Collège de France (Général)

Jun 26 2020 16.3k

Podcast du Collège de France































06 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
May 06 2020 61 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

06 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
May 06 2020 61 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.















01 - L'équité. Histoire romaine du désir de justice - VIDEO
Apr 05 2020 52 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2019-2020 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

01 - L'équité. Histoire romaine du désir de justice
Apr 05 2020 52 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2019-2020 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.



08 - Dieux, daimones, héros (II) - VIDEO
Apr 05 2020 67 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.


08 - Dieux, daimones, héros (II)
Apr 05 2020 67 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.



05 - Dossiers mentaux - VIDEO
Apr 05 2020 87 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

05 - Dossiers mentaux
Apr 05 2020 87 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.





















04 - Dossiers mentaux - VIDEO
Mar 06 2020 85 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.


04 - Dossiers mentaux
Mar 06 2020 85 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

07 - Dieux, daimones, héros (II) - VIDEO
Mar 06 2020 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.

07 - Dieux, daimones, héros (II)
Mar 06 2020 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.





05 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
Mar 06 2020 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.


05 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
Mar 06 2020 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.




















04 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
Feb 29 2020 62 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

04 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
Feb 29 2020 62 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

03 - Dossiers mentaux - VIDEO
Feb 28 2020 84 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

03 - Dossiers mentaux
Feb 28 2020 84 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.





06 - Dieux, daimones, héros (II) - VIDEO
Feb 28 2020 65 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.

06 - Dieux, daimones, héros (II) - PDF
Feb 28 2020 65 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.

06 - Dieux, daimones, héros (II)
Feb 28 2020 65 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 La Théogonie d’Hésiode présente l’acte de naissance des Nymphes dans le cosmos en tant que Nymphes méliennes (« des frênes »), à la suite de la castration d’Ouranos par Kronos. Ce crime fait s’engouffrer dans le monde une myriade d’entités ambivalentes et de maux, dont la vieillesse et la mort, qui sont l’apanage des humains. Ces Nymphes méliennes pourraient dès lors n’être pas seulement des entités liées à la guerre par le biais des lances faites en bois de frêne, mais aussi des figures associées à l’émergence des premiers humains, ainsi évoquée en creux par le poète. Selon d’autres modalités que celles dessinées par l’épopée homérique, les Nymphes y apparaissent une fois comme des entités supra-humaines d’entre-deux. Quant aux cultes qui leur étaient réservés, des exemples athéniens de la période classique, tant publics que privés, montrent des Nymphes locales au sein de groupes de destinataires divins aux fonctions courotrophiques étendues. À cela s’ajoute leur aptitude à intégrer sur le territoire des éléments étrangers comme le « nympholepte » Archedamos de Théra qui a aménagé la célèbre grotte de Vari dans le massif de l’Hymette. Tant les numphai humaines que les Nymphes divines sont porteuses des espoirs d’un groupe humain et pourvoyeuses de vie. À des titres divers, ce sont des figures de transition et d’intégration.



























03 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
Feb 26 2020 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

03 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
Feb 26 2020 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

02 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
Feb 26 2020 61 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.

02 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
Feb 26 2020 61 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.



















Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation - VIDEO
Feb 26 2020 63 mins  
Lluis Quintana-Murci Génomique humaine et évolution Collège de France Année 2019-2020 Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation Lluis Quintana-Murci, né en 1970, est directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut Pasteur où il dirige l’unité « Génomique évolutive, modélisation et santé ». Auteur de plus de 200 publications, Lluis Quintana-Murci est un chercheur reconnu mondialement pour ses travaux sur la diversité du génome humain, dont les déclinaisons sont nombreuses et fécondes, aussi bien d’un point de vue fondamental que d’un point de vue appliqué, faisant progresser notre connaissance et notre compréhension de certains phénotypes d’intérêt médical, en lien avec la réponse immunitaire ou encore la nutrition. Ses premiers travaux en génétique ont permis de valider l’hypothèse d’une sortie d’Afrique d’Homo sapiens il y a ~60,000 ans (hypothèse du remplacement) par la voie dite d’Afrique de l’Est. A la suite de cette étude, il a utilisé son expertise en génomique évolutive pour aborder avec une perspective nouvelle les questions relatives à la diversité génétique et épigénétique de l’espèce humaine, comme la façon dont la sélection naturelle – en particulier celle exercée par les pathogènes – a façonné la diversité du génome humain. Les recherches de Lluis Quintana-Murci ont également porté sur la contribution de la variabilité génétique de l’hôte à des différences de réponses immunitaires aux agents pathogènes et aux maladies infectieuses. Il a ainsi montré avec son équipe de l’Institut Pasteur que certains allèles, qui ont pu être avantagés dans le passé, car conférant un avantage lors d’une infection, seraient aujourd’hui responsables d’une susceptibilité accrue aux maladies auto-immunes et inflammatoires.


Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation - PDF
Feb 26 2020 63 mins  
Lluis Quintana-Murci Génomique humaine et évolution Collège de France Année 2019-2020 Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation Lluis Quintana-Murci, né en 1970, est directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut Pasteur où il dirige l’unité « Génomique évolutive, modélisation et santé ». Auteur de plus de 200 publications, Lluis Quintana-Murci est un chercheur reconnu mondialement pour ses travaux sur la diversité du génome humain, dont les déclinaisons sont nombreuses et fécondes, aussi bien d’un point de vue fondamental que d’un point de vue appliqué, faisant progresser notre connaissance et notre compréhension de certains phénotypes d’intérêt médical, en lien avec la réponse immunitaire ou encore la nutrition. Ses premiers travaux en génétique ont permis de valider l’hypothèse d’une sortie d’Afrique d’Homo sapiens il y a ~60,000 ans (hypothèse du remplacement) par la voie dite d’Afrique de l’Est. A la suite de cette étude, il a utilisé son expertise en génomique évolutive pour aborder avec une perspective nouvelle les questions relatives à la diversité génétique et épigénétique de l’espèce humaine, comme la façon dont la sélection naturelle – en particulier celle exercée par les pathogènes – a façonné la diversité du génome humain. Les recherches de Lluis Quintana-Murci ont également porté sur la contribution de la variabilité génétique de l’hôte à des différences de réponses immunitaires aux agents pathogènes et aux maladies infectieuses. Il a ainsi montré avec son équipe de l’Institut Pasteur que certains allèles, qui ont pu être avantagés dans le passé, car conférant un avantage lors d’une infection, seraient aujourd’hui responsables d’une susceptibilité accrue aux maladies auto-immunes et inflammatoires.

Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation
Feb 26 2020 63 mins  
Lluis Quintana-Murci Génomique humaine et évolution Collège de France Année 2019-2020 Leçon inaugurale : Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation Lluis Quintana-Murci, né en 1970, est directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut Pasteur où il dirige l’unité « Génomique évolutive, modélisation et santé ». Auteur de plus de 200 publications, Lluis Quintana-Murci est un chercheur reconnu mondialement pour ses travaux sur la diversité du génome humain, dont les déclinaisons sont nombreuses et fécondes, aussi bien d’un point de vue fondamental que d’un point de vue appliqué, faisant progresser notre connaissance et notre compréhension de certains phénotypes d’intérêt médical, en lien avec la réponse immunitaire ou encore la nutrition. Ses premiers travaux en génétique ont permis de valider l’hypothèse d’une sortie d’Afrique d’Homo sapiens il y a ~60,000 ans (hypothèse du remplacement) par la voie dite d’Afrique de l’Est. A la suite de cette étude, il a utilisé son expertise en génomique évolutive pour aborder avec une perspective nouvelle les questions relatives à la diversité génétique et épigénétique de l’espèce humaine, comme la façon dont la sélection naturelle – en particulier celle exercée par les pathogènes – a façonné la diversité du génome humain. Les recherches de Lluis Quintana-Murci ont également porté sur la contribution de la variabilité génétique de l’hôte à des différences de réponses immunitaires aux agents pathogènes et aux maladies infectieuses. Il a ainsi montré avec son équipe de l’Institut Pasteur que certains allèles, qui ont pu être avantagés dans le passé, car conférant un avantage lors d’une infection, seraient aujourd’hui responsables d’une susceptibilité accrue aux maladies auto-immunes et inflammatoires.



02 - Dossiers mentaux - VIDEO
Feb 26 2020 87 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

02 - Dossiers mentaux
Feb 26 2020 87 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

01 - Dossiers mentaux - VIDEO
Feb 26 2020 83 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

01 - Dossiers mentaux
Feb 26 2020 83 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Année 2019-2020 Dossiers mentaux Nous partirons d'une distinction, courante en philosophie de l'esprit, entre le contenu étroit des pensées, pertinent pour l’explication psychologique, et leur contenu large, pertinent pour l’évaluation sémantique. Au niveau des constituants de la pensée (les concepts), cette distinction correspond plus ou moins à celle de Frege entre le sens et la référence. Nous considérerons le cas particulier des concepts singuliers, c'est-à-dire portant sur des individus. La référence est alors l'individu représenté, et le sens correspond à la façon dont le concept présente cet individu : le « mode de présentation ». Selon une conception répandue, les modes de présentation correspondent à des descriptions, c’est-à-dire à des propriétés (ou ensembles de propriétés) que le sujet attribue à l’individu représenté, et telles que la référence soit l’individu qui possède ces propriétés et satisfait donc les conditions descriptives imposées par le concept en jeu. Après avoir évoqué les problèmes que rencontre cette théorie, nous en explorerons une autre, selon laquelle les concepts singuliers sont des « dossiers » (sur les objets individuels) fondés sur les relations contextuelles qu’on entretient avec ces objets, et servant à emmagasiner les informations obtenues sur eux par le truchement de ces relations. Dans cette conception, ce qui fixe la référence du dossier et détermine à quoi l’on pense à travers l’activation ou le déploiement de celui-ci c’est la relation sur laquelle le dossier est fondé, et non les informations, possiblement erronées, que le dossier contient. Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.


Leçon inaugurale : Philosophie du langage et de l'esprit - VIDEO
Feb 15 2020 72 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Leçon inaugurale Philosophie du langage et de l'esprit Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

Leçon inaugurale : Philosophie du langage et de l'esprit - PDF
Feb 15 2020 72 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Leçon inaugurale Philosophie du langage et de l'esprit Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.

Leçon inaugurale : Philosophie du langage et de l'esprit
Feb 15 2020 72 mins  
François Recanati Philosophie du langage et de l'esprit Collège de France Leçon inaugurale Philosophie du langage et de l'esprit Pragmatique de l’énonciation ; contextualisme ; théorie de la référence directe ; indexicalité mentale et subjectivité ; dossiers mentaux. Autant de concepts et de thèmes majeurs de la philosophie contemporaine auxquels le nom de François Recanati est étroitement associé. Auteur d’une œuvre riche de onze livres parus chez les plus grands éditeurs universitaires, et de plus de cent cinquante articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a contribué à consolider un champ de recherche aujourd’hui très actif internationalement, au croisement de la philosophie du langage et de l’esprit, de la linguistique et des sciences cognitives. Sa recherche nous amène à reconsidérer la relation entre le langage et la pensée. Membre du CNRS depuis 1979, directeur d’étude à l’EHESS (où il était entré en 1975), cofondateur en 2000 et ancien directeur de l’Institut Jean Nicod, unité de recherche d’une centaine de personnes commune à l’École normale supérieure et à l’EHESS, François Recanati a produit une œuvre considérable dont le retentissement est mondial, comme en attestent ses invitations à enseigner dans les universités les plus prestigieuses et les nombreuses traductions dont ses travaux font l'objet. Il est l’un des philosophes français les plus connus dans le monde anglo-saxon.




























Littératures comparées - Leçon inaugurale 2020 : Pour une bibliothèque mondiale - PDF
Feb 10 2020 74 mins  
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2019-2020 Leçon inaugurale Pour une bibliothèque mondiale Une nouvelle chaire intitulée Littératures comparées est confiée à l’historien de la littérature, écrivain et essayiste William MARX. Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William MARX, né en 1966, est passé par de nombreuses universités françaises, dont l’université Paris Nanterre, où il fut professeur de 2009 à 2019, et étrangères, en Amérique du Nord, en Europe ou encore au Japon. Il est l’auteur d’une centaine d’articles portant notamment sur l’Antiquité classique, sur la littérature et les arts depuis le XIXe siècle autour de la question du modernisme, ainsi que sur l’histoire et l’épistémologie des études littéraires. Spécialiste des traditions littéraires française, anglo-américaine, italienne et germanique, comme des littératures grecque et latine, William MARX est aussi un philologue reconnu, qui a établi des éditions critiques, comme celle du dernier tome de l'édition des Cahiers 1894-1914 de Paul Valéry (Gallimard, 2016), et celle des notes de T.S. Eliot sur le cours d’Henri Bergson au Collège de France. Lauréat de l'Académie française, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, membre du conseil scientifique du Wissenschaftskolleg zu Berlin (Allemagne), dont il a été fellow, régulièrement invité dans les universités étrangères, William MARX est l'auteur de nombreux ouvrages et essais traduits en une dizaine de langues, parmi lesquels : Un savoir gai (Minuit, 2018), La Haine de la littérature (Minuit, 2015), Le Tombeau d'Œdipe (Minuit, 2012), Vie du lettré (Minuit, 2009), L'Adieu à la littérature (Minuit, 2005), Les Arrière-gardes au XXe siècle (dir., PUF, 2004), Naissance de la critique moderne (Artois Presses Université, 2002). Ses ouvrages sont publiés aux États-Unis et dans le monde anglophone par Harvard University Press et Verso Books. « Ma recherche en littérature est née d'un malaise ressenti dès les années de lycée. Je ne voyais pas l'intérêt des études littéraires telles qu'elles m'étaient proposées (...). Je me demandais, en somme, à quoi servait le discours sur la littérature. Et longtemps je me le suis demandé. Après avoir passé un baccalauréat scientifique, j'hésitai longuement entre les sciences et les lettres, comme Hercule à la croisée des chemins, et n'optai pour la voie littéraire qu'afin d'approfondir ma connaissance des langues et de la culture antiques, tout en gardant le sentiment intime d'une certaine inadéquation aux études que je menais ou, du moins, d'un autre possible qui eût pu s'ouvrir à leur place. Ce sentiment me poursuivit jusqu'à l'agrégation de lettres classiques. Et je ne réussis à m'en débarrasser que le jour où je décidai de faire de cette interrogation presque existentielle la base même de mon travail (...) De là vient que l'essentiel de mes travaux propose une mise en évidence et une critique des a priori qui gouvernent notre perception de la littérature. Et cette interrogation quant à la légitimité du discours sur la littérature se double de la conviction comparatiste que seul l'éloignement temporel, spatial et culturel peut permettre une meilleure appréciation de la réalité la plus familière. » William MARX

Littératures comparées - Leçon inaugurale 2020 : Pour une bibliothèque mondiale
Feb 10 2020 74 mins  
William Marx Littératures comparées Collège de France Année 2019-2020 Leçon inaugurale Pour une bibliothèque mondiale Une nouvelle chaire intitulée Littératures comparées est confiée à l’historien de la littérature, écrivain et essayiste William MARX. Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William MARX, né en 1966, est passé par de nombreuses universités françaises, dont l’université Paris Nanterre, où il fut professeur de 2009 à 2019, et étrangères, en Amérique du Nord, en Europe ou encore au Japon. Il est l’auteur d’une centaine d’articles portant notamment sur l’Antiquité classique, sur la littérature et les arts depuis le XIXe siècle autour de la question du modernisme, ainsi que sur l’histoire et l’épistémologie des études littéraires. Spécialiste des traditions littéraires française, anglo-américaine, italienne et germanique, comme des littératures grecque et latine, William MARX est aussi un philologue reconnu, qui a établi des éditions critiques, comme celle du dernier tome de l'édition des Cahiers 1894-1914 de Paul Valéry (Gallimard, 2016), et celle des notes de T.S. Eliot sur le cours d’Henri Bergson au Collège de France. Lauréat de l'Académie française, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, membre du conseil scientifique du Wissenschaftskolleg zu Berlin (Allemagne), dont il a été fellow, régulièrement invité dans les universités étrangères, William MARX est l'auteur de nombreux ouvrages et essais traduits en une dizaine de langues, parmi lesquels : Un savoir gai (Minuit, 2018), La Haine de la littérature (Minuit, 2015), Le Tombeau d'Œdipe (Minuit, 2012), Vie du lettré (Minuit, 2009), L'Adieu à la littérature (Minuit, 2005), Les Arrière-gardes au XXe siècle (dir., PUF, 2004), Naissance de la critique moderne (Artois Presses Université, 2002). Ses ouvrages sont publiés aux États-Unis et dans le monde anglophone par Harvard University Press et Verso Books. « Ma recherche en littérature est née d'un malaise ressenti dès les années de lycée. Je ne voyais pas l'intérêt des études littéraires telles qu'elles m'étaient proposées (...). Je me demandais, en somme, à quoi servait le discours sur la littérature. Et longtemps je me le suis demandé. Après avoir passé un baccalauréat scientifique, j'hésitai longuement entre les sciences et les lettres, comme Hercule à la croisée des chemins, et n'optai pour la voie littéraire qu'afin d'approfondir ma connaissance des langues et de la culture antiques, tout en gardant le sentiment intime d'une certaine inadéquation aux études que je menais ou, du moins, d'un autre possible qui eût pu s'ouvrir à leur place. Ce sentiment me poursuivit jusqu'à l'agrégation de lettres classiques. Et je ne réussis à m'en débarrasser que le jour où je décidai de faire de cette interrogation presque existentielle la base même de mon travail (...) De là vient que l'essentiel de mes travaux propose une mise en évidence et une critique des a priori qui gouvernent notre perception de la littérature. Et cette interrogation quant à la légitimité du discours sur la littérature se double de la conviction comparatiste que seul l'éloignement temporel, spatial et culturel peut permettre une meilleure appréciation de la réalité la plus familière. » William MARX



01 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques - VIDEO
Feb 05 2020 56 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.


01 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques
Feb 05 2020 56 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2019-2020 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive (2) Les bibliothèques Le cours de cette année s’attachera à reconstituer les bibliothèques de l’Antiquité tardive pour tenter de redonner chair à leurs lecteurs en creusant le lien qui les rattache à leurs livres. Au-delà des témoignages littéraires souvent mis à contribution, c’est aux restes réels de ces bibliothèques que nous nous intéresserons à travers une approche archéologique de la question : qu’appelle-t-on une bibliothèque ? Quelles sont les bibliothèques que les sources papyrologiques nous permettent de reconstituer ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur le profil socio-culturel de leurs lecteurs ? Quel rapport entretiennent livres chrétiens et livres classiques au sein de ces ensembles entre le IVe et le VIIe siècle ? La quête des bibliothèques : mission impossible ? (1) Avant de pouvoir apporter des réponses à ces questions, il faut essayer de comprendre pourquoi la tâche de reconstitution de ces bibliothèques est aussi malaisée et pourquoi elle n’a pas fait l’objet d’une étude systématique jusque-là. La provenance : une donnée souvent manquante ou douteuse. La première difficulté tient à ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris.





02 - Dieux, daimones, héros (II) - VIDEO
Feb 05 2020 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 Dieux, daimones, héros (II) La pluralité du monde suprahumain des Grecs se définit par une multiplicité de figures divines et héroïques. Mais qu’est-ce qui fait le dieu ou le héros ? Comment circonscrire ces catégories générales attestées dans la documentation antique et dont les chercheurs modernes usent largement ? Comment comprendre, en outre, le terme de daimōn qui apparaît dans la poésie en lien avec l’action divine ? Poursuivant l’investigation ouverte l’an dernier, nous tenterons de comprendre la dimension cultuelle du daimōn quand il est qualifié de « bon daimōn » (Agathos daimōn) en relation avec Dionysos, la Bonne Fortune (Agathē Tychē) et un Zeus local, voire familial, pourvoyeur de bienfaits. Sur un tel plan cultuel seront également convoquées les Nymphes, dont le nom commun renvoie à la jeune fille en âge de se marier. Le statut intermédiaire de ces dernières, dont plusieurs textes font des entités mortelles, permet d’enrichir et d’affiner l’interrogation sur le statut divin. Enfin, le statut de « héros » ajoute à ce paysage suprahumain une autre déclinaison de l’ambiguïté des destinataires cultuels, sur le large spectre qui va de la mortalité des hommes, limités dans leur action, à l’immortalité des dieux, caractérisés par leur puissance.

02 - Dieux, daimones, héros (II)
Feb 05 2020 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 Dieux, daimones, héros (II) La pluralité du monde suprahumain des Grecs se définit par une multiplicité de figures divines et héroïques. Mais qu’est-ce qui fait le dieu ou le héros ? Comment circonscrire ces catégories générales attestées dans la documentation antique et dont les chercheurs modernes usent largement ? Comment comprendre, en outre, le terme de daimōn qui apparaît dans la poésie en lien avec l’action divine ? Poursuivant l’investigation ouverte l’an dernier, nous tenterons de comprendre la dimension cultuelle du daimōn quand il est qualifié de « bon daimōn » (Agathos daimōn) en relation avec Dionysos, la Bonne Fortune (Agathē Tychē) et un Zeus local, voire familial, pourvoyeur de bienfaits. Sur un tel plan cultuel seront également convoquées les Nymphes, dont le nom commun renvoie à la jeune fille en âge de se marier. Le statut intermédiaire de ces dernières, dont plusieurs textes font des entités mortelles, permet d’enrichir et d’affiner l’interrogation sur le statut divin. Enfin, le statut de « héros » ajoute à ce paysage suprahumain une autre déclinaison de l’ambiguïté des destinataires cultuels, sur le large spectre qui va de la mortalité des hommes, limités dans leur action, à l’immortalité des dieux, caractérisés par leur puissance.











































01 - Dieux, daimones, héros (II) - VIDEO
Jan 30 2020 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 Dieux, daimones, héros (II) La pluralité du monde suprahumain des Grecs se définit par une multiplicité de figures divines et héroïques. Mais qu’est-ce qui fait le dieu ou le héros ? Comment circonscrire ces catégories générales attestées dans la documentation antique et dont les chercheurs modernes usent largement ? Comment comprendre, en outre, le terme de daimōn qui apparaît dans la poésie en lien avec l’action divine ? Poursuivant l’investigation ouverte l’an dernier, nous tenterons de comprendre la dimension cultuelle du daimōn quand il est qualifié de « bon daimōn » (Agathos daimōn) en relation avec Dionysos, la Bonne Fortune (Agathē Tychē) et un Zeus local, voire familial, pourvoyeur de bienfaits. Sur un tel plan cultuel seront également convoquées les Nymphes, dont le nom commun renvoie à la jeune fille en âge de se marier. Le statut intermédiaire de ces dernières, dont plusieurs textes font des entités mortelles, permet d’enrichir et d’affiner l’interrogation sur le statut divin. Enfin, le statut de « héros » ajoute à ce paysage suprahumain une autre déclinaison de l’ambiguïté des destinataires cultuels, sur le large spectre qui va de la mortalité des hommes, limités dans leur action, à l’immortalité des dieux, caractérisés par leur puissance.

01 - Dieux, daimones, héros (II)
Jan 30 2020 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2019-2020 Dieux, daimones, héros (II) La pluralité du monde suprahumain des Grecs se définit par une multiplicité de figures divines et héroïques. Mais qu’est-ce qui fait le dieu ou le héros ? Comment circonscrire ces catégories générales attestées dans la documentation antique et dont les chercheurs modernes usent largement ? Comment comprendre, en outre, le terme de daimōn qui apparaît dans la poésie en lien avec l’action divine ? Poursuivant l’investigation ouverte l’an dernier, nous tenterons de comprendre la dimension cultuelle du daimōn quand il est qualifié de « bon daimōn » (Agathos daimōn) en relation avec Dionysos, la Bonne Fortune (Agathē Tychē) et un Zeus local, voire familial, pourvoyeur de bienfaits. Sur un tel plan cultuel seront également convoquées les Nymphes, dont le nom commun renvoie à la jeune fille en âge de se marier. Le statut intermédiaire de ces dernières, dont plusieurs textes font des entités mortelles, permet d’enrichir et d’affiner l’interrogation sur le statut divin. Enfin, le statut de « héros » ajoute à ce paysage suprahumain une autre déclinaison de l’ambiguïté des destinataires cultuels, sur le large spectre qui va de la mortalité des hommes, limités dans leur action, à l’immortalité des dieux, caractérisés par leur puissance.


















































































































































Walter Fontana - Leçon inaugurale - Informatique et sciences numériques (2019-2020) - VIDEO
Nov 08 2019 70 mins  
Walter Fontana Collège de France Informatique et sciences numériques (2019-2020) Année 2019-2020 Auteur d’une centaine de publications, le Pr Walter Fontana mène des recherches, principalement aux États-Unis et en Europe, qui montrent que les théories qui sont à la base de l’informatique d’une part et la biologie d’autre part ont beaucoup de choses en commun, et que la confrontation des points de vue et des approches peut améliorer et changer notre compréhension du vivant. Théoricien et informaticien, il travaille principalement sur les problèmes posés par la biologie des systèmes. Il a contribué à développer kappa , qui est à la fois une plateforme et un langage de programmation informatique permettant de simuler le fonctionnement du vivant au niveau moléculaire et cellulaire, et qui se veut un puissant outil de recherche collaborative en réseau pour la biologie. La biologie des systèmes a émergé en réponse au très haut débit de production et au foisonnement des données liées aux aspects moléculaires de la biologie cellulaire. Ces données ont renforcé le besoin de comprendre comment un système formé d’une incroyable diversité d'assemblages moléculaires qui interagissent les uns avec les autres de manière asynchrone et autonome pouvait manifester un comportement cohérent. La biologie des systèmes vise à développer et à intégrer de nouvelles approches expérimentales et mathématiques dans la recherche de principes qui rendraient plus intelligible la nature des phénotypes cellulaires, améliorant notre capacité de contrôle de ces derniers. Cette poursuite est certes motivée par la nécessité pratique de prévenir des dysfonctionnements et de lutter contre des pathologies. Mais la démarche adoptée par le Pr Walter Fontana reflète aussi le besoin d’une perspective théorique indispensable pour penser la complexité de la cellule et de l’organisme et, par extension, l’évolution elle-même. Aussi dans son cours au Collège de France, le Pr Walter Fontana adoptera une perspective différente de celle traditionnellement utilisée dans le domaine de la « bioinformatique », qui est souvent confinée à l’analyse des grands ensembles de données. Le calcul sera abordé sous deux angles. D'une part, celui de la théorie du langage de programmation vu comme un cadre formel à l'appui de la modélisation de systèmes dynamiques complexes pertinents pour la biologie. D'autre part, celui du calcul vu comme un phénomène naturel et physique faisant partie intégrante des systèmes biologiques.


Walter Fontana - Leçon inaugurale - Informatique et sciences numériques (2019-2020) - PDF
Nov 08 2019 70 mins  
Walter Fontana Collège de France Informatique et sciences numériques (2019-2020) Année 2019-2020 Auteur d’une centaine de publications, le Pr Walter Fontana mène des recherches, principalement aux États-Unis et en Europe, qui montrent que les théories qui sont à la base de l’informatique d’une part et la biologie d’autre part ont beaucoup de choses en commun, et que la confrontation des points de vue et des approches peut améliorer et changer notre compréhension du vivant. Théoricien et informaticien, il travaille principalement sur les problèmes posés par la biologie des systèmes. Il a contribué à développer kappa , qui est à la fois une plateforme et un langage de programmation informatique permettant de simuler le fonctionnement du vivant au niveau moléculaire et cellulaire, et qui se veut un puissant outil de recherche collaborative en réseau pour la biologie. La biologie des systèmes a émergé en réponse au très haut débit de production et au foisonnement des données liées aux aspects moléculaires de la biologie cellulaire. Ces données ont renforcé le besoin de comprendre comment un système formé d’une incroyable diversité d'assemblages moléculaires qui interagissent les uns avec les autres de manière asynchrone et autonome pouvait manifester un comportement cohérent. La biologie des systèmes vise à développer et à intégrer de nouvelles approches expérimentales et mathématiques dans la recherche de principes qui rendraient plus intelligible la nature des phénotypes cellulaires, améliorant notre capacité de contrôle de ces derniers. Cette poursuite est certes motivée par la nécessité pratique de prévenir des dysfonctionnements et de lutter contre des pathologies. Mais la démarche adoptée par le Pr Walter Fontana reflète aussi le besoin d’une perspective théorique indispensable pour penser la complexité de la cellule et de l’organisme et, par extension, l’évolution elle-même. Aussi dans son cours au Collège de France, le Pr Walter Fontana adoptera une perspective différente de celle traditionnellement utilisée dans le domaine de la « bioinformatique », qui est souvent confinée à l’analyse des grands ensembles de données. Le calcul sera abordé sous deux angles. D'une part, celui de la théorie du langage de programmation vu comme un cadre formel à l'appui de la modélisation de systèmes dynamiques complexes pertinents pour la biologie. D'autre part, celui du calcul vu comme un phénomène naturel et physique faisant partie intégrante des systèmes biologiques.

Walter Fontana - Leçon inaugurale - Informatique et sciences numériques (2019-2020)
Nov 08 2019 70 mins  
Walter Fontana Collège de France Informatique et sciences numériques (2019-2020) Année 2019-2020 Auteur d’une centaine de publications, le Pr Walter Fontana mène des recherches, principalement aux États-Unis et en Europe, qui montrent que les théories qui sont à la base de l’informatique d’une part et la biologie d’autre part ont beaucoup de choses en commun, et que la confrontation des points de vue et des approches peut améliorer et changer notre compréhension du vivant. Théoricien et informaticien, il travaille principalement sur les problèmes posés par la biologie des systèmes. Il a contribué à développer kappa , qui est à la fois une plateforme et un langage de programmation informatique permettant de simuler le fonctionnement du vivant au niveau moléculaire et cellulaire, et qui se veut un puissant outil de recherche collaborative en réseau pour la biologie. La biologie des systèmes a émergé en réponse au très haut débit de production et au foisonnement des données liées aux aspects moléculaires de la biologie cellulaire. Ces données ont renforcé le besoin de comprendre comment un système formé d’une incroyable diversité d'assemblages moléculaires qui interagissent les uns avec les autres de manière asynchrone et autonome pouvait manifester un comportement cohérent. La biologie des systèmes vise à développer et à intégrer de nouvelles approches expérimentales et mathématiques dans la recherche de principes qui rendraient plus intelligible la nature des phénotypes cellulaires, améliorant notre capacité de contrôle de ces derniers. Cette poursuite est certes motivée par la nécessité pratique de prévenir des dysfonctionnements et de lutter contre des pathologies. Mais la démarche adoptée par le Pr Walter Fontana reflète aussi le besoin d’une perspective théorique indispensable pour penser la complexité de la cellule et de l’organisme et, par extension, l’évolution elle-même. Aussi dans son cours au Collège de France, le Pr Walter Fontana adoptera une perspective différente de celle traditionnellement utilisée dans le domaine de la « bioinformatique », qui est souvent confinée à l’analyse des grands ensembles de données. Le calcul sera abordé sous deux angles. D'une part, celui de la théorie du langage de programmation vu comme un cadre formel à l'appui de la modélisation de systèmes dynamiques complexes pertinents pour la biologie. D'autre part, celui du calcul vu comme un phénomène naturel et physique faisant partie intégrante des systèmes biologiques.


























Présentation du cours 2019-2020 : Introduction aux mondes africains médiévaux
Oct 07 2019 4 mins  
François-Xavier Fauvelle Collège de France Année 2019 - 2020 Introduction aux mondes africains médiévaux LEs CourTs du Collège de France Présentation du cours de l'année 2019-2020 : À la fois présente au monde par sa massivité continentale et perçue comme faisant obstacle à l’établissement de liens directs entre Occident et Orient, l’Afrique a longtemps paru incontournable aux navigateurs méditerranéens. Partant de cette observation qui conditionne le regard porté sur l’Afrique depuis l’extérieur, le cours de cette année s’attachera à examiner le moment médiéval de l’histoire africaine. Permettant d’appréhender plusieurs mondes médiévaux dans leur diversité (les Sahels et leurs relations transsahariennes avec le Maghreb et l’Egypte, la Corne de l’Afrique, la côte swahili), le cours s’attachera à saisir les modalités de la mise en connexion de l’Afrique avec le monde islamique, sa géographie, sa temporalité, l’agencéité des sociétés africaines dans ces processus, les formes d’urbanisme et les traditions architecturales. Les sources écrites, principalement arabes, seront mobilisées, mais peut-être moins que les données archéologiques, qu’il s’agisse des vestiges urbains ou du mobilier de prestige livré par les sépultures. Dans une approche dynamique des espaces, de la construction des formations politiques, du phénomène religieux (notamment sur la question des relations entre islam et religions locales), on proposera de revisiter plusieurs royaumes africains sous la catégorie de « royaumes courtiers », lesquels s’emploient à assurer l’interface (écologique, commerciale, politique, religieuse, linguistique...) entre bassins économiques et mondes culturels opposés. Et l’on réfléchira, sans s’interdire quelques comparaisons à première vue anachroniques avec le présent, aux implications, sur la recherche elle-même, de la conversation qu’ont entretenue les sociétés africaines avec les mondes extérieurs.























12 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
Jun 07 2019 50 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

12 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
Jun 07 2019 50 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.






08 - Haïti autrement - VIDEO
Jun 06 2019 57 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

08 - Haïti autrement
Jun 06 2019 57 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

11 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 31 2019 61 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

11 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 31 2019 61 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.









07 - Haïti autrement - VIDEO
May 28 2019 53 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

07 - Haïti autrement
May 28 2019 53 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.


10 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 26 2019 59 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

10 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 26 2019 59 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

09 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 63 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

09 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 63 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

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May 24 2019 67 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

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May 24 2019 67 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

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May 24 2019 65 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

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May 24 2019 65 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.


06 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

06 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

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May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

05 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

04 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 60 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

04 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 60 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

03 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 51 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

03 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 51 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.


02 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 67 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

02 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 67 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

01 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) - VIDEO
May 24 2019 56 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

01 - Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains)
May 24 2019 56 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

Leçon inaugurale : Droit, culture et société de la Rome antique - VIDEO
May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

Leçon inaugurale : Droit, culture et société de la Rome antique
May 24 2019 64 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Observer Rome au prisme de son droit : c’est l’objectif de l’enseignement de « Droit, culture et société », institué pour la première fois au Collège de France et confié à Dario Mantovani. Tout droit constitue une technique pour donner une forme à la société, mais une technique qui à son tour prend sa forme de la société. Cela vaut tout particulièrement pour Rome, où – au-delà de la législation – le rôle des juristes a été fondamental. Personnes privées, légitimées en premier lieu par leurs compétences, ils offraient leur conseil désintéressé à leurs concitoyens, en en retirant du prestige social. Le droit a ainsi évolué sous la forme d’un débat, d’un grand discours collectif, dans lequel chaque juriste pouvait faire entendre sa voix, s’il avait les bons arguments. Une rhétorique sans ruse, guidée par des valeurs communes, dans laquelle le droit n’est pas seulement ordonnancement, mais aussi raisonnement. Un discours qui s’est même transformé en une littérature, dont la beauté vient de sa densité, de la précision du langage, du rythme où résonne le pas solennel des lois. Une littérature capable de susciter le plaisir de la lecture et qui mérite d’être redécouvert, comme le prouve celui-là même qui fut à l’origine du Collège de France, Guillaume Budé : son commentaire au Digeste (en 1508) a été un exemple éminent du prisme que le droit pouvait constituer pour regarder une société et sa culture (et aussi pour s’interroger sur sa propre époque). En effet, le droit romain, après avoir appartenu à Rome, appartint à l’Europe. Et si l’enseignement de Dario Mantovani s’intéresse surtout au moment antique du droit de Rome, il ne perd pas de vue la traversée des époques. À partir du XIe siècle, le Corpus Iuris Civilis, un recueil de textes juridiques romains que l’empereur Justinien avait fait compiler entre 528 et 534 apr. J.-C., a constitué le cœur de l’enseignement universitaire. Attirés par ce rappel intellectuel, tout d’abord en Italie puis dans la majeure partie de l’Europe actuelle, des générations d’étudiants se sont formés à la lecture exigeante et passionnante de ces textes, à la lumière de nécessités et de questions toujours nouvelles. Devenus ensuite avocats, juges ou fonctionnaires, ils portèrent, réélaborèrent et diffusèrent des idées qui ont été fondamentales pour la construction européenne de l’idée de justice et d’État de droit : le droit d’une cité antique devenait ainsi droit commun à l’Occident. Cette chaire s’ouvrira à une intense collaboration transdisciplinaire, pour replacer l'étude du droit romain là où il peut contribuer à éclaircir l'histoire de Rome et de son empire, et la façon dont cette technique a nourri l'imaginaire institutionnel de l'Occident.

Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) : Présentation "Les courTs du Collège de France"
May 24 2019 4 mins  
Dario Mantovani Droit, culture et société de la Rome antique Collège de France Année 2018-2019 Usages juridiques du passé (dans la pensée des juristes romains) : Présentation "Les courTs du Collège de France" Transcription de la vidéo : Le digeste de Justinien et le Corpus iuris civilis dont il fait partie, qui seront au centre de l’enseignement de la Chaire « Droit, culture et société de la Rome antique » à partir de cette année au Collège de France, ont également été au centre de l’enseignement des universités européennes à partir du XIe siècle. Les universités elles-mêmes sont nées autour de la lecture du Corpus iuris civilis grâce à son attrait. Le droit romain recueilli dans ces volumes a donc nourri la culture de générations d’étudiants devenus ensuite juges, fonctionnaires ou avocats. Bien entendu avec des inflexions nationales et locales, avec des mouvements de résistance et de réception, le droit romain est toujours resté un point de repère incontournable. Le Corpus iuris civilis est donc en quelque sorte le livre de chevet de l’Europe. Connaître le droit romain nous offre donc la clé pour la connaissance du développement de cette culture juridique, mais pas seulement la culture juridique. Par exemple Guillaume Budé, le promoteur du Collège de France, lorsqu’il décida au XVIe siècle de restaurer la langue latine, se tourna vers les œuvres des juristes romains parce qu’il savait qu’ils se distinguaient par la précision et la beauté de leur langage. Le droit romain, avant d’appartenir à l’Europe, a appartenu à la Rome antique. Et mon enseignement va porter surtout sur le moment ancien du droit romain. Mais qu’est-ce, au fond, que le droit romain ? C’est une formalisation des rapports sociaux. Il s’agit de choix de valeurs et il s’agit d’un raisonnement. Parce que, oui, il y avait des lois, même d’une certaine envergure, comme la Loi des Douze Tables, mais les lois ne parlent pas seules, il faut que les juristes leur prêtent leur voix. Et donc le droit romain, c’est surtout l’ouvrage, l’œuvre des juristes. Donc il s’agit d’un produit intellectuel. Je dirai, une gigantesque rhétorique sans ruse. Le rôle du juriste romain n’était pas le rôle des avocats. Ils étaient des intellectuels qui cherchaient, par le biais du raisonnement, la solution la plus équitable des conflits d’intérêts. C’est ça qui fait l’attrait du droit romain et qui a permis son réemploi dans l’histoire médiévale et moderne de l’Europe. Une question se pose : comment peut-on renouveler un sujet qui a une tradition d’étude si longue ? Mon séminaire va présenter de nouveaux textes de droit romain que mon équipe et moi avons découverts et publiés. Il s’agit de fragments de papyrus témoins d’ouvrages des juristes romains. Mais derrière le renouvellement d’une discipline historique, il y a aussi le renouvellement du questionnement. Est-ce que les œuvres des juristes romains ont continué à être lues et à fonctionner comme la structure de base du droit même après Dioclétien et jusqu’à Justinien. Eh bien ! la réponse des papyrus est affirmative. On continuait à les copier, à les lire. Donc nous parlons d’une structure cachée. La structure cachée, c’est la pensée des juristes romains incorporée dans ce type d’ouvrage qui a continué à fonctionner même dans l’antiquité tardive.

06 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 61 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.


06 - Haïti autrement
May 23 2019 61 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

05 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 68 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

05 - Haïti autrement
May 23 2019 68 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

04 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 65 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

04 - Haïti autrement
May 23 2019 65 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

03 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 62 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

03 - Haïti autrement
May 23 2019 62 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

02 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 60 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.


02 - Haïti autrement
May 23 2019 60 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

01 - Haïti autrement - VIDEO
May 23 2019 60 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

01 - Haïti autrement
May 23 2019 60 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Haïti autrement L'enseignement autour de la littérature haïtienne Dire Haïti et sa littérature autrement à travers l’ensemble des cours, c’est se demander à travers sa littérature quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone sinon au monde tout court l’expérience haïtienne ? Comment dans l’impasse qui suit son indépendance, des hommes et des femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement créent une civilisation dont la littérature sera un élément majeur ? Comment des écrivains et écrivaines n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. Là où le monde est si ébranlé qu’il faut traverser le langage pour lui trouver des éclats de sens. À partir de 1804, ceux et celles qui n’ont d’autre choix que d’habiter ces 27 750 km2, à peine plus étendus que certains départements de l’Hexagone, sont sommés de s’inventer et d’inventer dans ce lieu non connu, non imaginé, non désiré. À cette sommation, les écrivains répondront durant deux siècles en nourrissant un rêve d’habiter un corps qui ne soit plus celui du migrant nu, selon la belle formule de Glissant, un lieu et un temps fondateurs, d’habiter l’écriture comme lieu premier, originel, un lieu aussi non de simple enracinement mais de possible séjour et enfin un lieu au-delà de l’ethnie ou de la classe, aussi vaste que le silence ou l’inconnu. Et aujourd’hui que la littérature haïtienne s’écrit dans trois langues autres que le français, elle atteste que les langues sont appelées à cohabiter, qu’elles ne sauraient avoir qu’un unique drapeau ou qu’une seule patrie et préfigure une culture du vingt et unième siècle en train de se faire. Étudier la littérature haïtienne à la lumière de son histoire permet de donner au qualificatif francophone une signification hors de tout eurocentisme. Une signification qui sied à notre temps, la seule susceptible de lui assurer un avenir.

Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter - VIDEO
May 23 2019 76 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter Yanick Lahens est la première personnalité à occuper cette chaire créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le Collège de France et l’AUF entendent ainsi illustrer la diversité et la richesse des mondes francophones en donnant une tribune aux chercheurs des pays ayant le français en partage. Créée pour trois ans, cette chaire accueillera chaque année une grande voix de la francophonie issue de différents domaines des lettres, des arts et des sciences. La langue restant le lien premier de cet espace francophone, c’est une grande figure de la littérature haïtienne, prix Femina 2014 pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), qui a été invitée à inaugurer cette chaire : Yanick Lahens, « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », selon le Pr Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie. La leçon inaugurale de Yanick Lahens ainsi que l’ensemble de son enseignement bénéficieront d’une large diffusion grâce au relais privilégié de RFI (France Médias Monde), de TV5MONDE, du réseau des campus numériques francophones de l’AUF, et de l’Institut français, qui soutiennent la diffusion des travaux de la chaire Mondes francophones.

Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter - PDF
May 23 2019 76 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter Yanick Lahens est la première personnalité à occuper cette chaire créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le Collège de France et l’AUF entendent ainsi illustrer la diversité et la richesse des mondes francophones en donnant une tribune aux chercheurs des pays ayant le français en partage. Créée pour trois ans, cette chaire accueillera chaque année une grande voix de la francophonie issue de différents domaines des lettres, des arts et des sciences. La langue restant le lien premier de cet espace francophone, c’est une grande figure de la littérature haïtienne, prix Femina 2014 pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), qui a été invitée à inaugurer cette chaire : Yanick Lahens, « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », selon le Pr Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie. La leçon inaugurale de Yanick Lahens ainsi que l’ensemble de son enseignement bénéficieront d’une large diffusion grâce au relais privilégié de RFI (France Médias Monde), de TV5MONDE, du réseau des campus numériques francophones de l’AUF, et de l’Institut français, qui soutiennent la diffusion des travaux de la chaire Mondes francophones.

Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter
May 23 2019 76 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Leçon inaugurale : Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter Yanick Lahens est la première personnalité à occuper cette chaire créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le Collège de France et l’AUF entendent ainsi illustrer la diversité et la richesse des mondes francophones en donnant une tribune aux chercheurs des pays ayant le français en partage. Créée pour trois ans, cette chaire accueillera chaque année une grande voix de la francophonie issue de différents domaines des lettres, des arts et des sciences. La langue restant le lien premier de cet espace francophone, c’est une grande figure de la littérature haïtienne, prix Femina 2014 pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), qui a été invitée à inaugurer cette chaire : Yanick Lahens, « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », selon le Pr Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie. La leçon inaugurale de Yanick Lahens ainsi que l’ensemble de son enseignement bénéficieront d’une large diffusion grâce au relais privilégié de RFI (France Médias Monde), de TV5MONDE, du réseau des campus numériques francophones de l’AUF, et de l’Institut français, qui soutiennent la diffusion des travaux de la chaire Mondes francophones.

Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter : Présentation "Les courTs du Collège de France"
May 23 2019 5 mins  
Yanick Lahens Chaire Mondes Francophones (2018-2019) Collège de France Présentation "Les courTs du Collège de France" Yanick Lahens est la première personnalité à occuper cette chaire créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le Collège de France et l’AUF entendent ainsi illustrer la diversité et la richesse des mondes francophones en donnant une tribune aux chercheurs des pays ayant le français en partage. Créée pour trois ans, cette chaire accueillera chaque année une grande voix de la francophonie issue de différents domaines des lettres, des arts et des sciences. La langue restant le lien premier de cet espace francophone, c’est une grande figure de la littérature haïtienne, prix Femina 2014 pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), qui a été invitée à inaugurer cette chaire : Yanick Lahens, « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », selon le Pr Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie. La leçon inaugurale de Yanick Lahens ainsi que l’ensemble de son enseignement bénéficieront d’une large diffusion grâce au relais privilégié de RFI (France Médias Monde), de TV5MONDE, du réseau des campus numériques francophones de l’AUF, et de l’Institut français, qui soutiennent la diffusion des travaux de la chaire Mondes francophones.

































10 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Apr 19 2019 60 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

10 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Apr 19 2019 60 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.











09 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Apr 12 2019 56 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

09 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Apr 12 2019 56 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.





10 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Apr 12 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Le célèbre passage du livre II (53) d’Hérodote où il affirme que les poètes ont « fabriqué pour les dieux une généalogie, leur ont donné leurs surnoms, ont réparti entre eux honneurs et compétences, et signifié leurs figures » est précédé d’une étymologie fantaisiste du mot theos. Les dieux sont ainsi appelés (theoi), selon l’historien, car, « ayant mis en ordre (thentes) toutes choses, ils président à toutes les répartitions » (II, 52). Cette vision émique des dieux les fait apparaître comme des instances dispensatrices, distributrices, régulatrices. Or, l’étymologie de daimôn qui, pour sa part, n’a rien de fantaisiste en fait un agent dispensateur, distributeur. La résonance entre la conception de l’action des dieux dans le monde telle que la dessine Hérodote et l’étymologie de daimôn invite à creuser ce sillon sémantique selon trois axes. Le premier tient à la répartition des biens et des maux qui est inhérente à l’emprise des dieux sur la condition humaine. S’y rattache également l’idée de « sort » et de « destinée ». Le deuxième axe tient à la distribution de la puissance divine elle-même dans un système polythéiste où les dieux sont nombreux et associés à des honneurs et des compétences spécifiques : le daimôn est une notion qui permet de « cristalliser » ces compétences particulières en leur donnant un nom. Le troisième axe tient à la distribution des dieux dans l’espace. Dans l’économie générale du monde telle que l’évoquent les poèmes archaïques, tous les dieux ne sont pas situés en un même lieu, et cette localisation plus ou moins spécifique exprime une facette de leur timè respective. Dans cette perspective, les daimones deviennent des dieux « épichtoniens », situés sur terre, parmi les hommes. C’est leur caractère topique qui explique pourquoi Platon opère une classification des entités supra-humaines à honorer dans sa cité idéale en trois ensembles : dieux – daimones – héros, à savoir les divinités « olympiennes » – voire panhelléniques –, les divinités du terroir et les héros.

10 - Dieux, daimones, héros - PDF
Apr 12 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Le célèbre passage du livre II (53) d’Hérodote où il affirme que les poètes ont « fabriqué pour les dieux une généalogie, leur ont donné leurs surnoms, ont réparti entre eux honneurs et compétences, et signifié leurs figures » est précédé d’une étymologie fantaisiste du mot theos. Les dieux sont ainsi appelés (theoi), selon l’historien, car, « ayant mis en ordre (thentes) toutes choses, ils président à toutes les répartitions » (II, 52). Cette vision émique des dieux les fait apparaître comme des instances dispensatrices, distributrices, régulatrices. Or, l’étymologie de daimôn qui, pour sa part, n’a rien de fantaisiste en fait un agent dispensateur, distributeur. La résonance entre la conception de l’action des dieux dans le monde telle que la dessine Hérodote et l’étymologie de daimôn invite à creuser ce sillon sémantique selon trois axes. Le premier tient à la répartition des biens et des maux qui est inhérente à l’emprise des dieux sur la condition humaine. S’y rattache également l’idée de « sort » et de « destinée ». Le deuxième axe tient à la distribution de la puissance divine elle-même dans un système polythéiste où les dieux sont nombreux et associés à des honneurs et des compétences spécifiques : le daimôn est une notion qui permet de « cristalliser » ces compétences particulières en leur donnant un nom. Le troisième axe tient à la distribution des dieux dans l’espace. Dans l’économie générale du monde telle que l’évoquent les poèmes archaïques, tous les dieux ne sont pas situés en un même lieu, et cette localisation plus ou moins spécifique exprime une facette de leur timè respective. Dans cette perspective, les daimones deviennent des dieux « épichtoniens », situés sur terre, parmi les hommes. C’est leur caractère topique qui explique pourquoi Platon opère une classification des entités supra-humaines à honorer dans sa cité idéale en trois ensembles : dieux – daimones – héros, à savoir les divinités « olympiennes » – voire panhelléniques –, les divinités du terroir et les héros.

10 - Dieux, daimones, héros
Apr 12 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Le célèbre passage du livre II (53) d’Hérodote où il affirme que les poètes ont « fabriqué pour les dieux une généalogie, leur ont donné leurs surnoms, ont réparti entre eux honneurs et compétences, et signifié leurs figures » est précédé d’une étymologie fantaisiste du mot theos. Les dieux sont ainsi appelés (theoi), selon l’historien, car, « ayant mis en ordre (thentes) toutes choses, ils président à toutes les répartitions » (II, 52). Cette vision émique des dieux les fait apparaître comme des instances dispensatrices, distributrices, régulatrices. Or, l’étymologie de daimôn qui, pour sa part, n’a rien de fantaisiste en fait un agent dispensateur, distributeur. La résonance entre la conception de l’action des dieux dans le monde telle que la dessine Hérodote et l’étymologie de daimôn invite à creuser ce sillon sémantique selon trois axes. Le premier tient à la répartition des biens et des maux qui est inhérente à l’emprise des dieux sur la condition humaine. S’y rattache également l’idée de « sort » et de « destinée ». Le deuxième axe tient à la distribution de la puissance divine elle-même dans un système polythéiste où les dieux sont nombreux et associés à des honneurs et des compétences spécifiques : le daimôn est une notion qui permet de « cristalliser » ces compétences particulières en leur donnant un nom. Le troisième axe tient à la distribution des dieux dans l’espace. Dans l’économie générale du monde telle que l’évoquent les poèmes archaïques, tous les dieux ne sont pas situés en un même lieu, et cette localisation plus ou moins spécifique exprime une facette de leur timè respective. Dans cette perspective, les daimones deviennent des dieux « épichtoniens », situés sur terre, parmi les hommes. C’est leur caractère topique qui explique pourquoi Platon opère une classification des entités supra-humaines à honorer dans sa cité idéale en trois ensembles : dieux – daimones – héros, à savoir les divinités « olympiennes » – voire panhelléniques –, les divinités du terroir et les héros.

06 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation - PDF
Apr 11 2019 54 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller

06 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation
Apr 11 2019 54 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller



09 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Apr 08 2019 70 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Diverses orientations sémantiques traversent les tragédies complètes que nous avons conservées. La première est celle de la synonymie entre theos et daimôn, telle qu’on l’a rencontrée déjà, tant au pluriel qu’au singulier. Certaines occurrences qui relèvent d’une telle alternance semblent toutefois la dépasser en ajoutant l’aspect « marqué » d’une action divine dans le monde, comme le cas de Dionysos qualifié de daimôn « manifeste » dans les Bacchantes. La deuxième orientation sémantique concerne la « cristallisation » d’une action divine qui prend une consistance propre, dans le bien comme dans le mal attribué aux humains. La troisième voie fait passer d’une action divine conjoncturelle, que l’on pourra parfois traduire par « le sort », à une situation structurelle où les actions s’enchainent dans une suite que l’on peut alors désigner sous le terme de « destinée ». La quatrième orientation est étroitement liée à la précédente et concerne ce que l’on peut appeler brièvement « le daimôn familial ». Il évoque la récurrence, de génération en génération dans une même lignée, du bonheur ou du malheur, la matière tragique faisant plutôt droit au daimôn négatif, par exemple dans la famille des Atrides ou celle des Labdacides. Enfin, en cinquième et dernière instance, on s’interroge sur l’attribution du nom daimôn à des défunts comme Darius dans les Perses d’Eschyle, Alceste dans la pièce éponyme d’Euripide, ou encore Rhésos qualifié d’anthrôpodaimôn dans la pièce éponyme du pseudo-Euripide. Dans ce dernier cas, le contexte de l’existence post-mortem de Rhésos invite à rapprocher l’hapax anthrôpodaimôn du daimôn dios que devient Phaéthon à la fin de la Théogonie.

09 - Dieux, daimones, héros - PDF
Apr 08 2019 70 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Diverses orientations sémantiques traversent les tragédies complètes que nous avons conservées. La première est celle de la synonymie entre theos et daimôn, telle qu’on l’a rencontrée déjà, tant au pluriel qu’au singulier. Certaines occurrences qui relèvent d’une telle alternance semblent toutefois la dépasser en ajoutant l’aspect « marqué » d’une action divine dans le monde, comme le cas de Dionysos qualifié de daimôn « manifeste » dans les Bacchantes. La deuxième orientation sémantique concerne la « cristallisation » d’une action divine qui prend une consistance propre, dans le bien comme dans le mal attribué aux humains. La troisième voie fait passer d’une action divine conjoncturelle, que l’on pourra parfois traduire par « le sort », à une situation structurelle où les actions s’enchainent dans une suite que l’on peut alors désigner sous le terme de « destinée ». La quatrième orientation est étroitement liée à la précédente et concerne ce que l’on peut appeler brièvement « le daimôn familial ». Il évoque la récurrence, de génération en génération dans une même lignée, du bonheur ou du malheur, la matière tragique faisant plutôt droit au daimôn négatif, par exemple dans la famille des Atrides ou celle des Labdacides. Enfin, en cinquième et dernière instance, on s’interroge sur l’attribution du nom daimôn à des défunts comme Darius dans les Perses d’Eschyle, Alceste dans la pièce éponyme d’Euripide, ou encore Rhésos qualifié d’anthrôpodaimôn dans la pièce éponyme du pseudo-Euripide. Dans ce dernier cas, le contexte de l’existence post-mortem de Rhésos invite à rapprocher l’hapax anthrôpodaimôn du daimôn dios que devient Phaéthon à la fin de la Théogonie.

09 - Dieux, daimones, héros
Apr 08 2019 70 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Diverses orientations sémantiques traversent les tragédies complètes que nous avons conservées. La première est celle de la synonymie entre theos et daimôn, telle qu’on l’a rencontrée déjà, tant au pluriel qu’au singulier. Certaines occurrences qui relèvent d’une telle alternance semblent toutefois la dépasser en ajoutant l’aspect « marqué » d’une action divine dans le monde, comme le cas de Dionysos qualifié de daimôn « manifeste » dans les Bacchantes. La deuxième orientation sémantique concerne la « cristallisation » d’une action divine qui prend une consistance propre, dans le bien comme dans le mal attribué aux humains. La troisième voie fait passer d’une action divine conjoncturelle, que l’on pourra parfois traduire par « le sort », à une situation structurelle où les actions s’enchainent dans une suite que l’on peut alors désigner sous le terme de « destinée ». La quatrième orientation est étroitement liée à la précédente et concerne ce que l’on peut appeler brièvement « le daimôn familial ». Il évoque la récurrence, de génération en génération dans une même lignée, du bonheur ou du malheur, la matière tragique faisant plutôt droit au daimôn négatif, par exemple dans la famille des Atrides ou celle des Labdacides. Enfin, en cinquième et dernière instance, on s’interroge sur l’attribution du nom daimôn à des défunts comme Darius dans les Perses d’Eschyle, Alceste dans la pièce éponyme d’Euripide, ou encore Rhésos qualifié d’anthrôpodaimôn dans la pièce éponyme du pseudo-Euripide. Dans ce dernier cas, le contexte de l’existence post-mortem de Rhésos invite à rapprocher l’hapax anthrôpodaimôn du daimôn dios que devient Phaéthon à la fin de la Théogonie.











08 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Apr 04 2019 59 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

08 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Apr 04 2019 59 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.





11 - Les inventions du politique : expérimentations médiévales - VIDEO
Apr 04 2019 63 mins  
Patrice Boucheron Collège de France Année 2018-2019 Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Les inventions du politique : expérimentations médiévales « Se sentir bête, incapable, incompétent, idiot » (Pierre Bourdieu, Sociologie générale, 2015) : l’effort de recherche comme un art de l’affaiblissement Une grammaire générative des possibles du politique au Moyen Âge est-elle possible ? Des régularités davantage que des règles, un style d’enquête plus qu’une méthode : récapitulations des résultats de la recherche Écrire l’histoire des problématisations : le passé est un réservoir de réponses, mais quelles étaient les questions ? Un exemple : l’institution podestataire comme expérimentation et comme invention du politique (Jean-Claude Maire Vigueur dir., I podestà dell’Italia comunale. Parte I – Reclutamento e circolazione degli ufficiali forestieri (fine XII sec-metà XIV sec.), Rome, 2000) Scalabilité et durabilité de l’expérience : les contours spatio-temporels de l’Italie communale Une science du gouvernement au service de la concorde civique : l’art de la parole De Enrico Besta à Giovanni Tabacco, le débat historiographique sur les origines de la charge de la podestat Un moment révolutionnaire (Enrico Artifoni) ? Rythmes, espacement, événement La consistance de la durée communale : un entassement des formes politiques et non une succession de régimes Fuori, fuori il podestà : quand l’événement naît du dérèglement du rituel (Todi, 17 juillet 1268) Une microstoria de l’écart à la norme (Jean-Claude Maire Vigueur, « Échec au podestat : l’expulsion de Comacio Galluzzi, podestat de Todi », Bollettino della deputazione di storia patria per l’Umbria, 1995) Histoire émotionnelle d’une humiliation qui n’est pas souveraine : Comacio Galluzzi pleure de rage, puis se venge À Murano également, en 1511, un raté de la ritualité politique (Claire Judde de la Rivière, La révolte des boules de neige. Murano face à Venise, 1511, 2014) Fins du Moyen Âge, finalités de son étude : retour sur les trois manières de raconter la disparition, avant récidive, des Laudes regiae (1377, 1530, 1918) Et comment raconter l’origine des acclamations royales ? Le coup d’État de 751 et la Donation de Constantin La tension entre onction et élection, visée de l’archéologie politique, « cet étrange mélange d’anachronisme tranquille et d’ethnocentrisme heureux » (Olivier Christin, Vox populi, 2014) Lorsque Ernst Kantorowicz réinterprétait le revival chevaleresque de la cour de Charles le Téméraire : « ce n’était plus la splendeur chatoyante de la chevalerie bourguignonne ; c’était la renommée universelle et les lauriers de César dont Charles brûlait d’envie » (cité par Robert Lerner) Les deux formes paradoxales de la stabilité politique au Moyen Âge : la fuite est possible, l’alternative est pensable La commune italienne comme accentuation, et non comme exception Avant l’oublieuse Renaissance, présence de l’empire gréco-romain, gamme étendue des possibles politiques Revenir a casa, une autre fois peut-être.

11 - Les inventions du politique : expérimentations médiévales
Apr 04 2019 63 mins  
Patrice Boucheron Collège de France Année 2018-2019 Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Les inventions du politique : expérimentations médiévales « Se sentir bête, incapable, incompétent, idiot » (Pierre Bourdieu, Sociologie générale, 2015) : l’effort de recherche comme un art de l’affaiblissement Une grammaire générative des possibles du politique au Moyen Âge est-elle possible ? Des régularités davantage que des règles, un style d’enquête plus qu’une méthode : récapitulations des résultats de la recherche Écrire l’histoire des problématisations : le passé est un réservoir de réponses, mais quelles étaient les questions ? Un exemple : l’institution podestataire comme expérimentation et comme invention du politique (Jean-Claude Maire Vigueur dir., I podestà dell’Italia comunale. Parte I – Reclutamento e circolazione degli ufficiali forestieri (fine XII sec-metà XIV sec.), Rome, 2000) Scalabilité et durabilité de l’expérience : les contours spatio-temporels de l’Italie communale Une science du gouvernement au service de la concorde civique : l’art de la parole De Enrico Besta à Giovanni Tabacco, le débat historiographique sur les origines de la charge de la podestat Un moment révolutionnaire (Enrico Artifoni) ? Rythmes, espacement, événement La consistance de la durée communale : un entassement des formes politiques et non une succession de régimes Fuori, fuori il podestà : quand l’événement naît du dérèglement du rituel (Todi, 17 juillet 1268) Une microstoria de l’écart à la norme (Jean-Claude Maire Vigueur, « Échec au podestat : l’expulsion de Comacio Galluzzi, podestat de Todi », Bollettino della deputazione di storia patria per l’Umbria, 1995) Histoire émotionnelle d’une humiliation qui n’est pas souveraine : Comacio Galluzzi pleure de rage, puis se venge À Murano également, en 1511, un raté de la ritualité politique (Claire Judde de la Rivière, La révolte des boules de neige. Murano face à Venise, 1511, 2014) Fins du Moyen Âge, finalités de son étude : retour sur les trois manières de raconter la disparition, avant récidive, des Laudes regiae (1377, 1530, 1918) Et comment raconter l’origine des acclamations royales ? Le coup d’État de 751 et la Donation de Constantin La tension entre onction et élection, visée de l’archéologie politique, « cet étrange mélange d’anachronisme tranquille et d’ethnocentrisme heureux » (Olivier Christin, Vox populi, 2014) Lorsque Ernst Kantorowicz réinterprétait le revival chevaleresque de la cour de Charles le Téméraire : « ce n’était plus la splendeur chatoyante de la chevalerie bourguignonne ; c’était la renommée universelle et les lauriers de César dont Charles brûlait d’envie » (cité par Robert Lerner) Les deux formes paradoxales de la stabilité politique au Moyen Âge : la fuite est possible, l’alternative est pensable La commune italienne comme accentuation, et non comme exception Avant l’oublieuse Renaissance, présence de l’empire gréco-romain, gamme étendue des possibles politiques Revenir a casa, une autre fois peut-être.













05 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation - PDF
Mar 29 2019 50 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller


05 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation
Mar 29 2019 50 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller

08 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Mar 29 2019 56 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Un humain eudaimôn est « aimé des dieux immortels », ainsi que l’affirme Théognis. Dans ses Élégies qui font se succéder des sentences gnomiques et moralisantes où le terme daimôn a sa place, on perçoit clairement la valeur distributive des actions de daimones à qui est rapportée la répartition des biens et des maux dans la vie humaine. Cependant, quand il s’agit de prier pour obtenir un sort favorable, c’est à un dieu spécifique que l’on s’adresse, quitte à solliciter l’envoi d’un daimôn. Cette hiérarchisation crée les conditions de la cristallisation de la puissance d’une dieu sous forme d’un agent telle qu’on l’a déjà perçue dans l’Odyssée et chez Sappho. Il arrive, comme dans le cas de Phaéthon, qu’un daimôn reçoive un nom propre. C’est ce que l’on trouve chez Théognis, où eris, l’espoir, et kindunos, le danger, sont considérés comme « des daimones redoutables » (v. 637-638). Mais, par ailleurs, eris est « la seule divinité bénéfique parmi les hommes », ce qui montre une fois de plus la participation du daimôn à la divinité et la fluidité des catégories. La comparaison de ces affirmations élégiaques et gnomiques avec l’expression de la condition humaine telle que la mettent en scène la Théogonie et Les Travaux et les Jours permet de voir à l’œuvre ces glissements entre statut divin et action démonique rapportée à un dieu. Les Épinicies de Pindare élargissent encore le champ en plaçant la distinction entre dieux et mortels dans le registre de la puissance et de l’action des premiers sur le cours de la vie des seconds. Cette action, qu’elle soit positive ou négative, passe à nouveau par le biais de l’action démonique. Et quand elle est positive, l’humain est bel et bien eudaimôn.

08 - Dieux, daimones, héros - PDF
Mar 29 2019 56 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Un humain eudaimôn est « aimé des dieux immortels », ainsi que l’affirme Théognis. Dans ses Élégies qui font se succéder des sentences gnomiques et moralisantes où le terme daimôn a sa place, on perçoit clairement la valeur distributive des actions de daimones à qui est rapportée la répartition des biens et des maux dans la vie humaine. Cependant, quand il s’agit de prier pour obtenir un sort favorable, c’est à un dieu spécifique que l’on s’adresse, quitte à solliciter l’envoi d’un daimôn. Cette hiérarchisation crée les conditions de la cristallisation de la puissance d’une dieu sous forme d’un agent telle qu’on l’a déjà perçue dans l’Odyssée et chez Sappho. Il arrive, comme dans le cas de Phaéthon, qu’un daimôn reçoive un nom propre. C’est ce que l’on trouve chez Théognis, où eris, l’espoir, et kindunos, le danger, sont considérés comme « des daimones redoutables » (v. 637-638). Mais, par ailleurs, eris est « la seule divinité bénéfique parmi les hommes », ce qui montre une fois de plus la participation du daimôn à la divinité et la fluidité des catégories. La comparaison de ces affirmations élégiaques et gnomiques avec l’expression de la condition humaine telle que la mettent en scène la Théogonie et Les Travaux et les Jours permet de voir à l’œuvre ces glissements entre statut divin et action démonique rapportée à un dieu. Les Épinicies de Pindare élargissent encore le champ en plaçant la distinction entre dieux et mortels dans le registre de la puissance et de l’action des premiers sur le cours de la vie des seconds. Cette action, qu’elle soit positive ou négative, passe à nouveau par le biais de l’action démonique. Et quand elle est positive, l’humain est bel et bien eudaimôn.

08 - Dieux, daimones, héros
Mar 29 2019 56 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Un humain eudaimôn est « aimé des dieux immortels », ainsi que l’affirme Théognis. Dans ses Élégies qui font se succéder des sentences gnomiques et moralisantes où le terme daimôn a sa place, on perçoit clairement la valeur distributive des actions de daimones à qui est rapportée la répartition des biens et des maux dans la vie humaine. Cependant, quand il s’agit de prier pour obtenir un sort favorable, c’est à un dieu spécifique que l’on s’adresse, quitte à solliciter l’envoi d’un daimôn. Cette hiérarchisation crée les conditions de la cristallisation de la puissance d’une dieu sous forme d’un agent telle qu’on l’a déjà perçue dans l’Odyssée et chez Sappho. Il arrive, comme dans le cas de Phaéthon, qu’un daimôn reçoive un nom propre. C’est ce que l’on trouve chez Théognis, où eris, l’espoir, et kindunos, le danger, sont considérés comme « des daimones redoutables » (v. 637-638). Mais, par ailleurs, eris est « la seule divinité bénéfique parmi les hommes », ce qui montre une fois de plus la participation du daimôn à la divinité et la fluidité des catégories. La comparaison de ces affirmations élégiaques et gnomiques avec l’expression de la condition humaine telle que la mettent en scène la Théogonie et Les Travaux et les Jours permet de voir à l’œuvre ces glissements entre statut divin et action démonique rapportée à un dieu. Les Épinicies de Pindare élargissent encore le champ en plaçant la distinction entre dieux et mortels dans le registre de la puissance et de l’action des premiers sur le cours de la vie des seconds. Cette action, qu’elle soit positive ou négative, passe à nouveau par le biais de l’action démonique. Et quand elle est positive, l’humain est bel et bien eudaimôn.






07 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Mar 29 2019 58 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

07 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Mar 29 2019 58 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.










07 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Mar 27 2019 58 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les daimones des Travaux sont collectifs et mandatés par Zeus. La seule attestation du mot dans la Théogonie apparaît quant à elle au singulier. Elle concerne Phaéthon, « le lumineux », fils d’Éos, la déesse Aurore, et de Képhalos, un humain mortel. Enlevé par Aphrodite dans la fleur de sa jeunesse, la déesse en fait un daimôn divin, « desservant de l’intérieur dans ses temples divins » (986-991). D’autres cas d’enlèvements d’humains par une déesse sont énumérés par la même Aphrodite dans l’Hymne pseudo-homérique en son honneur, quand elle dit à Anchise que sa famille a connu au moins deux événements de ce type, avec Ganymède enlevé par Zeus et Tithonos enlevé par Éos. Ces humains « s’approchent le plus des dieux par l’apparence et la prestance ». De telles comparaisons permettent de considérer à la fois les ressemblances et les distinctions avec le cas de Phaéthon tel que le dessine la Théogonie. Car, s’il bénéficie lui aussi d’une complexion proche des dieux et de la fleur de la jeunesse, la destinée que lui réserve Aphrodite se situe dans ses sanctuaires, et donc parmi les hommes. Ce statut de « gardien du temple » permet d’affiner la notion de « puissance d’action d’une divinité parmi les hommes » que nous avons décelée jusqu’ici. Une ouverture vers certains profils sacerdotaux attestés dans l’Iliade et, bien plus tard, par Pausanias, permet également de confirmer la proximité potentielle entre prêtre/prêtresse et divinité desservie, et de comprendre l’association entre le statut de nêopolos et de daimôn de Phaéthon dans la Théogonie.

07 - Dieux, daimones, héros - PDF
Mar 27 2019 58 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les daimones des Travaux sont collectifs et mandatés par Zeus. La seule attestation du mot dans la Théogonie apparaît quant à elle au singulier. Elle concerne Phaéthon, « le lumineux », fils d’Éos, la déesse Aurore, et de Képhalos, un humain mortel. Enlevé par Aphrodite dans la fleur de sa jeunesse, la déesse en fait un daimôn divin, « desservant de l’intérieur dans ses temples divins » (986-991). D’autres cas d’enlèvements d’humains par une déesse sont énumérés par la même Aphrodite dans l’Hymne pseudo-homérique en son honneur, quand elle dit à Anchise que sa famille a connu au moins deux événements de ce type, avec Ganymède enlevé par Zeus et Tithonos enlevé par Éos. Ces humains « s’approchent le plus des dieux par l’apparence et la prestance ». De telles comparaisons permettent de considérer à la fois les ressemblances et les distinctions avec le cas de Phaéthon tel que le dessine la Théogonie. Car, s’il bénéficie lui aussi d’une complexion proche des dieux et de la fleur de la jeunesse, la destinée que lui réserve Aphrodite se situe dans ses sanctuaires, et donc parmi les hommes. Ce statut de « gardien du temple » permet d’affiner la notion de « puissance d’action d’une divinité parmi les hommes » que nous avons décelée jusqu’ici. Une ouverture vers certains profils sacerdotaux attestés dans l’Iliade et, bien plus tard, par Pausanias, permet également de confirmer la proximité potentielle entre prêtre/prêtresse et divinité desservie, et de comprendre l’association entre le statut de nêopolos et de daimôn de Phaéthon dans la Théogonie.

07 - Dieux, daimones, héros
Mar 27 2019 58 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les daimones des Travaux sont collectifs et mandatés par Zeus. La seule attestation du mot dans la Théogonie apparaît quant à elle au singulier. Elle concerne Phaéthon, « le lumineux », fils d’Éos, la déesse Aurore, et de Képhalos, un humain mortel. Enlevé par Aphrodite dans la fleur de sa jeunesse, la déesse en fait un daimôn divin, « desservant de l’intérieur dans ses temples divins » (986-991). D’autres cas d’enlèvements d’humains par une déesse sont énumérés par la même Aphrodite dans l’Hymne pseudo-homérique en son honneur, quand elle dit à Anchise que sa famille a connu au moins deux événements de ce type, avec Ganymède enlevé par Zeus et Tithonos enlevé par Éos. Ces humains « s’approchent le plus des dieux par l’apparence et la prestance ». De telles comparaisons permettent de considérer à la fois les ressemblances et les distinctions avec le cas de Phaéthon tel que le dessine la Théogonie. Car, s’il bénéficie lui aussi d’une complexion proche des dieux et de la fleur de la jeunesse, la destinée que lui réserve Aphrodite se situe dans ses sanctuaires, et donc parmi les hommes. Ce statut de « gardien du temple » permet d’affiner la notion de « puissance d’action d’une divinité parmi les hommes » que nous avons décelée jusqu’ici. Une ouverture vers certains profils sacerdotaux attestés dans l’Iliade et, bien plus tard, par Pausanias, permet également de confirmer la proximité potentielle entre prêtre/prêtresse et divinité desservie, et de comprendre l’association entre le statut de nêopolos et de daimôn de Phaéthon dans la Théogonie.




















04 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation - PDF
Mar 22 2019 54 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller

04 - Génétique des populations chez les vertébrés : de la mutation à la spéciation
Mar 22 2019 54 mins  
Molly Przeworski Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019) Origines évolutives des variations génétiques Les variations génétiques héréditaires proviennent de changements accidentels du génome qui se produisent au cours de la reproduction d’un individu et qui persistent dans la population, que ce soit par hasard ou parce qu’ils ont été ou sont bénéfiques. Bien que ces processus et leurs interactions soient extrêmement compliqués, ils permettent à eux seuls de décrire l’évolution des espèces : qu’il s’agisse d’humains ou de mouches, la diversité génétique résulte en effet entièrement de l’interaction de la mutation, de la recombinaison, de la démographie et de la sélection naturelle. Nous nous intéresserons donc à chacune de ces composantes, en nous concentrant en premier sur les processus qui engendrent la variation génétique : la mutation et la recombinaison. Fait intéressant, ces mécanismes eux-mêmes évoluent, et nous discuterons des causes et conséquences de cette évolution. Nous examinerons ensuite comment la sélection naturelle agit sur la variation génétique, entrainant à la fois des adaptations mais aussi des maladaptations (maladies), et ce que nous savons des processus moléculaires par lesquels les humains ont acquis des traits bénéfiques au cours de leur évolution. Chaire créée avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller









06 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Mar 21 2019 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.


06 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Mar 21 2019 63 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.



















06 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Mar 18 2019 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.

06 - Dieux, daimones, héros - PDF
Mar 18 2019 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.

06 - Dieux, daimones, héros
Mar 18 2019 60 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.






05 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Mar 14 2019 60 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

05 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Mar 14 2019 60 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.






















04 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Mar 08 2019 57 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

04 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Mar 08 2019 57 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

05 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Mar 08 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.


05 - Dieux, daimones, héros - PDF
Mar 08 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.

05 - Dieux, daimones, héros
Mar 08 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.




























04 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Mar 01 2019 54 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.

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Mar 01 2019
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.

04 - Dieux, daimones, héros
Mar 01 2019 54 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.









03 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Feb 22 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Si le daimôn est le « signifiant flottant » que M. Detienne a vu en lui et qu’il n’a pas de consistance cultuelle, une étude qui prétend faire dialoguer les traditions narratives et les cultes pourrait sembler en porte-à-faux par rapport à ses objectifs. C’est pourquoi un détour par le site oraculaire de Dodone s’avère intéressant. En effet, des milliers de questions de consultants reprises sur les lamelles en plomb ont été mises au jour sur le site du sanctuaire de Zeus Naios. Une large proportion de ces questions porte sur l’identité des entités suprahumaines à prier, à honorer, à se concilier pour obtenir l’un ou l’autre bienfait. La majorité de ces tentatives d’identification se limite à la catégorie des theoi (« Lequel des dieux faut-il prier ? »). Pour moitié, l’alternative theoi/hērōes est aussi bien présente (« Lequel des dieux ou des héros faut-il prier ? ») et, dans une moindre mesure encore, les déesses figurent dans la question. Quatre lamelles au moins font apparaître les daimones dans ce type d’exploration oraculaire du destinataire d’un acte rituel à venir. L’une d’entre elles porte le triptyque theoi/daimones/hērōes, deux autres affichent l’alternative theoi/daimones et la dernière évoque des daimones ou des hērōes. En dépit de leur nombre réduit, ces quelques textes attestent que la notion de daimôn n’est pas indépendante de toute épaisseur cultuelle, du moins dans l’intention de celui qui souhaitait clarifier auprès de l’oracle les termes de son commerce avec le monde suprahumain. Il faudra comprendre pourquoi les phases d’actualisation, de concrétisation, des démarches en question ne mobilisent pas la notion comme telle dans la documentation qui parle des actes de cultes effectivement posés, que ce soit à l’échelle des collectivités ou des particuliers.

03 - Dieux, daimones, héros - PDF
Feb 22 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Si le daimôn est le « signifiant flottant » que M. Detienne a vu en lui et qu’il n’a pas de consistance cultuelle, une étude qui prétend faire dialoguer les traditions narratives et les cultes pourrait sembler en porte-à-faux par rapport à ses objectifs. C’est pourquoi un détour par le site oraculaire de Dodone s’avère intéressant. En effet, des milliers de questions de consultants reprises sur les lamelles en plomb ont été mises au jour sur le site du sanctuaire de Zeus Naios. Une large proportion de ces questions porte sur l’identité des entités suprahumaines à prier, à honorer, à se concilier pour obtenir l’un ou l’autre bienfait. La majorité de ces tentatives d’identification se limite à la catégorie des theoi (« Lequel des dieux faut-il prier ? »). Pour moitié, l’alternative theoi/hērōes est aussi bien présente (« Lequel des dieux ou des héros faut-il prier ? ») et, dans une moindre mesure encore, les déesses figurent dans la question. Quatre lamelles au moins font apparaître les daimones dans ce type d’exploration oraculaire du destinataire d’un acte rituel à venir. L’une d’entre elles porte le triptyque theoi/daimones/hērōes, deux autres affichent l’alternative theoi/daimones et la dernière évoque des daimones ou des hērōes. En dépit de leur nombre réduit, ces quelques textes attestent que la notion de daimôn n’est pas indépendante de toute épaisseur cultuelle, du moins dans l’intention de celui qui souhaitait clarifier auprès de l’oracle les termes de son commerce avec le monde suprahumain. Il faudra comprendre pourquoi les phases d’actualisation, de concrétisation, des démarches en question ne mobilisent pas la notion comme telle dans la documentation qui parle des actes de cultes effectivement posés, que ce soit à l’échelle des collectivités ou des particuliers.

03 - Dieux, daimones, héros
Feb 22 2019 57 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Si le daimôn est le « signifiant flottant » que M. Detienne a vu en lui et qu’il n’a pas de consistance cultuelle, une étude qui prétend faire dialoguer les traditions narratives et les cultes pourrait sembler en porte-à-faux par rapport à ses objectifs. C’est pourquoi un détour par le site oraculaire de Dodone s’avère intéressant. En effet, des milliers de questions de consultants reprises sur les lamelles en plomb ont été mises au jour sur le site du sanctuaire de Zeus Naios. Une large proportion de ces questions porte sur l’identité des entités suprahumaines à prier, à honorer, à se concilier pour obtenir l’un ou l’autre bienfait. La majorité de ces tentatives d’identification se limite à la catégorie des theoi (« Lequel des dieux faut-il prier ? »). Pour moitié, l’alternative theoi/hērōes est aussi bien présente (« Lequel des dieux ou des héros faut-il prier ? ») et, dans une moindre mesure encore, les déesses figurent dans la question. Quatre lamelles au moins font apparaître les daimones dans ce type d’exploration oraculaire du destinataire d’un acte rituel à venir. L’une d’entre elles porte le triptyque theoi/daimones/hērōes, deux autres affichent l’alternative theoi/daimones et la dernière évoque des daimones ou des hērōes. En dépit de leur nombre réduit, ces quelques textes attestent que la notion de daimôn n’est pas indépendante de toute épaisseur cultuelle, du moins dans l’intention de celui qui souhaitait clarifier auprès de l’oracle les termes de son commerce avec le monde suprahumain. Il faudra comprendre pourquoi les phases d’actualisation, de concrétisation, des démarches en question ne mobilisent pas la notion comme telle dans la documentation qui parle des actes de cultes effectivement posés, que ce soit à l’échelle des collectivités ou des particuliers.






03 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive - VIDEO
Feb 22 2019 58 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.

03 - Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive
Feb 22 2019 58 mins  
Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2018-2019 Le calame et la croix : la christianisation de l'écrit et le sort de la culture classique dans l'Antiquité tardive Le passage du paganisme au christianisme constitue probablement le phénomène qui a le plus profondément marqué le monde antique dans tous les domaines. Son importance historique explique qu’il ait été depuis longtemps tant étudié — même si chaque génération ne cesse d’apporter de nouveaux questionnements et de développer de nouvelles approches pour y répondre. Ce nouveau cycle de cours abordera la christianisation sous un angle moins scruté, celui de son influence sur la culture écrite. En quoi le développement du christianisme a-t-il pu changer les modes d’écriture et de lecture des Anciens ainsi que leurs goûts littéraires ? Comment l’enseignement, fondé sur les œuvres de l’ancienne culture païenne, a-t-il évolué sous l’influence de la nouvelle religion ? Quels effets cette dernière a-t-elle eus sur les formes de la création littéraire et de l’écrit de tous les jours ? Les papyrus (dont certains, inédits, seront présentés pour la première fois) fournissent une documentation incomparable pour répondre à ces questions et pour suivre le plus concrètement possible l’impact de la christianisation sur l’écrit antique et la façon dont a réagi la culture classique. Ils nous invitent à une véritable archéologie de la culture écrite entre les IVe et VIIe s.










Arnaud Fontanet : Les Pandémies - VIDEO
Feb 20 2019 64 mins  
Arnaud Fontanet Santé publique (2018-2019) Collège de France Chaire créée avec le soutien de Santé Publique France. Les Pandémies Le Pr Arnaud Fontanet a été invité par l’Assemblée du Collège de France à occuper pendant une année la chaire Santé publique, nouvelle chaire créée en partenariat avec l’agence nationale Santé Publique France. Il est l’un des spécialistes les plus renommés de l’épidémiologie des maladies émergentes. Diplômé de l’Université Paris V et de Harvard, il a poursuivi une carrière éclectique, passant avec agilité du terrain aux centres de recherche académique. Chef de l’Unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur où il dirige également le Centre de Santé globale, ses principaux thèmes de recherche sont les hépatites virales et les virus émergents, ce qui l’a conduit à piloter de nombreux projets : sur le SIDA en Ethiopie, les hépatites virales en Egypte, les microcéphalies liées au virus Zika sur tous les continents, les encéphalites aiguës chez les enfants au nord-Vietnam, l’épidémie de SRAS, de MERS, etc. Dans son enseignement au Collège de France, le Pr Arnaud Fontanet montrera que l’épidémiologie, à travers son histoire et les défis auxquels elle est confrontée, demeure une discipline exigeante et capable d’évoluer pour affiner toujours plus notre compréhension des causes de la maladie, notamment les nouvelles pandémies dont le rythme d’émergence est estimé à cinq ans. A partir de ses recherches, il tentera de répondre à quelques questions. Quels sont les niveaux de preuve et de causalité en épidémiologie ? Devons-nous encore avoir peur des pandémies ? Quels sont les apports concrets de cette discipline à la santé humaine ? Il consacrera ensuite plusieurs séances aux cas qui l’ont occupé dans sa carrière et dont il est l’un des meilleurs spécialistes : l’hépatite C en Egypte ; le virus Zika et son vecteur Aedes aegypti ; ou encore le SRAS et le MERS dans une perspective de santé globale.

Arnaud Fontanet : Les Pandémies - PDF
Feb 20 2019 64 mins  
Arnaud Fontanet Santé publique (2018-2019) Collège de France Chaire créée avec le soutien de Santé Publique France. Les Pandémies Le Pr Arnaud Fontanet a été invité par l’Assemblée du Collège de France à occuper pendant une année la chaire Santé publique, nouvelle chaire créée en partenariat avec l’agence nationale Santé Publique France. Il est l’un des spécialistes les plus renommés de l’épidémiologie des maladies émergentes. Diplômé de l’Université Paris V et de Harvard, il a poursuivi une carrière éclectique, passant avec agilité du terrain aux centres de recherche académique. Chef de l’Unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur où il dirige également le Centre de Santé globale, ses principaux thèmes de recherche sont les hépatites virales et les virus émergents, ce qui l’a conduit à piloter de nombreux projets : sur le SIDA en Ethiopie, les hépatites virales en Egypte, les microcéphalies liées au virus Zika sur tous les continents, les encéphalites aiguës chez les enfants au nord-Vietnam, l’épidémie de SRAS, de MERS, etc. Dans son enseignement au Collège de France, le Pr Arnaud Fontanet montrera que l’épidémiologie, à travers son histoire et les défis auxquels elle est confrontée, demeure une discipline exigeante et capable d’évoluer pour affiner toujours plus notre compréhension des causes de la maladie, notamment les nouvelles pandémies dont le rythme d’émergence est estimé à cinq ans. A partir de ses recherches, il tentera de répondre à quelques questions. Quels sont les niveaux de preuve et de causalité en épidémiologie ? Devons-nous encore avoir peur des pandémies ? Quels sont les apports concrets de cette discipline à la santé humaine ? Il consacrera ensuite plusieurs séances aux cas qui l’ont occupé dans sa carrière et dont il est l’un des meilleurs spécialistes : l’hépatite C en Egypte ; le virus Zika et son vecteur Aedes aegypti ; ou encore le SRAS et le MERS dans une perspective de santé globale.

Arnaud Fontanet : Les Pandémies
Feb 20 2019 64 mins  
Arnaud Fontanet Santé publique (2018-2019) Collège de France Chaire créée avec le soutien de Santé Publique France. Les Pandémies Le Pr Arnaud Fontanet a été invité par l’Assemblée du Collège de France à occuper pendant une année la chaire Santé publique, nouvelle chaire créée en partenariat avec l’agence nationale Santé Publique France. Il est l’un des spécialistes les plus renommés de l’épidémiologie des maladies émergentes. Diplômé de l’Université Paris V et de Harvard, il a poursuivi une carrière éclectique, passant avec agilité du terrain aux centres de recherche académique. Chef de l’Unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur où il dirige également le Centre de Santé globale, ses principaux thèmes de recherche sont les hépatites virales et les virus émergents, ce qui l’a conduit à piloter de nombreux projets : sur le SIDA en Ethiopie, les hépatites virales en Egypte, les microcéphalies liées au virus Zika sur tous les continents, les encéphalites aiguës chez les enfants au nord-Vietnam, l’épidémie de SRAS, de MERS, etc. Dans son enseignement au Collège de France, le Pr Arnaud Fontanet montrera que l’épidémiologie, à travers son histoire et les défis auxquels elle est confrontée, demeure une discipline exigeante et capable d’évoluer pour affiner toujours plus notre compréhension des causes de la maladie, notamment les nouvelles pandémies dont le rythme d’émergence est estimé à cinq ans. A partir de ses recherches, il tentera de répondre à quelques questions. Quels sont les niveaux de preuve et de causalité en épidémiologie ? Devons-nous encore avoir peur des pandémies ? Quels sont les apports concrets de cette discipline à la santé humaine ? Il consacrera ensuite plusieurs séances aux cas qui l’ont occupé dans sa carrière et dont il est l’un des meilleurs spécialistes : l’hépatite C en Egypte ; le virus Zika et son vecteur Aedes aegypti ; ou encore le SRAS et le MERS dans une perspective de santé globale.


Arnaud Fontanet - Santé publique - Les Pandémies - PDF
Feb 20 2019 6 mins  
Arnaud Fontanet Santé publique (2018-2019) Collège de France Chaire créée avec le soutien de Santé Publique France. Les Pandémies L’épidémiologie étudie la répartition et les déterminants des maladies dans la population. Elle procède par des enquêtes, et permet d’estimer le risque de devenir malade sur une période donnée, et l’augmentation (ou la diminution) du risque associée à nos gènes, nos comportements, ou notre environnement. L’épidémiologie a connu un développement rapide lors de la deuxième moitié du XXe siècle, avec l’identification des principaux facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires et de nombreux cancers. Cependant, elle est confrontée depuis le début des années 1990 à plusieurs défis : une période de doute, née des controverses liées aux résultats contradictoires de plusieurs études ; une tension croissante entre les analyses prenant en compte les déterminants sociaux des maladies, et celles privilégiant les approches génétiques et moléculaires ; et l’irruption des « big data », promesses d’une abondance de données, mais dont l’exploitation est difficile et fait appel à de nouvelles méthodes comme l’intelligence artificielle. L’ensemble de ces notions sera abordé lors de la leçon inaugurale, d’un cours sur les succès et les limites de l’épidémiologie, et d’un séminaire sur le futur de l’épidémiologie à l'ère des big data. Le deuxième volet de cet enseignement sera consacré à l’étude des pandémies, leur naissance, leur diffusion, et leur impact. Cette étude sera illustrée par une série d’exemples tirés de pandémies récentes, comme celles causées par les virus Zika, Ebola, du SRAS, et de l’hépatite C.

Arnaud Fontanet - Santé publique - Les Pandémies
Feb 20 2019 6 mins  
Arnaud Fontanet Santé publique (2018-2019) Collège de France Chaire créée avec le soutien de Santé Publique France. Les Pandémies L’épidémiologie étudie la répartition et les déterminants des maladies dans la population. Elle procède par des enquêtes, et permet d’estimer le risque de devenir malade sur une période donnée, et l’augmentation (ou la diminution) du risque associée à nos gènes, nos comportements, ou notre environnement. L’épidémiologie a connu un développement rapide lors de la deuxième moitié du XXe siècle, avec l’identification des principaux facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires et de nombreux cancers. Cependant, elle est confrontée depuis le début des années 1990 à plusieurs défis : une période de doute, née des controverses liées aux résultats contradictoires de plusieurs études ; une tension croissante entre les analyses prenant en compte les déterminants sociaux des maladies, et celles privilégiant les approches génétiques et moléculaires ; et l’irruption des « big data », promesses d’une abondance de données, mais dont l’exploitation est difficile et fait appel à de nouvelles méthodes comme l’intelligence artificielle. L’ensemble de ces notions sera abordé lors de la leçon inaugurale, d’un cours sur les succès et les limites de l’épidémiologie, et d’un séminaire sur le futur de l’épidémiologie à l'ère des big data. Le deuxième volet de cet enseignement sera consacré à l’étude des pandémies, leur naissance, leur diffusion, et leur impact. Cette étude sera illustrée par une série d’exemples tirés de pandémies récentes, comme celles causées par les virus Zika, Ebola, du SRAS, et de l’hépatite C.













06 - L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident (II) - VIDEO
Feb 19 2019 94 mins  
Edhem Eldem Collège de France Histoire turque et ottomane L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident (II) Année 2018-2019 En introduction d’un programme portant sur une période longue – le long XIXe siècle – et sur un sujet pour le moins complexe, il paraît utile de consacrer le premier cours à des questions de fond qui concernent la discipline de l’histoire en général et, plus particulièrement, le domaine de l’histoire turque et ottomane. Revenant d’abord sur quelques-uns des problèmes posés lors de ma leçon inaugurale, j’ai commencé par rappeler à quel point le domaine était vicié par l’emprise du politique et de l’idéologique, notamment dans une Turquie que je qualifiais de « cliomane » et « cliopathe ». Toutefois, c’est plutôt sur des problèmes inhérents à la discipline et relevant de questions de méthode et de contexte que je me suis penché, à commencer par la terminologie – particulièrement le risque d’amalgame, toutes périodes confondues, entre « turc » et « ottoman » – et par le monopole de fait que s’est arrogé la Turquie sur l’histoire ottomane, encouragée en cela par le rejet systématique par les autres États successeurs – balkaniques et arabes – de l’héritage ottoman, jugé incompatible avec leur propre récit « national ». Ce fut l’occasion d’évoquer aussi l’impact de l’orientalisme, toujours très présent dans la discipline, notamment en raison de la survivance de certains réflexes eurocentristes des siècles précédents. Non sans ironie, le désir de corriger ces dérives historiographiques n’est pas dépourvu de risque, puisqu’il peut déboucher sur un anti-orientalisme qui est parfois aussi réducteur et simpliste que sa cible. Enfin, j’ai insisté sur le fait que l’un des défis majeurs de l’historien travaillant sur cette période était de ne pas se faire happer par une téléologie susceptible d’occulter les dynamiques internes de modernités locales qui sont soit ignorées, soit mises sur le compte d’une influence occidentale fort douteuse. S’il est évident que, de par son intitulé, ce cours portera surtout sur une interaction avec l’Occident, il importe de se souvenir que les transformations de cette période ne peuvent et ne doivent pas être réduites à une logique aussi simpliste et univoque. Ainsi que je le rappelais à la fin de ma leçon inaugurale, l’objectif de l’historien, plus que de répondre à des questions, est d’en poser de bonnes, capables de révéler la complexité et les ambiguïtés du récit historique.

06 - L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident (II)
Feb 19 2019 94 mins  
Edhem Eldem Collège de France Histoire turque et ottomane L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident (II) Année 2018-2019 En introduction d’un programme portant sur une période longue – le long XIXe siècle – et sur un sujet pour le moins complexe, il paraît utile de consacrer le premier cours à des questions de fond qui concernent la discipline de l’histoire en général et, plus particulièrement, le domaine de l’histoire turque et ottomane. Revenant d’abord sur quelques-uns des problèmes posés lors de ma leçon inaugurale, j’ai commencé par rappeler à quel point le domaine était vicié par l’emprise du politique et de l’idéologique, notamment dans une Turquie que je qualifiais de « cliomane » et « cliopathe ». Toutefois, c’est plutôt sur des problèmes inhérents à la discipline et relevant de questions de méthode et de contexte que je me suis penché, à commencer par la terminologie – particulièrement le risque d’amalgame, toutes périodes confondues, entre « turc » et « ottoman » – et par le monopole de fait que s’est arrogé la Turquie sur l’histoire ottomane, encouragée en cela par le rejet systématique par les autres États successeurs – balkaniques et arabes – de l’héritage ottoman, jugé incompatible avec leur propre récit « national ». Ce fut l’occasion d’évoquer aussi l’impact de l’orientalisme, toujours très présent dans la discipline, notamment en raison de la survivance de certains réflexes eurocentristes des siècles précédents. Non sans ironie, le désir de corriger ces dérives historiographiques n’est pas dépourvu de risque, puisqu’il peut déboucher sur un anti-orientalisme qui est parfois aussi réducteur et simpliste que sa cible. Enfin, j’ai insisté sur le fait que l’un des défis majeurs de l’historien travaillant sur cette période était de ne pas se faire happer par une téléologie susceptible d’occulter les dynamiques internes de modernités locales qui sont soit ignorées, soit mises sur le compte d’une influence occidentale fort douteuse. S’il est évident que, de par son intitulé, ce cours portera surtout sur une interaction avec l’Occident, il importe de se souvenir que les transformations de cette période ne peuvent et ne doivent pas être réduites à une logique aussi simpliste et univoque. Ainsi que je le rappelais à la fin de ma leçon inaugurale, l’objectif de l’historien, plus que de répondre à des questions, est d’en poser de bonnes, capables de révéler la complexité et les ambiguïtés du récit historique.






02 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
Feb 17 2019 55 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Dieux, daimones, héros Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe. En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.

02 - Dieux, daimones, héros - PDF
Feb 17 2019 55 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Dieux, daimones, héros Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe. En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.

02 - Dieux, daimones, héros
Feb 17 2019 55 mins  
Vinciane Pirenne-Delforge Collège de France Religion, histoire et société dans le monde grec antique Année 2018-2019 Dieux, daimones, héros Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe. En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.










01 - La Banque centrale européenne et la crise de l'euro - VIDEO
Feb 15 2019 61 mins  
Lucrezia Reichlin Chaire Européenne 2018-2019 Collège de France La Banque centrale européenne (ECB) et la crise de l'euro La spécificité des banques centrales en tant que créateurs de monnaie monopolistique, et les liens entre politique monétaire, fiscale et financière L’indépendance des banques centrales et la maîtrise de l'inflation Les spécificités de la BCE, banque centrale sans Etat Mes recherches actuelles se penchent sur l’évaluation critique des défis rencontrés par la Banque centrale européenne (BCE) pendant la période 2007-2015, au moment où sévissaient la pire récession et la pire crise financière de l’après-guerre, et où la BCE devait faire face à la première crise majeure de son histoire. La crise a constitué un test de robustesse du cadre général de la politique monétaire de l’Union monétaire européenne face à l’instabilité financière et à de grands chocs cycliques. Aujourd’hui, après 20 ans d’existence de l’euro, une évaluation du cadre de cette politique monétaire est nécessaire. La Banque centrale européenne est une banque centrale sans Etat. Plus spécifiquement, il s’agit d’une banque centrale dont le capital est abondé par 19 Etats différents, qui possèdent chacun leur propre autorité souveraine en matière de politique budgétaire et, jusqu’à une date récente, leur propre autorité de supervision financière. Dans le cadre du Traité de Maastricht, la BCE a été conçue comme une banque centrale indépendante à laquelle on a confié une mission étroite centrée sur la stabilité des prix. Le Traité a créé un ensemble de règles afin d’organiser la relation entre autorités monétaires et financières, règles supposées assurer la « dominance monétaire », soit une hiérarchie au sein de laquelle l’objectif de stabilité des prix prévaudrait toujours en matière de décisions et de régulations effectuées par la Banque centrale européenne. Cette hiérarchie explicite est cependant mise à mal à chaque crise financière, dans tous les pays concernés. Afin de préserver la stabilité financière, les banques centrales doivent en effet alors intervenir sur les marchés, d’une manière qui a inévitablement des effets distributifs et suscite un risque d’aléa moral. Pour l’Union monétaire européenne, ceci est particulièrement problématique car ces interventions seront probablement spécifiques à un pays donné, comme cela a été effectivement le cas. Dans cette situation, la banque centrale devient de facto un canal de transfert entre Etats membres, et ceci menace la cohésion de l’Union. Je tâche de montrer que cette cohésion est une condition nécessaire de la crédibilité de la Banque centrale européenne en tant qu’organisme prêteur en dernier recours, puisque ceci est directement relié à sa crédibilité financière. En l’absence d’un cadre institutionnel permettant d’assurer la coordination financière et monétaire, le pouvoir de la Banque centrale européenne d’arrêter des crises de liquidités auto-réalisatrices est sévèrement limité, et la zone euro est davantage exposée à des crises financières que d’autres ensembles régionaux. Mon enseignement analysera cette question au moyen d’exemples historiques et de démonstrations quantitatives. Il comparera deux périodes durant lesquelles la BCE a cherché à intervenir pour corriger des problèmes de liquidités au sein du secteur bancaire, et deux autres périodes durant lesquelles la BCE est intervenue au sein sur les marchés des emprunts d’Etat afin de protéger l’Union monétaire elle-même d’attaques spéculatives. Pour chacune de ces comparaisons, nous identifierons un cas d’intervention réussie et un autre cas d’échec. La conclusion que je défendrai est que les cas malheureux peuvent être expliqués par un défaut de cadrage institutionnel, qui en dernière instance relève de l’absence d’une articulation implicite entre autorités monétaires et fiscales. Un enjeu majeur en matière de décision et de régulation futures concerne la manière d’établir un cadre de gouvernance économique pour la zone euro qui, sans aller jusqu’au bout de l’union financière, permettra d’en établir la crédibilité tout en préservant le principe de l’indépendance des banques centrales.

01 - La Banque centrale européenne et la crise de l'euro
Feb 15 2019 61 mins  
Lucrezia Reichlin Chaire Européenne 2018-2019 Collège de France La Banque centrale européenne (ECB) et la crise de l'euro La spécificité des banques centrales en tant que créateurs de monnaie monopolistique, et les liens entre politique monétaire, fiscale et financière L’indépendance des banques centrales et la maîtrise de l'inflation Les spécificités de la BCE, banque centrale sans Etat Mes recherches actuelles se penchent sur l’évaluation critique des défis rencontrés par la Banque centrale européenne (BCE) pendant la période 2007-2015, au moment où sévissaient la pire récession et la pire crise financière de l’après-guerre, et où la BCE devait faire face à la première crise majeure de son histoire. La crise a constitué un test de robustesse du cadre général de la politique monétaire de l’Union monétaire européenne face à l’instabilité financière et à de grands chocs cycliques. Aujourd’hui, après 20 ans d’existence de l’euro, une évaluation du cadre de cette politique monétaire est nécessaire. La Banque centrale européenne est une banque centrale sans Etat. Plus spécifiquement, il s’agit d’une banque centrale dont le capital est abondé par 19 Etats différents, qui possèdent chacun leur propre autorité souveraine en matière de politique budgétaire et, jusqu’à une date récente, leur propre autorité de supervision financière. Dans le cadre du Traité de Maastricht, la BCE a été conçue comme une banque centrale indépendante à laquelle on a confié une mission étroite centrée sur la stabilité des prix. Le Traité a créé un ensemble de règles afin d’organiser la relation entre autorités monétaires et financières, règles supposées assurer la « dominance monétaire », soit une hiérarchie au sein de laquelle l’objectif de stabilité des prix prévaudrait toujours en matière de décisions et de régulations effectuées par la Banque centrale européenne. Cette hiérarchie explicite est cependant mise à mal à chaque crise financière, dans tous les pays concernés. Afin de préserver la stabilité financière, les banques centrales doivent en effet alors intervenir sur les marchés, d’une manière qui a inévitablement des effets distributifs et suscite un risque d’aléa moral. Pour l’Union monétaire européenne, ceci est particulièrement problématique car ces interventions seront probablement spécifiques à un pays donné, comme cela a été effectivement le cas. Dans cette situation, la banque centrale devient de facto un canal de transfert entre Etats membres, et ceci menace la cohésion de l’Union. Je tâche de montrer que cette cohésion est une condition nécessaire de la crédibilité de la Banque centrale européenne en tant qu’organisme prêteur en dernier recours, puisque ceci est directement relié à sa crédibilité financière. En l’absence d’un cadre institutionnel permettant d’assurer la coordination financière et monétaire, le pouvoir de la Banque centrale européenne d’arrêter des crises de liquidités auto-réalisatrices est sévèrement limité, et la zone euro est davantage exposée à des crises financières que d’autres ensembles régionaux. Mon enseignement analysera cette question au moyen d’exemples historiques et de démonstrations quantitatives. Il comparera deux périodes durant lesquelles la BCE a cherché à intervenir pour corriger des problèmes de liquidités au sein du secteur bancaire, et deux autres périodes durant lesquelles la BCE est intervenue au sein sur les marchés des emprunts d’Etat afin de protéger l’Union monétaire elle-même d’attaques spéculatives. Pour chacune de ces comparaisons, nous identifierons un cas d’intervention réussie et un autre cas d’échec.