015.


35. Contraception interdite dans la France des années 1950, avec Danièle Voldman et Annette Wieviorka
Jan 16 2019 46 mins  
Les invitées : Danièle Voldman et Annette Wieviorka, directrices de recherche au CNRS Le livre : Tristes grossesses. L’affaire des époux Bac (1953-1956), Paris, Seuil, 2019. La discussion : présentation rapide de l’affaire des époux Bac (1:00) et des origines de cette recherche ; le contexte des années 1950 et d’un drame familial lié à une forme de misère sociale (6:10) ; un « drame du Baby-Boom » (Annette Wieviorka) ; retour sur la loi de 1920 qui interdisait la contraception et sa « propagande » et renforce la répression de l’avortement (11:55) ; les failles des pratiques contraceptives à l’époque (14:05) ; les avancées d’autres pays en la matière, et le parcours de la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé (16:00) ; des procès qui révèlent une justice plutôt équilibrée, et soucieuse de ne pas dédouaner le mari de ses responsabilités (18:45) ; le parcours carcéral des époux (21:25) ; un arrière-plan à l’affaire : le catholicisme encore enraciné dans la France des années 1950 (23:05) ; la convergence conservatrice en matière de contraception du monde médical, de l’Église catholique, mais aussi du parti communiste (25:50) ; le rôle du journaliste Jacques Derogy au sein du petit cercle qui commence à militer en faveur de la contraception, et à porter l’affaire sur la place publique dans les pages de Libération en 1955 (28:15) ; la naissance de l’association Maternité heureuse dans la foulée (31:00) ; les ressemblances et différences entre les contextes de cette affaire et de la loi Veil sur l’IVG en 1975 (34:15) ; le parcours de l’enquête et les difficultés liées aux sources parfois introuvables et aux dérogations pour consulter les archives (37:00) ; la dimension personnelle du travail et le fait d’avoir en partie vécu à la même période que cette affaire (42:55) ; l’écho du film d’Henri Verneuil avec cette enquête (45:15). Le conseil de film : Des gens sans importance d’Henri Verneuil (1956)    


34. Conseils de lectures et coups de cœur 2018
Dec 15 2018 64 mins  
Les conseils de Dimitri Tilloi d’Ambrosi (histoire antique, à 55 secondes dans le podcast) : * Jean-Paul Demoule, Alain, Schnapp, Dominique Garcia, Une histoire des civilisations (La Découverte/INRAP) * Neil McGregor, Une histoire du monde en 100 objets (Les Belles Lettres) * Véronique Boudon-Millot, Au temps de Galien, catalogue de l’exposition du musée royal de Mariemont (éd. Somogy) * Catherine Virlouvet, Patrice Faure et Nicolas Tran, Rome, cité universelle, de César à Caracalla (Belin) Les conseils de Raphaëlle Leyris (littérature, à 5 minutes 25) : * Philippe Lançon, Le lambeau (Gallimard) * Jérôme Ferrari, À son image (Actes sud) * Agnès Desarthe, La chance de leur vie (Éditions de l’Olivier) Les conseils d’Etienne Anheim (histoire médiévale, à 9 minutes 45) : * Sylvain Piron, L’occupation du monde (Zones sensibles) * Alain Boureau, Le feu des manuscrits (Les Belles Lettres) * Catherine Kikuchi, La Venise des Livres (Champ Vallon) * Maud Ternon, Juger les fous au Moyen âge (PUF) * Dominique Barthélémy, La bataille de Bouvines, Histoire et légendes (Perrin) * Agostini Paravicini Bagliani, Le bestiaire du pape (Les Belles Lettres) Les conseils de Caroline Callard (histoire moderne, dans un café hélas un peu bruyant, à 19 minutes 20) : * Sanjay Subrahmanyam, L’Inde sous les yeux de l’Europe (Alma) * Liesbeth Correns, Confessional Mobility and English Catholics in Counter-Reformation Europe (Oxford UP) * Charlotte Guichard, La griffe du peintre (Seuil / « Univers historique illustré ») * Timothy Tackett, Anatomie de la Terreur (Seuil) Le conseil de Florent Georgesco (essais, à 33 minutes 50) : * Umberto Eco, Sur les épaules des géants (Grasset) Les conseils de Delphine Diaz (histoire du XIXe siècle, à 39 minutes 30) : * Thomas Bouchet, De colère et d’ennui. Paris, chronique de 1832 (Anamosa) * Mathilde Rossigneux-Méheult, Vies d’hospice. Vieillir et mourir en institution au XIXe siècle (Champ vallon) * Michel Biard (et. al.), Déportation et exils des conventionnels (Société des études robespierristes) Les conseils de Pierre Grosser (histoire du XXe siècle / histoire internationale, à 51 minutes) : * Georges-Henri Soutou, La guerre froide de la France (Tallandier) * Sabine Jansen, La boîte à idées de Marianne (Cerf) * Elie Tenenbaum, Partisans et centurions. Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle (Perrin) * David Reynolds, Vladimir Pechatnov, The Kremlin letters. Stalin’s wartime correspondence (Yale books) * Erez Manela (dir.), The development century. A global history (Cambridge)



33. Naissance de l’imprimerie à Venise, avec Catherine Kikuchi
Dec 12 2018 40 mins  
L’invitée : Catherine Kikuchi, maîtresse de conférences à l’université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, contributrice du site Actuel Moyen âge Le livre : La Venise des Livres, 1469-1530, Champ Vallon, 2018. La discussion : une démarche de recherche qui part de la question des imprimeurs allemands à Venise (1’45) ; la diffusion de l’imprimerie de l’Allemagne rhénane vers Venise au XVe siècle, difficile à retracer (2’45) ; l’espionnage industriel d’un Nicolas Jenson (4’15) ; la nécessité de déconstruire la notion englobante d’« imprimeur » pour approcher ce groupe social et sa complexité (5’30), un métier qui à l’origine n’est pas dans le cadre d’une corporation, posant la question des possibles mobilités sociales (7’40), l’usage des sources et en particulier des colophons, ces marques distinctives à la fin des livres (9’10), la méthode prosopographique, le corpus, et les résultats de l’enquête sur le plan des origines : un monde du livre marqué par la présence d’étrangers (10’10), les enjeux identitaires du fait de se dire « Allemand » ou « Italien » dans le contexte de l’humanisme européen (11′), les liens entre imprimeurs allemands et marchands dans le cadre notamment du Fondaco dei Tedeschi (12’40), la « condition d’incertitude » (S. Cerruti) des étrangers à la fin du Moyen âge (14′), le lectorat de Venise et le marché du livre tel que les sources le dessinent (15’30), les ressemblances et différences avec les livres moins coûteux imprimés à Paris (16′), le livre comme objet de luxe, mais qui devient moins cher et plus accessible au cours de la période (17’25), les spécificités de l’imprimerie comme activité économique, et les gros investissements en capital que cela nécessite, ainsi que la fragilité qui en découle (19’05), les stratégies d’enracinement et de transmission familiales des entreprises (22’40), l’articulation entre tensions (voire violences) et solidarités au sein du groupe (24’15), ce que dit le monde du livre des pouvoirs vénitiens (26’50), les multiples langues et alphabets d’impression (grec, cyrillique, glagolitique…) et les situations que cela recouvre (29’30), les traces de ces imprimeurs dans la Venise d’aujourd’hui, leurs sépultures notamment (34′), les éclairages de l’histoire du livre sur les enjeux contemporains (36’30), la place de cette recherche : histoire moderne, médiévale, du « long Moyen âge » ? et pourquoi le terme de « Renaissance » n’y correspond pas ? (37’20) Les références citées dans le podcast : – Claire Lemercier et Emmanuelle Picard, « Quelle approche prosopographique ? » – Philippe Braunstein, Les Allemands à Venise (1380-1520), Rome, École française de Rome, 2016. – Simona Cerruti, Étrangers. Étude d’une condition d’incertitude dans une société d’Ancien Régime, Paris, Bayard, 2012 – Martin Lowry, Le monde d’Alde Manuce. Imprimeurs, hommes d’affaires et intellectuels dans la Venise de la renaissance, Évreux, Cercle de la Librairie, 1989. Le conseil de lecture : Henri-Jean Martin et Lucien Febvre, L’apparition du livre, 1957


32. Le « Maitron », un monument de l’histoire sociale désormais en libre accès, avec Paul Boulland
Dec 05 2018 41 mins  
L’invité : Paul Boulland, ingénieur de recherches au CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle. L’événement : le site et dictionnaire Maitron passe en libre accès ! La discussion : présentation du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (0’50) ; la journée Maitron du 5 décembre 2018 et la mise en ligne en libre accès du site et du dictionnaire (1’50) ; la vie, le travail et le militantisme (principalement au PCF) de Jean Maitron (4’00) ; la genèse du projet de dictionnaire dans les années 1950 (8’40), et sa dimension initiale d’histoire mondiale ; autour du « Maitron » et de la revue Le mouvement social, l’entrée de l’histoire sociale et ouvrière à l’université dans les années 1960-1970 (10’35) ; un dictionnaire qui fait se rencontrer univers militant et histoire scientifique (13’) ; la « dignification » (Bernard Pudal) du monde ouvrier qui en résulte ; les archives et sources plus denses du XXe siècle et notamment du PCF (19’30) ; l’élargissement du Maitron à d’autres thèmes et corpus, par professions ou moments (cheminots, fusillés de la 2e GM…) ; la place des femmes dans le Maitron, en partie tributaire de leur (in)visibilité dans les sources policières et militantes (25’) ; le passage du dictionnaire papier au CD-Rom puis au site internet (27’15) ; les questions d’indexation et de métadonnées (28’00) ; les usages à venir du Maitron pour les chercheurs-ses et enseignant-e-s du secondaire (31’45) ; un outil historiographique avec la présence de beaucoup d’historien-ne-s dans le Maitron, ainsi que d’artistes (33’35) ; un dictionnaire ouvert et encore en voie d’enrichissement , au-delà de la date butoir de 1968 (34’) ; Les conseils de lecture : Javier Cercas, L’imposteur, Arles, Actes sud, 2015 Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière, Paris, Grasset, 2012. Biographie de Lucie Baud sur le Maitron. Paul Boulland, Des vies en rouge. Militants, cadres et dirigeants du PCF (1944-1981), Éditions de l’Atelier, 2016


31. Ecclésiastiques en débauche à Paris au XVIIIe siècle, avec Myriam Deniel Ternant
Nov 28 2018 40 mins  
L’invitée : Myriam Deniel Ternant, docteure en histoire, enseignante. Le livre : Ecclésiastiques en débauche, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2017. La discussion : les origines du travail, entre représentations littéraires de la sexualité des ecclésiastiques et curiosité pour les mutations religieuses du XVIIIe siècle (1’30), le thème de l’inconduite sexuelle du clergé, qui existe depuis le Moyen âge (5’50), la difficulté d’une mesure diachronique de la « débauche » ou de la « moralisation » du clergé (6’50), le travail mené sur les sources policières parisiennes, et leurs spécificités (8’25), des registres plus ou moins loquaces, au langage inégalement policé (9’20), Paris, observatoire des mœurs et lieu de convergence de clercs d’horizons variés (12’20), les normes de chasteté qui sont censées être observées par le clergé (14’50), une « chasse aux abbés » autour de 1750, aux causes multiples, discutées et compliquées dont le conflit autour du jansénisme (17’30), un arrière-plan troublé par l’attentat de Damiens en 1757 (20’30), le vocabulaire assez vague des rapports d’arrestation et la difficulté d’une étude sérielle (22’15), un corpus où clergé régulier et haut clergé restent peu visibles (23’30), une géographie de la prostitution centrée sur le Palais-Royal, et dont des ecclésiastiques s’échangent les adresses (24’35), un rapport particulier au corps et à la nudité (26’10), des pratiques sexuelles marquées par les attouchements, par la flagellation parfois (27’10), des rapports sexuels avec des prostituées qui alternent avec des pratiques de couple ou de concubinage (29’30), les réactions de la société à ce qui est perçu, parfois, comme déviance ou scandale, et les éléments déclencheurs d’éventuelles poursuites (31’30), les liens entre ces déviances du clergé et la thèse discutée d’une “déchristianisation” au XVIIIe siècle (36’45), la difficulté de mener de front une thèse et l’enseignement dans le secondaire (38′). Sources et références mentionnées dans le podcast : – Boyer d’Argens, Thérèse philosophe, in Patrick Wald Lasowski, Romanciers libertins du xviiie siècle, Paris, Gallimard, 2000 [1748]. – Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, Genève, Slatkine Reprints, 1979 [1782] – Erica-Marie Benabou, La Prostitution et la police des mœurs au xviiie siècle, Paris, Perrin, 1987. – Robert Muchembled, Les Ripoux des Lumières. Corruption policière et Révolution, Paris, Seuil, 2011. – Clyde Plumauzille, Prostitution et révolution, Paris, Champ Vallon, 2016. Les conseils de lecture : Sylvie Steinberg (dir.), Une histoire des sexualités, Paris, PUF, 2018. Katrina Kalda, Arithmétique des dieux, Paris, Gallimard, 2013.  


30. Revoir Monty Python Sacré Graal, avec Justine Breton
Nov 21 2018 41 mins  
L’invitée : Justine Breton, spécialiste des représentations arthuriennes en littérature et au cinéma, professeur à l’ESPE de Picardie Le film : Monty Python, Holy Grail, de Terry Gilliam et Terry Jones (1975) La discussion : le médiévalisme, domaine d’étude des représentations du Moyen âge et de ses déformations (1′), le rôle du roman de Walter Scott, Ivanhoé (1819) dans la cristallisation de ces images (3’10), le contexte de sortie du film et la présence cinématographique du Moyen âge (4′), les origines du projet chez les Monty Python (6’20), les différentes versions du scénario et les conditions cauchemardesques du tournage (9’05), les difficultés spécifiques de Graham Chapman/Arthur (11’40), la subversion des codes chevaleresques (13’05), comme de la narration filmée de l’histoire (15’25), un autre cliché détourné ou subverti, celui des bûchers pour les sorcières (19’15), quand se déroule le film ? Moyen âge générique ou spécifique (22’35), le personnage d’Arthur et son origine historique et littéraire (23’35), l’espace figuré par le film et la présence des Français (25’05), l’antagonisme anglo-français et ses significations : appropriation « française » des motifs arthuriens (26’28) ? l’inachèvement de la quête du Graal, dans le film et dans ses sources (29’50), la mise en scène de la sexualité et de la tentation sexuelle pour Galahad/Michael Palin (32’30), le travail sur l’image médiévale et l’enluminure (34’52), la place du religieux dans le film (36’20). Le château de Doune, où furent tournées une grande partie des scènes du film Les références citées dans le podcast : – Richard Thorpe, Les chevaliers de la Table ronde, 1953 – John Boorman, Excalibur, 1981 – Michel Pastoureau, L’ours, histoire d’un roi déchu, Paris, Seuil, 2007 – T. H. White, The once and future king, Collins, 1958 – Justine Breton et Florian Besson, Kaamelot, un livre d’histoire, Paris, Vendémiaire, 2018. Les conseils de lecture : – Graham Chapman, A liar’s autobiography, 1980 – Eric Idle, Always look on the bright side of life, 2018


29. Revoir La Grande Illusion, avec Evelyne Gayme
Nov 14 2018 42 mins  
L’invitée : Evelyne Gayme, professeur en lycée, docteure en histoire avec une thèse sur les prisonniers de guerre Le film : La Grande Illusion, de Jean Renoir (1937)           La discussion : les origines du scénario, entre souvenirs de la Grande Guerre, récits du général Pinsard, et expériences du frère du coscénariste Charles Spaak (1’20) ; les accusations de plagiat lors de la sortie du film (4’25) ; le contexte de sortie (4’50) : la France et l’Europe de 1937 ; la politisation de Renoir à l’époque du Front Populaire ; la réception compliquée du film à l’étranger dans les dictatures (6’10) ; un film retiré des écrans durant la Seconde Guerre mondiale (6’50) ; les différentes versions du film et la ressortie compliquée de 1946 (8’35) ; les thèmes du film : rapprochements et cloisonnements entre les êtres et les pays (9’40) ; un passage en revue des différents personnages (10’15) : Maréchal, De Boëldieu, Rosenthal, von Rauffenstein ; les réalités de la captivité militaire, dure et normée (16’45) ; la question des langues de communication et de l’intercompréhension difficile entre personnages (19’10) ; les relations entre geôliers et captifs associant dureté et humanité (22’05) ; les nouvelles (et rumeurs) qui évoquent la guerre (23’30) et le paradoxe d’un film de guerre sans combats ; la mise en scène des rapports sociaux et des repas et discussions (26’45) ; la tension clef du film entre clivages sociaux et clivages nationaux (27’30) ; la séquence du travestissement et la question de l’absence des femmes et du trouble que la guerre provoque dans le genre (28’40) ; le personnage de Rosenthal et le problème de l’antisémitisme qu’il véhicule ou combat (31’40) ; le rapport à la guerre d’un film teinté de pacifisme (35’20) ; l’image complexe des prisonniers dans l’entre-deux-guerres et ensuite (38’35). Les études sur le film : – Olivier Curchod, La Grande Illusion, Paris, Armand Colin, 2005 – Julian Jackson, La Grande Illusion, New York, Palgrave Macmillan/British Film Institute, 2009. Les conseils de visionnage et de lecture (bandes dessinées) : -Jean Renoir, Le caporal épinglé (1962) – FOURNIER et KRIS, Plus près de toi, Paris, Dupuis, collection Aire libre, 2017. – SILLORAY Florent, Le Carnet de Roger, Paris, Editions Sarbacane, 2011. – TARDI Jacques, Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B, Paris, Casterman, 2012. – TARDI Jacques, Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B, mon retour en France, Paris, Casterman, 2014. – RABATÉ Pascal, La Déconfiture, Paris, Futuropolis, 2018.


28. Le centenaire de la Grande Guerre vu d’Allemagne, avec Arndt Weinrich
Nov 07 2018 47 mins  
L’invité : Arndt Weinrich, chercheur à l’Université Paris-Sorbonne La discussion : la dimension franco-allemande du 11 novembre 2018 et sa perception en Allemagne (1:00), les crispations que cela suscite et la place de la “victoire” dans les commémorations (3;10), la faible importance du 11 novembre par rapport au 9 novembre en Allemagne (6:40), un bilan global du centenaire allemand (9:05), le succès du livre de Christopher Clark, qui participe d’une « normalisation » du passé allemand (11:00), un parallèle entre le contexte de réception du livre de Daniel Goldhagen sur le nazisme, et celui de Clark sur 1914 (14:35), les parutions marquantes dans le champ historiographique allemand, synthèses plus que monographies (17:00), les variations régionales de la mémoire de la Grande Guerre en Allemagne (20:20), le mémorial franco-allemand du Hartmannswillerkopf (21:25), la mémoire très vive des mutins de la marine en 1918 à Kiel (22:15), le contraste avec les commémorations des mutineries françaises (24:25), la disproportion est-ouest de la mémoire avec la difficulté plus grande de commémorer le front oriental (26:40), l’absence complète de la dimension coloniale dans les mémoires allemandes de la guerre, et le contraste avec le cas français (29:50), la question des civils et du blocus paradoxalement pas très présente non plus (32:25), les formes de révisionnisme historique appliquées à la question des atrocités allemandes lors de l’invasion de la France et de la Belgique (34:30), la question des continuités ou ruptures entre Grande Guerre et nazisme, aujourd’hui envisagée de façon bien moins linéaires, y compris pour la question du traité de Versailles, et le « masochisme français » à ce propos (37:40), la place des historiennes et des historiens dans l’espace public au moment du centenaire, de part et d’autre du Rhin (42:15). Les lieux et les références citées dans l’émission (par ordre alphabétique d’auteurs, on indique autant que possible les traductions françaises et anglaises d’ouvrages allemands) : – Observatoire du centenaire (Université Paris-I) – Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918 online – Mémorial franco-allemand du Hartmannswillerkopf – Christopher Clark, Les Somnambules. Été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre, Paris, Flammarion, 2013. – Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale, Trévise, 1970 [1961]. – Jörg Friedrich, The Fire: The Bombing of Germany, 1940-1945, Columbia University Press, [2002]. – Daniel Jonah Goldhagen, Hitler’s willing executioners. Ordinary Germans and the Holocaust, New York, Alfred A. Knopf, 1996. – John Horne, Alan Kramer, Les atrocités allemandes, Paris, Tallandier , 2005 [2001]. –Discussion historiographique sur les atrocités allemandes (Potsdam, octobre 2017) – Laurent Jalabert, Reiner Marcowitz, Arndt Weinrich, La longue mémoire de la Grande Guerre . Regards croisés franco-allemands de 1918 à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018. – Steven Kaplan, Adieu 89, Paris, Fayard, 1993. – Gerd Krumeich, Le feu aux poudres, Qui a déclenché la guerre en 1914 ?, Paris,Belin, 2014. – Tribune de Djordje Kuzmanovic dans Marianne, novembre 2018. – Jörn Leonhard, Pandora’s Box. A History of the First World War, Cambridge, Harvard University Press, 2018 [2014]. – Herfried Münkler,


27. Persécution et survie des juifs sous Vichy, avec Laurent Joly et Jacques Semelin
Oct 31 2018 54 mins  
Les invités : Laurent Joly directeur de recherches au CNRS, Jacques Semelin, directeur de recherches émérite au CERI Les livres : – Laurent Joly, L’État contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite, Paris, Grasset, 2018. – Jacques Semelin, La survie des juifs en France 1940-1944, Paris, CNRS éditions, 2018.           La discussion : la situation des deux ouvrages au regard de l’historiographie, et des travaux antérieurs, en particulier de Robert Paxton (2’10), la nécessité de réintroduire l’occupant allemand dans la lecture de la période, notamment pour le statut des juifs d’octobre 1940 (3’30), le rapport de Jacques Sémelin à Paxton mais aussi au livre de Renée Poznanski, pour poser la question des « 75% » de juifs de France n’ayant pas été déportés (4’40), l’importance de travailler sur l’opinion sous l’occupation (7’20), l’attention qu’il faut porter aux contextes changeants de l’occupation, suite aux changements de gouvernements ou d’institutions (7’50), l’attention à prêter également aux anticipations de l’avenir : l’Allemagne va-t-elle gagner la guerre ? (10’10), les enjeux de la géographie spécifique de l’occupation : flux humains liés à la débâcle, multiplicité des zones, dispersion géographique des juifs, trajets villes-campagnes… (11’15), les particularités géographiques, historiques, stratégiques de la France dans l’Europe hitlérienne, qui expliquent partie le chiffre de « 75% » (14’15), les paradoxes de la vie des juifs sous l’occupation, pour certains cachés et clandestins, pour d’autres vivant légalement voire scolarisés comme à Paris, pour beaucoup réfugiés à la campagne (17’20), posant la question de l’attitude des populations : silence passif, complice ? Quel degré d’antisémitisme ? (21’10) Et plus généralement quelles attitudes moyennes de part et d’autre des engagements résistants et collaborateurs explicites ? (22’00) la question de la délation comme point d’entrée pour poser ces questions (23’20), la rafle du Vel d’Hiv, perçue comme un échec par Vichy et les nazis (24’35), et que l’on peut relire en scrutant les marges de manœuvre des policiers qui la mènent et y participent (26’50), l’importance du carriérisme pour comprendre l’attitude nombre de fonctionnaires sous Vichy (29’50), une relecture du degré d’antisémitisme en France, à travers les basculements de l’opinion et d’une partie du clergé à l’été 1942 (30’30), l’importance de la xénophobie comme motif aux politiques de persécution (33’45), l’idée fausse selon laquelle Vichy n’aurait pas fait arrêter des juifs français, même si sa xénophobie a conduit à cibler d’abord les juifs étrangers (36’10), le contre-exemple du Danemark, où l’État comme la société civile ont été davantage protecteurs (41’50), le paradoxe d’une politique antisémite de Vichy définie et appliquée par des dirigeants et fonctionnaires non marqués par la tradition antisémite française d’extrême droite (43’40), la nécessité de porter un regard à la fois nuancé et sans concession sur Vichy (45’20), un contexte contemporain nouveau et délétère, entre rééditions de Maurras ou Céline et succès de Zemmour (47’45). Les références citées dans le podcast (par ordre de parution) : – Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1973. – Michael Marrus et Robert Paxton, Vichy et les juifs, Paris, Calmann-Lévy, 2015 (2e éd.) [1981]. – Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz. Le rôle de Vichy dans la solution finale de la question juive en France, Paris, Fayard, 1983. – Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Paris, Fayard, 1988. – Asher Cohen, Persécutions et sauvetages.


26. Alésia, de la controverse à la preuve, avec Vivien Barrière et Clément Salviani
Oct 24 2018 58 mins  
Les invités : Vivien Barrière, maître de conférences en histoire et archéologie à l’Université de Cergy-Pontoise ; Clément Salviani, doctorant contractuel chargé de recherches à l’INHA L’enjeu : opposant les troupes de Vercingétorix et de César, le siège d’Alésia en 52 avant notre ère est bien connu, l’histoire et l’archéologie ayant permis de le localiser précisément, à Alise Sainte-Reine (actuel département de la Côte-d’Or). Pourtant, des gens s’obstinent à soutenir des alter-Alesiae en d’autres lieux comme le Jura au mépris d’un consensus scientifique parfaitement établi. Cela pose la question plus large de la vérité en histoire. La discussion : le contexte entourant la bataille et le siège d’Alésia, au sein de la guerre des Gaules racontée par César (1’50) ; l’engouement pour les Gaulois dans la France du XIX siècle dans un contexte d’intense intérêt pour le passé lié à la construction des États-nations (4’40) ; les premières fouilles sur le site d’Alésia (actuellement Alise-Sainte-Reine) sous le Second Empire avec une implication directe de Napoléon III (7’55) ; les techniques de fouille hier et aujourd’hui (10’35) ; les premières controverses sur la localisation d’Alésia, et la difficulté plus générale de localiser des sites mentionnés par des auteurs de l’antiquité (11’45) ; le parcours d’André Berthier, le personnage singulier qui fut le principal tenant d’une Alésia située dans le Jura (15’05) ; l’idée selon laquelle le site (réel) d’Alise serait indigne d’un personnage de Vercingétorix (19’20) ; l’erreur de lecture du texte de César sur lequel repose l’erreur de localisation (20’00) ; les caractéristiques du site alternatif de Chaux-des-Crotenay dans le Jura, et la définition d’un oppidum (21’25) ; la stratégie de Vercingétorix à replacer dans les conditions du monde gaulois du premier siècle avant notre ère, et de l’opposition formidable donnée par César (27’00) ; les renouvellements apportés par les fouilles menées dans les années 1990 sur le site d’Alise Sainte-Reine (30’10) ; un récapitulatif de tous les éléments (textes, armes, monnaies, vestiges, inscriptions…) attestant la localisation d’Alésia et ne faisant sens que dans ce cadre (31’55) ; les erreurs des défenseurs d’une autre Alésia, venant d’un rapport à la fois littéral et hyper-critique aux textes antiques (35’40) ; l’économie du texte de César, qui n’écrit pas un guide topographique d’Alésia mais construit un récit à destination de l’aristocratie romaine (39’10) ; le refus pour certain-e-s d’admettre le consensus scientifique sur Alésia, et le rapport compliqué à la vérité que cela révèle, proche du complotisme (43’20) ; Wikipedia comme lieu où cette question est discutée (46’50) ; la différence entre critique des sources et hypercritique infondée (51’40) ; si une autre Alésia existait, on l’aurait trouvée (53’30) ; le paradoxe qui veut qu’autant de lieux revendiquent d’être le site d’une défaite (55’15). Les conseils de lecture et références pour aller plus loin : – Manifeste des archéologues contre les confusions sur la localisation d’Alésia (2016) – Jean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Seuil, “Points”, 2015. – Christian Goudineau, Le dossier Vercingétorix, Paris, Actes Sud – Errance, 2001. – Michel Reddé, Alésia. L’archéologie face à l’imaginaire, Paris, Errance, 2e éd., 2012.


25. Soldats indiens de la Grande Guerre, avec Claude Markovits
Oct 17 2018 40 mins  
L’invité : Claude Markovits, directeur de recherche émérite au CNRS Le livre : De l’Indus à la Somme. Les Indiens en France pendant la Grande Guerre, Paris, éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2018. La discussion : les origines de l’armée recrutée aux Indes britanniques, ses missions avant la Grande Guerre, son recrutement en fonction des « races martiales » (0’45) ; l’envoi d’une partie de ces troupes sur le front ouest lorsque débute la Première Guerre mondiale, en lien avec les pertes du corps expéditionnaire britannique (3’30) ; le nombre d’hommes envoyés et le rythme de leur arrivée (5’30) ; le déficit historiographique sur cette question (6’20) ; les réactions de l’Allemagne à cet emploi de troupes coloniales, condamnant un usage « non civilisé » de la guerre (7’45) ; la source de l’étude : le contrôle postal, et ses spécificités pour ces troupes qui n’écrivent pas en anglais (8’45) ; les peurs des dirigeants britanniques quant à la subversion pouvant viser ces troupes, par des révolutionnaires indiens ou sous l’effet de l’appel au « Jihad » des Ottomans (9’35) ; la création précoce d’un bureau de censure pour les soldats indiens (11’20) ; un autre filtre de la source : les scribes qui ont rédigé les courriers de soldats très majoritairement illettrés (11’55) ; le groupe des censeurs et traducteurs (14’25) ; le choc et la sidération des soldats indiens devant une guerre d’un type nouveau, et les raisons de leur ténacité, dont le sens de l’honneur (16’15) ; la rencontre entre Indiens et Français, et pour ces derniers un rendez-vous manqué (19’45) ; un recours à l’exotisme dans la presse française (22’20) ; à l’inverse, un « occidentalisme » dans les lettres des soldats confrontés à l’occident, en débutant par l’analyse intellectuelle de cette catégorie (en partie symétrique de l’« orientalisme ») (23’10) ; les aspects valorisés du séjour en France de ces soldats, liés principalement à la place des femmes dans la société, qui les stupéfie (25’50) ; des épisodes de rencontres sexuelles ou amoureuses (28’45) ; des aspects dévalorisés ou rejetés, en lien avec les questions religieuses notamment (32’30) ; la postérité modeste de cette expérience (34’40), et ses mises en mémoire différenciées en Inde et au Pakistan (36’00). Le conseil de lecture : Mulk Raj Anand, Across the Black Waters





23. Le néolithique, avec Jean-Paul Demoule
Oct 10 2018 35 mins  
(voir le second volet de la discussion) L’invité : Jean-Paul Demoule, professeur émérite de protohistoire européenne à l’Université de Paris I-Panthéon Sorbonne. Le livre : Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire. Quand on inventa l’agriculture, la guerre et les chefs, Paris, Fayard, 2018. La discussion : l’origine du livre et la volonté d’écrire de façon accessible et thématique sur le néolithique (2’20), la préhistoire et le néolithique en partie “zappés” des programmes scolaires (5’05), les raisons pour lesquelles les millénaires décisifs du néolithique ont été en partie négligés, et l’origine de ce terme (6’30), l’idée de “révolution néolithique” mise en avant notamment par Gordon Childe, et les nuances qu’il faut lui apporter (8’05), la complexité des stades et des passages entre les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs (10’20), une affirmation provocatrice : le mode de vie rural inchangé pour l’essentiel du néolithique jusqu’au XIXe siècle (11’40), la naissance de la métallurgie du fer (14’15), les évolutions et migrations du néolithique liées aux contraintes du nombre et de l’espace (17’35), la tension entre déterminisme et histoire ouverte sur d’autres possibles (20’15), l’installation de la domination masculine au néolithique et la question de son historicité (23’20), une naissance de la guerre au néolithique ? (27’50), l’enseignement du néolithique en Sixième, et les supports à choisir pour en parler (31’45). Les références citées dans le podcast : – Pascal Semonsut, « La Préhistoire sur les bancs ou au ban de l’école ? Les temps premiers dans les programmes scolaires de la France des années 1940 à 2010 », Revue Historique, 2017/2 (n° 682) – Présentation de Vere Gordon Childe – David Graeber, Pour une anthropologie anarchiste, Montréal, Lux Éditeur, 2006 – Françoise Héritier, Masculin, Féminin. La pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996. – Jean Guilaine, Jean Zammit, Le sentier de la guerre. Visages de la violence préhistorique, Paris, Seuil, 2001 – Marylène Patou-Mathis, Préhistoire de la violence et de la guerre, Paris, Odile Jacob, 2013. – Christophe Darmangeat, « L’art de la guerre en Australie »


22. Histoire populaire de la France, avec Gérard Noiriel
Oct 03 2018 45 mins  
Les intervenants : Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ; Philippe Olivera, historien, enseignant, éditeur (Agone) Le livre : Une histoire populaire de la France, de Jeanne d’Arc à nos jours, Marseille, Agone, 2018 La discussion : Les origines du livre, au regard du genre « histoire de France » et de l’ouvrage d’Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (1’00) ; le « populaire » comme catégorie prise dans les relations entre dominés et dominants (5’20) ; l’idée d’écrire pour un public plus large que celui de la profession historienne (7’00) ; l’importance de s’approprier des objets comme l’histoire de France parfois monopolisés par des auteurs réactionnaires (11’20) ; le point de départ de cette histoire et le choix de démarrer à la fin du Moyen âge, en lien avec la construction d’un État monarchique (12’45) ; les singularités de la construction nationale française au regard des exemples britannique et allemand (15’50) ; le choix d’écrire une histoire sociale, et de faire de la question sociale la clef de lecture fondamentale des évolutions, par rapport aux questions identitaires (19’30) ; l’application de cet angle d’approche pour le XVIe siècle : les guerres de religion comme expression d’enjeux sociaux (26’25) ; les césures mises en lumière dans cette histoire de France (30’20) : les années 1750 (32’30), les années 1880 avec la Grande Dépression et les débuts de la IIIe République (34’25), l’attention portée dans le livre aux regards portés sur l’autre (colonisé, domestique, ouvrier, paysan…) et la question de la reconnaissance de l’autre, qui permet de « se rendre étranger à soi-même » (39’50), la capacité à toucher d’autres publics en sortant de ses habitudes historiennes, en travaillant avec des artistes (43’50). Une évocation plus large du travail de Gérard Noiriel, par Nicolas Offenstadt, est à écouter dans l’épisode 11 du podcast.


21. Revoir “La Reine Margot”, avec Jérémie Foa
Sep 26 2018 45 mins  
L’invité: Jérémie Foa, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille Le film: La Reine Margot, de Patrice Chéreau (1994) La discussion: voir et revoir La Reine Margot pour un spécialiste du XVIe siècle (2’00); retour sur les origines du film, un projet porté par le producteur Claude Berri (3’30); les sources d’inspiration du cinéaste, et les liens avec le roman de Dumas (5’55); un ton plus sombre dans le film que dans le roman (7’45); une esthétique opposant le rouge catholique et le noir protestant, loin des réalités de la période (8’45); les responsabilités de la Saint-Barthélémy, et la tradition de diabolisation de Catherine de Médicis dont s’éloigne en partie Chéreau (9’40); la place de l’expédition des Flandres comme arrière-plan au massacre (14’45); filmer la violence de la Saint-Barthélémy, entre images contemporaines et réalités d’époque (16’35); l’astrologie (20’15) et le poison (22’20) comme thèmes clefs (et pour le poison, profondément révélateur: arme de la guerre civile) pour la représentation de la Renaissance ; l’importance de la chasse à la cour de Charles IX et dans le film (24’25); la conversion forcée d’Henri de Navarre et le sens d’une telle pratique (26’05), le rapprochement de Coconnas et La Mole, illustration d’une possible cohabitation entre catholiques et protestants? (28’45); la question de la succession royale, obsession des contemporains (33’30); la place de la sexualité dans le film et dans l’image des Valois (36’00); l’absence du peuple, de la dimension de proximité des violences, dans le film de Chéreau, centré sur les grands (40’20) Les conseils de lecture et références pour aller plus loin: – Denis Crouzet, Les guerriers de Dieu, la violence au temps des troubles de religion, vers 1525-vers 1610, Seyssel, Champ Vallon, 1990. – Denis Crouzet, Le haut cœur de Catherine de Médicis, Paris, Albin Michel, 2005. – Gaspard Delon, Sandra Provini, La Reine Margot de Patrice Chéreau, Neuilly, Atlande, 2015. – Jérémie Foa, Le tombeau de la paix. Une histoire des édits de pacification, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2015. – Jérémie Foa, “Protestants et catholiques n’ont-ils rien en commun? Politisations ordinaires au temps des guerres civiles de Religion”, Politix, 2017/3 (n° 119) – Arlette Jouanna, La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État, Paris, Gallimard, 2007. – Violette Rouchy-Lévy, La Reine Margot de Patrice Chéreau. Genèse et réalisation d’un film historique, Thèse de l’Ecole des Chartes, 2006 – Eliane Viennot, Marguerite de Valois. « La reine Margot », Paris, Perrin, 2005, coll. « Tempus », 660 pages. – émission “Rembobinage” sur Radio Aligre


20. Rêves, inconscient et histoire, avec Hervé Mazurel
Sep 19 2018 32 mins  
L’invité : Hervé Mazurel, maître de conférences à l’université de Bourgogne La parution : « la société des rêves », n°4 de la revue Sensibilités, dirigé par Hervé Mazurel et Bernard Lahire La discussion : ce qui, dans son parcours d’historien, l’a conduit à s’intéresser aux rêves et à l’inconscient (1’00), l’importance du travail de Bernard Lahire pour ouvrir le champ du rêve aux sciences sociales (2’40), la variété des approches et des terrains figurant dans le numéro, du Chili à la Nouvelle-Calédonie (5’30), l’étonnant cas du somniloque américain Dion McGregor [extrait audio] (8’50), un retour sur les rapports compliqués entre histoire et psychanalyse (12’45), l’importance de l’article écrit par Peter Burke en 1973 pour penser historiquement le rêve (15’40), et du livre de Charlotte Beradt, Rêver sous le IIIe Reich (17’45), les difficultés pour les historiens et les limites des sources quant aux rêves (19’10), le rêve médiéval, lieu où se déploie le processus d’individuation sur la longue durée ? (20’15), rêver dans l’empire britannique dans l’entre-deux-guerres (22’50), les objections possibles à des enquêtes historiennes sur les rêves : quelles preuves, quels apports ? (25’00), les rêves ou plutôt les fantasmes des philhellènes dans les années 1820, leurs désillusions (27’55), à relier à la « nostalgie », mal des soldats au XIXe siècle (29’15). Les références citées dans le podcast (classées par date) : – Charlotte Beradt, Rêver sous le IIIe Reich, Paris, Rivages, 2002 [1966]. – Emmanuel Le Roy Ladurie, Les paysans de Languedoc, Paris, Flammarion, 1969. – Alain Besançon, Histoire et expérience du Moi, Paris, Flammarion, 1971 ; L’Histoire psychanalytique : une anthologie, Paris / La Haye, École des hautes études / Mouton, 1974. – Peter Burke, « L’histoire sociale des rêves », Annales ESC, 28/2, 1973, p. 329-342. – Jacques Le Goff, « Les rêves dans la culture et la psychologie collective de l’Occident médiéval », Pour un autre Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1977. – Saul Friedländer, Histoire et psychanalyse, Paris, Seuil, 1978. – Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse entre science et fiction, Paris, Gallimard, 1987. – Norbert Elias, Au-delà de Freud. Sociologie, psychologie, psychanalyse, trad. de l’allemand par Nicolas Guilhot, Marc Joly et Valentine Meunier, Paris, La découverte, coll. Textes à l’appui, 2010. – Jérôme Baschet, Corps et âmes. Une histoire de la personne au Moyen Âge, Paris, Flammarion, 2016. – Hervé Mazurel, Vertiges de la guerre. Byron, les philhellènes et le mirage grec, Paris, Les Belles lettres, 2013. – Bernard Lahire, L’interprétation sociologique des rêves, Paris, La découverte, 2017. – Jean-Claude Schmitt, Gisèle Besson, Rêver de soi: les songes autobiographiques au Moyen Âge, Toulouse, Anacharsis, 2017. – Thomas Dodman, What Nostalgia Was: War, Empire, and the Time of a Deadly Emotion, Chicago, University of Chicago Press, 2018. Les enregistrements du somniloque Dion McGregor sont notamment à écouter ici. Lire ici les extraits de l’interview de Nabokov (1966) citée en introduction Les conseils de lecture : – Roger Bastide, Le rêve, la transe, la folie, Paris, Flammarion, 1972. – Daniel Bergez, Peindre le rêve, Paris, Citadelles / Mazenod, 2017.


19. Sur les traces de la RDA, avec Nicolas Offenstadt
Sep 12 2018 48 mins  
L’invité : Nicolas Offenstadt, maître de conférences (HDR) à l’université Paris-I, membre de l’IHMC Le livre : Le pays disparu. Sur les traces de la RDA, Paris, Stock, 2018.La discussion : trouver des archives dans des bâtiments abandonnés de l’ex-RDA (2’05), avec ces archives, retrouver une vie de RDA, et ses à-coups, celle de Heidrun (7’05), la nécessité de dépasser une image de la RDA réduite à la dictature et à la répression (11’), de même pour le terme « Ostalgie » qui déforme le rapport au passé, suivant un grand récit valorisant la réunification (14’35), les traces du passé socialiste, valorisées à l’époque de la RDA, et en voie d’effacement (18’45), l’enquête de terrain qui permet de comprendre la disparition de mémoriaux ou de plaques portant cette mémoire (22’10), l’exploration urbaine (Urbex) et ses enjeux pour l’histoire (24’10), les gisements d’objets, dont la biographie peut s’écrire historiquement (29’05), la spécificité du rapport à l’objet dans le passé est-allemand (31’40), le débat sur l’effacement plus ou moins grand du passé et de ses lieux symboliques (34’40), la muséographie spécifique de la RDA et la multitude de petits musées faisant exister ce passé (38’10), l’origine du travail sur la RDA et le goût pour l’histoire des lieux (40’30), les liens à interroger entre passé est-allemand, et montée contemporaine du racisme et de l’extrême-droite dans l’est de l’Allemagne (44’10). Archives éparpillées dans l’usine chimique abandonnée à Bernsdorf évoquée à 7’40 (cliché NO) Les références citées dans le podcast : -Sonia Combe, Une société sous surveillance. Les intellectuels et la Stasi, Paris, Albin Michel, 1999. -Emmanuel Droit, Vers un homme nouveau ? L’éducation socialiste en RDA (1949-1989), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009. -Sandrine Kott, Le communisme au quotidien. Les entreprises d’État dans la société est-allemande, Paris, Belin, 2001. -Bradley Garrett, Explore Everything. Place-Hacking the City, Londres, Verso, 2013. -Leonie Beiersdorf, Die Doppelte Krise. Ostdeutsche Erinnerungszeichen nach 1989, Berlin, Deutscher Kunstverlag, 2015. Le conseil de lecture : Eugen Ruge, Quand la lumière décline, 2012. Usine abandonnée à Bernsdorf


18. Festival “1848, des peuples en révolution”, avec Romain Duplan et Mathilde Larrère
Sep 07 2018 31 mins  
Les invités : Romain Duplan (chargé de recherches au musée national d’histoire de l’immigration) et Mathilde Larrère (MCF en histoire contemporaine à l’UPEM) L’événement : Festival « Secousse ! 1848, des peuples en révolution », Paris, 21-23 septembre 2018, organisé par la Boîte à histoire La discussion : présentation du festival « 1848, des peuples en révolution » (1’15), la place mémorielle assez modeste de 1848 (2’25), la relative faiblesse de l’événement dans l’espace public (4’05), la notion d’« histoire publique » encore peu développée en France (4’50), mais en essor (6’50), les rapports pas évidents entre pratiques ludiques de l’histoire (jeu, reconstitution costumées…) et universitaires (7’50), la nécessité de ne pas laisser l’histoire publique aux récits médiatiques dominants (9’40), l’évocation des femmes de 1848 via twitter durant le festival (12’), la dimension participative du festival (13’40), les barricades de 1848, objet d’histoire (15’35), 1848, un événement international (18’05), le procès de Cavaignac – ou de Louis-Napoléon ? (20’20), ne pas réduire 1848 à la question du suffrage universel masculin (22’30), les renouvellements historiographiques sur 1848, hors d’une téléologie républicaine (24’40), la musique de Verdi et l’histoire révolutionnaire (28’). Les références mentionnées durant le podcast : –Master d’histoire publique (Créteil) -Olivier Ihl, La barricade renversée. Histoire d’une photographie, Paris 1848, Paris, Éditions du Croquant, coll. « Champ social », 2016. -Mark Traugott, The Insurgent Barricade, Berkeley (Cal.), University of California Press, 2011 -Maurice Agulhon, 1848 ou l’apprentissage de la République, Paris, Seuil, 1973 -Michèle Riot-Sarcey, Maurizio Gribaudi, 1848, la révolution oubliée, Paris, La découverte, 2008. Les conseils de lecture : De Mathilde Larrère : -Louis Ménard, 1848, prologue d’une révolution -Daniel Stern (Marie d’Agout), Histoire de la Révolution de 1848 -Victor Hugo, Les Misérables De Romain Duplan : -Jean Anouilh, La sauvage ; L’invitation au château -Ray Bradbury, Chroniques martiennes L’air final : extrait de « Va pensiero », chœur des Hébreux tiré de Nabucco (1842) de Verdi, air symbolique pour l’idée nationale italienne


17. Condamner à mort au Moyen âge, avec Claude Gauvard
Aug 31 2018 35 mins  
L’invitée : Claude Gauvard, Professeur émérite d’histoire du Moyen Âge à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Le livre : Condamner à mort au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.La discussion : un livre écrit entre passé et présent, avec en tête les questionnements contemporains sur la peine de mort (1:30), la condamnation, préoccupation importante pour les hommes et les femmes du Moyen âge,pour les juges comme pour le peuple (2:40), les difficultés de quantification liées aux sources (4:50), le nécessaire décodage des textes et des images faisant allusion à la peine capitale et aux supplices (6:40) , la tension entre principes punitifs hérités du droit romain et valorisation de la miséricorde dans une société chrétienne (7:44), le pouvoir de gracier du roi, “coup de génie” (9:45), la volonté de réguler la violence et de limiter les exécutions par des transactions et compositions (10:29), une justice militaire (déjà) plus sévère (11:45), la figure du bourreau, moins marginale qu’on ne l’a dit (13:20), une grammaire des exécutions (pendaison, noyade…) différente suivant le genre, les crimes ou la réputation (14:50), la difficulté d’interpréter certains rituels (17:00), la “male mort”, peine la plus infamante, ici-bas et dans l’au-delà (17:44), la tension entre justice ordinaire et condamnations spectaculaires voulues par la justice royale (pour trahison, hérésie…) (19:50), la notion de “crime énorme” qui permet cet accroissement du champ de la justice royale (22:50), le caractère non linéaire de cette évolution vers un “monopole de la violence physique légitime” par le roi, avec les résistances des justices urbaines (24:35),la place et la participation du peuple, et l’idée de son “consentement” aux condamnations (27:10), la stigmatisation de criminels marginaux, lépreux, aux “enfances mauvaises” (28:30), une évolution comparable dans les autres espaces et États de l’occident médiéval (31:45). Les références citées dans l’émission: – Association française pour l’histoire de la justice – sur la torture au Moyen âge: travaux de Faustine Harang – sur la justice militaire médiévale: travaux de Loïc Cazaux – sur les valets de ville et crieurs : Nicolas Offenstadt, En place publique: Jean de Gascogne, crieur du XVe siècle, Paris, Stock, 2013. – sur la justice de l’Angleterre médiévale : Barbara Hanawalt, Crime and Conflict in English Communities, 1300-1348, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1979. – sur celle des villes italiennes : Andrea Zorzi, “Aspects de la justice criminelle dans les villes italiennes à la fin du Moyen âge“, Déviance et société, 15, 1991, p. 439-454. Le conseil de lecture : les discours de Jaurès, les écrits de Michelet  




15. Femmes et prostitution durant la Révolution, avec Clyde Plumauzille
Jul 04 2018 38 mins  
L’invitée : Clyde Plumauzille, chargée de recherches au CNRS, membre du LabEx EHNE Le livre : Prostitution et révolution. Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804), Paris, Champ Vallon, 2016. La discussion : un état des lieux de l’univers prostitutionnel à Paris à la veille de la Révolution, et son cadre légal contraignant (2’), la place spécifique de la prostitution dans les cahiers de doléances (4’45), les caractéristiques sociales des femmes arrêtées comme prostituées sous la Révolution (5’50) et l’importance méthodologique de ne pas réifier la catégorie « prostituées », d’envisager un « continuum de pratiques » (6’50), une filiation historiographique qui n’est pas seulement celle d’Alain Corbin, mais aussi de Jill Harsin, pour en faire une histoire sociale (9’30), l’intégration de l’histoire de la prostitution dans une histoire du travail (10’50), comment combiner une “agency” (capacité d’agir) de ces femmes, avec l’existence de contraintes et de dominations (13’), l’univers social dans lequel évoluent ces femmes, avec des clients / amants / amis / souteneurs (ces derniers assez rares) (14’55), la source très rare que constitue le journal d’Alexandre Brongniart racontant ses relations avec des prostituées (17’30), le Palais-Royal comme lieu central de la prostitution sous la Révolution (18’30), les plaintes des riverains attestant d’une « lutte des places » parmi les classes populaires dans l’espace urbain (20’30), le contrôle policier adossé à une crainte des maladies vénériennes (22’30), le paradoxal silence des législateurs révolutionnaires sur la prostitution, avec une dépénalisation silencieuse (24’35), un tournant hostile à la prostitution et plus largement aux femmes dans l’espace public en 1793 (27’50), une distinction entre droit de cité et droit à la cité qui montre la citoyenneté « diminuée » de femmes désignées comme prostituées, encore vérifiable aujourd’hui (31’), face à ces contraintes, la ressource de l’écriture, pour des femmes incarcérées après la Terreur (33’45). Les références citées dans le podcast : – Gérard Noiriel, Introduction à la socio-histoire, Paris, La découverte », « Repères », 2006. – Alain Corbin, Les filles de noce, Misère sexuelle et prostitution (XIXe et XXe siècles), Paris, Aubier Montaigne, 1978. – Jill Harsin, Policing Prostitution in Nineteenth Century Paris, Princeton, Princeton University Press, 1985 – Arlette Farge, La vie fragile, violences, pouvoirs et solidarités à Paris au XVIIIe siècle, Paris, Hachette, 1986. – Anne Simonin, Le déshonneur dans la République. Une histoire de l’indignité 1791-1958, Paris, Grasset, 2008. -Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962), Paris, éd. Nouveau monde, 2011, 448 p. Le conseil de lecture : Park Mun-wung, Mémoires d’un frêne, d’après une nouvelle de Choi Yong-tak, Rue de l’échiquier, 2018.  


14. La torture dans la justice médiévale, avec Faustine Harang
Jun 27 2018 31 mins  
L’invitée : Faustine Harang, docteure en histoire, enseignante en lycée Le livre : La torture au Moyen âge. Parlement de Paris, XIVe-XVe siècles, Paris, PUF, coll. « Le nœud gordien », 2017La discussion : présentation du livre (1’), la difficulté de trouver la torture dans les sources judiciaires de la fin du Moyen âge (2’30), le vocabulaire médiéval de la torture et la notion de « question » (6’15), les fondements juridiques de la torture en droit romain (7’30), contrairement aux idées reçues, la torture normée et mesurée (9’20), la difficile quantification des cas de torture et les ordres de grandeur numériques plausibles (11’20), l’évolution des pratiques judiciaires et les rapports plus complexes qu’il n’y paraît entre ordalie/jugement de Dieu et torture (14’), le parallèle entre torture et confession qui se met en place à partir du XIIIe siècle (16’10), la torture et les conceptions médiévales de la douleur, du corps souffrant, de l’âme (18’55), l’identité de ceux qui subissent la torture : marginaux, mal famés ? (20’10), la torture comme instrument de la raison d’État, visible dans les grands procès du XIVe siècle (21’45), les doutes des juges médiévaux devant l’efficacité de la torture, et le développement de leur « intime conviction » (23’20), la centralité de l’aveu dans les procédures judiciaires françaises, un héritage médiéval ? (26’35), la difficulté, du point de vue de l’écriture historique, de travailler sur un objet impliquant violences et souffrances (27’35), les remises en question de la torture à l’époque moderne (28’40), la réflexion sur l’histoire médiévale nourrie par l’histoire contemporaine, celle de la torture en guerre d’Algérie notamment (29’50). Les références citées dans le podcast : –Émission de la Fabrique de l’histoire sur la justice médiévale -Claude Gauvard, « De grace especial ». Crime, État et Société en France à la fin du Moyen Age, Paris, Publications de la Sorbonne, 1991 – Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2e éd., 2016 [2001]. Le conseil de lecture : Henri Alleg, La question, Paris, Éditions de minuit, 1958



13. Radio Lorraine cœur d’acier, avec Ingrid Hayes
Jun 20 2018 43 mins  
L’invitée: Ingrid Hayes, maîtresse de conférences à l’Université Paris-X Nanterre Le livre: Radio Lorraine cœur d’acier, 1979-1980. Les voix de la crise, Presses de Sciences Po, 2018, 348 p. La discussion: bref historique de “Radio Lorraine cœur d’acier” (1′), les origines de cette recherche (2’15), le contexte très particulier de la fin des années 1970, tournant historique pour le monde ouvrier (4′), “la classe ouvrière n’est plus ce qu’elle n’a jamais été”, expression de Roger Cornu (5’45) le travail sur la source radiophonique, les particularités des archives et du matériau sonore, leurs manques (8′), les dimensions concrètes de la diffusion d’une radio libre alors illégale (11’15), les contradictions d’une radio fondée par la CGT, mais prônant et pratiquant l’ouverture (13’45), extrait audio: lancement de la radio par Marcel Trillat le 17 mars 1979 (14’15), les débats ambigus à l’antenne concernant les pays de l’est (17’15), la tension entre culture ouvrière et culture dominante/légitime à l’antenne (21’15), la place forte et limitée à la fois de la parole ouvrière (24′), l’émergence d’une place spécifique pour les femmes (27’05), extrait audio: débat sur l’accouchement, 5 avril 1979 (29’50), la parole des immigrés et la vocation antiraciste de la radio (32’40), extrait audio: introduction de l’émission “la parole aux immigrés” (33’35), la reprise en main de la radio par la CGT (36’50), les mémoires locales fortes autant que dissonantes de “LCA” (40’20). Les références citées dans le podcast : Roger Cornu, “Nostalgie du sociologue.La classe ouvrière n’est plus ce qu’elle n’a jamais été”, in J. Deniot & C. Dutheil (dir.), Métamorphoses ouvrières, t. I, Paris, L’Harmattan, 1995. Gérard Noiriel, Longwy, Immigrés et prolétaires (1880-1980), Paris, Presses Universitaires de France, collection « Pratiques Théoriques », 1984. Coffret “un morceau de chiffon rouge” avec extraits à écouter sur le site. Le conseil de lecture: Michel Verret, Chevilles ouvrières, Paris, éditions de l’Atelier, 1995.


12. Histoire et mémoire du Goulag, avec Juliette Cadiot et Marc Elie
Jun 13 2018 42 mins  
Les invités : Juliette Cadiot (directrice d’études à l’EHESS) et Marc Elie (chargé de recherches au CNRS) Le livre : Histoire du Goulag, Paris, La découverte, « Repères », 2017, 128 p. La discussion : le Goulag, un sujet qui arrive à maturité historiographique, permettant d’écrire une synthèse (1’15), l’apport récent des archives sur l’histoire du Goulag, complétant les témoignages et le travail de l’association Memorial (2’45), les traces matérielles et l’archéologie du Goulag (4’40), l’inscription du Goulag dans le temps plus long de la relégation pénale puis de la Grande Guerre (6’10), le tournant que constitue l’avènement de Staline (8’20), le renouvellement historiographique pour l’analyse de la violence d’état stalinienne, dont on sait désormais qu’elle frappe surtout des pauvres et des gens ordinaires (10’05), la variété des lieux et des formes de relégation, qui ne se résument pas au camp entouré de barbelés (15’), le Goulag comme lieu central de l’économie stalinienne (16’50), la variante du Goulag que sont les charachki, laboratoires de recherche (18’10), la comparaison entre Goulag stalinien et d’autres formes concentrationnaires au XXe siècle (19’20), la gestion des camps par des condamnés et criminels eux-mêmes (22’45), ce qu’on savait du Goulag dans la direction stalinienne et plus largement dans la société soviétique (25’35), les stratégies de survie et la révolte des détenus du Steplag en 1954 (30’), la mémoire compliquée du Goulag dans la Russie contemporaine (33’20). Les références citées dans le podcast : –Musée en ligne du goulag -Marta Craveri, Anne-Marie Losonczy, Enfants du Goulag, Paris, Belin, 2017. -Luba Jurgenson, Nicolas Werth, Le goulag. Témoignages et archives, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2017. -Eric Lohr, Nationalizing the Russian Empire: The Campaign Against Enemy Aliens during World War I , Cambridge, MA : Harvard University Press, 2003 -Peter Gatrell, A Whole Empire Walking: Refugees in Russia during World War 1, Bloomington, Indiana University Press, 1999 -Peter Holquist, Making War, Forging Revolution: Russia’s Continuum of Crisis, 1914-1921, Cambridge, MA: Harvard University Press, 2002 -Terry Martin, The Affirmative Action Empire: Nations and Nationalism in the USSR, 1923–1939, Ithaca, Cornell University Press, 2001 -Nicolas Werth, La Terreur et le désarroi : Staline et son système, Paris, Perrin, coll. “Tempus”, 2007. Les conseils de lecture : -Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma, Lagrasse, Verdier, 2003 [1978]. -Vanessa Voisin, L’URSS et ses traîtres, l’épuration soviétique (1941-1955), Paris, Publications de la Sorbonne, 2015. -Tal Bruttmann, Auschwitz, Paris, La découverte, « Repères », 2015.


11. Autour de Gérard Noiriel, avec Nicolas Offenstadt
Jun 08 2018 39 mins  
L’invité : Nicolas Offenstadt, maître de conférences HDR à l’université Paris-I L’événement : colloque autour de Gérard Noiriel, à l’EHESS, jeudi 14 et vendredi 15 juin 2018 La discussion : une présentation du colloque et de l’importance de Gérard Noiriel (0’30), les constantes dans l’œuvre de Gérard Noiriel, dont un éloge de son écriture claire et réflexive (3’), de sa réflexion sur la construction des objets (5’40), ses premiers travaux sur les ouvriers de Longwy (6’45), le lien entre histoire des ouvriers, histoire de l’immigration (8’), ouvrant la voie à une histoire de l’État, de l’identification, des catégorisations (10’20), ses apports à une histoire constructiviste de la nation (12’20), le lien noué avec la sociologie et la mise en avant de la socio-histoire (13’), appuyée sur une réflexion historiographique (Sur la « crise » de l’histoire, 1996) suivie de la création de lieux institutionnels pour avancer ces conceptions : une collection de livres chez Belin et une revue, Genèses (15’50), le dialogue intellectuel et la confrontation critique avec des traditions intellectuelles variées, de Marx à Bourdieu et Elias (20’50), la réflexion de Gérard Noiriel sur les intellectuels et les différentes modalités (militantes, critiques, pédagogiques) du rôle qu’il joue lui-même dans l’espace public (22’), ses formes d’intervention originales : le CVUH fondé en 2005 (28’) ainsi que son travail théâtral, à travers notamment l’histoire du clown Chocolat (33’). Les conseils de lecture : tous les livres de Gérard Noiriel dans l’ordre ou dans le désordre ! Les autres références citées dans le podcast : -Revue Genèses -Christian Topalov, Naissance du chômeur 1880-1910, Paris Albin Michel, 1994 -Ingrid Hayes, Radio Lorraine cœur d’acier, 1979-1980. Les voix de la crise, Paris, Presses de Sciences Po, 2018 (à paraître le 15 juin)


10. L’alimentation dans l’antiquité romaine, avec Dimitri Tilloi d’Ambrosi
Jun 06 2018 30 mins  
L’invité : Dimitri Tilloi d’Ambrosi, agrégé d’histoire, doctorant en histoire romaine à l’université Lyon-III (laboratoire HiSoMa). Ses recherches portent sur l’alimentation, la diététique et la médecine à l’époque romaine. Le livre : L’empire romain par le menu, éditions Arkhé, 2017, 232 p. La discussion : les enjeux de l’histoire de l’alimentation aujourd’hui (1’), les sources pour une histoire de l’alimentation romaine, et en particulier les apports de l’archéologique (2’20), l’alimentation barbare, dans l’imaginaire romain et en réalité (4’), les lieux de l’alimentation romaine, notamment les popinae pour les couches populaires (5’10), le statut particulier du De re coquinaria attribué à Apicius (6’50), la difficulté de reconstituer aujourd’hui le goût romain ou d’appliquer des « recettes » de l’époque (8’30), l’importance du garum pour les Romains (9’10), l’« édit du maximum » pris sous Dioclétien, et les informations qu’il livre pour l’alimentation dans l’antiquité tardive (10’40), le paradoxe d’une identité alimentaire romaine entre frugalité et raffinement (11’45), les composantes grecques de l’alimentation romaine (14’), les prescriptions sur la pureté et la question des aliments à ne pas consommer (15’40), l’origine des viandes à Rome, et leur rapport aux sacrifices (16’50), la table des empereurs romains, dépeints de façon souvent trompeuse par les sources (18’10), les clichés sur l’orgie romaine et les excès alimentaires (19’40), les repas romains qui impliquent les dieux et les morts (20’50), le groupe social que constituent les cuisiniers (21’50), les provenances variées des aliments pour les élites dans l’empire romain (23’15), les codes sociaux régissant les invitations et les repas (24’), les discours de médecins sur l’alimentation et la digestion (26’), la christianisation de l’alimentation dans l’Antiquité tardive (27’25), les origines plus anciennes des discours sur l’ascétisme (28’10), ce qui reste à découvrir sur l’alimentation romaine (29’). Le conseil de lecture : Danièle Jouanna, L’enfant grec au temps de Périclès, Les belles Lettres, 2017 Parmi les sources antiques mentionnées dans le podcast : -Anthime, De observatione ciborum -Suétone, Vie de Vitellius, XIII (trad. M. Cabaret-Dupaty, 1893) « Ses vices favoris étaient la cruauté et la gourmandise. Il faisait régulièrement trois et quelquefois quatre repas, le petit déjeuner, le déjeuner, le dîner et l’orgie. Il suffisait à tout par l’habitude de se faire vomir. Il s’annonçait le même jour chez diverses personnes, et chaque repas ne coûtait pas moins de quatre cent mille sesterces. Le plus fameux fut celui que lui donna son frère à son arrivée. On y servit, dit-on, deux mille poissons des plus fins, et sept mille oiseaux. Il surpassa encore cette magnificence en faisant l’inauguration d’un plat d’une grandeur énorme, qu’il appelait “l’égide de Minerve, protectrice de la ville”. On y avait mêlé des foies de scares, des cervelles de faisans et de paons, des langues de flamants, des laitances de lamproies. Pour composer ce plat on avait fait courir des vaisseaux depuis le pays des Parthes jusqu’au détroit de Gadès. La gloutonnerie de Vitellius était non seulement vorace, mais encore sordide et déréglée. Jamais, dans un sacrifice ou dans un voyage, il ne put s’empêcher de prendre sur l’autel et d’avaler des viandes et des gâteaux à peine retirés du feu. Le long des chemins, dans les cabarets, il s’emparait des mets encore fumants,


9. L’Épuration (1940 à nos jours), avec Fabrice Virgili
May 30 2018 38 mins  
L’invité: Fabrice Virgili, directeur de recherche au CNRS Le livre : François Rouquet et Fabrice Virgili, Les Françaises, les Français et l’épuration. De 1940 à nos jours, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 840 p. Lire le compte-rendu La discussion : une histoire de l’Épuration mûrie depuis longtemps, qui vient de loin, pour les deux auteurs (2’), un questionnement relié à celui des politistes sur la « justice transitionnelle » et les changements de régime (3’15), le cadre temporel élargi du livre puisqu’on pense à l’Épuration bien avant 1944, dans la clandestinité (4’30), l’Empire colonial comme laboratoire (5’50), l’intégration de cette histoire dans un cadre européen, intégrant aussi les jugements de criminels de guerre dans la zone d’occupation française en Allemagne, et un regard comparatif sur l’espace européen (7’40) l’absence de « guerre civile » franco-française (12’25), la définition parfois ambiguë des « traîtres » à punir (13’), l’expression « épuration sauvage », ses origines, son inadaptation pour décrire la période (15’45), la question du « règlement de comptes » dans l’Épuration, (18’35), la variété géographique des modalités de l’Épuration (19’50), l’importance des enjeux économiques (ravitaillement, marché noir…, 21’40), le rythme du châtiment et des procès, que certains trouvent trop lent, faisant justice eux-mêmes, attaquant des prisons, dans un contexte de fin de guerre (24’), les sources et méthodes pour approcher l’opinion et ses réactions, dans la foulée des travaux de Pierre Laborie (26’55), l’Épuration dans l’Église et ses limites (29’), le bouleversement qui ralentit l’épuration au début de la guerre froide (30’30), un regard sur la présence récente de Charles Maurras, condamné en 1945, au sein de la liste des commémorations nationales (33’45), les échos mémoriels contemporains de l’Épuration (35’45). Les références citées dans le podcast : -Peter Novick, L’épuration française, 1944-1949, Paris, Balland, 1985 [1968] -Robert Paxton, La France de Vichy : 1940-1944, Paris, Seuil, 1973 -Philippe Bourdrel, L’épuration sauvage, Paris, Perrin, 1988 -Jean Dutourd, Au bon beurre, ou dix ans de la vie d’un crémier, Paris, Gallimard, 1952. -Pierre Laborie, L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, 1936-1944, Paris, Seuil, 2e éd., 2001. Le conseil de lecture : Les polars suédois de Maj Sjöwall et Per Wahlöö


8. Images, usages et mésusages d’Alexandre le grand, avec Pierre Briant
May 23 2018 41 mins  
Cliquer ici pour accéder au premier volet de l’entretien. L’invité : Pierre Briant, professeur émérite au Collège de France (chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre) Les livres : –Histoire de l’empire perse, Paris, Fayard, 1996. –Darius dans l’ombre d’Alexandre, Paris, Fayard, 2003. –Lettre ouverte à Alexandre le grand, Arles, Actes sud, 2008. –Alexandre des Lumières, Paris, Gallimard, NRF essais, 2012. –Alexandre. Exégèse des lieux communs, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2016. La discussion : comment les Perses se sont appropriés et ont réinventé Alexandre / Iskender sous un double visage, via le Roman d’Alexandre (1’), comment, à l’inverse, il a été utilisé par les Byzantins et comme précurseur des croisades (7’20), Alexandre mobilisé dans la querelle politique contemporaine entre Grèce et « Macédoine », Athènes et Skopje, et les origines du conflit (10’10), les jugements des dirigeants et historiens nazis sur le conquérant et sa politique (17’40), Alexandre héros colonisateur et civilisateur dans l’historiographie française et britannique au début du XXe siècle selon un modèle légué par Plutarque (20’55), l’importance de Johann Gustav Droysen (1808-1884) pour l’historiographie d’Alexandre (25’15), Alexandre dépeint du côté des colonisés, et afin de s’émanciper, dans l’Inde britannique (28’), le film d’Oliver Stone, Alexandre (2004), et ses angles morts (32’), quels choix documentaires les enseignants peuvent faire pour enseigner l’histoire d’Alexandre et de l’empire perse (36’50). Les références citées dans le podcast : Johann Chapoutot, Le nazisme et l’antiquité, Paris, PUF, « Quadrige », 2012. P. Briant, « Alexandre et les « Katarraktes » du Tigre », Pallas. Revue d’études antiques, Année 1986 P. Briant, « Impérialisme antique et idéologie coloniale dans la France contemporaine : Alexandre modèle colonial », Dialogues d’histoire ancienne, 5 (1979), p. 283-29 J. G. Droysen, Geschichte Alexanders des Großen, Hambourg, Perthes, 1833. Films cités dans le podcast: Le film Sikandar de Sorhab Modi (1941) L’entrée d’Alexandre à Babylone dans le film d’Oliver Stone (2004) ; regard critique par P. Briant sur le film Les documents cités dans le podcast : Plutarque, De fortuna alexandri (IIe s. ap. J-C) Le « sarcophage d’Alexandre » au Musée d’Istanbul Tablette astronomique babylonienne (extrait des p. 166-167 de P. Briant,


7. Darius, Alexandre le grand et l’empire perse avec Pierre Briant
May 23 2018 37 mins  
Cliquer ici pour accéder au second volet de l’entretien. L’invité : Pierre Briant, professeur émérite au Collège de France (chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre) Les livres : –Histoire de l’empire perse, Paris, Fayard, 1996. –Darius dans l’ombre d’Alexandre, Paris, Fayard, 2003. –Lettre ouverte à Alexandre le grand, Arles, Actes sud, 2008. –Alexandre des Lumières, Paris, Gallimard, NRF essais, 2012. –Alexandre. Exégèse des lieux communs, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2016. La discussion : la volonté d’écrire une histoire « à parts égales » d’Alexandre et de l’empire perse ne s’appuyant pas seulement sur les sources narratives grecques (2’20), ses difficultés documentaires et les incertitudes sur les tombeaux de Darius III et d’Alexandre (7’05), les archives en grande partie manquantes du conquérant (9’30), l’usage des sources numismatiques et la question de la « monétarisation de l’Orient » sous Alexandre (12’25), le projet de conquête d’Alexandre, plus ample et plus cohérent qu’on ne le dit parfois, en raison de liens anciens entre monde grec et perse (14’35), les interprètes et les questions linguistiques dans les empires de Darius et d’Alexandre (19’45), les stéréotypes liant un effondrement de l’empire achéménide à l’image de Darius III couard ou fuyard, et les véritables raisons de la victoire macédonienne (22’45), la politique « iranienne » d’Alexandre et l’incendie de Persépolis (28’35), les questions posées par l’absence d’héritier légitime à la mort d’Alexandre (33’35), son rapport aux dieux à sa propre divinisation (35’50). Les références citées dans le podcast : P. Briant, « Impérialisme antique et idéologie coloniale dans la France contemporaine : Alexandre modèle colonial », Dialogues d’histoire ancienne, 5 (1979), p. 283-292


6. Ouvriers britanniques à Paris au XIXe s., avec Fabrice Bensimon
May 16 2018 31 mins  
L’invité : Fabrice Bensimon, professeur d’histoire et de civilisation britanniques à l’université Paris-IV, membre du Centre d’Histoire du XIXe siècle Le livre : Les sentiers de l’ouvrier. Textes de John Colin, Charles Manby Smith et William Duthie, traduits par Sabine Reungoat, présentés par Fabrice Bensimon, Paris, éditions de la Sorbonne, 2018, 136 p. , 15€. La discussion : comment les historiens ont recherché et fait émerger des autobiographies issues des classes populaires (2’), qui écrit mais aussi qui n’écrit pas dans les classes populaires britanniques au XIXe siècle (5’50), les logiques migratoires de la Grande-Bretagne vers la France, où se trouve notamment un marché noir de l’édition à l’époque (8’10), le décalage de qualification entre Britanniques et Français au début de l’industrialisation (10’), liberté de circulation vs. contrôle des passeports et des déplacements (13’), le rapport distant des ouvriers britanniques à l’effervescence politique française des années 1830-1848 (15’45), à propos de politisation, « the » question : pourquoi pas de révolution en Grande-Bretagne en 1848 ? (18’20), les sociabilités populaires et ouvrières dans le Paris des années 1830-1840 (22’45), la « Saint lundi » et les résistances aux rythmes accrus du travail (24’30), l’intégration de ces ouvriers dans la société française, entre ouverture et fermeture avec l’émergence d’un « langage de la nationalité » (27’). Les références citées dans le podcast : Martin Nadaud, Mémoires de Léonard, maçon de la Creuse, présentation, notes et bibliographie de Jean-Pierre Rioux, Paris, Vendémiaire, 2012 [1895] Agricol Perdiguier, Mémoires d’un compagnon, Paris, Maspero, 1977 [1854-1855] Edward P. Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Seuil, « Points », 2012 [1963] Jacques-Olivier Boudon, Le Plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Belin, 288 pp., 24 €. Le conseil de lecture : Jill Lidington et Jill Norris, Histoire des suffragistes radicales, Paris, Libertalia, 2018 [1978].  


5. Sur l’enseignement de l’histoire, avec Laurence de Cock
May 09 2018 31 mins  
L’invitée : Laurence de Cock, qui enseigne en lycée et à l’université Paris-Diderot ; elle est la fondatrice du collectif aggiornamento histoire-géo qui travaille à repenser l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Le livre : Laurence de Cock, Sur l’enseignement de l’histoire, Paris, Libertalia, 2018, 329 p., 17€. La discussion : présentation de l’ouvrage ; la figure souvent caricaturée d’Ernest Lavisse et son originalité comme savant et pédagogue (à 3 minutes environ), la difficulté (et la nécessité) d’ouvrir la porte de la salle de classe pour étudier les pratiques scolaires et pas seulement les programmes ou les manuels (5 min.), le renouvellement des questionnements autour de l’enseignement de l’histoire après la Première Guerre mondiale, en lien notamment avec la naissance (1929) de la revue Annales d’histoire économique et sociale de Lucien Febvre et Marc Bloch (9 min.), le contexte particulier des années 1960-1970 où fourmillent les projets (13 min.), l’inertie des pratiques ordinaires pour beaucoup de profs loin des avant-gardes pédagogiques (16 min.) le tournant du début des années 1980 et les cris d’alarme d’Alain Decaux sur l’enseignement de l’histoire (18 min.), la difficulté de l’histoire scolaire et de sa finalité intellectuelle dans un contexte où l’immigration et sa vision « culturaliste » polarise les débats (20 min.), la question du jugement dans l’histoire et dans la salle de classe (23 min.), comment faire une scolaire émancipée et émancipatrice sans substituer un « roman de gauche » au « roman national » (26 min.), le carcan horaire des programmes (28 min.), et enfin les bonnes raisons de devenir prof d’histoire (30 min.). Les références citées dans le podcast : * Suzanne Citron, Le mythe national. L’histoire de France revisitée, Paris, éditions de l’Atelier, 2008. * Annie Bruter, « Un laboratoire de la pédagogie de l’histoire. L’histoire sainte à l’école primaire (1833-1882) », Revue de l’histoire de l’éducation, n° 114, 2007. * Evelyne Héry, Un siècle de leçons d’histoire. L’histoire enseignée au lycée 1870-1970, Rennes, PUR, 1999. * Olivier Loubes, « “L’incommode image exacte” du Petit Lavisse. Brève histoire régressive des écritures scolaires du récit national (2013-1913) », in Etienne Bourdon et al., Lavisse : le roman national comme patrimoine scolaire, Éditions de l’œil, 2016. * Antoine Prost, Histoire de l’enseignement et de l’éducation depuis les années 1930, Perrin, 2004. Le conseil de lecture : Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France, Marseille, Agone, à paraître en septembre 2018.


4. L’Asie dans les conflits du premier XXe siècle, avec Pierre Grosser
May 01 2018 26 mins  
L’invité : Pierre Grosser, professeur agrégé à Sciences Po, chercheur en histoire des relations internationales Le livre : L’Histoire du monde se fait en Asie. Une autre vision du XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 2017. La discussion : les origines du travail et l’intérêt pour l’Asie en tant qu’historien internationaliste (3′), le défi mais la possibilité d’écrire une histoire de l’Asie sans parler les langues de la région (4′), les renouvellements historiographiques récents de l’histoire de l’Asie et les biais de ces travaux qu’il faut savoir décoder (5’30), la vogue actuelle de l’histoire mondiale en France, et le retard ou les limites de ces approches qui ignorent souvent les relations internationales (7’30), l’importance pour les relations internationales aux XIXe-XXe siècles de la zone située entre Chine et Russie (10’40), l’issue de la première guerre mondiale en Asie et les frustrations de la Chine et du Japon, pour la “clause d’égalité raciale” notamment (13′), la discrétion diplomatique de la France dans la région (15′), le lien entre questions extérieures (et asiatiques) et politique intérieure, pour l’URSS en particulier (16’10), les raisons pour lesquelles la guerre URSS-Japon n’a (presque) pas eu lieu, qui aurait pu constituer le tournant de la seconde guerre mondiale (18’30), les lectures renouvelées de la capitulation japonaise en 1945, entre bombes atomiques et offensive soviétique (20′), la périodisation de la seconde guerre mondiale, qu’on peut faire débuter en 1937 ou 1931 en Asie, et les sous-entendus historiographiques, politiques et mémoriels dans le choix de ces dates (22′). Les références citées dans le podcast : – Sylvain Venayre et Pierre Singaravélou, Histoire du monde au XIXe siècle, Paris,Fayard, 2017. – Jürgen Osterhammel, La transformation du monde au XIXe siècle , Paris, Nouveau monde éditions, 2017. – Christopher Bayly, La naissance du monde moderne (1780-1914), Paris, Les Éditions de l’Atelier – Le Monde diplomatique, 2007 Le conseil de lecture : Odd Arne Westad, La guerre froide globale, Payot, 2007



3. Enfance et adolescence en guerre, avec Manon Pignot
Apr 30 2018 34 mins  
L’invitée : Manon Pignot, ancienne élève de l’ENS (Fontenay-Saint-Cloud), agrégée d’histoire, maîtresse de conférences à l’université de Picardie-Jules Verne. Les parutions : – Déflagrations, sous la direction de Zérane S. Girardeau, Paris, Anamosa, 2017. –« “Les enfants ne vont pas au front” : les combattants juvéniles de la Grande Guerre », Le Mouvement Social, dossier : Engagements adolescents en guerres mondiales, n°261, oct-nov. 2017. La discussion : la force expressive des dessins d’enfants en guerre (à 3 minutes environ), l’archivage des dessins d’enfants et l’intérêt que leur ont porté pédagogues et historiens (8’), l’intérêt du dessin pour échapper aux déterminismes sociaux liés à la maîtrise de l’écriture, mais la difficulté à le contextualiser (10’45), les différences et les ressemblances entre dessins suivant les contextes de guerre (11’45), le caractère plus marquant des dessins d’enfants plus jeunes (14’45). Puis la Première Guerre mondiale, avec les quelques adolescents qui cherchent à rejoindre le front pour combattre (17′), les causes multiples de leurs engagements souvent contrecarrés par les autorités (18′), l’inscription de ces phénomènes dans le temps long de la scolarisation et de la structuration du sentiment national (21′), les mélange d’inquiétude et de fierté des contemporains devant ces velléités guerrières (23′), leur mémoire ambiguë (26′), les éclairages de cette histoire au regard des “enfants-soldats” et des tentations guerrières pour certains adolescents aujourd’hui (28′) Parmi les dessins évoqués dans le podcast : Dessin de Beata, 8 ans, enfant rwandaise au centre pour enfants orphelins ou séparés de Ndera, 1997 (p.103) Dessin d’un enfant tchadien dans un camp de personnes déplacées par la guerre du Darfour, 2007 (détail, p. 189) Dessin d’un enfant dans la guerre d’Espagne, 1937 (p.208) Photo d’un des adolescents-soldats évoqués dans l’article (Imperial War Museum Q11105) Le conseil de lecture : Anna Hope, Le chagrin des vivants (2016) et La salle de bal (2018).


2. Les socialistes dans l’Algérie coloniale, avec Claire Marynower
Apr 21 2018 33 mins  
L’invitée: Claire Marynower, agrégée d’histoire et maîtresse de conférences à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Ses travaux de recherche portent sur l’histoire du Maghreb à l’époque coloniale. Le livre : L’Algérie à gauche 1900-1962, PUF, 2018. La discussion : le choix de travailler sur l’Algérie coloniale (à 2 minutes environ), l’objet du livre: les socialistes en Algérie, des colonisateurs de “bonne volonté” selon l’expression d’un acteur de l’époque (3’30) les particularités de la région d’Oran, terrain de l’enquête (6′), les types de sources utilisées, en l’absence des archives locales du parti (8′), la démarche prosopographique (10’30), le portrait plus nuancé qu’on ne l’écrit habituellement des militants du parti (13′), les violences qui émaillent la vie politique dans l’Algérie de l’entre-deux-guerres (15’45), l’importance de la guerre d’Espagne dans la vie d’Oran toute proche et peuplée d’une forte communauté d’immigrés espagnols (17’30), le projet de Réforme Blum-Viollette en 1936 et l’enthousiasme qu’il suscite du côté algérien (20′), les possibilités de rencontre au sein de la S.F.I.O. entre Français et Algériens ainsi que leurs limites (23′), les difficultés croissantes des socialistes face à l’irruption du nationalisme algérien dans les années 1940 et 1950, autour des émeutes et violences de Sétif et Guelma (1945) en particulier (25’20), l’importance du livre pour réfuter les tendances nostalgiques qui mythifient “l’effort colonial” de la France en Algérie (29’40). Les références citées dans le podcast : – Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Paris, Gallimard, coll. “Folio histoire”, 2e éd., 2016 [2001]. – Albert Memmi, Portrait du colonisé, précédé de Portrait du colonisateur, Paris, Buchet/Chastel, 1957. – Célia Keren, « Négocier l’aide humanitaire : les évacuations d’enfants espagnols vers la France pendant la guerre civile (1936-1939) », Revue d’Histoire de l’Enfance Irrégulière, n°14, dossier « Enfances (dé)placées », 2013, p. 167-183. – Jean-Pierre Peyroulou, Guelma,1945. Une subversion coloniale dans l’Algérie française, Paris, La découverte; coll. “Textes à l’appui”, 2009. Le conseil de lecture final : Marceline Loridan-Ivens, L’amour après, Paris, Grasset, 2018.


1. Autour de mai 68, avec Ludivine Bantigny
Apr 13 2018 44 mins  
L’invitée : Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen-Normandie Le livre : 1968, De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018). Lire la recension. La discussion : les bornes chronologiques de l’événement « 68 » (à 3 minutes d’entretien environ), la violence des manifestations et de la répression menant aux « morts oubliés » de juin 1968 (6 min.),l’importance pour l’historienne de restituer la dimension matérielle et concrète de l’événement (10 min), le rapport au passé (le Front Populaire, la Commune…) en mai-juin 1968 (15 min.), l’internationalisme pensé et vécu par les acteurs du mouvement (18 min.), le rapport aux sources et le travail en archives sur les fiches établies par la police (22 min.), la mémoire spécifique de la guerre d’Algérie et la présence (ou non) de « Charonne » et du 17 octobre 1961 dans les esprits en 1968 (25 min.), les rapports hommes-femmes, la difficile prise de parole féminine, et la question de la sexualité (27 min.), une histoire contrefactuelle de mai-juin 1968 : comment les choses auraient-elles pu tourner autrement, basculer ? Quel rôle pour la CGT en particulier ? (32 min.), quels acquis sociaux, alors que l’inflation rend éphémères les gains salariaux, et qu’à l’échelle locale les rapports de force sont souvent défavorables aux grévistes après « mai » ? (38 min.), que font les historiennes et les historiens en mai 68 ? (40 min.). Le conseil de lecture final : Julie Pagis, Un pavé dans leur histoire, Paris, Presses de Sciences Po, coll. « Sociétés en mouvement », 2014.    




4 • 3 Ratings

jb Jul 21 2020
Un podcast qui pourrait être intéressant mais qui ne permet hélas pas de pouvoir ensuite se forger sa propre opinion sur les problèmes historiques. Outre l'animation monotone qui rend le discours parfois assez soporifique, on regrette un continuel parti pris idéologique parfois quasi militant. André Loez ne sait pas prendre de recul sur ses propres convictions et comme beaucoup de ses confrères il confond enseigner et influencer.

pausa May 07 2020
Excellent

Mathieu Apr 17 2020
Excellent podcast !