États-Unis: la suspension des médias extérieurs publics, une décision lourde de conséquences


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Mar 21 2025 2 mins   15

Donald Trump a décidé de suspendre les médias publics extérieurs américains en mettant en congés les personnels de l'US Agency for Global Media.

Avec les négociations sur l'Ukraine, la suppression de Radio Free Europe, de Radio Liberty ou de Voice of America pourrait sembler, de prime abord, être un gage donné à la Russie. On se souvient du rôle joué par les médias publics extérieurs des États-Unis, qui émettaient en ukrainien durant la révolution orange de 2004. Des médias qui ont joué un rôle de soutien à la démocratie en couvrant les manifestations et en apportant des informations extérieures à la propagande gouvernementale.

Mais ce n'est sans doute pas la première motivation de ce décret. Elon Musk, responsable du département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), l'avait annoncé sur X : il faut fermer Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty. Pourquoi ? À cause de la « bureaucratie fédérale inutile » et de la « propagande radicale » qu'ils véhiculeraient, selon Donald Trump.

La fin d'un outil de soft power pour les États-Unis d'Amérique

On pourrait croire que cet outil formidable du soft power états-unien serait important aux yeux de la Maison Blanche, sachant que cette agence de médias mondiaux touche une audience record de 427 millions de personnes par semaine, que Voice of America s'exprime en 47 langues, et qu'il importe, plus que jamais, de défendre des valeurs démocratiques face à la Russie, mais aussi face à la Chine, Cuba et l'Iran. Le démantèlement de l'agence, qui a dénoncé son bail de location cette semaine, implique aussi la suppression de Radio Free Asia, de la radio-télévision anti-castriste Marti ou encore de Middle East Broadcasting Networks (MBN).

L'administration Trump veut réduire les dépenses publiques, mais aussi avoir les mains libres pour signer des accords bilatéraux avec des pays autoritaires et faire triompher les lois du business sur les droits humains. Cela passe par une sorte de « reset », de réinitialisation des médias extérieurs, en rompant avec le passé et donc avec leurs journalistes.

Une décision applaudie par les médias russes

Une décision qui semble avoir été appréciée par le Global Times, le quotidien soutenu par l'État chinois, ou par Sputnik, le média extérieur russe. Tous deux se réjouissent de cet arrêt de médias publics qu'ils qualifient dans un cas « d'usine à mensonges », dans l'autre de producteurs de « fausses informations », notamment lors du massacre de Boutcha, pourtant internationalement documenté en Ukraine. L'agence fédérale américaine de médias a aussi renoncé à ses abonnements à l'AFP, Associated Press et Reuters, et on sent bien que c'est un autre narratif qui se prépare. La fin d'une « information équilibrée et vérifiée » et d'un « ​​​​​​​rempart contre la désinformation », comme l'ont exprimé conjointement la Deutsche Welle et France Médias Monde.

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