Mar 26 2025 2 mins 158
L’idée qu’Elon Musk puisse entrer dans l’arène politique à Washington est un pas décisif dans l’essor d’une doctrine qui fait de la technologie la solution à tous les grands défis du monde : le technosolutionnisme. Ce terme, popularisé dans les années 90, défend l’idée que l’innovation technologique peut résoudre des crises économiques, sociales, environnementales, et même médicales. De l’injection de particules dans l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement climatique à la promesse de transformer la société grâce aux nouvelles technologies, cette approche semble simple : un problème, une réponse technologique.
Ce dogme est né au XIXe siècle, dès l’ère industrielle, lorsque des ingénieurs cherchaient à résoudre les conséquences de la pollution industrielle en développant des systèmes de filtration, plutôt qu’en réduisant les émissions polluantes. Cette logique, qui a pris une ampleur considérable avec l’écomodernisme des années 1970, prône que la technologie compense les effets négatifs des innovations humaines. Elle nourrit une vision où l’innovation future permet de neutraliser les impacts d’un monde en crise, sans avoir à modifier profondément les comportements.
Aujourd’hui, des entrepreneurs comme Elon Musk, Jeff Bezos, ou encore Mark Zuckerberg, qui ont révolutionné leurs secteurs respectifs, proposent des solutions aux problèmes mondiaux. Leur vision ? Utiliser leur génie technologique pour résoudre des défis complexes. Mais l’Institut français des relations internationales (IFRI) met en garde contre ce "solutionnisme technologique". Bien que ces leaders d’entreprises soient motivés par la conviction, ils sont aussi porteurs d’intérêts commerciaux. Les défis majeurs comme le changement climatique ou les crises énergétiques demandent des solutions multiples et des ajustements complexes, qui ne peuvent être résolus par une simple réponse technologique.
L’une des préoccupations principales est que les technologies proposées risquent d’être déployées sans que l’État ou les citoyens en comprennent réellement les mécanismes. Le risque ? Acheter des "boîtes noires" dont les effets à long terme sont inconnus, sans prendre en compte les conséquences sociales, environnementales, et économiques. Plutôt que de céder à l’illusion d’une solution universelle, il est essentiel d’adopter une approche holistique et de bien comprendre les technologies avant de les intégrer à la société.
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