Feb 07 2025 2 mins 16
Les 10 et 11 février se tient un Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) à Paris, l’IA qui a des conséquences sur la presse. Analyse des espoirs, mais aussi des craintes et des dangers de cette technologie pour le journalisme.
L’Institut national de l’audiovisuel, l’INA, a publié cette semaine une cartographie des usages de l’intelligence artificielle pour le journalisme. Et ce dont on s’aperçoit, c’est que l’IA offre des avantages, comme de lui laisser les tâches répétitives pour se concentrer sur des sujets à valeur ajoutée ou de gagner du temps dans la rédaction, la vérification et même l’enquête. On l’a vu dans les Panama Papers ou d’autres fuites de documents, il est très utile de pouvoir interroger une masse de données à partir d’un robot pour extraire un compte, des liens, des ramifications...
L'intelligence artificielle permet aussi de mieux connaître l’internaute et donc de lui adresser un contenu qui corresponde davantage à ses centres d’intérêt et qui favorise son engagement sur les réseaux sociaux. Elle peut aussi aider à créer des titres pertinents ou à faire remonter des tendances. Sans compter bien sûr les traductions automatiques qui peuvent rendre accessibles des médias de multiples pays.
La technologie suscite des craintes dans les rédactions
Ces craintes ne sont pas seulement liées à la peur de perdre son emploi. On peut se demander si les journalistes ne vont pas devenir « IA-dépendants », façonnés par les algorithmes, avec moins le souci de la découverte fortuite sur le terrain. D’autant que ces algorithmes renvoient à ce qui a été dit, écrit dans le passé, fût-il récent. Ils peuvent être un obstacle à la compréhension de l’inattendu.
Il y a aussi une crainte sur les droits d’auteurs, tous les acteurs de l’IA se refusent à engager des négociations avec les médias sur ce sujet en particulier. Le New York Times a attaqué Open AI et des organisations représentant 3 000 titres de presse en France ont demandé, mercredi 5 février, que les pouvoirs publics imposent un dialogue à ces entreprises qui pillent leurs contenus pour entraîner leur modèle sans les rémunérer.
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De possibles dangers pour l’information
L’IA fait redouter une grande vague de désinformation, surtout avec des modèles comme celui du chinois DeepSeek qui sont plus accessibles à des manipulateurs. On a vu en Roumanie comment des milliers de comptes se coordonnant pour amplifier la popularité de mots clés sur TikTok ont fait monter un candidat, au point d’entraîner l’annulation de l’élection. Le service français Viginum estime que le même type d’ingérence peut se produire en France.
France Culture a d’ailleurs diffusé vendredi 7 février une émission, Les pieds sur Terre, avec des témoignages fabriqués par l’IA pour alerter sur le risque de manipulation. Alors l’IA favorise-t-elle les infox, les ingérences russes ou donne-t-elle des armes aux journalistes pour contrer cette désinformation ? Les deux sans doute.
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