Comment développer des systèmes agro-alimentaires locaux et de qualité?


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Mar 30 2025 2 mins   31

Il manque 13 milliards de dollars pour répondre aux besoins de financements concernant la nutrition, selon les organisateurs du sommet Nutrition for Growth qui s'est tenu à Paris les 27 et 28 mars. Dans le monde, cinq millions d'enfants sont morts en 2021 avant d'avoir atteint l'âge de 5 ans, selon des estimations publiées en 2023. À l'extrême inverse, les maladies liées à l'obésité tueraient près de trois millions de personnes chaque année dans le monde. Dans le contexte de multiplication des conflits, de perturbation des chaînes de production et de distribution, produire plus localement est devenu une priorité pour beaucoup d'États. Des questions largement débattues en fin de semaine dernière lors du sommet Nutrition for Growth.

Face aux problèmes de sécurité alimentaire, les autorités éthiopiennes ont engagé de grands chantiers pour faire du « made in Éthiopie » et, notamment, transformer localement. « Cette initiative vise à substituer les importations par de la production locale. Mais, comme vous le savez, de nombreux acteurs rencontrent des difficultés financières et ne bénéficient pas du soutien d'autres partenaires privés. C'est là le principal défi », explique Shibru Kelbessa, assistant technique au ministère de l'Industrie éthiopien.

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Dans certains pays, de grandes entreprises de l'agro-industrie sont présentes. « Elles façonnent nos systèmes alimentaires », met en exergue un ministre ivoirien lors du sommet sur la nutrition à Paris. Avec, dans certains cas, des produits très transformés, très sucrés ou très gras… Pour Augustin Grandgeorge, du Forum de Paris sur la Paix, les entreprises peuvent avoir intérêt à évoluer et y être incitées.

« Si elles évoluent dans un environnement de marché qui le permet et récompense les bonnes pratiques et punit aussi les mauvaises, elles ont un intérêt économique, a priori, d'être mieux disant sur le marché, souligne-t-il. Elles ont aussi un intérêt du point de vue de leur responsabilité sociale, et cela sous deux aspects : l'image de l'entreprise, mais aussi des raisons financières, parce que les investisseurs s'intéressent de plus en plus à ces questions. »

Investir de manière stratégique

Dans le cadre du sommet Nutrition for Growth, « on a discuté de l'intégration des critères nutritionnels pour les investisseurs », explique encore Augustin Grandgeorge. L'idée était de voir « comment est-ce qu'on fait pour que les investisseurs regardent la qualité nutritionnelle des portefeuilles des entreprises dans lesquelles ils investissent pour que ce soit un petit peu un gouvernail pour les investisseurs ».

À écouter dans Priorité SantéSommet Nutrition for Growth contre la malnutrition

Les États ont aussi un rôle à jouer, mais ils peinent encore à prioriser le secteur de l'agro-alimentaire. L'organisation Nutrition International mise sur le coût de l'inaction et a développé un outil pour le quantifier. « On voulait vraiment être capable d'aider des gouvernements à voir le coût de ne pas investir. L'outil est gratuit sur notre site. On offre également une expertise aux gouvernements pour les accompagner dans ces recherches et les aider à déterminer où leurs investissements, s'ils sont limités, auraient le plus grand impact », détaille Margaux Stastny, vice-présidente des relations extérieures de l'ONG.

Lever des fonds privés et des fonds propres est de plus en plus nécessaires dans le contexte des aides budgétaires. Le Programme alimentaire mondial a annoncé une baisse de 40% de ses financements pour 2025.

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