Apr 03 2025 3 mins 90
Taara est le nom d’un projet développé par le laboratoire X d'Alphabet, la maison mère de Google. Son principe de fonctionnement est d’utiliser des faisceaux lumineux pour transmettre des données à haute vitesse, en lieu et place des infrastructures employant la fibre optique. Taara a déjà été expérimenté avec succès dans plus d’une douzaine de pays, dont le Kenya, le Ghana, la République démocratique du Congo ou encore l’Inde.
Ce projet est né du constat que près de trois milliards d’individus dans le monde, ne sont soit toujours pas connectés à internet ou alors confrontés à une connectivité lente et défaillante. Cet accès à un Internet minimaliste est, par ailleurs, trop souvent proposé à un tarif prohibitif pour les déshérités du web. Google a donc travaillé sur une solution technologique, à la fois économique et puissante, de transmission des flux de données numériques.
Le système utilise des ondes lumineuses dont le spectre électromagnétique se situe entre l'infrarouge et la lumière visible. Concrètement, les ingénieurs de Taara ont mis au point une puce photonique en silicium pour générer des « ponts lumineux » de connexion. L’équipement se compose de la puce mise au point dans les labos de Google, de plusieurs minimiroirs, mais aussi des capteurs et des optiques de haute précision. Des logiciels embarqués directement dans les appareils calculent automatiquement les meilleures trajectoires et l’intensité lumineuse pour relier les transmetteurs photoniques. Le système transmet des flux de données à des vitesses pouvant atteindre 20 gigabits par seconde et sur des distances assez conséquentes, d’environ 20 km. À titre de comparaison, cet acheminement numérique est comparable, voire supérieure à celui d’une infrastructure à base de fibre optique.
Des appareils miniaturisés à l’extrême
Plus rapide et moins coûteux que des connexions satellitaires de type Starlink, le système Taara a été conçu pour être à la fois facile à déployer et économique. Un réseau complet consommerait l’énergie d’une ampoule de 40 W, précise la jeune pousse indépendante de Google qui porte désormais le nom du projet originel. Des composants mécaniques étaient auparavant nécessaires pour orienter automatiquement les faisceaux lumineux sur les miroirs des systèmes de l'ancienne génération. La nouvelle version des bornes de connexion intègre des centaines d'émetteurs de lumière et un logiciel qui permet de contrôler la direction des rayons. Les appareils, qui se nomment Taara Lightbridge, ont été miniaturisés à l’extrême. La puce passe ainsi de la taille d'un feu de circulation à celui d'un ongle du petit doigt pour connecter en réseau les récepteurs et les transmetteurs.
Une utilisation multitâche et tout-terrain
Aucune région, même les plus enclavées, ne serait un obstacle à l’installation rapide de cette connectique légère, mais surpuissante. Le système a déjà été testé avec succès au-dessus du fleuve Congo, démontrant ainsi la capacité de cette technologie à fournir des connexions stables et rapides sur de longues distances. Pour illustrer la flexibilité du procédé, des déploiements en Inde, au Kenya, aux Fidji ou bien sur le territoire américain ont été réalisés. Le système permet de connecter des zones rurales enclavées ou de retransmettre sur le web des événements comme le festival de la vallée de Coachella aux États-Unis.
Sans les contraintes du câblage physique, Taara peut aussi être déployé en quelques heures dans des régions frappées par une catastrophe naturelle. Le dispositif se présente également comme un accès alternatif dans des zones urbaines densément peuplées, quand les réseaux traditionnels sont saturés.
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